topblog Ivoire blogs

lundi, 22 juin 2015

LE LIVRE DE LAURENT GBAGBO S'ARRACHE COMME DE PETITS PAINS A ABIDJAN

 

LAURENT GBAGBO. LUNETTES 2.jpg

 

Détenu à la Haye - Grosse révélation sur le livre de Gbagbo à Abidjan: Ce qui s’est passé dans les librairies

 

C’est un grand coup politico-culturel sans précédent dans l’histoire de la librairie de France à Abidjan. Laurent Gbagbo et François Mattei peuvent se frotter les mains. L’ouvrage qu’ils ont co-écrit, «Pour la vérité et la justice » (voir ici), tient le haut du pavé, c’est-à-dire qu’il occupe le premier rang des ventes en librairie en Côte d’Ivoire. Ce livre a en effet, pulvérisé tous les records de vente. Selon la «Lettre du continent (L.C.)» qui rapporte l’information dans son édition du 17 juin 2015, le livre du détenu de Scheveningen (Cpi) s’est vendu comme de petits pains, atteignant la barre des 15.000 exemplaires vendus. «Pour la vérité et la justice », paru en juillet 2014 aux Editions du moment, représente la meilleure vente en Côte d’Ivoire, tous genres confondus», apprend la «Lettre du continent».

Selon LC, ce livre devrait recevoir prochainement le Prix de la Librairie de France, qui couronne chaque année à Abidjan, la meilleure performance commerciale dans le domaine de l’édition. Cette performance devrait rapporter à Laurent Gbagbo et François Mattei, le journaliste français, au bas mot, la bagatelle de 217 millions 500.000 Fcfa. Il faut dire que ce livre se voulait le fruit d’une très longue conversation de deux hommes qui se connaissent depuis plus d’une décennie.

LIVRE GBAGBO. POUR LA VERITE ET LA JUSTICE.jpg

L’ouvrage en question, de 320 pages, raconte, «en adoptant le point de vue de Laurent Gbagbo», ses années de pouvoir, l’élection de 2010 et la crise postélectorale, sa capture et son transfert à La Haye. Dans ce livre, l’ancien chef de l’Etat ivoirien, sans gant, a directement accusé la France officielle incarnée par Nicolas Sarkozy et l’actuel chef de l’Etat Alassane Ouattara. Laurent Gbagbo explique, à travers cet ouvrage, comment il a été capturé dans son bunker de la résidence présidentielle le 11 avril 2011.

Le «Woody de Mama» affirme, par ailleurs, que « cinquante blindés français ont pris la direction de sa résidence et l’ont encerclée». Il a soutenu, en outre, que des hélicoptères français ont mis le feu au bâtiment à l’aide de munitions incendiaires. «Des militaires français sont venus devant le portail, un de leurs chars l’a défoncé à coups de canon. Il y a eu ensuite coups de feu, des rafales, et dans la fumée, j’ai entendu : "On veut Gbagbo ! On veut Gbagbo !" (…) Je me suis levé : "C’est moi Gbagbo." Ils m’ont saisi.». Pathétique !

«Pour la vérité et la justice» sera prochainement traduit en anglais. La maison américaine Next Africa Inc. devrait le publier sous le titre "Truth and Justice".

 

Armand B. DEPEYLA

In Soir-Info N° 6212 du vendredi 19 juin 2015.

Lu sur AfriquEssor

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

livre,LE LIVRE DE LAURENT GBAGBO S'ARRACHE COMME DE PETITS PAINS à ABIDJAN,Grosse révélation sur le livre de Gbagbo à Abidjan, Ce qui s’est passé dans les librairies,Laurent Gbagbo et François Mattéi, Pour la vérité et la justice

Depuis la Haye, les bonnes feuilles du livre de Laurent Gbagbo et François Mattéi

 

Il sera en vente le 26 juin. Récit des visites que rendit François Mattéi à Laurent Gbagbo dans lequel on peut le lire lui, et lire les informations de première mains recueillies par son interlocuteur auprès des acteurs de la crise ivoirienne, c’est un livre à ne pas manquer. Différents extraits sont déjà en ligne, permettant de se faire une idée, notamment sur le site Politicomag.

En avant-goût, cet extrait de Laurent Gbagbo :

J’ai prêté serment le samedi 4 décembre 2010, au Palais, après que le Conseil constitutionnel eut statué sur les recours que nous avions déposés à la suite des fraudes massives constatées dans le Nord du pays et après qu’il eut pris acte de l’incapacité dans laquelle se trouvait la Commission électorale indépendante de se prononcer dans le délai qui lui était imparti. La veille, le vendredi 3, j’ai compris que tout pouvait se terminer très mal. Le Conseil constitutionnel venait de proclamer les résultats, et me désigner comme vainqueur de l’élection. J’ai reçu le jour même un coup de fil de Sarko. Il était furieux : « Il ne fallait pas que le Conseil constitutionnel fasse ça, non, non, il ne fallait pas ! » C’est la démarche d’un fou, pas celle d’un chef d’État. Comment peut-on se permettre aujourd’hui, au XXIe siècle, d’appeler un autre chef d’État pour lui dire une chose pareille ? C’est à ce moment précis, quand j’ai raccroché, que j’ai eu le sentiment que tout pouvait déraper. Je sais que les institutions des pays africains, ils s’en fichent ! Il ne s’agit après tout que de mettre leur homme sur le trône… mais s’asseoir sur le Conseil constitutionnel d’un pays souverain, dont la Constitution est calquée sur celle de la France, avec autant de culot, comme ça, par téléphone, c’est une mauvaise blague. Ce n’est pas un chef d’État que j’ai eu au téléphone…

...

Le samedi, juste avant mon départ pour le Palais, où doit se dérouler la prestation de serment devant le Conseil constitutionnel, mon chef du protocole vient me dire qu’un message nous est parvenu indiquant que Nicolas Sarkozy a demandé que l’on s’oppose physiquement à cette investiture. J’ai décidé d’y aller quand même. Il agit comme voyou, me suis-je dit, je n’ai pas à en tenir compte. C’était du bluff, ou un avertissement…

Le lundi 6 décembre, nous avons formé le gouvernement, un gouvernement de technocrates, et nous avons commencé à travailler.

La France nous avait coupé les robinets de la BCEAO, en espérant que nous ne pourrions pas payer les salaires des fonctionnaires et honorer les factures de l’État, ce qui aurait eu pour effet de dresser la population contre nous. Sarkozy m’a intimé l’ordre de partir dans un discours fait à Bruxelles, sur un ton plus proche de casse-toi de là, pauvre c., que dans le langage maîtrisé d’un chef d’État.

Mais à la fin du mois, à partir du 22 décembre, nous avons payé tous les salaires, idem en janvier. Ils ont compris qu’ils ne nous auraient pas comme ça…

Et on me le reproche aujourd’hui… ! parce que j’ai continué à faire mon travail, et à payer les fonctionnaires. Même motif, même punition pour les mesures que j’ai prises dans le souci du maintien de l’ordre. J’ai utilisé un décret qui existe depuis 1961, et qui permet d’ouvrir la possibilité, ce n’est pas une fatalité, de mettre en état d’alerte les forces de maintien de l’ordre si la situation est telle que des incidents sont à craindre. Bref, je faisais mon métier pour assurer la sécurité de l’État et des populations, je gouvernais. C’est cela, qu’on veut faire passer pour un plan criminel… Les rebelles avaient introduit des commandos armés au cœur d’Abidjan, toute une armée. Ils devaient faire leur jonction avec les centaines de soldats rebelles, des mercenaires burkinabés pour la plupart qui étaient cantonnés à l’Hôtel du Golf, un vaste complexe situé au bord de la lagune, où se trouvaient depuis septembre, les Ouattara et les chefs rebelles.

Dès le début du mois de décembre 2010, les attaques contre la population et les forces de l’ordre ont commencé à Abidjan jusqu’à ce que la stratégie de prise de pouvoir violente par Alassane Ouattara et ses soutiens soit révélée lors de l’attaque générale et concertée, lancée dans tout Abidjan le 16 décembre 2010.

Les hommes politiques de mon parti, de mon gouvernement, mon fils même, et beaucoup d’autres, sont poursuivis en justice, et ont été emprisonnés, pour« atteinte à la Défense nationale, attentat ou complot contre l’autorité de l’État, constitution de bandes armées, direction ou participation à une bande armée, participation à un mouvement insurrectionnel, atteinte à l’ordre public, coalition de fonctionnaires, rébellion, usurpation de fonction, tribalisme et xénophobie ». Rien que ça… Ce serait seulement grotesque si cela n’entraînait pas autant de souffrances, de privations de libertés, tant d’injustices. Nous, on nous pourchasse, on nous fait passer pour des criminels. C’est le monde à l’envers.

Il y en a eu des morts, beaucoup de morts, il y a eu tant de morts. N’est-ce pas indigne de vouloir me les attribuer alors que je n’ai cessé de prôner la réconciliation ? Je craignais tellement que le pays soit définitivement coupé en deux, j’étais tellement préoccupé par le fait que la situation pouvait conduire à des tensions profondes et définitives entre Ivoiriens, que j’ai tout fait pour parvenir à une solution pacifique. J’ai accepté tous les compromis. Je l’ai souvent dit, je n’ai jamais eu d’arme, je n’aime pas les armes, je n’aime pas la guerre, je n’ai jamais fait de coup d’État… J’ai écrit des livres, Pour une alternative démocratique, Agir pour les libertés, et quelques autres. J’ai proposé aux juges de La Haye de les leur faire porter, car c’est dans ces livres que l’on peut me connaître, savoir qui je suis, quel est le sens de ma vie… J’ai toujours entendu sur mon compte des commentaires contradictoires : certains de mes amis m’ont reproché de ne pas être assez dur, et de composer, même avec les adversaires. Mais parler à tout le monde, c’est cela la politique ! Par ailleurs, mes adversaires, eux, prétendent que je serais un dictateur. Toute ma vie j’ai lutté pour la démocratie. J’ai passé des mois en prison et des années en exil du fait de ma lutte pour la démocratie. J’ai refusé le système du parti unique parce que je pensais que l’avenir de l’Afrique ne pouvait s’organiser que dans un cadre démocratique. Lorsque j’étais en exil en France, j’ai refusé les propositions d’Houphouët-Boigny qui cherchait à me récupérer. J’ai toujours joué le jeu des élections, j’ai toujours cru en la volonté populaire. Et finalement, c’est cela que l’on me reproche : être le porte-parole du peuple. Donner voix au peuple de Côte d’Ivoire. Combien sont-ils les dirigeants africains qui représentent le peuple ? Ils se comptent sur les doigts d’une main. Qui a permis à chaque sensibilité de s’exprimer ? Qui a permis aux partis rebelles d’exister sur la scène politique ivoirienne ? Qui a intégré les rebelles au gouvernement et à l’armée ? Qui a organisé les élections ? Qui a permis que Ouattara et Bédié s’y présentent, alors même qu’ils ne remplissaient pas les critères constitutionnels ? Qui a fait en sorte que tous les candidats disposent des mêmes temps de parole et des mêmes moyens ? Il me semble que j’ai toujours agi comme un véritable homme politique, soucieux du bien-être de ses concitoyens, soucieux de laisser le débat démocratique s’installer, à l’écoute des autres. Loin, très loin de ces technocrates sans âme et sans structure morale qui constituent désormais le personnel politique de votre Ve République. Pour revenir aux grandes manoeuvres d’étouffement économique, en 2011, j’ai décidé de couper les ponts avec le siège de la BCEAO, à Dakar. La technique du boa constrictor pour nous étouffer était mise en oeuvre par le patron du Trésor à Paris. [Rémy Rioux, sous-directeur aux Affaires internationales, et représentant de la France au sein de la BCEAO.]

Politicomag continue de feuilleter pour vous le livre "Pour la vérité et la justice" co-écrit par l’ex-président Laurent Gbagbo et le journaliste français François Mattei. En accord avec l’éditeur, PoliticoMag.com propose ce jeudi plusieurs extraits des chapitres-clés du livre "Pour la vérité et la justice - Côte d’Ivoire : Révélations sur un scandale français", de Laurent Gbagbo et François Mattei. Et comme le rappelle en ouverture de l’ouvrage, le texte en gras est celui de Laurent Gbagbo.

Extrait du chapitre n°15 : « Les Ouattara, ce n’est pas un couple, c’est une entreprise »

(...) Les médias n’écrivent pas l’histoire, ils n’en ont ni les moyens, ni le temps, ni la vocation. En France, peu de médias audiovisuels auront déserté l’autoroute de la pensée unique, sécrétée en haut lieu par l’Élysée de Nicolas Sarkozy. L’implication du président français a été plus marquante que celle de Jacques Chirac dans ses démêlés avec Gbagbo, entre 2000 et 2007. Question de style. Son engagement a été aussi plus personnel : l’amitié qui lie Alassane Ouattara et Nicolas Sarkozy date de plus de vingt ans.

(...) Le 24 août 1991, Alassane Ouattara épouse Dominique, veuve Folloroux, à la mairie du 16e arrondissement de Paris. « Martin Bouygues était au premier rang, se souvient Glaser, qui a assisté à la cérémonie. » Mais ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui a uni les époux Ouattara. « C’est du grand n’importe quoi cette rumeur ! » dit Antoine Glaser. Contrairement aux rumeurs persistantes qui circulent notamment sur le Web, c’est un adjoint au maire de l’arrondissement qui les a mariés. » « C’est à partir de ce mariage, raconte Le Post, que Nicolas Sarkozy et Alassane Ouattara vont cultiver leur relation sur fond de business et de politique. Via Martin Bouygues, Nicolas et Cécilia Sarkozy deviennent proches du couple Ouattara. »

L’épouse de Ouattara, Française née en Algérie, continue Le Post, devient une amie commune de Martin Bouygues et du couple Sarkozy. Elle se révèle être une femme d’affaires très influente. Elle a bâti sa fortune en gérant le patrimoine immobilier, substantiel, de Félix Houphouët-Boigny. Il est vrai que le premier président de la Côte d’Ivoire, dont la fortune s’élevait à la fin de sa vie entre 7 et 11 milliards de dollars, l’aimait beaucoup. De notoriété publique, ils étaient intimes. Un ancien collaborateur très proche de Houphouët se souvient des parties de flipper qui occupaient cer- tains de ses après-midi au café du coin quand il attendait le vieux président, en visite chez Dominique dans l’appartement qu’elle possédait avenue Victor-Hugo. Ouattara étant devenu Premier ministre, grâce à elle, le jeune couple a fondé son succès financier sur la fortune de l’ancien Président. Lui côté cuisine, elle côté jardin. Jusqu’à la mort du « Vieux », en décembre 1993. Houphouët disparut sans que l’on puisse trouver de testament écrit.

Arrivée en 1975 en Côte d’Ivoire, Dominique Folloroux occupa d’abord des emplois modestes, au bar l’Ascott, puis comme secrétaire à l’ambassade du Canada. Sa farouche détermination à s’en sortir, son charme, ses cheveux d’un blond éclatant, lui attirent très vite l’attention des hommes de pouvoir. Elle crée et développe sa société immobilière AICI (Agence immobilière de la Côte d’Ivoire) dès 1979, grâce à l’appui d’Abdoulaye Fadiga, gou- verneur de la BCEAO, qui devient, lui aussi, un ami intime. Elle récupère les biens immobiliers dont Houphouët-Boigny lui avait confié la charge, à une époque où il n’y avait aucune différence entre la caisse de l’État et la poche du chef de l’État. Elle gère ensuite le portefeuille d’Omar Bongo. Le défunt président gabonais lui confie la gestion de ses « biens mal acquis ». (...)

Le patrimoine d’Alassane Ouattara, et l’énigme de l’origine de l’immense fortune de Dominique restent donc un sujet tabou, qui ne passionne pas les foules. La grande presse ne s’en préoccupe pas. Citant un « ancien conseiller Afrique de l’Élysée » dans le livre Reines d’Afrique : le roman vrai des Premières dames : « [...] il se peut que Dominique ait mis la main sur une partie du grisbi d’Houphouët. C’est du moins ce qu’affirment certains héritiers qui se disent spoliés. » Il est vrai que, en 1993, à la mort de Houphouët, on ne parlait pas encore de biens mal acquis. Seule une biogra- phie complète de Dominique et Alassane Ouattara pourrait démêler les fils dorés tissant leur histoire commune, et dire l’origine de leur fortune et de leur success-story. Les éléments qui existent permettent cependant d’en dessiner quelques contours.

Sur les liaisons prêtées à Dominique Nouvion-Folloroux après le décès de son mari, on a tout dit. Elle a tout nié. Que la jeune veuve blonde se soit retrouvée propulsée à la tête d’une affaire immobilière dotée du patrimoine du chef de l’État n’étonnait pas les proches du président ivoirien. Selon Michel de Bonnecorse, conseiller Afrique de l’Élysée, Houphouët fut très affecté quand Dominique jeta son dévolu sur Alassane Ouattara, puis l’épousa : « Jacques Chirac l’a vu pleurer. [...] De là vient sans doute la méfiance que lui inspira toujours Ouattara, tenu pour celui qui a piqué la femme d’Houphouët. » Dominique Ouattara jure que ces ragots « l’ont tuée », et qu’elle « aimait beaucoup Houphouët », qui la considérait comme « sa fille ».

Avec habileté, les Ouattara sauront se faire des amis utiles : de Michel Camdessus, directeur général du FMI pendant quinze ans, à Martin Bouygues, ou George Soros, célèbre milliardaire et spéculateur : Dominique Ouattara m’a dit elle-même que c’était un de leurs amis proches. Le statut de haut fonctionnaire du Fonds monétaire international d’Alassane Ouattara lui permet de dis- poser d’un cercle d’amis puissants, optimisé par le travail intense de relations publiques de Madame. Cette alchimie donne au couple tous les atouts. Dominique Ouattara communique beaucoup à travers sa fondation Children of Africa, dont la marraine, la princesse Ira von Fürstenberg, et les invités, tous bénévoles, prétend la fondation, comme par exemple Alain Delon, Adriana Karembeu ou MC Solaar, se sont déplacés jusqu’à Abidjan, pour un dîner de charité, le 24 février 2012 à l’Hôtel Ivoire. Le 14 mars 2014, on s’éclate encore à Abidjan. « Maman Dominique », comme l’appelle un article du Figaro daté du vendredi 21 mars 2014, a fait venir un nouveau charter de célébrités, pour un gala de bienfaisance. Il s’agit cette fois de financer la construction d’un hôpital pour enfants de cent quinze lits, à Bingerville, à dix-huit kilomètres d’Abidjan. (...)

Tous les connaisseurs s’accordent à reconnaître à Dominique Ouattara un rôle central dans l’ascension de son mari, et dans son accession au pouvoir, obtenant la nomination de ce dernier à la direction de BCEAO, puis à la Primature. Elle contribue à lui construire un glamour propre à lui attirer toutes les sympathies, qu’elle véhicule dans les médias français. Son continuel travail de relations publiques donne au début de règne de son époux en Côte d’Ivoire un ton très international, bien qu’un peu clinquant. Par ailleurs, classée parmi les vingt-cinq business women les plus influentes du continent par le magazine Jeune Afrique en 2013, l’actuelle Première dame a fondé un groupe très puissant de salons de coiffure, et produits aux États-Unis, géré sous licence de la marque Dessange. Sa sœur, sa fille, son fils sont dans les affaires familiales. Rappelons que Loïc Folloroux fut aussi direc- teur Afrique du groupe anglo-saxon Armajaro, spécialisé dans le commerce du cacao, jusqu’à fin 2013. À ce titre, il eût son mot à dire lors de la nouvelle répartition des bénéfices du cacao à la chute du président Gbagbo. Quant à Ibrahima, véritable sosie de son frère Alassane (d’où son surnom de « Photocopie »), il s’apparente à une sorte de président bis, affecté à la gestion des budgets, et à leur répartition. Les Ouattara, ce n’est pas un couple, c’est une entreprise, commente Gbagbo avec un sourire.

