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12.11.2008

COTE D’IVOIRE: LA RUMEUR NE DOIT PAS OCCULTER LES ENLEVEMENTS D’ENFANTS

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IPS - Anne-Marie N`Guessan, 10 ans, élève dans une école primaire d`Abobo, au nord-est d`Abidjan, la capitale économique ivoirienne, a échappé de justesse à une tentative d`enlèvement, le 23 octobre dernier, grâce à ses cris qui ont dissuadé ses ravisseurs qui l`ont finalement abandonnée.

"J`allais à l`école ce jeudi matin (le 23 octobre), lorsque des individus à bord d`une voiture ont marqué un arrêt à mon niveau. L`un des ravisseurs a subitement ouvert la portière avant de me soulever de vitesse et me jeter à bord. Il faisait sombre à l`intérieur", a déclaré Anne-Marie plus tard.

"Ils ont tenté de me couvrir la tête avec un sac avant de donner un coup à la nuque. Mais cela n`a pas permis de me maîtriser. C`est à la suite de mes cris que j`ai été projetée de la voiture pendant que celle-ci marquait à peine un temps d`arrêt", a-t-elle ajouté.

Le côté gauche du corps de la fillette reste encore marqué par de larges plaies. Elle a été recueillie par des gens qui l`ont conduite à l`hôpital d`Abobo, où `Roxal`, une organisation non gouvernementale (ONG) alertée, est allée lui apporter assistance. L`ONG Roxal est basée à Abidjan.

Cet enlèvement manqué a constitué l`une des premières alertes aux rapts des enfants dans en Côte d`Ivoire depuis quelque temps.

Selon Roxal, deux à trois enlèvements sont enregistrés par jour par cette organisation. "Cela nous donne entre 60 et 90 enlèvements d`enfants par mois", affirme à IPS, son président, Evrard Maïga, indiquant que ce chiffre n`est pas officiel. "Si tous les parents avaient les moyens financiers pour se rendre à la télévision nationale lancer des avis de recherches où entrer en contact avec les ONG, nul doute que ce chiffre allait connaître une hausse, car les enlèvements sont quotidiens".

En effet, la télévision nationale diffuse des communiqués, chaque jour à la mi-journée, pour lancer un appel à retrouver des personnes disparues. Le plus souvent, ce sont des enfants de cinq et 13 ans.

Mariam Kéïta, 12 ans, a été enlevée en juin dernier au cours d`un mariage à Adjamé (centre d`Abidjan) auquel elle participait avec ses parents, et elle s`est retrouvée à Duékoué, dans l`ouest de ce pays d`Afrique de l`ouest.

"Nous étions quatre filles dans une voiture. Les ravisseurs nous ont conduites à une destination inconnue. Après, nous nous sommes retrouvées dans une pièce pour coucher avec un homme", relate Kéïta. "Sans la moindre assistance, j`ai été abandonnée par la suite, la nuit à Duékoué. Les autres ont été amenées vers une autre destination".

Jusqu`à présent, les ONG disent n`avoir aucune information sur les trois autres filles, mais restent dans l`espoir de les retrouver saines et sauves un jour afin qu`elles fassent un témoignage. Mariam, elle, a été conduite, à sa demande, à Abidjan où elle a regagné la famille, mais elle est toujours assistée par des ONG.

Mais, quelques mois plus tôt, le 17 avril, l`enlèvement d`un petit garçon lui a été fatal car il a été abandonné par ses ravisseurs, mais avec des yeux détruits qui l`on rendu aveugle malgré des soins et l`assistance de l`ONG de Maïga.

"Ce matin-là, je suis allé avec mes amis à la plage de Vridi (sud d`Abidjan) pour me promener. Sur le chemin du retour à la maison, un inconnu m`a proposé de le suivre, mais j`ai refusé; alors, j`ai été enlevé et amené à une destination inconnue", raconte à IPS, Roxal Kouakou, âgé de 11 ans.

"Quelque temps après, je ne savais plus ce qui se passait avec mes ravisseurs, car j`avais perdu connaissance. A mon réveil, tout était noir. Mes yeux avaient été arrachés, me laissant sans la vue. J`avais mal et j`étais seul", ajoute Kouakou qui déclare avoir été recueilli par un passant.

Avec des lunettes noires au visage pour cacher son handicap, Kouakou réside chez Maïga qui, ému par le drame de l`enfant, a décidé de donner son prénom `Roxal` à son ONG qui lutte contre les enlèvements d`enfants.

"Le fait est réel, mais banalisé", déplore Maïga. "Aujourd`hui, les enlèvements d`enfants sont à une échelle importante qui ne doit plus laisser quiconque indifférent", dit-il à IPS.

Pour Maïga, ce phénomène est lié à plusieurs facteurs. "Il y a d`abord un réseau de trafic d`organes humains, qui se met discrètement en place dans notre pays. Puis, le trafic des enfants pour le travail dans les plantations et pour une exploitation sexuelle, sans oublier ce qui semble être évident : les sacrifices humains".

"Il convient d`évaluer réellement la situation de ces enlèvements et leur contexte", suggère Mathurien Dagbé, un sociologue basé à Abidjan. "Je souhaite que ce phénomène ne soit pas pris à la légère. Le fait existe et le nier ou le mettre sur le compte de la simple rumeur constituerait une grave erreur", souligne-t-il à IPS.

La semaine dernière, la nouvelle de l`enlèvement manqué de Anne-Marie avait provoqué la panique au sein de la population. Elle avait été qualifiée de "rumeur" par la police, et deux personnes ont été lynchées à mort dans des manifestations populaires provoquées à Abidjan par cette information.

En visite à l`intérieur du pays, le chef de l`Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, l`a également inscrite sous le signe de la rumeur. "On dit qu`on enlève des enfants et ensuite on va les tuer. Abidjan a été paralysée. Toutes les écoles ont été fermées. Evidemment, rien de tout ça n`était vrai. On n`a enlevé aucun enfant", a-t-il affirmé.

Pour Gnagbo, cette "rumeur" serait liée aux élections qui doivent se tenir dans le pays. "...Convenez avec moi que cette situation de panique n`est pas faite pour que la Côte d`Ivoire aille sereinement aux élections. Or nous devons aller aux élections et nous irons aux élections. Que les bandits passent à gauche, à droite où au centre, nous irons aux élections...", a-t-il déclaré à Bouna, dans le nord-est du pays.

"Nous sommes désormais face à une situation à double face", estime le sociologue Dagbé. "Ou les événements de la semaine dernière, même s`ils ne sont pas avérés, attirent l`attention de tous pour que des mesures soient prises afin de lutter contre les enlèvements d`enfants...", commente-t-il. "Ou alors, le phénomène est définitivement banalisé. A ce moment, tous les enfants courent de gros risques, car aucune disparition ne sera désormais prise au sérieux".

Pour Dagbé, le sort réservé aux enfants enlevés n`est pas obligatoirement l`amputation des organes génitaux. "Mais il faut savoir que les enfants sont aussi volés pour être soumis à la pédophilie, à la sodomie, aux travaux dans les plantations", explique-t-il. "La rumeur ne doit pas occulter le phénomène, le trafic d`enfants commence aussi par-là".

Hervé Gouamené, président de l`ONG Action pour la protection des droits de l`Homme, basée à Abidjan, se dit conscient de l`existence du phénomène. Mais, "il ne faudrait pas amplifier les choses avec des rumeurs", prévient-il. "C`est à la police de faire son travail et non aux populations de se faire justice en tuant".

Mais, à la police, on se refuse à tout commentaire.



Fulgence Zamblé
(FIN/2008)
Source : Abidjan.net > Actualité > Autre presse,
Vendredi 31 Octobre 2008.


25.10.2008

ENLEVEMENTS D’ENFANTS A ABIDJAN : UNE DECLARATION PEU RASSURANTE ET PEU CONVAINCANTE DES AUTORITES POLICIERES

EMEUTES ENLEVEMENTS D'ENFANTS.jpg
Hier, au journal de 20 heures de RTI La Première, nous avons écouté le Commissaire Principal DIAGOURY GNAHOUA, Porte-parole de la Police Nationale, faire une déclaration relative au vent de panique générale et de folie meurtrière qui a soufflé sur la ville d’Abidjan, ce vendredi 24 octobre 2008.

Que s’est-il passé ? Tout est parti d’une rumeur selon laquelle des ravisseurs d’enfants, en tenue militaire, seraient dans la ville et qu’ils auraient enlevé sept enfants, aux abords des écoles primaires, dans des véhicules de type 4X4, aux vitres teintées.

Il n’en a pas fallu plus pour jeter les parents dans la rue, les uns pour retirer leurs progénitures des écoles et les autres pour manifester bruyamment et violemment sur la place publique, avec en pic une véritable émeute, dans la commune d’Abobo.
Bilan de la folle journée d’hier : Deux civils innocents tués, quatre policiers tailladés à la machette, plusieurs blessés, des bus de la SOTRA et des véhicules particuliers saccagés.

