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jeudi, 19 janvier 2017

VOICI LES 22 PRESIDENTS AFRICAINS ASSASSINES PAR LA FRANCE DEPUIS 1963

 

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Depuis 1963, plus de 22 présidents Africains, alors au pouvoir, ont été assassinés : beaucoup d’entre eux, gênent les puissances coloniales en place et surtout la France dans notre continent d’Afrique.

Bien sur, vous connaissez le SDECE, la DGSE et la DST? Eh bien, ce sont trois services de renseignements français qui ont la réputation de faire des coups d’Etat en Afrique.

Depuis de Gaulle, les autorités françaises dénigrent les Africains de cette façon? Comptons le nombre des coups d’État et que la France a préparés, dirigés et soudoyés en Afrique, cela mérite une plainte à la cour pénale internationale contre l’état français. Pourtant les crimes français sont bien connus et les documentaires inondent les télévisions françaises et africaines pour bien se rendre compte qu’effectivement la France tue, empoisonne et pille en Afrique. Le Service de documentation extérieure et de Contre- espionnage (SDECE) a la charge de la «désinformation». Il prépare lui aussi, réussit ou manque des coups. Son territoire privilégié est l’Afrique. La DGSE est le principal service secret vers l’étranger, qui a en charge le contrôle des «gouverneurs à la peau noire». Il y a un autre la DST (Direction de la sécurité du territoire) qui s’occupe de l’intérieur et de l’extérieur de la France pour diverses raisons. D’abord parce qu’il s’agit de protéger la France des dangers de l’immigration. Ensuite, la DST, qui est une police politique, fait la coopération avec l’ensemble des polices politiques de toutes les dictatures du monde. Après la DGSE, la DST et le SDECE, il y a la Direction du renseignement militaire, le poisson- pilote de l’armée qui fait la propagande de la France lors des conflits en Afrique.

DE DE GAULLE A SARKOZY : TEL PÈRE, TEL FILS

De Gaulle a sacrifié les indépendances africaines au profit de celle de la France. Pour quatre (4) raisons : – la première, c’est le rang de la France à l’ONU avec un cortège d’Etat clients qui votent à sa suite ; – la deuxième, c’est l’accès aux matières premières stratégiques (pétrole, uranium) ou encore (l’or, le bois, le cacao…) ; – la troisième, c’est le financement de la vie politique française, à travers des prélèvements sur l’aide publique au développement ou la vente des matières premières ; – et la quatrième raison, c’est le rôle de la France comme sous-traitant des Etats-Unis auprès des pays d’Afrique. Donc, pour ces quatre raisons, la France a mis en place un système qui nie les indépendances. Et, c’est pour ces quatre raisons que le sang coulé sur le continent. Au Cameroun : L’UPC, luttait pour obtenir l’indépendance. Nyobé a été écrasé entre 1957 et 1970 dans un bain de sang qui a fait entre 100.000 et 400.000 morts. Togo Plus d’un quart de siècle de dictature avec la complicité de la France. Trois ans à peine après l’indépendance de la jeune République togolaise, ce fut l’irruption brutale de l’armée dans la vie politique.

Le 13 janvier 1963, Sylvanus Olympio, le premier président démocratiquement élu est assassiné par le sergent Etienne Eyadema à la tête d’une clique d’anciens soldats, après la guerre du Vietnam. Ils ont fait un coup d’Etat avec l’appui de l’officier français qui était soi-disant chargé de la sécurité d’Olympio : ils ont assassiné ce président le 13 janvier 1963. Eyadema Etienne a passé plus de quarante ans au pouvoir. Il a fait un règne digne de Ceausescu et laissa un pays qui a sombré dans le chao et dans la pauvreté. Décédé en 2005, son fils Faure Eyadema le remplace et cela aussi n’a été possible qu’avec l’appui de la France. Centrafrique Il y avait un homme d’Etat prometteur, Barthélemy Boganda mort dans un accident d’avion extrêmement curieux.

Il ne connaitra pas l’indépendance, la vraie qu’il réclame pour son pays. Barthélemy Bogandatrouve la mort le 29 mars 1959, dans une catastrophe aérienne entre Berberati et Bangui, alors qu’il était en campagne à l’intérieur de son pays. Abel Goumba, médecin diplômé d’outre- mer, ministre d’Etat et président du Conseil de gouvernement, est chargé de l’intérim. David Dacko, jeune instituteur et héritier spirituel de Barthélemy Boganda et, avec l’appui des milieux français de Bangui, réussit à écarter Abel Goumba de la succession. En juillet 1959, l’Assemblée lui refuse les pleins pouvoirs. Il fait démissionner Abel Goumba resté au gouvernement.

Celui-ci fonde alors un parti d’opposition le MEDAC (Mouvement d’évolution démocratique de l’Afrique centrale). Le MEDAC n’aura qu’une courte durée. David Dacko dissout le parti et emprisonne ses dirigeants. La République centrafricaine de David Dacko en proie à de graves crises financières (détournements de deniers publics) au lieu de réagir et d’agir vite décide de remettre le pouvoir au chef d’Etat major le colonel Jean Bedel Bokassa le 1er janvier 1966.

La France érige le pays en Empire et pille les ressources centrafricaines. La suite ? Bokassa tombe et meurt dans la misère. Les Comores Deux chefs d’Etat assassinés et deux autres déposés par le mercenaire Bob Denard. Niger Le jour où le Nigérien Hamani Diori a voulu vendre son uranium à un autre pays, il a été déposé par un coup d’Etat militaire au cours duquel il perdit la vie.

ASSASSINES, PARCE QU’ILS ONT REFUSES D’ETRE DES «MARIONNETTES» DE LA FRANCE

Gabon Léon M’ba meurt d’un cancer à Paris à l’hôpital Claude Bernard le 26 novembre 1967. Germain M’ba parent très éloigné de Léon M’ba, Inspecteur des douanes, licencié en droit et diplômé de sciences politiques, il finit ses études à la fin des années 50, au moment où son pays obtient l’indépendance. Nationaliste comme tous les Africains qui ont usé leurs fonds de pantalons sur les bancs de l’université, il ne supporte pas l’idée que ce soit des «marionnettes» de la France qui dirigent le Gabon. M’ba entre dès 1960 dans la vie politique active et devient aussitôt «dangereux agitateur» pour les agents et politiciens français qui assurent sur place l’ordre et la sécurité.

Eloigné de Libreville par une importante nomination : secrétaire général adjoint à l’Union africaine et Malgache, il fait partie au début des années 60 du petit club des Africains francophones dont la voix compte sur la scène internationale. Le 19 Février 1964 les parachutistes français rétablissent Léon M’ba à la présidence. Le président démissionne de son poste pour marquer sa réprobation. L’affaire fait beaucoup de bruit et amplifie la campagne de presse contre l’attitude néo-colonialiste de Paris.

Germain M’ba apparaît depuis cette affaire comme l’empêcheur de tourner en rond. Rejeté par Paris et par Libreville, il entame alors son errance de paria de la communauté officielle franco- africaine. Il se réfugie d’abord à Brazzaville d’où il est expulsé peu après par les hommes dépendant des services de Jacques Foccart. Il s’installe à Kinshasa, où il est emprisonné pendant un mois. Rejeté d’Afrique, Germain M’ba revient finalement en Europe et collabore au journal Jeune Afrique dont il devient en 1965 le rédacteur en chef adjoint. Affaire Germain M’ba à Libreville 18 Septembre 1971, un diplomate gabonais est abattu. Sa femme et sa fille blessées.

Le cadavre disparaît. Tels sont les éléments d’une affaire ténébreuse qui soulève une vive émotion dans la capitale gabonaise. Dans la nuit de jeudi à vendredi, M. Germain M’ba ancien ambassadeur à Bonn nommé à Tokyo, rentre du cinéma en voiture, accompagné de sa femme et de sa fillette. Mme M’ba et sa fillette descendent de la voiture et entrent dans la maison. Au moment où M’ba ferme sa portière, un homme surgit de l’ombre et tire deux coups de pistolet sur lui.

Germain M’ba s’effondre en poussant un cri. Et depuis, rien sur cette ténébreuse affaire à Libreville qui interpelle le défunt président Albert Bernard Bongo. Rappelons que c’est sur injonction du vieux Houphouët-Boigny que le président gabonais a réintégré Germain M’ba dans le jeu politique.

22 PRESIDENTS AFRICAINS, ONT ETE ASSASSINES DEPUIS 1963

Depuis 1963 : Voici la liste des 22 présidents Africains, alors au pouvoir, ont été assassinés :

– EN 1963 : SYLVANUS OLYMPIO, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU TOGO –
EN 1966 : JOHN-AGUIYI IRONSI, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU NIGERIA
– EN 1969 : ABDIRACHID-ALI SHERMAKE, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DE SOMALIE
– EN 1972 : ABEID-AMANI KARUMÉ, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DE ZANZIBAR
– EN 1975 : RICHARD RATSIMANDRAVA, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DE MADAGASCAR
– EN 1975 : FRANÇOIS-NGARTA TOMBALBAYE, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU TCHAD
– EN 1976 : MURTALA-RAMAT MOHAMMED, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU NIGERIA
– EN 1977 : MARIEN NGOUABI, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU CONGO-BRAZZAVILLE
– EN 1977 : TEFERI BANTE, PRÉSIDENT DE LA RÉP. D’ETHIOPIE
– EN 1978 :  Ali Soilih M’tsashiwa, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DES COMORES
– EN 1981 : ANOUAR EL-SADATE, PRÉSIDENT DE LA RÉP. D’EGYPTE
– EN 1981 : WILLIAM-RICHARD TOLBERT, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DE LIBERIA
– EN 1987 : THOMAS SANKARA, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DE BURKINA-FASO
– EN 1989 : AHMED ABDALLAH, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DES COMORES
– EN 1989 : SAMUEL-KANYON DOE, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DE LIBERIA
– EN 1992 : MOHAMMED BOUDIAF, PRÉSIDENT DE LA RÉP. D’ALGÉRIE
– EN 1993 : MELCHIOR NDADAYÉ, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU BURUNDI
– EN 1994 : CYPRIEN NTARYAMIRA, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU BURUNDI
– EN 1994 : JUVÉNAL HABYARIMANA, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU RWANDA
– EN 1999 : IBRAHIM BARRÉ-MAÏNASSARA, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU NIGER
– EN 2001 : LAURENT-DÉSIRÉ KABILA, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DU CONGO-KINSHASA
– EN 2009 JOÃO BERNARDO VIEIRA, PRESIDENT DE GUINEE-BISSAU
– EN 2011 : MOUAMMAR KHADAFI, PRÉSIDENT DE LA REP DU LIBYE, ASSASSINÉ PAR LE CNT DE LA FRANCE.

 

Source: ZAKWELI.COM

lundi, 16 décembre 2013

LES FRANCS-MAÇONS DEBARQUENT A ABIDJAN - POURQUOI ET QUE VIENNENT-ILS Y FAIRE?


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Abidjan sera la capitale des francs-maçons à partir de février 2014. Toute la galaxie maçonnique s’y donne, en effet, rendez-vous les 7 et 8 février pour les 22èmes rencontres humanistes et fraternelles africaines, malgaches, belges et françaises. De quoi épouvanter ceux qui leur attribuent toutes sortes de malfaisances.


Abidjan sera aux couleurs de la franc-maçonnerie mondiale dès le début du mois de février. Africains, Malgaches, Caribéens, Belges, Français y ont rendez-vous à l’occasion des 22èmes rencontres humanistes et fraternelles d’Abidjan. Ce qui devrait à priori doper l’enthousiasme des loges locales. Depuis quelque temps, la capitale ivoirienne est en effet devenue la plaque tournante de la franc-maçonnerie sous-régionale, voire africaine. Six grandes loges s’y disputent le terrain sans rien changer au dépaysement des ivoiriens sur le sujet. Car pour le commun des mortels ivoiriens, les francs-maçons font avant tout penser aux « compagnons de Baal » des télé-films américains, dont les rituels ressemblent aux usages sacrificiels des sorciers locaux. Leur culture du secret fait d’eux la preuve concrète que le pouvoir se prend à partir de rituels très mystérieux.

Au demeurant, la présence de dirigeants africains dans les rangs des maçons contribue nécessairement à alimenter les peurs qui surgissent dès que des phénomènes non maîtrisés arrivent. En Afrique centrale, les présidents gabonais et congolais sont à la fois maçon, grand maître et président de la République. Or, les conditions dans lesquelles ces derniers prennent le pouvoir, généralement dans le sang, achèvent de convaincre sur la nocivité du clan des maçons.

Mais l’un des responsables du Prince Hall balaie toutes ces accusations. Pour lui, la franc-maçonnerie est une association normale de personnes faisant la promotion d’un certain nombre de valeurs. Même s’ils ont été blâmés par l’église cléricale qui en a, par le passé, ex-communié ses membres parce qu’ils refusaient de confesser certains secrets, celle-ci est revenue à de meilleurs sentiments depuis. Ce qui fait qu’un franc-maçon peut aussi être un homme de Dieu.

Bref, ces maçons vont se réunir à Abidjan, selon La Lettre du Continent, pour des rencontres humanistes et fraternelles. Pour le reste, très peu d’informations filtrent sur l’événement qui n’intervient cependant au plus tôt que début février prochain. Cela dit, on peut quand même s’interroger sur le contenu d’une telle rencontre et pourquoi on la qualifie d’humaniste et de fraternelle. Selon le dirigeant de la loge Prince Hall, les francs-maçons sont un courant philosophique dont le but est de faire du bien. L’appellation franc-maçon ayant été tirée du nom attribué aux bâtisseurs de maison. C’étaient donc des bâtisseurs de maison et de nombreux édifices auraient été construits par eux tout au long de l’histoire humaine. Cependant aujourd’hui, les actions des maçons se concentrent essentiellement sur les projets sociaux.

