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vendredi, 23 décembre 2016

GEOPOLITIQUE: LES CONSEQUENCES DE LA CHUTE D'ALEP POUR L'EUROPE

 

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Quels liens et quelles conséquences stratégiques entre la reprise d'Alep et la vente au Qatar de près de 20 % du capital de Rosneft ?

Par le Général JEAN-BERNARD PINATEL.



La Bataille d’Alep marque un tournant décisif dans le conflit syrien. Le maintien au pouvoir de Bachar el-Assad n’est plus un préalable à la fin du conflit. Les Russes ont désormais toutes les cartes en main pour imposer leur solution. Cette victoire des forces syriennes appuyées par la Russie contre les islamistes radicaux va avoir des conséquences géopolitiques considérables pour le Moyen-Orient et pour l’Europe. Le premier effet concret s’est traduit ce 10 décembre 2016 par la vente de 19,5% des actions de Rosneft au Qatar.

La Turquie avait anticipé cette victoire. Erdogan, dès le 9 août, était allé à Canossa, pardon à Saint-Pétersbourg, après avoir exprimé ses « regrets » à Vladimir Poutine fin juin concernant le sukkoi 24 abattu par son aviation. Poutine lui a rendu la politesse le 10 octobre en se rendant à Istanbul où les deux chefs d’Etat ont réaffirmé leur engagement à mener à bien le projet de gazoduc russo-turc TurkStream, qui doit acheminer le gaz russe vers l’Europe en passant par la mer Noire, ainsi qu’à la construction par la Russie de la première centrale nucléaire turque.

De leur côté, confrontés à l’efficacité de l’intervention militaire russe de septembre 2015 qui contrastait avec les atermoiements d’Obama en Syrie et le peu d’efficacité de son action de soutien militaire à l’Irak, les dirigeants qataris comprenaient que leur stratégie de soutien aux Frères musulmans et aux wahhabites en Syrie allait les conduire à leur perte. Et que dorénavant, pour vendre leur gaz à l’Europe, il faudrait trouver un accord avec la Russie car c’est elle qui a les cartes en main pour autoriser ou interdire la construction d’un gazoduc terrestre pour acheminer son gaz vers les pays de l’Union Européenne (1).

Après une première visite de l’émir Tamim bin Hamad Al-Thani à Moscou en janvier 2016, ce rapprochement s’est traduit, le 6 septembre, par la signature d’un accord militaire entre les deux pays, au cours d’une visite du ministre qatari de la Défense, Khalid bin Mohammad Al-Attiyah, à l’occasion du Forum international militaire et technique « ARMÉE-2016 », à Moscou. « Nous avons signé un accord de coopération militaire avec la Russie, mais il ne comprend pas l’achat d’armes », a ainsi indiqué Saoud Bin Abdallah al-Mahmoud, l’ambassadeur du Qatar à Moscou. Toutefois, s’agissant d’éventuels contrats d’armement, rien n’est fermé du côté de Doha, le diplomate ayant assuré que son gouvernement examinerait cette « possibilité » (2).

Mais l’acte majeur de ce rapprochement à la portée géopolitique considérable s’est traduit samedi 10 décembre 2016 par la conclusion d’un accord de vente de 19,5% des actions de Rosneft à la Qatar Investment Authority (QIA). Cette vente s’est faite au prix de 11,37 milliards de dollars qui rentrent dans les caisses de l’Etat russe qui en avait bien besoin. Le Qatar est désormais le second actionnaire de Rosneft après l’Etat russe.

Pour comprendre la signification géopolitique exceptionnelle de cet accord, un rappel historique et économique s’impose.

Trois pays – la Russie, l’Iran et le Qatar – possèdent 50% des réserves mondiales de gaz naturel (3). Les trois sont désormais alliés économiquement et stratégiquement, ce qui marque l’échec de la stratégie de l’Union européenne de diversification de ses sources d’approvisionnement de gaz naturel inspirée et voulue par les Etats-Unis et l’Otan.

En effet, la Russie est déjà le premier fournisseur de l’Union européenne avec 40% des importations, qui représentent 20% de la consommation totale de gaz de l’Union européenne. Compte tenu de la hausse de la consommation dans l’Union européenne et de l’épuisement du gisement gazier en Mer du Nord, cette dépendance énergétique de l’UE vis-à-vis de la Russie devrait fortement s’accroître dans les prochaines années. La Commission européenne estimait en effet que, d’ici 2040, 70% des besoins énergétiques de l’UE devraient être assurés par les importations, contre 50% aujourd’hui.

Cette dépendance était inacceptable pour les stratèges américains pour lesquels la création d’une Eurasie annoncerait la fin de leur suprématie mondiale et l’arrivée d’un troisième grand acteur sur la scène mondiale qui perturberait leur tête-à-tête d’adversaire-partenaire avec la Chine.

Pour les stratèges américains et les atlantistes européens, le Qatar, avec 24300 milliards de m3 de réserves prouvées qui lui assurent 154 ans de production au rythme actuel, était la solution. A condition toutefois de construire un gazoduc, car la liquéfaction et le transport en bateau via le détroit d’Ormuz et le canal de Suez rendaient le gaz qatari non concurrentiel avec le gaz russe. Selon des informations du journal libanais Al-Akhbar publiées en 2012, les Qataris avaient établi un plan, approuvé par l’administration Obama et l’UE visant à construire un gazoduc vers l’Europe via la Syrie. Ce gazoduc terrestre aurait traversé l’Arabie Saoudite, puis la Jordanie, en évitant l’Irak pour arriver à Homs en Syrie, d’où il aurait bifurqué dans trois directions : Lattaquié sur la côte syrienne, Tripoli au nord du Liban, et une troisième branche via la Turquie vers l’Europe. Mais Bachar El-Assad refusait d’autoriser ce transit.

Désormais, les cartes sont redistribuées et rien ne s’oppose plus à ce que le gaz qatari rejoigne en Turquie le gazoduc TurkStream et vienne alimenter les besoins énergétiques de l’Union européenne. Dans un proche avenir, parions que les Européens vont lever leurs sanctions économiques contre la Russie.

Il aura fallu une guerre de cinq ans, des centaines de milliers de morts en Syrie et des attentats terroristes en Europe pour que s’impose par la force ce qui aurait dû se décider par la raison. Car tant dans la lutte contre l’islam radical que sur le plan économique, l’alliance russe est vitale pour que la voix de l’Europe existe à nouveau sur la scène internationale.



Jean-Bernard Pinatel | 12 décembre 2016


Général (2S) et dirigeant d’entreprise, Jean-Bernard Pinatel est un expert reconnu des questions géopolitiques et d’intelligence économique. Il est l’auteur de Carnet de Guerres et de crises, paru aux éditions Lavauzelle en 2014.

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(1) Pour certains auteurs, ce projet de gazoduc et le refus d’Assad de le laisser traverser la Syrie aurait été l’un des facteurs déterminants de la guerre en Syrie.

(2) En savoir plus ici.

(3) Russie : 22,8% soit 47 500 milliards de m3 ; Iran : 15,9% soit 33 800 milliards de m3 ; Qatar : 11,7% soit 24 300 milliards de m3.

 

Source: ATLANTICO.FR

mardi, 15 mars 2016

ATTAQUE TERRORISTE DE GRAND-BASSAM: ALLER AU-DELA DES APPARENCES ET DES COMMUNIQUES OFFICIELS

 

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Le dimanche 13 mars 2016, la Côte d'Ivoire est endeuillée par une attaque terroriste aussi barbare que lâche.

Le gouvernement ivoirien s'empresse d'annoncer 22 morts dont 6 terroristes neutralisés. Des terroristes qui ont, en réalité, eu le temps d'opérer tranquillement et de fondre dans la nature. Les forces spéciales ne sont arrivées sur les lieux du drame que bien plus tard, pour le ratissage. Sans plus.

Depuis ce matin, nos autorités, après avoir été copieusement bassinées sur la toile, se sont ravisées et ne parlent plus que de 3 assaillants tués et de 18 morts.

On n'a, en réalité, vu aucun corps d'assaillant. S'il y en avait un seul abattu par nos forces, la RTI nous l'aurait montré, croyez-moi (puisqu'à l'avantage du pouvoir en place, très enclin à la propagande et à l'auto-encensement).

Plusieurs personnes sont encore portées disparues. Certaines victimes ayant été abattues dans la mer, pendant leur baignade, et emportées par les eaux, selon des témoins crédibles. Le bilan actuel ne peut donc qu'être partiel.

Il est fait état d'un communiqué de revendication d'Aqmi, se vengeant de la Côte d'Ivoire pour 4 frères islamistes livrés par la Côte d'Ivoire aux autorités maliennes. De la poudre au yeux ! 

De Charlie Hebdo à Grand-Bassam, en passant par le Bataclan, Bamako et Ouagadougou, c'est un seul et même programme en pleine exécution. Je n'ai jamais cessé de le dire. Dans quel but ? "Nous faire accepter des lois qui ne passeront jamais dans un autre contexte", comme dit un ami très cher, afin de nous contrôler totalement et décider de nos destinées.

Si certains n'ont pas encore compris le fonctionnement de notre monde et continuent à chercher les coupables au mauvais endroit, vraiment désolé !

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A la vérité, Al Qaïda, Aqmi, Boko Haram, Isis, Daesh ou Daech, Etat Islamique et que sais-je encore = Etats-Unis + France + Otan. Les guerres en Irak, en Syrie et en Libye nous l'ont amplement prouvé. Venez nous en démontrer le contraire. Oui, l'hydre américano-française a encore frappé. Et vous pouvez comprendre pourquoi la chaîne française France 24 est toujours la première sur ce type d'information, toutes activités cessantes. Même la RTI n'y a vu que du feu, elle qui passait de la musique et du football pendant l'attentat, et qui a dû être informée depuis la France.

Ce que font, en ce moment, les Etats-Unis, la France et les pays de l'Otan s'inscrit dans un programme global de contrôle total du monde, dans un processus maçonnique et illuminati de reconfiguration géopolitique mondiale, appelé Nouvel Ordre Mondial (Novus Ordo Seclorum), avec pour ligne d'action le slogan "L'Ordre par le Chaos (Ordo Ab Chaos, un slogan figurant sur les passeports maçonniques. Lire ICI)". C'est bien réfléchi, bien planifié et extrêmement bien exécuté. Les personnes les plus insoupçonnables en font partie.

Remarquez une de leurs signatures: leurs attaques se produisent souvent pendant la période des équinoxes et des solstices ou à des dates proches de cette période, qui revêtent pour eux, une grande importance astrologique et mystique, ou encore à des jours qu'ils considèrent comme ayant une empreinte mystique ou portant un symbolisme fort comme par exemple les 13 de mois et le 11 septembre (qu'on écrit 9/11; aux Etats-Unis, le 911 est le numéro des appels d'urgences). Vous remarquerez ainsi qu'ils opèrent bien souvent entre les 11 et 13 ou les 19 et 21 des mois impairs, en général. Faites vos recherches, des Tours Jumelles de Manhattan à l'Etoile du Sud de Grand-Bassam, et vous comprendrez, et vous verrez ! On vous ment sur beaucoup de choses et on vous cache beaucoup de choses, pour ne pas dire TOUT. Visitez ce site pour juste vous en donner une idée: Ordo Ab Chao.

Au lendemain de l'attaque de Ouagadougou, en janvier dernier, j'écrivais ceci sur ma page Facebook: "La France veut se donner raison après ses excès sur ses propres populations, en janvier 2015 et le 13 novembre 2015, pour faire croire que c'est une urgence de combattre l'Etat Islamique (qu'elle a financé et armé avec les USA) et justifier ainsi l'escalade des guerres qu'elle mène avec les Américains au Moyen-Orient, pour le pétrole et pour la mainmise sur la géopolitique mondiale. Elle n'opère que dans les pays sous sa domination ou là où les Chefs d'Etats sont des hommes liges de la France. Les Ivoiriens doivent faire gaffe. Ils seront les prochaines victimes. Et ça va saigner !" Eh bien, nous y voilà !

Au demeurant, la Côte d'Ivoire est déjà habituée au terrorisme. Nous en avons déjà vu bien pire: 60 gendarmes mitraillés avec leurs familles à Bouaké par les rebelles, des ministres et officiers supérieurs de l'armée ivoirienne assassinés chez eux ou ailleurs, plus de 70 jeunes aux mains nues massacrés par l'armée française devant l'Hotel Ivoire, les différents épouvantables carnages de Duékoué contre le peuple Wè, des milliers d'ivoiriens assassinés de 2002 à 2011 par la rébellion ivoirienne aujourd'hui au pouvoir, la résidence présidentielle de Côte d'Ivoire bombardée par la France avec le président en exercice, femmes, personnes âgées et enfants à l'intérieur, pendant 10 jours. Y a-t-il pire que ceci ? Que ceux qui savent me répondent.

Alors, qu'on ne vienne pas nous claironner à la télé, après l'attaque de Grand-Bassam: "Ça ce n'est pas la Côte d'Ivoire !". A moins que ce soit pour dire: "La Côte d'Ivoire est pire que ceci".

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Toutes mes condoléances à vous, fiers ivoiriens ! Prompt rétablissement et beaucoup de courage à tous les blessés. Que DIEU console toutes les familles éplorées par ce massacre gratuit, victimes de barbares tapis dans l'ombre, sorciers pyromanes qui tirent les ficelles et viennent jouer les pompiers, et qu'il nous délivre de cette engeance !

C'était mon coup de gueule. Salut !

 

DINDE Fernand AGBO

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NOUVEL ORDRE MONDIAL

« ...On ira ensemble vers ce Nouvel Ordre Mondial. Et personne,
je dis bien personne, ne pourra s'y opposer. »

(Extrait du discours de Nicolas Sarkozy du 16 janvier 2009 à l'Elysée).

mercredi, 30 décembre 2015

13 NOVEMBRE OU LE «LE 11 SEPTEMBRE DE LA FRANCE» - LA STRATEGIE DU CHAOS

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Drapeaux en berne dans les pays de l’Otan pour « le 11-Septembre de la France », pendant que le président Obama annonce aux médias : « Nous vous fournirons des informations sérieuses sur ceux qui sont responsables». Pas besoin d’attendre, c’est déjà clair. L’énième massacre d’innocents a été provoqué par la série de bombes à fragmentation géopolitique, faite exploser selon une stratégie précise. Celle mise en acte depuis que les USA, après avoir gagné la confrontation avec l’URSS, se sont auto-nommés « le seul Etat avec une force, une portée et une influence en toute dimension -politique, économique, militaire- réellement globales », se proposant d’«empêcher que toute puissance hostile ne domine une région -l’Europe occidentale, l’Asie orientale, le territoire de l’ex Union soviétique et l’Asie sud-occidentale- dont les ressources seraient suffisantes pour générer une puissance globale ». Dans ce but les USA ont réorienté depuis 1991 leur propre stratégie et, en s’accordant avec les puissances européennes, celle de l’Otan. Depuis lors ont été fragmentés ou démolis avec la guerre (ouverte et couverte), un après l’autre, les Etats considérés comme un obstacle au plan de domination globale -Irak, Yougoslavie, Afghanistan, Libye, Syrie, Ukraine et autres- alors que d’autres encore (dont l’Iran) sont dans le collimateur. Ces guerres, qui ont broyé des millions de victimes, ont désagrégé des sociétés entières, en créant une masse énorme de désespérés, dont la frustration et la rébellion débouchent d’une part dans une résistance réelle, mais de l’autre se trouvent exploitées par la CIA et autres services secrets (y compris français) pour séduire des combattants dans un « djihad » de fait fonctionnel à la stratégie USA/Otan.

Ainsi s’est formée une armée ombre, constituée de groupes islamistes (souvent concurrents) employés à miner de l’intérieur l’Etat libyen pendant que l’Otan l’attaquait, puis pour une opération analogue en Syrie et Irak. De cela est né l’Isis (EI), dans lequel ont conflué des « foreign fighters » parmi lesquels des agents de services secrets, qui a reçu des milliards de dollars et des armes modernes de l’Arabie saoudite et d’autres monarchies arabes, alliées des USA et en particulier de la France. Stratégie qui n’est pas nouvelle : il y a plus de 35 ans, pour faire tomber l’URSS dans le « piège afghan », furent recrutés par l’intermédiaire de la Cia des dizaines de milliers de moudjahiddines de plus de 40 pays. Parmi ceux-là le riche saoudien Ossama Ben Laden, arrivé en Afghanistan avec 4 mille hommes, celui-là même qui allait ensuite fonder Al Qaeda en devenant « l’ennemi numéro un » des USA. Washington n’est pas l’apprenti sorcier incapable de contrôler les forces mises en marche. Il est le centre moteur d’une stratégie qui, en démolissant des Etats entiers, provoque une réaction en chaîne chaotique de divisions et conflits à utiliser selon l’antique méthode du « diviser pour régner ».

L’attaque terroriste à Paris, accomplie par une main d’oeuvre convaincue de frapper l’Occident, est arrivée avec une parfaite opportunité au moment où la Russie, en intervenant militairement, a bloqué le plan USA/Otan de démolition de l’Etat syrien et a annoncé des contre-mesures militaires à la croissante expansion de l’Otan à l’Est. L’attaque terroriste, en créant en Europe un climat de siège, « justifie » une montée en puissance militaire accélérée des pays européens de l’Otan, y compris l’augmentation de leur dépense militaire réclamée par les USA, et ouvre la voie à d’autres guerres sous commandement étasunien.

La France qui jusqu’à présent avait conduit « contre l’Etat islamique en Syrie seulement des attaques sporadiques » écrit le New York Times, a effectué dans la nuit de dimanche « en représailles, l’attaque aérienne la plus agressive contre la ville syrienne de Raqqa, en touchant des objectifs de l’EI indiqués par les Etats-Unis ». Parmi lesquels, précisent des fonctionnaires étasuniens, « quelques cliniques et un musée ».

 

Manlio Dinucci

 

Edition de mardi 17 novembre 2015 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/la-strategia-del-caos/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Source: MONDIALISATION.CA

ATTENTATS FABRIQUES EN LABORATOIRE - POUSSER LES MASSES VERS LA GUERRE TOTALE

 

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Combattants islamiques lors d’un défilé militaire dans les rues de Raqqa

 

Nul besoin de souligner le caractère indicible et répugnant des atrocités commises le 13 novembre 2015 à Paris. Mais ce que l’on ne dit pas au lendemain des attentats — ce que passent sous silence les médias de masse — est de façon prévisible révélateur et de mauvais augure.

Tout comme au lendemain du 11 septembre, les gens de partout dans le monde sont soumis à la provocation, à l’agitation et à la mobilisation; la peur, l’horreur, la rage et la consternation sont canalisées et modulées de manière à susciter une vague collective vengeresse et haineuse. La haine envers quoi, envers qui?

Le groupe État islamique a revendiqué les attentats. Mais qui est ce groupe?

Le fait que l’on refuse volontairement d’admettre est que le groupe État islamique est l’outil politico‑militaire de l’Occident, guidé par le renseignement, et créé, entraîné, financé, conseillé et protégé par l’Occident et par l’OTAN — ce qui inclut la France.

Le groupe État islamique et l’extrémisme islamique, dont Al‑Qaida, agissent pour le compte de l’OTAN au service des intérêts géostratégiques de l’Occident.