Que les autorités policières aient décidé de faire une déclaration télévisée, après des évènements aussi graves, est une initiative louable. Mais nous attendions bien plus de nos limiers. Franchement !
Pour ma part, j’ai été honnêtement déçu de cette sortie approximative qui révèle les lacunes et le manque criant d’anticipation de notre police et ce, pour au moins deux raisons :

1- Le Porte-parole de la Police Nationale ne s’est prononcé que sur les évènements d’hier, comme si la question désormais nationale des enlèvements et des disparitions qui ont cours, en ce moment, dans le pays n’est apparue qu’hier ! Parce qu’il n’en a jamais parlé, avant. Or, tout Ivoirien qui vit actuellement sur le territoire national sait que ces faits sont récurrents, depuis au moins une année, en Côte d’Ivoire, et singulièrement à l’approche des élections.

2- Le Commissaire Principal DIAGOURY GNAHOUA a également donné l’impression, à la nation entière, que les rumeurs qui ont entraîné les faits d’hier, relèvent de la pure affabulation, s’appuyant sur le cas de la fille du sapeur pompier, le Sergent UZA Dodo Charles, qui n’aurait pas réussi à leur indiquer, avec précision, l’endroit où ses ravisseurs l’auraient retenue captive avec dix autres enfants (dont les parents, selon les dires du Commissaire Principal, n’ont pas porté plainte) et d’où elle aurait fui. Est-ce si étonnant de la part d’un enfant ? N’est-ce pas à notre police de tranquilliser les populations en les assurant de conduire à termes ses investigations, sans qu’il soit besoin de jeter le doute et un quasi discrédit sur le témoignage d’une fillette traumatisée ? Notre police démontre ainsi qu’elle est franchement dépassée par les évènements et qu’elle ne fait aucune investigation sérieuse. Toutes choses qui la décrédibilisent, grandement. Et même si les évènements d’hier avait relevé de la simple rumeur, qu’a fait notre police pour les autres dizaines de cas de disparition déclarés antérieurement, à la télévision ivoirienne, et jamais résolus ?


Chers ivoiriens, c’est tous les jours que la RTI, à l’émission magazine de la mi-journée, consacrée aux annonces d’évènements, montre à la nation des photographies d’enfants, d’adolescents et de personnes adultes portés disparus, dans le District d’Abidjan. Les cas les plus récents ont même eu lieu dans cette semaine. Je peux même personnellement en témoigner et relater le cas éloquent qui nous a été présenté par l’animatrice Christelle DIBY, il y a seulement quatre jours de cela : Une petite fille de la classe de CE2, à la recherche de ses parents et accompagnée, sur le plateau de la télévision ivoirienne, d’une dame, parente d’une autre à laquelle la petite s’est agrippée, dans la rue, après avoir échappé à ses ravisseurs.

L’écolière, racontant les faits en direct, révèle qu’un inconnu l’a abordée devant la cour familiale, pendant qu’elle jouait.
Et la suite de l’histoire se déroule comme suit : Il lui demande d’aller lui acheter des cigarettes et une boîte d’allumettes. Ce qu’elle fait. A son retour, l’inconnu lui ferme vigoureusement la bouche d’un mouchoir et l’endort.
Son ravisseur l’emporte mais n’en reste pas là. Dans un autre secteur de la commune de Yopougon où il opérait, aux abords de la cité SIB, il appelle d’autres enfants dont il devait faire ses prochaines victimes.
Sur ces faits, la fillette sort de l’effet des soporifiques et s’éjecte, à corps perdu, du véhicule 4X4 où elle était tenue prisonnière. La brusquerie de la sortie de l’écolière du véhicule jette l’effroi sur les autres enfants, en approche, qui prennent leurs jambes à leurs cous.
Notre fillette court immédiatement s’agripper à une dame qui venait tout juste de descendre du bus, celle dont la parente l’a accompagnée sur le plateau de la télévision ivoirienne.

Alors, comment passer sous silence ces faits gravissimes et traiter la question des enlèvements (même s’il y a eu des dérives dramatiques, hier) comme s’il ne s’agissait que de rumeurs et d’affabulation, voire de vues de l’esprit. Qu’on ne prenne pas les Ivoiriens pour des demeurés mentaux !

Je savais notre police limitée, en matière d’investigation (il n’y a qu’à voir le cas des enquêtes sur l’assassinat du Directeur d’INTERPOL Côte d’Ivoire, le Commissaire Bridji ZOGOUE - lui-même policier et pas n’importe lequel - qui s’est incroyablement achevé sur un non–lieu, là où la presse ivoirienne a relevé des preuves et indiqué des pistes extrêmement précises. Qui a donc intérêt que ce crime odieux ne soit jamais élucidé ?) mais je ne la croyais pas aussi incompétente et, à ce point, frappée de carence ! Je pensais, objectivement, que nous avions une police, dans ce pays. Mais ma déconvenue est immense.

Que Monsieur le Porte-parole de la Police Nationale sache qu’il n’est pas besoin de faire l’Université d’Harvard, aux Etats-Unis, pour comprendre que quand un peuple ne fait plus confiance à sa police et à son appareil judiciaire, il a tendance à se faire justice, lui-même. Et c’est ce à quoi nous assistons, actuellement, à Abidjan. Si vous parvenez à comprendre ce mécanisme social – et je vous en crois capable, cher monsieur – vous trouverez, tout seul, les mesures et les solutions, ainsi que les devoirs, qui s’imposent à votre corporation, vis-à-vis du peuple ivoirien.

Mais pourquoi faut-il toujours que nous frôlions la catastrophe, dans ce pays, avant que les dispositions que recommande - non pas même l’intelligence mais le simple bon sens - soient prises ? Pourquoi donc ?



Que DIEU bénisse le peuple de Côte d’Ivoire et le délivre de tous ses oppresseurs ! Qu’il le libère de toutes les âmes damnées qui perturbent sa paix et sa sérénité!



DINDE Fernand AGBO


21.10.2008

ENLEVEMENTS ET DISPARITIONS A ABIDJAN

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Les enlèvements, tentatives d'enlèvements et disparitions, dans la ville d'Abidjan, ont de quoi nous glacer le sang. L'Etat doit prendre des mesures vigoureuses et les Renseignements Généraux de Côte d'Ivoire, mettre en oeuvre une opération d'envergure pour démasquer les fauteurs de troubles et démanteler cette filière criminelle! En attendant que nos autorités veuillent bien se remuer (nous avons la mauvaise habitude, dans ce pays, de ne réagir que quand on frôle la catastrophe), prudence, prudence, prudence! Je vous propose un article et des commentaires édifiants sur le blog de Richman Mvouama sur la question.

Avez-vous entendu parler des enlèvements d’individus, à Abidjan. On m’a rapporté des expériences vécues par des connaissances, au cours des 30 derniers jours. Une dame d’environ 45 ans que l’on faisait entrer de force dans un véhicule 4x4 vers 19h 30 dans le secteur de la Pisam. Elle a été sauvée par un blanc qui avait lâché son chien sur les malfaiteurs.

Une autre, dans un taxi compteur, à 20h venant de Cocody en direction d’Angré. Le taximan a changé de direction, il est allé garer dans la petite forêt vers le Lycée Technique, après avoir dit à un interlocuteur au téléphone qu’il avait quelqu’un. Refusant de répondre aux questions de la dame sur cet arrêt non prévu hors de l’itinéraire normal, cette dernière s’est jetée dans le ravin et s’est mise à courir comme une folle.

Commentaire de l'auteur de l'article: C’est peut être des sacrifices humains que les gens font, en vue des élections ! Il parait que c’est fréquent, en Afrique. Quoiqu’il en soit, évitez les coins trop calmes et réagissez promptement si une voiture bizarre vient brusquement garer devant vous, si vous êtes seul au bord d’une route, quelque soit l’heure. On ne sait jamais !


Commentaires des lecteurs:

M Richman, ce que vous dites est vrai. Il y'a un plus d'une semaine, on a vu une fille lutter avec 2 gars au carrefour Duncan. On a cru que c'était une histoire de couple. Elle luttait tellement violemment, qu'avec mes amis, on a décidé d'aller les séparer. Lorsqu'ils nous ont vu venir, ils sont montés dans la voiture et ils ont fui.
La fille nous a dit qu'elle ne les connait pas et ne les a jamais vu. Elle attendait un taxi et elle a vu les 2 gars garés devant elle et l'obliger à monter dans leur voiture. Elle n'a rien compris. En lisant vos histoires, je vois que le problème est très sérieux.
Ecrit par : Ignace | 21/10/2008


Moi aussi, j'ai entendu parler de ce type de phénomène, je relaie sur mon blog.
Ecrit par : Théo | 21/10/2008


cela ne peut pas etre l'oeuvre de l'ANSI (services secrets ivoirien), eux ils sont plus sofistiquer et ont de veritable moyens, ils agissent dans la plus grande discretion ! donc qui sont ces personnes
Ecrit par : Akwa Bahi | 21/10/2008


Les scènes que vous décrivez sont tout à fait effrayantes ! Cette pratique ne m'étonne guère. Elle est la preuve que notre conscience politique est encore très faible. Placer notre foi dans les choses que nous faisons, dans les projets que nous bâtissons, dans les institutions que nous donnons est encore au-dessus de notre propre entendement.
Je voudrais me tromper sur l'élément déclencheur d'un tel comportement. Mais le rapprochement que tu fais de ce phénomène avec les prochaines élections est à prendre très au sérieux.
Ecrit par : St-Ralph | 21/10/2008


26.09.2008

CONCOURS MISS: DE LA MISERE DE NOS COMPORTEMENTS

MISS 2007.jpgLu pour vous, du blogueur Serge GRAH: "Pour participer au débat sur ces "particularismes" ivoiriens où les concours de beauté tiennent une place de choix (on m'apprend que l'ingenuosité des Ivoiriens permet d'allonger la liste : Miss Internet, Miss Diaspora et Miss Tout Niveau), je vous donne pour lecture un texte que j'ai publié en décembre 2007 sous le pseudo de Dr Kobé Cécile. Un texte qui reste d'actualité. Bonne lecture ! Serge GRAH: http://sergegrah.centerblog.net".