Bref, selon lui, les maçons ne sont pas diaboliques comme le pensent la plupart des Ivoiriens. Cela dit, il va être difficile de convaincre ceux qui en sont convaincus. Le contexte de la tenue de cette rencontre en début d’année leur fournit d’ailleurs des ingrédients de suspicion légitime. En effet, les fins d’année se terminant généralement dans le sang pour nombre de nos concitoyens, beaucoup y voient le surgissement rituel de créatures maléfiques. Les francs-maçons feraient partie de ces créatures-là. La loge Prince Hall balaie aussi la polémique sur les batailles de loges. Il y a quelques mois, en 2012 en particulier, Jeune Afrique publiait une enquête sur la guerre des francs-maçons en Côte d’Ivoire et l’agacement des loges affiliées françaises qui désespéraient des loges apparentées aux américains. Ce document montre clairement que la conquête du pouvoir est au cœur des préoccupations des élites franc-maçonnes. Le pouvoir allant généralement avec le sang, il n’est pas facile de dresser un portrait aussi clean que celui que la loge Prince Hall brosse.

Sévérine Blé, in le quotidien ivoirien "Aujourd’hui" N° 527 du vendredi 13 décembre 2013.


Source: CIVOX.NET

mardi, 30 octobre 2012

LA PRESIDENTE DE LA COMMISSION DE L'UA, MME DLAMINI ZUMA DEMANDE LA LIBERATION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 

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Trois mois après son accession à la Présidence de l'Union Africaine, Mme Dlamini Zuma par cette initiative, réoriente complètement la vision de l'organisation dont elle a pris les commandes en juillet dernier. La requête adressée auprès des juges de la CPI, demandant la libération de Laurent

 Gbagbo est une affirmation de la volonté qu'elle n'a jamais cachée, que les résolutions des problèmes africains doivent revenir aux africains. Cette démarche renvoie nécessairement à la résolution de la crise malgache et préfigure la mise en application des décisions prises par les chefs d'état membres de la Sadc au mois d'août dernier à Maputo.

La diplomatie pragmatique et préventive, telle que prônée par la toute nouvelle présidente de la Commission de l’Union africaine, est en train de prendre corps et passe à la vitesse supérieure. Les grands dossiers, tels que la crise malienne, la crise en Rdc, la crise au Soudan, et naturellement, celui du célèbre prisonnier de la Haye, Laurent Gbagbo, sont dans la besace de Dlamini Zuma.

Qui donne des signaux forts, et non des moindres, depuis son investiture officielle le lundi 15 octobre 2012, à la tête de l’Union. Et en termes d’actions tangibles, Outre le mini sommet qu’elle a convoqué sur la crise malienne, qui a lieu en terre malienne, vendredi 19 octobre 2012, la première personnalité de l’Ua va plus loin.

Le règlement de la crise ivoirienne, notamment le contour de l’incarcération de Laurent Gbagbo et les relents politiques liés à cet état de fait, dans la stabilité et le retour de la paix, sont, tout autre dossier brûlant dont elle s’est saisie avec diligence. Une prérogative que s’est octroyée Mme Zuma, sur laquelle revient François Soudan, éditorialiste à Jeune Afrique, sur les ondes de Rfi.

Selon le confrère, en faisant sienne la crise ivoirienne, la présidente s’est attachée les services de plusieurs chefs d’Etats africains, y compris ceux qui seraient encore réticents, pour constituer un groupe de pression qui va peser de tout son poids, en faveur de la libération de Laurent Gbagbo.

Toujours selon l’éditorialiste, la matriarche africaine s’est attelée en amont, à envoyer un courrier aux juges de la Cpi. Pour leur décliner sa vision de la crise, assortie de propositions, dont ils doivent tenir compte, dans le rendu du verdict du 30 octobre prochain. A en croire François Soudan, qui prétend ne pas être imprégné du contenu total de la missive, mais qui assure avoir eu une idée de la partie liminaire dudit courrier, Dlamini Zuma s’est voulue très formelle dans le règlement de la crise qui secoue la Côte d’Ivoire.

Et, écrit-elle en substance : «Sans m’ériger en Avocate défenseur de M. Laurent Gbagbo, encore moins m’immiscer dans les affaires judicaires qui ne sont pas de mon ressort, en tant que première responsable de l’Institution africaine, je prie le collège des juges de s’approprier mes propositions. Etant attendu que la réconciliation en Côte d’Ivoire est étroitement liée à la libération du chef de l’ex-régime». Pour lui, le fait que Dlamini associe à son projet, plusieurs chefs d’Etat, n’est ni moins ni plus une volonté avérée de la Sud-africaine, d’éteindre tous les brasiers qui consument l’Afrique et freinent son développement.

Et dans le répertoire, figurent les plus influents. Qui ne sont autres que Jacob Zuma, Goodluck Jonathan, le Ghanéen John Dramani, le Béninois Yayi Boni, pour ne citer que ceux-là. Et le moins qu’on puisse dire, la nouvelle dirigeante ouvre une nouvelle ère diplomatique, dans le mode de gestion concrète des crises qui minent l’Afrique. Elle qui ne cesse de clamer, haut et fort, et avec fermeté, citant Patrice Lumumba, que l’Afrique n’est «ni française ni russe ni portugaise ni américaine», mais bien africaine.

Réputée rigoureuse et efficace, Dlamini Zuma, a largué cette mise en garde : «Nos décisions ne seront facteurs de changement que si elles sont appliquées. Il faut des solutions africaines aux problèmes africains».

De célèbres phrases prononcées au cours de la cérémonie d’investiture, qui magnifient celle dont la débauche d’énergie en faveur de Laurent Gbagbo, est une réalité, et qui ne ménage aucun effort pour faire appliquer sa vision. Un pari qu’elle est en phase de gagner.Une belle leçon à inculquer aux avatars de l’affranchissement de l’Afrique, adeptes de l’afro pessimisme, qui militent en faveur de l’asservissement de tout un continent.


Source: La page Facebook de André Tameghe

dimanche, 14 octobre 2012

FRANCOPHONIE A KINSHASA: LA FRANCE DANS SA BASSE-COUR!

 

 

Alors que des problèmes sérieux se posent à l’Afrique, les dirigeants des pays (anciennes) colonies françaises de ce contient n’en finissent pas de s’acoquiner avec les autorités de Paris, à la recherche d’un nouveau souffle pour l’asservissement à une France incapable de renoncer aux pratiques les plus avilissantes du colonialisme. Et ce n’est pas parce que le président français joue sur les mots en disant qu’à Kinshasa, lors du sommet de la Francophonie « il y aura la France et l’Afrique, et qu’il ne sera pas question d’associer la France et l’Afrique » qu’il faudrait croire que la Francafrique, ce système de relations de dupes entre la France et ses (anciennes) colonies aura vécu. Pour faire bien, on tente parfois de donner à la francophonie les allures du Commonwealth. Et pourtant, l’histoire a montré depuis toujours que les conceptions des relations avec les colonies n’ont jamais été les mêmes selon qu’il s’agisse de la France ou de l’Angleterre. Même si dans les deux cas on recherche le profit, les Français ont toujours eu un comportement qui tend à nier aux Africains toute personnalité, toute dignité ! Aujourd’hui, malgré les indépendances, le regard des Français sur l’Afrique n’a pas varié d’un pouce.

L’Afrique francophone : la basse-cour de la France !

L’image de la basse-cour, c’est ce qui convient le mieux, lorsqu’on veut parler des relations de la France avec les pays francophones d’Afrique. Aujourd’hui encore, les pratiques dégradantes de la francafrique font de ceux qui sont à la tête des Etats africains des responsables régionaux, de sortes de préfets de seconde zone, et leurs peuples subissent le dédain raciste, pendant qu’on parle de partenariat. Tout le monde sait que, non contente d’être un marché captif à maints égards pour la France, l’Afrique francophone va jusqu’à loger ses devises dans le Trésor de la France ; cela fait que l’Etat français a un contrôle exclusif absolu sur les économies des Etats de cet espace africain. Le Franc cfa, cette monnaie coloniale, est aujourd’hui la plus grossière arnaque qui puisse exister en matière de relations internationales. Le plus dramatique, c’est qu’on s’échine à faire croire que les Etats africains trouvent leur compte dans cette grotesque duperie. C’est un paternalisme avilissant que subit l’Afrique par la cupidité de dirigeants sans envergure, qui ne doivent souvent leur place qu’aux coups bas de la France des réseaux qui est en Afrique cette Francafrique ! Et ce n’est pas parce qu’un certain Abdou Diouf, après avoir dirigé le Sénégal, n’a pas pu se faire à l’idée d’une retraite méritée, et s’est retrouvé avec ce strapontin peu flatteur de Secrétaire Général de ce machin néocolonial, qu’il faudrait y voir une institution de coopération entre Etats. La francophonie est aujourd’hui le pilier visible le plus actif de l’action colonialiste de la France en Afrique. Pour la petite histoire, Monsieur Bernard B. Dadié, homme de lettres ivoirien bien connu, s’est vu refuser le visa par la France, en 2010, alors qu’il devait prendre part, en tant que membre à part entière, à une réunion important de la francophonie à Paris. La raison : ses prises de positions dans le complot électoral franco onusien en Côte d’Ivoire déplaisaient aux autorités de la France. D’ailleurs on a vu après, sans surprise, Abdou Diouf, le Secrétaire Général de cette institution, voler au secours de la France, dans sa guerre en Côte d’Ivoire, par des prises de positions indignes de l’ex chef d’Etat qu’il est !...

A quand donc « l’âge d’or » pour l’Afrique?

Nous entendons par « âge d’or », le temps où les Africains auront acquis le respect des autres. Le temps où sera abandonnée cette vision réductrice qui présente les Africains comme les dindons d’une farce grotesque. Le fait est que pendant que dans les Etat africains non francophones, on peut sentir comme un vent de dignité, dans la partie francophone, c’est l’aplatissement total, avec des comportements à faire honte même à l’idiot du village.

Il y peu, Tabo Mbeki, l’ex chef d’Etat sud africain, donc d’un pays anglophone, fustigeait la caducité des textes de l’ONU, et tançait durement l’Ua et les Africains pour leur tiédeur (le mot est faible) quand il s’agit de prendre position pour défendre un Etat africain. Cette semaine, c’est Paul Kagamé, un ex francophone qui a tourné vers la langue de Shakespeare, qui déclare que « l’Afrique n’a de leçon à recevoir de personne ! » A côté de cela on a vu, il n’y a pas longtemps, les chefs d’Etats francophones d’Afrique, Laurent Gbagbo (alors chef d’Etat) excepté, s’aligner pour aller faire la fête nationale en France. Et il y a quelques jours, ce sont les ministres des finances de  ces mêmes Etats francophones qui sont allés à Paris, avec au premier rang, Alassane Ouattara, le « préfet de seconde zone » que la France a placé au pouvoir en Côte d’Ivoire, après avoir chassé Laurent Gbagbo avec des bombes. Ils sont allés fêter l’esclavage financier que subissent leurs pays, avec le franc cfa.

Ces exemples pour dire que pendant que dans les pays anglophones, des voix s’élèvent pour parler de dignité de l’Afrique, dans les pays francophones, c’est toujours le statu quo colonial. On continue de s’aplatir devant la France, et on n’a pas honte de se ridiculiser avec des attitudes et parfois des propos aussi niais que lâches. Comme cette réponse de l’Ivoirien Charles Konan Banny, ancien gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) : à l’occasion de la fête des 40 ans du cfa, fête de l’esclavage financier, dernièrement à Paris, un journaliste s’est hasardé à demander à l’ancien gouverneur de la BCEAO si et quand les Etats africains envisageaient de créer leur propre monnaie. Monsieur Banny, à la manière de « Toto » qui voudrait faire de l’esprit, a demandé au journaliste de quoi il parlait. Puis il a poursuivi, à peu près en ces termes : «  nous avons une monnaie à nous,  qui est le franc cfa ! Et si c’est une affaire de mot, on peut, pour vous faire plaisir, remplacer cfa pour autre chose ; mais nous, nous n’avons pas du tout le sentiment de ne pas avoir une monnaie à nous… » Voilà, sans commentaire, le propos d’un ex haut fonctionnaire de l’esclavage financier que la France exerce sur l’Afrique francophone. Avec çà, on a de quoi être sceptique devant les campagnes pour la francophonie, et se demander avec insistance : à quand « l’âge d’or » ?

Que Dieu nous protège !


Nda Adjoua Suzanne, Enseignante

mercredi, 10 octobre 2012

LA DEVALUATION DU FRANC CFA ET SES MAGOUILLES OBSCURES - AUX ORIGINES DU «PACTE» OUATTARA-SARKOZY


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Alors qu’Alassane Ouattara tient conférence à Paris, dans le cadre de la commémoration des 40 années de la zone franc, et que Pierre Moscovici, ministre français de l’Economie et des Finances, le présente comme un homme qui «incarne notre volonté de faire le lien entre le passé, le présent et l’avenir» (cf. Jeune Afrique n° 2699 du 30 septembre au 6 octobre 2012), Le Nouveau Courrier revient sur les secrets d’un épisode à la fois important et socialement douloureux de la zone franc en question.