Sous la supervision de la CIA, du MI6, du Mossad, de l’ISI pakistanais et autres, les services de renseignements de l’Occident mènent les terroristes du groupe État islamique.

Le terrorisme djihadiste n’existerait pas sans le soutien de l’Occident; il a débuté à l’époque de la guerre froide, s’est poursuivi durant le conflit des Balkans, a explosé avec les événements du 11 septembre et la « guerre au terrorisme », et continue de métastaser avec la prétendue guerre contre le groupe État islamique, qui n’est que la poursuite, sous un autre nom, de la même guerre criminelle de tromperie entièrement orchestrée.

En définitive, l’Occident et ses architectes de guerre portent la responsabilité de tous les actes de terrorisme perpétrés par leurs propres troupes de choc terroristes.

Comme le fait remarquer Michel Chossudovsky :

 « l’idée selon laquelle les attentats de Paris seraient un acte de représailles et de vengeance à l’endroit de la France est discutable et contradictoire dans la mesure où les faits confirment que la France a fait passer des armes aux rebelles djihadistes présents en Syrie, notamment au front Al Nousrah et à ISIS. »
Et s’il s’agissait d’un « retour de bâton »? Si les terroristes de Paris étaient devenus « récalcitrants » et s’en étaient pris à leurs propres commanditaires? Si ces cellules terroristes étaient devenues « incontrôlables »? Si ces groupes ou d’autres encore avaient tout simplement « disjoncté » pour des « raisons inexplicables »? Et qu’en est‑il de l’hypothèse (très peu probable) voulant que la CIA, la NSA, les renseignements français, le Mossad, etc. — autant d’organismes dotés des capacités d’espionnage les plus poussées de la planète — auraient soudainement et simultanément perdu toute trace de ces terroristes? Voilà autant de faux‑fuyants. L’Occident n’en porte pas moins la responsabilité des gestes commis par ses agents. L’Occident n’a pas « perdu la maîtrise » du groupe État islamique. En fait, les terroristes sont utilisés avec une efficacité et une efficience remarquables. Le chaos et le pillage n’ont rien d’aléatoire. Les atrocités sont voulues. N’eût été l’« interférence » inopportune des Russes, l’empire anglo‑américain dominerait aujourd’hui un territoire supérieur à celui qu’il contrôle déjà. Le régime syrien serait sans doute déjà tombé.

C’est la politique guerrière anglo‑américaine qui a donné le champ libre au terrorisme. Elle continue de favoriser, de fomenter et de répandre le terrorisme à une échelle inimaginable, et il n’y a pas de fin en vue. La trace de sang reconduit à cette politique et à ses décideurs.

Cette crise apocalyptique n’est pas une guerre « contre le terrorisme », mais une guerre « de » terrorisme, menée par des terroristes, guidée par des terroristes, et par des criminels de guerre psychopathes qui se placent au‑dessus de la loi.

Ils n’ont nullement l’intention de mettre fin au terrorisme. En fait, c’est tout le contraire : les armées terroristes de l’Occident sont un atout majeur utilisé pour infiltrer et déstabiliser, pour renverser les régimes que l’OTAN cherche à se rallier, à envahir et à conquérir. Et ils tombent ainsi, l’un après l’autre : d’abord l’Iraq et la Libye, puis les évènements actuels en Syrie, tout cela pour la réalisation d’ambitions plus vastes encore.

La « guerre contre le groupe État islamique » ne concerne même pas ce groupe, et ce, quels que soient les atrocités commises par les tueurs d’ISIS/ISIL eux‑mêmes. Cette guerre est, et a toujours été, une guerre mondiale entre superpuissances opposant l’Occident à la Russie et à la Chine, et ce, partout où le dictent les intérêts de l’Occident et de ses grandes entreprises, qu’ils soient géostratégiques ou axés sur les ressources.

L’aspect « spectaculaire » du bain de sang — l’ampleur et l’intensité indicibles des meurtres — n’en deviendra que plus excentrique et plus « créatif » à mesure que ceux qui planifient la guerre rechercheront avec toujours plus de désespoir les moyens de maintenir les masses faciles à distraire de leur pays respectif galvanisées par la peur, prêtes à soutenir leur calendrier de guerre élargi et leur engagement accru sur les lignes de front.

À qui tout cela profite‑t‑il? Qui profite de la militarisation de la France et de son peuple? Les mêmes forces qui ont tiré profit de telles atrocités depuis le 11 septembre. Tous les gouvernements qui cherchent à déstabiliser, à envahir et à conquérir le sous‑continent eurasien, y compris le Moyen‑Orient et l’Asie centrale, voire au‑delà. Tous les gouvernements qui cherchent à opérer un changement de régime en Syrie : l’OTAN.

Les expressions théâtrales de remords des dirigeants masquent la realpolitik, l’attitude sociopathique froide et calculatrice voulant que la guerre soit une industrie, que les tueries soient un instrument de la « victoire » et que les massacres d’innocents soient des « dommages collatéraux nécessaires ». Trois mille morts le 11 septembre. Un avion de ligne rempli de touristes russes. Des dizaines de milliers de victimes de massacres au Moyen‑Orient, en Asie centrale et en Afrique. Plus de cent vies anéanties à Paris. Tout ça, en une seule journée de travail.

La ligne d’action actuelle justifiée par la propagande et les gros titres sanglants est qu’il nous faut intensifier davantage encore la « guerre totale » sans fin. Le président Hollande reprend maintenant à son compte les expressions de « guerre qui n’aura pas de fin de notre vivant » de Dick Cheney et d’« avec nous ou contre nous » de George W. Bush.

La propagande en cours voudrait que les événements de Paris soient la preuve qu’il est plus que temps d’opérer un changement de régime en Syrie, présentée comme le « foyer » du terrorisme où le groupe État islamique serait devenu « incontrôlable ». Le régime Assad « n’a pas su les arrêter »; par conséquent, ce régime, tout comme les « terroristes », doit être « éliminé ».

Ce n’est pas une coïncidence si Paris a incité le président Barack Obama à promettre l’escalade de la participation militaire en Syrie. Plus précisément, c’est l’invasion ouverte de la Syrie qui a reçu le feu vert. L’invasion de la Syrie par des « troupes au sol », déjà en cours, s’en trouve maintenant accélérée. Il ne fait aucun doute qu’Obama souhaite achever la tâche avant son départ en 2016. Une nouvelle série de frappes aériennes sur Raqqa, en Syrie, a commencé moins de 48 heures après les attentats de Paris.

Et qu’en est‑il des attentats de Paris eux‑mêmes? La version officielle est en cours d’écriture. Même si nous n’en sommes encore qu’au début, les questions sur ces attentats se multiplient. Les similarités avec l’opération sous fausse bannière du 11 septembre abondent.

Pour citer le New York Times, il « est malaisé de dire comment un plan aussi complexe et aussi meurtrier a échappé à l’attention des services de renseignement, tant en France qu’à l’étranger ». Mais les faits qui apparaissent laissent croire que les services de renseignement non seulement savaient, mais qu’ils en savaient suffisamment pour se préparer aux attentats, ce qui laisse entendre qu’ils auraient laissé faire.

La France était informée de l’imminence d’attaques et des préparatifs étaient en cours des semaines avant le 13 novembre. Mentionnons à titre d’exemple les réunions d’urgence avec le directeur de la CIA John Brennan et les exercices de préparation inhabituellement précoces des premiers intervenants — qui étaient justement à pied d’œuvre à Paris le 13 novembre.

Une cyberattaque massive — dépassant les capacités des terroristes – a neutralisé les systèmes de sécurité français avant et durant les attentats.

Les responsables français connaissaient les assaillants et les suivaient sans cesse depuis un bon moment, mais ils n’ont rien fait pour les arrêter.

De l’orchestration et de l’exécution des atrocités elles‑mêmes jusqu’à la réaction des autorités, les signes de longue planification, de scénarisation, de montage chorégraphique et de calculs sont manifestes.

On invoquera des excuses ayant trait à l’incompétence (« nous avons été pris par surprise »), au désespoir et au chaos (« nous ne sommes pas en mesure de prévoir ou d’empêcher quoi que ce soit ») et autres variantes. Mais personne n’apportera la preuve du contraire.

D’après les agents de la CIA, les « experts en terrorisme » de groupes de réflexion et autres vantards bellicistes qui n’ont eu de cesse de débiter leurs absurdités sur CNN durant toute la nuit et la journée qui ont suivi les attentats de Paris, il y aurait désormais une « nouvelle normalité ».

Il faut résister à ce genre de lavage de cerveau.

Malgré le chaos et la panique, il ne faut pas perdre de vue le contexte élargi.

C’est la guerre elle‑même — ainsi que ses architectes et leurs agents meurtriers — qu’il nous faut condamner.

Les assassins qui ont exécuté de sang‑froid des personnes innocentes ont agi sur les ordres d’agents, eux‑mêmes placés sous les ordres d’autres agents qui, à leur tour, ont reçu leurs ordres d’individus occupant de hauts postes de pouvoir. Ce sont ces individus qui doivent être identifiés et dénoncés, et c’est à leurs projets de guerre qu’il convient de résister, ce sont ces projets qu’il convient de stopper, et ce, pour le bien de ce qui reste de l’humanité.

 

Larry Chin

 

Source: MONDIALISATION.CA

jeudi, 19 novembre 2015

ATTENTATS DE PARIS: ON SE FOUT DE NOTRE GUEULE !

 

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Visionnez simplement ces deux vidéos et vous comprendrez. Déprimant mais réel ! J'ai dit depuis le début, aux premières heures d’après, que les attentats de Paris sont un autogoal de la terreur mené par les gouvernants (Hollande et Valls en tête) pour amener le peuple français à brader sa liberté à des lois liberticides, au nom de la sécurité, et pour le compte du nouvel ordre mondial illuminati et antichrist. Wait and see ! Idem pour l’attentat de Charlie Hebdo, en début d’année 2015, et pour les Tours Jumelles, le 11 septembre 2001, aux Etats-Unis. En voici la preuve par quatre.

L’opération a été finement et rondement menée par l’exécutif français, avec l’appui de l’Assemblée nationale et du Sénat (le contraire est IMPENSABLE!), sous la férule et l’expertise des Etats-Unis dont la France n’est plus désormais que l’élève, la marionnette et le caniche de service, mais cela ne peut tromper les esprits avisés et anticonformistes!

Il ne faut, néanmoins, pas voir que ces attentats dans leur forme violente et circonscrite. Il s'agit d'un projet beaucoup plus étendu, un projet global, planétaire, dont l'objectif est de mettre en place le vieil objectif illuminati du "Contrôle total 666" (Apocalypse 13), visant à dominer les hommes et à les soumettre à des maîtres tyranniques, qui ne sont plus très loin d'être révélés au monde.

La réponse à ces attentats est toujours planétaire et internationale. Avez-vous remarqué ? Les hommes de la terre jouent gros sur leur liberté dans ce programme satanique, sous-tendu par cette devise démoniaque connue dans les milieux ésotériques: l'ordre par le chaos.

Je le dis sans détour: notre monde est gouverné par des hommes et des femmes sans morale. Notamment, la France et la totalité des pays de l’OTAN ! Que DIEU garde nos peuples ! Fernand Dindé.


Grave accusation sur Hollande au sujet des attentats. RT Deutsch (Russia Today).

 


Le jouet de l'Empire: Isis - Daesh - Daech - EI… Création, financement, armement...

 

Voir cette autre vidéo très significative:


 

Lire également cet article stupéfiant (cliquer sur):

Le Bataclan, vendu le 11 septembre 2015 et bien plus encore

vendredi, 06 mars 2015

BOKO HARAM: UNE OPERATION SECRETE DE LA CIA POUR DIVISER ET REGNER EN AFRIQUE?

 

BOKO HARAM. LE CHEF DE FILE.jpg

 

WIKISTRIKE. Le but de la présence militaire étasunienne en Afrique est bien documenté : contrer l’influence chinoise et contrôler des endroits stratégiques et des ressources naturelles, y compris les réserves de pétrole. Cela a été confirmé il y a plus de 8 ans par le département d’État étasunien :

En 2007, le conseiller du département d’État étasunien, le Dr J. Peter Pham a commenté les objectifs stratégiques d’AFRICOM : « protéger l’accès aux hydrocarbures et autres ressources stratégiques abondantes en Afrique, une tâche qui consiste à protéger la vulnérabilité de ces richesses naturelles et à s’assurer qu’aucune autre tierce partie intéressée, comme la Chine, l’Inde, le Japon ou la Russie, n’obtienne des monopoles ou des traitements préférentiels ». (Nile Bowie,.US AFRICOM Commander Calls for « Huge » Military Campaign in West Africa, Global Research, 11 avril 2012)

Au début février, « de passage au Centre d’études stratégiques et internationales à Washington, D.C., le chef d’AFRICOM, le général David Rodriguez, a appelé à une campagne de « contre-insurrection » de grande envergure menée par les États-Unis contre des groupes en Afrique de l’Ouest ».

Le chef du Commandement des opérations spéciales des États-Unis (SOCOM), le général Joseph Votel, a fait des remarques similaires la semaine dernière à l’Académie West Point de l’Armée étasunienne, affirmant que les équipes de commandos étasuniens doivent se préparer à de nouveaux déploiements contre Boko Haram et l’État islamique. (Thomas Gaist, US AFRICOM Commander Calls for « Huge » Military Campaign in West Africa, World Socialist Web Site, 2 février 2015)

Mark P. Fancher a souligné l’hypocrisie et « l’arrogance impérialiste » des pays occidentaux, qui « malgré la condamnation universelle du colonialisme », sont toujours prêts « à déclarer publiquement (sans excuses) leurs plans d’expansion et de coordination de leur présence militaire en Afrique » (Marc P. Fancher, Arrogant Western Military Coordination and the New/Old Threat to Africa, Black Agenda Report, le 4 février 2015)

Plus de troupes en provenance du Bénin, du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad sont maintenant déployées pour lutter contre Boko Haram.

Cette nouvelle guerre contre une autre entité terroriste obscure en Afrique n’est pas sans rappeler la campagne de propagande ratée de Kony 2012, drapée dans des idéaux humanitaires. Elle est utilisée comme un écran de fumée pour éviter d’aborder la question des victimes de la guerre contre le terrorisme et les causes réelles du terrorisme, et afin de justifier une autre invasion militaire. Il est vrai que Boko Haram fait des victimes, mais le but de l’intervention occidentale en Afrique n’est pas de venir à leur secours.

Le conflit le plus meurtrier dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale, celui qui fait toujours rage, se passe au Congo et l’élite occidentale et leurs médias ne s’en préoccupent pas. Cela démontre que les interventions militaires ne sont pas destinées à sauver des vies.

Pour comprendre pourquoi les médias se concentrent sur Boko Haram, nous avons besoin de savoir qui est derrière cette organisation. Quel est le contexte sous-jacent et quels intérêts sont servis?

Boko Haram : une autre opération clandestine des États-Unis?

Boko Haram est basé dans le nord du Nigeria, le pays le plus peuplé et la plus grande économie d’Afrique. Le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole du continent et détient 3,4 % des réserves mondiales de pétrole brut.

En mai 2014, African Renaissance News a publié un reportage détaillé sur Boko Haram et la possibilité que l’organisation soit une autre opération secrète de la CIA visant à prendre le contrôle du Nigeria :

[L]e plus grand prix pour l’AFRICOM, qui vise à implanter une Pax Americana en Afrique, serait de réussir dans le pays africain le plus stratégique, le Nigeria. C’est là qu’entre en perspective la question de Boko Haram qui fait rage actuellement et la prédiction de l’Intelligence Council des États-Unis sur la désintégration du Nigeria en 2015, dont on a beaucoup parlé […] (Atheling P Reginald Mavengira, Humanitarian Intervention » in Nigeria: Is the Boko Haram Insurgency Another CIA Covert Operation? Wikileaks, African Renaissance News, 8 mai 2014)

Dans les années 1970 et 1980, le Nigeria a aidé plusieurs pays africains « défiant ainsi clairement les intérêts des États-Unis et de leurs alliés occidentaux, une opposition ayant entraîné à l’époque un recul des initiatives occidentales en Afrique ». (Ibid.)

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Le Nigeria exerce son influence dans la région grâce au leadership du Groupe de contrôle de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (ECOMOG, droite), une armée composée de soldats de divers pays africains et mise en place par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le groupe est intervenu dans la guerre civile au Liberia dans les années 90. Le Liberia a été fondé en 1821 par les États-Unis et a été dirigé par des Américano-Libériens pendant plus d’un siècle.

Les puissances occidentales, en premier lieu les États-Unis, ne sont évidemment pas prêtes à laisser les Africains avoir une armée multinationale dans laquelle ils ne détiennent pas de rôle de premier plan. L’ACRI, qui devint plus tard l’AFRICOM, a été formé en 2000 pour contenir l’influence du Nigeria et contrer l’ECOMOG, évitant ainsi l’émergence d’une force militaire africaine dirigée par des Africains.

Selon les documents de Wikileaks mentionnés dans l’article de Mavengira ci-dessus, l’ambassade étasunienne au Nigeria constitue :

une base d’opérations pour des actes de subversion de grande envergure et à grande portée contre le Nigeria, notamment l’écoute des communications du gouvernement nigérian, l’espionnage financier d’éminents Nigérians, le soutien et le financement de groupes subversifs, d’insurgés, de propagande de discorde entre les groupes disparates du Nigeria et l’utilisation de chantage relié aux visas afin de contraindre et d’amener des Nigérians de haut rang à agir en faveur des intérêts étasuniens. (Mavengira, op. cit., c’est l’auteure qui souligne)

Mavengira fait partie de la GreenWhite Coalition, un « groupe de défense citoyen bénévole composé de Nigérians de tous les groupes ethniques et de toutes les convictions religieuses ». Il écrit que le but ultime des opérations clandestines étasuniennes dans son pays consiste « à éliminer le Nigeria comme potentiel rival stratégique des États-Unis sur le continent africain ». (Ibid.)

Une enquête sur la secte Boko Haram par la Coalition GreenWhite a révélé que la « campagne de Boko Haram est une opération secrète organisée de la Central Intelligence Agency (CIA) étasunienne coordonnée par l’ambassade étasunienne au Nigeria ». Les États-Unis ont déjà utilisé leurs ambassades pour des opérations secrètes.

L’ambassade de Benghazi s’est révélée être la base d’une opération secrète de trafic d’armes pour les mercenaires luttant contre Bachar Al-Assad en Syrie. Quant à l’ambassade en Ukraine, une vidéo de novembre 2013 a émergé récemment montrant un parlementaire ukrainien l’exposant comme le point central d’une autre opération clandestine destinée à fomenter des troubles civils et à renverser le gouvernement démocratiquement élu.

L’enquête de GreenWhite Coalition sur Boko Haram révèle un plan en trois étapes du National Intelligence Council des États-Unis visant à « pakistaniser » le Nigeria, internationaliser la crise et diviser le pays en vertu d’un mandat et d’une force d’occupation de l’ONU. Le plan « prédit » la désintégration du Nigeria pour 2015. Il convient de citer l’enquête en détail :

L’ensemble du rapport du [National Intelligence Council] est en réalité une déclaration d’intentions codée sur la façon dont les États-Unis prévoient éventuellement démanteler le Nigeria grâce à des complots de déstabilisation […]

Étape 1: Pakistaniser le Nigeria

Vu la réalité existentielle du fléau de Boko Haram, la vague d’attentats et d’attaques sur les bâtiments publics sont susceptibles de dégénérer dans les mois à venir.