De la misère de nos comportements


La Côte d’Ivoire est un pays étrange ! Vraiment ! Un pays que tout le monde s’accorde à trouver mal-en-point, un pays qui s’enlaidit… et que toute la Nation devrait aider à sortir du gouffre, mais qui ne bruit que de comportements encensant des sous-valeurs.

Loin de nous réclamer d’un certain puritanisme, autorisons-nous néanmoins à dénoncer avec force le vice et l’insouciance caractérisés qui sévissent dans notre pays et tendent à se perpétuer péremptoirement en cette période post-crise. Et ce, dans le seul objectif de tirer la sonnette d’alarme et de susciter une prise de conscience collective. Car, il faut se rendre à l’évidence, le mal est bien profond et se cache derrière de nombreuses facettes. Les Ivoiriens ont perdu tout repère. Même les dogmes sociaux élémentaires, les rudiments primordiaux au développement d’une Nation tels que la moralité, l’éducation et le respect des mœurs semblent nous échapper.

Que s’est-il passé pour qu'on en arrive-là ? Les Ivoiriens loin d'être parfaits tenaient quand même sur quelques principes. Comment sommes-nous donc arrivés à un tel deuil de l’espérance ? Pourquoi éprouvons-nous cette lassitude à la réflexion ?

Un examen sommaire de notre société amène à se rendre compte de l’appétence paroxystique des Ivoiriens pour les plaisirs. Des déviances que nous inspirent le culte de l’argent, de la perversité et du superficiel : beuverie, ripailles, luxure, orgies sexuelles, impunité, corruption, favoritisme. Des comportements vénaux qui ont pris un caractère normal et qui sont en train de passer insidieusement dans les habitudes. L’immoral a pris la place de la morale, l’anormal s’est substitué au normal. Il y a une commutation des valeurs, au fil d’une déliquescence quotidienne incontrôlée de l’éthique. Le vice a fini par se suppléer à la vertu dans une indifférence totale et dans la plus nauséeuse des désinvoltures. Visiblement, il n’y a plus dans ce pays de garde-fous, de barrières. Plus d’interdits !

Dans notre chère Éburnie, tout se passe comme si nous étions dans une sorte d’impasse culturelle faite d’une affligeante stérilité. Jamais on ne célèbre l’intelligence, celui qui a mieux réfléchi... Nos cerveaux sont si paralysés que nous n’avons rien d’autre à proposer à la jeunesse que les jeux débiles servis en quantité par « Notre Télévision poubelle »… Pour sanctionner les talents et récompenser des bassesses. Quel gâchis épouvantable !

On a même trouvé des formules pour entretenir à coup de millions des viviers… de jeunes filles : les concours de beauté. Ce phénomène occupe désormais chez nous une place légitime. « Miss Côte d’Ivoire, Miss Cedeao, Miss Campus, Miss District » par-ci, « Miss Cocody, Miss Bouaké, Miss Adjépessi », par-là. Les « reines » et les « miss » se démultiplient. Il y a une telle folie obsessionnelle à organiser ce genre de compétitions qu’on a fini par y mêler des gamines. Oui ! On n’a pas hésité à faire germer l’idée, ôh combien géniale, que dis-je répugnante, d’exhiber des bébés de 7 ans ! « Miss Noël » nous dit-on ! pour voler leur innocence à ces enfants.

Nos enfants naissent et grandissent désormais dans ce climat de médiocrité et de recherche de gain facile, qui fausse leur conscience. Convaincus que la réussite est moins dans l'effort et la recherche de l'excellence que dans la capacité à tirer profit de son physique.

Mais diantre ! Quelle répugnance pénalisante pour la Nation lorsque les futilités, la vénalité, l’ignorance tentent d’embastiller la Culture ? Franchement qu’on nous dise le type de valeurs que promeut ce genre de compétitions. La beauté ? Mais quel mérite a-t-on à être beau ? A quel emploi exige-t-on d’être beau ? Comment pouvons être aussi pauvres culturellement au point de jeter le voile pesant de notre inculture sur nos propres enfants ! Que peut-on espérer de l’avenir d’une Nation dont toute une génération est sacrifiée sur l’autel de vices suicidaires ? Dans quel psychodrame sommes-nous en train de jouer ? Comment s’étonner alors que les jeunes Ivoiriens trichent avec leur vie ! Et que le civisme, la conscience professionnelle et l'assiduité au travail soient observés avec mépris.

Baignant dans les paillettes, de tels concours mettent en jeu toute l’image qu’on se fait de la femme dans notre pays. Et ce qui se profile, c’est la sexualisation prématurée des enfants. C’est aussi la distribution des rôles futurs : « sois belle… et tout le reste te sera acquis ». Plus profondément, c’est la référence au superficiel, aux fausses valeurs, au nu avec ses profils effilés devenus le critère dominant. Le dessous comme vérité du dessus. La coquetterie et la beauté, les seules armes qu’on laisse aux enfants de ce pays… Merveilleux programme ! N’est-ce pas ?

Et qu’une Institution de la République, tel le Ministère de l’Éducation Nationale accompagne de telles actions, prend le visage de l’effroyable. Et de la révolte ! Le gouvernement ivoirien veut-il entretenir le modèle d’une jeunesse zombifiée ? Veut-on créer le stéréotype de la femme infantile ? Veut-on pour demain des femmes qui n’auront pour seule boussole que d’être « belle » ?

Aujourd’hui, la situation de notre pays est telle que les maux à combattre ne manquent pas. Au lieu de promouvoir des préjugés sexistes du genre « soit belle et tais-toi » à un moment où l’école est quasiment inexistante, un moment où le SIDA décime toute une jeunesse, le Ministère de l’Éducation Nationale devrait multiplier des actions qui exhortent plutôt les jeunes au travail, au civisme, aux valeurs éthiques et morales, etc.

Une enfant à qui on apprend à se réaliser à partir des atouts artificiels, trouvera-t-elle le moyen de croire en ses études ou au travail ? Quelle élite sommes-nous en train de former ? Ne faut-il pas construire pour cette jeunesse une société qui donne avantage au mérite par le travail et l’intelligence ? Et qu’ils comprennent ainsi qu’il n’est pas inutile d’aller à l’école et d’être surtout « beau » par l’intelligence.

Sinon, un jour, lorsqu’ils auront 20 ans, 30 ans. Et pleins d’espoir, affamés d’avenir, ils se rendront compte que nous leur avons laissé un pays usé et vidé de toute sa substance nourricière. Et ce jour-là, ils nous haïront de toute leur force. Et ils auront raison. Car c’est le pire qu’on puisse faire à ses propres enfants…



Serge GRAH

23.09.2008

SORCELLERIE ET SOUS-DEVELOPPEMENT

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A l’aube du 21ème siècle où l’Afrique se bat pour rattraper son retard sur les autres continents, certains intellectuels n’ayant pas peur du ridicule, proposent la sorcellerie comme moyens de développement. Le degré d’approche du problème et les conclusions tirées pourraient témoigner de nos incapacités, et cela quels que soient nos niveaux d’études universitaires, à juger avec bon sens et esprit critique.
Il n’y a pas longtemps, une cassette vidéo, témoignage d’un homme, Béhanzin, qui serait converti au christianisme circulait à Abidjan mais surtout dans les cités universitaires. Selon son contenu, le prétendu prêtre vaudou faisait des révélations sur ses activités magiques : il disait avoir rehaussé de façon magique le niveau religieux, politique, économique et sportif de certains ivoiriens. Il serait à la base de la réussite fulgurante et plus ou moins douteuse de certaines personnes grâce à ses procédés magiques consistant à enterrer des fœtus, des parties du corps humains comme cheveux, ongles puis à invoquer à la fin des esprits.