C’est un document secret, d’une valeur exceptionnelle et d’une importance considérable à plus d'un titre que Le Nouveau Courrier s’est procuré. Il est daté du 27 janvier 1993 et a été rédigé par le secrétariat général du gouvernement français de l’époque. Il évoque la «situation économique et financière d’Afrique francophone». Mais il faut le contextualiser, l'analyser, en tirer ce qu'il dit, mais aussi ce qu'il ne dit pas. Cela tombe bien. Nous avons pu non seulement en prendre connaissance, mais également nous en faire donner les clés de compréhension par un proche du dossier, que nous nommerons «Gorge profonde».

Mitterrand et les socialistes ne voulaient pas de la dévaluation de 1994 

Le mercredi 27 janvier 1993, se tient une réunion secrète, un «conseil restreint» au Secrétariat général du gouvernement, présidée par François Mitterrand lui-même. Y assistent : le Premier ministre, Pierre Bérégovoy, le Ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas (qui connaît donc certains des protagonistes actuels de la crise ivoirienne depuis bien longtemps), le ministre de la Défense, Pierre Joxe (lui-même fils d'un homme politique de premier plan), celui de l'Économie et des Finances, Michel Sapin (membre actuel du gouvernement français), et, bien sûr, le ministre en charge alors de la Coopération et du développement, Marcel Debarge, "éléphant"du PS, comme on disait alors. Signalons, présents au titre de la Présidence de la république française, le Conseiller M. Delaye, le Chef d'État-major, M. le général Quesnot et, plus étonnant, le Secrétaire général adjoint, Mme Anne Lauvergeon. M. Jurgensen, Directeur général de la Caisse centrale de coopération économique, et M. Denoix de Saint Marc, Secrétaire général du gouvernement, complètent la distribution.

En ce 27 janvier 1993, la France est encore à gauche pour quelques semaines. La droite remportera en mars les législatives, accèdera au pouvoir, qu'elle devra néanmoins partager, selon les délices constitutionnels français, avec le président de la République en place, François Mitterrand. Depuis 1981 et la victoire historique de celui-ci, la droite n'a pas gouverné, si l'on excepte la précédente cohabitation, entre 1986 et 1988, qui vit Jacques Chirac accéder à Matignon. Autant dire que les réseaux françafricains dits de droite, en opposition supposée à ceux de gauche, s'activent et préparent leur retour aux affaires.

Onze ans ou presque qu'ils attendent de réinvestir l'Afrique francophone et sa zone franc. Cela explique sûrement l'extrême rapidité avec laquelle, à peine réinstallée aux commandes, la droite de Balladur va mettre en place une dévaluation du franc CFA foudroyante. Contre les volontés des présidents africains et de la gauche française bientôt défaite. C’est ce que prouve très clairement le document secret que Le Nouveau Courrier s’est procuré. Ainsi lit-on sur la deuxième page de notre document que «le 31 juillet 1992, les présidents Bongo, Compaoré, Diouf et Houphouët-Boigny ont réaffirmé solennellement leur souhait de maintenir la parité actuelle des francs français et CFA.» Mieux : «Pour ce faire, ils ont manifesté leur ferme engagement de poursuivre dans la voie de l'ajustement réel.» Très clairement, la «mitterrandie» souhaite une cure d’austérité, mais ne veut pas de dévaluation.

«En diminuant récemment les salaires de la fonction publique de 20%, le président Biya a montré que l'ajustement réel n'était pas hors de portée», se félicite le document. Admirable rhétorique. Aussi pour le pouvoir français, «il convient de soutenir cette démarche courageuse, premier pas vers un programme de redressement économique qui permette de rétablir les conditions d'une croissance durable sans ajustement monétaire et d'inciter la Côte d'Ivoire ainsi que les autres États de la Zone Franc à faire de même.»

Le duo Camdessus-Ouattara : ceux qui ont poussé à la dévaluation à marche forcée

Ce n'est peut-être pas encore écrit dans les manuels d'Histoire français, mais il est (presque déjà) notoire que, depuis les indépendances, Libreville, Dakar et Abidjan sont les places fortes de la France en Afrique. Pour ne pas dire de la Françafrique. En 1993, les présidents que la France consulte et écoute se nomment Omar Bongo, Abdou Diouf, Félix Houphouët-Boigny (même si très diminué, dans les faits, c'est Alassane Ouattara, son Premier ministre, qui gouverne), mais aussi, et là encore ça surprendra sûrement quelques observateurs attentifs, Paul Biya, président (déjà) du Cameroun et Blaise Compaoré, président (déjà lui aussi) du Burkina Faso.

Les leaders africains le savent pertinemment : l'hypothèse d'une dévaluation du Franc CFA est, en 1993, depuis plus d'un an et demi dans les tubes des plus libéraux du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque Mondiale, institutions économiques toutes puissantes issues des Accords de Bretton Woods. Au FMI, et en particulier à sa direction, M. Camdessus en est un partisan inconditionnel. Et derrière lui celui qu'un storytelling bienveillant et accommodant présente comme un "ancien directeur du FMI" ou un "ancien directeur adjoint du FMI", mais qui ne fut dans les faits que membre du cabinet Camdessus : Alassane Ouattara. (Pour preuve, celui qui succèdera à Camdessus, embarrassé par quelques affaires pénibles, sera son "vrai" numéro 2, M. Fischer).

La dévaluation du franc CFA: une fabrique de misère pour les masses africaines, une gigantesque opération spéculative pour les «sachants»

Finalement, le camp «anti-dévaluation», incarné par François Mitterrand et ses hommes, perdra le contrôle de la situation. Le Parti socialiste défait aux législatives, Mitterrand doit cohabiter. Chirac préfère envoyer Balladur. Le Banquier par excellence. Un physique de héros de Molière et de roi de France en même temps. Le moins soupçonnable de tous. Formé à la banque Rotschild et auprès de Georges Pompidou.

Donc pas tout à fait innocent des affaires et réseaux de la Françafrique. Autour de lui, un gouvernement. Le retour en grâce de réseaux qui, s'ils ont rouillé, n'en continuent pas moins d'occuper une bonne partie du terrain. La dévaluation se met en place. Elle n’empêchera pas une division par deux des salaires dans de nombreux pays où elle s’additionnera à l’austérité préconisée par la gauche.

Tout va aller vite. Vraiment très vite. En quelques semaines, on passe de la note secrète de Conseil restreint recommandant en somme de repousser la dévaluation au profit de l'ajustement à la mise en place effective de celle-ci. La dévaluation sera une opération financière et monétaire, mais aussi une opération juteuse et assimilable à un gigantesque délit d'initiés pour certains – qui savaient ce qui allait se passer pour des raisons évidentes, et qui en ont bien profité.

Les dommages (et bénéfices) seront tels que pour stopper l'hémorragie, le 31 juillet 1993, il sera décidé de suspendre la convertibilité du CFA. Le New York Times parlera, en octobre 1993, «de trains de camions» remplis de billets françafricains transitant par Londres pour Genève. On disait alors que «des Nigérians» tenaient ce business excessivement lucratif. Il était urgent pour les veinards qui en possédaient d'aller changer en francs français ou en devises «bankables» des CFA dont la valeur allait être multipliée par deux après la fameuse dévaluation.

Sarkozy était déjà à la manœuvre Qui contrôlait donc ce bateau ivre de la dévaluation ?

En premier lieu, en second chef et à tout saigneur tout honneur : dans le désordre économique protocolaire, l'exécuteur des hautes œuvres et des basses besognes, celui qui officiait alors à Paris au Budget, Nicolas Sarkozy.

S'il n'a pas, effectivement, marié Alassane et Dominique Ouattara, on peut sans s'avancer conjecturer sur, au minimum, une rencontre «fructueuse» entre les deux hommes dans cette période. En second lieu, tout au moins dans les souvenirs précis de notre informateur de l’ombre : Anne Le Lorier, Conseillère économique à Matignon. Peut-être sinon le plus important, en tout cas le plus «conséquent»: l'alter ego de Nicolas Sarkozy à la Coopération, le «gendarme» Michel Roussin. Qui sera plus tard le troisième bras de Vincent Bolloré, après avoir, parmi d'autres, payé pour un "système Chirac" qui les dépassait probablement, lui et Chirac. Comme on se retrouve ! Qui est donc Directeur de cabinet de Michel Roussin à l'époque, et donc forcément au courant de l'ensemble des problèmes et questions liés à la dévaluation ? Dov Zerah himself ! Celui qui sera nommé à la direction de… l'Agence Française de développement par… Nicolas Sarkozy en 2011. (Même si, pour la petite histoire, Zerah sera assez vite remplacé par M. Pouilleute.) 

Deux autres hommes se détachent incontestablement : Jean-Claude Faure et Jean-Michel Sévérino. Faure est à la direction du Développement et reviendra en grâce en 1997. Paradoxalement, il mettra à profit la victoire de la gauche lors des calamiteuses législatives, nées de l'encore plus calamiteuse dissolution due au fantasque Dominique de Villepin, pour réapparaître auprès de M. Josselin. Son épouse était Conseillère de Lionel Jospin.

Ceci expliquerait-il cela? Sévérino, issu du Cabinet de Jacques Pelletier, était le chef du Service de Coordination géographique. Notre ami Gorge profonde voit en lui «la cheville ouvrière de la dévaluation». Plus tard, son forfait accompli, si l'on peut dire, il sera soutenu par Jacques Chirac à la direction de la Banque mondiale. Il en sera vice-président. Libéral assumé, il n'en sera pas moins encarté au PS. Ami et de l'influent Camdessus et de l'influencé Ouattara. Il dirigera plus tard l’Agence française de développement.

Décidément «machin» à recycler les hauts fonctionnaires et les plus méritants des réseaux. Actuellement, un homme comme M. Séverino, en complément d'autres activités, officie, par exemple, en qualité d'administrateur dans des firmes comme Danone ou Orange. On ne l'y paye pas en salaires, mais en jetons de présence (à hauteur de 50 000 euros chacune chaque année pour quelques heures de… présence). 

La question qu’on ne peut pas ne pas se poser

Aujourd’hui avec le recul, l’on sait que la dévaluation de 1994 n’a pas enrichi l’Afrique. Après un rebond artificiel de certaines économies, qui se limitait aux beaux tableaux des institutions de Bretton Woods, la baisse généralisée du pouvoir d’achat qu’elle a entraîné a exacerbé la corruption chez les fonctionnaires, voire précipité des troubles politiques considérables, comme en Côte d’Ivoire.

La dévaluation n’a pas vraiment fait bouger la règle de la «monoculture» agricole et l’industrialisation n’a pas fait des progrès fulgurants. On retiendra surtout qu’elle a enrichi ceux qui savaient ce qui allait se poser et comment cela allait se passer et ceux qui pouvaient orchestrer le «déplacement» de l’Afrique à l’Europe de sommes considérables d’argent.

Ancien gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) où il disposait encore de solides réseaux, Ouattara a-t-il, d’une manière ou d’une autre, joint «l’utile» à «l’agréable» en ce temps-là? Aujourd’hui, les différentes «affaires» qui secouent la République française, notamment l’affaire Karachi, montrent que les années dont il est question ont été des années où les deux clans rivaux de la droite – les clans Balladur/Sarkozy et Chirac – étaient à la recherche effrénée d’argent pour financer leurs ambitions politiques. L’Histoire retiendra sans doute que c’est dans cette période bien particulière que la grande amitié, pour ne pas dire «le pacte», entre Nicolas Sarkozy et Alassane Ouattara s’est forgée.


Grégory Protche


NB: Les documents se trouvent dans la rubrique ''documents'' en bas de votre site ou suivez cet lien:

 http://abidjandirect.net/document/devaluation_doc_1.jpg

 

Source: ABIDJAN DIRECT.NET

LE CFA POUR «GARANTIR LA GARANTIE» DE LA FRANCE AU MECANISME EUROPEEN DE STABILITE

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L’Europe vient de se munir de son propre fonds monétaire, le Mécanisme européen de stabilité, présenté par les économistes européens comme l’équivalent du Fonds monétaire international ; un mécanisme financier censé gérer les crises financières au sein de la zone euro. Pourquoi donc, l’Europe, qui depuis la création du FMI en assume la présidence, éprouve-t-elle soudain le besoin de se doter de son propre fonds monétaire ? Tout simplement parce que le Fonds monétaire international, géré de mains de père sévère par l’Europe, n’est qu’un mécanisme de contrôle des économies du Tiers Monde, et plus précisément des économies africaines.

Le tout nouveau Mécanisme européen de stabilité sera financé à 700 milliards, dont 190 milliards venant de l’Allemagne et 143 milliards de la France. En réalité, de sa contribution de 143 milliards, la France, éprouvée par la crise financière,  ne versera que 16 petits milliards, le gros de la somme, c’est-à-dire les 127 milliards restants, seront en garanties.

De quelle garantie est-il donc question ? C’est ici que le dernier voyage d’Alassane Dramane Ouattara à Paris trouve son explication. Seul chef d’état sommé par la France d’être à Paris à l’occasion de l’énigmatique célébration des 40 ans de la zone CFA, Ouattara est allé se faire expliquer la décision de Paris, qui entend utiliser les recettes des pays de la zone CFA déposées au Trésor français pour garantir sa contribution au Mécanisme européen de stabilité.

En effet, en vertu de « l’accord » entre la France et les pays de la zone CFA, 85% des recettes de ces pays sont permanemment déposées dans des comptes d’opérations contrôlés par le Trésor français, qui en dispose comme il l’entend, sans qu’aucun rapport comptable ne soit fourni aux pays de la BEAC et la BCEAO concernant l’utilisation qui en est faite ni les intérêts qui en sont générés De leurs recettes déposées au Trésor français, les pays de la BEAC et de la BCEAO ne peuvent théoriquement retirer que 20% ; théoriquement puisque toute demande de retrait est soumise à l’approbation d’un club restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français qui, historiquement, ont rarement accepté de prêter aux pays africains plus de 15% de leur propre argent.