Dominique Ouattara, comme son mari, manie assez bien un langage très policé aux accents de vérité. Un discours qui dit à peu près le contraire des réalités qu’il véhicule. Elle affirme, par exemple, avoir consenti à un grand sacrifice en abandonnant ses affaires dès qu’elle est devenue Première dame. La confusion des genres, très peu pour elle ! Il faut naturellement relativiser son « sacrifice », en précisant qu’à travers quelques inconditionnels et historiques collaborateurs, et surtout les membres de sa famille, elle reste au centre d’un dispositif tentaculaire, qu’elle peut sur- veiller de son cabinet de Première dame, où elle dispose d’une quarantaine de collaborateurs.

Avec Elisabeth Gandon, fidèle entre les fidèles cumulant désormais la direction de Malesherbes Gestion – un bureau de syndic d’immeubles de 250 portefeuilles à ce jour –, celle de l’agence immobilière AICI (avec Nathalie Folloroux-Bejani, fille aînée de la patronne) et figure au conseil d’administration de Children Of Africa, on voit que Dominique n’est jamais loin. Les vases communicants entre les diverses composantes de la galaxie sont assurés. Son fils Loïc ayant quitté le business du cacao, il s’occupe maintenant de diriger le réseau de Radio Nostalgie en Afrique, autre propriété de sa mère. Sa sœur Nathalie, en plus de ses fonctions dans l’immobilier, le seconde.

Quant au gendre de Ouattara, Benedict Senger époux de Fanta Catherine Ouattara-Senger (fille d’Ado), il s’est vu attribuer par gré à gré en 2013 une série de contrats de contrôle des douanes, ports et aéroports, avec sa société Webb Fontaine. Une société enregistrée à Dubaï, avec siège social à Genève. En mars 2014, une mission du FMI en Côte d’Ivoire a pointé du doigt la gestion de cette société et les impor- tantes pertes de recettes qu’elle aurait engendrées pour l’État : 46,36 milliards de francs CFA (70 millions d’euros) manqueraient à l’appel dans les prévisions comptables de la douane ivoirienne.

« Dans la famille Nouvian, les frères [...] Patrick est médecin généraliste à Hyères [Var]. Marc, cinquante-trois ans, a fondé en 2012 [un an après l’élection de son beau-frère Ado à la présidence !] la Sonecei, société de négoce international spécialisé dans le commerce de fèves de cacao (dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial) avec sa sœur Noëlle. Quant à Philippe, quin- quagénaire lui aussi, il a certes quitté la direction de la filiale gabonaise d’AICI, mais préside aux destinées du cabinet Gecmo, rompu aux secrets de ma maîtrise d’ouvrage, de la gestion immobi- lière. C’est à lui qu’échurent notamment le pilotage de l’appel d’offres de l’hôpital de Bingerville, si cher à son aînée, ainsi que le suivi des travaux de rénovation de la présidence. » De la charité au business familial, la boucle est bouclée. Honni soit qui mal y pense... (...)

François Loncle, ancien ministre socialiste, député de l’Eure, s’est exprimé sur les « manœuvres » qui ont contribué à semer le trouble au sein du Parti socialiste sur le dossier de la Côte d’Ivoire, et l’ont fait basculer contre Laurent Gbagbo. Un autre aspect de l’action des Ouattara avant son arrivée au pouvoir. Selon lui, le lobbying intense de Dominique Ouattara, « parvenue à ses fins grâce à sa fortune colossale », dit-il dans une série d’entretiens enregistrée et diffusée sur Internet par la documentariste Nico- letta Fagiolo, aura fait la différence.

François Loncle mentionne le nom de socialistes pro-Ouattara notoires. Par exemple, l’actuel ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, ou Dominique Strauss-Kahn. Ces réseaux amicaux qu’on su tisser les Ouattara expliquent peut-être les refus réitérés, opposés aux tentatives de constitution d’une commission d’enquête sur les agissements de la France en Côte d’Ivoire proposée par le communiste Alain Bocquet. Ou bien encore Jean- Marc Ayrault. Il s’agissait alors d’éclaircir le rôle de la France et de son armée dans le coup d’État lancé contre Gbagbo en sep- tembre 2002. Ne rêvons pas : la transparence dans les relations entre la France et l’Afrique est encore une vue de l’esprit.

« Sarkozy a surtout connu Ouattara en 1993 au moment de la dévaluation du franc CFA », raconte Antoine Glaser. Le chef du gouvernement ivoirien a en effet aidé le Premier ministre français dans cette opération. Ouattara a alors dû traiter avec le ministre du Budget de l’époque, Nicolas Sarkozy.

« En 1997, Nicolas Sarkozy effectue son premier voyage en Côte d’Ivoire. Il y accompagne Martin Bouygues en tant qu’avocat d’affaires pour rencontrer à Abidjan Henri Konan Bédié [président ivoirien de 1993 à 1999] et défendre les contrats noués par son ami dans le pays, témoigne Gilles Labarthe. Ouattara est alors un ami personnel de Sarkozy. Il a intégré ses cercles familiaux et il est possible qu’ils se soient vus lors de cette visite plus économique que politique. »

Ensuite, entre Ouattara et Sarkozy, les liens deviendront de plus en plus étroits. « Quand Sarkozy était ministre de l’Intérieur, avec Cécilia, ils ont reçu le couple Ouattara à plusieurs reprises, précise Antoine Glaser. Et depuis qu’il est devenu président en 2007, Ouattara est passé prendre l’apéro à l’Élysée au moins quatre ou cinq fois », affirme encore le journaliste.

En août 2011, le président Sarkozy se repose dans la villa appartenant à la famille de sa nouvelle épouse, Carla Bruni, au Cap Nègre sur la Côte d’Azur. Il fait une exception à leur isole- ment estival pour le couple Ouattara, qui est reçu à dîner. Le 25 janvier 2012, le président Ouattara est invité en visite d’État en France. Toute la pompe républicaine lui est réservé : la garde républicaine à cheval accompagne le couple de son arrivée aux Invalides, après un transport par hélicoptère depuis l’aéroport, jusqu’à son hôtel. Pour le Nouvel An 2013, c’est au tour de Nicolas et Carla Sarkozy d’être reçus, en privé, par les Ouattara dans leur splendide propriété de bord de mer, à Assinie, un petit paradis situé quelques dizaines de kilomètres à l’Est d’Abidjan. Cette intimité ne s’est jamais démentie, même dans les mauvais moments. Sous le choc de sa défaite électorale du 6 mai 2012, Sarkozy voit un seul chef d’État accourir à l’Élysée pour le réconforter : Alassane Ouattara. D’après Alpha Condé, le président de Guinée-Conakry, Ado n’a tout de même pas fait le voyage pour rien... Condé s’indigne de n’avoir toujours pas reçu les 5 millions d’euros que la France lui a promis. Alors que, affirme-t-il dans le magazine Challenge, Alassane Ouattara « qui a rendu une visite privée à Sarkozy au lendemain de sa défaite, serait reparti avec 150 millions ». Le président guinéen ne sera démenti par personne.

De la même façon, les deux hommes laissent libre cours aux déclarations incendiaires d’El Hadj Abou Cissé, régulièrement reproduites par la presse ivoirienne. Dans son pays, cet homme intenable a la réputation de tout savoir de l’intimité de Ouattara. Comme il l’a souvent raconté, tel le griot de la saga Ado, il est son oncle, non par le sang, mais « à l’africaine ». Sa sœur, Nabintou Cissé, mariée à un Burkinabé – l’oncle biologique de Ouattara – vivait à Dimbokro, en Côte d’Ivoire, et elle se serait vue confier le petit Alassane Dramane lorsqu’il était devenu orphelin de mère. D’après lui, Il serait venu au monde, dans le village de Sindou, au Burkina, en décembre 1941 – et non à Dimbokro, ou à Kong, en Côte d’Ivoire, comme il est porté sur un second acte de naissance, falsifié pour les besoins de l’élection de 1995 – où il a été élevé jusqu’à ce que son père vienne le récupérer, à l’âge de six ans. Ce qui expliquerait qu’il n’y ait pas trace de la jeunesse de Ouattara en Côte d’Ivoire, puisqu’il a suivi sa scolarité et ses études à Ouagadougou, au Burkina, puis, grâce à une bourse, aux États-Unis, ainsi que ses débuts professionnels, sous nationalité burkinabé, loin de la Côte d’Ivoire. « Tout Ivoirien fait en permanence référence à son village, y retourne souvent, et y construit sa maison », disent les adversaires de Ouattara. « Lui ne le fait pas, parce qu’il ne le peut pas. »

(...) Déchaîné depuis le transfert de Gbagbo à La Haye, qu’il trouve honteux, il ne cesse d’attaquer publiquement celui qu’il appelle « le mendiant d’Abidjan ». Laurent Gbagbo connaît depuis long- temps Abou Cissé, sans l’avoir jamais fréquenté.

[Laurent Gbagbo] Je ne crois pas qu’un autre aurait agi avec autant de brutalité. Sarkozy, c’est quelqu’un qui n’a pas de recul sur les événements. Je me souviens d’une interview que j’ai donnée au journal Le Figaro, le 27 janvier 2011 en pleine crise post-électorale. Il m’a téléphoné le lendemain, très énervé, comme si je m’étais adressé directement à lui, pour me répondre... Si j’avais voulu lui parler, je l’aurais fait. Ce n’était pas mon intention, mais il ramène tout à lui. J’avais le sentiment qu’il traitait tout ce qui concernait la Côte d’Ivoire comme une affaire personnelle, privée...

Il était l’ami de Ouattara, et il ne m’aimait pas, je l’ai toujours su. Je lui avais fait l’affront de ne pas accepter son invitation au sommet France-Afrique de juin 2010 à Nice, et aux festivités du 14 Juillet « pour fêter le cinquantenaire des indépendances » (quelles indépendances ?) africaines, avec défilé des troupes africaines sur les Champs-Élysées. Je suis le seul président africain qui manquait à l’appel. Il s’est vexé. C’est qu’il ne prend pas le temps de réfléchir. J’avais mes raisons : comment se fait-il que soient invitées des troupes ivoiriennes et un président qui sont accusés par les Autorités françaises d’avoir à Bouaké, en novembre 2004, provoqué la mort de neuf soldats français dans un bombardement. Qu’on m’explique ! L’armée française, elle, a massacré des dizaines de manifestants civils dans les heures qui ont suivi dans les rues d’Abidjan. Nous avions donc à avoir quelques discussions, et à faire quelques mises au point, avant d’aller parader à Paris. L’incohérence de Sarkozy m’a étonné. C’était une raison supplémentaire d’avoir ma peau.

 

Laurent Gbagbo et François Mattéi, Pour la vérité et la justice, p. 232 et suite.

 

Source: AEUD.INFO

dimanche, 01 septembre 2013

INTERVIEW DE LEANDRE SAHIRI: «C’EST UNE ABOMINATION QUE D’IGNORER LE CODE NOIR»

 

LEANDRE SAHIRI.jpg

 

Léandre Sahiri est professeur de Littérature, critique littéraire, et écrivain intéressé spécifiquement par la promotion des valeurs humaines. Titulaire d’un Doctorat ès Lettres de l’Université de la Sorbonne (Paris), il a enseigné la littérature française, les techniques d’expression écrite et orale, la littérature francophone…, dans plusieurs établissements et institutions en France, en Côte d’Ivoire et au Canada. Précédemment, il a été Chercheur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), au Canada, et Enseignant à l’Université de Cocody et à l’ENA d’Abidjan, en Côte d’Ivoire... Il a collaboré à de nombreux journaux, magazines et revues. Actuellement, il est Directeur de publication du journal libre et indépendant « Le Filament » et l’auteur de divers articles, préfaces et livres, dont « Le Code noir de Louis XIV » publié aux Editions Menaibuc à Paris. Léandre Sahiri est interviewé par le journaliste Serge Grah.

«Le code Noir de Louis XIV» est le titre du livre que vous venez de publier aux Editions Menaibuc en France. Et, vous dites dans l’avant-propos: «Je rêvais d’écrire ce livre». Quel est l’enjeu qui sous-tend la publication de cet ouvrage ?

Léandre Sahiri : L’enjeu qui sous-tend la publication de mon livre « Le Code Noir de Louis XIV » comporte un triple aspect. Le premier aspect, c’est que beaucoup d’Africains se demandent souvent pourquoi, malgré ses richesses incommensurables l’Afrique va mal et demeure sous-développée ? On entend souvent les gens se demander pourquoi les Noirs sont généralement les plus défavorisés dans la vie ? Et puis, beaucoup d’entre nous s’adonnent à l’autodestruction, allant jusqu’à conforter les autres dans leurs préjugés de mépris sur les Noirs. Par ailleurs, quelles que soient leurs zones de vie et leurs valeurs intrinsèques, quels que soient leurs degrés de réussite, les Noirs sont vilipendés, brimés, dénigrés, discriminés… pourquoi ? Les Noirs n’ont pas la force de construire ensemble dans leurs riches diversités, ni d’entreprendre ensemble dans la complémentarité, ni de vivre ensemble dans le respect des uns et des autres ; de même, nos organisations ne sont ni manifestes, ni fiables, pourquoi ? Sommes-nous maudits, à jamais condamnés ? Comment faire et que faire pour nous en sortir, pour ne pas laisser perdurer ces états de servitude ? Etc. Moi, en tant que chercheur, j’ai mis tous mes efforts à trouver des réponses à ces interrogations. Et c’est après avoir lu le Code Noir que j’ai trouvé quelques éléments de réponse à nombre de ces questions brûlantes... Le deuxième aspect, c’est que, en Occident circule une thèse selon laquelle, seuls les Africains sont responsables de la « traite négrière ».

Que disent  les tenants de cette thèse?

Léandre Sahiri : Pour les tenants de cette thèse, ce sont les Africains qui ont vendu leurs frères et, que les Européens n’ont eu, au bout du compte, qu’un rôle exclusivement passif. On va même quelques fois jusqu’à mettre sur le même plan, l’esclavage que pratiquèrent jadis les Africains, les trafics négriers que développèrent les Arabes, et le commerce triangulaire (réglementé par le « Code Noir ») qu’instituèrent les Européens, en englobant les trois, sous le même vocable : la traite. Et qui, dit-on, avec chiffres à l’appui, a généré plus d’esclaves et a été plus horrible que la traite européenne. Il s’agit là, comme dit Serge Bilé, d’un « révisionnisme dangereux » qui n’a pas manqué de susciter ma curiosité et qui m’a fait penser qu’on n’a pas encore tout dit sur l’esclavage, du moins qu’il restait encore des zones d’ombre à éclairer... Le troisième aspect concerne l’abolition de l’esclavage et sa commémoration. Le bicentenaire de l’abolition de l’esclavage, le 10 mai dernier, a donné lieu, ici et ailleurs, à de multiples commémorations et célébrations. Vous savez aussi que l’abolition de l’esclavage en 1886, était censé marquer l’avènement de la réintégration des « hommes et femmes de couleur » dans la famille humaine d’où ceux-ci avaient été éjectés, plusieurs siècles durant, par l’esclavage, qui fut institutionnalisé, réglementé par le Code Noir promulgué en 1685 par Louis XIV, Roi de France. Cependant, force est de reconnaître que, malgré cette abolition, l’esclavage, demeure encore de nos jours une réalité. En effet, des millions d’enfants, d’hommes et de femmes en sont encore victimes à travers le monde, sous des formes diverses.

C’est donc là ce qui vous a poussé à écrire «Le Code Noir de Louis XIV»?

L S : En effet, l’intérêt de mon livre c’est de faire connaître le contenu du Code Noir, pour comprendre notre humaine condition, pour appréhender les subtilités des relations Nord/Sud... En fait, il s’agit de montrer comment et pourquoi le Code Noir a été conçu. Il s’agit également et surtout d’en dévoiler la face cachée et de mettre en lumière ses incidences et ses influences dans nos vies quotidiennes aujourd’hui.

Alors, qu'est-ce donc que le Code Noir, dans ses principes et dans son fonctionnement?

L S : Le Code Noir est un recueil de lois. En un mot, une réglementation. Et cette réglementation concerne spécifiquement l’esclavage des Africains noirs. Elle comporte, à sa base, un principe clair et précis : « les gens de couleur et plus précisément les gens à la peau noire doivent être, pour toujours et partout, vus et traités comme des biens meubles transmissibles et négociables » (Article 44). Autrement dit, dès lors qu’on est un homme de couleur, comme ils disent, on n’est ni plus ni moins qu’un objet dont les Occidentaux peuvent et doivent disposer, à loisir, pour leurs commodités et leurs besoins. C’est ce principe-là du Code Noir qui a sous-tendu la traite négrière, la colonisation, et qui aujourd’hui sous-tend la Françafrique.

Quel intérêt y avait-il à codifier l’esclavage des Noirs?

L S : C’est que le Code Noir constitue le socle pour faire des Noirs, en toute bonne conscience, les outils de travail, les instruments de production, les produits marchands des Français. Il a été promulgué, pour qu’il existe désormais, à l’image de la Bible ou du Coran, un document de référence incontournable, qui institutionnalise l’esclavage des Noirs. Le Code Noir a donc été conçu comme un document juridique qui rend légitime et normal le commerce des Noirs, étant donné que le Noir est défini, dans le Code Noir, d’abord comme une chose domestique et ensuite comme une marchandise. Et donc, comme tout objet de commerce, le Noir pouvait être soumis aux lois du marché. Codifier l’esclavage légiférait que, dès lors, il n’y a ni crime, ni délit au négoce des Noirs.

Dans quel contexte historique et politico-économique « le Code Noir » a-t-il été rédigé?

L S : Les raisons sont d’abord d’ordre économique. On sait qu’après avoir bâti de toutes pièces et de toute beauté le Château de Versailles et l’Hôtel des Invalides, après les multiples guerres pour étendre la suprématie de Louis XIV sur le monde, la situation économique de la France était bien critique et, partout en France, il y avait la misère et des révoltes. Et, c’est justement cela qui a conduit les Français, non seulement à promouvoir, à une très grande échelle, le commerce triangulaire des esclaves noirs, mais aussi et surtout à l’organiser et à le codifier. Car, après étude, l’on a trouvé que c’est là que résidait véritablement le salut de la France. Jean Baptiste Colbert disait, à juste titre : « Il n’y a aucun commerce dans le monde qui produisît tant d’avantages que celui des Nègres. Il n’est rien qui contribuerait davantage à l’augmentation de l’économie que le laborieux travail des nègres »...

Est-ce seulement pour des raisons économiques qu’on a eu besoin de réglementer le commerce des Noirs?

L S : Bien sûr que non ! A ces raisons commerciales évidentes, s’ajoutent d’autres raisons d’ordre démographique : il s’agissait à cette époque de limiter la puissance des Noirs, laquelle puissance résultait de leurs ressources incommensurables, de leurs activités débordantes et de leurs grandes forces de travail. En effet, à cette époque, les Africains étaient trois fois plus nombreux que les Occidentaux. Il y avait donc une puissance latente présageant la suprématie des Noirs sur les Blancs durant plusieurs siècles. On avait donc perçu cela comme une menace, voire un péril. Le professeur Elikia M'Bokolo a démontré clairement qu’au début du commerce triangulaire, l'Afrique n'était pas un continent inférieur à l'Europe. M'Bokolo a aussi démontré que l'ordre mondial de cette époque n'était pas une donnée naturelle, mais historique et culturelle. De ce fait, il est impossible de nier que la déstructuration provoquée par l'esclavage a été très grave et très profonde, et d’ailleurs, les conséquences sont encore visibles aujourd'hui... Et puis, aux considérations commerciales et aux préoccupations d’ordre démographique dont je viens de parler, s’ajoute également les préoccupations d’ordre politique : le souci capital de renforcer le pouvoir central, d’étendre le pouvoir de Louis XIV sur le monde entier. Il y a aussi des raisons d’Etat, à savoir : garantir la sécurité publique par la suppression des révoltes, des attentats et insurrections fomentés par les « Nègres marron » et quelques Noirs instruits dans la langue et la culture françaises. Et puis, il y a enfin les raisons religieuses : le préambule et les dix premiers articles du Code Noir tendent à proclamer et à imposer la primauté, voire la prééminence de l’église catholique, apostolique et romaine en France et dans le monde.

Que pensez-vous des arguments bibliques auxquels certains évêques et prêtres se sont référés pour légitimer l’esclavage?

L S : Ces arguments n’ont aucun fondement, quoique s’appuyant sur la Bible. Il faut préciser que les évêques de l’époque étaient non seulement nommés par le Roi, mais aussi et surtout, ils étaient à la charge du Roi et donc acquis, par redevance, à sa cause. De plus, leur niveau d’instruction était tel qu’ils n’avaient pas assez d’éléments pour s’élever au-dessus de certaines contingences intellectuelles ; par exemple, ils se trouvaient incapables d’expliquer ce que signifie « être fait à l’image de Dieu ».

Vous parlez du «Code Noir» comme d’un document important à connaître absolument pour la libération mentale du Noir. Et, vous dites même que c’est une abomination que de l’ignorer…

L S : C’est vrai que c’est une abomination que d’ignorer le Code Noir. Parce que l’ignorance du Code Noir favorise la continuité, voire la pérennité de l’esclavage, ne serait-ce qu’au plan mental. C’est pourquoi, de mon point de vue, nous devrions, tous et toutes, absolument connaître le Code Noir, afin d’enrayer de notre mental le complexe d’infériorité pour les uns et le complexe de supériorité pour les autres. Il faut absolument connaître le Code Noir afin de tuer en nous les germes du racisme, du larbinisme, de la dépréciation et des discriminations de tous genres. En effet, c’est notre ignorance du Code Noir qui nous maintient dans des situations de défavorisés, de sous-hommes. C’est notre ignorance du Code Noir qui justifie, pour nombre de Noirs, le mépris d’eux-mêmes, au point d’en arriver à se détester et à s’autodétruire. Autant j’ai compris que ce n’est pas confortable d’ignorer ce que d’autres savent, autant je déplore qu’il ne soit pas du tout fait cas du Code Noir dans la plupart de nos programmes et manuels scolaires...

Pensez-vous que le destin de l’Afrique aurait été différent si les Africains avaient eu depuis longtemps connaissance du Code Noir?

L S : Bien sûr que oui ! Le destin de l’Afrique aurait été totalement différent si les Africains avaient, depuis longtemps, eu connaissance du Code Noir. Parce que tout simplement les rapports entre Nord et Sud auraient été différents, on aurait instauré un autre type de relation entre la France et l’Afrique que le commerce triangulaire ou la colonisation, etc.

Qu’est-ce qui explique le lourd silence des descendants d’esclaves et des Africains au sujet du Code Noir?

L S : Simplement parce que le Code Noir est un document qui a été longtemps tenu secret. Car, comme le dit le professeur Louis Sala-Molins, « c’est le texte le plus monstrueux que l’histoire ait jamais produit ». De ce fait, il a généralement circulé sous manteau ; on parle à ciel ouvert du Code Napoléonien, du Code de la nationalité, mais pas autant du Code Noir, eu égard à sa nocivité. On a même bien souvent tenté de noyer le poisson dans l’eau, par exemple en créant un parfum de luxe dénommé « Code Noir »... Par ailleurs, il faudrait savoir la part très importante prise dans l’esclavage des Noirs par l’Eglise qui devait « inculquer aux Noirs la soumission et la subordination sous prétexte de recevoir en échange le paradis céleste ». Il ne faut pas non plus perdre de vue les missions de pacification ou de civilisation pour soi-disant sortir les Noirs de la sauvagerie et de la barbarie, étaient, en réalité, destinées à perpétuer l’esclavage et éviter toute velléité de prise de conscience et toute initiative de révolte des Africains contre le système de l’esclavage des Noirs.

Pourquoi avoir choisi le genre dramatique pour poser ce problème?

L S : La plupart des textes sur le Code Noir sont des essais ou des discours. Or, comme je l’ai dit dans l’Avant-propos, je rêvais de faire quelque chose de différent. C’est non seulement l’une des originalités de mon œuvre, mais c’est d’abord et avant tout un choix idéologique et esthétique. En effet, j’ai choisi le genre dramatique, parce que, pour moi, le théâtre est primordial. Le théâtre, dans toute sa splendeur, a un pouvoir majestueux, comme le cinéma, de nous renvoyer des images fortes pour nous faire percevoir la réalité des choses, des êtres et des faits. Le théâtre a la magie des images qu’on a peine à rendre dans un roman ou dans un essai. Et puis, le théâtre, c’est le point de rencontre entre le réel et l’imaginaire, c’est un art total, en tant que prolongation et synthèse de tous les arts, notamment la peinture, la décoration, la chorégraphie, la danse, la musique, la mimique, la gestuelle, etc.

A quoi correspond le fait de faire tenir les rôles des personnages noirs par des personnages blancs et vice-versa?

L S : Pour moi, une œuvre littéraire n’est jamais vraiment achevée. Je veux laisser la liberté au metteur en scène d’approfondir le texte et d’y apporter les innovations comme celles-ci qui sont parfois osées certes, mais nécessaires pour produire un spectacle original, grandiose, prodigieux, à la seule condition de ne pas trahir les idées de l’auteur. Et puis, au-delà de cet aspect purement chorégraphique, faire tenir les rôles des personnages noirs par des personnages blancs et vice-versa vise à donner une dimension cathartique à mon œuvre, c'est-à-dire la fonction de nous libérer des tensions psychiques, des complexes, des frustrations, des choix inconscients, etc. En d’autres termes, il s’agit, comme dit un des personnages de la pièce, en l’occurrence le propriétaire d’esclaves Willie Lynch, de savoir ce que les uns « éprouveraient eux-mêmes dans une situation d’esclavage ». Et puis, je me réfère à cette citation de Marivaux dans L’Île des esclaves : « Eh bien ! Iphicrate, on va te faire esclave à ton tour ; on te dira aussi que cela est juste ; et nous verrons ce que tu penseras de cette justice… Quand tu auras souffert, tu sauras mieux ce qu’il est permis de faire souffrir aux autres… ».

Au-delà de tout ça, quel message voulez-vous adresser aux lecteurs?

 L S : Je voudrais préciser que mon intention n’est nullement de dresser les Noirs contre les Blancs ! Il ne s’agit pas non plus de blanchir ni d’innocenter les Africains, en ce qui concerne l’esclavage et la situation de misère que vit aujourd’hui l’Afrique ; car, nul ne saurait nier que les Africains ont effectivement pratiqué l’esclavage ou le servage, comme tant d’autres peuples de la terre… En outre, nul ne saurait nier la part de responsabilité des Africains dans la mauvaise gouvernance, les détournements des deniers publics, la corruption des régimes au pouvoir, les retournements de veste, les fraudes électorales, les rebellions, les génocides et autres guerres tribales qui, soit dit en passant, sont loin de nous honorer... J’ai écrit ce livre pour inviter à parler de ce document plus ou moins tabou, Le Code Noir, à en débattre pour combattre le mensonge, l’ignorance, la discrimination, les complexes, et surtout afin de situer les responsabilités des uns et des autres… Mon objectif, c’est aussi de faire saisir la racine profonde du mépris terrible que certaines personnes portent sur les autres, ou que d’autres personnes se portent sur elles-mêmes, au point de se sous-estimer, de se détester, de se haïr, de s’abandonner au fatalisme, de vouloir changer de peau. Mon souhait, c’est, par-dessus tout, de contribuer, à mon humble niveau, à réveiller les consciences, ainsi que de participer à l’édification d’une humanité nouvelle, débarrassée de toutes les affres des idéologies négatives, néfastes.

 

Interview réalisée par Serge Grah, Journaliste - Correspondant DirectAbidjan (Côte d'Ivoire)

serge.grah@directabidjan.com.

Article rédigé le 31/03/2008.

 

Contact: lefilament@hotmail.com

www.lefilament.info

www.menaibuc.com

Avant-propos


Je rêvais…

 

Je rêvais d’écrire un livre

Un livre sur l’esclavage,

Mais un livre

Qui ne soit pas un ouvrage

De plus ou de trop sur l’esclavage.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Mais un livre blanc

Qu’on ne puisse pas lire

Sans broyer du noir.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Mais un livre noir

A faire passer des nuits blanches.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Mais un livre à la puissance d’un jet d’eau

Une eau bien froide reçue en plein sommeil

Sur le visage.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Mais un livre différent

Qui nous force  à accepter nos différences.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Mais un livre de vie

Qui incite à célébrer le deuil

Le deuil de nos complexes.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Mais un livre sur la bonne conscience

Pour lever le voile de nos inconsciences.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Un livre-miroir

Qui soit le reflet

Mais le reflet fidèle de notre histoire

Notre histoire commune.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Mais un livre-lumière

Plus étincelant que le soleil et la lune

Pour éclairer la lanterne

Des peuples calés

Dans le cachot des ténèbres.

 

Ce livre,

Le voici :

« Le Code Noir de Louis XIV »

Une pièce de théâtre en quatre actes.

 

A vous, maintenant, de la lire jusqu’au bout et d’en juger…

 

Léandre Sahiri

 

Titre : Le Code Noir de Louis XIV

Auteur : Léandre Sahiri

Editeur : Menaibuc

ISBN : 978-2-35349-038-7

mercredi, 29 mai 2013

CPI - UN AVOCAT ATTAQUE: LA CPI N’A RIEN DE SERIEUX ET DE SOLIDE CONTRE GBAGBO

 

JEAN-LUC PUJO.jpg

Maître Norbert Tricaud


La situation politique en Côte d’Ivoire, deux ans après la déportation du président Laurent GBAGBO à la Haye, continue de faire débat. Passé en effet, l’euphorie des premiers moments de colère savamment orchestrés par la France de Sarkozy, instrumentalisant un simple et banal contentieux postélectoral pour diaboliser un camp aux yeux de toute la communauté internationale, les observateurs avertis de la crise politique ivoirienne ne veulent plus se taire. A l’évidence, l’escroquerie morale opérée en Côte d’Ivoire en avril 2011 ne fait plus recette. 

 

«Côte d’Ivoire: 10 ans d’erreurs françaises!» Voilà l’important thème qui a réuni autour de Jean-Luc Pujo, animateur de la rencontre, Charles ONANA, journaliste d’investigation, auteur du livre: "Côte d’Ivoire le coup d’Etat", maître Jean Balan, avocat des victimes françaises des douloureux événements de 2004 à Bouaké, Abel NAKI, responsable du mouvement CRI-PANAFRICAIN, et Mme Mireille SAKI, auteur de: " La charte de l’impérialisme, une charte de la servitude ". Quatre invités importants donc ce samedi 25 mai 2013, dans la salle Loungue du Café le FALSTAFF, sis place de la Bastille à Paris, pour un 24ème café littéraire hyper-républicain.      

Ouvrant la série des interventions, le journaliste d’investigation Charles ONANA, a démontré avec beaucoup de dynamisme, les causes profondes de la haine des dirigeants politiques français envers Laurent GBAGBO, l’opposant historique arrivé au pouvoir alors que personne ne l’attendait à ce rendez-vous.       

Pour lui, Laurent GBAGBO qui s’est positionné comme l’alternative politique à la fin du règne de Félix Houphouët Boigny, englué dans un  système opaque de monopartisme et monolithique avec la France, tenait avant tout à imprimer sa marque sur son pays après toutes ces années de règne sans partage du PDCI, le parti de feu Houphouët-Boigny.      

L’hostilité des dirigeants français à l’égard de Laurent GBAGBO est donc née du fait que fiévreux à l’idée de perdre les privilèges de la relation de proximité qu’ils vivaient avec Houphouët-Boigny au lendemain du changement politique en Côte d’Ivoire, ils ne voyaient pas d’un bon œil en effet, l’arrivée d’un dirigeant politique atypique qui réclamait la réécriture des principaux contrats économiques avec le colonisateur.    

Et comme pour son malheur Laurent GBAGBO n’appartenait à "aucun réseau parisien", CHIRAC et plus tard SARKOZY ont refusé de laisser en place un dirigeant politique que personne ne cernait. Le journaliste Charles ONANA fera dès lors l’inventaire de la longue liste des artifices et autres prétextes fallacieux utilisés par la France: tentatives de coups d’état, rébellion, affaire Kieffer, bombardement militaire de Bouaké en 2004, pour renverser après 10 années de harcèlement, Laurent GBAGBO le 11 avril 2011, à la suite du contentieux postélectoral qui l’a opposé à Ouattara Alassane.      

LE CARNET DE ROUTE DE L’ARMEE FRANÇAISE… RENVERSER GBAGBO

A la suite de Charles ONANA, maître Jean Balan, avocat des victimes françaises des douloureux événements de 2004 à Bouaké, dira d’emblée: "Ma conviction intime est qu’on voulait se débarrasser de GBAGBO Laurent…" Expliquant en effet les événements consécutifs à la tentative avortée du président Laurent GBAGBO de libérer son pays en 2004, le juriste fera noter que la fulgurance de la riposte française après la mort des soldats français à Bouaké: destruction à la hache des aéronefs ivoiriens, bombardement du palais présidentiel de Yamoussoukro et du Plateau, n’était rien d’autre qu’un scénario bien ficelé pour opérer un coup de force contre GBAGBO. Pour lui, la réalité est celle-ci: "Les soldats français tués en Côte d’Ivoire lors des événements de 2004 ont été sacrifiés… C’était le prétexte d’un coup d’Etat. C’est indiscutable. C’était le carnet de route de l’armée française…"          

L’avocat au barreau de Paris est d’autant plus convaincu qu’il ne comprend toujours pas les raisons pour lesquelles le dossier solide qu’il a constitué et qui identifie clairement la chaine de commandement dans cette affaire et met l’ex-ministre de la défense à l’époque des faits, Michelle Alliot-Marie en cause a buté sur le refus de la justice française d’aller au bout des enquêtes. "J’accuse formellement Alliot-Marie d’avoir menti. Je sais désormais qu’en France, il y a une catégorie d’hommes politiques qui sont très protégés", dira en conclusion, dépité, l’avocat des victimes.      

Pour sa part, Abel NAKI,  le responsable du CRI-PANAFRICAIN indiquera au public que la mobilisation des patriotes de la diaspora ne faiblira pas, "Parce que Laurent GBAGBO a gagné les élections en Côte d’Ivoire…" Qui plus est, qu’il a été investit par le conseil constitutionnel. Cela devrait suffire poursuivra t-il, pour éteindre toute forme de contestation suscitée et nourrie par Sarkozy au profit de son ami Ouattara: "Le bombardement de la résidence du président Laurent GBAGBO par l’armée française où il se trouvait avec les membres de sa famille et certains de ses proches collaborateurs, s’identifie tout simplement à un coup d’Etat mais aussi à une tentative d’assassinat, comme ce fut le cas pour le guide de Jamahiriya Libyenne, le colonel Kadhafi."  Martèlera Abel NAKI, invitant les résistants Africains à une mobilisation constante pour la libération de Laurent GBAGBO.       

Mireille SAKI auteur du très documenté livre: "La charte de l’impérialisme, une charte de la servitude "quatrième oratrice du jour enfoncera le clou en dénonçant les pactes de servitudes abusivement appelés traités de coopération signés entre la France et certains pays Africains. S’appesantissant sur le cas de la Côte d’Ivoire, elle révélera que c’est le 19 février 1842 que la France conclura son premier traité avec la Côte d’Ivoire. Une situation qui montre clairement que depuis cette date, la Côte d’Ivoire est sous tutelle de la France. "La France n’est pas prête à quitter la Côte d’Ivoire de sitôt…", dénoncera t-elle. Aussi, invitera- elle la nouvelle génération à poser sereinement le diagnostic de cette situation pour en tirer les conclusions les plus utiles.      

Pour finir, les uns et les autres ont appelé à la libération du président Laurent GBAGBO injustement détenu à la Haye. A cet effet, et devant le retard dans le verdict de l’audience de confirmation des charges. Maître Norbert Tricaud, conseil du Sénateur Jean Pierre Bemba, détenu également à la Haye dénoncera le manque de sérieux dans les accusations portées contre le président Laurent GBAGBO. En grand connaisseur des rouages de la CPI, il dira: "Dans l’affaire GBAGBO contre le procureur, l’accusation s’est ridiculisée. La nullité des preuves et autres documents comme la vidéo du Kenya attribuée aux partisans de GBAGBO montre bien qu’il n’y a rien de sérieux et de solide  contre GBAGBO. Ce qui se passe à la Haye n’est pas le procès de Laurent GBAGBO mais celui de la CPI. L’objectif de toute cette agitation c’est qu’ils veulent tout simplement liquider politiquement Laurent GBAGBO…", clamera l’avocat du dirigeant Congolais. 

 

Augustin Djédjé

djedjenet64@yahoo.fr 

 

Source: Le blog de Steve Beko

lundi, 29 avril 2013

LIVRE: LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO A LA COUR PENALE INTERNATIONALE, JUSTICE OU IMPOSTURE?

 

côte d'ivoire,texte final de prÉsentation par la presse,prochain ouvrage collectif a paraÎtre chez l'harmattan (mai 2013,le prÉsident laurent gbagbo À  la cour pÉnale internationale,justice ou imposture?,sous la coordination scientifique de pr. raymond koudou kessié e


TEXTE FINAL DE PRESENTATION PAR LA PRESSE DU PROCHAIN OUVRAGE COLLECTIF A PARAITRE CHEZ L'HARMATTAN

(Mai 2013)

 

LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO A  LA COUR PENALE INTERNATIONALE, JUSTICE OU IMPOSTURE?

Sous la Coordination scientifique de Pr. Raymond Koudou Kessié et Pr. Hubert Oulaye

 

L'ouvrage rassemble les contributions d'intellectuels africains et européens, spécialistes de nombreux domaines, juristes, politologues, psychologues, sociologues, avocats, journalistes, écrivains…, qui posent la question de la crédibilité de la justice internationale incarnée et pratiquée par la Cpi, à partir d'analyses des faits et au regard des charges contre le Président Laurent Gbagbo, le Président élu de Côte d'Ivoire.

La problématique qui sous-tend cet ouvrage collectif, est surtout de montrer que le procès du Président Laurent Gbagbo, apparaît plus politique que juridique : aucun criminel dans le camp de M. Alassane Ouattara n’est interpellé par la Cpi. La mise en évidence du mensonge et de la vérité peut et doit conduire à la relaxe du Président Laurent Gbagbo des fins de toutes poursuites.  C'est l'objectif assigné à cet ouvrage collectif  par son comité de rédaction, composé de quatre (4) personnes : Pr. Raymond Koudou Kessié et  Pr. Hubert Oulaye (coordination scientifique) ,  Dr. Kouakou Edmond (coordination technique) et Ministre Émile Guiriéoulou (membre). Toutes les contributions sont regroupées dans six parties.

Dans l'Avant-Propos, les deux coordonnateurs scientifiques de l'édition, Pr. Raymond Koudou Kessié et Pr. Hubert Oulaye, donnent les lignes force de l'ouvrage, non sans en avoir rappelé l'objectif : un ouvrage  de combat pour la libération du Président Laurent Gbagbo des geôles de la Cpi ; cette institution judiciaire internationale qui semble avoir été montée par les puissances internationales pour les seuls Africains. Les pays européens n'entendent nullement y voir déférés leurs ressortissants et les États-Unis, qui coopèrent avec la Cpi, n'ont pas ratifié le Statut de Rome l'instituant. Et, ce pays reste formel sur le fait qu'il n'acceptera,  ni ne tolérera qu'un de ses nationaux soit déféré devant la Cpi, alors même qu'il ne s'abstient pas d'être aux côtés de cette institution lorsqu'il s'agit de citoyens d'autres pays. Il vient en effet de jouer ''un rôle crucial en procédant au transfèrement rapide et efficace du rwandais Bosco Ntaganda, après sa reddition à l'Ambassade américaine'' , comme l'écrit  Human Rights Watch, 18 mars 2013.

Dans la Première Partie intitulée Le contexte : la vérité électorale qu'ils veulent cacher, Ils exposent les rapports d'observateurs électoraux internationaux qui stigmatisent les exactions et les fraudes massives orchestrées par les partisans d’Alassane Ouattara et qui ont entaché la crédibilité des résultats dans les circonscriptions électorales du Nord de la Côte d'Ivoire ; zones sous occupation des rebelles pro – Ouattara. Ce sont les rapports d'Observateurs ignorés avec mépris par les occidentaux et la communauté internationale au profit de M. Ouattara de: COMISCA (Coordination de la Mission Internationale des Observateurs de la Société Civile),  CEEA (Comité des experts Électoraux Africains) et UA (Union Africaine) . Les contributeurs démontrent ensuite dans leurs articles, preuves à l’appui, que c’est Laurent Gbagbo qui a gagné les élections présidentielles ivoiriennes de novembre 2010, en dépit des incantations des médias occidentaux, de la position de la communauté internationale et de la force militaire utilisée pour le renverser. Ils montrent également comment Young-ji Choi, le Représentant spécial du Secrétaire Général de l'ONU, a violé son mandat en certifiant, en connaissance de cause, de faux résultats favorables à Alassane Ouattara.  Les articles de Dr. Ahoua Don Mello (Ma part de vérité) et de Pr. Hubert Oulaye (Violation du mandat de certification) donnent la preuve des fraudes massives dans les circonscriptions électorales du Nord de la Côte d'Ivoire et de l'imposture, avec Ouattara dans le fauteuil présidentiel; alors que son titulaire est déporté à la Cpi, à La Haye.

Dans la Deuxième Partie intitulée Le Président Laurent Gbagbo – Un combattant de la démocratie à la Cour pénale internationale, Dr. Bertin Kadet (Laurent Gbagbo, un modèle de combattant pour les libertés démocratiques ), et Joseph Marat (Laurent Gbagbo un brillant intellectuel dans la politique) déclinent l'identité de Laurent Gbagbo, identité qui lui vaut la haine viscérale de l'impérialisme international ; sa qualité de souverainiste et de combattant des libertés démocratiques. Il fallait l'abattre par tous les moyens au profit de M. Ouattara, un homme-lige, docile et assuré de garantir les intérêts des grandes puissances.  Viennent ensuite, les articles de Dr. Kouakou Edmond (L'histoire cocasse d'une inculpation arbitraire) et (Quand le Président Gbagbo porte sa croix) ou encore, de Me Ciré Clédor Ly (Le transfèrement du Président Gbagbo) qui décrivent le transfèrement arbitraire de ce Grand homme d'État.

Dans la Troisième partie intitulée Contrevérités et collusion du Procureur Luis-Moreno Ocampo avec le régime Ouattara, le document de charges contre le Président Laurent  Gbagbo  est passé au peigne fin. Ce document rabaisse, dans une extrême désinvolture, au rang de «dictateur africain» et de «vulgaire criminel sans foi, ni loi», un grand Africain, un humaniste, un Homme qui a consacré toute sa vie au combat pour la liberté et l’instauration de la démocratie dans son pays. Les auteurs montrent que les faits à la charge du Président Gbagbo ne sont pas avérés et que nombre de ces faits sont de purs montages destinés à l’accabler. Tout en relevant le parti-pris du Procureur de la Cpi en faveur d’Alassane Ouattara, ces analystes montrent qu’aucun crime contre l’humanité n’est imputable au Président Laurent Gbagbo. Alain Dogou et Émile Guiriéoulou (La vacuité  des accusations de la Cpi contre le Président Laurent Gbagbo), Pr. Hubert Oulaye (Partialité et dérives du Procureur Ocampo), Alain Bouikalo (Moreno Ocampo, Procureur ou mercenaire en cravate?), Dr. Kouakou Edmond, dans trois contributions (Quand Ocampo méconnaît l’autonomie constitutionnelle des États) ou (Enquête de la Cour pénale internationale : à qui profite le crime?) ou encore ( De la nécessité d’une expertise contradictoire); Théophile Kouamouo (Le document d'Ocampo qui enfonce son ami Ouattara) , Philippe Brou (La manipulation de la Cpi mise à nu) ; Coulibaly Zié Oumar (Manipulation d’une campagne sanitaire contre Gbagbo),  et, enfin, Germain Séhoué (Charges contre Gbagbo - Un scandale de légèreté et de malhonnêteté).

 Dans la Quatrième Partie intitulée La Cpi: quelle crédibilité?, les contributeurs s'interrogent sur  la crédibilité de la Cpi. Maître Josette Kadji (Faut-il mettre en doute l’impartialité de la Cour pénale internationale?) ; Dr. Kouakou Edmond (Cour pénale internationale : suspicion légitime); Calixthe Beyala ( Le Procès de Laurent Gbagbo ou la chronique d'une mascarade annoncée ) ; Arsène Touho (Qui peut sauver Gbagbo?); Julius Blawa Gueye (Cour pénale internationale: Épreuve de vérité) ;  Mathias Gboziagnon (La Cpi : Tribunal pour Africains seulement?) et Alain Cappeau (La justice internationale doit être disqualifiée) . 

Dans la Cinquième partie, intitulée Interpellations de la Cpi , les auteurs interpellent cette institution internationale. Le Collectif de Juristes pour la Vérité en Côte d’Ivoire  (Lettre ouverte à Ocampo) ; Alain Cappeau (Lettre ouverte à madame la juge Présidente de la Cpi); Dr. Claude Koudou (Motion à la Cpi) .

Dans la Sixième et dernière Partie, Justice et liberté pour le Président Laurent Gbagbo, les auteurs expriment une conviction forte selon laquelle, Justice et liberté ne peuvent que s'imposer pour le Président Laurent Gbagbo, et, ce, au nom principalement de  la vérité. Les articles de, Dr. Ahoua Don Mello (Les ponts d'une réconciliation durable),  Alain Cappeau  (Le spectre de l'erreur judiciaire dans l'affaire le Procureur vs Gbagbo. Alea jacta est ),  Damana Adia Pickass  (La libération de Laurent Gbagbo, 90% du trajet de la réconciliation) et Pr. Koudou Kessié Raymond (Pourquoi le Président Gbagbo doit être libéré) bouclent le tout, avec une note d'espoir : les Magistrats de la Cpi en charge de l'affaire sauront tourner le dos à toute la machine infernale contre le Président Laurent Gbagbo et redorer le blason écorné de cette institution judiciaire internationale.

AMINATA TRAORE NOUS RACONTE «L'AFRIQUE HUMILIEE»

AMINATA TRAORE.jpg

Un petit retour sur les positions de la brave Aminata Traoré, au moment où elle est dans le viseur du pouvoir français et subit ses rétorsions (refus de visa) pour avoir dénoncé l'invasion et l'occupation du Mali par l'armée française. Bonne lecture. Fernand Dindé.

 

Aminata Dramane Traoré est une femme politique et écrivain malienne, née en 1947 à Bamako (Mali). Intellectuelle engagée, elle a été ministre de la Culture et du Tourisme au Mali sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré. Connue comme étant l’une des principales figures de l’altermondialisme africain, la Malienne se bat sur tous les fronts : OGM, coton, privatisations, préservation du patrimoine culturel, actions de proximité...

L'AFRIQUE HUMILIEE.jpg

Après Lettre au président des Français à propos de la Côte-d’Ivoire et de l’Afrique en général publié en 2005 où elle analyse les crises africaines particulièrement celle déclenchée en septembre 2002 dans son « pré carré », L’Afrique humiliée est son dernier livre réquisitoire qui met à nu les rapports entre la France et ses ex-colonies en Afrique à la lumière de la mondialisation et de la globalisation.

Dans L’Afrique humiliée, Aminata Traoré dénonce la responsabilité particulière de la France et de la mondialisation libérale dans les crises africaines et « s’en prend très directement au désormais célèbre "discours de Dakar" de Nicolas Sarkozy, mais aussi à Brice Hortefeux (ministre français de l’Immigration) et à Erik Orsenna, dont elle n’a guère apprécié le chapitre malien de Voyage aux pays du coton », nous raconte Jeune Afrique du 2 décembre 2007.

Le propos est donc sans détour, comme le constate le résumé du livre par l’auteur lui-même:

«Nous, peuples d’Afrique, autrefois colonisés et à présent recolonisés à la faveur du capitalisme mondialisé, ne cessons de nous demander : que sommes-nous devenus ? Les pays riches ont peur de notre présence quand elle n’est pas susceptible d’ajouter à leur avoir, peur de nos différences quand elles sont trop visibles. Inutiles, les nouveaux naufragés entassés sur des embarcations de fortune, supposées les conduire vers la terre ferme de l’Europe. Invisibles, les désespérés qui traversent l’enfer du désert. Indésirables, ceux qui, menottes aux poignets, sont reconduits dans leur pays d’origine. Mais l’humiliation du continent africain ne réside pas uniquement dans la violence, à laquelle l’Occident nous a habitués. Elle réside également dans notre refus de comprendre ce qui nous arrive. Car il n’y a pas d’un côté une Europe des valeurs et du progrès et de l’autre une Afrique des ténèbres et des malheurs. Cette vision, que certains d’entre nous ont tendance à intérioriser, vole en éclats dès l’instant où l’on touche du doigt les mécanismes de la domination, de la paupérisation et de l’exclusion. Le défi auquel nous faisons face aujourd’hui, c’est d’imaginer des perspectives d’avenir centrées sur les êtres humains. Une réappropriation de nos destins qui fait appel à nos langues, à nos repères, à des valeurs de société et de culture qui nous sont familières».

Préfacé par l’auteur de L’Aventure ambiguë, l’écrivain et homme politique sénégalais Cheikh Hamidou Kane, L’Afrique humiliée est le dernier essai d’Aminata Traoré publié chez Fayard, en janvier 2008.

Ses écrits :

2008 : L’Afrique humiliée, Edition Fayard.
2007 : L’Argent : en avoir ou pas : Les Rendez-vous de l’Histoire, Blois 2006, Édition Pleins feux.
2005 : Lettre au président des Français à propos de la Côte-d’Ivoire et de l’Afrique en général, Édition Fayard.
2002 : Le Viol de l’imaginaire, Édition Fayard.
1999 : Mille tisserands en quête de futur, Bamako : EDIM.
1999 : L’Étau. L’Afrique dans un monde sans frontières,Édition Actes Sud.


Par ATSE N’CHO DE BRIGNAN


Source: AGORAVOX

19:07 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Livre, Mali | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, mali, aminata traoré, aminata traoré nous raconte «l’afrique humiliée», agoravox.fr | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 24 mars 2013

SHERYL SANDBERG, PATRONNE DE FACEBOOK ET SUPERWOMAN FEMINISTE

 

SHERYL SANDBERG 1.jpg

 

Connaissez-vous Sheryl Sanberg? Cette ancienne de Google est la toute puissante numéro 2 de Facebook.

Sheryl Sandberg a publié un manuel de la féministe moderne qui a pour volonté de réussir efficacement l’alliance entre vie professionnelle et vie familiale. N’est ce pas tout ce que nous recherchons en tant qu’ayana?

Sheryl Sandberg lance sa révolution féministe: "Lean In" (Bougez-vous) armée de cette conviction profonde : "Je crois que le monde serait meilleur si la moitié de nos entreprises et des pays étaient dirigés par des femmes et la moitié de nos foyers par des hommes".

Ce premier livre de la directrice d'exploitation de Facebook, publié lundi dernier (11 mars 2013) aux Etats-Unis et présenté par les médias américains comme un manifeste féministe moderne, exhorte les femmes à "se bouger" afin de gérer avec aisance leurs vies professionnelles et familiales.

«Lean In» s'adresse aux femmes de tous les âges, comme l’explique la talentueuse et rigoureuse femme d'affaires de 43 ans sur son site LeanIn.org, qu'elle a lancé mercredi dernier, quelques jours avant son livre.

Riche et mère de deux enfants, diplômée de Harvard, Sheryl Sandberg est devenue l’idole des Américaines qui rêvent d'allier carrière brillante et vie familiale accomplie. Après un passage au ministère de l'Économie, Sheryl Sandberg a été économiste à la Banque mondiale, puis a été embauchée chez Google avant de devenir la directrice d'exploitation de Facebook.

SHERYL SANDBERG 2.jpg

 "Un geste révolutionnaire"

Dans son bouquin, elle soutient que "les femmes mettent elles-mêmes un frein à leur carrière pour préserver leur vie de famille, même lorsqu'elles n'ont pas encore d'enfant". Elle les invite  "à croire en leurs rêves" et à dépasser, avec l'aide des hommes, l'ordre social actuel dicté par la hiérarchisation des sexes.

Selon l’analyse de Lori Mackenzie, directrice adjointe d'un institut de l'Université de Stanford spécialisé dans les rapports homme-femme, "la question de l'égalité des sexes est au point mort depuis les années 90. Mettre ce sujet sur la place publique est un acte révolutionnaire. Elle ne dit pas que l'équilibre entre le travail et la famille est facile à atteindre", poursuit la sociologue. "Elle dit bougeons-nous, mettons-nous-y ensemble".

Sur son site LeanIn.org, Sheryl Sandberg, cette passionnée des réseaux sociaux, sensibilise les femmes à poster leur expérience. Parmi elles, on retrouve la présentatrice vedette Oprah Winfrey, l'actrice Reese Witherspoon ou encore l'ancienne Première dame, Laura Bush."Ces témoignages dressent un tableau des épreuves et des obstacles que nous rencontrons toutes", explique la femme d'affaires sur son site. "Elles nous permettent de voir qu'il est payant de croire en nous-même et de tendre vers des objectifs".

Toujours sur son site LeanIn.org, elle propose aussi des cercles de rencontres où les femmes peuvent se retrouver régulièrement pour partager leurs idées et suivre des cours gratuits sur la négociation en entreprise, le langage corporel ou encore l'animation d'équipe.

SHERYL SANDBERG 3.jpg

Ses détracteurs lui rétorquent déjà qu'il est aisé pour une femme riche et puissante" de bien combiner vie professionnelle et vie personnelle. » Car selon ces mêmes détracteurs, "les femmes ne veulent plus qu'on se concentre sur les changements qu'elles doivent apporter à leur conduite mais plutôt sur un changement profond de la société. C'est là dessus que le débat va avoir lieu".

Notez chères ayana qu’il est courant aux Etats-Unis de voir des femmes se mettre en retrait, parfois parce qu'elles ont une famille. Et c’est pareil en Afrique.

Alors que pensez-vous du message global issu du livre du numéro 2 de Facebook?

Bey


Source: AYANA WEBZINE

mardi, 24 avril 2012

LEANDRE SAHIRI - MON TEMOIGNAGE: A BERNARD ZADI ZAOUROU

ZADI ZAOUROU.gif

Adieu Maître
Je salue solennellement ta mémoire
Tu resteras toujours et à jamais
Dans mon cœur
Et dans d’autres cœurs
Sûrement
Pour ton enseignement et ton engagement
Pour ton esthétique et ton éthique
Pour ton audace et la force de tes idées
Pour ton sens de la concordance et de la justice
Pour ton combat contre l’ignorance et l’injustice
Ton combat au nombre des grands hommes et femmes de ce monde
Qui luttent au quotidien
Pour promouvoir la culture et le savoir
Pour défendre les droits fondamentaux des personnes humaines.
 
Adieu Maître
Je salue solennellement ta mémoire
Toi dont une part vit en moi
Par ton enseignement
Parce que j’ai été l’un de tes élèves
Parce que j’ai beaucoup appris de toi
Parce que j’ai appris
Parce que nous avons appris
A ton école
A nous comporter en citoyens dignes
A nous élever au-dessus de toutes abjections et de toutes exiguïtés
A nous comporter en êtres pensants et intelligents.

ZADI ZAOUROU 2.jpg

Adieu Maître
Je salue solennellement ta mémoire
Même si
Sur la base de quelques dissensions
Je ne te voyais plus très souvent
Sois assuré
Cher Maître
Que je t’ai beaucoup aimé
Que je ressens de manière très forte
Ta disparition.
 
Adieu Maître
Je salue solennellement ta mémoire
Je n’ai  pu
Me trouvant à l’étranger
Me joindre
A ta famille
A tes amis
A tes collègues
A mes condisciples…
Pour te rendre un hommage mérité
Pour t’accompagner à ta dernière demeure.
 
Adieu Maître
Je salue solennellement ta mémoire
Tout au long de ma vie et de ma carrière
Surtout aux moments les plus difficiles
Je me ressouviendrai presque toujours
De tes conseils
De tes mots
De ta vision
D’écrivain et de précepteur
En qui j’ai puisé inspiration et vocation.
 
Adieu Maître
Je salue solennellement ta mémoire
Lorsqu’on me demande de citer des noms
Des noms de ceux qui ont influencé et façonné ma personnalité
Ton nom
Très cher maître
Est toujours
Sur mes lèvres
Cité parmi les premiers.
 
Adieu Maître
Je salue solennellement ta mémoire
Ainsi donc, tu nous as quittés
Mais, tu resteras
Dans ma mémoire
Dans la mémoire des miens
Car, je leur ai souvent parlé de toi
De l’être vraiment exceptionnel que tu demeureras
A mes yeux
Et qui
Aujourd’hui
A tous ceux qui ont eu le privilège de te côtoyer
Manque.
 
Adieu Maître !

 
Léandre Sahiri

vendredi, 13 avril 2012

SARKOZY N'AIME PAS LA FRANCE ET IL L'AVOUE!

SARKOZY FACHE.jpg

C’est une des révélations de l’excellent livre d’Eric Branca et Arnaud Folch, «Le mystère Villiers», qui vient de paraître aux éditions du Rocher.

Et elle va faire du bruit: Nicolas Sarkozy n’aime pas la France, et il le dit lui-même!