Ce procédé de justification de la réussite sociale doit être l’occasion pour l’ensemble des intellectuels et particulièrement pour les philosophes d’ouvrir leur esprit critique, afin d’améliorer la capacité à comprendre du peuple ou du commun des mortels. Ce devrait être l’occasion d’inviter la masse à faire de meilleures analyses de tout ce qui l’entoure. Pourquoi toute réussite en Afrique devrait-elle devoir son mérite aux bons soins des esprits magiques ? Pourquoi l’Africain serait-il particulièrement « programmé » pour croire à la sorcellerie ? Y a-t-il des explications psychologiques, économiques et socioculturelles qui favorisent un tel attachement aux croyances mystiques chez les Africains ?
Après cinq années de guerre, le peuple ivoirien est exaspéré ; il est fatigué. Il assiste impuissant à d’interminables grèves visant à améliorer le niveau de vie des fonctionnaires du public et du privé. Beaucoup d’artistes, d’agriculteurs, de pratiquants du secteur informel mènent aujourd’hui des actions pour sauvegarder leurs intérêts économiques et sociaux. En somme, la pauvreté à certains égards s’installe de plus en plus fermement dans une société où la corruption et l’individualisme sont devenus monnaies courantes.

Quand un peuple ou un individu en arrive là, la capacité réflexive du citoyen se réduit à l’instinct animal. L’instinct de survie domine sa capacité d’analyse ; l’intelligence est étouffée par les mécanismes naturels de survie. Il est aux aguets, prêt à répondre à celui qui lui offre les moyens les plus rapides de résolutions de ses problèmes. On fuit la difficulté et on recherche en priorité la facilité. La magie répond à ce besoin de réponse facile et rapide. Par elle, les individus croient posséder des forces irrationnelles de réussite. Ils finissent par s’encombrer de superstitions, d’objets de protection et de pratiques douteuses. Ils croient trouver dans la sorcellerie le remède de leur souffrance. Comme contrepoids à la sorcellerie, d’autres s’abreuvent de prières et de protections diverses. En réalité, la misère, l’ignorance et la crainte sont les principales causes de la croyance à la sorcellerie. Par paresse de la pensée, ces individus implorent les esprits ou le divin.

La sorcellerie apparaît à leurs yeux comme technique de possession de prétendus pouvoirs surnaturels pouvant plier la nature à leur volonté. Ces pouvoirs permettraient de se déplacer quand ils veulent, sans moyens de transport conventionnels, d’un bout à l’autre du monde pour faire du mal à qui ils veulent. Ces pouvoirs leur donneraient des facultés secondaires de divination. A l’inverse, ces individus, sachant tout le mal qu’ils font, sont perpétuellement à la recherche de la protection d’un Dieu bon qui sauve contre un dieu mauvais qui donnerait ces pouvoirs de destruction à certaines personnes.

L’apologie d’un démon est donc fait. Cependant ce n’est point l’apologie du démon naturel de destruction contenu en tout homme comme chez T. Hobbes dans sa théorie de l’homme Léviathan. Mais c’est celle d’un démon extérieur au monde et qui pousserait à commettre des actions contraires à toutes règles humaines sur les autres pour acquérir une certaine puissance magique et s’assurer d’une réussite sans faille dans la société. On pourrait se croire dans un conte ou à la limite dans un mythe. Malheureusement, ces faits s’accordent encore aujourd’hui avec les réalités sociales et culturelles des Africains. Nos mentalités ont instauré dans nos coutumes et traditions des règles et des croyances répondant à de telles dérives intellectuelles.

De nos jours, personne ne veut remettre en cause ses manières de faire anciennes totalement en désaccord avec l’évolution scientifique du monde. Un pasteur pense que des esprits provoquent des accidents sur l’autoroute du nord, au Banco. Comme remède, il propose, sans avoir peur du ridicule, purement et simplement des prières au lieu d’inviter les automobilistes à la prudence et au respect des règles élémentaires d’entretien de leurs voitures. Ce magicien des temps nouveaux s’égosille dans l’exorcisme des « esprits d’accidents » alors qu’il devrait interpeller l’Etat à veiller à l’éclairage public et à l’entretien des routes. Au nom de la sorcellerie, des pauvres individus sont enterrés vivants, après des procès coutumiers expéditifs, au mépris des lois de la république. En somme, la croyance aux esprits et à la superstition contribue à rendre les individus et l’Etat moins responsables. Tout le monde se cache derrière des forces magiques pour ne pas faire son travail citoyen.
A l’heure de la mondialisation, il est important que les Africains sortent de leurs réserves dogmatiques, de leurs croyances absolues aux mystères pour affronter rationnellement un monde complexe. Ce monde est celui des débats scientifiques et du respect des droits de l’homme. C’est dans la confrontation des idées et non dans l’imposition des croyances liées aux délires de l’imagination que l’Afrique pourra asseoir, à certains niveaux, son leadership intellectuel et assurer son développement.

Prof. BOA Thiémélé Ramsès et Mlle GNEBO Zohon Rachelle (étudiante). Université de Cocody/ Département de Philosophie.

MISS NOEL ET CONCOURS MISS, EN COTE D'IVOIRE, EN GENERAL: DISCUSSION A BATONS ROMPUS

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Miss Noël vraiment ?

Un biais pour une analyse rapide.
Quoi ? Préselections Choco Miss Noël 2008

Où ? Abengourou, Daloa, Yamoussoukro, San Pédro, Divo, Daoukro, Abidjan

Analyse de l'image d'appel En haut à droite : Gros logo du partenaire Chocodi. Au grand centre : Une enfant, dix ans à peine, habillée d'une robe de princesse, un sourire éclatant, une bouche super maquillée, des paupières maquillées, des faux cils (ça se voit), des rallonges de cheveux, une mimique séductrice...

But d'un tel évènement ? .... (j'attends des propositions)

Partenaires Entre autres, le Ministère de l'Education Nationale

Promotrice de l'évènement ? Patricia Kalou.

Rappels sur babiwatch

Vous en pensez quoi vous ?

Lu sur: http://babiwatch.ivoire-blog.com/archive/2008/09/10/miss-...

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AUTRES LIENS SUR LE DEBAT

Le Blog de Yoro: http://leblogdeyoro.ivoire-blog.com/archive/2008/09/03/mi...

Le Blog de Théophile Kouamouo: http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2008/09/04/choco-...

Réseau Ivoire: http://www.rezoivoire.net/news/enquete-article/2994/conco...


Mon commentaire sur l'article:

Ce que j'en pense, moi? Totalement débile! Franchement! Quelle mérite a t-on d'être la plus belle! Nous sommes beaux ou belles, un point c'est tout, c'est DIEU, le Créateur qui l'a voulu ainsi! Quel mérite pouvons-nous objectivement en tirer?

Ces concours Miss sont une véritable plaie morale, une abérration! Quelle est la valeur qu'on veut ainsi promouvoir? Exhiber ses charmes pour se faire de l'argent? Une prostitution savemment déguisée? Cela ne correspond pas aux modèles avec lesquels on batit une grande nation.
Les Ivoiriens doivent, comme je l'ai toujours dit, revisiter, reconsidérer leur échelle des valeurs.

Est-ce tellemnt leur faute quand des media d'Etat comme la RTI, à travers RTI MUSIC (dès 9h, le matin) et les films à l'eau de rose de 19h, désaxent moralement notre jeunesse et nos enfants par une musique crétine, des danses obscènes et le culte du nudisme et des embrassements érotiques? Au vu et au su des pouvoirs publics et surtout du CNCA qui censure des pubs de beurre et de savonnerie et qui laisse passer les choses les plus graves et les plus répréhensibles!
Que sert-il de couler la mouche et d'avaler le chameau? Honnêtement! (Cf. La Bible). Et vous, qu'en pensez-vous?

Fraternellement!

Dindé Fernand.


Réaction d'un internaute à ma diatribe:

Je suis tout à fait contre vos propos Monsieur DINDE; pourquoi toujours vouloir chercher à donner des leçons, pourquoi critiquer la façon de penser ou la façon de raisonner des autres, ca peut arriver d'avoir des points de vue differents, plus je lis les messages échangés essentiellement vos propos, plus je me rends compte d'une certaine intolérance d'une volonté permanente d'imposer ses idées, sa façon de voir les choses sa façon de penser. pourquoi traiter la façon de voir les choses des autres de je cite: "totalement débile", « de plaies morales », « d’aberration »; pourquoi dire que Dieu a voulu qu'on soit beau ou belle un point c'est tout. Si c’est ainsi pour la beauté ca devrait etre pareil pour l’intelligence, la sagesse la force le courage la richesse……Cependant dans la bible certaines personnes sont connues et meme reconnues pour avoir été les plus beaux, les plus forts les plus courageux les plus sages les plus riches de leur époque je vais vous citer de ce fait JOB (richesse), les enfants de JOB (beauté), Rebecca « la femme de Jacob » (beauté), le roi SALOMON (richesse et sagesse), SAMSON (force), DAVID(courage) et beaucoup d’autres encore.