Afin de garantir la garantie de la France au tout nouveau Mécanisme européen de stabilité, les pays membres de la BEAC et de la BCEAO devraient gérer leurs besoins de sorte à ne pas soumettre de demande de retrait au-dessus de 10% de leurs recettes déposées au Trésor français. Ils devraient se serrer la ceinture afin que la France desserre la sienne et mange à sa faim. Alassane Dramane Ouattara est à Paris pour recevoir cette consigne, qu’il s’attellera ensuite à relayer à ses pairs.

 

Source: Le blog de Martial Frindéthié

lundi, 08 octobre 2012

LA FRANCE, ARTIFICIELLEMENT RICHE PAR L'ESCLAVAGE MONETAIRE DE L'AFRIQUE

 

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Le Franc CFA a été créé le 25 décembre 1945 par la France selon l'article 3 du décret n° 45-0136 et publié au Journal Officiel français du 26 décembre 1945. Un bien curieux cadeau de Noël aux Africains.

Jean Boissonnat, membre du Conseil de la politique monétaire de la Banque de France (1994-1997) disait ceci en parlant du Franc CFA:

«Pratiquement toutes les décisions étaient prises à Paris. La zone franc a permis à la France de se fournir en certaines matières premières (plomb, zinc, manganèse, nickel, bois, phosphate, oléagineux, uranium...) sans débourser des devises. On a calculé qu'elle représentait (pour la France) 250 millions de dollars par an d'économies de devises. La métropole a acheté, en 1954, pour 365 milliards de marchandises (principalement des produits). On a estimé que 500.000 Français de la métropole tiraient leur moyens d'existence de l'ensemble économique de la zone franc». "La Zone Franc: Survivance du Passé ou Promesse d'Avenir" dans La Croix, 17 février 1960.

Quelques décennies plus tard, strictement rien n'a changé et les Africains continuent d'approvisionner l'économie française gratuitement comme les Français, sous occupation, le faisaient jadis en direction de l'Allemagne nazie.

«L’institution et le fonctionnement du soi-disant accord de compensation valurent à l’Allemagne des avantages considérables. Grâce à lui, elle put acheter gratuitement et sans limitation toutes les ressources françaises nécessaires à la poursuite de la guerre et à la subsistance de sa population». Pierre Arnoult (Inspecteur général des Finances), "Les finances de la France et l’occupation allemande (1940-1944)", p.192 (1951).

C'est en 1963 que les Accords de Yaoundé I marque le début de la coopération entre l'Europe et 18 États africains dont ceux de la zone CFA. Au fil du temps, ces accords vont connaitre nombreuses mutations, mises à jour, et une adhésion progressive d'autres États au concept:
 
-Accords de Yaoundé II en 1969;
-Accords de Lomé I en 1975;
-Accords de Lomé II en 1979;
-Accords de Lomé III en 1984;
-Accords de Lomé IV en 1989;
-Accords de Cotonou en 2000;
-Et aujourd'hui les fameux APE (accords de partenariats économiques).

Le mot "coopération" fait partie de la quincaillerie des mots mielleux qui caractérisent le discours philanthropique de l'Occident pour placer un écran de fumée sur la logique de prédation dans laquelle cet Occident entraine toute l'Afrique. 

Jean Foyer, ministre de la coopération française (1961-1962) et ancien garde des Sceaux du général de Gaulle et connu pour être l'un des artisans de la Constitution française de 1958, déclara: «On a passé avec eux (les pays africains de la zone CFA) des accords (dits de coopération) sur les matières premières stratégiques. Ces accords sur les matières premières stratégiques les obligeaient tout simplement à nous proposer à nous en premier lieu de nous accorder des concessions mais en ne les obligeant d'ailleurs pas à le faire». "Cameroun: Autopsie d'une indépendance", film réalisé par Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf (2009).

Le dénominateur commun de ses accords est, pour le cas de la France étudié ici, l'exportation des matières premières vers la France sans tarifs douaniers et l'importation en Afrique, sans barrière douanière, des produits finis qui ont été manufacturés en France. 

L'achat, si on peut l'appeler ainsi, par la France de ses matières premières se fait en créditant les comptes d'opérations des pays africains de la zone CFA (ces comptes sont en France) sans pour autant les payer concrètement. En clair, cette approvisionnement en matière première est gratuite pour la France. C'est ainsi que les pays africains de la zone CFA sont pris en otage par la France dans la mesure où leur argent est supposé être dans ses nébuleux comptes d'opérations dont seul la France connaît le secret.

«En 1966... le gain total de 1.220,3 millions de franc français résulte d'un apport de 221 millions de la France, d'un apport de 1.218,6 millions des États africains et malgache et d'un apport de 193,3 millions des autres pays de la zone franc (Mali excepté), soit 1 632,3 millions de francs». Journal officiel de France du 15 avril 1970 page 209.

Donc, l'apport concret des pays africains est 6 fois plus élevé que celui de la France.

Qui développe qui? Qui aide qui?

La France utilise les capitaux des pays africains de la zone Franc CFA pour couvrir ses déficits budgétaires et rembourser ses dettes publiques.

«L’avantage que représente pour le Trésor français l’existence de soldes créditeurs aux comptes d’opérations est réel, car ils sont l’une des ressources qu’utilise le Trésor français pour financer la charge qui résulte pour lui des découverts d’exécution des lois de finances et de l'amortissement de la dette publique». Xavier de La Fournière, "La zone Franc", Presses Universitaires de France. Collection «Que sais-je?» n° 868, 1971.

«Nous sommes dans la zone franc. Nos comptes d’opérations sont gérés par la Banque de France, à Paris. Qui bénéficie des intérêts que rapporte notre argent? la France». Omar Bongo dans Libération, 18 septembre 1996, p.6.

Jacques Chirac d'avouer ce qui suit: «On oublie une chose... C’est qu’une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation depuis des siècles de l’Afrique. Pas uniquement, mais beaucoup vient de l’exploitation de l’Afrique! Alors il faut avoir un petit peu de bon sens. Je ne dis pas de générosité, mais de bon sens, de justice pour rendre aux Africains, … Je dirai... ce qu’on leur a pris. D’autant que c’est nécessaire si l’on veut éviter les pires convulsions ou les difficultés avec les conséquences politiques que ça comporte dans le proche avenir». Dans le documentaire "10 mai Africaphonie", 2008.

C'est ainsi que le professeur Nicolas Agbohou dit avec raison que: «LE FRANC CFA EST L'ÉPINE DORSALE DE LA FRANÇAFRIQUE».

Bref, tous ceux qui parlent de mettre fin à la Françafrique, aux relations sulfureuses avec la France, sans tuer le Franc CFA, sont simplement des mystificateurs, des marchands d'illusions.
 
 
 
Source: La page Facebook de Uhem Mesut

samedi, 06 octobre 2012

40ème ANNIVERSAIRE DES ACCORDS DE COOPERATION MONETAIRE DE LA ZONE FRANC: ALASSANE DRAMANE OUATTARA, SEUL CHEF D'ETAT PRESENT




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Alassane Dramane Ouattara et Pierre Moscovici, hier à la tribune de l'ouverture 40ème anniversaire des accords de coopération monétaire de la zone franc.



Aussi bizarre que cela puisse paraître, Alassane Dramane Ouattara, chef de l’Etat ivoirien, était le seul chef d’Etat présent à la célébration du 40ème anniversaire des accords de coopération monétaire de la zone franc. Il partageait la tribune officielle avec Pierre Moscovici, ministre français de l’Economie et Finances, et hôte du colloque.
 
Etaient également présents, les gouverneurs des banques centrales africaines BCEAO et BEAC et même d’anciens gouverneurs.
 
On notait ainsi la présence de Casimir Oyé Mba, gouverneur de la BEAC (1978-1990), de Charles Konan Banny gouverneur de la BCEAO (1990, comme intérimaire d’abord, à 2005) et ancien premier ministre de Côte d’Ivoire, d’Abdoulaye Bio Tchané ancien ministre de l’Economie et des Finances de Mathieu Kérékou, ex-président de la BOAD (2008-2011), du Camerounais Jean Nkuete, secrétaire exécutif de la CEMAC (1999-2006) économètre particulièrement brillant et proche de Paul Biya qui en a fait un ministre d’Etat, de Michel Camdessus gouverneur de la Banque de France (1984-1987) directeur général du FMI (1987-2000) et ami de Ouattara, de Sylviane Guillaumont-Jeanneney professeure émérite de l’Université d’Auvergne et spécialiste de la zone franc, de Jean-Claude Trichet gouverneur de la Banque de France (1993-2003), président de la Banque centrale européenne (2003-2011), de Christian Noyer gouverneur de la Banque de France, de Saïd Mohamed Mshangama, directeur général de l’Institut des Comores (1977-1981), pour ne citer que ceux-là.
 
L’absence des treize autres chefs d’Etat africains ayant en partage le Franc CFA comme monnaie hier à ce colloque de Bercy, dont le thème est « Regards croisés sur 40 ans de zone franc », est la preuve selon plusieurs analystes, du peu d’intérêt accordé par les africains à ce colloque, et d’une célébration au rabais des 40 ans du F CFA.
 
Par ailleurs, de plus en plus de voix s’élèvent en Afrique sur ce arrimage du FCFA à l’Euro, arrimage aujourd’hui totalement dépassé, car condamnant l’Afrique à la stagnation sans croissance sur l’autel de la lutte contre l'inflation menée par la banque de France, alors que des pays comme le Ghana, le Nigeria, qui ont leur propre monnaie, attirent beaucoup plus de capitaux que les pays membres de la zone franc.
 
Deux tables rondes seront néanmoins organisées à ce colloque : une première consacrée à « la zone franc et le tournant des accords de coopération monétaire des années 1970 », et une seconde intitulée « De l’intégration monétaire à l’intégration économique ».
 
Hier lors de la cérémonie d’ouverture, Alassane Dramane Ouattara a fait une déclaration fleuve dont nous vous livrons la teneur. ICI.
 
 
Christian Vabé


LE CFA, HISTOIRE D'UNE MONNAIE FRANÇAISE

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A Dakar au Sénégal, une femme présente des billets de 10.000 francs CFA, environ 15 euros. Crédits photo : ISSOUF SANOGO/AFP
 
 

Le franc CFA a fêté ses quarante ans vendredi. Retour sur une invention qui a évolué avec la fin de la colonisation mais reste arrimée à l'euro.

 

C'était bien avant l'euro, avant même que l'Europe n'ose y penser. L'Afrique de l'Ouest se dotait d'une monnaie unique: le franc CFA. C'était en 1939. Plus de soixante-dix ans plus tard, ces billets existent toujours, passant entre des millions de mains chaque jour. Le CFA, après quelques changements, reste la monnaie de 14 États, offrant à ses utilisateurs quelques avantages et un réservoir de polémiques intarissable.

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La réalité de la création du CFA remonte à 1945, dans la foulée des accords de Bretton Woods. Elle est aussi le fruit d'une histoire plus française. Paris est alors convaincu de son utilité après que l'Afrique a été la seule véritable zone franc lors de l'occupation de la métropole par les armées allemandes. Depuis lors, malgré les indépendances des années 1960, peu de choses ont changé.

Dernier accord en 1972

Certes, la Guinée du nationaliste Sékou Touré a choisi de quitter la communauté pour créer son propre franc. La Mauritanie et Madagascar suivront le même chemin en 1973. Mais les autres nouvelles nations, autour de la Côte d'Ivoire de Houphouët-Boigny et du Sénégal de Senghor, soucieux de ne pas secouer un système financier fragile et la Françafrique triomphante, conserveront ce franc sans plus de débats. On inaugure juste deux banques centrales, l'une pour l'Afrique de l'Ouest et l'autre pour l'Afrique centrale. Les monnaies sœurs gagneront même de nouveaux membres: le Togo en 1963, puis plus tard la Guinée-Bissau et la Guinée Équatoriale, ex-colonies portugaise et espagnole.

Vendredi, à Paris, s'est déroulé un grand forum pour célébrer cette réussite, l'anniversaire du CFA pour ses… 40 ans. Pourquoi fêter les 40 années d'un quasi septuagénaire? Il s'agit en fait, explique-t-on à Bercy, de mettre l'accent sur l'accord de 1972, le dernier en date, sur lequel se fondent toujours les relations entre la zone CFA et la France. Le système, extrêmement complexe, repose sur deux piliers. Le CFA dispose de la garantie de la Banque de France et d'une parité fixe avec le franc français (aujourd'hui l'euro). En échange, la France a un droit de regard et même de veto au sein des deux banques centrales. «Choisir de fêter un quarantième anniversaire est une tentative de gommer le passé colonial des billets», affirme l'historien Alain Foka. Le glissement sémantique de l'acronyme CFA est le symbole de cette volonté. Au départ bêtement franc des Colonies Françaises d'Afrique, il est devenu, en 1960, celui de la Communauté française d'Afrique, puis de la Commission financière d'Afrique.

Changements cosmétiques et polémiques

Mais ces changements cosmétiques, à l'heure où le mot «Françafrique» est quasiment devenu tabou et où les Pères des nations ont tous été enterrés avec les honneurs, ne peuvent faire taire les polémiques. Pas plus que des avantages réels: le CFA apporte une stabilité, une maîtrise de l'inflation unique sur le continent et limite le prix des importations, notamment de pétrole.