La confidence en a été faite à Philippe de Villiers, et voici comment Branca et Folch racontent la scène:

«Les deux hommes, qui se tutoient, n’ont jamais été intimes. Leur dernier déjeuner commun remonte à 1999, peu après les européennes où la liste Pasqua-Villiers avait devancé celle du duo Sarkozy-Madelin. Alors en pleine traversée du désert, le député-maire de Neuilly avait eu cette phrase, à l’adresse du Vendéen – qui n’est pas prêt de l’oublier: «Tu as de la chance, Philippe, toi tu aimes la France, son histoire, ses paysages. Moi, tout cela me laisse froid. Je ne m’intéresse qu’à l’avenir…»

Et le 12 octobre 2006, à Périgueux, devant 4.000 personnes, Nicolas Sarkozy s’est écrié: «La France ne veut pas de ceux qui ne l’aiment pas».

On ne le lui fait pas dire!


Source: ALTERMEDIA FRANCE

En ces temps d'imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire (G. Orwell)

samedi, 24 mars 2012

LE Pr BERNARD ZADI ZAOUROU MORT LORS D'UNE DISPUTE AVEC UN ENVOYE DE OUATTARA!


ZADI ZAOUROU 2.jpg

Nos sources viennent de nous porter l'information. Le Pr. Zadi Zahourou a fait une crise d'AVC au cours d'une dispute avec un envoyé de Ouattara. L'histoire est partie d'une commande d'un scénario de film de sensibilisation sur la réconciliation, adressée au Professeur par un proche de Ouattara dont nous confirmerons le nom sous peu.

Intéressé par l'affaire, le Professeur réunit une équipe de comédiens ivoiriens dont Madame Thérèse T. pour lui apporter un coup de main. Très vite, l'équipe du Professeur boucle le scénario du film de sensibilisation et le Professeur en informe le commanditaire. Une facture pro forma du travail lui est demandée. Il évalue le travail: scénario, plus tournage et diffusion et, produit la facture pro forma du travail.

L'envoyé de Ouattara trouve la facture trop élevée. Le Professeur lui répond que c'est un travail d'Expert et qu'il a un coût. Mais la rencontre entre le Professeur et l'envoyé de Ouattara va tourner mal.

Souffrant d'un mal cardiaque depuis le coup d'Etat de 1999, le Professeur Zadi Zahourou est suivi médicalement et il lui est fait interdiction de se mettre en colère ou de s'exposer à une émotion forte. Ce sont ces recommandations des médecins qui l'ont amené à se retirer de la vie politique.

Mais, nos sources, confirment que l'émissaire de Ouattara va se montrer très désobligeant à l'égard du Professeur qui sous la menace et les propos méchants, va s'écrouler devant son interlocuteur.

Il venait ainsi de faire un accident cardiovasculaire. Conduit d'urgence à la PISAM, il ne se réveillera pas du coma.

Le Professeur laisse une famille inconsolable, menacée de représailles si elle révèle l'information à la Presse. Mais, les murs ont des oreilles et nous avons été contactés ce soir du 22 mars 2012, par une jeune étudiante inconsolable qui refuse de se taire sur ce qu'elle qualifie d'assassinat de son Père spirituel et Professeur à l'Université.

Pour que la Vérité se sache et que Justice soit rendue, nous avons jugé utile d'informer l'opinion internationale et nationale sur les circonstances réelles de la mort du Professeur Zadi Zahourou, cette énième victime d'un régime sans cœur.

Que l'âme du Professeur Zadi repose en paix!


Hassane Magued


Source: INFO D'ABIDJAN.NET

BERNARD ZADI ZAOUROU, ILLUSTRE HOMME DE CULTURE IVOIRIEN S'EST ETEINT


ZADI ZAOUROU 3.jpg

Entré dans un état critique à la Polyclinique Sainte Anne-Marie d'Abidjan (PISAM), le Pr Bernard Zadi Zaourou s'est éteint ce mardi 20 mars, à l'âge de 74 ans. Une maladie longue de plusieurs années a eu raison de l'illustre homme de culture encore connu sous le nom de Bottey Zadi Zaourou ou encore celui de Bottey Moum Koussa.

Frère cadet de l'actuel président du Conseil économique et social ivoirien, Marcel Zadi Kessy, Bernard Zadi Zaourou connu également sous le nom de Bottey Zadi Zaourou ou encore celui de Bottey Moum Koussa est un enseignant, homme politique et écrivain ivoirien, né en 1938, à Soubré. Il a occupé le poste de ministre de la Culture et de la Francophonie entre 1993 et 1999.

De retour de Strasbourg où il obtient son doctorat d'Etat, Zadi Zaourou devient, très vite, en tant qu'enseignant à l'Université d'Abidjan, une vraie star. Oui, une star, de par son atypique vision de l'enseignement, de la contestation politique et de la perception des arts et de la culture africains. Au point qu'aujourd'hui, encore, l'on en est à sentir dans son oeuvre comme un goût d'inachevé.

Le concepteur du Didiga moderne a porté l'art dramatique ivoirien moderne sur les fonts baptismaux, par un savant cocktail harmonieux des genres. Ce poète, comme on en trouve rarement encore dans le monde, sait apprécier le mot dans sa polyvalence sémantique pour en faire un allié redoutable. Son écriture irradie tous les arts et son engagement pour la culture est reconnu de tous. Il connut une carrière réussie d'enseignant-chercheur à l'Université de Cocody, précisément à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines, et à l'Unité de Formation et de Recherche Langues, Littératures et Civilisations.

Ce quêteur insatiable écrit pour rendre compte de son temps à travers «l'art de l'impensable», ainsi qu'il définit le Didiga. Cependant, l'adéquation entre la théorie qu'il formalisa et son action politique à travers le parti qu'il créa en 1990, l'Union des socio-démocrates (Usd) et limitée dans la pratique, semble l'avoir desservi. Le parti n'est plus que l'ombre de lui-même et la plupart de ses disciples qui l'y avaient rejoints ont déchanté de la politique.

Au point que Zadi ne consacre ses dernières années, sa plume qu'à l'animation de chroniques dans des journaux. Chroniques dont l'hermétisme, pour ne pas dire la valeur ésotérique, n'a d'interlocuteurs que des initiés. Il n'empêche, son dernier recueil, Les quatrains du dégoût, publié en 2008, plonge le lecteur, sans faux-fuyant, dans les 20 dernières années d'une Côte d'Ivoire en perte de repères. Où la violence a pris le pas sur la raison, où le maître n'a plus la révérence de l'élève, où l'idéal démocratique a cédé face à l'idéologie et la démagogie. Musicien, promoteur, dès la fin des années 1970 de l'arc musical, Zadi Zaourou est aussi un critique musical averti. Mais au-delà, il est un farouche défenseur de la tradition orale africaine qui met en dialogue discours historique, musique épique et esthétique littéraire. Oeuvre à laquelle il consacre encore son énergie au Groupe de recherche en tradition orale (Grto) dont il fut le directeur pendant plusieurs années.

A l'occasion d'un colloque-hommage à lui consacré, en novembre 2008, à l'université d'Abidjan-Cocody, Michelle Tanon-Lora, vice-doyenne de l'Ufr Langues, Littératures et Civilisations déclamait dans son discours inaugural: «Après une activité bien remplie, il nous importe aujourd'hui de lui rendre un hommage appuyé pour son engagement permanent à l'épanouissement culturel, intellectuel et artistique africain.

Dans cette perspective, le présent colloque offre aux chercheurs du monde, aux amis et aux exégètes de ZADI Zaourou de proposer une contribution sur un aspect de la production littéraire du poète-essayiste-dramaturge ivoirien à leur convenance». Bernard Zadi Zaourou théorise le Didiga, en une esthétique qui se décline au plan artistique comme le récit des prouesses d'un héros chasseur nommé Djergbeugbeu et au plan philosophique comme l'art de l'impensable.

Il peut être considéré comme un auteur féministe. En peignant des femmes l'image de guerrières intrépides, il relance par la bouche de la gent féminine, la question de la fragilité du pouvoir mâle. Cet extrait de La guerre des femmes est à ce sujet, des plus expressifs:
«Mahié: Oui, (...) Quand tu seras seule avec l'homme avec qui tu passeras la première nuit, observe bien sa nudité. A la lisière de sa prairie qui est à tous points semblable à la nôtre, tu découvriras un arbre sans feuillage. Il porte un fruit qui renferme deux fèves. Ne t'acharne pas sur le fruit. Tu tuerais l'homme. Caresse plutôt l'arbre. Il grandira et grossira subitement. A vue d'oeil. Ne t'effraie pas. Couche-toi sur le dos. Amène ton double à s'allonger sur toi, de tout son long. Les tisons que tu portes là, sur ta poitrine, le brûleront d'un feu si doux qu'il roucoulera comme une colombe. Il s'abandonnera à toi. Engage alors son arbre dans ton sentier ; fais en sorte que lui-même lui imprime un rythme : haut-bas ! haut-bas ! haut-bas !

Tu verras. Ses yeux se révulseront et il s'oubliera dans une jouissance indicible. Quand tu le verras ainsi désarmé et à ta merci, ne le tue pas mais retiens que toi seule pourras l'envoûter de la sorte, chaque fois que tu le voudras, toi. Ce pouvoir, c'est l'arme nouvelle que je vous laisse. Dis à toutes mes filles, le moment venu, qu'elles en fassent bon usage et qu'elles n'oublient jamais que nous sommes en guerre et que la paix des hommes ne sera jamais qu'une paix de dupes!». In La guerre des femmes (Nei Abidjan, Neter Paris, 2001).

Quelque peu éloigné de l'arène créative, du fait d'un état de santé délicat et définitivement en divorce d'avec la politique à l'ivoirienne, Zadi n'en demeure pas moins une, sinon la référence de bien d'intellectuels africains.


ZADI ZAOUROU.jpg

BIBLIOGRAPHIE DE ZADI ZAOUROU

 

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Césarienne, Céda, Abidjan. 1984 (1)

BOTTEY (ZADI ZAOUROU), La Tignasse, Céda, 1984 (2)

BOTTEY (ZADI ZAOUROU), Fer de Lance, NEI, Abidjan Neter 2002 (3)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Les Sofas (suivi de) L'Oeil, L'Harmattan, 1983 (4)

BOTTEY (ZADI ZAOUROU), Il secreto Degli Dei (Le Secret des Dieux), Per L'Italia La Rosa, Editrice 1999(5)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Fer de Lance, in Les Grands auteurs Africains, Editions l'Harmattan, Paris 1976 pp 275-309 (6)

BOTTEY (ZADI ZAOUROU), Il Termitaio (La Termitière) in Teatro e poesia Costa d'Avario, Théâtre et poésie en Côte d'Ivoire, l'Harmattan Italia Srl, 2002 (7)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), La Guerre des Femmes (suivi de) La Termitière, Abidjan, NEI, 2001(8)

BOTTEY (ZADI ZAOUROU), Destin Des Mots in Francofonia, Olschki Editore Ottobre 2006 pp 213-220 (9) D'Aujourd'hui, Dakar : NEA, 1978, 294p (10)

BOTTEY (ZADI ZAOUROU), Césaire Entre Deux Cultures, Problèmes Théoriques de la Littérature Négro-Africaine

 

LES REVUES

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Rites Funéraires et intégration Nationale du Pays Bété Sud, in Ann. Uni. D'Abidjan, série D (Lettres) Tome 7, 1979 pp 69-106. (11)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Expérience Africaine de la Parole : Problème Théorique de la linguistique à la littérature, in Ann. De. Uni. Abidjan, série D (Lettres), tome XVII, pp 29-69. (12)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Notes sur les Mots du Cahier d'Un Retour au Pays Natal d'Aimé Césaire, Ann. Uni. Abidjan, Série D (Lettres), 1974, Tome VII pp 27-28. / Voir aussi SEMINAIRE DE STYLISTIQUE 1970-1971 ; Publication. Depart.Lett. mod. / FLASH (13)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Littérature et Dialectique : une application du Matérialiste dialectique à l'étude de la poésie, Revue En-Quête N° 9 Abidjan, EDICI, 2002 Pp 127- 142 (14)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Le mythe, le Prêtre et le Poète : puissance Unifiante du rythme, in Acte du Colloque sur La littérature Négro Africaine, Abidjan Dakar, NEA, 1979, pp 109-113. (15)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Aventure du mot et quête Universaliste dans L'Oeuvre d'Aimé Césaire, in Oeuvres & Critiques XIX, 2 (1994), ISSN: 0338-1900 (16)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Le Conte Dôgbôwradji in Bissa N°1, (Nouvelle Série), Ed. GRTO, 1988. (17)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Regard sur l'oeuvre poétique de Nahounou, Digbeu (AMEDEE PIERRE), in Bissa (revue, Littéraire Orale) N°6, G.R.T.O, 1977. (18)

BOTTEY (ZADI ZAOUROU), Ramazalaye, in La Nouvelle revue Française, Editions Gallimard, Juin 2000 pp 199-205 (19)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Introduction à la connaissance de la Poésie Orale de Côte d'Ivoire in Ann. uni. Abidjan Tome V, Abidjan 1990, pp 5-45 (20)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Poétisation de l'espace dans Le Coup de Vieux de Sony Labou Tamsi et Caya Makhélé In En-Quête, PUCI 2001, pp 96- 111. (21)

ZADI (ZAOUROU BERNARD),Traits distinctifs du conte Africain : Thèses in NEA, Abidjan, Serie D, Tome 7, 1979 pp 19-22. (22)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Littérature et Dialectique: Application de la Dialectique matérialiste à l'étude de la prose Littéraire in Revue du C.A.M.E.S (Sciences Sociales et Humaines) Série B, Vol 03, N° 002, 2001, pp 1-15. (23)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), C'est vraiment une forme nationale de théâtre, Le Didiga in Bayreuth African Studies, Séries 8 (Interviews avec des écrivains Africains Francophones), Printed by Justizvollzugsamstadt Bayreuth, 1986, pp 63- 77. (24)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Qu'est ce que le Didiga ? In Ann. Uni. Abidjan (Lettres et Sciences Humaines), Tome XIX 1986 pp 147- 163. (25)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Avec Césaire, Dénombrer les crimes de la mer In Africa, America, Asia, Australia, By Bulzoni Editore 1999 pp 139 - 150. (26)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Expérience africaine de la parole, Ann. Uni Abidjan, série D (Lettres), tome 7, 1974. (27)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Hommage à Roman Jakobson, in Frat. Mat. 05 Oct. 1982 pp19 (28)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Langue et critique littéraire en Afrique Noire, (1), Actes du colloque de Yaoundé, 16- 20 Avr. Ed. Pr. Africaine. (29)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Autour d'une exposition de peinture, Rev. Pr Africaine, 1971. (30)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), De la parole artistique proférée, Revue de Littérature et d'esthétique Negro- Africaine, N°1 (ILENA), Abidjan. (31)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), Entretien sur le Théâtre (A l'école des Des Anciens), Revue, Arts d'Afrique Noire, N°48, 1978. (32)

ZADI (ZAOUROU BERNARD), La parole poétique dans la poésie Africaine : Domaine de l'Afrique de l'Ouest francophone, Thèse de Doctorat d'Etat, Université de Strasbourg II, 1981. (33)


(Infos biographie : Fraternité Matin)


Ghislaine ATTA

 

Source: SLATE AFRIQUE

lundi, 27 février 2012

«ET SI LE COLONIALISME N'ETAIT QUE L'HISTOIRE DE L'EXPLOITATION FORCEE DES RESSOURCES MATERIELLES ET HUMAINES DES COLONISES»



ESCLAVAGISME.jpg


Mardi 28 février de 18h à 22h : Conférence-débat « Et si le colonialisme n'était que l'histoire de l'exploitation forcée des ressources matérielles et humaines des colonisés » point de vue d'africains.


Animé par Lanciné Camara dans le cadre de la semaine anticoloniale:


A différentes époques correspondent des modes de colonisation ainsi que des justificatifs différents : la sécurité, apporter la civilisation, la démocratie, la vraie religion, mais on observe qu'il s'agit généralement, en réalité, d'un motif économique : besoin de main d'œuvre bon marché (dont l'esclavagisme), libre circulation des biens et des commerçants, pillage de produits miniers, agricoles, etc. Il ne s'agit pas uniquement des Etats, ex-coloniaux ou non, mais aussi de catégories socio-économiques

comme le monde de la finance, les multinationales, etc.

On peut ainsi distinguer différentes méthodes du colonialisme : par la dette, le contrôle de la monnaie et des organismes financiers, par le contrôle des élites et l'élimination des insoumis, par la maîtrise des coûts des matières premières, la spéculation, l'achat des terres ou de concession de pêche, par le soutien à des rebellions, par la diabolisation médiatique pouvant aller jusqu'à justifier une recolonisation par voie militaire, par le commerce des armes, la corruption, etc.


Il reste que, quelque soit les motifs avancés et les moyens utilisés par le colonisateur, la conséquence et donc le but est l'exploitation forcée des ressources matérielles et humaines des colonisés.


Programme

-- 18h00 : Accueil, Présentation des intervenants et introduction par Lanciné Camara, journaliste, Président de l'UIJA basée à Paris et directeur de publication du magazine Le Devoir Africain.

-- 18h40 : « Du développement injuste au développement juste de l'Occident. Défis majeurs pour l'Occident et l'Afrique» par Armand Mavinga Tsafunenga, Ecrivain poète, Ambassadeur de paix, chercheur, expert en formulation des politiques culturelles pour le développement en Afrique, Président du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) et du Centre d'études et de promotion de la culture et de la communication en Afrique (CEPROCOM).

-- 19h10 : « L'état de non droit du pillage des matières premières et des ressources naturelles ou bien humaines en Afrique » par Maître Norbert Tricaud, Avocat au Barreau de Paris et spécialiste de la RDC.

-- 19h30 : « Le franc CFA un moyen néocolonial pour la France d'aujourd'hui de contrôler l'économie des anciennes colonies africaines». Cette mise sous tutelle permet ainsi à la France à la fois de tirer profit des économies de la zone CFA mais aussi de bloquer toute possibilité d'indépendance politique et donc de développement.

Intervenant : Dr Nicolas Agbohou, Politologue, économiste monétariste, enseignant, écrivain et spécialiste de la monnaie, le franc CFA, Il a publié notamment: Les causes structurelles de la faim en Afrique, Le franc CFA et l'euro contre l'Afrique

-- 20h20 : Débat avec la salle

-- 21h20 : Conclusion par Lanciné Camara,

-- 21h40 : Séance de dédicaces (en cas de retard dans un bistro proche de la salle après 22h) - Table de presse : des conférenciers, de l'association Survie, de Grégory Protche, etc.

-- Lieu : Espace Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan, Paris 2è. 01 55 80 78 35 - M° Sentier ligne 3 ou parking au 42 rue Aboukir 01 40 13 98 20 sinon à 300m près du M° Bourse.

-- Renseignements : Maud Martin 06 63 98 64 37 ou Jean-Paul Vanhoove 06.21.05.47.38 (Plateforme Panafricaine).


Lu sur INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT


Source: CULTURES

samedi, 25 février 2012

QU'ALLEZ-VOUS FAIRE MAINTENANT

KOUAME ROSALIE DITE ROSKA.jpg

Poème plus que d'actualité de ROSKA (Rosalie Kouamé), avec tous ces décès de cadres ivoiriens en exil pour cause de gel d'avoirs bancaires du régime Ouattara.

 

Vous qui avez divisé les Ivoiriens pour vous donner l'impression d'être au pouvoir!

Vous qui avez organisé les coups d'Etat (méthode inconnue des ivoiriens) pour vous voir au commande d'un peuple qui pleure rien qu'à vous voir!

Qu'allez-vous faire maintenant ?

Vous qui avez fait le tour du monde pour promouvoir le mensonge qui vous a portés au pouvoir afin de gouverner plus de cadavres que de survivants!

Vous qui avez choisi de tuer les ivoiriens parce qu'il vous fallait le pouvoir par tous les moyens!

Qu'allez-vous faire maintenant ?

Vous pour qui des Ivoiriens ont été jetés dans le feu jusqu'à être calcinés!

Vous par qui l'Occident est passé pour nous réduire à la soumission comme un bon peuple sans droit, sans loi ni souveraineté!

Qu'allez-vous faire maintenant?

Oui, je demande cela parce qu'ici encore, votre choix de l'indifférence face à la souffrance d'autrui rencontre mon indignation.

Tous ces gens malades et mourant à petit feu parce que votre pouvoir a gelé leurs avoirs dit-on...

Tous ces ivoiriens et ivoiriennes refugiés loin de leurs terres parce que votre pouvoir a choisi de les exterminer pour repeupler leurs terres ?

Oh, si vous savez combien de fois votre choix de célébrer la victoire de votre guerre par le mépris de la valeur humaine m'écœurait!

Qu'allez-vous faire maintenant face à la mort que vous savez si bien produire?

Même dans l'adversité, on peut rester humain, si jamais on l'a déjà été!

Si non, on peut apprendre à devenir humain lorsque l'on a atteint ses objectifs qui ont semé la mort pendant plus d'une décennie sur la terre Ivoirienne.

Vous avez refusé de dégeler les avoirs d'un serviteur de la nation afin qu'il puisse se soigner!?

Vous avez voulu qu'il vous fasse allégeance avant de lui donner cette possibilité de se soigner !?

Qu'allez-vous faire maintenant qu'il est mort de votre indifférence?

Maintenant que sa conviction, même irréaliste pour une Côte d'Ivoire digne et souveraine l'a emporté, faut-il dire que votre objectif le concernant est atteint?

Messieurs et mesdames de cette Côte d'Ivoire Franco-Burkinabée, qu'allez-vous faire maintenant?

Allez-vous attendre qu'il fasse allégeance à titre posthume avant d'accepter qu'il soit enterré?

Allez-vous dégeler ses avoir afin que sa famille puisse au moins organiser ses funérailles?

Qu'allez-vous faire maintenant des reste d'un serviteur de la Nation Ivoirienne que vous avez conduit à la mort, en lui refusant le droit à la santé !?

Allez-vous maintenant vous réjouir en lui offrant un cercueil à prix d'or, où c'est écrit « ca fait un en moins, on attend le prochain » ?

Allez-vous attendre que d'autres meurent avant de dégeler leurs avoirs?

Oh oui! Allez-vous ignorer la souffrance des autres malades et attendre qu'ils meurent pour ensuite envoyer une délégation soi-disant gouvernementale se pavaner devant les familles éplorées?

Allez-vous, pour le malheur de mon peuple, continuer à vous servir du pouvoir à des fins criminelles?

Allez-vous tuer ou faire tuer tous les Ivoiriens afin d'atteindre l'objectif du repeuplement de la Côte d'Ivoire, savamment orchestré dans le bruit de vos canons et de vos mensonges?

Hélas, le silence de mon peuple traumatisé ne doit pas être pour vous une source d'abus!

Pourquoi toujours servir pire que ce que l'on a déjà vu, à ce peuple?

Ah, le pouvoir, je prie Dieu qu'il ne m'en donne pas, si c'est pour m'en servir à des fins criminelles ou devenir co-auteur direct et indirect de crime!

On dit que c'est Dieu qui donne le pouvoir, que c'est lui qui permet à ce que quelqu'un accède au pouvoir... On dit aussi que Dieu peut même laisser l'agent du diable accéder au pouvoir s'il juge cela nécessaire... Mais on oublie d'ajouter que beaucoup, une fois parvenus au pouvoir, s'en servent pour servir le diable et oublie Dieu!

Ce diable qui veut qu'on refuse à un être humain, le droit à la santé, en ne lui laissant que le choix de la mort parce qu'il a refusé de faire allégeance au vainqueur de la guerre!

Ce diable qui veut qu'on laisse un serviteur de la Nation mourir dans l'indifférence parce qu'il est un adversaire politique!

Ce diable qui veut que les dirigeants de l'Occident décident depuis l'Occident, de ce que l'on doit faire des serviteurs déchus de la Nation Ivoirienne!

Ce diable qui impose les diktats de ses agents, maîtres de la terre qui, étant chez eux décident de comment nous devons vivre chez nous!

Ce diable qui veut qu'on continue de faire le mal pour se voir au pouvoir et se sentir important ...

Se sentir important parce qu'on porte une étiquette obtenue dans le sang des innocents;

Ou alors parce qu'on a les moyens de pratiquer cette justice des vainqueurs...

Qu'allez-vous faire maintenant?

En tout cas, c'est une grande curiosité de savoir ce que vous allez faire maintenant...

En attendant, soyez réconciliés avec votre conscience afin que la réconciliation entre vous et vos adversaires ou ennemis soit une réalité!

Dieu bénisse, délivre et restaure la Côte d'Ivoire!


Rosalie Kouamé «Roska»

Poésie tirée de mon cri de cœur, «le ministre Bohoun Bouabré s'en est allé, qu'allez-vous faire maintenant».

 

Source: INFO D'ABIDJAN.NET

jeudi, 02 février 2012

LIVRE: LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN

LE NOUVEL ORDRE IVOIRIEN.jpg

Jean-David N'Da

Collection IREA (Institut de recherche et d'études africaines)


Ce qui se joue en Côte d'Ivoire dépasse le cadre de l'opposition Gbagbo/Ouattara et se pose en des termes simples : faut-il entrer dans l'Histoire par la petite porte dakaroise de Nicolas Sarkozy, en renouvelant le type de relations postcoloniales promises par le nouvel ordre mondial ? Ou bien, faut-il pénétrer l'Histoire moderne du XXIè siècle, par la grande baie vitrée de l'autodétermination audacieuse, tous risques inclus ? Seize essais incisifs confrontent l'argumentation, en parcourant les grands axes idéologiques, sociopolitiques, économiques, médiatiques, culturels et même religieux, qui ont favorisé l'arrivée brutale, en Côte d'Ivoire, de ce bouleversement sociétal longuement annoncé et méticuleusement planifié. Avec ce nouvel ordre ivoirien, la Côte d'Ivoire (et par extension, l'Afrique) est désormais face à son destin.


ISBN : 978-2-296-55847-2

  • 150 pages - Prix éditeur : 15,5 €.


Voir la fiche de ce livre

JEAN-DAVID NDA.jpg

À moins de quarante ans, Jean-David N'Da a déjà travaillé en tant que communicateur, financier et lobbyiste pour des organismes internationaux, organisations patronales et entreprises privées américaines et ivoiriennes. Il est entrepreneur (président-directeur général de l'agence de communication multimédia SKIY Solutions Communicationnelles), consultant, critique littéraire, activiste, écrivain et fondateur du think tank indépendant Pensées Noires.

Sommaire


- Se défaire du mea culpa révisionniste
- La presse ivoirienne au banc des accusés
- La guerre de la foi : du problème musulman chrétien en Côte d'Ivoire
- Ces phénomènes auxquels les Ivoiriens croient
- Le piège d'une réconciliation factice
- La responsabilité apolitique citoyenne
- Koulibaly : épouser l'alternative
- Dialogue et opinion salvatrice
- Politiques de déguerpissement
- Pauvreté et responsabilités individuelles
- Libérer Laurent Gbagbo : entre vouloir, pouvoir et devoir
- CPI : le temps d'un jugement
- L'indépendance morale : un préalable pour l'Afrique francophone
- Du mépris papal en Afrique noire
- La mesure de l'indignation
- L'Afrique que le monde veut ordonner


Source: L'HARMATTAN

lundi, 30 janvier 2012

LA SORCELLERIE EN AFRIQUE: MYTHE OU RÉALITÉ? LE PROFESSEUR BOA THIEMELE LIVRE SON POINT DE VUE

 

LIVRE. LA SORCELLERIE N'EXISTE PAS. BOA THIEMELE RAMSES.jpg

Quand un autobus transportant une trentaine de passagers quitte la chaussée pour déverser ses occupants dans le ravin avoisinant, les populations de la ville d'Edéa au Cameroun sont convaincus d'une chose: les sorciers du coin ont une fois encore agi. L'autobus présentait-il des défaillances techniques ? Le conducteur était-il détenteur d'un permis de conduire approprié ? Était-il en état d'ébriété ? La chaussée était-elle en bon état ? Cette catégorie de questions est d'office reléguée au second plan, et tout est expliqué par la puissance surnaturelle des sorciers. Parce que ce rejet quasi-systématique de la rationalité comme mode explicatif des phénomènes sociaux est devenu l'identité remarquable des sociétés d'Afrique postcoloniale, de nombreux intellectuels se font des soucis quant au devenir d'un continent qui semble tourner le dos à la science. Monsieur BOA Thiémélé Ramsès, Professeur titulaire de Philosophie, Université de Cocody Abidjan (Côte d'Ivoire) est un des Africains les plus inquiets face à l'ampleur que prend la croyance au magico-religieux dans nos sociétés. Auteur du livre au titre fort évocateur «La Sorcellerie n'existe pas» paru à Abidjan en 2010, il a bien voulu répondre à nos questions.


Africa & Science: Comment définissez-vous la sorcellerie? Opérez-vous une distinction entre science occulte et sorcellerie?

Prof. BOA Thiémélé Ramsès: Le sorcier serait un homme ayant des dons héréditaires ou acquis, une puissance particulière ou des connaissances techniques spécifiques qui lui permettent de tuer. Il aurait un don d'ubiquité servant à faire du mal à autrui.  L'espace et le temps ne seraient pas des obstacles à l'expression de son pouvoir maléfique.

Pour le second volet de votre question, je me demande s'il existe réellement des sciences occultes. L'expression renferme une insurmontable contradiction. Comment l'occulte peut-il être objet de saisie objective, d'expérimentation, de critique, de quantification, de répétitivité publique, toutes choses qui définissent la science ? Ce qu'on appelle « science occulte » renvoie plus à un symbolisme de l'imaginaire qu'à une véritable science. Ma conception de la sorcellerie rejoint sur ce point ma compréhension de la science occulte : des discours symboliques à interpréter, des idéologies de justification à objectifs multiples. Dans l'idée d'objectifs multiples, il faut voir : l'éducation, la sécurisation des biens et des personnes, le maintien du pouvoir des Anciens, l'eugénisme social par élimination des handicapés physiques et mentaux, etc.

Africa & Science: Peut-on considérer comme relevant de la sorcellerie, les prières charismatiques qu'organisent certaines organisations  religieuses?

Prof. BOA Thiémélé Ramsès: Je pratique peu ce milieu. Mais pour ce qui m'a été donné de voir et de comprendre, de l'extérieur, je l'avoue, c'est qu'il y a une volonté de se protéger du mal et des capacités de nuisance que les organisations religieuses croient trouver dans l'esprit du monde. Le paradoxe c'est qu'elles sont censées suivre Jésus qui a vaincu ce monde. On ne peut pas dire que ces prières relèvent de la sorcellerie, car le principe d'action est la protection, la sécurité des membres or celui de la sorcellerie, c'est plutôt la nuisance, le mal, le désordre.

Africa & Science: Le législateur camerounais criminalise la pratique de la sorcellerie, attestant ipso facto de son existence. En effet, selon l'article 251 du code pénal camerounais, « est puni d'un emprisonnement de deux à dix ans et d'une amende de 5 000 à 100 000 francs celui qui se livre à des pratiques de sorcellerie, magie ou divination susceptibles de troubler l'ordre ou la tranquillité publique, ou de porter atteinte aux personnes, aux biens ou à la fortune d'autrui même sous forme de rétribution». Comment justifiez-vous alors votre rejet de la sorcellerie, un fait qui existerait bel et bien? Comment justifierez-vous le titre de votre livre en contexte social camerounais par exemple?

Prof. BOA Thiémélé Ramsès: Le législateur africain est victime d'une fascination de la sorcellerie. C'est une erreur de procéder comme il fait actuellement. Pour moi, la victime de la sorcellerie, ce sont les pauvres innocents injustement accusés et livrés à la vindicte populaire. Ces accusés sont les victimes du charlatanisme social. Le législateur devrait s'interroger sur les mécanismes traditionnels de tortures réelles ou symboliques qui poussent certaines personnes à avouer des crimes imaginaires. Je loue sur ce point le formidable travail d'Eric de Rosny qui a réussi à mieux faire accepter le travail des Nganga. Les Nganga au Cameroun sont à peu près l'équivalent des Komians dans ma culture akan de Côte d'Ivoire. Ils sont les protecteurs, les prêtres de la société traditionnelle, dont le but est de sécuriser la totalité de l'être africain par une prise en compte des dimensions physique, psychologique, spirituelle, intellectuelle ou morale de l'Africain. Le Nganga est l'anti-sorcier, tout comme le komian. Mais autant j'invite les komians à repenser leur profession, autant j'invite les Nganga à faire pareil car la société a évolué dans sa saisie des phénomènes. Se référer à des forces occultes pour expliquer des phénomènes naturels n'a plus de sens. Dire que le tonnerre et les éclairs sont des messages des ancêtres, fait sourire de nos jours ; dire qu'un individu qui souffre de l'ulcère de Buruli utilise sa jambe comme foyer de cuisson pour des repas occultes, est une grave méprise ; enfin, considérer un enfant autiste de sorcier, c'est un mauvais diagnostic de nos jours. Ces explications surnaturelles de faits naturels sont l'expression de nos ignorances. Par contre, les Nganga, les komians voire les Vaudou, ont une formidable base de données encyclopédique, données obtenues  à partir des années d'initiation passées auprès de leur Maître dans les Temples.

Africa & Science: Pensez-vous que les systèmes éducatifs ouest-africains contribuent à l'émancipation des peuples au plan intellectuel, notamment pour ce qui est de leurs rapports au surnaturel ?

Prof. BOA Thiémélé Ramsès: Notre malheur, en Afrique, c'est que le système éducatif n'a pas prise sur la vie quotidienne. L'école est un lieu d'obtention de diplôme, un cadre d'acquisition de savoirs élaborés la plupart du temps ailleurs. L'école introduit, il est vrai, de plus en plus, mais lentement à mon goût, le savoir-être et le savoir-faire. Encore faut-il que les professeurs qui doivent impulser cette énergie de changement cognitif, soient eux-mêmes formés à une saisie critique de nos sociétés. Or, en philosophie, par exemple, mon domaine, j'observe que les enseignants et les étudiants répètent Platon, Rousseau, Descartes, Kant et même Sartre sans se poser la question de l'investissement, dans nos sociétés, des principes d'analyse de ces penseurs. Ceux-ci ont écrit et pensé pour résoudre des problèmes de leurs sociétés. Nous les utilisons, non pas pour résoudre des problèmes souvent similaires (problèmes d'injustice, de dictature, d'éducation,  de recherche de la vérité, etc.) mais pour le plaisir solitaire de se prouver à soi qu'on connaît leurs systèmes de pensée. Relativement à la sorcellerie, nos systèmes d'éducation évitent la voie de la science et de la distanciation critique. Au nom d'une prétendue africanité, on accepte les lieux communs et les superstitions d'un monde révolu.

Il faudrait par exemple introduire dans les programmes, mon livre et d'autres comme par exemple celui de N'Cho Chayé, qui a écrit : La sorcellerie. La hantise du peuple : mythe ou réalité, Abidjan, Frat-Mat Editions en 2009. Je peux également mentionner Nebié Bali, du Burkina Faso et son livre Le Roi du Dja-djo, Editions Jethro, Ouagadougou, en 2011. Mon maître à moi, Cheikh Anta-Diop disait que la culture africaine doit être repensée et rénovée afin de la rendre plus performante. Le système éducatif devrait y contribuer pour une très grande part. La Renaissance africaine est à ce prix.

Africa & Science: Dans le contexte ivoirien,  l'élite du  pouvoir œuvre-t-elle dans le sens de la limitation de l'attachement des citoyens au mystico-religieux?

Prof. BOA Thiémélé Ramsès: Les élites intellectuelles font leur travail de production des idées ; les élites financières et politiques devraient s'approprier ce travail en mettant à la disposition du public, les livres, par la médiation des bibliothèques, des centres de lecture, des débats dans les médias. Malheureusement, depuis une vingtaine d'année, comme le chantent les musiciens zouglou, même ceux qui ne se brossent pas disent qu'ils font de la politique. Autrement dit, le fait politique des élections a supplanté tout. D'ailleurs les élites du pouvoir jouent sur le magico-religieux, puisque, à l'occasion des élections par exemple, elles font intervenir le magico-religieux dans une volonté d'avoir un électorat captif et captivé, terrorisé par le devoir de jurer sur des « fétiches ».

Africa & Science: Le moyen âge européen a été largement marqué par la forte croyance au mystico-religieux. L'Europe du moyen âge est une Europe des croyances. Pourtant, c'est de l'intérieur de cette société que jaillit la révolution scientifique et industrielle. Connaissant ce fait, serions nous intellectuellement fondés de justifier le retard de notre continent par le fort attachement des populations au mystico-religieux? En d'autres termes, 'la bonne' sorcellerie, ne serait-elle pas le point de départ de la révolution scientifique?

Prof. BOA Thiémélé Ramsès: Ce qui a sauvé l'Europe du Moyen âge, c'est l'heureuse rencontre de la science apportée par l'influence arabo-musulmane et le retrait progressif du religieux de la sphère publique. La science joue un rôle déterminant dans l'émergence d'une conscience avide de savoirs. Vous avez raison de dire que « c'est de l'intérieur de cette société que jaillit la révolution scientifique et industrielle. » Faisons en sorte que ce soit de l'intérieur de nos sociétés, par une révolution endogène de nos mentalités et une rationalisation de nos perceptions du monde, que vienne cette révolution. Si ce changement a du mal à se faire ce n'est pas dû au magico-religieux. Autrement dit, ce n'est pas le fort attachement des populations au mystico-religieux qui explique le retard de notre continent, c'est le contraire. C'est parce que nous sommes sous-développés, vivotant dans un univers où il y a peu d'école, de bibliothèques, etc., que nos populations se laissent captiver par le magico-religieux. L'éducation, l'instruction, l'école, la formation devraient faire régresser fortement le magico-religieux. Tous ces éléments ne constituent pas ce que vous présentez comme « la bonne sorcellerie ». D'ailleurs c'est une autre contradiction dans les termes. Il ne peut y avoir de « bonne sorcellerie » puisque la sorcellerie c'est le mal, le désordre, la nuisance, l'inconnu. La science, c'est l'autre de la sorcellerie comme la raison c'est l'autre de l'irrationnel. Mais il y aura toujours de l'irrationnel dans le monde puisque dans chaque avancée de la raison, se trouve une part d'inconnu. C'est  Bachelard qui disait joliment en substance qu'autour de la lumière, il y a toujours une zone d'ombre. L'explication par la sorcellerie préfère la zone d'ombre ; ma préférence va à la lumière. Essayons, dans un premier temps, de comprendre les phénomènes  par la raison, au lieu d'abdiquer en utilisant l'argument paresseux de la sorcellerie, argument qui met fin à toute discussion, donc à tout enrichissement intellectuel. Il y a place pour le mystère mais après toutes les tentatives d'exploration rationnelle du réel ; pas avant.


Entretien mené par Moses Chiadjeu.


Source: AFRICA AND SCIENCE


Note de la rédaction:

Nous remercions grandement le Professeur Boa Thiémélé Ramsès pour cette contribution intellectuelle d'importance fondamentale dans l'Afrique d'aujourd'hui. Pour ceux de nos lecteurs qui aimeraient se procurer un exemplaire de son dernier ouvrage, nous vous communiquons ci-après les références :

BOA Thiémélé Ramsès, La sorcellerie n'existe pas, Les Editions du Cérap, Abidjan, 2010.

 

Ce livre est également en vente à la Librairie de France:

http://www.librairiedefrance.net/index.php?rubrique=result_catalog

samedi, 31 décembre 2011

INTERVIEW EXCLUSIVE DE CHARLES BLE GOUDE SUR SON DERNIER LIVRE ET A PROPOS DU TRANSFEREMENT DE GBAGBO A LA HAYE

 


BLE GOUDE CHARLES 3.jpg

Après l'annonce de la livraison de Laurent Gbagbo à la Haye, le «Général de la rue», leader des jeunes patriotes ivoiriens, expose  dans cet entretien sa version des faits. C'était peu avant la parution de son livre intitulé «Traquenard Electoral».


Dans un premier temps, comment souhaiteriez-vous qu'on vous nomme? Ancien ministre du dernier gouvernement pro-GBAGBO, Président du Cojep, Général ou par votre patronyme simplement ?

Je suis Charles Blé Goudé. Mais je vous laisse le choix. Je n'ai pas à vous dire comment vous devez m'appeler, mais sachez que je suis Charles Blé Goudé.

Vous allez publier aux éditions l'harmattan, le 11 décembre prochain, un nouvel ouvrage intitulé « Traquenard électoral ». Pourquoi avoir choisi un tel titre ?

J'ai d'abord décidé d'écrire par devoir de mémoire, pour que la vérité se sache, car j'estime que beaucoup de contre-vérités on été racontées autour des élections en Côte d'Ivoire. C'est pourquoi j'ai écrit. Vous comprenez bien qu'il y a eu une crise post-électorale et dont les conséquences n'ont pas finies d'être évaluées. C'est pourquoi j'ai décidé de dire ce que j'ai vécu, de faire parler les faits, afin que le monde entier sache ce qui s'est réellement passé en Côte d'Ivoire. Pour moi, c'est un Traquenard électoral, c'est-à-dire que les élections ont été dites élections de sortie de crise alors qu'il s'agissait d'un piège pour enlever Gbagbo Laurent du pouvoir et, aujourd'hui, l'amener à La Haye. C'est pourquoi j'ai pensé que le titre de Traquenard électoral était celui qui convenait le mieux.

Il s'agit donc d'un ouvrage pour dénoncer ?

C'est un ouvrage pour expliquer. C'est un ouvrage pour dire ce que l'on tente de cacher. C'est un ouvrage pour faire éclater la vérité, enfin.

On sait Charles Blé Goudé que vous avez déjà publié deux autres ouvrages. Quelle est la particularité de publier un ouvrage en étant en exil ?

Comme vous le dites dans votre question, la particularité de cet ouvrage est qu'il a été écrit étant en exil. Et cet ouvrage trouve sa particularité du fait qu'aujourd'hui je ne suis pas avec le peuple et dans le peuple. Et que pour cet ouvrage, je ne suis pas dans l'action perpétuelle au moment où j'écris. Donc j'ai eu tout le temps pour me concentrer pour écrire. Contrairement aux autres ouvrages où je devais être à la fois dans l'action et dans l'écriture.

Et combien de temps ça vous a pris pour écrire cet ouvrage ?

5 mois environ.

On peut donc dire que depuis le 11 avril, vous êtes concentré sur la rédaction de ce livre ?

Dès que les évènements du 11 avril sont passés, et dès que j'ai vu que ça prenait une tournure que nous n'avions pas souhaité, j'ai décidé d'écrire afin que la vérité soit sue et que nul ne l'ignore. Et surtout dans cet ouvrage, la particularité est que j'ai fait parler les faits, tel que je les ai vécus.

Mais comment allez-vous faire pour la campagne de communication ? Vous êtes loin, vous ne pouvez pas faire de séance de dédicace, ni rencontrer le public, comment ça va se passer ?

C'est cela aussi la particularité de cette œuvre. Je pense que les lecteurs ont besoin de lire, de comprendre ce qui s'est réellement passé dans notre pays, ont besoin de savoir la vérité que l'on tente de falsifier. En fait, c'est raconter la vraie histoire qui est l'essentiel. Pour le reste, nous sommes dans un monde qui, aujourd'hui, s'apparente à un village planétaire et les moyens de communication sont trop modernes.

Avez-vous des représentants qui vont se charger de cette campagne de communication ?

Je suis certes leader, et je me dois de travailler en équipe. Je pense que j'ai beaucoup de représentants à travers le monde qui vont se charger de faire ce travail. Et je voudrais ici les remercier, car l'œuvre dont vous parler est une œuvre où j'ai eu aussi leur assistance à tous les niveaux.

Au moment où vous publier ce livre, votre mentor le président GBAGBO comparait devant la CPI. Comment avez-vous accueilli la nouvelle de son transfèrement et quel est votre sentiment par rapport à cette situation?

Mais j'ai mal et je dois le dire tout net. J'ai mal de ce que la victime ait été mise en prison par les bourreaux. Je connais le Président Laurent Gbagbo, c'est un homme de paix. C'est un Président qui a réussi à travailler avec la rébellion, ce que d'autres président n'auraient pas fait. Un président qui a toujours voulu discuter avec les opposants. Disons même que durant les 10 années qu'il a passées au pouvoir, l'opposition a été choyée. Il leur a tout donné. Au point où on se demandait si en Côte d'Ivoire, il y avait une opposition. Faites le tour de l'Afrique et dites moi dans quel pays on traite aussi bien l'opposition. Aujourd'hui, j'ai mal que l'opposition qui, hier, a été dorlotée par Gbagbo Laurent, est une opposition qui fait à Gbagbo le contraire de ce qu'il leur a fait. J'ai mal mais en même temps j'ai le sentiment que le Président Gbagbo saisira cette tribune pour dire au monde entier la vérité que l'on a toujours tenté d'étouffer par canaux interposés, par médias interposés. J'ai espoir et je sais que c'est un homme qui a toujours le moral et qui sait ce qu'il veut. A ceux qui pensent que c'est la fin, je veux tout de suite leur dire que non, c'est plutôt le début.

Que comptez-vous faire suite à ce transfert ? Allez-vous mener des actions avec le Cojep, les membres de la galaxie patriotique et de l'ancien gouvernement ? Qu'allez-vous faire ?

Je ne suis pas porte-parole de l'ancien gouvernement et je ne saurais vous le dire. Tout simplement, sachez que la précipitation est source d'erreur et nous nous donnons le temps d'observer ce qui va réellement se passer et nous aviserons. Mais tous les états-majors de tous les mouvements sont en alerte et tout le monde a les yeux rivés vers La Haye. Et nous verrons si cette justice est impartiale, neutre. Mais telle que les choses sont en train de se dérouler, est-ce du droit ou de la politique ?

Charles Blé Goudé, nous allons aborder la seconde partie de cette interview. Pouvez-vous nous dire quand est-ce que vous avez vu et parlé à Laurent GBAGBO, pour la dernière fois?

Dans ce sens, je vais un peu vous décevoir car vous allez devoir vous référer à mon livre Côte d'Ivoire : le Traquenard électoral, publié aux éditions l'Harmattan et disponible dès le 11 décembre prochain. Car tout y est. Tout ce qui n'a jamais été dit, est dit, et je demande à tous ceux qui veulent savoir de se référer au bouquin. Je vous invite à lire le livre et vous aurez les réponses à toutes vos questions.

On reproche à votre génération (vous, les anciens de la FESCI, Blé Goudé/SORO) d'être à l'origine de l'instabilité politique en Côte d'Ivoire. Que répondez-vous à cette question ?

Je ne crois pas qu'Alassane Ouattara soit de ma génération. Je ne crois pas qu'Henri Konan Bédié soit de ma génération. Je ne crois pas non plus que Gbagbo Laurent soit de ma génération. Je voudrais simplement vous dire que tous ces acteurs politiques-là ne sont pas de ma génération. L'origine de cette crise ivoirienne, part de la guerre de succession qui a eu lieu entre Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. A la mort d'Houphouët-Boigny, ne voulant pas céder le fauteuil à Henri Konan Bédié, comme le recommandait l'article 11 (de la Constitution, Ndlr), une guerre a éclaté entre Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. La suite, on la connait, coup d'état et autre, jusqu'à ce qu'on en arrive à la crise de 2002. Je voudrais simplement dire qu'aujourd'hui si Henri Konan Bédié est allié à Alassane Ouattara, on peut tout simplement dire, qu'ils auraient pu faire l'économie de cette guerre-là. Mais cela dit, je ne crois pas fondée cette vérité. On a toujours voulu comme les autres nous perçoivent. Moi, j'étais à Manchester quand la guerre a éclaté en Côte d'Ivoire où j'ai interrompu mes études. Dans la rue, comme aujourd'hui les gens sont descendus dans la rue en Tunisie, en Egypte. C'est loué, non ? Mais en Côte d'Ivoire, dès que nous sommes descendus dans la rue pour nous opposer aux armes, on nous a traité de miliciens, de petits et autres.

Vous faites en quelque sorte un reproche à vos ainés ? Celui de vous avoir donné le mauvais exemple ?

Je crois que les différentes classes politiques vieillissantes en Côte d'Ivoire sont à la base de la crise dans notre pays.

Êtes-vous prêt à appeler à la réconciliation malgré tout et malgré le mandat d'arrêt lancé contre vous par la justice ivoirienne?

Bien sûr! Vous savez que la vie d'une nation est au-dessus de nos ressentiments personnels et individuels. De nos frustrations. Je pense que la Côte d'Ivoire a besoin de ses fils et de ses filles unis. En tout cas, quand nous étions au pouvoir j'y tenais, aujourd'hui encore, j'y tiens. J''invite le pouvoir à faire en sorte de rapprocher les ivoiriens. Une réconciliation, on la fait avec deux camps qui ont été séparés par un manque de confiance, par une crise. On ne se réconcilie pas seulement avec son clan.  Et la réconciliation n'est pas aussi un programme de gouvernement. La réconciliation est la conséquence des actes du gouvernement. La manière dont vous traiter vos leaders de l'opposition, de cette manière dépend le climat politique. C'est vrai qu'on veut bien se réconcilier, mais je demande au gouvernement d'accompagner ses paroles par des actes et des actions concrètes et qui vont dans le sens de la réconciliation. On ne peut pas dire qu'à midi on veut se réconcilier et à 14h, on fait des arrestations, on bloque des comptes et on lance des mandats d'arrêt. Il faut créer l'environnement de la réconciliation. Je pense que si nous nous basons sur les chiffres truqués de la CEI, le Président Gbagbo représente quand même plus de 46% de la population et plus de la moitié de la population d'Abidjan a voté pour lui. Je pense que si les actes sont posés, la réconciliation se fera d'elle-même. C'est pourquoi, je lance cet appel, pour que les ivoiriens puissent se retrouver et pour que le pays puisse se remettre sur les rails. Pour moi, cela est primordial et va au-delà de nos petits intérêts politiques et personnels.

Charles Blé Goudé, vous sentez-vous aujourd'hui inquiété par un mandat d'arrêt de la CPI ?

Quelqu'un qui a passé tout son temps avec un matelas sur l'épaule, qui a passé tout son temps avec des micros, quelqu'un qui a fait des campagnes de paix, ce qu'aucun homme politique n'a jamais fait en Côte d'Ivoire, ne peut pas être inquiété par la CPI.
A moins qu'il y ait d'autres raisons que j'ignore.

On sait que dans quelques jours, le 11 décembre, le jour qui coïncide avec la sortie de votre livre, auront lieu les élections législatives en Côte d'Ivoire. Comment analysez-vous cette nouvelle échéance ?

J'ai bien peur que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Mais comme le pouvoir va seul aux élections avec ses seuls candidats en lice, avec une commission électorale aux ordres et sous contrôle, qui n'est même plus indépendante. Je pense qu'en ce moment, il n'y a pas danger. Parce qu'aujourd'hui en Côte d'Ivoire, je dois vous dire que les conditions d'un scrutin d'apparence juste et ouvert à tous ne sont pas réunis. Les conditions sécuritaires d'une campagne ne sont pas réunies. Le mot de rassemblement est interdit. Les meetings sont interdits. Les opposants sont soit en prison, soit en exil soit ont été exterminés. Je pense que dans ces conditions, le pouvoir veut rester seul en lice, il faut le laisser faire. Mais ça sera une assemblée nationale pas représentative et pas digne de la Côte d'Ivoire qui sera mise en place.

L'absence du FPI aux élections est -il justifiée selon vous ?

C'est de cela que je suis en train de vous parler. Le FPI, je ne parlerai pas en son nom mais je crois que le FPI n'a pas refusé d'aller aux élections. Les conditions ont-elles été réunies pour que le FPI parte aux élections ? Dans tous les cas, il faudra poser les questions aux leaders du FPI, ils vous répondront.

Revenons au FPI, justement. On sait que vous n'étiez pas apprécié pas certains cadres de ce parti. Pensez-vous qu'ils aient été à l'origine de certaines erreurs de Laurent Gbagbo ?

Pourquoi voulez-vous que je parle dans la presse de mes rapports avec le FPI? ça c'est entre le FPI et moi. Si vous voulez savoir si le FPI a fait commettre des erreurs à Laurent Gbagbo, il faut interroger le FPI. Je pense qu'ils répondront. Une poule qui se respecte, ne pond pas ses œufs en public.

Charles Blé Goudé, en guise de conclusion, quel message souhaitez-vous lancer aux ivoiriens et aux africains qui vous liront?

Je voudrais simplement dire au ivoiriens, aux africains et au reste du monde que ce qui se passe en Côte d'Ivoire, c'est certes la réalité mais ce n'est pas la vérité. Sous nos yeux, on tente de falsifier l'histoire réelle de ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire. En Côte d'Ivoire, Gbagbo Laurent a invité la communauté internationale a un recomptage des voix pour éviter une crise, comme cela a été fait en Haïti, en novembre 2010, en Afghanistan en 2009. Ce refus de recompter les voix a aujourd'hui engendré des conséquences que tout le monde connait et que tout le monde déplore. Je le répète, un contentieux électoral a été transformé en un véritable cauchemar, par la faute de ceux qui ont décidé de tordre le cou à la vérité, par la faute de ceux qui voulaient installer un ami au pouvoir et qui voyaient  en Laurent Gbagbo un obstacle à la réalisation de leur objectif d'exploiter l'Afrique. C'est ça la vérité. Je pense que l'histoire est en train d'être falsifiée. Mais un jour, la vérité se saura et il faut que les africains le sachent.


In "Les Afriques"


Source: IVOIRE DIASPO.NET

dimanche, 18 décembre 2011

CHARLES ONANA SUR 3A TELESUD POUR SON LIVRE «COTE D'IVOIRE, LE COUP D'ETAT»

LIVRE ONANA.jpg

Cette vidéo a été censurée par l'Etat français. Elle n'est plus du tout disponible sur YouTube. Pour l'heure, vous ne pouvez la visionner qu'ici ou sur LE GRI-GRI INTERNATIONAL!!! Profitez-en!


samedi, 03 décembre 2011

LE LIVRE DE CHARLES ONANA INTROUVABLE EN COTE D'IVOIRE


UNE N° 107 AUJOURD'HUI.jpg

Alors que le livre de Charles Onana sur le 11 avril  intitulé à juste titre "Côte d'Ivoire : le coup d'Etat" fait l'objet d'une grosse demande auprès des libraires abidjanais, ceux-ci restent impassibles et ne semblent guère intéressés par des profits substantiels.


Combien coûte "Côte d'Ivoire : le coup d'Etat", ce livre de Charles Onana qui pénètre au tréfonds des événements du 11 avril ?  Aucun libraire ivoirien ne pourra répondre à cette question, car depuis qu'il est sorti en France et qu'il y fait un véritable tabac, Abidjan a choisi de ne rien faire pour qu'il soit dans les librairies nationales.

Officiellement, rien ne justifie la réalité d'une chape de plomb sur les meilleures ventes du moment en termes de productions littéraires. Il n'y a donc pas d'omerta assumée, pas non plus de consigne directe contre ce livre qui affirme que ce qui s'est passé pendant la crise postélectorale en Côte d'Ivoire relève d'un coup d'Etat et où le Président Gbagbo déporté dans l'un des goulags nordistes d'Alassane Ouattara témoigne abondamment.

Sauf, un incompréhensible manque d'empressement qui agace les Ivoiriens qui couvrent littéralement de demandes toutes les librairies de la place, à commencer par la plus prestigieuse et sans doute aussi la plus fortunée d'entre elle, La librairie de France. Ici, les responsables se défendent de snober l'ouvrage, pour des raisons qui pourraient être d'ordre politique et affirment avoir écrit aux éditions Duboiris qui éditent depuis de nombreuses années les productions du journaliste camerounais. « Nous lui avons écrit et attendons toujours d'avoir sa réponse ».

Bref, Duboiris aurait en creux décidé d'ignorer l'espace où le livre a pris forme et où on montre une voracité évidente pour lui. Quant au géant de la distribution ivoirienne Edipresse, ses rayons ne comportent pas non plus le sésame du moment. Selon l'un de ses responsables, le principe de la maison est d'attendre d'abord les demandes des libraires ; ce n'est qu'après qu'Edipresse assure la commande et fait venir les stocks demandés. Il arrive cependant qu'elle fasse venir des livres susceptibles d'intéresser les libraires quand Edipresse flaire une bonne affaire. Mais cette fois-ci, rien n'a été tenté de ce côté-ci et personne, apparemment ne semble intéressé de faire quelques profits sur la plus grosse vente du moment.

Mais cette attitude des libraires ivoiriens est d'autant plus bizarre que dans l'histoire, les autorités ivoiriennes ont souvent procédé à l'interdiction pure et simple de publications gênantes. Des publications entières de Jeune Afrique ont déjà été suspendues  sur toute l'étendue du territoire national sans compter celles dont les éditions étaient totalement rachetées par le gouvernement pour empêcher la divulgation d'un secret important. Or le livre de Charles Onana est un condensé de secrets d'Etat. Pour la postérité, Laurent Gbagbo y livre sa part de vérité une fois que les clameurs semblent s'être tues.

En librairie depuis le 4 novembre, ce livre parle beaucoup de la crise post-électorale qui a entraîné l'intervention militaire de l'armée française et des troupes rebelles en Côte d'Ivoire. La version officielle a tenté de faire croire qu'il s'agissait d'une action visant à faire respecter le résultat de l'élection présidentielle qui donnait Alassane Ouattara vainqueur.

L'enquête de Charles Onana tend plutôt à prouver qu'il s'agit d'un coup d'Etat préparé par le président Sarkozy et par Blaise Compaoré, président du Burkina Faso. L'auteur dévoile les correspondances secrètes échangées par ces deux dirigeants dans le but de renverser Laurent Gbagbo.

Il montre également comment les banques françaises ont participé à cette action de déstabilisation à travers les filiales de la Société générale et de la BNP Paribas.

Pour la première fois, un général français, ex-numéro 2 de la force Licorne en Côte d'Ivoire, témoigne de ce qu'il a vécu. Dans cet ouvrage, l'auteur publie aussi plusieurs rapports confidentiels de l'ancien ambassadeur de France à Abidjan, Renaud Vignal, dont un accablant sur Alassane Ouattara.

Charles Onana, qui a également reçu les confidences du président Laurent Gbagbo, montre comment les autorités françaises, principalement Michel Alliot-Marie, ministre de la Défense, et Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, ont étouffé la vérité sur la mort des soldats français en novembre 2004 à Bouaké. Son enquête met également en lumière le rôle trouble de deux personnalités françaises dans la disparition de Guy-André Kieffer.

Ce livre, très documenté et qui illustre dix années de combat contre le régime de Laurent Gbagbo, est préfacé par l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur de la crise ivoirienne. On peut donc comprendre que la plupart des éditeurs ne soient pas vraiment  chauds pour le mettre dans leurs rayons.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien N° 107 du mardi 29 novembre 2011.

mercredi, 23 novembre 2011

«COTE D'IVOIRE, LE COUP D'ETAT»: UN LIVRE A LIRE ABSOLUMENT!

 
LIVRE ONANA.jpg

Un livre qui fait actuellement la une sur le net. C'est le livre de la semaine que nous vous proposons pour savoir un peu plus sur la crise ivoirienne.

 

Que s'est-il vraiment passé durant la "bataille d'Abidjan" ? Pourquoi l'Elysée était prêt à tout pour chasser Laurent Gbagbo du pouvoir ? Avec quels alliés africains Nicolas Sarkozy a-t-il mis en place sa stratégie ? Qui sont réellement Dominique et Alassane Ouattara et de quels soutiens politiques et financiers bénéficient-ils ? Pourquoi Laurent Gabgbo est-il si détesté par les Européens ? Pourquoi le ministère de la Défense français semble-t-il freîner l'enquête sur l'assassinat de 9 soldats français en 2002 à Bouaké ? Que s'est-il passé dans l'affaire Guy-André Kieffer ? A l'aide de documents et de témoignages issus des services secrets et militaires français, de l'Union Européenne, de l'ONU, ce livre est la première enquête explosive sur les événements de Côte d'Ivoire.

Côte d'Ivoire: le coup d'Etat à conserver pour la postérité et pour l'éclatement de la vérité.

Biographie de l'auteur

Charles ONANA est journaliste d'enquête, auteur d'ouvrages de référence sur les conflits en Afrique et les questions géopolitiques. Il a également fait un travail pionnier sur le rôle des Africains durant la Seconde guerre mondiale et est l'auteur de plusieurs biographies inédites sur des personnalités artistiques et intellectuelles du monde noir.

Pour savoir plus sur la première enquête explosive sur les événements de Côte d'Ivoire, rendez-vous sur ce lien: Côte d'Ivoire: le coup d'Etat


Bonne lecture !

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

EXCLUSIF - GBAGBO RACONTE LUI-MEME SON 11 AVRIL


UNE N° 373 NOUVEAU COURRIER.jpg

Le livre est intitulé «Côte d’Ivoire : le coup d’Etat». Il est écrit par le journaliste d’investigation Charles Onana et préfacé par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki. Et il apparaît d’ores et déjà comme un livre-événement, tant les révélations et les rappels utiles y sont foisonnants. Le livre contient également des documents et des courriers inédits que Charles Onana a réussi à se procurer, provenant notamment de ministres français. Déjà en vente en France, «Côte d’ivoire : le coup d’Etat» sera-t-il autorisé à la vente en Côte d’Ivoire ? Il faudrait pour cela que des libraires ou des distributeurs aient le courage de le commander… Le Nouveau Courrier publie ici des «bonnes feuilles» de ce livre. Il s’agit du témoignage du président Laurent Gbagbo, qu’il a pu faire parvenir à Charles Onana depuis sa réclusion, et qui va, à coup sûr, déranger des milieux internationaux très haut placés. Ses accusations contre l’armée française, qui a selon lui tiré sur de jeunes manifestants Ivoiriens pour les disperser ou les empêcher de rallier sa résidence, et qui a visiblement profité d’une conversation téléphonique pour le localiser dans la résidence et bombarder sa chambre, sont très claires. Elles montrent une petite partie de ce qu’il a à dire, et constituent une alerte pour tous les hommes de bonne volonté. En effet, le pouvoir Ouattara et la Sarkozie doivent absolument comprendre qu’une éventuelle élimination physique du témoin gênant de Korhogo serait lourde de conséquences pour la Côte d’Ivoire. A court, moyen et long terme.

Gbagbo raconte comment une bombe a atterri dans sa bibliothèque

«Ce sont les soldats français qui ont tout fait. Ils ont bombardé du 31 mars au 11 avril 2011. Il y a eu des bombardements sporadiques avec largage des bombes. Le ministre français de la Défense, Alain Juppé, avait manifesté le désir de parler avec moi. Mon conseiller Désiré Tagro était venu me dire que cette demande venait de monsieur Charles Millon, l’ancien ministre de la Défense du gouvernement Juppé en 1995. En fait, monsieur Millon avait été à l’université de Lyon avec moi. Tagro m’avait fait part de cette demande le 10 avril 2011 à mon réveil matinal. J’étais sur le point d’aller prendre ma douche lorsque Tagro m’a informé du souhait de monsieur Juppé. Quand j’ai fini de prendre ma douche, j’ai retrouvé Tagro qui m’attendait le téléphone à l’oreille. Il était encore en communication avec monsieur Millon. Soudain, une bombe explose sur le toit de ma chambre. Millon demande alors à Tagro ce qui se passe. Tagro lui répond qu’on est en train de vouloir tuer le président. Ceux qui ont largué cette bombe ont tout détruit dans la pièce. J’avais une collection de livres d’auteurs romains et grecs traduits en français que je conservais jalousement depuis quarante ans, tous ont brûlé. Ma bibliothèque constituée depuis l’époque où j’étais étudiant est partie en fumée en quelques minutes seulement.»

Gbagbo explique pourquoi il a demandé à l’armée ivoirienne de ne plus se battre

«Le 10 avril 2011, notre informateur au ministère de la Défense à Paris nous a dit que ce jour-là, c’était 6+3. C’est-à-dire 6 hélicoptères plus 3 autres. Il faut savoir qu’auparavant, c’était uniquement trois hélicoptères qui nous bombardaient. Les snipers étaient également postés sur le toit de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Qui est mitoyen à ma résidence. Leur rôle essentiel était de tirer sur les jeunes Ivoiriens qui manifestaient ou s’aventuraient à sortir à proximité de ma résidence. Ainsi, lorsqu’on m’apprend que les chars français sont à Cocody, le commandant des Forces spéciales, l’officier de frégate Boniface Konan, me fait parvenir un message disant qu’il ne peut plus combattre, car les soldats sont dispersés. Le message souligne que les chars et les hélicoptères français ne cessent de tirer sur les soldats ivoiriens. Le 10 avril, j’ai dit à Konan qu’il devait cesser les combats pour ne pas faire tuer les soldats. Je ne pouvais accepter de voir mourir inutilement les dignes fils de mon pays face à des gens qui voulaient uniquement ma tête. J’ai demandé qu’on me laisse attendre sereinement le dénouement à la Résidence. Les soldats voulaient me mettre à l’abri. Mais je leur ai dit que je n’étais pas militaire mais chef de l’Etat. Ce qui m’importait le plus, c’était leur sécurité et non pas la mienne devant le feu français. A ce moment, Konan me dit la gorge serrée : «Monsieur le président, les Français ont tout détruit».

Gbagbo : «Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture

«En fait, les Français ont encerclé la résidence et au lieu d’achever leur mission, c’est-à-dire de venir me prendre eux-mêmes, ils ont plutôt envoyé les rebelles me prendre. Je tiens tout de même à préciser qu’ils ont envoyé les rebelles m’arrêter devant les caméras. Toutes les images que vous avez reçues sont les images des soldats français. Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture. Ils tournaient avec des caméras à la résidence et à l’hôtel du Golf. Plus tard, ils ont fait venir des journalistes français pour d’autres images de moi. Il n’y avait pas de journalistes africains tournant les images au moment de mon arrestation.»

La tentative de «corruption» de l’administration Obama

«Un sous-secrétaire d’Etat américain m’a téléphoné et m’a parlé pendant au moins une heure. Il me disait que si je partais du pouvoir, je ne serais pas poursuivi, je pourrais m’exiler avec soixante-quatre personnes de mon entourage et que tous seraient pris en charge. Quant à moi, je serais logé, nourri et blanchi, j’aurais un travail et des revenus équivalant à 2 millions de dollars, etc. Cette conversation ou plutôt ce monologue était surréaliste.

Il y avait un tel décalage entre ce que disait ce monsieur et la réalité que je vivais avec le peuple ivoirien que son discours était indigeste. J’ai finalement raccroché, fatigué de l’entendre pérorer sur les propositions qui m’attendaient si j’acceptais de quitter le pouvoir. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’étrange dans ce discours. Quel était le sujet ? A mon avis, c’était le résultat des élections présidentielles. Ils ont tous prétendu que j’avais perdu les élections présidentielles mais le Conseil constitutionnel de mon pays a dit le contraire. J’ai demandé de recompter les voix, ils ont refusé. J’ai même proposé une commission d’enquête indépendante internationale pour examiner les faits. On a refusé. Pourtant, les données sont simples. S’il est prouvé que j’ai perdu les élections, je m’incline sans autre forme de discussion. Si j’ai gagné, je suis disposé à faire des concessions politiques pour créer un climat d’apaisement et de paix dans tout le pays. Mais pourquoi s’obstine-t-on à me faire des propositions absurdes ? Pourquoi cherche-t-on à me corrompre et à me menacer si on est convaincu que j’ai perdu les élections ?

Peu après ce coup de téléphone étrange, mes conseillers me disent qu’Hillary Clinton cherche à me joindre au téléphone. Je refuse de prendre la communication car je suis convaincu que je vais encore passer un moment à entendre à nouveau les mêmes propositions. Elle m’a finalement adressé un message pour me proposer je ne sais quoi. Je n’ai même pas ouvert l’enveloppe. Après Hillary Clinton, le président Obama m’a directement appelé à son tour. Une fois de plus, j’ai refusé de prendre la communication. Je ne voulais plus écouter ni entendre les discours ennuyeux et les propositions ubuesques qu’ils infligeaient à mes oreilles.»

 

Théophile Kouamouo


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

mardi, 01 novembre 2011

ET SI LA SORCELLERIE N'EXISTAIT PAS?


PROF. BOA THIEMELE RAMSES.jpg

Le Prof. Boa Thiémélé Ramsès est professeur titulaire de Philosophie (Université de Cocody/Abidjan). Son dernier livre paru aux Editions Cérap à Abidjan en 2010, La sorcellerie n’existe pas, continue de susciter des débats. Nous l’avons rencontré…

 

Qui est le Professeur Boa Thiémélé ?

Je suis un enseignant-chercheur, professeur titulaire de philosophie, à l’université de Cocody, et ancien étudiant de l’université de Poitiers, nourri au panafricanisme. Mon maître intellectuel est Cheikh Anta Diop.

Définissez-vous comme un philosophe, un écrivain ou un éducateur?

Tout ça à la fois. Plus professeur de philosophie que philosophe. Je suis éducateur, car mon métier d’enseignant oblige à aller au-delà de l’instruction pour amener les étudiants à intégrer dans leur vie des valeurs humanistes. Il s’agit donc de leur apprendre à combiner le savoir, le savoir-être et le savoir-faire. Je suis aussi écrivain, plus précisément essayiste. J’ai déjà publié 4 livres. Le cinquième sort bientôt et portera sur l’ivoirité, thème du premier livre. Chaque jour des éléments nouveaux viennent changer notre perception du réel.

Vous avez de publié un ouvrage La sorcellerie n’existe pas. Ce titre fort provocateur procède-t-il d’une conviction ou simplement de votre désir de choquer, de susciter un débat ?

Les deux à la fois. Choquer et susciter le débat sont des modalités intellectuelles. C’est plus pour exprimer une révolte intérieure. J’ai moi-même été choqué par un article de Landry Kohon de Fraternité Matin qui racontait comment, à Sahuyé (Sikensi), en 2008, un homme accusé de sorcellerie, avait été enterré vivant sous le cercueil contenant le corps de sa présumée victime, devant une foule excitée. D’ailleurs, j’ai usé de mon devoir de citoyenneté pour saisir la Commission nationale des Droits de l’Homme, section Côte d’Ivoire (CNDH-CI) dont la présidente est Mme Wodié. Jusqu’à ce jour, elle n’a pas daigné me répondre.

Vous soutenez donc que la sorcellerie n’existe pas…

Je ne m’attaque pas au fait social. C’est bien parce que le fait social existe que nous pouvons en parler. Selon moi, il faut aller au-delà de l’explication naïve de la sorcellerie qui consiste à croire que des individus possèdent des pouvoirs surnaturels de métamorphose et de nuisance. Ma thèse est simple : ce n’est pas la sorcellerie qui est non compréhensible, mais c’est tout ce qui est non compréhensible qui est attribué à la sorcellerie. Autrement dit : ce n’est pas parce qu’un individu est sorcier qu’il fait le mal, c’est plutôt parce qu’il fait le mal que l’on l’accuse d’être sorcier.

Qu’est-ce que vous apportez de nouveau dans l’approche du phénomène de la sorcellerie ?

Il ne s’agit pas de prétendre à la nouveauté pour dénoncer un phénomène de violation des droits de l’homme. Des femmes sont abandonnées, des enfants sont assassinés, des vieillards sont humiliés, au motif qu’ils sont des sorciers. Nous ne pouvons pas nous taire sur ces faits simplement parce que ce n’est pas nouveau. D’ailleurs, les philosophes continuent d’écrire sur la mort, sur l’injustice, sur la violence depuis des siècles. Tant que l’homme sera menacé dans son humanité, le silence sera une lâcheté. Avant moi, des romanciers ou des cinéastes avaient dénoncé cette mystification de la sorcellerie. Je peux citer par exemple, N’Cho Chayé,  qui a écrit : La sorcellerie. La hantise du peuple : mythe ou réalité, Abidjan Frat Mat Editions en 2009. Je ne prétends pas à la nouveauté. Je peux également mentionner Nebié Bali, du Burkina Faso qui en fait de même dans son roman, Le Roi du Dja-djo, Editions Jethro, Ouagadougou, en 2011. Cependant, c’est la conjonction de toutes ces dénonciations et de toutes ces révoltes qui pourraient conduire à une compréhension intelligente des pratiques sociales africaines.

La même maison d’édition a publié un autre ouvrage qui semble se mettre aux antipodes du vôtre. Cette polémique ne cache-t-elle pas un objectif lucratif ?

C’est l’esprit de la collection « Controverse » de l’éditeur. Cet esprit obéit au principe de la liberté de penser et de la tolérance. Il manifeste plus une fin (ou une faim) de connaissance intellectuelle qu’un objectif lucratif. L’aspect lucratif n’est pas pour autant condamnable. Seuls les idiots pensent que l’argent ne rend pas heureux.

LA SORCELLERIE N'EXISTE PAS.png

Dans cet ouvrage vous défendez un concept déroutant la dégaoutique. De quoi s’agit-il ? Qu’est-ce qu’il recouvre ?

Le mot dégaoutique est composé d'un préfixe "de", qui a un caractère privatif et du radical,"gaou" ou le niais dans le langage populaire de Côte d'Ivoire, le Nouchi . La dégaoutique, en tant que philosophie critique des vérités premières, est ainsi le dépassement de l’évidence. Elle propose une lecture complexe du réel selon une rationalité ouverte. Elle recherche la diversité de signification du monde, et la multiplicité interprétative du réel.  Pour ce faire, elle invite à prendre ses distances avec les discours prétendant détenir la norme intangible du vrai. La dégaoutique est une herméneutique et un humanisme.

N’êtes-vous pas hors sujet par rapport aux préoccupations du moment de la société ivoirienne ?

Aucunement. D’abord, tout le monde n’est pas obligé de faire la politique des partis politiques ; ensuite les préoccupations du moment ne sont pas que politiques. Certains aiment le sport, la fête, les études, l’agriculture ou la chasse. Ce n’est pas moins important que l’élection d’un président ou d’un député. Enfin, la dégaoutique, en tant qu’herméneutique, encourage la saisie critique des phénomènes politiques, sans forcément inclure un jugement moral. Elle dit d’éviter d’être naïf vis-à-vis des explications institutionnelles des faits sociaux. Car comme dans le débat sur la sorcellerie, souvent nous avalons les points de vue officiels sans prendre de la distance mentale. Cela est donc valable pour ce que tu appelles « les préoccupations du moment ».

Bon nombre de gens pensent que le débat intellectuel connait un recul en CI ? Qu’en pensez-vous ?

Ces gens ne savent pas ce qu’est un débat intellectuel. D’ailleurs, quel est le niveau de qualification intellectuelle de ceux qui disent cela ? Ils achètent rarement les livres écrits par les auteurs ivoiriens ou africains, ils fréquentent rarement les librairies; ils préfèrent l’opium des centres de prière, la démagogie des meetings des partis politiques et les maquis bruyants. Ils ne fréquentent guère de bibliothèque. Ils ne savent pas qu’ils peuvent offrir des livres à leurs enfants ou à leurs maîtresses. C’est donc leur esprit qui recule devant les débats sur l’ivoirité, sur la sorcellerie, sur le néolibéralisme, sur la souveraineté, sur le néocolonialisme, sur la laïcité, sur la guerre, sur la décentralisation, etc.

On accuse à tort ou à raison les intellectuels ivoiriens de ne pas jouer suffisamment leur partition lorsqu’il se pose de grandes divergences politiques ?

L’opinion qui dit cela m’amuse. Pourquoi ce que tu appelles « les grandes divergences politiques » devraient être réglées par des intellectuels ? C’est irrationnel. Tu ne peux appliquer une solution idoine qu’à un problème de la même nature. Les intellectuels réfléchissent, inventent des utopies, créent des modèles de société. L’application revient aux hommes politiques. A chacun son métier. Que chacun assume sa part de tâche. Enfin, délestons-nous de l’idée que l’intellectuel a la vérité infuse. Les intellectuels ne constituent pas un bloc monolithique sachant et comprenant tout. Cela dit, ne donnons pas plus de pouvoir aux intellectuels qu’ils n’en ont, ici comme ailleurs. Qui a même envie d’écouter les intellectuels?

On aurait voulu avoir un puissant front composé d’intellectuels capable de servir de contre-pouvoir au régime au pouvoir. A ce sujet, on cite à l’envi les intellectuels sénégalais.

C’est une grande mythologie de l’époque coloniale. Partout en Afrique, dans les partis politiques surtout, les intellectuels organiques sont isolés, moqués et traités de rêveurs, au sens négatif. Le drame qu’ils vivent c’est qu’ils se croient obligés d’être membres d’un parti politique. Leur fonction critique est contraire aux exigences de discipline interne. En réalité, le vrai contre-pouvoir, c’est la société civile organisée. Les intellectuels y sont. J’en connais ; ils y travaillent efficacement, sans bruit. Enfin, ne confondons pas universitaires et intellectuels.

 

Interview réalisée par ETTY Macaire

ethimacaire@yahoo.fr


Source: NOUVEAU COURRIER.COM