Concernant Les concours de beauté, je suis désolé ils sont justes organisés dans le but de distraire d’occuper les gens, si on continue à raisonner dans ce sens la les jeux olympique par exemple ca ne sert à rien, les competitions de football ca ne sert à rien parce que quelle mérite avons-nous à courir plus vite ou a savoir taper dans un ballon mieux qu’un autre.

Je ne sais pas ce que vous appellez musique crétine mais je me sens choqué je dirai meme outré par ce manque de tolérance. Comprenez déjà que pour nous ivoiriens vivants pour l’instant à l’étranger, c’est un vrai bonheur d’entendre cette musique « crétine », peut etre que nous aussi sommes crétins pour autant l’apprecier.

Concernant les danses obscenes, je suis désolé de vous dire que les ivoiriens sont producteurs de films pornographiques, on a cependant pas pour autant condamné les films ivoiriens comme ABLAKON- LE 6e DOIGT- COULEUR CAFE et j’en passe. On ne va donc pas condamné la musique ivoirienne parce que certains veulent détourner le concept à leur avantage pour faire des conneries.



Jean-René A.


Ma réponse à la réaction de Jean-René


Cher bien-aimé Jr A.,

Ce que je condamne n'est nullement le loisir que ces concours offrent ou la compétition qui est organisée en tant que telle, mais le fait de récompenser une fille parce qu'elle est belle, et mise au dessus de toutes, honorée, choyée, acclamée, pour n'avoir fourni AUCUN effort, tandis qu'on ignore celles qui ont le BAC avec la mention, qui tiennent des entreprises avec brio, qui occupent admirablement des postes traditionnellemnt consacrés aux hommes, qui sont parties du bas de l'échelle pour accéder à la prospérité et à l'accomplissement de leurs personnes, celles qui ont des idées novatrices, celles qui par l'effort et le travail se sont distinguées, etc, etc, etc!

Voici ce qu'on doit promouvoir dans un pays sous-développé comme le nôtre, où plus personne ne veut travailler, où on préfère le loisir et le luxe rapidement acquis au travail patient et à l'effort soutenu et constant. Tout le monde veut être Miss pour être la femme d'un boss, tout le monde veut jouer au football pour devenir Drogba, tout le monde veut travailler dans les régies financières sans être admis régulièrement à un concours mais en corrompant des indélicats qui sapent les bases de la nation et de notre administration (où l'éthique n'existe plus) pour longtemps.

Après cela, comment fait-on pour construire un pays solide et bosseur qui puisse prétendre à des taux de croissance supérieurs ou égaux à ceux des Dragons d'Asie, qui avaient le même PIB que nous, en 1960?

Alors, comprends-moi, cher frère, mon coeur pleure de voir l'Afrique s'amuser et danser pendant que le monde avance et que l'histoire s'accélère!

Justement, j'appelle musiques crétines les musiques où on chante des grossièretés (Dedans, mets dedans!) et qui font danser tout le pays, où les paroles sont des bruits de bouches sans aucun sens et qui font se trémousser les trois-quart de la nation, où le tintamare remplace les belles harmonies musicales (je suis instrumentiste et chef du groupe musical de mon église), où les textes sont nuls et incohérents et où des concepts immoraux encouragent à la luxure, à la fornication, au gain facile et à la gabégie, qui sont des valeurs qu'un pays en voie de développement ne peut pas s'offrir le luxe de promouvoir!

Voici donc ce que je n'accepte pas pour mon pays où j'estime que le travail doit être la PREMIERE VALEUR. J'espère que tu me perçois maintenant un tout petit peu.

Fraternellement!

Dindé Fernand.



18.09.2008

SORCELLERIE ET TRADITIONS CRIMINELLES

FETICHE VAUDOU 2.jpgBOA Thiémélé Ramsès, Maître de conférences de philosophie, Université de Cocody Abidjan

Le 11 juillet à 17h, dans le cimetière de Sahuyé, un village de Sikensi, un homme, ligoté a été enterré vivant sous le cercueil de sa présumée victime. Landry Kohon, le journaliste de Fraternité Matin qui relate ces événements a raison de dire que les mots inhumain, cruel, horrible, abominable ou odieux ne sont pas assez forts pour qualifier ce crime commis au vu et au su de tout le village.
Peut-on rester silencieux face à l’indicible ? Peut-on ne pas regarder avec dédain cette tradition criminelle fondée sur la sorcellerie ?


QUELLE TRADITION ?

On nous dit de ne pas regarder avec dédain nos cultures. Certes. Mais que vaut une tradition quand elle ne garantit pas la liberté de ses membres, quand elle ne protège pas les plus faibles ? Que vaut une tradition quand visiblement elle est en déphasage avec l’évolution scientifique et morale de l’humanité ?
Toute société évolue aussi bien dans ses manières de faire que dans ses manières d’être. Elle doit passer par le rejet des formes anciennes inaptes à rendre compte du présent. Elle doit nécessairement devenir moderne si elle veut innover. La modernité exige une critique sévère des formes périmées de savoir, de savoir-faire et de savoir-être. Elle nous oblige à regarder avec un certain dédain ces traditions singulières qui oppriment la personne humaine et encouragent la servitude de l’esprit. Aujourd’hui les élites africaines qui auraient dû être les défenseurs de la modernité étonnent par leurs agissements quelquefois semblables à ceux de l’ignorant analphabète. Elles retournent à un stade d’ignorance qu’elles avaient déjà franchi grâce à l’instruction. Elles deviennent médiocres au sens où, pour le philosophe camerounais Njoh-Mouelle, la médiocrité, conformisme irréfléchi aux pensées élémentaires, a pour base l’absence de jugement personnel, la dépendance par rapport à l’opinion et au jugement anonyme de la majorité, les comportements stéréotypés et la renonciation à l’autonomie. La médiocrité se présente alors comme grégarité, fidélité inconditionnelle à des us et coutumes dégradants.
En somme, cette tendance générale de la tradition à voir la sorcellerie partout, aussi bien dans la réussite sociale que dans la mort, produit des esprits médiocres, véritables freins à la modernité. Toute société désireuse de modernité fait le deuil de l’ancienneté qui ne correspond plus à la nouveauté. Il ne s’agit pas de rejeter les certitudes anciennes parce qu’elles sont anciennes mais simplement parce qu’elles ne donnent plus de réponses pertinentes aux préoccupations du moment. Maintenir artificiellement en vie une tradition culturelle anachronique est une faute morale ; l’amener au contraire vers la forme universelle qu’elle contenait est signe d’intelligence et de courage. Il s’agit en réalité d’épurer les traditions des aspects dépassés. C’est pourquoi dans toute modernité, la raison fait reculer l’ombre de l’irrationnel ; les émotions collectives se dissolvent dans des pensées personnelles assumées. Dans la pensée de la modernité, c’est la Loi de l’Etat qui règne au détriment de celle du terroir ; c’est le respect du droit de la personne que l’on garantit contre tous les abus. Dans la modernité, force est donnée à la Loi républicaine pour faire régner la justice universelle.