Reste que les nationalistes le chargent d'un «anachronisme insupportable», parfois sans grande mesure, comme l'économiste ivoirien Nicolas Agbohou, qui parle de «nazisme monétaire». Les critiques sont aussi plus précises. Des financiers reprochent au CFA de juguler l'inflation au détriment de la croissance et de l'emploi dont l'Afrique a besoin. Ils pointent aussi l'impact sur les coûts de la main-d'œuvre et des exportations. «Les décisions autour du CFA sont prises aujourd'hui à Francfort sans aucune véritable considération pour les besoins réels des économies africaines. Et la crise de l'euro n'améliore pas les choses», résume un diplomate français.


Tanguy Berthemet


Source: LE FIGARO

lundi, 23 avril 2012

MADAGASCAR: LETTRE OUVERTE A LA SADC

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Mise en garde contre les manœuvres politiciennes de la France pour éliminer le Président Ravalomanana.

 

A la veille de l'examen du cas de Madagascar par la Troïka, il est de notre devoir de vous alerter sur la situation nationale désastreuse qui devient de plus en plus insupportable voire désespérante pour l’ensemble de la population.

 Alors que plus de 500 000 personnes sont sans emploi et 8 Malagasy sur 10 vivent avec moins de 1 EUR par jour (selon le PNUD), les conséquences sont tout simplement dramatiques:

- le niveau de pauvreté atteint actuellement 77% de la population, le plus élevé en Afrique (une augmentation de 20% depuis 2008 d’après la Banque Mondiale),

- 57% de la population ne mangent plus à leur faim (selon le quotidien La Gazette de la GI dans son édition du 6 mars 2012),

- un million d'enfants ne peuvent plus être scolarisés faute de moyens pour les parents,

- de plus en plus d'enfants souffrent de malnutrition.

Il faut ajouter à cette triste énumération, une corruption généralisée, l'insécurité quotidienne, des pratiques mafieuses diverses.

Actuellement, la France, qui a n’a jamais caché son soutien très actif aux putschistes, mène une campagne tous azimuts auprès de la Communauté Internationale en général et le Parlement européen en particulier, pour empêcher les trois présidents élus (Mrs Zafy, Ratsiraka et Ravalomanana) ayant une légitimité certaine de se présenter aux élections. Nous exprimons notre indignation car cela constitue une insulte à la Démocratie et au peuple Malagasy déjà meurtri par plus de 36 mois de régime totalitaire.

Fort de l'appui de la France, Rajoelina et sa clique continuent, non sans arrogance, de défier la Communauté Internationale en persistant dans leur unilatéralisme habituel confirmé par plusieurs faits:  

  • la  mise en place unilatérale de toutes les institutions de transition,
  • le recours à de faux partis politiques pour “gonfler” la liste des participants aux Institutions de la Transition et donner ainsi l’impression d’une adhésion massive à la politique de la HAT,
  • la violation continue des articles 16 et 20 de la feuille de route, permettant l’apaisement et stipulant l’arrêt des poursuites judiciaires, des répressions et le retour des exilés politiques, notamment du président Ravalomanana et sa famille,   
  • la volonté unilatérale et précipitée d’organiser des élections pour cette année et ce, avec le concours de la France à travers l'OIF et la COI, deux organismes à très forte influence française,
  • l'adoption sans aucun amendement de la loi d'amnistie en l'absence des membres des mouvances de l'opposition.

Tout ceci fait partie de la stratégie mise en place par le pouvoir de fait, obsédé par la recherche de la reconnaissance internationale, de vouloir induire en erreur la Communauté Internationale.

Aussi, nous demandons urgemment à  la Troïka :

  • de contraindre les autorités de transition à mettre en œuvre sans délai les mesures d'apaisement prévues, à savoir l’ouverture des médias de l’opposition, la liberté d’expression et la libération des prisonniers politiques,
  • d'exiger des autorités de fait l'application stricte de l'article 20 de la  Feuille de Route pour permettre le retour des exilés politiques notamment celui de Marc Ravalomanana,Président élu démocratiquement, avec toutes les mesures de sécurité nécessaires,
  • de ne pas se laisser séduire par les arguments fallacieux des putschistes et de refuser toute reconnaissance officielle à ce régime totalitaire,
  • de s'opposer aux manœuvres politiciennes de la France qui n'ont d'autres objectifs que l'élimination politique du Président élu Ravalomanana,
  • d’exiger un vrai gouvernement de transition inclusif et consensuel où toutes les mouvances sont équitablement représentées. C'est la seule garantie pour des élections libres et transparentes,
  • de confirmer l’application effective des sanctions décidées par l’Union Africaine à l’encontre des auteurs du coup d’Etat,
  • de garantir le respect des droits civiques et politiques de tous les Malagasy sans exception surtout le droit de participer  librement aux élections,
  • d’assurer le respect des droits fondamentaux pour tous les Malagasy sans exception, plus particulièrement ceux de pouvoir entrer et sortir librement du territoire,        
  • de se porter caution pour l’organisation des élections libres, transparentes et crédibles et ne pas la laisser à d’autres organismes à la solde de l’ancienne puissance coloniale dont l’objectivité et la neutralité sont douteuses.

Enfin, en 3 ans de combat contre ce régime dictatorial, le peuple Malagasy, exténué par une si longue crise qu'il n'a pas choisie, attend de vous FERMETE ET INTRANSIGEANCE vis à vis de ce régime voyou qui tue son propre peuple à petits feux, il y va de la crédibilité de la SADC.


C'est quand même la vie de 20 millions de personnes qui est en jeu.


Source: TSIMOKI GASIKARA

vendredi, 20 janvier 2012

MADAGASCAR: RAVALOMANANA RENTRE CHEZ LUI, DEMAIN SAMEDI


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Johannesburg - Le président malgache déchu Marc Ravolamanana volera vers son pays d'origine, le samedi, a-t-il dit vendredi.



«Il a fallu un an de négociations dures pour parvenir au point où je suis confiant de pouvoir maintenant retourner dans mon pays bien-aimé, mettant fin à trois ans d'exil", a déclaré aux médias Ravolamanana à Johannesburg.

Ravolamanana a été renversé du pouvoir en 2009 après un coup d'Etat militaire dirigé par Andry Rajoelina.
«Je vais revenir pour faire la paix, pas la guerre. Je vais revenir en tant que citoyen, en tant que personne qui croit absolument, absolument et fondamentalement, dans la démocratie."

Il a décrit comme étant sans fondement les allégations prétendant qu'il avait tué des opposants et a déclaré qu'il avait été jugé par un tribunal irrégulier d'un régime illégal.

"Toute enquête indépendante montrera que les accusations sont un non sens total."
Il a dit que toute tentative de l'arrêter à son débarquement à Madagascar se heurtera à une résistance.

«Ce serait un acte de folie énorme pour le régime d'essayer de m'arrêter et je ne crois pas que les institutions de la transition, ni le peuple malgache permettront une telle action.


La Rédaction de "Tsimok'i Gasikara"

 

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22:03 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Madagascar | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : madagascar, marc ravalomanana de retour chez lui, andry rajoelina | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 07 décembre 2011

LETTRE OUVERTE A M. SARKOZY, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE


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PROTESTATION CONTRE L'ACCUEIL ET LA RENCONTRE AVEC M. RAJOELINA


Monsieur le Président,


Vous  n'êtes pas sans savoir que Madagascar vit actuellement la pire crise de son histoire aussi bien dans sa durée que dans son ampleur. Cela fait maintenant presque 3 ans que les Malgaches se battent pour se libérer d'un putschiste qui continue de défier la Communauté Internationale en cherchant à imposer la légalisation du coup d'Etat perpétré le  17 mars 2009.

Depuis cette date, M. Rajoelina ne cesse de bloquer délibérément le bon fonctionnement du processus de conciliation entamé par la Communauté Internationale.

Ainsi, la Feuille de Route signée le 17 septembre 2011 connaît actuellement des difficultés dans sa mise en œuvre et les faits suivants viennent étayer cette affirmation:

  • la nomination récente d'un nouveau premier ministre de consensus est très contestée car elle viole les dispositions prévues par l'article 5 de la dite Feuille de route qui stipule que «Le Premier ministre sera nommé par le Présidentdela Transition sur une listedepersonnalités proposées par les Acteurs politiques malgaches,... Il est attendu que le Premier ministredeconsensus ne peut être originaire nidela même province nidela plateforme politique qui soutient le Présidentdela transition». Or M.Beriziky est issu d'une formation faisant partie de l'Union des Démocrates et des Républicains pour le changement (UDR-C) soutenant Rajoelina,
  • aucune des mesures d'apaisement mentionnées dans la feuille de routen'aété mise en place à savoir les détenus politiques sont toujours enprison dans des conditions déplorables et les radios privés sont encore frappées d'une interdiction d'exploitation,
  • le retour d'exil du Président élu démocratiquement Ravalomanana reste encore en suspens contrairement à ce qui est prévu par l'article 20 de la Feuille de Route. De plus, un mandat d'arrêt suite à un procès politique pèse encore sur lui,
  • le pseudo gouvernement de consensus nouvellement formé ne respecte point l'équilibre des pouvoirs. Tous les ministères de souveraineté notamment la Justice, les Finances, l'Intérieur, les Affaires étrangères et l'Armée restent entre les mains de la mouvance putschiste. Remarquons au passage que lesdeuxtiers des ministresont participé aux pillages des biens publics et au détournement de fonds qui minent toujours le pays, certains d'entre eux sont d'ailleurs sous le coup de condamnation judiciaire.
  • M. Rajoelina veut asseoir un Parlement de Transition où l'oppositionn'occupe que10% à 15% des sièges pour garantir l'unilatéralisme de son pouvoir.

Face à cette situation, les mouvances de l'opposition ont déposé une plainte auprès de la Communauté Internationale contestant les conditions de formation de ce gouvernement et demandant à cette dernière de ne pas reconnaître ce gouvernement non consensuel.

C'est dans ce contexte, Monsieur le Président, que vous vous apprêtez à recevoir, ce 07 décembre 2011,  M. Rajoelina, l'assassin de la démocratie et de la liberté à Madagascar.

Cette rencontre est perçue par les Malgaches comme une reconnaissance implicite par la France de ce pouvoir illégalement installé. Elle constitue surtout une insulte au peuple Malgache épuisé par 33 mois de régime totalitaire.

Nous demandons donc à la France de  revoir la situation réelle sur le terrain et de s'abstenir de toute forme de reconnaissance de ce régime qui continue à mener le pays vers un désastre socio économique sans précédent.

Enfin, Monsieur le Président,  la France doit :

  • respecter la souveraineté du peuple malgache à choisir son Président,
  • se garder de toute forme d'ingérence dans les affaires internes du pays en laissant aux Malgaches eux-mêmes la recherche de solution à la crise,
  • œuvrer pour le retour du Président démocratiquement élu Marc Ravalomanana, seul gage d'une paix sociale durable pour le pays.

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mercredi, 23 novembre 2011

LETTRE OUVERTE A LA SADC ET A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE: MADAGASCAR, PEUPLE EN DANGER



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La sortie de crise est loin d'être acquise avec le putschiste Rajoelina comme Président de la Transition. Il continue de défier la communauté internationale en bafouant dès le lendemain l'accord signé par lui même ou par sa mouvance et les récentes évolutions de la situation nationale viennent corroborer cette affirmation.

En effet, après de multiples violations de la feuille de route, M. Beriziky, le Premier Ministre nommé par Andry Rajoelina forme un gouvernement unilatéral avec la bénédiction de ce dernier. Cette mascarade politique est destinée à tromper la Communauté Internationale avec un pseudo consensus.

Nous dénonçons également la présence au sein de ce gouvernement des ministres de la mouvance TGV qui ont été récemment impliqués dans des trafics et détournements de fonds publics ou bien dans des cas de corruption avérée: c'est le cas de Hajo Andrianainarivelo, de Hery Rajaonarimampianina et de Pierrot Rajaonarivelo.

Rajoelina, lui-même, a institué le trafic des bois de rose en autorisant leur commerce et son implication dans le trafic de cette richesse nationale endémique est dénoncée par des organismes internationaux de défense de l'Environnement.

En outre, plusieurs ministres et parlementaires ont détourné sans état d'âme à des fins personnelles les dons de l'UNICEF (véhicules 4X4) destinés aux services de l'enseignement des enfants malgaches.

Le ministère de la justice, haut lieu de la corruption, reste sous les ordres de Rajoelina qui a reconduit sa ministre Christine Razanamahasoa.

Parallèlement, la France persiste à manoeuvrer et soutenir ouvertement le régime putschiste avec la présence permanente et bienveillante de M. l'Ambassadeur tout au long du processus.

Rappelons que le Parlement Européen a pris nettement position contre le régime putschiste en écartant toute reconnaissance mais aussi en refusant à Rajoelina la légitimité d'engager des élections en affirmant que "les autorités qui ont pris le pouvoir en bafouant la Constitution ne sont pas habilitées à les [élections] organiser".

De même, l'Union Européenne a manifesté à maintes reprises sa « position ferme en ce qui concerne Madagascar » et «prévient contre toute décision qui s'écarte de la voie consensuelle et inclusive».

Aussi, au vu de tous ces éléments et pour une sortie de crise crédible menant vers des élections libres et transparentes, nous exigeons:


l'application des mesures d'apaisement mentionnées dans tous les accords ;

le retour sans conditions ni délai du Président RAVALOMANANA et de tous les exilés politiques ;

la libération sans conditions ni délai des prisonniers politiques ;

le retrait de la France et de ses organismes satellites (OIF, COI) de tout processus de sortie de crise ;

la suppression de la Présidence de la Transition ;

la mise en place d'un Gouvernement de Transition constitué d'une équipe réduite de techniciens dont la mission se limiterait à la gestion des affaires courantes et à l'organisation rapide des élections libres et transparentes ;

 Bien entendu, les sanctions Internationales doivent être maintenues, tant que règnent l'unilatéralisme et le non respect de la démocratie. Et que l'ordre et la liberté tout court soient de nouveau présents dans la vie quotidienne du peuple malgache.