Le but est d’exacerber les tensions et la suspicion mutuelle entre les adeptes des deux religions au Nigeria et de les mener à la violence interconfessionnelle […]

Étape 2: L’internationalisation de la crise

Les États-Unis, l’Union européenne et les Nations Unies appellerons à l’arrêt des violences. […] Pour créer de l’effet, il y aura une couverture importante des médias internationaux sur la crise du Nigeria avec de soi-disant experts pour discuter de toutes les ramifications. Ces experts s’efforceront de créer l’impression que seule une intervention étrangère bienveillante pourrait résoudre la crise.

Étape 3: La grande division en vertu d’un mandat de l’ONU

L’on proposera d’abord l’intervention d’une force internationale de maintien de la paix afin de séparer les groupes belligérants et/ou un mandat de l’ONU assignant différentes parties du Nigeria à des puissances occupantes. Bien sûr, les États-Unis et leurs alliés, guidés par des purs intérêts économiques, auront préalablement discuté dans les coulisses des zones à occuper […] (Ibid., c’est l’auteure qui souligne)

En 2012, le Nile Bowie écrivait:

Le Nigerian Tribune a rapporté que Boko Haram reçoit du financement de différents groupes de l’Arabie saoudite et du Royaume-Uni, en particulier du Fonds fiduciaire Al-Muntada, dont le siège est au Royaume-Uni et à la Société islamique mondiale de l’Arabie saoudite [8]. Lors d’une entrevue menée par Al-Jazeera avec Abou Mousab Abdel Wadoud, le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) stipule que des organisations dont le siège est en Algérie ont fourni des armes au mouvement Boko Haram au Nigeria « pour défendre les musulmans au Nigeria et arrêter les avancées d’une minorité de croisés » [9] .

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Image: Abdelhakim Belhadj, chef des rebelles pendant la guerre de 2011 en Libye et ancien commandant du Groupe islamique combattant en Libye lié à Al-Qaïda.

Pour l’administration Obama, l’appui clandestin à des organisations terroristes dans le but d’atteindre ses objectifs de politique étrangère semble être la condition préalable au commandement des opérations à l’étranger. Boko Haram existe comme une division séparée de l’appareil de déstabilisation étasunien, visant à briser le pays le plus peuplé d’Afrique et le plus grand marché potentiel. (Nile Bowie, CIA Covert Ops in Nigeria: Fertile Ground for US Sponsored Balkanization, Global Research, le 11 avril 2012)

Des reportages indiquent également que certains commandants nigérians sont possiblement impliqués dans le financement de l’insurrection.

Selon le reportage, un soldat nigérian dans l’État de Borno a confirmé que Boko Haram a attaqué Gamboru Ngala en leur présence, mais que leur commandant leur a demandé de ne pas repousser l’attaque. Le soldat a dit au Service Hausa de la BBC que des hélicoptères planaient dans le ciel tandis que les attaques étaient en cours.

Trois cents personnes ont été tuées, des maisons et un marché brûlés tandis que les soldats regardaient, ayant reçu l’ordre de ne pas prêter assistance à ceux qui étaient attaqués. Le soldat a déclaré que l’insurrection de Boko Haram prendra fin lorsque les officiers supérieurs de l’armée cesseront de l’alimenter.

Lors des enlèvements de filles de Chibok, un soldat a affirmé en entrevue à SaharaReporters,

« Nous avons reçu l’ordre d’arrêter les véhicules transportant les filles, mais dès le début de la mission, nous avons reçu l’ordre contraire, soit de nous retirer. Je peux vous assurer que personne ne nous a demandé de chercher quiconque. »

Certains soldats soupçonnent leurs commandants de révéler les opérations militaires à la secte Boko Haram. (Audu Liberty Oseni, Who is Protecting Boko Haram. Is the Nigerian Government involved in a Conspiracy?, africanexecutive.com, 28 mai 2014)

Ces commandants auraient-ils été contraints par des éléments de l’ambassade étasunienne, tel que le suggère l’enquête de Greewhite Coalition citée auparavant?

Boko Haram: Le prochain chapitre dans la frauduleuse, coûteuse, destructrice et meurtrière guerre au terrorisme?

Il a été clairement démontré que la soi-disant guerre contre le terrorisme a fait croître le terrorisme. Nick Turse explique :

[Dix] ans après que Washington eut commencé à verser l’argent des contribuables dans la lutte contre le terrorisme et les efforts de stabilisation à travers l’Afrique, et que ses forces eurent commencé à exploiter le Camp Lemonnier [Djibouti], le continent a connu de profonds changements, mais pas ceux recherchés par les États-Unis.

L’université de Berny Sèbe de Birmingham cite en exemple la Libye post-révolutionnaire, l’effondrement du Mali, la montée de Boko Haram au Nigeria, le coup d’État en République centrafricaine, et la violence dans la région des Grands Lacs de l’Afrique comme preuve de la volatilité croissante. « Le continent est certainement plus instable aujourd’hui qu’il ne l’était au début des années 2000, lorsque les États-Unis ont commencé à intervenir plus directement. » (Nick Turse, The Terror Diaspora: The U.S. Military and Obama’s Scramble for Africa, Tom Dispatch, 18 juin, 2013)

Que veulent les États-Unis en Afrique?

Lorsqu’il est question d’interventions à l’étranger, des décennies d’histoire ont démontré que les objectifs déclarés de l’armée étasunienne et ses véritables intentions ne sont jamais les mêmes. L’intention réelle ne consiste jamais à sauver des humains, mais plutôt à sauver des profits et à gagner du pouvoir. Les interventions des États-Unis et de l’OTAN ne sauvent pas, elles tuent.

Celles menées depuis le début du siècle ont tué des centaines de milliers, si ce n’est plus d’un million d’innocents. Difficile de dire combien, car l’OTAN ne veut pas vraiment savoir combien de civils elle tue. Comme le notait The Guardian en août 2011, il n’y avait « pas de projet international de grande envergure consacré au bilan des décès dans le conflit en Libye », à part durant une brève période.

En février 2014, « on estimait qu’au moins 21 000 civils [étaient] décédés de mort violente en raison de la guerre » en Afghanistan selon Cost of War. En ce qui concerne l’Irak, en mai 2014 on comptait « au moins 133 000 civils tués, victimes de violence directe depuis l’invasion ».

Quant à la Libye, les médias traditionnels ont d’abord menti à propos du fait que Kadhafi avait initié la violence en attaquant des manifestants pacifiques, un faux compte-rendu destiné à diaboliser Kadhafi et galvaniser l’opinion publique en faveur d’une autre intervention militaire. Comme l’explique le Centre Belfer for Science and International Affairs, « ce sont effectivement les manifestants qui ont initié la violence ».

Alan Kuperman écrit :

Le gouvernement a réagi aux gestes des rebelles en envoyant l’armée, mais n’a jamais intentionnellement ciblé de civils ou eu recours à l’usage excessif et aveugle de la force, comme l’ont affirmé les médias occidentaux […]

Le plus grand malentendu à propos de l’intervention de l’OTAN, c’est qu’elle a sauvé des vies et a bénéficié à la Libye et ses voisins. En réalité, lorsque l’OTAN est intervenue à la mi-mars 2011, Kadhafi avait déjà repris le contrôle de presque toute la Libye, alors que les rebelles se retiraient rapidement vers l’Égypte.

Ainsi, le conflit était sur le point de se terminer à peine six semaines après avoir éclaté, avec un bilan d’environ 1 000 morts, incluant les soldats, les rebelles et les civils pris entre deux feux. En intervenant, l’OTAN a permis aux rebelles de résumer leur attaque, prolongeant ainsi la guerre pendant encore sept mois et causant la mort d’au moins 7000 personnes de plus. (Alan Kuperman, Lessons from Libya: How Not to Intervene, Belfer Center for Science and International Affairs, septembre 2013)

Malgré ces chiffres, les médias tenteront encore une fois de nous convaincre que ce dont le monde a le plus besoin en ce moment est de se débarrasser du groupe terroriste Boko Haram et qu’une intervention militaire est la seule solution, même si la soi-disant guerre contre la terreur a en fait accru le terrorisme à l’échelle mondiale. Comme le faisait remarquer Washington’s Blog en 2013, « le terrorisme à l’échelle mondiale a diminué entre 1992 et 2004… mais est monté en flèche depuis 2004 ».

Le Guardian rapportait pour sa part en novembre 2014 :

L’ Index mondial du terrorime (Global Terrorism Index) a enregistré près de 18 000 décès l’an dernier, un bond d’environ 60 % par rapport à l’année précédente. Quatre groupes sont responsables de la majorité de ces décès : le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie; Boko Haram au Nigeria; les talibans en Afghanistan; et Al-Qaïda dans diverses parties du monde. (Ewen MacAskill, Fivefold increase in terrorism fatalities since 9/11, says report, The Guardian, 18 novembre 2014)

Le Guardian omet toutefois de mentionner, que tous ces groupes, y compris Boko Haram et le groupe État islamique, ont été, d’une manière ou d’une autre, armés, entraînés et financés par l’alliance des États-Unis et de l’OTAN, ainsi que leurs alliés au Moyen-Orient.

Grâce à l’appui clandestin des pays occidentaux, des marchands d’armes et des banquiers qui profitent de la mort et de la destruction, la guerre au terrorisme se porte bien. L’Occident prône des interventions militaires sans fin, feignant d’ignorer les causes réelles du terrorisme et la raison pour laquelle il se répand, cachant son rôle et de ce fait indiquant clairement son réel objectif en Afrique : alimenter le terrorisme pour déstabiliser et détruire des pays, justifiant ainsi l’invasion militaire menant à la conquête des terres les plus riches du continent africain, tout en feignant de sauver le monde de la terreur.

Julie Lévesque

 

Source: CAMEROON VOICE

vendredi, 13 février 2015

LIBYE: KADHAFI EST MORT, VIVE TOTAL!

 

Dans la nuit du mardi au mercredi 4 fevrier 2015 un champ pétrolier conjointement exploité par TOTAL et par la compagnie nationale libyenne NOC, a été attaqué par des hommes armés à Syrte, faisant 11 morts dont 10 libyens et 1 nigériens.

Cette information n’a ému personne. Il est bien évident que tant que les droits de pomper du  pétrole par  TOTAL sont garantis, le respect des droits de l'homme en Libye  ne constituent pas une préoccupation majeure pour les pourvoyeurs d'émotions sélectives et les  champions des droits de l'homme.

Je me suis demandé que fait Total dans le chaos complet qu’est devenu la Libye de l’après Kadhafi, surtout ces derniers mois. J’ai compris pourquoi il n’y a pas de sanctions économiques contre ces groupes armées qui contrôlent la Libye, y massacrent les populations, exploitent et mettent sous coupe réglée le territoire libyen, désormais éclaté entre 4 provinces hétéroclites (Bengazi, Syrte, Tripoli, le Faisan) : une « somalisation » complète. La compagnie nationale de pétrole libyenne représente qui dans un tel contexte? Que valent les contrats et quelle est la légalité et la légitimité des opérations des compagnies pétrolières en cours dans le pays ? Peut-on être aussi cynique et fermer les yeux sur le drame des populations libyennes à ce point ?

Déjà à la veille de la chute de Kadhafi, le Conseil national de transition (CNT) libyen annonçait en avril 2011 sa décision « attribuant 35 % du total du pétrole brut aux Français en échange du soutien total et permanent à notre conseil » : ceci représenterait une production de plus de 542 000 bb/j sur sa production journalière de 1 550 000 bb/j d’avant la guerre.

Dans le contexte de la guerre menée par l’OTAN pour tuer Kadhafi en 2011, une telle annonce pouvait apparaitre comme une contribution du groupe français à l’installation de la démocratie en Libye.

Aujourd’hui, 4 ans après, avec ce qui se passe sur le terrain en Libye on est bien loin de l’installation de la démocratie, le pays est en ruine, le semblant d’Etat qui existait sous Kadhafi est totalement délité, c’est le règne des groupes djihadistes qui se partagent le pays et rivalisent dans les exactions et les actions les plus horribles.

Alors comment comprendre que TOTAL, une entreprise « citoyenne » en France, puisse intervenir à l’aise dans un tel merdier.   

En fait, la Libye, qui recèle les plus vastes réserves de pétrole d'Afrique et 9eme dans le monde (44-46.5 milliards de barils), est déjà à elle seule la troisième source d'approvisionnement de la France, ex aequo avec la Mer du Nord (16 % du total en 2010), derrière les pays du Proche-Orient (17 %) et ceux de l'ex-URSS (32 %), selon l'Insee. La France importe plus de pétrole libyen (10,25 millions de tonnes en 2010) que de pétrole saoudien (6 millions de tonnes).

Le groupe français TOTAL, tout comme les firmes pétrolières liées à la Grande-Bretagne, avait peu à perdre et beaucoup à gagner dans la guerre en Libye ; Paris et Londres ont été les plus impliqués dans l'offensive de l'Otan en Libye.

Avant le début du conflit, le groupe français TOTAL était assez mal implanté en Libye, avec seulement deux champs fournissant une modeste production de 55 000 barils par jour (b/j) : très loin derrière l'italien Eni (244 000 b/j), les compagnies américaines (124 000 b/j), et même l'allemand BASF (100 000 b/j), d'après les chiffres du département de l'énergie américain pour 2010.

Plus généralement, l'Occident, qui est à court de nouvelles découvertes de pétrole, est dans la crainte d’une chute de la production contrôlée par les compagnies occidentales. Dès 2005, l'économiste en chef de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avait annoncé, pour Le Monde, un déclin de la production hors-Opep « peu après 2010 ».

La conséquence serait que les grandes compagnies pétrolières occidentales, celles que l'on a pris l'habitude d'appeler les « majors », alors même que depuis les années 70 et l'émergence de l'Opep, elles ne contrôlent plus qu'à peine un septième des réserves de la planète, perdent leur place de leaders incontestables du marché. En effet, malgré leurs capitaux fantastiques, qui les placent toujours aux tout premiers rangs des plus grandes firmes privées de la planète, les majors sont désormais des « minors », du point de vue du contrôle des réserves, face aux firmes publiques des grands pays exportateurs.

Plus le temps passera, plus la proportion des réserves de pétrole contrôlées par les pays exportateurs augmentera, tandis que la part des compagnies occidentales, elle, s'amenuisera, et cela « mécaniquement », répète Fatih Birol à l'AIE.

N’est-ce pas ici que se trouve la réponse à toutes ces guerres fomentées opportunément dans les pays abritant les plus grandes réserves d’or noir au cours des dernières décennies (Irak, Lybie, Syrie, menaces contre l’Iran, Soudan puis Sud Soudan, Côte d’Ivoire, Mali, République centrafricaine, Tchétchénie et pays d’Asie de l’ancienne URSS, menace de guerre contre la Russie elle-même, instabilité au Nigeria avec la secte BokoHaram, etc.).

La présence et les activités de TOTAL et des autres grandes firmes pétrolières occidentales en Libye finissent de nous convaincre de l’hypocrisie des dirigeants occidentaux, pour lesquels en réalité ne comptent que leurs intérêts mesquins, loin des vociférations et agitations officielles se référant cyniquement à la défense de valeurs démocratiques et de respect des droits de l’homme à travers le monde.

Sous le masque de la protection des droits de l’homme et de la lutte contre le terrorisme que porte l’occident, se cache le contrôle et la protection des ressources de matières premières notamment le pétrole. La concurrence des pays émergents pousse l’occident vers un monopole de type colonial ou l’installation du chaos qui laisse la place au plus fort donc aux pays qui interviennent par la force au non de la démocratie ou de la lutte contre le terrorisme.

En Afrique de l’ouest, outre le Nigeria, cinq États de la région sont actuellement producteurs de pétrole : le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Mauritanie et le Niger. Tandis que les dix autres États sont encore au stade de l’exploration. En termes de réserves avérées, l’Afrique de l’Ouest affiche des proportions identiques à celles de la production : elles s’élèveraient à près de 40 milliards de barils (en 2012), soit environ 30 % des réserves totales de l’Afrique.

S’agissant tout particulièrement du Nord Mali, là d’où est partie la guerre et où persistent les principales tensions, même si cette région contribue très peu – à l’heure actuelle – au PIB du pays, le sous-sol des régions de Gao, Kidal et Tombouctou suscite beaucoup d’espoir : 850 000 km2 de potentiel gazier et pétrolier, selon les études menées par l’Autorité pour la recherche pétrolière (Aurep). Un contexte qui pourrait  expliquer en partie la situation actuelle  et qui pourrait justifier  les velléités de partition du pays.

Quoi  qu’il en soit, 4 bassins principaux ont été identifiés dans cette zone : Tamesna (à cheval entre le Mali et le Niger), Taoudeni (qui couvre également une partie de l’Algérie et de la Mauritanie), le graben de Gao et le rift de Nara (vers Mopti). Le pyromane Barkhane a bien de l’avenir surtout que le pompier est déjà opérationnel : cette zone se situe dans le prolongement de la poudrière libyenne et aux confins de la région convoitée par Boko Haram.

Quand est-ce que les élites et les peuples africains vont-ils comprendre ce fait pour savoir la force que représentent les richesses du continent et prendre conscience de la nécessité de les exploiter pour le développement de nos populations tout en rejetant l’hypocrisie de l’occident et ses prétextes fallacieux pour intervenir dans nos pays.

 

Par Jean Charles TIEMELE, Expert Economiste Financier.

mercredi, 24 septembre 2014

UN OCCIDENT MEURTRIER, TERRORISTE AUTORISÉ, PLUSIEURS FOIS GENOCIDAIRE

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"Vive la rationalité, le bon sens des grands raisonneurs capitalistes!

Vive les gauches factices qui font leçon de vérité et de sens à la pauvre humanité que leurs spécialistes et journaleux sauvent d’elle-même et de ses potentielles révoltes, en la convainquant que le seul bien de l'Homme, consiste à sauver et à maintenir le capitalisme et ses aberrations!"

A son habitude, Camille Loty Malebranche n'économise pas ses mots.

Mais cela vaut sa peine à le suivre !

Michel Peyret

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Occident-Capitalisme: l'art de dissocier les conséquences de leurs causes

18 septembre 2014

Par Camille Loty Malebranche

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Presse et "schizophrénie analytique": rire pour ne pas pleurer sur l’incohérence.

 

Le comportement interventionniste et belliciste de l’occident dans le monde, tient d'une logique pseudo-discursive et désopilante du crime savamment étayé, pour autant que l'on puisse rire de l'infamie et de la tuerie! Avec un occident meurtrier, terroriste autorisé, plusieurs fois génocidaire dans son passé colonialiste esclavagiste, qui bombarde au nom de l’humanitaire, comme directement en Libye, Afghanistan, Irak, fait indirectement la guerre comme en Syrie, manipule l'Ukraine en y entretenant l'actuel conflit pour implanter l'Otan aux frontières de  la Russie, paupérise par des mesures haineuses et immondes comme à Cuba, nul ne peut s’empêcher de constater que c’est le seul cas, dans l’histoire de la solidarité humaine, où l’extermination de milliers d’individus innocents et l'instrumentalisation de la détresse humaine sciemment provoquée à des fins géostratégiques, constitue une action bénéfique, une valeur d’éthique et de salut de l’humanité.

À lire les billevesées de certains médias de l'"hyperdroite", cette extrême droite inavouable, baragouinant sur la haine de l'occident chez des ismalistes dont d'ailleurs l'occident se sert quand cela lui convient, islamistes qui ne font que tendre à l'occident, le miroir effrayant de la violence de ses propres politiques planétaires imposées, il faut se dire qu'il est facile pour les journaleux de rayer d'un trait d'encre ou par quelques gouttelettes malsaines de leur glaviot venimeux, la bonne part de la culpabilité du terrorisme d'État occidental et de l'origine occidentale de la crise plurielle de sécurité sévissant dans le monde et embrasant la planète. Oui, il est facile de faire regarder les conséquences d'une crise née du Nord et qui prend des  allures d'écheveau idéologique pour des pays ruinés où la masse paupérisée est littéralement sans autre repère que l'amélioration immédiate de sa condition intenable dans des pays égrugés par les bombes et le pillage occidental. Le capitalisme financier et belliciste est éhonté devant ses propres méfaits et leurs conséquences que ses larbins défenseurs coupent toujours de leurs causes. 

 Vive la rationalité, le bon sens des grands raisonneurs capitalistes!

Vive les gauches factices qui font leçon de vérité et de sens à la pauvre humanité que leurs spécialistes et journaleux sauvent d’elle-même et de ses potentielles révoltes, en la convainquant que le seul bien de l'Homme, consiste à sauver et à maintenir le capitalisme et ses aberrations!


Camille Loty MALEBRANCHE

 

Source: ALAIN INDEPENDANT

mardi, 25 mars 2014

LE PRESIDENT JOHN JERRY RAWLINGS DENONCE L'UTILISATION ABUSIVE DE L'ONU PAR LA FRANCE

 

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Le président John Jerry Rawlings accuse et dénonce l'utilisation abusive de l'ONU par la France en Côte d'Ivoire pour renverser un gouvernement, éjecter un leader patriote démocratiquement élu.

 

Dans un entretien au quotidien ghanéen Daily Graphics, l’ancien président Jerry J. Rawling n'a pas été tendre à l’égard de la politique de l'Occident en Afrique et dans le monde. Le leader ghanéen condamne fermement ce qu'il appelle "double standards" occidentaux. «Les pays occidentaux gardent leur système de valeurs intact chez eux et les appliquent différemment chez nous. Ceci affaiblit de plus en plus les pays sous-développés» affirme-t-il. Il critique le vernis infrastructurel souvent brandi comme preuve de bonne santé de certaines économies pro-occidentales. «Bien-sûr vous verrez des infrastructures dans certains pays d'Afrique, mais ces infrastructures ne sont pas le reflet de la justice socio-économique du pays. Tout au contraire, c'est le reflet d'une classe politique très corrompue qui tente de gouverner un peuple mécontent et désemparé» a-t-il accusé, avant d'ajouter que les Occidentaux exploitent justement ces failles pour mieux affaiblir plusieurs autres pays du Continent.

Selon Jerry J. Rawlings, les Occidentaux ont suffisamment déstabilisé des pays dont certains sont aujourd’hui en faillite. Ainsi, suite à l'effondrement de la guerre froide et du communisme, explique l’homme d’État, le tiers-monde avait espéré un visage plus humain du capitalisme. Mais «hélas, nous nous sommes retrouvés dans ce que le Pape Jean-Paul II avait appelé "la sauvagerie du capitalisme"».

Pour M. Rawlings, «La manière dont la guerre en Irak a été entreprise a fait le pire des dommages à la moralité humaine en ce sens que la force du droit a été remplacée par le droit de la force. Cette façon de faire a envoyé un mauvais message aux pays développés et un peu trop de gouvernements (notamment en Afrique) en ont profité. La corruption et l'impunité sont à l'ordre du jour» a t-il déploré.

L'ex-président ghanéen n'a pas été tendre envers la France en particulier. «Nous avons vu en Libye la manière dont ils ont évincé Kadhafi avant de l'abattre comme un chien». En cause, «L'utilisation abusive de l'ONU par la France en Côte d'Ivoire pour renverser un gouvernement, éjecter un leader patriote démocratiquement élu avant de l'emprisonner à La Haye».

L’homme d'Etat ghanéen affirme que la manière arbitraire avec laquelle certaines superpuissances exercent leur autorité unilatérale ne peut plus perdurer parce que cela est préjudiciable à la stabilité mondiale. D’après lui, «La Russie et la Chine ont de bonnes chances de rééquilibrer les forces, ce qui ne plaît pas aux États-Unis qui voudraient tout faire pour conserver leur leadership». «Le monde aurait accepté volontiers le leadership unipolaire de l'Amérique si cette dernière n'était pas moralement défaillante» conclut M. Rawlings.

 

Sévérine Toche

lundi, 27 janvier 2014

OBAMA ATTEND LES AFRICAINS A LA MAISON BLANCHE

 

OBAMA ET L'AFRIQUE.jpg

 

Qui aurait cru ? Barack Hussein Obama - cet homme hybride, président des Etats-Unis, dont les deux mandats resteront dans l’histoire africaine, le pire cauchemar que les Africains aient connu après le siècle de l’esclavage et la balkanisation de l’Afrique - vient de tendre la main aux chefs d’Etat africain pour un sommet qu’il compte encadrer à la Maison Blanche à l’honneur de « l’Afrique » en août 2014.

Cette annonce a fait l’effet d’un boom dans les présidences africaines mais elle a pris au dépourvu les présidences européennes qui croiaient avoir leur pleine souveraineté en Afrique et dans ces « contrées ».

Ce qui est très surprenant, c’est le fait que les présidences africaines sembleraient avoir gagné le pari sur l’Europe et que leur directoire de communication serait en harmonie avec la Maison Blanche. Elles ont accueilli favorablement l’annonce et seraient en train de se préparer pour cette rencontre ô combien historique pour chacun des présidents africains qui recevront l’invitation des mains des ambassadeurs américains auprès de leur pays respectifs pour se rendre à la Maison Blanche, poser auprès d’Obama.

À ce jour, aucun chef d’état africain ne s’est prononcé, encore moins l’Union africaine, pur objet de décor de l’Afrique depuis 2011, sur sa participation « éventuelle » ou « pas éventuelle ». Tous ont gobé l’annonce et dans leurs antichambres ils seraient en train de s’en enorgueillir…

Il apparaît que ce soit un rêve pour certains leaders africains qui n’avaient jusqu’ici eu le privilège que de poser auprès d’un Sarkozy (parti) ou d’un Hollande (partant) ou de Hu Jintao l’ex-président chinois. Cette fois, ce serait le comble pour ceux-là, d’avoir été à Pékin, Paris, et Washington et pourquoi ? Pour représenter leurs villages et contrées et non les « pays » africains du point de vue du Congrès de Berlin.

REVENONS AU PROBLEME DE FOND !

Dans le mode opératoire du prédateur qu’il est, le président des USA a appâté les dirigeants africains en faisant semblant de respecter la politique de l’UA (dont les décisions ont permis d’exclure la Guinée Bissau et l’Egypte… tout comme les sanctions de l’UA sur Madagascar ne sont pas encore levées malgré les élections qui viennent de s’achever). Il a aussi évité de fâcher Londres – son allié de tous temps - en refusant d’inviter Mugabe, l’homme africain qui a mis à nu les pratiques du Commonwealth et les désirs coloniaux britanniques d’obscurcir le Zimbabwe et les états-africains qui furent sous l’influence de la Grande Reine britannique.  

Au lieu que l’UA s’insurge sur une telle annonce qui crée des différences entre Africains, elle est restée muette comme elle en a l’habitude de le faire lorsque l’Afrique est malmenée par les fauves en quête de leur pitance en Afrique et ne s’agite que lorsque les conséquences sont ténébreuses pour les Africains.

Aucun Africain digne et respectueux de l’éthique africaine, n’accepterait une telle humiliation surtout lorsqu’il s’agit des leaders qui, en notre temps, sont les leaders de l’Afrique indépendante… je souligne ici la figure de Robert Mugabe. Qu’il ne soit pas sur la liste des invités, les autres chefs d’Etat africains devaient se poser des questions sur l’intention du prédateur noir de la Maison Blanche.

Pire encore, c’est le prédateur noir, l’homme qui, pour une première fois dans l’histoire de l’Afrique, a déversé plus de 8000 bombes à uranium appauvri et/ou enrichi sur le sol africain, c’est cet homme là, qui vient inviter les Africains pour soi-disant « ouvrir un nouveau chapitre dans la relation entre les Etats-Unis et l’Afrique ». L’homme noir que les grands fauves de l’Amérique ont utilisé pour assassiner plus de 200.000  Libyens et tuer l’homme le plus aimé de l’Afrique, le Colonel Kadhafi. Que les Africains acceptent de se rendre à la Maison Blanche, ils y vont pour leur village et contrée mais pas pour représenter l’Afrique.

QUEL ENSEIGNEMENT CES LEADERS AFRICAINS VEULENT LAISSER A LA POSTERITE ?

Ils ont perdu le sens de l’Honneur et le reste du monde en profite pour les traiter en moutons d’abattoir. Ils sont pitoyables dans leur être lorsque tous les ans ils se rendent en longue file indienne dans les capitales étrangères pour faire la salle de classe devant un professeur dont le nom est à tour de rôle : France, Chine, Inde, et aujourd’hui, USA.

Qu’avons-nous fait pour mériter un tel sort ?

Est-ce que ces dirigeants africains ne peuvent pas abandonner leur souveraineté à l’UA africaine pour se rendre en duo, UA-USA, UA-CHINE, UA-FRANCE, UA-INDE, UA-ETC… pour résoudre les problèmes de l’Afrique. Quel est ce malheur qui frappe sur le front des Africains, qui, chaque fois doivent être la risée des autres nations ? J’ai du mal à être dans la peau de ces chefs d’état sans gloire ni honneur. 

ET LE PREDATEUR ?

Ce que les Africains n’ont pas compris, là où les Latino-Américains ont déjà pris leurs distances, c’est que ces leaders noirs ne connaissent pas les enjeux mondiaux de l’heure ou bien, ils le savent mais créent les conditions pour pourrir l’Afrique après eux.

Les USA n’ont jamais été un partenaire fiable. Ils ont toujours dupé, fait croire au paradis aux peuples du monde, mais ce paradis s’est toujours transformé en enfer de l’enfer. Les pays Latino-Américains en sont bien avertis, l’Iraq, l’Afghanistan, le Pakistan, la Libye, la Syrie actuelle en sont des illustrations éloquentes.

Au lieu que nos leaders s’en prennent à leur soif d’invitation du Noir de la Maison Blanche, qu’ils remuent leurs méninges et renvoient l’ascenseur à l’UA, en déclinant l’offre et en laissant à l’UA, le soin d’aller à la Maison Blanche parler d’une seule voix pour l’Afrique, si l’opportunité d’y être en vaut vraiment la peine suivant l’agenda africain de l’heure.

Aucune sécurité extérieure ne sera bénéfique pour l’Afrique sauf si ce sont les Africains eux-mêmes qui en conjuguent les efforts. La sécurité des USA pour l’Afrique c’est l’insécurité totale…

Il est clair que mon analyse ne changera jamais l’avis de ces chefs d’Etat avides de notoriété. Ils sont prêts à payer le prix du diamant pour se payer le luxe en se ruant à Washington poser auprès du noir-blanc africain de la Maison Blanche, qui est détesté lui-même aujourd’hui par les Noirs américains pour ses basses œuvres dans le monde et aux Etats-Unis même.

DE MEMOIRE: OBAMA, L’HAMEÇON DES PREDATEURS DE LA MAISON BLANCHE POUR LES AFRICAINS…            

Lorsque cet homme arrive au pouvoir lors de son premier mandat, il montre immédiatement un désintérêt pour l’Afrique. Lors de sa première visite africaine qu’il effectue au Ghana en juillet 2009, il tance les chefs d’Etat africain et les traite de despotes, des infréquentables… puis lors de son discours à Accra il sermonne nos « despotes » africains tel et si bien que l’on n’aurait pu imaginer que ce serait encore lui, cinq ans après, qui les convoquera à la Maison Blanche.

Bref, il revient aux leaders africains de soigner leurs images écornées en refusant de jouer le jeu des impérialistes. Ces gens viennent toujours avec des idées sincères… vous croyez que vous êtes en train de consommer un bon poisson mais à la grande surprise, vous trouvez une vipère vivante – somnolant dans votre plat prete à vous mordre l’œsophage.

Et pour paraphraser Louis Farrakhan, « Ne pensez pas qu'ils n’ont pas l'intention de vous voler ce qui se trouve sous votre pied ! Leurs actions ne sont pas à votre avantage, mais à leur avantage (...).  Leur jeu est toujours le même. Ils n'ont jamais changé, et ils ne changeront pas maintenant. Le serpent peut se débarrasser de la « vieille peau », mais la "nouvelle peau" qu’il revêt reste la même: il apparaît juste «frais» et «neuf». »

 

Gilbert NKAMTO (*)

 

Gilbert NKAMTO pour le CEREDD / Centre Européen de Recherches et d’Etudes sur la Démocratie Directe / 25 janvier2014

 

http://www.lucmichel.net/2014/01/25/ceredd-obama-attend-les-africains-a-la-maison-blanche/

 

MANIFESTATION CONTRE OBAMA EN AFRIQUE DU SUD.jpg

Photo : Manifestation contre Obama à Pretoria, Afrique du Sud, le 28 juin 2013.

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(*) www.gilbertrocheteau.blogspot.com

Correspondant du CEREDD à Tripoli, puis Yaoundé.

Secrétaire général du Conseil Panafricain du MDPR /

Mouvement démocratique panafricain pour la renaissance

www.mdpr.populus.ch 

Administrateur d’EODE Zone Afrique

www.eode.org

https://www.facebook.com/EODE.africa

vendredi, 25 octobre 2013

L’ESCROQUERIE DU «PRINTEMPS ARABE»: LA DESILLUSION ENVAHIT LES MEDIAS DE L’OTAN

 

Le Caire, Égypte, le 4 février – La réaction d'un jeune homme à la rumeur de démission de Moubarak. Le dictateur tombera finalement le vendredi suivant, le 11 février. (Photo Ron Haviv / VII)

 
La Libye made in NATO voit en cette fin octobre deux années d’anarchie violente succéder à la prospère Jamahiriya de Kadhafi. Années interminables … « La Libye, plongée dans une transition chaotique émaillée de violences, marque mercredi sans faste ni enthousiasme le deuxième anniversaire de la chute du régime de Mouammar Kadhafi. » Quel aveu …
 
Il faut lire les médias de l’OTAN pour prendre la mesure de la désillusion qui envahit les professionnels de l’information aux ordres à propos du soi-disant « printemps arabe ». Prenons Le Temps, quotidien suisse de référence et partenaire du Monde et du Soir (Bruxelles), éperdu d’amour pour tous les barbus ‘rebelles ». En Tunisie, en Egypte, en Libye, en Syrie …
 
Il nous explique aujourd’hui, sans remord ni mea-culpa, la destruction et le désenchantement du monde arabe. A propos de la Tunisie, le quotidien genevois décrit « Les électeurs dégoûtés par les politiciens » : « Manifestation fin septembre pour demander la dissolution du gouvernement de coalition dirigé par le parti islamiste Ennahda. Deux ans après les premières élections législatives libres, les citoyens critiquent une classe politique plus intéressée par les luttes de pouvoir que par leur quotidien, qui s’est nettement dégradé »…
 
Sur l’Egypte, au bord de la guerre civile entre factions pro-américaines, même constat d’échec. A voir « les points de vue Armée, Frères musulmans, libéraux… les fronts paraissent plus tendus que jamais, et l’Egypte semble au bord de l’explosion. Faut-il craindre une guerre civile, un scénario à l’algérienne, à la syrienne même? » interroge Le Temps. Un éditorialiste analyse avec inquiétude qu’«En Egypte, un tragique scénario «à l’algérienne» se dessine». L’Algérie du FIS et de la décennie noire de la guerre terroriste.
 
Pourtant l’histoire de la dernière décennie ne pouvait laisser aucun doute sur le résultat de la nouvelle vague de « démocratisation » du « Grand Moyen-Orient ». Car « apporter la démocratie » c’était déjà le prétexte de la propagande de Bush II et de ses neocons pour s’emparer de l’Irak ba’athiste.
 
Et les médias de l’OTAN connaissent parfaitement le bilan de la « démocratisation » de l’Irak. Le Temps, précisément, commentait récemment : « Irak: une décennie de guerre en chiffres Il y a dix ans, les Etats-Unis envahissaient l’Irak. Quel pays ont-ils laissé derrière eux? Combien de morts dénombre-t-on et quels ont été les impacts de l’occupation américaine et britannique? ». La réponse tient en un chiffre : 650.000 civils morts. Et une réalité géopolitique : la « Prusse du Moyen-Orient » du Ba’ath devenue un état semi-failli, livré aux américains et à ses voisins. En voie d’éclatement. De « somalisation ». Comme l’est la Libye. Et comme on voudrait que la Syrie le devienne.
Les journalistes ? Aveugles, idiots ou complices ?
 

Luc MICHEL




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vendredi, 27 septembre 2013

LA COUR PENALE INTERNATIONALE N'A PLUS LA COTE EN AFRIQUE


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Le Parlement Kenyan vient de voter le retrait du pays, du protocole de Rome, à l’origine de la Cour Pénale internationale (CPI). Bien que ne prenant effet que dans 12 mois, ce retrait est une mauvaise publicité pour la CPI. Les raisons de son fiasco résident dans l’impression qu’elle donne de n’être qu’une émanation des puissances occidentales dominatrices, quand elle s’en prend la plupart du temps, qu’aux vaincus de ses grandes. En effet, elle est incapable de lancer la moindre enquête sur les centaines de morts survenues en Égypte, en Lybie ou en Côte d’Ivoire. Certains criminels de guerre ou contre l’humanité avérés, sont ressortis blancs comme neige, malgré les preuves accablantes des dossiers d’instructions. Quand ces derniers n’ont pas disparus tout bonnement. Ce précédent historique pourrait servir d’exemple, pour de nombreux autres États africains. Les récentes déclarations du président somalien de l’O.U.A, lors du dernier congrès à Alger, illustraient le malaise de ces pays africains, qui après plus d’un demi-siècle d’indépendance, ont le sentiment de s’être faits dépossédés, par les puissances colonisatrices de naguère, de leurs libertés ou de l’organisation des conditions de justice de leurs propres concitoyens.
 
Avec l’invasion et l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan par les Etats-Unis des Bush père et fils, qui se sont soldées respectivement par près de 2 millions et un million de morts, à quoi avons-nous eu droit de la part de la CPI ? A aucune poursuite, car Washington qui encourage la CPI à traquer les criminels de guerre à travers le monde, quitte à les lui livrer, protège ses propres ressortissants. Comment l’expliquer ? Très simplement. La Cour Pénale Internationale est une juridiction permanente, chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité, de crime d’agression et de crime de guerre. En 1998, 121 États sur les 193 États membres de l’ONU, ont ratifié le Statut de Rome et accepté l’autorité de la CPI. Trente-deux États supplémentaires, dont la Russie et les États-Unis d’Amérique, Israël, l’Irak, la Libye, le Qatar et le Yémen, ont signé le Statut de Rome mais ne l’ont pas ratifié.
 
Prenons le cas des USA qui ont signé également avec 180 pays, l’ABI : l’Accord Bilatéral d’Immunité. Grâce à ces accords bilatéraux, les États-Unis obtenaient l’exclusion de la compétence de la CPI, à l’égard des ressortissants et des militaires nord américains, interdisant ainsi leur transfert devant le tribunal de la Haye. Les pays signataires de cet accord bénéficient en contrepartie, d’une aide financière et militaire des Etats Unis. C’est la raison pour laquelle la CPI ne peux intervenir en Israël, en Irak, en Libye, au Qatar ou au Yémen pour ne citer que ceux-la. Et l’article 98(2) du statut de Rome le dit clairement.

Ce qui veut dire, que si un citoyen américain est arrêté, dans l’un des pays signataire de l’accord ABI, pour que ce citoyen, auteur de crime contre l’humanité, soit remis a la CPI, il faut que l’Etat concerné  consente dans un premier temps a transférer le criminel et dans un deuxième temps, que cela soit compatible avec les accords bilatéraux internationaux.

En conséquence, on ne peut poursuivre les dirigeants Américains ou les alliés des Etats-Unis pour crime de guerre. Qu’importe le nombre de morts, les voilà absous par avance.
 
Cette puissance impériale se permet de porter le fer et le feu sur la planète en toute impunité. Voilà pourquoi les responsables des massacres ethniques, consécutifs à la destitution du président ivoirien Laurent Gbagbo, ne seront jamais jugés. Comme ceux de Sago en 2011 lorsque les hommes de la FRCI d’Alassane Ouattara, accusèrent les populations civiles d’avoir contribué à la fuite des dernières troupes loyalistes vers le Libéria mais aussi de cacher des armes en vue de venger le président Laurent Gbagbo. Fuyant dans la forêt, les moins heureux ont été rattrapés, fusillés et/ou égorgés et parfois brulés vifs. Les soldats d’Alassane Ouattara, avec l’aide de populations civiles étrangères au pays, massacrèrent ainsi, tout ceux de l’ethnie Godié qu’ils croisèrent sur leur chemin et cela pendant plusieurs jours. Des journalistes occidentaux, alertés par des cyber-activistes, viendront constater les massacres, mais minimiseront la portée de ceux-ci. Cela ne collant certainement pas avec la version officielle, commandée par leurs rédactions. Il est en effet difficile d’accepter la vérité, lorsque les mensonges sont exactement ce que l’on veut entendre. Comme en Bosnie, au Kossovo, en Lybie ou en Syrie de nos jours, en quelque sorte.
 
Ni le gouvernement Ouattara, ni la cour pénale internationale n’ont jusqu’à ce jour ouvert d’enquêtes, afin de déterminer qui furent les responsables de ces atrocités. Et les victimes attendent encore que justice leur soit rendue, comme pour tant d’autres crimes, commis sous couvert de la toute puissance occidentale, qui se sert du droit et de la morale pour effacer ses propres assassinats. Mais si la vérité est plus lente que le mensonge, elle finit toujours par arriver.


Source: PRORUSSIA.TV

dimanche, 15 septembre 2013

SYRIE: LA LETTRE D'UN ANCIEN AMBASSADEUR DE FRANCE A FRANÇOIS HOLLANDE

 

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Diplomate de carrière de 1972 à 2009, Pierre Charasse fut ambassadeur, notamment au Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses instances internationales. Depuis le Mexique où, retraité, il réside, il vient d'adresser une lettre aussi ironique que cinglante à François Hollande sur la crise syrienne.
 
 
 
Mexico, le 2 septembre 2013

Monsieur le Président de la République,


Dans l’épreuve que subit actuellement l’humanité du fait de la présence d’armes chimiques en Syrie, vous avez pris la tête d’un grand mouvement mondial au nom de « l’obligation de protéger » les populations civiles menacées. Vous avez très bien expliqué dans votre discours du 27 août devant vos Ambassadeurs que c’était là la vocation de la France, comme elle l’a fait en Libye récemment, et qu’elle ne manquerait pas à son devoir. Votre détermination exemplaire devrait rapidement convaincre vos partenaires européens flageolants et les opinions publiques pleutres, en France, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et partout dans le monde, du bien-fondé d’une  intervention militaire chirurgicale en Syrie.

Naturellement, comme vous l’avez rappelé le 27 août, « l’obligation de protéger » s’inscrit dans une démarche très réglementée par les Nations Unies et incombe en premier lieu aux Etats concernés : protéger leur propre population. En cas de défaillance de leur part, c’est au Conseil de Sécurité qu’il appartient de décider des modalités de mise en œuvre de ce principe. Sous votre conduite, la France s’honorera si elle fait respecter à la lettre cette avancée importante du droit international. Je suis sûr que le Président Poutine sera sensible à vos arguments tout comme le Président Xi Jiping et qu’ils ne feront pas obstacle à vos projets en opposant un veto au Conseil de Sécurité. Peu importe que l’objectif final soit encore un peu flou, ce qui compte c’est la défense énergique de principes clairs.

De même, je suis sûr que d’autres pays suivront la France dans son intention de livrer des armes aux rebelles syriens, malgré les risques que cela comporte. M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères, a annoncé qu’il exigerait des destinataires des armes françaises qu'ils signent un « certificat d’utilisateur final ». Avec une telle fermeté nous aurons l’assurance que nos armes ne tomberont pas entre les mains des combattants Jihadistes du Front Al Nusra-Al Qaeda, qui font partie de la Coalition rebelle (encore très hétéroclite mais que avez le mérite de vouloir unifier, bon courage !) et ne se retourneront pas contre les pays occidentaux qui les ont aidé ou leurs rivaux au sein de la Coalition, voire des populations civiles.

Nous voilà rassurés. Al Qaeda devrait comprendre le message fort que vous lui envoyez. Il est important de bien expliquer que notre ennemi reste le Terrorisme International, même si de temps en temps il faut se montrer pragmatique, comme disent nos amis anglo-saxons, et tendre la main à ceux qui veulent notre perte. Ceux-ci  ne devraient pas être insensibles à nos gestes amicaux. Vos services devraient pouvoir sans peine démentir l’information diffusée par l’agence Associated Press selon laquelle des armes chimiques livrées par notre allié l’Arabie Saoudite (le Prince Bandar Bin Sultan, chef des services saoudiens de renseignement) au Front Al Nusra-Al Qaeda auraient été manipulées maladroitement par ces apprentis-sorciers.

Une fois ce point éclairci vous aurez les mains libres pour agir sur la base des informations fournies par les Etats-Unis et Israël qui ont toute votre confiance. Toutefois il ne serait pas inutile d’éviter que se reproduise le scénario de 2003 aux Nations Unies lorsque Colin Powell a exhibé des photos truquées et un flacon de poudre de perlimpinpin comme preuves irréfutables de la présence d’armes de destruction massive en Irak ! Principe de précaution élémentaire. On vous fait confiance, c’est la crédibilité de la France qui est en jeu.

Quand aux objectifs militaires de cette opération, il paraît évident qu’ils doivent être en priorité de détruire par des moyens aériens les dépôts d’armes chimiques sans les faire exploser au nez de la population civile, ce qui serait un véritable désastre,  et de neutraliser tous les engins qui permettent leur utilisation (missiles, chars, lance-roquettes etc.), sans mettre en péril la vie de nos soldats sur un terrain incertain. Si les Américains ont du mal à identifier les cibles, les services français de renseignement se feront un plaisir de leur fournir toutes les informations dont ils disposent, de telle sorte que l’opération soit courte et cinglante et que grâce à vous les armes chimiques soient définitivement éradiquées de la planète.

Les populations que nous allons protéger auront un prix à payer pour le service rendu et doivent accepter d’avance les quelques centaines ou milliers de morts que peuvent provoquer les effets collatéraux de cette opération et leurs conséquences en cascade. Mais c’est pour leur bien. Si vous prenez la tête de la manœuvre à la place de vos collègues Obama et Cameron, qui semblent rétropédaler avant même que le coup d’envoi ait été donné, Bashar Al Assad comprendra très vite à qui il a affaire. L’Occident ne doit pas de mollir, ce serait un mauvais signal au reste du monde, on compte sur vous pour tenir la barre fermement.

Lorsque cette mission humanitaire sera terminée et que Bashar Al Assad aura fait amende honorable après la tripotée qu’on va lui mettre tout en le laissant au pouvoir, vous aurez la satisfaction d’avoir contribué à appliquer en Syrie la théorie du « chaos constructif » élaborée par des « think tanks » américains à l’époque de George Bush, en espérant que les grandes entreprises américaines, principales bénéficiaires du chaos, auront  la bonté de laisser  aux entreprises françaises la possibilité de tirer quelques avantages du désordre institutionnalisé qui a désormais vocation à se substituer à des Etats forts comme c’est le cas en Irak ou en Libye. Quelques contrats pétroliers feraient bien l’affaire de nos grands groupes.

Après cette victoire  pratiquement acquise d’avance, il vous appartiendra de porter ailleurs le message humanitaire universel de la France. Les crises sont nombreuses dans le monde, la liste des dictateurs sanguinaires est longue, et des millions d’hommes, de femmes et d’enfants attendent avec joie que la France puisse les protéger comme elle s’en est donnée la mission. On pense toujours à l’Afrique qui arrive au premier rang de nos préoccupations. Mais il y a le feu dans de nombreuses régions du monde. Une intervention humanitaire en Palestine serait la bienvenue, vous y songez certainement.

Au Mexique, on estime à 70.000 les morts provoqués par  la violence des groupes criminels et des forces de sécurité et 26.000 disparus durant de sexennat du Président Calderón (2006-2012). Après la première année  du mandat du Président Peña Nieto, on dénombre déjà 13.000 morts. En toute logique avec de tels chiffres la population civile mexicaine devrait être éligible aux bénéfices du programme  « obligation de protéger » concocté par la « communauté internationale », même si celle-ci se réduit aujourd’hui à la France seule. Au point où nous en sommes, il faut bien qu’un pays  se dévoue pour être l’avant-garde agissante d’une communauté internationale amorphe et irresponsable, « ensemble gazeux et incertain » comme a dit Hubert Védrine à propos de l’Union Européenne. Mieux vaut être seul que mal accompagné. S’agissant du Mexique, on pourra tirer les leçons de l’intervention militaire française de 1862 et ne pas répéter l’erreur qui a conduit à la déconfiture les armées de Napoléon III : déclencher des opérations militaires injustifiées et lointaines qui dépassent nos forces.

Pour cela il faudra, mais vous l’avez évidement prévu, programmer davantage de  moyens budgétaires, par exemple pour la construction de nouveaux porte-avions nucléaires, les avions et missiles qui vont avec. Le « Charles de Gaulle » rend de brillants services lorsqu’il n’est pas immobilisé dans nos arsenaux pour de trop longues périodes de révision, mais il aura du mal à répondre seul à toutes les demandes d’intervention surtout lorsqu’il devra croiser dans des mers lointaines, exotiques et dangereuses.  Je suis sûr que vous saurez persuader nos compatriotes que dans les circonstances actuelles, le monde occidental, pour poursuivre sa mission civilisatrice, pilier de la globalisation, devra s’en donner les moyens budgétaires.

On se souvient des contraintes qui ont empêché les forces françaises de frapper encore plus massivement la Libye. Leurs stocks de missiles se sont rapidement épuisés et le budget de la Défense n’avait pas prévu que l’abominable Khadafi, pourtant ami intime de votre prédécesseur,  serait aussi peu sensible à nos problèmes budgétaires en opposant une résistance aussi farouche qu’inutile. La population, si elle est  bien informée, acceptera certainement de bon gré l’augmentation des impôts et les coupes dans les dépenses publiques, notamment sociales, comme les bourses scolaires pour les français de l’étranger, ainsi que la réduction  des moyens  du réseau diplomatique, consulaire, éducatif et culturel français dans le monde si c’est le prix à payer pour que la France garde son statut de grande puissance mondiale. Tout est question de pédagogie.

Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que nos amis et alliés américains n’ont pas toujours une très bonne image dans le monde. La France, avec les Présidents De Gaulle, Mitterrand et Chirac, a joui d’un grand prestige international, justement parce ce qu’elle parlait d’une voix différente de celle de ses alliés occidentaux. Le Président Sarkozy a mis fin à cette tradition diplomatique, pensant que la France avait tout intérêt, dans le contexte de la mondialisation et face à la montée en puissance de nouveaux acteurs, à se fondre dans « la famille occidentale » et à réintégrer l’appareil militaire de l’OTAN, c’est à dire à mettre ses forces conventionnelles sous le commandement américain.

« O tempora ! O mores ! » comme a dit Ciceron en son temps. Mais vos Ambassadeurs ont déjà du vous signaler  que dans de nombreux pays la France est désormais perçue comme un relais servile de la politique américaine. Des épisodes récents, comme l’affaire Snowden avec l’interception du Président Evo Morales lors de son survol de l’Europe, ont pu donner cette impression fâcheuse, mais je suis convaincu que vous n’aurez  aucun mal à persuader vos interlocuteurs du monde entier que cette perception est erronée, car c’est en toute indépendance que vous avez confirmé l’ancrage de la France dans sa « famille occidentale ».

Enfin, je pense que vous avez réfléchi à la meilleure manière de protéger les populations mondiales des catastrophes humanitaires provoquées  par le capitalisme mafieux et prédateur à l’origine des dernières crises économiques et financières. Il est probablement dans vos intentions de proposer à vos collègues du G7 et du G20 que vous allez rencontrer au Sommet de Saint Pétersbourg de changer de cap pour  mettre fin à l’économie-casino et à l’empire de la finance sans contrôle. L’opinion publique mondiale, les chômeurs en Grèce, au Portugal, en Espagne, en France et ailleurs, apprécieraient vraisemblablement des frappes chirurgicales sur le FMI, la Banque Centrale européenne, la City de Londres, quelques paradis fiscaux « non-coopératifs » ou d’improbables agences de notation qui font plier les gouvernements.

Une telle cohérence dans l’application de « l’obligation de protéger » honorera la France et son Président. En continuant sans relâche sur cette voie et en défendant comme vous le faites le droit international et les normes fixées par les Nations Unies, il ne fait aucun doute qu’avant la fin de votre mandat vous rejoindrez votre collègue et ami Barack Obama dans le club très sélect des Prix Nobel de la Paix. Vous l’aurez bien mérité.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute et respectueuse considération.


Pierre Charasse, Français de l'étranger, contribuable et électeur.


jeudi, 12 septembre 2013

LETTRE AUX FRERES ET SOEURS SYRIENS - OBJET: «I HAVE A DRONE»

                                                              

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Chers frères et sœurs syriens, j’ai décidé de vous écrire car comme hier mon pays, la Côte d’Ivoire, a été attaquée par la France Sarkozienne avec la complicité des Etats Unis d’Obama après avoir épuisé 8 ans durant une liste impressionnante de faux prétextes et aujourd’hui, si le congrès américain l’autorise, ses deux pays  s’apprêtent à livrer bataille contre vous quel que soit le temps que cela prendra pour trouver le bon prétexte. Il est vrai que je continue, quand je n’ai pas le choix, de consommer français ou américain et donc je contribue au financement des armes qui s’apprêtent à vous « protéger » en vous tuant et vous poussant à l’exil pour occuper votre pays avec des  apatrides armés qui seront demain plus syriens que vous. Ayant vécu en direct la crise ivoirienne, je constate que les arguments utilisés par les initiateurs de la guerre (courte guerre, frappes ciblées, pas de troupe au sol) pour tromper les opinions publiques  pour arracher leur soutien, reviennent en force. Finalement, ils ont fait tout le contraire de ce qu’ils avaient promis et sont allés au-delà de ce que la résolution onusienne autorisait en Côte d’Ivoire.

En Côte d’Ivoire après les bombardements illégaux et injustifiés de Sarkozy qui ont ciblé les armes d’origine russe et laissé intact les armes d’origine française, le nombre de massacres et d’exécutions sommaires, d’emprisonnements arbitraires se sont multipliés sous le gouvernement de l’obligé de Sarkozy qui utilise des armes exclusivement françaises sans que la même émotion contre Laurent GBAGBO ne visite les champions de l’impunité et les protecteurs du peuple ivoirien. Hollande a-t-il tiré les bonnes leçons de la crise ivoirienne malgré le geste en faveur de la libération de quelques prisonniers politiques célèbres dont le Président du principal parti d’opposition ou applique-t-il la règle du pompier pyromane ? On se pose la question au regard de son attitude sur la question syrienne.

Ainsi, je m’en voudrais terriblement de ne pas vous faire partager l’expérience ivoirienne. J’ai donc décidé de vous écrire cette lettre…

Comme hier en Côte d’Ivoire,  il était question de frappes ciblées, de courte durée, contre les armes lourdes que le Président légitime, légal de la République de Côte d’Ivoire était supposé utiliser contre son peuple c’est-à-dire ses propres électeurs.

Comme hier en Côte d’Ivoire, le Président Laurent GBAGBO aurait tué sept (7) femmes avec « ses armes lourdes » ; il est apparu que c’était un film tourné avec de vrais acteurs de cinéma pour émouvoir l’opinion publique et arracher une résolution de l’ONU.

 Je suis convaincu que la fameuse ligne rouge franchie par votre Président avec des armes chimiques qu’il aurait utilisées contre son peuple est encore un film sorti des studios d’Hollywood et que même s’il y a eu utilisation d’armes chimiques, l’auteur direct n’est pas obligatoirement un pro-Bachar.

 Je vous informe qu’en Côte d’Ivoire pendant la guerre de huit (8) ans de la France contre la Côte d’Ivoire, la France de Chirac n’a eu aucun scrupule à bombarder ses propres soldats à Bouaké, au centre de la Côte d’Ivoire, pour faire porter la responsabilité au Président GBAGBO et détruire toute la flotte aérienne d’origine russe de l’Etat ivoirien.

Je vous informe aussi que le Président GBAGBO a été arrêté, déporté à la Cour Pénale Internationale depuis  2011. Mais, jusqu’aujourd’hui, les accusateurs que sont la France, les USA, l’Union Européenne avec la contribution de tous les services secrets qui ont brandi aux yeux du monde entier les preuves du massacre des sept (7) femmes par Laurent GBAGBO, n’ont pas pu apporter, après trois ans d’enquête, le moindre élément factuel solide pour convaincre les Juges de la CPI attestant la culpabilité de Laurent GBAGBO d'avoir tué ces femmes et encore moins à l'arme lourde.

Comme hier en Côte d’Ivoire, ils ont tous criés que le crime contre ces femmes ne peut rester impuni mais par contre leur agent installé au pouvoir a massacré 800 personnes de même ethnie avec des armes d’origine française, un véritable génocide qui reste aujourd’hui impuni.

Comme hier en Côte d’Ivoire, Laurent GBAGBO  a été désigné comme co-auteur indirect du massacre de son peuple, mais jusqu’aujourd’hui les auteurs directs n’ont toujours pas été identifiés pour qu’ils désignent leur donneur d’ordre. De même, Bachar Al Hassad est désigné comme responsable d’utilisation d’armes chimiques sans qu’aucun coupable ne soit formellement identifié pour qu’il indique Bachar Al Hassad comme le donneur d’ordre. L’occident, parti pris au conflit, s’est érigé en juge du droit international contre le principe sacro-saint de la présomption d’innocence  et décide de frapper la Syrie en ne faisant même pas l’hypothèse de la réaction des alliés de Bachar en cas de propagation des dégâts collatéraux comme au Mali ou pire, comme Pearl Harbour qui a précipité les USA dans la seconde guerre mondiale malgré leur neutralité initiale.

Ainsi les Etats occidentaux jouent avec le feu et  hiérarchisent en grands frères et petits frères les Etats où les premiers jugent et frappent les seconds mettant de côté les institutions et règles qu’ils se sont librement données pour gérer les relations internationales entre Etats souverains. Nous constatons que ces pays, les USA, la France et la Grande Bretagne qui se sont érigés "Shérifs planétaires" font partie du Top 10 des plus gros exportateurs d'armes au monde.  Avouons-le tout net, l’ONU comme hier la société des nations, est aujourd’hui incapable de régler pacifiquement les relations entre nations souveraines face à la poussée des industries d’armement qui alimentent le nazisme économique : occupation militaire, domination monétaire et économique, consommation forcée, soumission, exécution ou contrainte à l’exil des populations.

Comme hier en Côte d’Ivoire, la première cible frappée par la France n’était plus uniquement les armes lourdes d’origine russe mais la télévision ivoirienne, l’Université d’Abidjan et le palais présidentiel qui a reçu à lui seul 50 bombes dont une qui a frappé le mur de la chambre du Président, heureusement il n’était pas dans sa chambre.

Je suis convaincu que ça sera les mêmes cibles chez vous avec le même objectif : Eliminer  les seules armes lourdes qu’ils recherchent : Bachar Al Assad et l’Etat Syrien ; détruire tout l’arsenal militaire d’origine non occidentale. L’arrestation du Président GBAGBO ayant permis de mettre à nu le complot et les mensonges d’Etat servis à la communauté internationale, je suis convaincu d’une chose : Bachar Al Assad et l’Etat Syrien subiront le même sort que KADHAFI ou SADDAM HUSSEIN et leurs états respectifs si le monde entier continue de rester sourd et aveugle au nazisme économique de l’occident en crise.

Comme hier en Côte d’Ivoire, le terme « courte période » n’étant pas normalisé par l’ONU seul le temps pour arrêter ou tuer Bachar et décimé l’Etat Syrien, sera le temps que prendront les bombardements. En une seule journée, plusieurs cibles peuvent être atteintes par les missiles Tomahawk. En Libye, pour la seule journée du 19 mars 2011, l’OTAN a tiré 124 missiles Tomahawk et touché une vingtaine de cibles. En Côte d’Ivoire, ces bombardements par la France ont commencé le 28 Mars 2011 pour se terminer le 11 Avril 2011, date de l’arrestation du Président Laurent GBAGBO mais la guerre des rebelles armés par la France de Chirac et de Sarkozy a démarré le 19 septembre 2002 pour prendre fin le 11 avril 2011.

Comme hier en Côte d’Ivoire, le 11 avril 2011, contrairement aux déclarations initiales qui ne prévoyaient pas de troupes au sol, ce sont les troupes françaises qui sont descendues sur le terrain à bord d’une cinquantaine de chars pour prendre possession du palais présidentiel ayant résisté à la pluie de bombes pour arrêter le Président Laurent GBAGBO.

Comme hier en Côte d’Ivoire, sachez, chers frères et sœurs que pendant cette « courte période », tout l’appareil d’Etat sera détruit, le peuple syrien sera enfermé chacun chez lui sans eau, sans électricité, sans gaz avec tous les hôpitaux, pharmacies et commerces fermés. Les malades mourront dans les hôpitaux, les femmes enceintes  accoucheront à domicile et celles qui auront besoin d’une césarienne mourront, les bébés seront privés de lait. La faim, la soif, la maladie seront vos amis. Les toilettes  de vos maisons seront remplies et vous dormirez avec vos urines et vos déchets. Les missiles Tomahawk, équipées souvent d’ogives nucléaires ne feront pas la différence entre pro et anti-Bachar. Les cadavres seront ramassés, incinérés et les cendres jetées à la mer pour effacer les traces et faire croire que les frappes étaient des frappes chirurgicales sans effet collatéral. Tout cela se passera hors caméra.

Paradoxe des paradoxes, punir un « présumé coupable » reviendra à punir des innocents. Autre paradoxe : punir un chef d’état supposé avoir violé le droit international passera par la violation de ce même droit édicté par la charte des Nations Unies qui recommande l’accord du conseil de sécurité pour l’usage de la force dans les relations entre états souverains sauf en cas de légitime défense. Sommes-nous dans un cas de légitime défense ? Certainement pas. Quel est l’avenir de l’ONU en cas de « frappes punitives » sans son aval ? Un machin qui risque de disparaitre comme son géniteur : la SDN. Quel est l’avenir de de la Syrie en cas de frappes ? Une poudrière djihadiste.

Chers frères et sœurs, sachez que quand l’industrie militaire a soif de profit, la vie, la morale et le droit ont  peu d’utilité et les commerçants de la mort n’ont pas  de limites.

Comme hier en Côte d’Ivoire, la destruction de l’appareil d’Etat exposera le pays à un pillage sans précédent des commerces et des domiciles.

Comme hier et aujourd’hui en Côte d’Ivoire la destruction de l’appareil d’Etat ouvrira tout le pays à une foule de rebelles sans foi ni loi, qui se proclameront Syriens à la place des Syriens, exécutant sur dénonciation tous ceux qui seront de loin ou de près désigné pro-Bachar. Une foule de Syrien sera contrainte à l’exil, sans protection contre la faim ou d’un simple abri de la part de ceux qui sont soi-disant, venus  vous protéger, abandonnant ainsi champs, commerces, usines, domiciles entre les mains de rebelles sans identité fixe qui s’en approprieront à souhait.

Comme hier en Côte d’Ivoire, même les bénéficiaires du complot qui seront à la tête du pays n’auront pas la main mise sur cette foule de rebelles et le pays sera exposé à une insécurité permanente. La punition frappera donc tous les innocents qui vivront au rythme des exécutions sommaires, des arrestations arbitraires, des tortures et des emprisonnements. Tout ceci se passera hors camera.

Comme hier en Côte d’Ivoire, tous ceux qui étaient venus avec le prétexte de vous protéger, ne parleront plus de vous dans leurs medias. Ils fermeront les yeux sur les massacres quotidiens des nouveaux seigneurs de guerre et leurs parrains installeront les principes du nazisme économique pour vous vendre de nouvelles armes sous prétexte de reconstruction de l’armée et  pomper en silence sans taxe ni autorisation toutes les richesses du sol et du sous-sol au nom de la démocratie et des droit de l’homme.

Comme hier en Côte d’Ivoire, cette guerre intervient au moment où les USA sont proches de la cessation de payement. La France, quant à elle, recherche désespérément une croissance économique et vient de recevoir, comme par enchantement, une commande de un (1) milliard d’Euros de l’Arabie Saoudite, principal financier et allié de la rébellion Syrienne et des USA dans la crise syrienne. Est-ce pour acheter la participation de la France et son  soutien indéfectible à la guerre ? Car l’histoire n'avait-elle pas donné raison à la France quant à sa position de "non participant" à la 2ème guerre américaine contre l’Irak ? Secret d’État. Cette hésitation dans le camp européen montre à quel point cette guerre pour punir Bashar, est difficilement  justifiable.

La défection européenne est venue de là où personne ne l’attendait : Londres.

Comme hier en Côte d’Ivoire, sachez, chers frères et sœurs, que cette guerre n’est pas pour vous protéger mais pour protéger l’industrie d’armement de ces pays « shérifs de la terre » qui maquille leur commerce de la mort par une action humanitaire. Sinon, ils allaient commencer par protéger les millions d’exilés sans toit et ils n’auraient pas craint la présence des experts de l’ONU qu’on pressait de quitter les lieux pour cause de bombardement imminent. C’est pour protéger l’industrie d’armement en prenant possession de votre économie par la force après  avoir accompagné certains d’entre vous au cimetière ou en exil.

Comme hier pour le cacao ivoirien, le financement de cette guerre sera fait par l’étranglement du marché du pétrole pour faire flamber les prix au profit des pétrodollars qui soutiennent et financent la rébellion. Tout le monde entier sera puni en payant cette guerre pour le malheur des syriens et pour le bonheur éphémère de l’industrie militaire américaine qui sera momentanément sauvée de la faillite, le temps d’une autre cible et d’une autre crise de surproduction d’armes.

Chers frères et sœurs syriens, sachez que la Côte d’Ivoire a souffert et souffre encore, comme plusieurs autres pays, de ce nazisme économique et que vous pouvez l’éviter si vous opter franchement et sincèrement pour un compromis politique quel que soit le temps que prendront les négociations afin de préserver le  bien le plus précieux d’un pays : l’Etat.

Je sais que certains de vous n’aiment pas Bachar,  mais je vous en prie, aimez votre pays et évitez de mettre sous la guillotine la tête de Bachar, en même temps que votre pays !

 Vous le regretterez comme c’est le cas aujourd’hui pour beaucoup d’Ivoiriens, entre autres, qui ont soutenus la rébellion et ses alliés. Car demain, ce seront leurs experts (militaires, économistes, santé, etc.) qui viendront vous dicter la gestion de votre pays, alors vous découvrirez que la Syrie est sous tutelle.

Si le besoin de punir peut faire avancer la résolution du conflit, il ne revient pas à l’exécutif d’un autre pays de faire justice, le mode d’identification des coupables et leur punition peut faire partie de la solution politique.

Chers frères et sœurs, Obama s’était battu contre la guerre de Bush en Irak parce qu’il avait jugé les preuves insuffisantes et l’intervention sans l’ONU illégale. Il se présente comme l’héritier du plus pacifique des américains : Martin Luther KING qui avait lancé la fameuse formule « I have a dream ». Obama peut être fier de l’héritage en lançant  « I have a drone ». De même Hollande s’est opposée à la guerre de Bush contre l’Irak pour les mêmes raisons et s’est retiré de l’Afghanistan pour faire des économies. Ils étaient tous deux convaincus que la crise économique et la réduction du chômage pouvaient être résolues sans faire la guerre comme Bush. Face à la concurrence des pays émergents, l’économie de marché ne marche plus pour l’occident. Le secteur de l’industrie des armes est le seul sauveur. La guerre suivie de l’occupation militaire et économique en accompagnant des citoyens du pays occupé au cimetière et en exil, restent l’unique alternative pour réduire le chômage, le déficit de la balance commerciale, le déficit budgétaire et  financer la croissance. Même cette solution est devenue éphémère et ne profite qu’aux paradis fiscaux et quelques intérêts privés. Ironie du sort, Obama, prix Nobel de la paix, héritier de Martin Luther King, fait la guerre avec Hollande dans les mêmes conditions que Bush pour tenter de redresser leur économie. Ils font leur devoir de Président élu pour donner de l’emploi à leurs concitoyens et protéger leurs industries stratégiques.

Chers frères et sœurs, faites le vôtre en disant non à la guerre et oui à une solution politique pour protéger vos domiciles, vos activités économiques et vos emplois. Je vous préviens, vous regretterai tout autre choix.

Chers frères et sœurs Syriens,

Je sais que vous n’aurez pas cette lettre car aucune presse internationale n’osera la publier. Je la considère comme une  bouteille à la mer.


Par le  Dr Cheick DIABATE

Enseignant chercheur, Université du Colorado

(USA)

mardi, 10 septembre 2013

SYRIE: DES PREUVES ACCABLANTES CONTRE LES AMIS DE FRANÇOIS HOLLANDE ET LAURENT FABIUS

 

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Les Etats-Unis et leurs alliés semblent être devenus les prisonniers de leurs propres mensonges. Abraham Lincoln avait pourtant déclaré qu’aucun homme n’avait assez de mémoire pour réussir dans ce domaine. En février 2003, Colin Powell avait prononcé son fameux discours, présentant les prétendues preuves des liens du régime irakien avec Al-Qaïda, ainsi que la détention d'armes de destruction massive, justifiant ainsi, l’invasion puis l’occupation du pays. Deux millions de morts plus tard, on les cherche toujours. Dix ans après, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis viennent enfin de publier leurs rapports tentant de démontrer l’utilisation de gaz en Syrie.
 
Première impression: une partialité manifeste et leur manque de consistance. Après deux ans d’une collecte intensive d’informations, par les services de renseignements les plus compétents, aucune preuve matérielle concrète n’y est rapportée. Constitués d’une dizaine de pages tout au plus, ils ne sont qu’une pâle réponse, au rapport circonstancié et détaillé de plus d’une centaine de pages, remis par la diplomatie russe au conseil de sécurité de l’ONU en juillet dernier. De son côté Moscou précise, preuves à l’appui, la provenance et le type de munition utilisée, grâce à l’utilisation de radars de contre-batteries, d’imagerie satellite, ainsi que de relevés chimiques et biologiques incriminant les terroristes islamistes de l’ASL. Les américains, très doués pour espionner la planète entière, sont donc incapables de présenter le plus petit commencement de preuves. Tout comme ils n’ont su prévenir les attentats contre leurs ambassades ou celui du 11 septembre 2001. Etrangement, leurs faisceaux de présomptions reposent, comme en 2003 d’ailleurs, sur un pseudo échange téléphonique entre responsables syriens. C’est tout et c’est peu.
 
Deuxième impression, l’incohérence entre les rapports. En effet, les trois documents font état d’un nombre de victimes différent : 281 pour les Français, 350 pour les Britanniques et 1429 pour les Américains. Evidemment on ne conservera que l’hypothèse la plus haute que l’on arrondira à 1 500. Idem pour le nombre d’attaques et le gaz utilisé : 14 attaques au neurotoxique pour les Britanniques, 2 au sarin pour les Français et … beaucoup pour les américains ! Autant simplifier. D’autant qu’une contradiction majeure subsiste mais qui semble parfaitement partagée dans la version commune: l’utilisation de gaz de combat dans des zones urbaines confinées avant l’intervention de l’infanterie. Or, dans ce cas, les soldats syriens auraient eux-mêmes dû en être les victimes collatérales, sans décontamination des bâtiments ou des victimes, comme l’auraient été les membres du personnel hospitalier, selon des témoignages prétendument recueillis dans des hôpitaux syriens et rapportés dans les dits rapports (page 7 du document français).
 
Malgré l’accumulation de preuves et les documents vidéo diffusés, l’abject est cependant atteint lorsque l’on nie les capacités des terroristes et de leur encadrement à élaborer et à utiliser des armes chimiques. L’arrestation en Turquie de terroristes avec du gaz sarin, ou la découverte de stocks en Syrie dans les zones contrôlées par les islamistes, sont pourtant des faits avérés. L’horreur atteint son comble quand, sur les photos d’enfants gazés diffusés par les services secrets français et américains, des familles alaouites de Lataquié, ont reconnu leurs propres enfants, enlevés deux semaines avant le gazage par les rebelles islamistes. Ces enfants, de familles fidèles au régime légal syrien de Bachar-al-Assad, ont donc été assassinés par les amis de Laurent Fabius et de François Hollande. Dans leur précipitation, les assassins ont oublié de masquer un détail qui choque : les enfants ne correspondent pas à un échantillon de population: ils ont presque tous le même âge et ont les cheveux clairs. Ils ne sont pas accompagnés par leur famille en deuil. Ce sont bien les enfants enlevés à Lattaquié. Alors François Hollande et Laurent Fabius devront-ils un jour répondre de ce crime de guerre ?
 
Cette énième campagne de communication, tente une fois encore, de minimiser les vraies responsabilités et bien sûr de justifier l’intervention militaire. Un autre motif fallacieux est celui de l’épuisement des recours diplomatiques et du blocage de l’ONU par le véto de la Russie et de la Chine. C’est vite oublier, les nombreuses résolutions votées depuis 1948, contre l’occupation de la Palestine et la politique de colonisation des territoires occupés par Israël, qui se sont vu opposées le véto systématique américain, délivrant un blanc seing permanent, aux opérations militaires de l’Etat Hébreu, notamment sur des populations civiles. Il est vrai que le puissant lobby de l’AIPAC conditionne pour beaucoup la politique américaine. Confrontés à leurs mensonges, les Etats-Unis et leurs alliés, en sont réduits à inverser les rôles. Ils tentent aujourd’hui d’accuser la Russie de fournir les armes chimiques à la Syrie. C’est oublier encore l’histoire récente comme l’utilisation massive de l’agent orange au Viet Nam ou l’assistance apportée par les USA et la France à l’Irak pour gazer l’Iran.

La concentration de troupes aux frontières et au large de la Syrie, illustre le mécanisme infernal, créé par les responsables politiques occidentaux, qui les empêche de reculer sans craindre de perdre la face.
 
La vérité attend et normalement seul le mensonge est pressé. Cependant, cet empressement manifeste se trouve contrarié par un isolement croissant et une opinion mondiale fermement opposée à la guerre. Et ceci jusque dans les rangs mêmes de leurs forces militaires, comme l’illustre cette campagne de soldats qui affichent leur refus de se battre pour des terroristes et qui ne comprennent plus à quel ennemi se louer. Dans l’affolement général, le secrétaire d’état aux affaires extérieures, John Kerry, a dû avouer que cette opération était financée par les pays arabes, bailleurs de fond des terroristes, et que son véritable objectif était d’entrer en guerre contre l’Iran.

Comme le sénateur Mac Cain, qui semble plus absorbé par les parties de pokers que les débats au sénat sur la Syrie, les américains ont abattu leur jeu. A moins que tout ceci ne soit qu’un gigantesque bluff visant à détourner l’opinion publique de la crise financière internationale et de l’économie américaine moribonde.
Il serait peut-être temps que l’Amérique apprenne à gérer ses relations autrement qu’en menaçant ou en imposant la guerre.
 
La France, qui fut jadis aimée et respectée pour sa position si singulière et courageuse, jouissait récemment encore d’un grand prestige international. Mais en sacrifiant son indépendance, elle apparait aujourd’hui comme le chien servile des intérêts américains, en remplacement du bouledogue anglais. Une position malheureusement plus proche du roquet aboyeur que du mâle dominant. Alors, les Français ne doivent pas s’étonner de constater, que quand les chiens aboient, la flotte russe passe.


Source: PRORUSSIA.TV

lundi, 09 septembre 2013

MEMORANDUM D'ANCIENS DU RENSEIGNEMENT A OBAMA: «LA SYRIE EST-ELLE UN PIEGE?»

BARACK OBAMA. SYRIE.jpg

 
Veteran Intelligence Professionals for Sanity

Traduction exclusive : Memorandum d'anciens du renseignement à Obama : "Nous avons le regret de vous informer que certains de nos anciens collègues nous disent, catégoriquement, que [...] l'intelligence la plus fiable montre que Bachar al-Assad n'était pas responsable..."

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Malgré le "haut degré de confiance" de l’Administration américaine sur la responsabilité du régime syrien dans l’attaque chimique du 21 août, une douzaine d’anciens militaires et responsables du renseignement livrent des éléments qui les amènent à conclure à une toute autre histoire que l’histoire officielle.

"MEMORANDUM FOR : The President
FROM : Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS)
SUBJECT : La Syrie est-elle un piège? (Is Syria a Trap?)
Priorité : IMMÉDIATE

Nous avons le regret de vous informer que certains de nos anciens collègues nous disent, catégoriquement, que contrairement aux affirmations de votre administration, l’intelligence la plus fiable montre que Bachar al-Assad n’était pas responsable de l’incident chimique qui a tué et blessé des civils syriens le 21 août, et que les services de renseignement britannique savent aussi cela. En écrivant ce bref rapport, nous choisissons de croire que vous n’avez pas été pleinement informé parce que vos conseillers ont décidé de vous donner l’opportunité pour ce qui est communément connu comme le "déni plausible" [NDT : la légère incertitude, le flou décisionnaire, qui fait que l’on ne peut prouver formellement l’implication directe et réfléchie du sommet de l’Etat et par conséquent que l’on pourra nier de manière plausible (cela vient du langage informatique et du déni de chiffrement)].

Nous avons déjà emprunté cette voie avant - avec le président George W. Bush, à qui nous avions adressé nos premiers VIPS memorandum immédiatement après le discours de Colin Powell le 5 février 2003 à l’ONU, dans lequel il a colporté une "intelligence" frauduleuse pour soutenir l’attaque de l’Irak. Puis, également, nous avons choisi de donner au président Bush le bénéfice du doute, pensant qu’il avait été induit en erreur - ou, à tout le moins, très mal conseillé.

La nature frauduleuse du discours de Powell était une évidence. Et donc, cet après-midi là nous avions vivement exhorté votre prédécesseur d’élargir le débat au-delà du cercle de ces conseillers clairement arc-boutés sur ​​une guerre pour laquelle nous ne voyions aucune raison impérieuse et dont nous pensions que les conséquences imprévues seraient susceptibles d’être catastrophique". Nous vous offrons le même avis aujourd’hui.

Nos sources confirment qu’un incident chimique d’une quelconque sorte a causé des morts et des blessés le 21 Août dans la banlieue de Damas. Ils insistent, cependant, sur le fait que l’incident n’était pas le résultat d’une attaque menée par l’armée syrienne employant des armes chimiques de type militaire de son arsenal. C’est le fait le plus saillant, selon les agents de la CIA travaillant sur la question syrienne. Ils nous disent que le directeur de la CIA John Brennan est en train de commettre une fraude (escroquerie), du type de celle ayant précédé la guerre en Irak, sur les membres du Congrès, les médias, le public - et peut-être même vous.

Nous avons observé John Brennan attentivement au cours des dernières années et, malheureusement, nous constatons que ce que nous disent maintenant nos anciens collègues est facile à croire. Plus triste encore, cela tombe à pic (this goes in spades) pour ceux d’entre nous qui ont travaillé avec lui personnellement, nous lui donnons zéro crédibilité. Et cela vaut, aussi, pour son patron titulaire (titular boss), le directeur du renseignement national James Clapper, qui a admis qu’il a témoigné sous serment de manière "manifestement erronée" au Congrès concernant les écoutes de la NSA sur les Américains.

Résumé du renseignement ou stratagème politique?

Que le secrétaire d’État John Kerry fasse valoir le nom de Clapper cette semaine devant le Congrès, dans une tentative apparente pour renforcer la crédibilité de l"Évaluation du Gouvernement » de 4 pages nous paraît étrange. D’autant plus, parce que, pour une raison inexpliquée, ce n’est pas Clapper mais la Maison Blanche qui a publié l’« Évaluation » (Assessment).

Ce n’est pas un bon point. Nous savons comment ces choses sont faites. Bien que l’« évaluation du gouvernement » est vendu aux médias comme un « résumé de l’intelligence », c’est un document politique, et pas d’intelligence. Les rédacteurs, communicants (NDT : massagers dans le texte (lié à mon sens à l’ouvrage de philosophie des médias Message et Massage)), et intermédiaires ont évité de présenter le détail essentiel. En outre, ils ont concédé d’emblée que, bien qu’ils affichent une "grande confiance" sur l’évaluation, ils sont encore "loin d’une confirmation."

Déjà Fraud (Déjà vu ?) : Cela nécessite un flashback sur les célèbres Minutes de Downing Street du 23 Juillet 2002 [NDA : cf Downing Street Memo], sur l’Irak, le procès-verbal a enregistré les déclarations de Richard Dearlove, alors chef du renseignement britannique, rapportant au Premier ministre Tony Blair et d’autres hauts fonctionnaires que le président Bush avait décidé d’éliminer Saddam Hussein par une action militaire qui serait "justifiée par la conjonction du terrorisme et des armes de destruction massive." Dearlove avait eu l’information par le directeur de la CIA, George Tenet, qu’il avait rencontré au siège de la CIA le 20 Juillet.

La discussion qui a suivi a porté sur la nature éphémère de la preuve, ce qui pousse Dearlove à expliquer: « Mais le renseignement et les faits étaient préétablis autour de la politique." [NDT : "But the intelligence and facts were being fixed around the policy" // On peut donner le sens, sont établis en fonction de la politique, ont été construit autour des déclarations politiques] Nous craignons que ce soit précisément ce qui s’est passé avec "l’intelligence" sur la Syrie.

L’Intelligence

Il y a un nombre croissant de preuves provenant de nombreuses sources dans le Moyen-Orient - principalement affiliés à l’opposition syrienne et ses partisans - offrant une forte preuve circonstancielle que l’incident chimique du 21 août était une provocation planifiée à l’avance par l’opposition syrienne et ses soutiens turcs et saoudiens. Le but aurait été de créer le genre d’incident qui amènerait les Etats-Unis dans la guerre.

Selon certains rapports, des boîtes contenant des agents chimiques ont été introduites dans une banlieue de Damas, où elles ont été ouvertes. Certaines personnes dans le voisinage immédiat sont mortes, d’autres ont été blessées.

Nous ne sommes au courant d’aucune preuve fiable qu’une fusée militaire syrienne capable de transporter un agent chimique ait été tirée dans la région. En fait, nous ne connaissons aucune preuve matérielle fiable pour appuyer l’allégation qu’il s’agissait des suites d’une frappe par une unité militaire syrienne disposant d’une expertise en matière d’armes chimiques.

En outre, nous avons appris que les forces de l’opposition occidentale parrainées par la Turquie ont commencé le 13 et 14 août 2013 à se préparer à l’avance pour un majeur, et anormal renforcement de leurs effectifs militaires [NDT : "a major, irregular military surge" Cela peut être également une poussée militaire majeure et anormale ou irrégulière]. Les premières rencontres entre les hauts commandants militaires de l’opposition et les responsables du renseignement qataris, turcs et américains ont eu lieu à la garnison militaire turc aménagée d’Antakya, dans la province d’Hatay, actuellement utilisée comme centre de commandement et siège de l’Armée syrienne libre (ASL) et de leurs sponsors étrangers. [NDT : ces informations proviennent (du moins ont été relayées par Yossef Bodansky notamment)].

Les commandants supérieurs de l’opposition qui sont venus d’Istanbul ont pré-informés les commandants régionaux d’une escalade imminente dans les combats grâce à « un développement qui changerait la guerre » ("a war-changing development"), ce qui, à son tour, conduirait à un bombardement mené par les américains en Syrie.

À la réunion de coordination des opérations à Antakya, fréquentée par les hauts responsables turcs, qataris et des responsables du renseignement américain ainsi que les commandants supérieurs de l’opposition syrienne, les syriens ont affirmé que le bombardement commencerait dans quelques jours. Les leaders de l’opposition ont été condamnés à préparer leurs forces rapidement pour exploiter les bombardements américains, marcher sur Damas, et renverser le gouvernement de Bachar al-Assad.

Les responsables du renseignement du Qatar et de la Turquie ont assuré aux commandants régionaux syriens qu’ils seraient très bien fournis en armes pour la prochaine offensive. Et ils le furent. Une opération de distribution d’armes d’une ampleur sans précédent a commencé dans tous les camps de l’opposition entre le 21 et le 23 août. Les armes ont été distribuées à partir des entrepôts contrôlés par les renseignements du Qatar et de la Turquie sous la supervision étroite d’agents du renseignement américain.

Cui bono?

[Dans quel intérêt ? Dans l’intérêt de qui ?]
Que les divers groupes qui tentent de renverser le président syrien Bachar al-Assad ont amplement intérêt à obtenir que les États-Unis soient plus profondément impliqués dans le soutien de cet effort est clair. Jusqu’à présent, il n’a pas été aussi clair que le gouvernement Netanyahu en Israël ait également un intérêt puissant pour obtenir que Washington soit plus profondément engagé dans une nouvelle guerre dans la région. Mais au vu des exhortations véhémentes à l’intervention en provenance d’Israël et ces américains qui font du lobbying pour les intérêts israéliens, la priorité de cet objectif israélien devient limpide.

Le reporter Judi Rudoren, écrivant depuis Jérusalem, dans un article important paru dans le New York Times de vendredi aborde la motivation israélienne d’une manière inhabituellement candide. Son article, intitulé « Israël soutient une frappe limitée contre la Syrie", note que les Israéliens ont fait valoir, tranquillement, que la meilleure solution pour les 2 années et demi de guerre civile en Syrie est, au moins pour le moment, qu’il n’y ait pas de solution. Rudoren poursuit:

"Pour Jérusalem, le statu quo, aussi horrible que cela puisse être d’un point de vue humanitaire, semble préférable soit à une victoire du gouvernement de M. Assad et ses partisans iraniens soit à un renforcement des groupes rebelles, de plus en plus dominé par les sunnites djihadistes."

« C’est une situation éliminatoire (a playoff situation) dans laquelle vous avez besoin que les deux équipes perdent, mais qu’au moins vous ne voulez pas que l’une d’elle gagne - nous nous contenterons d’un match nul », a déclaré Alon Pinkas, ancien consul général d’Israël à New York. « Laissez-les saigner tous les deux, faire des hémorragies jusqu’à la mort : c’est la réflexion stratégique ici. Tant que cela persiste, il n’y a pas de menace réelle de la Syrie ».

Nous pensons que c’est la façon dont les dirigeants actuels d’Israël regardent la situation en Syrie, et qu’une implication américaine plus profonde - quoiqu’au départ, par des frappes militaires "limités" - est susceptible d’assurer qu’il n’y ait pas de résolution rapide du conflit en Syrie. Plus les sunnites et les chiites se déchirent les uns les autres en Syrie et dans la région, plus Israël fait le calcul que ce sera sûr [NDT : Le sens est mieux retranscrit en anglais : "The longer Sunni and Shia are at each other’s throats in Syria and in the wider region, the safer Israel calculates that it is."]

Que le principal allié de la Syrie soit l’Iran, avec lequel il a signé un traité de défense mutuelle, joue également un rôle dans les calculs israéliens. Il est peu probable que les dirigeants iraniens soient en mesure d’avoir un impact militaire plus important en Syrie, et Israël peut faire ressortir cela comme un embarras [honte, gêne] pour Téhéran.

Le rôle de l’Iran

L’Iran peut facilement être blâmé par association et accusé de toutes sortes de provocations, réelles et imaginaires. Certains ont vu la main d’Israël à l’origine des accusations les plus dommageables contre Assad en matière d’armes chimiques et notre expérience nous donne à penser que cela est extrêmement possible.

Possible est aussi une attaque sous faux drapeau d’une partie intéressée entraînant le naufrage ou l’endommagement, par exemple, de l’un des cinq destroyers américains maintenant en patrouille à l’ouest de la Syrie. Nos médias grand public pourraient tirer de cela le maximum [Our mainstream media could be counted on to milk that for all it’s worth], et vous vous retrouveriez encore plus sous pression pour élargir l’engagement militaire américain en Syrie - et peut-être au-delà, contre l’Iran.

L’Iran a rejoint ceux qui accusent les rebelles syriens pour l’incident chimique du 21 Août, et n’a pas tardé à mettre en garde les Etats-Unis contre le fait de s’impliquer davantage. Selon la chaîne anglophone iranienne Press TV, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a affirmé : « La crise en Syrie est un piège tendu par les groupes de pression sionistes aux [Etats-Unis]."

En fait, il n’est peut-être pas loin de la vérité. Mais nous pensons que vos conseillers peuvent être circonspects dans la réception de cette idée. Ainsi, nous voyons comme notre responsabilité de continuer à essayer de partager des informations avec vous afin d’assurer que vous et d’autres décideurs disposez d’une vision complète.

Représailles inévitables

Nous espérons que vos conseillers vous ont averti que les représailles pour les attaques contre les syriens ne sont pas une question de si, mais de où et de quand. Les représailles sont inévitables. Par exemple, des attaques terroristes contre les ambassades des États-Unis et d’autres installations sont susceptibles de faire ressembler ce qui est arrivé aux Etats-Unis à la "Mission" à Benghazi le 11 septembre 2012 à un accrochage mineur en comparaison. L’un de nous a abordé directement cette considération clé il y a une semaine dans un article intitulé "Conséquences possibles d’une attaque militaire américaine contre la Syrie - se souvenir de la destruction des casernes des marines américains à Beyrouth en 1983." [Référence]


For the Steering Group, Veteran Intelligence Professionals for Sanity

Thomas Drake, Senior Executive, NSA (former)
Philip Giraldi, CIA, Operations Officer (ret.)
Matthew Hoh, former Capt., USMC, Iraq & Foreign Service Officer, Afghanistan
Larry Johnson, CIA & State Department (ret.)
W. Patrick Lang, Senior Executive and Defense Intelligence Officer, DIA (ret.)
David MacMichael, National Intelligence Council (ret.)
Ray McGovern, former US Army infantry/intelligence officer & CIA analyst (ret.)
Elizabeth Murray, Deputy National Intelligence Officer for Middle East (ret.)
Todd Pierce, US Army Judge Advocate General (ret.)
Sam Provance, former Sgt., US Army, Iraq
Coleen Rowley, Division Council & Special Agent, FBI (ret.)
Ann Wright, Col., US Army (ret) ; Foreign Service Officer (ret.)


Paru initialement en anglais sur Consortiumnews.com


 
 

samedi, 31 août 2013

L’HOMME QUI EN SAVAIT TROP SUR LE 11 SEPTEMBRE 2001, PHILIP MARSHALL, A ETE RETROUVE MORT CHEZ LUI AVEC SES DEUX ENFANTS, TOUS TUES PAR BALLE

 

 

ATTENTATS 11 SEPTEMBRE 2011.jpg

 

Un ancien enquêteur de l’Agence nationale américaine de sécurité, Wayne Madsen, qui a passé huit jours sur place pour enquêter sur les circonstances exactes du décès, le 2 février dernier, de l’auteur du livre The Big Bamboozle Philip Marshall, a contesté la thèse officielle du suicide lors d’une entrevue radiophonique avec Kevin Barrett.

 

Philip Marshall a été trouvé mort chez lui avec ses deux enfants, tous tués par balle. Un voisin avait trouvé les trois corps (plus celui de leur chien) dans une maison laissée porte ouverte, chose inhabituelle pour un auteur de livres portant sur des questions aussi sensibles. Madsen a également expliqué dans l’interview que l’ordinateur de Marshall n’a toujours pas été localisé, et qu’il avait de plus confié à un ami qu’il travaillait sur un quatrième livre comportant des révélations encore plus « choquantes ». 

Philip Marshall a été pilote de Boeing pendant plus de vingt ans, et avait publié en novembre 2012 un livre-enquête, The Big Bamboozle : 9/11 And the War on Terror (La grande tromperie : le 11 septembre et la guerre au terrorisme), documentant l’implication des autorités saoudiennes dans l’entraînement des quatre pilotes responsables des attentats du 11 septembre 2001. Marshall a piloté des Boeing 727, 737, 747, 757 et 767 à titre de capitaine et était convaincu, en raison de son expérience, que les quatre pirates de l’air avaient dû bénéficier d’une formation poussée, dans des conditions réelles et au-delà de celle qu’ils avaient reçue dans les écoles de pilotage habituellement citées dans les médias, et ce jusqu’aux derniers jours avant les attentats. 

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Marshall avait conclu que ces séances d’entraînement supplémentaire n’auraient pu avoir lieu que sur la base de Pinal Airpark, située entre Las Vegas et Tucson en Arizona, et souligne que seuls les quatre pilotes chargés de mener les attaques avaient été envoyés à Las Vegas au cours des six derniers mois précédant les attentats. Des Boeing 757 et 747 étaient disponibles sur place au moment de leur séjour, et ce site est connu pour avoir été utilisé par des agents de la CIA et des entreprises privées de mercenariat comme Blackwater

Marshall ajoute que nombre de Saoudiens étaient sur place ou plus largement dans le pays à l’époque des attentats, dont des membres de la famille Ben Laden et plus particulièrement plusieurs membres de l’entourage du prince Turki al Faisal, l’ancien ministre des renseignements saoudien. Lui-même avait séjourné près de Las Vegas et se trouvait dans le pays le jour même des attentats. 

Marshall écrit que des pilotes-instructeurs auraient pu bénéficier de la couverture fournie par cette vaste suite princière pour entrer et sortir du pays sans être interrogés. A titre d’exemple, il souligne que le Prince Bandar, alors ambassadeur d’Arabie saoudite aux Etats-Unis et actuel dirigeant des services de renseignement saoudien, était le chef de son unité de chasseurs lorsqu’il était dans les forces aériennes saoudiennes dans sa jeunesse, et que deux agents saoudiens opérant à San Diego et en contact avec les terroristes du 11 septembre, Bayoumi et Bassan, étaient attachés à la Direction de l’aviation civile saoudienne

Ces quelques éléments montrent, ainsi que de nombreux autres développés dans le livre, qu’une telle opération ne pouvait pas avoir été montée par une organisation terroriste clandestine, aussi riche et organisée soit-elle, mais qu’il fallait des moyens que seul un pays bénéficiant d’une large couverture diplomatique, de services de renseignements sophistiqués et de nombreux contacts pouvait mobiliser. 

Quant aux raisons pour une telle implication des saoudiens, Marshall cite un document publié par la PNAC (Projet pour un nouveau siècle américain), intitulé « Reconstruire les défenses de l’Amérique », en particulier le passage où on explique que « la transformation prendrait un long moment – nonobstant quelque événement catastrophique ayant un effet catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbour ». 

De plus, en blâmant les attaques sur Osama ben Laden, on pourrait par la suite justifier une politique de guerre préventive contre l’Irak (qui n’avait pourtant rien à voir avec ben Laden), et éventuellement la Syrie et l’Iran, des pays traditionnellement opposés à la culture Wahhabite et ne partageant pas la même vision géopolitique sur l’avenir de l’Asie centrale. 

Dans l’introduction de son livre, Marshall montre comment la version finale du Rapport d’enquête parlementaire sur le 11 septembre a été rédigée de manière à passer sous silence le rôle saoudien, en particulier par l’omission du chapitre classifié de 28 pages (retiré du rapport par l’administration Bush) consacré exactement à cette question. Marshall était en contact non officiel avec l’ancien Sénateur Bob Graham, et ancien co-président de la Commission conjointe d’enquête du Congrès américain, qui a exigé à de multiples reprises la publication de ces 28 pages. Une chose qu’a refusé de faire Barack Obama en dépit des promesses qu’il avait faites personnellement aux familles des victimes des attentats lors de sa campagne de 2008.

 

In Solidarité & Progrès


Source: WIKISTRIKE

vendredi, 30 août 2013

IRAK, LIBYE, SYRIE DES «PREUVES» ET DES AGRESSIONS

SYRIE - ETATS-UNIS. RECHERCHE DE PREUVES CONTRE LA SYRIE.jpg

Les services de renseignements américains cherchent des preuves


L’impérialisme a-t-il jamais eu besoin de preuves pour agresser un peuple, un pays? Et s’il en a invoquées étaient-elles réellement crédibles et justifiaient-elles son ingérence dans les affaires intérieures des Etats concernés? La seule histoire récente, des interventions militaires des Etats-Unis, est implacable plutôt de preuves sur l’arrogance et le cynisme de la Maison-Blanche et de sa suite de vassaux.

A chaque crime correspond une montagne de mensonges qui sont immédiatement « oubliés » pour en resservir d’autres, à l’occasion d’autres entreprises de prédation. Les « preuves » ont toujours trait aux atteintes aux « droits de l’homme », à la « démocratie », à la « sécurité des Etats-Unis ou à leur way of life (sic !) ».

En face et autour le monde assiste impuissant et passif à sa mise en coupe réglée. Une « communauté internationale » bienveillante sert de caution « morale » au jeu de massacre. Elle est chargée d’applaudir au discours dominant à la demande. Les Nations unies, quand elles ne sont pas « paralysées » par un veto, peuvent ne plus servir à assurer la légalité internationale comme en Yougoslavie et en Irak. La Syrie pourrait-être ainsi la prochaine victime d’une ignominieuse attaque, à laquelle se prépare l’alliance atlantiste forte du silence sidéral de l’écrasante majorité des gouvernements du monde.

Le scénario est en place, le « régime de Damas » a utilisé des gaz mortels contre la population de son pays, les principaux membres de l’OTAN l’ont affirmé et n’ont pas eu besoin d’attendre le résultat des expertises. Pourquoi faire ? Pourrions-nous nous demander. Ce type de décret a déjà servi et a pu autoriser que deux peuples soient précipités dans un cauchemar sans fin, les Irakiens et les Libyens qui ne sont pas appelés à la barre pour témoigner sur le résultat de leur « libération de la tyrannie » et sur la « démocratie » que les bombardiers atlantistes leur ont larguée.

Pourtant il serait bien de les interroger, chose qui ne semble pas être à l’ordre du jour des médias de la bête. Et pour cause, aujourd’hui, ils sont trop occupés à resservir la soupe sur la Syrie. Cette soupe qui justifiera, le cas échéant, des « frappes chirurgicales » contre Bachar Al Assad ou plus s’il en faut, jusqu’à la « victoire » des « révolutionnaires » de la CNS/ALS. Le gouvernement syrien lui-même se situe dans la rhétorique en vigueur. Son représentant à l’ONU endosse la robe du défenseur: « Beaucoup de données tendent à prouver l'innocence du gouvernement syrien qui fait l'objet d'une accusation fallacieuse ». Il feint de croire au bon sens et à l’utilité de cette organisation, au moment même où se confirme le peu de cas fait des données, puisque Washington a demandé à l'ONU de mettre fin à la mission de ses inspecteurs sur les sites où les attaques chimiques se seraient produites. A la suite de quoi les inspecteurs ont cessé leurs activités pour « raison de sécurité ».

Un seul doute persiste, si les Etats-Unis envoient leurs avions, sur la nature des assurances qu’ils auraient eu auprès des Russes et des Chinois et en échange de quelle contrepartie. Si, toutefois, Moscou ou Pékin ou les deux réunies ne réagissent pas à la hauteur de l’outrecuidance étatsunienne.   
 
 
Ahmed Halfaoui


GUERRE EN SYRIE: ENTRETIEN AVEC AMMAR BAGDASH, SECRETAIRE DU PARTI COMMUNISTE SYRIEN

 

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Lors d’une rencontre publique à Rome avec le secrétaire du Parti communiste syrien, Ammar Bagdash et une interview collective pour connaître les causes, le déroulement et les conséquences de la guerre civile en Syrie. Ou autrement dit de la tentative de déstabilisation d’un pays qui ne fait pas partie des plans pour le contrôle impérialiste du Moyen-Orient.

 

Pourquoi cette attaque contre la Syrie?

La Syrie constitue une digue contre l’expansionnisme nord-américain au Moyen-orient, surtout après l’occupation de l’Irak. Mais le véritable protagoniste de ce projet se trouve être en réalité le président israélien Peres, qui poursuit cet objectif depuis les années 1980. Les communistes syriens ont donné un nom à ce projet : la grande Sion. La Syrie a refusé tous les diktats des Etats-unis et d’Israël au Moyen-orient, a soutenu la résistance irakienne, celle libanaise et le droit national du peuple palestinien.

Mais comment est née la révolte, la crise et la guerre civile en Syrie?

Dans l’analyse des communistes syriens, les conditions ont été posées également par les mesures libérales adoptées en 2005. Cette politique a eu trois effets négatifs : une augmentation des inégalités sociales ; l’exclusion sociale de plus en plus diffuse dans les banlieues de Damas ; la dégradation des conditions de vie de la population. Cela a favorisé les forces réactionnaires, comme les Frères musulmans, qui se sont appuyées sur le sous-prolétariat, surtout rural. Quand nous avons dénoncé tout cela jusqu’au Parlement, on nous a accusé d’adopter une posture idéologique et d’être des idiots.

En Syrie, ils veulent refaire ce qui s’est passé en Égypte et en Tunisie. Mais là il s’agissait de deux pays philo-impérialistes. Dans le cas de la Syrie, c’était différent. Ils ont commencé par des manifestations populaires dans les régions rurales de Daraa et d’Idleb. Mais dans les villes, il y eut immédiatement de grandes manifestations populaires de soutien à Assad. Par ailleurs, au début, la police ne tirait pas, ce sont certains éléments parmi les manifestants qui ont commencé les actions violentes. Dans les sept premiers mois, il y eut plus de morts du côté de la police et de l’armée que dans l’autre camp. Quand la méthode des manifestations ne marchait plus, ils sont passés au terrorisme avec des assassinats ciblés de personnes en vue (dirigeants, hauts fonctionnaires, journalistes), attentats et sabotages d’infrastructures civiles. Le gouvernement a réagi en adoptant certaines réformes comme celle sur le multi-partisme et sur la liberté de la presse, réformes que nous avons soutenu. Mais les forces réactionnaires ont rejeté ces réformes. Communistes, nous avons réalisé cette équation : les discours et les actes doivent être confrontés aux discours et aux actes. Mais le terrorisme doit être confronté par la souveraineté de la loi, en rétablissant l’ordre.

Ensuite, on est passé à la troisième phase. La véritable révolte armée. Attentats et assassinats ciblés étaient le signal pour commencer l’attaque contre Damas. Puis les attaques se sont concentrées contre Alep, qui par sa position géographique rend plus facile le trafic et le ravitaillement depuis l’étranger. Le gouvernement a réagi en imposant l’hégémonie de la loi. Il convient de dire que l’intervention de l’armée et les bombardements aériens se sont produits dans une zone où l’essentiel des civils avaient déjà fui. A la contre-offensive de l’armée syrienne, les rebelles ont réagi de façon barbare, y compris dans les zones où il n’y avait pas de combattants. Et puis ils ont assiégé Alep.

Pourquoi la Syrie résiste, que cela signifie-t-il?

Ces dix dernières années au Moyen-orient, l’Irak a été occupé, la Libye a dû capituler, la Syrie au contraire non. Par sa plus grande cohésion interne, ses forces armées plus puissantes, des alliances internationales plus solides ou parce qu’il n’y a pas encore eu d’intervention militaire directe des puissances impérialistes ?

En Syrie, à la différence de l’Irak et de la Libye, il y a toujours eu une forte alliance nationale. Les communistes travaillent avec le gouvernement depuis 1966, sans interruption. La Syrie n’aurait pas pu résister en comptant seulement sur l’armée. Elle a résisté parce qu’elle a pu compter sur une base populaire. En outre, elle a pu compter sur l’alliance avec l’Iran, la Chine, la Russie. Et si la Syrie reste debout, des trônes vont tomber parce qu’il deviendra clair qu’il existe d’autres voies. Notre lutte est internationaliste. Un expert russe m’a dit : « Le rôle de la Syrie ressemble à celui de l’Espagne contre le fascisme ».

Quels effets peuvent avoir les événements en Égypte sur la situation actuelle en Syrie?

Il y a un rapport dialectique entre ce qui s’est passé en Égypte et ce qui se passe en Syrie. La base commune, c’est le mécontentement populaire, mais la résistance syrienne a accéléré la chute du régime des Frères musulmans en Égypte et cela aidera beaucoup la Syrie car cela montre que les Frères musulmans ont été rejetés par le peuple.

Dans un entretien récent, la président syrien Assad a affirmé : « En Syrie, nous avons mis en échec l’offensive de l’islamisme politique ». Qu’en pensez-vous?

Nous, communistes syriens, n’utilisons pas la catégorie d’Islam politique. L’Islam connaît une certaine diversité en son sein. Il y a des réactionnaires pro-impérialistes comme les Frères musulmans et des progressistes comme le Hezbollah et même l’Iran. Je ne suis pas un admirateur du modèle iranien mais ce sont nos alliés dans la lutte contre l’impérialisme. Depuis notre V ème Congrès, nous avons jugé l’Iran sur la base de sa position sur l’impérialisme. Notre mot d’ordre est : pour un Front international contre l’impérialisme.

En Italie, une grande partie de la gauche pense que les rebelles combattent un régime fasciste, celui d’Assad. Que pouvez-vous répondre à cette position?

Si nous partons de la définition du fascisme – un mouvement réactionnaire qui use de moyens violents dans les intérêts du capitalisme monopoliste – en Syrie, ce n’est pas le capitalisme monopoliste qui domine. Ce sont plutôt les rebelles qui représentent les intérêts du grand capital. Les révoltes, comme nous l’enseigne l’histoire, ne sont pas toujours des révolutions. Pensons aux Contra au Nicaragua, aux franquistes en Espagne et il y en a d’autres.

Mais l’opposition à Assad est-elle toute réactionnaire ? Ou, comme le démontrent les affrontements internes entre Armée libre syrienne et militants djihadistes, ou ces derniers jours entre kurdes et djihadistes, existent-ils des éléments progressistes avec qui on peut entamer un dialogue?

Parmi les opposants, certains ont passé plusieurs années dans les prisons syriennes et nous avons réclamé et nous sommes battus pour leur libération. Ces opposants à Assad sont toutefois contre toute ingérence, intervention étrangère. Certains vivent à Damas et nous travaillons ensemble pour le dialogue national. Même Haytham Menaa de la Coordination démocratique condamne l’usage de la violence de la part de l’opposition armée ainsi que les ingérences extérieures. D’autres comme Michel Kilo viennent de la gauche, mais ont trahi ces idées mais ils ne peuvent de toute façon pas changer la nature réactionnaire de la rébellion.

Comment expliquez-vous l’intensification des divergences entre Arabie saoudite et Qatar, et qui se répercute également dans les divisions au sein des milices rebelles?

C’est vrai, l’influence et le rôle du Qatar diminuent, ceux de l’Arabie saoudite augmentent. L’affaire des affrontements avec les kurdes, c’est une autre histoire. Il y a eu des affrontements entre kurdes de l’Union démocratique kurde et les militants djihadistes d’Al Nusra, mais il y a eu également des affrontements entre divers groupes kurdes.

Que se passe-t-il pour les Palestiniens qui vivent dans les camps de réfugiés en Syrie?

J’ai rencontre récemment le responsable de l’OLP et il m’a dit : « Si la Syrie tombe, adieu la Palestine ». Le Hamas a agi parfois dans la précipitation, il a fait beaucoup d’erreurs et a causé des problèmes. Nous pouvons dire que l’organisation, qui appartient au monde des Frères musulmans, est revenue à ses origines et elle est désormais sous l’aile du Qatar. Mais c’est dangereux également pour eux. Maintenant, après ce qui s’est passé en Egypte, que se passera-t-il à Gaza ? La majorité des militants qui sont entrés dans les camps de réfugiés palestiniens en Syrie n’étaient pas palestiniens. La majorité des Palestiniens est totalement contre toute ingérence dans les affaires syriennes.

A Yarmouk, 70% des habitants sont syriens car les camps de réfugiés en Syrie ne sont pas des ghettos comme dans les autres pays. Il y a encore des combats à Yarmouk mais la population syrienne est partie. Le Comité exécutif de l’OLP s’est rendu deux fois en Syrie pour poser la question de la protection des camps de réfugiés. Yarmouk a été assiégé par Al Nusra avec l’aide du Hamas qui a cherché à provoquer l’armée, laquelle a reçu l’ordre de ne pas réagir.

On en parle peu, mais quel rôle joue la Jordanie dans la crise et la guerre civile en Syrie?

La monarchie jordanienne a toujours collaboré avec l’impérialisme et il y a une intense activité des Frères musulmans. La Jordanie a accepté la présence de militaires états-uniens sur son territoire et la quatrième attaque contre Damas est partie justement du territoire jordanien.

Et quel jeu joue Israël en Syrie?

Israël soutient les rebelles armés, mais quand ils n’arrivent pas à toucher leurs objectifs, ce sont les avions de combat israéliens qui prennent le relais. Cela s’est passé à Damas mais aussi il y a quelques jours à Latakia.

Comment sortir de la tragédie?

On ne peut réaliser aucun progrès social, ou la démocratie, si on est soumis à des forces extérieures. Le mot d’ordre est de défendre la souveraineté nationale et les conditions de vie de notre peuple. Comme je l’ai déclaré à l’ANSA, le principal moyen de sortir du massacre syrien passe d’abord par un arrêt des aides à l’opposition armée de la part des pays réactionnaires et impérialistes. Une fois que les aides extérieures seront arrêtées, on pourra mettre un terme à toutes les opérations militaires, y compris de la part du gouvernement syrien. Et relancer un processus démocratique avec des élections législatives et des réformes politiques, ce qui n’est évidemment pas possible dans cette phase de la lutte armée. L’avenir politique de la Syrie se décidera par les élections, notamment celles présidentielles de 2014.

 

Source: PCF

lundi, 12 août 2013

PRISM ET LES VERTUS RETROUVEES DU MACCARTHYSME

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L’amnésie généralisée et méthodiquement reproduite par les grandes puissances impériales leur permet d’annuler tout passage de témoin d’une génération à une autre, toute accumulation d’expériences des luttes et de leur direction. Une mémoire correctement communiquée et partagée aurait permis aux générations Internet et Twitter de comparer l’extraordinaire campagne de démolition de la République Démocratique Allemande (RDA) à partir des activités de la Stasi. La Stasi, service de renseignements généraux de la RDA, fichait les opposants au gouvernement est-allemand par tous les moyens disponibles à l’époque : mouchards, indics, volontaires de la délation, etc. Rien de plus remarquable que les activités des Renseignements généraux français, par exemple, ou de la Commission des activités antiaméricaines, connue sous le nom de maccarthysme. Tous ces services ou commission utilisaient les mêmes voies et les mêmes méthodes : surveillance, filatures, provocations, exploitations des besoins et des faiblesses des concernés ou de leurs proches, mais exploitaient avant tout, bien sûr, la vocation des mouchards, des militants de « l’ordre » et des délateurs. Le système était mondial et les services de la RDA, de ce point de vue, ne devaient pas réaliser des records. La plus longue expérience des services occidentaux et leur maîtrise des rouages de la vie politique leur permettaient de mieux circonscrire les cibles. Leur maîtrise des médias et de la communication leur permettait de mieux justifier leur fichage des militants par le but vertueux de protection de la société. Avez-vous connu plus vertueux que le maccarthysme ?

Que reprochaient alors, à la Stasi, les médias et les politiciens de la droite et de la social-démocratie ? De ficher les opposants ou les personnes « potentiellement » hostiles ou dangereuses, ce que font tous les services occidentaux au nom de cette supposée vertu qu’ils se prêtent.

L’écrasante majorité des dirigeants occidentaux actuels et l’écrasante majorité des chroniqueurs et responsables des médias vivaient à cette époque. Ils ont participé à la campagne de diabolisation du gouvernement de la RDA via la diabolisation de la Stasi. Ils proclamèrent haut et fort que le fichage menaçait la Liberté, avec un grand « L », et promirent aux Allemands de l’Est l’aventure excitante du Coca Cola et du MacDonald à la place de la monotone politique de plein emploi, du droit au logement, de crèches gratuites, de stades et de piscines gratis et de la Traban si ordinairement prolétaire.

Cette équation de la Liberté antinomique du fichage ne fut pas proposée qu’aux Allemands de l’Est ou aux autres peuples du Camp socialiste. Elle servit aussi - et surtout - à flatter les peuples occidentaux travaillés au corps pour leur faire sentir leur incommensurable privilège de vivre leur « Liberté sans surveillance » comme des ados autorisés à vivre leur première surprise-party et les préparer à leur future vocation du « devoir d’ingérence ». Elle servit aussi à captiver et à gagner à cette Liberté du Macdonald des élites du Tiers-Monde accablées du « complexe du colonisé », haineuses à l’endroit de leurs peuples rebelles aux standards et aux normes de la « civilisation démocratique » et suffisamment enrichies et intégrées au commerce des multinationales pour se porter candidates à la mondialisation américaine.

La plupart des dirigeants actuels du monde occidental vivaient à l’époque et ont pris part à la construction de cette équation, Et en tout cas vous pouvez affirmer sans aucune crainte d’erreur que Hollande et Fabius vivaient et ont salué avec leurs amis « nouveaux philosophes » la mort de la Stasi, du fichage et le règne enfin advenu de la Liberté sans contrôle secret de vos amours, de vos lettres, de vos messages, de vos soucis, de vos médicaments non remboursés, de vos découverts bancaires et surtout de vos protestations politiques.

Il faut rappeler que Hollande et Fabius pour leur vilénie à l’endroit de Moralès, Merkel, pour porter en soi les « stigmates » de la Stasi, mais tous les autres dirigeants européens ne pouvaient condamner le fichage artisanal de la Stasi hier pour soutenir honteusement, en le minimisant et en le banalisant, le fichage industriel de la NSA. Il y a une distance abyssale entre ficher les Allemands de l’Est « potentiellement dangereux » et ficher la planète entière, Hollande et Merkel compris. Il ne s’agit pas de leur donner mauvaise conscience. Ils sont dans la peau des serviteurs des USA, d’Israël et des banques et n’attendent de gratification que de ce côté-là, mais de rappeler aux nouvelles générations l’immensité de la mauvaise foi et de l’aplomb du système de propagande des pouvoirs occidentaux. Traquer Snowden, trouver des vertus au programme Prism, comme ils ont trouvé des vertus aux fiches des Renseignements généraux, prendre en otage un chef d’Etat, voilà leur réalité : le mensonge délibéré et permanent. De la Yougoslavie à la Serbie, de l’Irak à la Libye, de la Côte d’Ivoire au Mali, de la Syrie au Hezbollah.


Mohamed Bouhamidi

Alger, le Jeudi, 25 Juillet 2013
 
 
Source: REPORTERS.DZ