FETICHE VAUDOU.jpgLES RENONCIATIONS COLLECTIVES

Aucun des éléments qualifiant la modernité n’était présent dans les actes ignobles commis à Sahuyé ce 11 juillet 2008. C’est le jugement sommaire d’une foule excitée par la haine qui a eu raison de ce jeune homme enterré vivant. Que vaut une société quand, par paresse, ses élites refusent d’interpréter la culture à la lumière des nouveaux cadres de crédibilité ? Les élites ivoiriennes en donnant du crédit aux superstitions, renoncent à leur fonction de critiques et de producteurs des savoirs. Elles sombrent dans une paresse de pensée doublée de couardise.
La gendarmerie arrivée sur les lieux au moment où le jeune homme ligoté était conduit par ses bourreaux au cimetière n’a pas daigné arrêter le cortège. N’est-ce pas un acte flagrant de non assistance à personne en danger ? Quand les institutions républicaines commises à la protection des citoyens renoncent à leur devoir, tout citoyen est exposé à l’arbitraire.
Par ailleurs, la Commission Nationale des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (CNDHCI) dirigée par une juriste émérite et des humanistes confirmés est restée silencieuse sur ces cas évidents de violation des droits de l’homme. A la lecture des comptes rendus de la récente conférence de presse de la CNDHCI, nous avons eu l’impression qu’une fois encore l’Etat ivoirien s’était donné bonne conscience en créant une institution sans moyens d’action. A-t-elle reçu des pouvoirs publics les moyens matériels et financiers pour réaliser pleinement sa noble mission ? A moins que ne sont prises en compte par elle que les droits politiques et les viols de femmes ! En se focalisant uniquement sur les droits politiques, la CNDHCI renonce à une de ses vocations : dénoncer toute violation des droits de l’homme. Elle laisse ainsi dans l’ombre un pan entier des droits civils dont la violation se traduit par la torture, les traitements cruels, inhumains et dégradants.
Accuser des individus de sorcellerie, les exposer à la vindicte populaire et au lynchage, c’est ne pas respecter la dignité inhérente à la personne humaine. En dehors de Sahuyé, d’autres cas non moins cruels de tortures ont été déjà signalés : cas de lynchage à Oghlwapo à Alépé faisant trois morts et de nombreux blessés (voir Fraternité Matin du 7 juillet, p. 16) ; cas de Ouleglepleu à Toulépleu où un prétendu exorciseur de sorciers installé avec la bénédiction républicaine du sous-préfet a dénoncé « L’équipe nationale des sorciers de Toulépleu » (voir Réveil Hebdo du 30 juillet 2008, p. 9). Citons aussi le cas relatif à l’enterrement de Kuyo Serges, ancien secrétaire général de la Fesci : le 15 septembre 2007, lors de l’inhumation de Kuyo Serges à Logobia, les étudiants, sous prétexte de venger leur camarade victime selon eux des sorciers de son village, ont mis le feu à une partie du marché du village, saccagé des habitations et des magasins, détruits les biens des pauvres paysans. Cette horde d’étudiants excités et en colère a battu à sang des présumés coupables, accusés d’avoir, par des pratiques de sorcellerie, provoqué la mort, par accident de voiture, de leur ancien camarade (voir Soir Info du lundi 17 septembre 2007).
Mais la CNDHCI renonce d’autant plus à ses charges que l’une des fonctions des commissions nationales des droits de l’homme, selon les textes de l’ONU, consiste à recevoir des plaintes d’individus ou à s’autosaisir des abus commis dans le domaine des droits de l’homme en violation de la législation nationale. Or dans les cas mentionnés plus haut, n’est-ce pas la coutume du terroir (ou pratique interne) qui est appliquée au détriment des lois de la République ? La CNDHCI ne peut fermer les yeux sur cette pratique archaïque de dénonciation de sorciers par le port des cercueils.
En plus de la violation de la législation nationale, il y a eu une violation massive des droits de l’Homme car une des finalités des procès traditionnels en sorcellerie, c’est le désir inavoué de débarrasser la société de ses membres devenus inutiles, souffrants et encombrants. Déjà en 1932, L. Tauxier (Administrateur colonial du Cercle du Sanwi puis de celui de l’Indénié de 1924 à 1926) remarquait avec justesse, « que par la terreur fétichiste, la société se débarrasse des vieilles femmes plus bonnes à rien, encombrantes et laides, des vieillards grognons, récalcitrants, pauvres, sans parenté puissante et sans défense ou bien mal vus dans leur famille et suspects à leurs proches. » La sorcellerie se transforme ainsi en un alibi que des individus sans scrupules utilisent pour dépouiller de leurs biens des groupes de gens ou des individus sans défense. Le plus souvent et selon les pratiques du milieu, les biens des prétendus sorciers tueurs sont récupérés par leurs dénonciateurs.
Quand la sorcellerie devient un principe d’explication de tout, elle apparaît comme un aveu d’impuissance devant la complexité du monde. La sorcellerie prospère parce que nos esprits désespèrent de comprendre. Dès lors est menacé de dénonciation tout esprit critique à la recherche du savoir. Il nous faut accroître la part de vérité contenue dans le monde et en nous-mêmes en soumettant à révision nos cadres anciens de perception du monde. Comment enrichir l’humanité de nos véritables savoirs si nous l’appauvrissons par nos ignorances et notre refus d’interpréter les traditions ?


Prof. BOA Thiémélé Ramsès
Département de Philosophie.
Université de Cocody Abidjan

Dernier ouvrage paru « Nietzsche et Cheikh Anta Diop », Paris, L’Harmattan 2007
Mail : boathie@yahoo.fr



L'ARTICLE DE FRAT-MAT

EMOTIONS A SAHUYE: LE CORPS DE L'ENTERRE-VIVANT EXHUME


Dernière mise à jour : 26 Juillet 2008 - 00:30 GMT


Le corps en état de putréfaction d’un homme, apparemment jeune, au torse nu et en pantalon jeans de couleur noire, portant des baskets noires à rayures blanches ! Le cadavre au visage méconnaissable et étendu sur le dos, avec les bras et les pieds ligotés, se trouvait bien dans la tombe sous le cercueil contenant un autre corps. Image horrible que celle, qu’il nous a été donné de voir avant-hier jeudi, sous le coup de 16 h 10, au cimetière du village de Sahuyé, sous-préfecture de Gomon, département de Sikensi. Le corps exhumé est bien celui de Ando Gbofé Clément, 38 ans, enterré vivant depuis le 11 juillet sous le cercueil de Okpro N’Dri Emmanuel, 34 ans, dont il est accusé de la mort par ses bourreaux (voir Frat-Mat du 23 juillet, page 6). Une exhumation faite pour répondre aux procédures d’usage. Ont donc assisté et supervisé l’opération, le procureur de la République de la section du tribunal de Tiassalé, M. Tegé Désoto Michel et son adjoint, le substitut Zahé Edmond, ainsi que le sous-préfet de Gomon, Mme Ekponon N’Glomma Lydie. Le constat du corps a été le fait du médecin général de l’hôpital de Tiassalé, Dr. Angui Aristide.

Ce jeudi-là, Sahuyé était comme en état de siège. Deux cargos de gendarmes équipés et en tenues de combat, y sont arrivés et ont paradé toute la journée. Sous les ordres du capitaine Affo Eugène, commandant de la compagnie Abidjan campagne, les forces de l’ordre ont dressé un cordon sécuritaire autour du cimetière du village. Cela en valait la peine, vu le «volcan en veilleuse» que représente un groupe d’individus de ce village qui n’ont pas hésité à enterrer un homme vivant. Mais, que de péripéties avant l’exhumation proprement dite!

En l’absence du chef du village, la délégation est reçue par le chef de terre, le chef de la génération Sete avec à leurs côtés les parents de la victime et quelques notables ainsi que des jeunes gens du village. L’objet de la visite expliquée après les échanges de civilités, a suscité des discussions, parfois houleuses. Parce que pour exhumer un corps, il faut bien qu’il y ait des fossoyeurs pour creuser. Ce que les villageois présents se refusent à faire, arguant que, «ce sont ceux qui ont enterré, qui doivent déterrer», faisant ainsi allusion aux quatre individus appréhendés et en détention à la Brigade de gendarmerie de Sikensi. Mais sur la question, le chef de la Brigade, l’adjudant-chef Zadi Toupli Lazare, est catégorique : «Ce sont des prisonniers et ils ne peuvent pas sortir de leur cellule.» Un autre obstacle dressé par les villageois : ils font savoir qu’exhumer un corps fait appel à des pratiques rituelles dont seuls, les anciens sont détenteurs. Enervé, le capitaine Affo lance en direction des notables : «Il y a bien dans ce village, des gens qui creusent habituellement les tombes ! Désignez d’autorité ces personnes, car nous n’allons pas nous éterniser ici ! » Après cette sorte de menace voilée, les villageois par petits groupes vont encore aller de concertation en concertation avant de trancher enfin. Les parents de Clément qui ont déjà apprêté sa nouvelle tombe et un cercueil acceptent de creuser pour l’exhumation du corps.

C’est une odeur nauséabonde qui accueille la délégation au cimetière à 13 h. Une odeur pour laquelle des feuilles de tisanes sont distribuées à tout le monde. On se bouche les narines avec, ou on les mâche avant de cracher le jus. Mais, en dépit de cette potion des villageois, il a fallu utiliser des insecticides achetés par le chef de brigade de Sikensi pour atténuer l’odeur. Trois heures d’horloge aux fossoyeurs avant d’atteindre leur but. Le cercueil contenant le corps de Okpro N’Dri Emmanuel est découvert. Soulevé à l’aide de morceaux de bois, le cercueil fait découvrir en dessous, l’horreur dans toute sa dimension : le corps de Andoh Gbofé Clément dit Makina ou Hagler. La bouche ouverte fait penser à un dernier cri étouffé par le poids du cercueil lourdement déposé sur le corps et la terre qui a refermé la tombe.

Pour rappel, la victime soupçonnée d’être à la base de la mort de Okpro N’Dri Emmanuel, un autre natif du village, a été prise à partie par une foule de compatriotes … autochtones. Solidement ligoté des pieds et des mains, Clément, en présence de ses parents impuissants, et en dépit de ses supplications a été… comble d’horreur, enterré vivant sous le cercueil contenant le corps de celui qu’il est accusé d’avoir tué. Quatre des auteurs de ce crime hors de l’entendement, sont aux mains de la gendarmerie de Sikensi. Il s’agit de Kamenan Franck dit Appolos, repris de justice, condamné à 20 ans de prison pour braquage suivi de meurtre, et évadé de la prison de Dimbokro, son frère Kamenan Yao dit Kambiré, 32 ans, leur père Ayo Komenan, 59 ans et un jeune homme répondant au nom de N’Guessan N’Dri Landry dit Jimmy, 28 ans.

Landry Kohon


LE DROIT FACE A LA SORCELLERIE

Le droit face à la sorcellerie en Côte d’Ivoire est le sujet de la thèse de doctorat en droit privé, brillamment soutenue hier à l’université d’Abidjan Cocody par M. Legré Okou Henri. A travers son volumineux exposé, l’étudiant qui avait en face de lui, un jury composé d’éminents professeurs de droit et d’un haut magistrat en fonction, s’est évertué à démontrer que le droit qui ne s’appuie que sur des données scientifiques, bute dans son application sur l’irrationalité qui entoure la pratique de la sorcellerie. Il suggère par conséquent l’adaptation des textes en la matière.

En dehors de toutes les analyses de l’auteur tendant à faire admettre que la sorcellerie est une force vive de nuisance contre laquelle il convient d’agir radicalement, Legré Okou dans son travail ne fait que rappeler pour l’heure, que la sorcellerie ou tout acte qui s’y assimile échappe à la rigueur de la loi pénale, du fait de l’absence de preuves irréfutables.

Eu égard au droit et donc, à la loi, les auteurs de la mort atroce de Ando Gbofé Clément à Sahuyé n’ont agi que sur des présomptions. Parce qu’il n’existe aucune preuve scientifique attestant que Okpro N’Dri Emmanuel est mort par empoisonnement. Et que cet empoisonnement est le fait de Clément.

Landry Kohon

19.07.2008

DE L’ENGAGEMENT PATRIOTIQUE A LA CROISADE SOCIALE : TOUS MES ARTICLES PUBLIES DANS LA PRESSE IVOIRIENNE

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Chers bien-aimés frères et sœurs,


La crise ivoirienne qui s’est enclenchée dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002, a révélé en moi un talent caché de chroniqueur amateur qui, pendant trois bonnes années (2006 – 2008), a croqué l’actualité socio-politique ivoirienne, à pleines dents.

Mon engagement pour l’Etat, la République, la Nation et le Peuple ivoiriens n’a souffert d’aucune équivoque, depuis les premières heures de la crise jusqu’à ce jour.
Mais cet engagement très fort, qui a quelquefois fait craindre à des amis pour mon intégrité physique, a pris des postures différentes, en fonction de l’heure et des enjeux.
C’est ainsi que plus d’un ont pu voir Dindé Fernand, le patriote indéracinable (sans jamais cesser de l’être), muer en défenseur indécrottable des causes sociales ivoiriennes et des valeurs éthiques et morales, au risque d’apparaître comme un opposant politique.

A travers les 18 différentes parutions de 12 (sur plus d’une centaine) de mes articles dans la presse ivoirienne (dans 6 quotidiens, en tout), allant de la presse « bleue » (Camp présidentiel) à la presse « verte » (Opposition), que je vous énumère ici (et qui sont tous postés sur mon blog, à l’exception d’un seul), découvrez le cheminement singulier de mon engagement pour mon pays et pour mon peuple, celui d’un patriote viscéralement convaincu mais tout à la fois lucide et critique contre son propre camp (si on peut le dire ainsi), qui se refuse à la langue de bois, au laxisme intellectuel et moral et au fatalisme :


1- La résolution 1721, un texte franchement décousu

Notre Voie, N° 2529 des Samedi 4 et Dimanche 5 Novembre 2006, p.10, rubrique Contribution.

2- Ecriture et Engagement

(Publié sous le titre : Vents de recolonisation, écriture de combat).
Afrique Matin, N° 103 du Mardi 27 Mars 2007, p.2, rubrique Opinion.

3- Jusqu’à quand serez-vous en état de grâce, Monsieur le Président ?
Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République.


Le Nouveau Réveil, N° 1712 du Mardi 4 Septembre 2007, p.6 et 7, rubrique Politique.
Le Courrier d’Abidjan, N° 1103 du Mercredi 5 Septembre 2007, p.9 et 10, rubrique Votre Courrier.

4- Droit de réponse à Théophile Kouamouo
(Rédacteur en Chef du quotidien Le Courrier d’Abidjan)


Le Courrier d’Abidjan, N° 1111 du Vendredi 14 Septembre 2007, p.8, rubrique Votre Courrier.

5- Sortir de la logique de la récompense (les Patriotes)

Le Courrier d’Abidjan, N° 1138 du Jeudi 18 Octobre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

6- Un discours rassurant (Gbagbo), mais un gros point d’ombre : la corruption

Le Courrier d’Abidjan, N° 1141 du Lundi 22 Octobre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

7- L’illogisme suspect de l’ONU

Le Courrier d’Abidjan, N° 1149 des Mercredi 31 Octobre et Jeudi 1er Novembre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

8- La France paiera un jour pour tous ses crimes

Le Courrier d’Abidjan, N° 1161 du Vendredi 16 Novembre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

9- Mes propositions pour la Côte d’Ivoire

(Publié à la Une, sous le titre : Diagnostic du mal ivoirien. 16 mesures à Gbagbo pour redresser la Côte d’Ivoire)
Le Temps, N° 1508 du Mercredi 7 Mai 2008, p.1, 6 et 7, rubrique Temps Fort.
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(Publié sous le titre : Crise sociale, décrépitude morale…Diagnostic et solution au mal ivoirien)
Le Matin d’Abidjan, N° 750, 751 et 752 des Mercredi 7 (p.9), Jeudi 8 et Vendredi 9 Mai 2008, p.11, rubrique Tribune.

10- Les choses bougent enfin dans ce pays. Nous n’en demandons pas mieux

(Publié sous le titre : Racket, dérives éthiques et morales, corruption…Quand les choses bougent enfin)
Le Matin d’Abidjan, N° 762 et 763 des Jeudi 22 et Vendredi 23 Mai 2008, p.11, rubrique Tribune.

11- Lutte contre le racket en Côte d’Ivoire : Aller plus loin

Notre Voie, N° 3022 du Mardi 1er Juillet 2008, p.7, rubrique Contribution.

Notre Voie, N° 3033 du Lundi 14 Juillet 2008, p.11, rubrique Contribution (C'est ce dernier numéro qui sert d'illustration photo à cet article, en chapeau de texte).

12- Article paru, en 2007, sous un pseudonyme. Très caustique. Contre un
citoyen ivoirien affreusement corrompu.


Non disponible sur mon blog. Je ne peux vous en donner le titre, ni la dénomination du quotidien qui l’a publié, pour des raisons évidentes, mais je peux vous assurer que cela a fait mouche !


L’esprit en alerte, je me tiens quotidiennement à la brèche et en éveil, au nom de l’amour immense qui m’étreint pour mon pays, la Côte d’Ivoire et pour ma terre génitrice, l’Afrique.
Merci à tous ceux qui ont bien voulu m’accompagner dans cette belle aventure et partager ma passion pour mon peuple !


Que DIEU vous bénisse tous, richement !


DINDE Fernand AGBO

30.06.2008

OPERATION "MAINS PROPRES", EN COTE D'IVOIRE: RETOUR DE L'ETAT DE DROIT OU OPERATION COSMETIQUE

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Dans une analyse mi-figue mi-raisin, objective, l'ami Yao Prao Séraphin, Président du MLAN, se félicite de l'avènement du grand curage mis en branle, par le Président GBAGBO, pour nettoyer les écuries d'Augias, et s'interroge, par la même occasion, sur la bonne foi de cette Opération "Mains Propres", lancée dans la filière Café-Cacao, en Côte d'Ivoire, à quelques mois de l'élection présidentielle. Lu pour vous.


Décidément, la Côte d’ivoire reste l’un des pays africains aux actualités brûlantes. La dernière en date concerne l’opération mains propres initiée par le président Laurent Gbagbo. Cette opération qui se résume à de nombreuses arrestations des auteurs présumés des détournements de fonds de la filière café cacao. Pour le Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN), le cas ivoirien intéresse la jeunesse populaire africaine au moins pour deux raisons. Premièrement, le pays est longtemps resté la vitrine de l’Afrique de l’Ouest et une chasse gardée française. Deuxièmement, depuis 2000, le pays a un président qui selon ses dires, partage nos valeurs, c’est-à-dire redonner aux africains la fierté d’être noirs et amorcer une véritable indépendance. Pourtant, ces dernières années, la Côte d’ivoire est devenue l’un des pays africains le plus corrompus. L’enrichissement illicite est devenu la règle et la saine gestion une exception. Le point d’orgue a même été atteint avec le déversement des déchets toxiques pour des billets de CFA. Vous imaginez chers lecteurs notre étonnement face à ce revirement encourageant certes mais soupçonneux. La présente réflexion essaie de comprendre si le retour de l’Etat de droit est effectif dans ce pays ou c’est juste une opération électorale.

Le fouet dans la cour ou l’opération mains propres

Après s’être débarrassé de son ex directeur de protocole, Son Excellence Allou Wanyou Eugène, ce sont les responsables de la filière café cacao qui font les frais du « moteur diesel » très remonté. Pour comprendre, rappelons qu’au lendemain des indépendances, les caisses de stabilisations ont été crées dans presque tous les pays africains. Mais à la faveur des ajustements structurels, ces caisses ont été liquidées ou remplacées par d’autres structures. C’est le cas de la Côte d’ivoire où la CAISTAB a été remplacée par de nombreuses structures dont la BCC (Bourse du café et cacao), Fonds de Développement pour la promotion des activités des producteurs café- cacao (FDPCC), A.R.C.C( Autorité de Régulation du Café Cacao) société d’Etat chargée de la régulation administrative, F.G.C.C. Fonds de Garantie des Coopératives Café/Cacao, F.R.C. Fonds de Régulation et de Contrôle. Ce sont donc les responsables de certaines structures qui sont aujourd’hui mis au banc des accusés. Il s’agit Pêle-mêle, de Tapé Do Lucien, Amouzou, Théophile Kouassi, Angeline Kili, Firmin Kouakou, Tano Kassi, Kouassi Tohouri Prospère Mmes Dago Sophie-Laure et Obogui, née Houssou Amenan Rosine, tous des barons de la filière de la filière café-cacao. Ils y ont été déférés par le juge d’instruction Gadji Gnakalé Joachim qui les a placés sous mandat de dépôt. Les chefs d`accusation qui sont retenus contre eux sont, entre autres, abus de biens sociaux, faux et usages de faux, utilisations illicites de ressources communes, etc. Ces arrestations de ces présumés délinquants économiques laissent croire à un retour de l’Etat de droit dans un pays où il suffit d’arpenter les couloirs des hauts lieux pour devenir riches. Lato sensu, l'Etat de Droit, avec des majuscules, quand à lui est au minimum un système institutionnel dans lequel les administrations publiques sont soumises au droit, et ou, la légitimité du droit a administrer pour le prince provient d'un contrat ou d'un ensemble de texte statutaire dûment validé par la population, a ce titre l'Etat de Droit est l'ensemble des administrations d'Etat légitime devant une population et ayant force droit sur un territoire dûment délimité. Et aujourd’hui ce que font les juges ivoiriens ou du moins la justice ivoirienne sonne comme le retour de cet Etat de droit car en pratique, le principe de l'État de droit suppose l'existence de juridictions indépendantes, compétentes pour trancher les conflits entre les différentes personnes juridiques en appliquant à la fois le principe de légalité, qui découle de l'existence de la hiérarchie des normes, et le principe d'égalité, qui s'oppose à tout traitement différencié des personnes juridiques. Le MLAN soutient de telles actions et souhaite que cela ne se limite pas seulement à cette filière mais à tous ceux qui ont en charges la gestion des deniers publics.


L’ombre d’une opération cosmétique

Habitué à l’incohérence temporelle des hommes politiques qui à l’approche des élections font ce qu’ils n’ont jamais fait auparavant, faut-il croire à la sincérité d’un médecin qui laisse se propager un virus pour vouloir le soigner après ? bien sur que non, c’est là nos inquiétudes. Comment comprendre que les auteurs des déchets toxiques qui ont fait plusieurs morts ont été mis en liberté et même réhabilités dans leur fonction. Dans une république ou du moins dans un Etat de droit, le droit est opposable et applicable à tous, pourquoi donc ce traitement différencié ? Quel est cette justice au comportement caméléonesque ? Pour que cette opération ait une crédibilité, il faudra laisser la justice dire le droit afin que ceux qui ont le privilège de servir leur peuple ne confondent pas la caisse et leurs poches. Il est difficile d’accorder plus de crédit qu’il en faut à cette opération au regard du mutisme des autorités ivoiriennes vis-à-vis des habitudes dont on a point connu sous les autres mandatures. Des dignitaires du pouvoir qui se sont enrichis au vu et au su de tous en si peu de temps. Le cri d’alarme du professeur Mamadou Koulibaly n’a même pas ébranlé les fondamentaux de ces demeurés de la république. A quelques coudées des élections, cette opération mains propres ressemble plus à une opération de charme. Mais les africains ne sont pas dupes et nous invitons les ivoiriens à exiger des sanctions et des coupables surtout les vrais car il ne suffira pas de trouver des boucs émissaires et laisser en liberté les vrais voleurs. Ce serait une injure aux pauvres paysans qui sous le soleil douloureux, à la cadence de la daba et de la machette, travaillent pour leur survie.
Dans sa parution du 27 juin 2008, le journal le patriote faisait état de la prudence de certains ivoiriens quant à l’issu de cette affaire. Le souhait du peuple ivoirien, c’est qu’elle aille plus loin et que rien n’entrave sa mise en œuvre. «Que ça ne soit pas de la poudre aux yeux du peuple»

La justice ivoirienne sur le perron de l’histoire


Dans le dossier sur le Café-Cacao, la justice ivoirienne a un coup à jouer. Celui de sa réhabilitation. Depuis la mise sous les verrous des barrons de la filière Café-Cacao, ils sont nombreux les ennemis de cette opération main propre qui doutent de la capacité de la justice ivoirienne à faire triompher le droit. La justice ivoirienne a une occasion de réenchanter le regard que l’on a d’elle depuis quelques années, une justice boiteuse, partisane et incapable de prendre des initiatives comme la mise en examen des personnes soupçonnées de fraude. Dans cette affaire infecte, le président du Conseil économique et social (CES), Laurent Dona Fologo, dont les propos sont repris vendredi 27 juin 2008, par le quotidien gouvernemental Fraternité Matin, disait "qu’il est important que cette opération aille jusqu’au bout. (...) L`heure de l`impunité est terminée". Le MLAN souhaite vivement que ceux qui, face à l’argent, manifestent le reflexe de Pavlov, avec une envie effrénée de piller ce qui ne leur appartient pas, soient traités à la mesure des sommes volées. Nul n’est au dessus de la loi, et la justice ivoirienne doit donner un signal fort à ceux qui sont habitués à la république des « protégés ». Dura lex sed lex (La loi est dure mais c'est la loi). Il est temps de frapper le bois vert pour donner une leçon au bois sec. Faisons en sorte chers frères ivoiriens que la vérité ne trébuche point à la place publique.

Que la justice de Dieu se manifeste !
Vive la Nouvelle Côte d’Ivoire !

Le président du MLAN
Prao Yao Séraphin
www.mlan.fr
contact@mlan.fr

25.06.2008

Pr SERY BAILLY: L'ELECTION DU 30 NOVEMBRE 2008 EST PERILLEUSE

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Dans une interview que le Professeur SERY BAILLY a accordée à notre frère et ami Serge GRAH, il donne, sans détours, son opinion sur sa vision de l'élection présidentielle du 30 Novembre 2008, en Côte d'Ivoire. Une opinion poignante mais d'une analyse élevée et d'un réalisme déconcertant! Lu pour vous sur le blog de Serge GRAH: http://sergegrah.centerblog.net. Extrait.

Professeur, c’est dans exactement 5 mois qu’aura lieu l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Comment la voyez-vous ?

Cette prochaine élection présidentielle est très importante. Car elle va mettre fin à des mythes. Parce que cette élection va permettre à chacun des hommes politiques Ivoiriens de savoir ce qu’il pèse véritablement. Mais c’est une élection qui sera difficile. A l’image de tout accouchement, la femme est entre la vie et la mort. Cependant, il faut faire en sorte que l’accouchement se passe bien… Cette élection est donc périlleuse parce que la Côte d’Ivoire arrive en bout de chute. Certains hommes politiques vont prendre leur retraite, et en effet, ils voudraient y aller dans certaines conditions. Ils vont donc jouer leur va-tout. Gbagbo également qui a résisté durant toute la crise, voudra enfin pouvoir mettre son programme en œuvre. De mon point de vue, le pouvoir qui sortira de cette élection sera légitimé. Mais ça ne veut pas dire que la crise sera résolue pour autant. Parce que cette crise n’est pas seulement une affaire politique. Il y a aussi sa dimension sociale. Il faut qu’au sortir de cette élection, il y ait un pouvoir crédible qui relance la Côte d’Ivoire. La relancer autant dans la reconstruction physique que humaine.

Mais très peu d’Ivoiriens parient pourtant sur la tenue de ce scrutin, en tous cas à la date indiquée…

C’est pourquoi j’utilise l’image de l’accouchement. Vous connaissez une femme qui va accoucher et qui n’est pas inquiète qui n’a pas peur ? C’est d’abord douloureux, ensuite il y a le risque qu’elle subisse une césarienne, qu’elle décède même. Il est donc normal que nous soyons tous angoissés. Mais un homme politique, un intellectuel ne doit pas se limiter à l’angoisse. Il doit comprendre l’angoisse et chercher les moyens de la contourner… Cette élection ne sera pas facile. Il y aura des grincements de dents, peut-être des affrontements. Mais les Ivoiriens doivent y croire, car elle est très importante pour notre histoire. Parce qu’à partir de cette souffrance, nous déboucherons sur une nouvelle Côte d’Ivoire. Et quel que soit le résultat de ce scrutin, le président Gbagbo sera déjà rentré dans l’histoire, par sa résistance et par sa générosité. Et les autres qui ont compris qu’il faut mettre fin à la rébellion, seront eux aussi rentrés dans l’histoire.


Source: http://sergegrah.centerblog.net

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