Nous sommes persuadés que seule l'application des Accords de Cotonou, qui interdisent à un putschiste de diriger une transition menant vers des élections libres, est la solution qui pourrait sortir Madagascar de cette crise qui dure depuis trois ans.

La Communauté Internationale et plus particulièrement la SADC doivent réagir contre cette voyoucratie et suivre sans complaisance le bon déroulement et surtout l'application d'un retour à l'Ordre Constitutionel. Cela ne peut être que bénéfique pour la très grande majorité de malagasy lassée par une si longue crise qu'elle n'a pas choisie.


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Collectif de la diaspora Malagasy

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samedi, 08 octobre 2011

LETTRE OUVERTE DU GTT INTERNATIONAL A LA SADC ET A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE


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MADAGASCAR


Nous demandons le retour aux dispositions originales de SANDTON et la suppression de la Présidence de la Transition et du Parlement de la Transition (CT et CST)


Avant même la signature de la Feuille de Route du 16 Septembre dernier, nous, GTT INTERNATIONAL GENEVE, étions opposés à toute forme de Transition qui n'appliquerait pas à la lettre les décisions des Chefs d'Etat réunis à Sandton le 12 juin 2011 concernant la crise malgache.

Actuellement, force est de constater que la suite des événements a montré une toute autre pratique qui amène aux constats suivants:

 la sortie de crise est loin d'être acquise avec le putschiste Rajoelina comme Président de la Transition. Il continue d'agir de façon unilatérale et bafoue dès le lendemain l'accord signé par lui même ou par sa mouvance.

 La France persiste à piloter et soutenir ouvertement le régime putschiste.

 Le retour des exilés politiques reste soumis à des conditions inacceptables.

 Une centaine de prisonniers politiques croupissent encore dans les geôles du régime putschiste.

 Le pays continue d'être la proie de voyous qui le pillent avec impunité.

Rappelons que le Parlement Européen a pris nettement position contre le régime putschiste en écartant toute reconnaissance mais aussi en refusant à Rajoelina la légitimité d'engager des élections en affirmant que "les autorités qui ont pris le pouvoir en bafouant la Constitution ne sont pas habilitées à les [élections] organiser".

De même, l'Union Européenne a manifesté à maintes reprises sa « position ferme en ce qui concerne Madagascar » et «prévient contre toute décision qui s'écarte de la voie consensuelle et inclusive». Récemment encore, M. Baroso l'a confirmé en refusant de recevoir Rajoelina.

Par ailleurs, les révélations sur les agissements du Chef de la Médiation (Mr Chissano) ainsi que ses hommes de terrain (Mrs Simao et Salamao) sur leur "parti pris" en faveur des putschistes sont tout simplement scandaleuses et tristes et n'honorent pas la Diplomatie Africaine.

Aussi, au vu de tous ces éléments et pour une sortie de crise crédible menant vers des élections libres et transparentes, nous demandons :

le retrait de la France avec ses organismes satellites (OIF, COI) de tout processus de sortie de crise,

le renvoi de l'équipe de Médiation pour manquement grave à l'éthique de la neutralité,

le retour et l'application des dispositions originales décidées à Sandton,

la suppression de la Présidence de la Transition et du Parlement (CT et CST) qui est inutile et surtout budgétivore avec les quelques 500 membres. D'autant plus que ces Institutions n'apportent aucune plus value dans l'organisation des élections sauf de perpétuer la bagarre des postes.

la mise en place d'un Gouvernement de Transition constitué d'une équipe réduite de techniciens dont la mission se limiterait à la gestion des affaires courantes et à l'organisation rapide des élections libres et transparentes et ce, avec la contribution de l'armée, la gendarmerie et la police qui doivent être au service du peuple,

le retour sans conditions du Président RAVALOMANANA et de tous les exilés politiques,

la libération sans conditions ni délais des prisonniers politiques.

Bien entendu, les sanctions Internationales doivent être maintenues, tant que règne l'unilatéralisme et le non respect de la démocratie. Et que l'ordre et la liberté tout court soient de nouveau présents dans la vie quotidienne du peuple malgache.


Note sur les négociations menées par la Communauté Internationale :


Nous avons observé que l'enlisement des négociations, bientôt trois ans, était volontaire. Car les tractations, sans discernement ni honte, furent menées par une médiation qui avait oubliée l'éthique et le sens fondamental de la neutralité. Elle est aidée par la France par le biais de l'OIF et ses hommes "diplomates ! ! !". Pour ne citer que les plus actifs visibles : Mr Guéant, alors conseiller à l'Elysée, Mr Bourgi sans poste officiel mais connu comme Mr de la Francafrique ou "porteur de mallettes", l'ambassadeur Mr Chataignier qui s'immisce dans les affaires malgaches aux côtés des putschistes. Ce dernier agissait aux commandes des affaires de l'île, comme un véritable gouverneur auprès d'un royaume sous tutelle française. C'est sans doute ce que l'on appelle le "néo-colonialisme".


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mardi, 12 juillet 2011

LEÇON DE LULA DA SILVA AUX DIRIGEANTS AFRICAINS: «CESSEZ DE BAISSER VOTRE PANTALON DEVANT LES OCCIDENTAUX»

 

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L'ex-président brésilien Luis Ignacio Lula da Silva au 17ème sommet de l'«Union Africaine» à Malabo en Guinée Equatoriale le 30 juin 2011, en train de faire une leçon de morale politique aux dirigeants africains.


Suivant l'exemple de l'«Amérique Latine», l'Afrique devrait décider de prendre sa vraie indépendance qui est aux mains des occidentaux, Le «continent africain» qui est riche de gisement minéral et de terre fertile, aurait en effet toutes le potentialités pour devenir le première puissance économique planétaire, mais elle est encore opprimée sous la coupole coloniale des grandes puissances de la terre.


Lula a invité les chef d'État à ouvrir les yeux sur ce qui se passe en Afrique ces derniers mois, en Libye et en Côte d'Ivoire : l'interférence de la France et des Etats-unis constitue un sérieux danger pour la « souveraineté Africaine » et pour les futures générations.

Durant l'« assemblée générale » sur le rôle des jeunes africains, une session détachée de la réunion avec pour thème la crise libyenne, Lula a accusé les chefs d'états africains d'être avides, assoiffés de pouvoir, de trahir leurs propres pays et surtout d'être des servants de l'occident qui saccage le continent noir et décime sa souveraineté. La devise de ces chefs d'états étant : « Chacun pour soi, Dieu pour tous », elle ne portera pas loin l'Afrique. Il faut le sens de la responsabilité, de l'humilité, de la dignité et de l'unité pour bien gouverner ! Critiquant le fait que des leaders africains qui soient arrivés au pouvoir par un coup d'état ou pour le vouloir des puissances occidentales, il a ensuite critiqué et dénoncé le monopole de 5 pays du monde. Ajoutant que : l'« Union Africaine » compte 1,4 milliard d'habitants, l'« Amérique Latine » 400 millions d'habitants et que c'est inconcevable que les USA, la France, la Chine, la Russie et la Grande Bretagne dictent la loi au « Conseil de sécurité de l'ONU » !!!! Surtout que la « crise économique mondiale » provient des Etats-unis.

Et il a déploré le fait que l'« Union Africaine » soit financée seulement par 5 pays africains, le reste des ressources provenant des dons occidentaux. Par conséquent, pour cela, l'« UA » ne peut pas privilégier les intérêts de l'Afrique et avoir un poids au niveau international. C'est cette même « UA » qui légitime les coups d'états, les rebellions ou actions illégales pour l'obtention du pouvoir en Afrique, ignorant la volonté du peuple et la finalité des élections.

Beaucoup de chefs d'états présents avaient la tête basse, à qui il a réitéré l'« invasion française » dans le continent noir. La France nourrit et arme les rebelles dans les pays qui ont cessé d'être leurs colonies. Avec des interférences dans les affaires internes des autres pays africains. C'est clairement la référence au cas de la Côte d'Ivoire, où Paris, avec l'utilisation de la force, a enlevé le président Gbagbo pour mettre à son poste Ouattara.

Et si pour la Côte d'Ivoire rien n'a été fait pour arrêter le coup d'Etat, l'« Union Africaine » peut demander le « cessez-le-feu » immédiat en Libye. En soutien, s'est ajouté le président Jacob Zuma, un des chefs opposants qui tient tête à l'occident, disant qu'ils n'ont pas le droit d'assassiner Kadhafi.

Un silence d'ombre dans la salle de l'« UA » où les présidents qui sont les talons de l'occident étaient nombreux, en l'occurrence Abdoulaye Wade du Sénégal, qui a séjourné à Benghazi pour reconnaître le gouvernement des rebelles, Blaise Campaoré du Burkina Faso, qui a soutenu la rébellion de Ouattara en Côte d'Ivoire contre Gbagbo, Yoweri Museveni de l'Uganda qui combat les « Al Shabaab » en Somalie, Paul Kagame du Rwanda qui saccage pour le compte de l'occident et puis Sassou N'Guesso du Congo Brazzaville, Idriss Deby du Tchad, Paul Biya du Cameroun, Faure Gnassingbé du Togo, Ali Ondimba Bongo du Gabon et le dernier recruté qui s'est ajouté à la dépendance des puissances de l'oppression, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d'Ivoire !

Ce sont les paroles de l'ex-président brésilien Lula da Silva, qui était la semaine dernière en Guinée équatoriale pour la réunion des chefs d'états africains.


Texte en italien, traduit en français par Kouamé Célestin N'Brah


Lien du journal officiel italien: RINASCITA

 

Source: NERRATI.NET

mercredi, 04 mai 2011

MADAGASCAR: NON A LA RECONNAISSANCE DU REGIME PUTSCHISTE

 

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Peuple Malagasy Gagnant. Madagasikara Libre

 

Mesdames, Messieurs,


La situation socio-économique à Madagascar est très chaotique et devient de plus en plus intenable pour l'ensemble de la population. Pillage, braderie illégale et permanente du patrimoine national, corruption à tous les niveaux, flambée des prix, et violations graves des droits de l'Homme (intimidations, assassinats d'opposants,...) sont autant de situations graves auxquelles les Malagasy sont confrontés quotidiennement depuis le coup d'Etat de mars 2009.

Aussi, tenons-nous à saluer les efforts déployés par le GIC pour aider les Malagasy à chercher une issue à cette longue crise politique. La réunion au sommet des Etats membres de la SADC à Windhoek et les rencontres préalables entre les 4 mouvances et SEM le Président de la Namibie non moins Président en exercice de la SADC témoignent de cette volonté.

A l'issue de ces rencontres, ce dernier a confirmé que la SADC et le gouvernement namibien ne reconnaissent pas le nouveau gouvernement mis en place par Rajoelina. Cette position est en parfaite cohérence avec celle de l'Union Africaine et de la SADC concernant les changements anticonstitutionnels sur le continent africain.

Cependant, permettez-nous de vous faire part de nos préoccupations quant à l'évolution de la situation afin que vous disposiez d'une vision objective des faits.

 

En effet, sur le plan politique, Rajoelina et son équipe continuent, non sans arrogance, dans l'unilatéralisme habituel confirmé par plusieurs faits :


 le sabotage de la sortie de crise: les Accords signés de Maputo et d'Addis Abeba sont reniés par le chef des putschistes. De son côté, la France a voulu imposer une feuille de route parallèle qui accorde le plein pouvoir à Rajoelina et empêche le Président élu de rentrer à Madagascar. Cette feuille de route est rejetée par les trois mouvances,

 la tenue du pseudo référendum constitutionnel de novembre 2010 qui, rappelons-le, a été largement boycotté et non reconnu par l'ensemble des instances internationales,

 le recours à de faux partis politiques pour "gonfler" les signataires de la feuille de route parallèle concoctée par la France et Rajoelina et donner ainsi l'impression d'une adhésion massive à la politique de la HAT,

 la mise à l'écart des représentants de la société civile, le CNOSC, qui pourtant incarne le dialogue malgacho-malgache,

 la formation d'un nouveau gouvernement faussement consensuel avec la participation de quelques personnes dissidentes et complices animées par la seule recherche d'intérêts personnels,

 la reconduction de Camille Vital à la tête du nouveau gouvernement, preuve que ce n'est que du changement dans la continuité,

 le remplacement des élus par des personnes à la solde du régime,

 la volonté unilatérale et précipitée d'organiser des élections pour le mois de septembre 2011 et ce, avec le concours de la France, de l'OIF et la COI, deux organismes à très forte influence française.


Tout ceci constitue une stratégie mise en place par le pouvoir putschiste, obsédé par la recherche de la reconnaissance internationale, de vouloir induire en erreur la Communauté Internationale.


Aussi, demandons-nous à votre pays:


 de ne pas se laisser séduire par les arguments fallacieux des putschistes et de refuser toute reconnaissance officielle à ce régime totalitaire,

 d'oeuvrer pour exiger un vrai gouvernement de transition inclusif et consensuel où toutes les mouvances sont représentées conformément aux Accords de Maputo et à l'Acte additionnel d'Addis Abéba,

 de confirmer l'application effective des sanctions décidées par l'Union Africaine à l'encontre des auteurs du coup d'Etat,

 d'ordonner la libération des prisonniers politiques et le retour sécurisé de SEM le Président élu Marc Ravalomanana, seul gage d'une paix sociale durable pour le pays,

 de se porter caution pour l'organisation des élections libres, transparentes et crédibles et ne pas la laisser à d'autres organismes à la solde de l'ancienne puissance coloniale dont d'objectivité et la neutralité sont douteuses.


Mesdames, Messieurs,


En 2 ans de combat contre ce régime dictatorial, le peuple Malagasy a besoin de vous. Nous n'osons pas imaginer un seul instant que votre pays puisse l'abandonner dans sa lutte pour recouvrer la liberté et la démocratie. Le vent de la DEMOCRATIE devrait-il se limiter aux pays du Maghreb et du Proche et Moyen Orient ?


 

GTT INTERNATIONAL - Collectif de la Diaspora

15, rue des Savoises

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Président: Gilbert Darsot Rasolofoniaina

Vice-Président - Chargé des Relations avec Madagascar: Raharimbahoaka Andriahobijaona

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17:03 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Madagascar | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : madagascar, communiqué du gtt inter genève | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 27 avril 2011

UN SENATEUR AMERICAIN REVELE: IL Y A EU DES FRAUDES MASSIVES EN COTE D'IVOIRE!

 

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Le sénateur républicain James Inhofe


Malgré le fait que la France ait organisé le coup d'Etat en Côte d'Ivoire avec l'aide des américains, il existe des politiciens honnêtes et sincères. Bien davantage aux Etats-Unis qu'en France d'ailleurs. D'ailleurs, seul un sénateur américain a eu le courage d'interpeler publiquement la Secrétaire d'Etat Clinton sur la question...

Pour le Sénateur républicain James Inhofe, pas de doute, l'ONU se trompe. Selon les éléments en sa possession, des fraudes massives ont en effet été constatées dans le Nord de la Côte d'Ivoire lors du second tour de l'élection. Le sénateur demande donc au Département d'Etat américain de revoir sa position à la lueur de faits établis.

Extrait du passage relatif aux fraudes électorales :
Verbatim du Sénateur Inhofe : « J'ai reçu de nombreuses preuves convaincantes qu'il y a eu des fraudes électorales massives dans le Nord du pays sous contrôle des rebelles. Il y a eu des bulletins de votes volés...J'en ai référé deux fois au Secrétaire d'État Hillary Clinton. Par une fraude avérée, Ouattara aurait bénéficié de 94 873 voix, sur une liste électorale d'une seule des cinq régions du Nord sous son contrôle. Et si l'on multiplie ce chiffre par quatre, on est proche de la marge de voix qui lui a donné la victoire contre M. Gbagbo, c'est-à-dire 400.000.
Donc si des fraudes comparables ont eu lieu dans toutes les régions du Nord de la Côte d'Ivoire, Gbagbo est le président légitimement élu dans ces élections du 28 Novembre.

Mais si cela est trop compliqué, on peut apprécier la situation autrement :
Dans ces 5 régions, j'ai attiré l'attention, dans mon courrier au Secrétaire d'État, sur le fait que Gbagbo avait obtenu des milliers de voix dans ce que nous appellerions les primaires; et néanmoins, lors du vote final, le candidat Gbagbo a obtenu Zéro voix dans certains cantons. C'est là une impossibilité statistique : vous ne pouvez pas n'obtenir aucune voix, particulièrement si vous en aviez déjà obtenu quelques milliers auparavant ! J'ai écrit au Secrétaire Clinton pour qu'elle soutienne l'établissement de nouvelles élections, mais ma demande n'a pas été traitée avec l'attention souhaitée.

Mais avec les dernières nouvelles indiquant que Ouattara a tué un millier de personnes dans la région de Duékoué (rapport en français sur les viols et les tueries), j'espère que les USA reconsidéreront leur position et appelleront à la tenue d'un nouveau scrutin. »


 

Le 26 avril 2011, par IvoireBusiness.net


Rédigé par JSS, April 21st, 2011 and filed under Afrique, Divers


 

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RECOLONISATION: LA FRANCE DANS LE BOURBIER IVOIRIEN


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L'ambassadeur français Jean-Marc Simon


La crise ivoirienne ressemble à celle de l'Irak. La seule différence c'est que les acteurs ne sont pas les mêmes. En Irak, ce sont les Américains. Ils ont pensé qu'en enlevant Saddam Hussein, tout allait

se passer comme sur des roulettes. La vie allait reprendre comme si de rien n'était. Malheureusement, c'est le contraire qui s'est produit. Plus de dix ans que le pays est dans une situation d'instabilité. Aucune lueur d'espoir ne pointe à l'horizon. C'est l'incertitude. L'avenir est en pointillé. Jusqu'à ce jour, les Américains n'ont pu ramener la paix. Il ne se passe pas de jour sans qu'il n'y ait des attentats. Le pays est devenu un far-west. Il n'y a aucune loi. On ne peut pas dénombrer jusqu'à ce jour, les soldats américains tués.

Les Français ont le même comportement en Côte d'Ivoire. Après leur coup d'Etat, l'Hexagone a du mal à faire asseoir le pouvoir de son poulain, Alassane Ouattara. Au fur et à mesure que les jours passent, la situation s'enlise. Pas de lisibilité. L'armée française ne maîtrise rien sur le terrain. Elle ne fait que perdre des soldats. Les informations font état de ce que cette armée a perdu plus de 400 hommes dans les affrontements. Sarkozy et ses amis de l'Elysée pensaient que tout allait être facile pour eux. Ils sont confrontés à la réalité du terrain. Ils mordent la poussière face aux jeunes qui font la résistance. Il se raconte que l'armée de Sarkozy a dû abandonner trois chars dans les combats à Yopougon.

En tout cas, la France a tout calculé sauf la côte de popularité du Président Laurent Gbagbo à Abidjan. Il pèse plus de 64% de voix à Abidjan. C'est une donnée non négligeable qui fausse les calculs de la France. On se rappelle qu'en septembre 2002, lors de la tentative de coup d'Etat qui s'est muée en rébellion, Tuo Fozié avait dit qu'il n'avait pas compté avec la mobilisation populaire des Ivoiriens.


 

Le 26 avril 2011, in Le Temps


Enise Kamagaté

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

samedi, 26 mars 2011

LETTRE OUVERTE AUX PARLEMENTAIRES FRANÇAIS: NON A LA RECOLONISATION DE MADAGASCAR

 

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Peuple Malagasy Gagnant. Madagasikara Libre

 

Vous n'êtes pas sans savoir que Madagascar s'enlise dans une crise politique sans précédent depuis plus de deux ans.

La communauté internationale a mandaté un groupe de médiation, le GIC (Groupe International de Contact) pour conduire le processus de sortie de crise. Il se trouve que le travail de ce groupe a été à plusieurs reprises saboté par la France qui veut à tout prix garder le putschiste Rajoelina au pouvoir.

Nous tenons à dénoncer un cas flagrant de mépris de la démocratie dont le peuple Malagasy est victime depuis deux ans. Dernièrement, le jeune putschiste Rajoelina tente avec l'aide de pays complaisants, notamment la France,  de faire le forcing pour la signature d'une  « feuille de route »  dont le contenu est scandaleux au plus haut point.


En effet, deux dispositions sont inacceptables pour nous légalistes: d'une part, la consécration du putschiste et criminel Rajoelina, désigné à l'ONU comme "sans qualité", en tant que chef d'Etat et Président de la Transition et ce, avec les pleins pouvoirs.


Et d'autre part, le flou concernant le retour du Président élu démocratiquement Ravalomanana nous laisse croire à une volonté de l'empêcher d'exercer ses droits civiques et de l'éliminer politiquement.


De plus, la libération des prisonniers politiques ainsi que les atteintes à la liberté d'expression de la population sont  totalement ignorées.


Or, nous considérons que les points cités ci-dessus constituent un préalable à toute négociation. Ils sont également le gage d'apaisement tant recherché par le peuple Malagasy.


En outre, nous dénonçons les manœuvres de la HAT avec la complicité des émissaires du GIC et de certains pays de minimiser les trois grands partis de Madagascar au profit de minuscules partis politiques créés pour l'occasion par la HAT. L'objectif est de vouloir tromper la Communauté Internationale avec un semblant de "majorité présidentielle".


Nous nous élevons aussi contre l'attitude de la France qui consiste, de manière détournée, à imposer sa feuille de route qui, rappelons-le a déjà été rejetée à maintes reprises par les grandes mouvances politiques en 2010.


Nous demandons que:

  • la souveraineté de Madagascar soit respectée,
  • cette feuille de route scandaleusement imposée aux Malagasy soit retirée,
  • la France cesse de se comporter en colonialiste, bafouant ainsi toutes les règles démocratiques,
  • les autorités françaises reconnaissent la légitimité incontestable du Président élu Marc Ravalomanana,
  • des solutions durables de sortie de crise soient étudiées avec toutes les mouvances politiques.



GTT INTERNATIONAL Genève - Collectif de la Diaspora

15, rue des Savoises

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Président: Gilbert Darsot Rasolofoniaina
Vice-Président - Chargé des Relations avec Madagascar: Raharimbahoaka Andriahobijaona

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lundi, 21 mars 2011

DESASTRE POLITIQUE ET SOCIAL A MADAGASCAR

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Andry Rajoelina

Par José Ribeaud, le samedi 19 mars 2011

 

José Ribeaud, journaliste, spécialiste de la grande île, tire un bilan des deux ans au pouvoir de l'autocrate Andry Rajoelina, qui prétendait démocratiser le pays. Résultat, les caisses sont vides, le pillage des ressources et la terreur règnent en maître.


Le 17 mars 2009, un putsch mené par un quarteron d'officiers malgaches contraignit l'ex-homme d'affaires Marc Ravalomanana à abandonner le pouvoir et à s'exiler. Pendant sa présidence (2002 à 2009), il s'était attiré l'antipathie de la France, l'ancienne puissance coloniale, et la colère d'une large frange de ses concitoyens qui lui reprochaient de confondre ses propres intérêts avec ceux de la nation. Un jeune francophile à l'ego démesuré, Andry Rajoelina (36 ans), maire de la capitale Tananarive et instigateur du coup d'Etat, s'empressait de monopoliser le pouvoir. Il voulait, clamait-il, gérer la transition et organiser des élections. En deux ans de gouvernance chaotique, de promesses reniées, d'accords non appliqués, cet «enfant capricieux» comme le qualifie un diplomate français a précipité la grande île de l'océan Indien dans une crise économique, sociale, humanitaire et écologique sans précédent.

Le pouvoir d'achat de la population régresse, le chômage de masse explose, l'analphabétisme progresse, les caisses de l'Etat sont vides, les grèves du personnel enseignant et administratif s'étendent, les prix des produits de première nécessité augmentent, la santé publique se dégrade, le tourisme stagne.

Les bailleurs de fonds internationaux et les investisseurs étrangers désertent l'île en raison de l'insécurité, du racket, des pillages et de la corruption omniprésente. Plusieurs gouvernements retirent ou ne remplacent pas leurs ambassadeurs. L'Union européenne, l'Union africaine et les Etats-Unis ont pris des sanctions à l'encontre de Rajoelina et de ses affidés. Le FMI a suspendu son aide et la Banque mondiale a abandonné le pays à son sort. La France joue, dans cette tragédie, un rôle ambigu. Le président Sarkozy a convenu qu'il s'agissait d'un coup d'Etat mais, sans la complaisance des diplomates français, le président putschiste aurait déjà dû plier bagage.

Toutes les tentatives de médiation de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) mandatée par l'Union africaine et toutes les propositions malgaches de sortie de crise achoppent sur l'intransigeance de l'impulsif et versatile autocrate. Quiconque s'enhardit à suggérer des solutions pour un retour à l'Etat de droit est traîné devant la justice. Ainsi, le professeur Raymond Ranjeva, ancien vice-président de la Cour internationale de justice et ancien recteur de l'Université de Tananarive, doit répondre de «complicité dans un complot pour atteinte à la sûreté de l'Etat». Son délit: la publication d'une feuille de route pour sortir de la crise. Ce sexagénaire intègre bénéficie d'une exceptionnelle aura internationale. Il pourrait former un gouvernement d'union nationale constitué de techniciens et de technocrates sans appartenance politique. Cette équipe serait chargée de gérer les affaires courantes, de rétablir l'ordre constitutionnel et d'organiser des élections parlementaires et présidentielles libres, transparentes et supervisées par des observateurs étrangers. Un tel processus démocratique est irréalisable avec les quatre mouvances qui se disputent la présidence, les ministères et les quelque trois cents formations politiques qui aspirent à des postes rémunérateurs. Pour preuve, les bisbilles et refus provoqués par la plus récente feuille de route négociée ces jours derniers par le médiateur africain.

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Récemment, le président autoproclamé a prétendu avoir échappé à un attentat. Mais personne, à part son chauffeur, n'a été témoin de cet inoffensif guet-apens. La psychose du complot est prétexte à des arrestations arbitraires, des inculpations fantaisistes, des perquisitions brutales, des interrogatoires musclés de journalistes et de leaders de l'opposition. L'armée est désorganisée, divisée, politisée. La récompense promise aux officiers supérieurs aux ordres du pouvoir arrive sous forme d'étoiles de général. Certains se mutinent. D'autres s'adonnent à un trafic illicite de bois précieux: bois de rose, de palissandre et d'ébène. La direction du zoo de Zurich, qui finance depuis 15 ans la protection d'un parc national sur la péninsule de Masoala, affirme que des milliers de personnes détruisent et pillent la forêt pluviale en toute impunité. L'agence américaine pour le développement international (USAID), principal donateur pour la protection de la biodiversité à Madagascar, constate que des centaines d'arbres sont coupés chaque jour dans des forêts protégées puis exportés vers la Chine.

Il y a eu en novembre dernier l'adoption par référendum unilatéral d'une nouvelle Constitution qui légitime le coup d'Etat et fait de la justice un instrument du pouvoir. Mais ce n'est pas la proclamation de la IVe République qui soulagera la misère des quelque 20 millions de Malgaches. Ceux-ci attendent des autorités qu'elles rétablissent les libertés civiques et l'ordre constitutionnel, relancent l'économie, luttent contre les injustices sociales et fassent bénéficier la population des produits de l'exploitation par des compagnies étrangères des hydrocarbures et des gisements de minerais précieux.

En deux ans, Andry Rajoelina a fait la démonstration de son incompétence dans la gestion des affaires publiques et de sa répulsion à consentir des compromis pour rassembler les forces vives du pays. Avant-hier, il a reconduit au poste de premier ministre Camille Vital, un général à ses ordres. Il l'a chargé de former un gouvernement prétendument d'union nationale. Ce remaniement ministériel est boycotté et déjà contesté par les principales mouvances de l'opposition. La classe politique démontre une fois de plus son incapacité à surmonter ses dissensions et à s'unir pour sortir Madagascar du cycle infernal du sous-développement, de l'insécurité et de la misère.


Source : TIM MADAGASCAR.ORG

mercredi, 29 avril 2009

MADAGASCAR: AUTOPSIE D'UN DROLE DE COUP D'ETAT

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Au moment où le Cameroun s’empiffrait à prix d’or de l’opium Vatican dont le lourd passif dans le tragique chapitre colonial de l’Afrique n’est plus à présenter, Madagascar vivait l’une de ces dramaturgies dont le dénouement se veut à la fois inédit et classique dans un continent rendu aux allures insidieusement apocalyptiques.


Les manifestations avaient débuté depuis trois semaines à Madagascar quand je décidai de m’intéresser résolument à l’évolution des événements. Et le déclic eut lieu par un après-midi, à la suite d’un échange avec un promotionnaire natif de la Grande île et résidant à Tananarive. D’un air sentencieux, Rabenarison m’avait alors livré une affirmation plutôt chargée d’insinuations. Ecoute Badiadji, confia-t-il, nous savons ce qui se passe ici à Tana. Je te confirme que quand RFI et France24 annoncent le chiffre de manifestants pro-Rajoelina, il faut diviser ce chiffre au moins par quatre pour espérer s’approcher de la réalité. Quand elles annoncent quarante mille, comme c’est si souvent le cas, c’est à peine s’il y en eut dix mille, conclut-il.

A quoi cela rime, bon sang ? Derrière les propos, la conviction d’un résident. A supposer que ce soit vrai ! A quoi joueraient donc ces organes audiovisuels des plus écoutés et regardés du beau monde dit francophone ? Que gagneraient-ils à surestimer le nombre de manifestants acquis à un agitateur visiblement sorti de nulle part, artificiel, tout frêle et hésitant, apparemment engagé dans un mouvement voué à faire long feu ? A priori, rien. Africa N°1 et BBC distillent pourtant des chiffres du même ordre ! Et qu’en est-il des médias nationaux ? RFI et France24 seraient-ils victimes d’une campagne de discrédit destinée à porter atteinte à une aura qui se veut affirmée sur le continent ?... Toujours est-il que si ces deux organes audiovisuels n’ont officiellement pas pour vocation de défendre les intérêts de la France, exceptée celle de promouvoir la langue française, ils n’ont pas non plus cette vocation d’indexer encore moins de décrier, les sinistres turpitudes et exactions d’un pays auquel ils appartiennent et dont dépendent surtout les moyens financiers nécessaires pour le moins à leurs fonctionnements. Ils sont pour ainsi dire des médias d’informations et de reportages aseptisés, des médias de divertissements voire de diversions, et que sais-je encore ? Sauf bien entendu des médias engagés ; enfin, à moins qu’il s’agisse de ces circonstances dites inacceptables, celles qui mettent notamment en péril les "intérêts supérieurs", à l’instar de la piraterie au large des côtes somaliennes… Quoi qu’il en soit dans le cas précis de Madagascar, je me devais avant tout de laisser libre cours à la stricte expression des données au fil d’un mouvement que je pensais alors sans portée déterminante, éphémère. C’était évidemment loin d’imaginer que l’armée avait résolument pris fait et cause en faveur de l’illégalité !

Chargé de mission, Norbert Ratsirahona, l’ancien Président de la Haute Cour constitutionnelle malgache, est à la manœuvre pour légaliser la nouvelle donne à Tananarive. Et il entend s’appuyer exclusivement sur son sens de professionnalisme ainsi reconnu, pour mener à bien la noble et exaltante responsabilité qui récompense logiquement une carrière bien étoffée : Il ne faut pas qu’on se voile la face, reconnaît-il volontiers. Aucun article de la Constitution ne prévoit ce genre de transfert du pouvoir. Mais, précise-t-il, je ne dirai pas que c’est anticonstitutionnel, je dirais que c’est extraconstitutionnel, car une délégation de pouvoir est toujours prévue quelque part. En outre, ajoute-t-il, ce n’est pas inédit, cela s’est déjà produit en 1972 et à l’époque, la Haute Cour constitutionnelle n’avait rien dit. L’important est de respecter l’esprit de la Constitution et de revenir à la stabilité et à un climat apaisé.

Du grand art !!! Assurément une prestation de haute voltige, digne des prouesses tropicales...

En ce moment d’épilogue de deux mois d’un feuilleton tragique au cours duquel l’apparente apathie de la communauté internationale en dit assez sur sa complicité active, il est ici d’un impératif affligeant qui s’impose à moi, mais je me dois de l’accepter et de l’assumer ; comme il en est le cas, à l’occurrence de ces événements dénués de tout sens, où les intérêts sordides des flibustiers sans foi ni loi priment sur les destins d’innocents, insidieusement sacrifiés par millions sur l’autel d’une funeste doctrine qui se veut toujours sans visage, anonyme.

Avant de se joindre aux timides réactions du concert international, et peut-être du fait d’un lapsus diplomatique qui en dirait un tant soit peu sur l’euphorie d’une victoire déjà acquise, la France dont Madagascar fut l’une des colonies, si ce n’est encore le cas, s’est empressée de trouver longue la période de deux années de transition fixée par le nouveau poulain des lieux. Entendez ici, le caractère irréversible d’un coup d’Etat bel et bien consommé !... Ping quant à lui, désormais en prise avec l’encombrante et caustique autorité du leader de la Jamahiria, fait profil bas et semble accorder toute la priorité au Soudan où, bec et ongles, il se démène tel le Sisyphe des temps modernes, à dépêtrer El-Béchir de l’épineux collier estampillé CPI, désormais bien loti autour du cou du potentat. Le mandat est une menace pour la paix, assure-t-on du côté de l’UA. Quid donc de l’activité de l’Union quand le dictateur-génocidaire et ses milices janjawids massacraient âmes par milliers, et faisaient millions de déplacés et réfugiés ?... S’il est une qualité constante de l’UA depuis sa création, c’est bien cette unité et cette solidarité affirmées quand il s’agit d’un de ses membres en difficulté !

A en juger par l’intensité des critiques, plus acerbes à l’encontre des juntes guinéennes et mauritaniennes, le moins que l’on puisse dire est que la communauté internationale a fait preuve de moins d’hypocrisie sur le cas malgache... Et si elle n’a pas daigné honorer de sa présence à la cérémonie de prestation de serment de l’illustre inconnu, l’ex-DJ alias TGV qu’elle vient pourtant en grande pompe de sacrer roi, sans doute savait-elle qu’une telle ultime provocation, aussi grotesque et surtout inutile, n’aurait pour effet que de dépouiller la conspiration diplomatique ourdie contre le peuple malgache, de cette relative subtilité qui la maintient encore à peine hors de portée des regards peu avisés… En guise de bonne foi ou non, et cela doit être en tout cas une avancée très positive à son actif, Ravalomanana a proposé un référendum pour le dénouement de la crise. Une offre si démocratique qui n’a pourtant nullement suscité l’intérêt des prétendus démocrates, ni à Madagascar dans les rangs de l’opposition, ni au-delà des frontières, auprès d’un concert international qui se veut toujours pacifique et ardent défenseur de l’ordre constitutionnel.

En réalité à part la formule, l’intensité de la violence et les pertes brutes enregistrées, le coup d’Etat de Rajoelina rappelle insidieusement celui du vieux briscard Sassou au Congo Brazzaville, dans un sinistre come-back on ne peut plus symbole des visés impérialistes de la France sur ses [ex]colonies. Et ce n’est sans doute pas le discours très feutré de Sarkozy à Brazzaville — une bénédiction à l’orée d’une farce électorale programmée — qui me démentirait. Et ce n’est pas non plus Bolloré, le nouveau porte-étendard de la Françafrique, qui objecterait sur une réalité des plus accablantes ! Sassou et Rajoelina ne figurent-ils pas à eux deux une nouvelle ère faite encore de tragédie sans borne, cette nouvelle ère qui voudrait qu’un Président démocratiquement élu sous le ciel des tropiques reste susceptible d’être piteusement débarqué par tous les instants, au mépris même des sacro-saints préceptes de la démocratie politique ? Finalement dans le coup d’Etat de Tananarive, la principale victime est sans aucun doute la démocratie, et pas seulement à Madagascar, mais bien au-delà, en Afrique continentale. J’ignore la portée dévastatrice de l’onde, l’avenir se chargera bien volontiers des éléments de réponse. Il est ici question de s’en tenir aux fondements et principes universels de la démocratie, à ses mécanismes unanimement admis. Et c’est surtout là que le bât blesse… Avec tout le déshonneur digne de celui que l’on réserve aux parias de tout premier ordre, Ravalomanana a été bouté loin du pouvoir, bien avant même le terme du second mandat que lui a confié le peuple malgache dit souverain… A croire que les dinosaures, eux, ne sont coupables de rien ; eux qui jouissent de cette odeur de sainteté jamais démentie auprès des parrains toujours bienveillants. Soit. Sans prétendre cerner tous les tenants d’une déchéance à la hussarde, je note simplement un certain nombre des faits qu’il serait pour le moins impossible d’ignorer quand il s’agira de mener une enquête indépendante sur la déferlante qui balaya piteusement le désormais ex-homme fort de Tananarive. Tenez-en : Ravalomanana est connu comme étant ce piètre francophone qui ne s’est pas par ailleurs révélé comme un fervent partisan de l’ancienne puissance coloniale.

La France, alors prise de court et n’ayant pu porter efficacement secours à son protégé Ratsiraka battu à plate couture en 2002, avait longuement tergiversé à reconnaître l’autorité de Ravalomanana. Les séquelles de cette tergiversation étaient d’ailleurs restées tenaces au point d’engendrer une relation cahoteuse qui avait déjà causé l’expulsion de deux journalistes métropolitains et d’un père jésuite.

Ravalomanana est celui qui en 2007, a introduit l’anglais comme langue officielle à Madagascar, et a réintroduit le malgache comme langue d’enseignement primaire. Autant dire qu’il est celui qui a pratiquement condamné le français à la peine capitale sur l’île aux lémuriens.

Ravalomanana est celui qui en 2008, a démis sans coup férir l’ambassadeur de France à Tananarive, Gildas Le Lidec. Une rupture plutôt historique quand l’on sait la pesanteur du complexe d’infériorité qui fait osmose avec la psychologie des pantins assermentés, ces purs-sangs dont la dynastie reste surtout perpétuée en Afrique dite francophone. Et dans ce registre des plus funestes, l’Afrique centrale, bastion de la Françafrique, fait assurément figure de proue.

Je veux bien comprendre que tous ces faits ne sont que péripéties sans aucun rapport avec l’éviction antidémocratique de Ravalomanana. Mais je note simplement que par le passé dans les [ex]colonies d’Afrique, tous ses devanciers qui avaient manifesté de comportements si "désinvoltes" à l’égard de leur [ex]puissance coloniale, ont été vilipendés et sèchement boutés hors du pouvoir. Et pour les moins chanceux, ce fut par l’entremise d’un cercueil. De là où il est, Sankara ne me démentirait sans doute pas ! Une exception qui confirme toutefois cette implacable loi des séries, c’est bien le cas Sekou de la Guinée Conakry. L’on sait cependant le prix fort payé par les Guinéens alors pris en étau, entre l’enclume et le marteau des belligérants engagés dans un antagonisme au relent de guerre froide larvée. Coincés qu’ils se sont retrouvés, entre les affres du dictateur, le boycott de la puissance coloniale, mais aussi l’isolement total d’un monde occidental solidaire de l’un des siens en prise avec un Chef d’Etat des tropiques qui a commis cette "faute inexpiable" d’affirmer la souveraineté de son pays.
Madagascar devait abriter le prochain sommet de la Francophonie en 2010. A présent que la Grande île est suspendue de l’OIF, assure-t-on, elle ne pourrait donc pas organiser le sommet. Espérons que ce ne soit un autre numéro de subterfuge, si prolifique dans l’immensité de l’horreur tropicale. Et de toute façon, une quelconque bananeraie ferait toujours office d’un excellent rempart si besoin est… Nombreux sont les observateurs de tous bords qui trouvaient paradoxale la préférence portée sur le piètre francophone Ravalomanana, plutôt que sur le challenger Kabila. Ils en ont certainement eu pour leur naïveté !

Par Badiadji Horretowdo in Le Messager, le 22 avril 2009
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14:14 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Madagascar | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : madagascar, ravalomanana, andry rajoelina, coup d'état à tana | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |