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31.10.2008

COTE D'IVOIRE: SORTIE DE CRISE APOCALYPTIQUE

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Le Pasteur DALI Claude revient à la charge. Ce jeudi 30 Octobre 2008, sur Fréquence 2, à l'émission Mythes et Mystères de Juliette ANZIAN, de 22 heures 15 minutes à 23 heures, il est revenu, pour la troisième fois (quelle insistance!), sur les terribles révélations qu'il a faites à la Côte d'Ivoire, il y a 2 à 3 années de cela. Cette phrase foudroyante m'est restée, à jamais, gravée dans la mémoire: " Il n'y aura pas guerre plus meurtrière que celle qui arrive sur la Côte d'Ivoire! "

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Pour l'homme de DIEU (que je connais, du reste, très personnellement pour être quelqu'un d'extrêmement sérieux et consacré à DIEU) la sortie de crise ivoirienne sera apocalyptique mais le relèvement de la Côte d'Ivoire sera tout aussi glorieux. Tellement si glorieux que la Côte d'Ivoire deviendra un pays fameux et renommé dans le monde pour sa prospérité de légende, sa vocation missionnaire mondiale et pour la droiture de ses fils!

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Vous pouvez lire les articles suivants, publiés sur mon blog en 2006, dans la catégorie Révélations sur la Côte d'Ivoire, relatifs aux détails de cette révélation (Cliquer sur le titre de votre choix):

1- Alerte aux intercesseurs!

2- La solution à la crise ivoirienne

3- La repentance comme unique solution

4- L'Abidjannaise: Explication prophétique

5- Appel à la repentance

Je ne recommande pas aux âmes trop sensibles de lire ces révélations.

Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

13.10.2008

PROPOSITION DE REPORT DES ELECTIONS PAR LES FN: LE COUP DE GUEULE DU MLAN

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Exaspéré par la dernière proposition de report des élections présidentielles par les Forces Nouvelles dans laquelle il voit, à tort ou à raison, le refus des mis en cause de désarmer, le MLAN, le Mouvement pour la Libération de l'Afrique Noire, crie à la forfaiture. L'intégralité du coup de gueule.

L'ex-rébellion ivoirienne des Forces nouvelles (FN), qui contrôle toujours la moitié nord de la Côte d'Ivoire, a "recommandé" samedi 11 octobre 2008, le report de l'élection présidentielle, dont le premier tour était prévu le 30 novembre. Cette déclaration n’est pas étonnante au regard des avancées engrangées depuis l’accord de Ouagadougou.
Cet accord signé le 4 mars 2007 par le président ivoirien Laurent Gbagbo, le chef des Forces nouvelles Guillaume Soro et le président burkinabè Blaise Compaoré visait à ramener la paix en Côte d'Ivoire et à réunifier le pays.

Les ivoiriens ont cru tenir le bon bout et le retour à la paix très proche. Mais voilà qu’alors que les gros bonnets de la rébellion se la coulent douce à Abidjan au sein du gouvernement, les fantassins restés au Nord du pays irritent le nerf de la paix et narguent plus d’uns.

Le MLAN-CI rappelle que depuis l’accession de notre pays à l’indépendance, le pays n’a jamais eu de ministres d’un niveau aussi bas. Inspirée par l’acte héroïque de la Reine ABLA POKOU, qui sacrifia en offrande son unique fils pour sauver son peuple, les autorités ivoiriennes ont accepté au sein d’un gouvernement des « gens » qui n’ont pas achevé leur scolarité.
En dépit des souffrances et la déchirure que cette sale guerre imposée à notre pays a engendré, les ivoiriens ont pardonné.
C’est pourquoi, le MLAN-CI ne comprend pas le refus des Forces Nouvelles de déposer les armes.
Nous rappelions il y a déjà quelques mois, la maigre moisson du premier ministre SORO puisqu’il n’arrive pas à désarmer les soldats qu’il a formé lui-même.

Aujourd’hui les obstacles à la tenue d’élection ouverte et transparente sont nombreux. Citons entres autres, les difficultés de décaissement des contributions annoncées; les lenteurs dans l'aménagement des sites de collecte des données du recensement; les problèmes d'acheminement à Abidjan du matériel de Sagem, l'opérateur français désigné pour procéder à l'identification de la population et à l'enrôlement sur les listes électorales; les désaccords sur le recensement des Ivoiriens, la confection des pièces d'identité et l'établissement des listes électorales etc.

Nous rappelons au président de la république de tirer toutes les conséquences de la volonté des Forces Nouvelles de faire perdurer la crise par leur refus de désarmer.

Pour notre organisation, il n’est pas question d’aller aux élections sans désarmement au regard des risques encourus. A rebours du premier ministre, il ne peut en aucun cas y avoir de concomitance entre désarmement et élections. Une telle proposition n’est en réalité qu’un aveu d’impuissance dans le dossier de désarmement. Monsieur SORO ne doit pas perdre de vue qu’il a été nommé pour faciliter le désarmement de ses hommes et organiser les élections. Qu’il range dans ses fantasmes l’idée d’une élection sans désarmement car notre mouvement appellera à la désobéissance civile si cette œuvre machiavélique arrivait à maturité.

Pour nous, les élections libres sont un maillon du processus de paix et par conséquent, il importe de respecter scrupuleusement l’antériorité des événements. Les élections d’accord mais désarmement d’abord : telle est notre position.

Si toutes ces conditions sont réunies, c’est-à-dire, désarmement et élections, un Forum Social Républicain devra être organisé pour dissiper les malentendus qui subsistent au sein de notre société, en sommes, ce qui a mécontenté une partie de nos frères au point de se résoudre à prendre les armes.

Le MLAN-CI en appelle à la sagesse de l’Union Africaine afin qu’elle prenne ses responsabilités face à l’insubordination des Forces Novelles, car la Côte d’Ivoire ne peut plus demeurer avec deux armées sur son territoire.

Les ivoiriens finiront par perdre patience et l’inévitable arrivera, c’est pourquoi, le MLAN-CI exhorte l’Afrique toute entière à aider la Côte d’Ivoire à racheter le temps pendant qu’il est temps.


Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Fait à Abidjan, le 12 octobre 2008

Le délégué MLAN-CI
Konan Yao Alexis

1er vice-délégué
Koffi Jean Martial

2e vice-délégué
Loukou Kouamé Theodore

Le secrétaire général du MLAN-CI
Obou Serge Eric

www.mlan.fr
contact@mlan.fr
mlan5@yahoo.fr

01.08.2008

QUE JAMAIS NE S’ETEIGNE CETTE FLAMME !

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Chers bien-aimés frères et sœurs ivoiriens,


Le mercredi 30 juillet 2008, la Côte d’Ivoire a célébré le premier anniversaire de la Flamme de la Paix, dans la liesse populaire (même si elle n’était pas aussi délirante qu’à la première édition) et dans la ferveur religieuse (même si je ne suis pas partisan des prières œcuméniques, parce que le plus souvent empruntées et plus démonstratives, protocolaires, cérémonielles que véritablement spirituelles et efficaces).
Toutes choses qui apportent un baume au cœur du peuple qui ne demande qu’à vivre en paix, à défaut de pouvoir manger à sa faim (cherté de la vie), et à tourner, définitivement, l’une des pages les plus douloureuses et les plus cauchemardesques de la jeune histoire de la Côte d’Ivoire.

Vivement, que jamais ne s’éteigne cette flamme de la paix !

Les présences remarquées du Président Henri Konan BEDIE et du Premier Ministre Alassane Dramane OUATTARA, finissent de convaincre les Ivoiriens (mais pas les plus sceptiques) du retour de la paix, dans notre pays.

En arrivant à cette cérémonie en compagnie du Président Facilitateur dans la crise ivoirienne, Blaise COMPAORE du Burkina Faso, au pays duquel il a fait une visite officielle historique de trois jours, de mémoire d’ivoiriens (du dimanche 27 au mercredi 30 juillet 2008), et avec qui il a signé un traité d’amitié et de paix, réchauffant plus que jamais les relations entre les deux peuples, le Président Laurent GBAGBO aura TOUT donné, pour la paix dans son pays.
A ce stade du processus de réconciliation nationale, il appartient, désormais, aux adversaires du Chef de l’Etat de montrer, jusqu’au bout, leur bonne foi et leur amour pour la Côte d’Ivoire.
C’est sur ce terrain que nous les attendons. Et nous, peuple de Côte d’Ivoire, ne serons pas tendres avec eux, en cas de forfaiture.

L’indispensable remaniement ministériel qui doit remettre la Côte d’Ivoire au travail et nous conduire, sereinement, aux élections présidentielles, est attendu dans les jours prochains et devrait être considéré par le Président GBAGBO et le Premier Ministre SORO Kigbafori Guillaume, comme la nouvelle priorité absolue de la vie socio-politique ivoirienne.
Oui, il le faut, car la Côte d’Ivoire a cessé de travailler. Le laxisme en tout genre, le désordre et le pillage des ressources du pays sont en train de faire, au finish, plus de mal à notre pays que la guerre n’en a fait.

La Côte d’Ivoire ne doit d’être debout qu’à la grâce de DIEU. Parce que sa bonne santé économique apparente ne peut s’expliquer par les seules raisons objectives qui nous sont données par les techniciens argentiers de notre pays.

Si nous voulons être conséquents envers nous-mêmes, Ivoiriens, après avoir mis l’An 1 de la célébration de la Flamme de la Paix sous la coupe de DIEU, nous devons nous départir définitivement du mensonge politique érigé en stratégie politique et en programme de gouvernement, de l’instrumentalisation de la religion et du régionalisme exacerbé comme instruments de conquête et d’identité politique, du vol du denier public élevé au rang de moyen régulier d’enrichissement dans notre pays, de la corruption qui gangrène la Côte d’Ivoire et de l’impunité qui avait bien faillie devenir une institution nationale ivoirienne.
A défaut de cela, gardons-nous d’invoquer le nom de DIEU, de peur d’attirer sur notre pays son courroux le plus ardent et de mettre gravement en péril, notre pays (qui n’en a pas besoin), à l’approche des élections présidentielles !

Le signe le plus franc, pour nous, de l’adhésion de tous au processus de paix, de l’acceptation par tous de la main tendue du Président GBAGBO, du désarmement effectif des coeurs et du retour véritable de la paix (du moins dans l’attente de la période électorale qui pourrait être électrique), ce sera la participation du Président Konan BEDIE et du Premier Ministre Alassane OUATTARA aux festivités de la célébration du 48ème anniversaire de l’Indépendance de notre pays, le Jeudi 7 Août 2008, aux côtés du Président Laurent GBAGBO et du Premier Ministre SORO Guillaume. Ce que nous n’avons pas encore vu, depuis le début de cette crise et que nous attendons, impatiemment, de voir !


Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire et que jamais, jamais ne s’éteigne cette flamme d’espoir et de vie !



DINDE Fernand AGBO

19.07.2008

DE L’ENGAGEMENT PATRIOTIQUE A LA CROISADE SOCIALE : TOUS MES ARTICLES PUBLIES DANS LA PRESSE IVOIRIENNE

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Chers bien-aimés frères et sœurs,


La crise ivoirienne qui s’est enclenchée dans la nuit du 18 au 19 Septembre 2002, a révélé en moi un talent caché de chroniqueur amateur qui, pendant trois bonnes années (2006 – 2008), a croqué l’actualité socio-politique ivoirienne, à pleines dents.

Mon engagement pour l’Etat, la République, la Nation et le Peuple ivoiriens n’a souffert d’aucune équivoque, depuis les premières heures de la crise jusqu’à ce jour.
Mais cet engagement très fort, qui a quelquefois fait craindre à des amis pour mon intégrité physique, a pris des postures différentes, en fonction de l’heure et des enjeux.
C’est ainsi que plus d’un ont pu voir Dindé Fernand, le patriote indéracinable (sans jamais cesser de l’être), muer en défenseur indécrottable des causes sociales ivoiriennes et des valeurs éthiques et morales, au risque d’apparaître comme un opposant politique.

A travers les 18 différentes parutions de 12 (sur plus d’une centaine) de mes articles dans la presse ivoirienne (dans 6 quotidiens, en tout), allant de la presse « bleue » (Camp présidentiel) à la presse « verte » (Opposition), que je vous énumère ici (et qui sont tous postés sur mon blog, à l’exception d’un seul), découvrez le cheminement singulier de mon engagement pour mon pays et pour mon peuple, celui d’un patriote viscéralement convaincu mais tout à la fois lucide et critique contre son propre camp (si on peut le dire ainsi), qui se refuse à la langue de bois, au laxisme intellectuel et moral et au fatalisme :


1- La résolution 1721, un texte franchement décousu

Notre Voie, N° 2529 des Samedi 4 et Dimanche 5 Novembre 2006, p.10, rubrique Contribution.

2- Ecriture et Engagement

(Publié sous le titre : Vents de recolonisation, écriture de combat).
Afrique Matin, N° 103 du Mardi 27 Mars 2007, p.2, rubrique Opinion.

3- Jusqu’à quand serez-vous en état de grâce, Monsieur le Président ?
Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République.


Le Nouveau Réveil, N° 1712 du Mardi 4 Septembre 2007, p.6 et 7, rubrique Politique.
Le Courrier d’Abidjan, N° 1103 du Mercredi 5 Septembre 2007, p.9 et 10, rubrique Votre Courrier.

4- Droit de réponse à Théophile Kouamouo
(Rédacteur en Chef du quotidien Le Courrier d’Abidjan)


Le Courrier d’Abidjan, N° 1111 du Vendredi 14 Septembre 2007, p.8, rubrique Votre Courrier.

5- Sortir de la logique de la récompense (les Patriotes)

Le Courrier d’Abidjan, N° 1138 du Jeudi 18 Octobre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

6- Un discours rassurant (Gbagbo), mais un gros point d’ombre : la corruption

Le Courrier d’Abidjan, N° 1141 du Lundi 22 Octobre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

7- L’illogisme suspect de l’ONU

Le Courrier d’Abidjan, N° 1149 des Mercredi 31 Octobre et Jeudi 1er Novembre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

8- La France paiera un jour pour tous ses crimes

Le Courrier d’Abidjan, N° 1161 du Vendredi 16 Novembre 2007, p.10, rubrique Votre Courrier.

9- Mes propositions pour la Côte d’Ivoire

(Publié à la Une, sous le titre : Diagnostic du mal ivoirien. 16 mesures à Gbagbo pour redresser la Côte d’Ivoire)
Le Temps, N° 1508 du Mercredi 7 Mai 2008, p.1, 6 et 7, rubrique Temps Fort.
QUOTIDIEN LE TEMPS. 7 MAI 2008.jpg


(Publié sous le titre : Crise sociale, décrépitude morale…Diagnostic et solution au mal ivoirien)
Le Matin d’Abidjan, N° 750, 751 et 752 des Mercredi 7 (p.9), Jeudi 8 et Vendredi 9 Mai 2008, p.11, rubrique Tribune.

10- Les choses bougent enfin dans ce pays. Nous n’en demandons pas mieux

(Publié sous le titre : Racket, dérives éthiques et morales, corruption…Quand les choses bougent enfin)
Le Matin d’Abidjan, N° 762 et 763 des Jeudi 22 et Vendredi 23 Mai 2008, p.11, rubrique Tribune.

11- Lutte contre le racket en Côte d’Ivoire : Aller plus loin

Notre Voie, N° 3022 du Mardi 1er Juillet 2008, p.7, rubrique Contribution.

Notre Voie, N° 3033 du Lundi 14 Juillet 2008, p.11, rubrique Contribution (C'est ce dernier numéro qui sert d'illustration photo à cet article, en chapeau de texte).

12- Article paru, en 2007, sous un pseudonyme. Très caustique. Contre un
citoyen ivoirien affreusement corrompu.


Non disponible sur mon blog. Je ne peux vous en donner le titre, ni la dénomination du quotidien qui l’a publié, pour des raisons évidentes, mais je peux vous assurer que cela a fait mouche !


L’esprit en alerte, je me tiens quotidiennement à la brèche et en éveil, au nom de l’amour immense qui m’étreint pour mon pays, la Côte d’Ivoire et pour ma terre génitrice, l’Afrique.
Merci à tous ceux qui ont bien voulu m’accompagner dans cette belle aventure et partager ma passion pour mon peuple !


Que DIEU vous bénisse tous, richement !


DINDE Fernand AGBO

25.06.2008

Pr SERY BAILLY: L'ELECTION DU 30 NOVEMBRE 2008 EST PERILLEUSE

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Dans une interview que le Professeur SERY BAILLY a accordée à notre frère et ami Serge GRAH, il donne, sans détours, son opinion sur sa vision de l'élection présidentielle du 30 Novembre 2008, en Côte d'Ivoire. Une opinion poignante mais d'une analyse élevée et d'un réalisme déconcertant! Lu pour vous sur le blog de Serge GRAH: http://sergegrah.centerblog.net. Extrait.

Professeur, c’est dans exactement 5 mois qu’aura lieu l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Comment la voyez-vous ?

Cette prochaine élection présidentielle est très importante. Car elle va mettre fin à des mythes. Parce que cette élection va permettre à chacun des hommes politiques Ivoiriens de savoir ce qu’il pèse véritablement. Mais c’est une élection qui sera difficile. A l’image de tout accouchement, la femme est entre la vie et la mort. Cependant, il faut faire en sorte que l’accouchement se passe bien… Cette élection est donc périlleuse parce que la Côte d’Ivoire arrive en bout de chute. Certains hommes politiques vont prendre leur retraite, et en effet, ils voudraient y aller dans certaines conditions. Ils vont donc jouer leur va-tout. Gbagbo également qui a résisté durant toute la crise, voudra enfin pouvoir mettre son programme en œuvre. De mon point de vue, le pouvoir qui sortira de cette élection sera légitimé. Mais ça ne veut pas dire que la crise sera résolue pour autant. Parce que cette crise n’est pas seulement une affaire politique. Il y a aussi sa dimension sociale. Il faut qu’au sortir de cette élection, il y ait un pouvoir crédible qui relance la Côte d’Ivoire. La relancer autant dans la reconstruction physique que humaine.

Mais très peu d’Ivoiriens parient pourtant sur la tenue de ce scrutin, en tous cas à la date indiquée…

C’est pourquoi j’utilise l’image de l’accouchement. Vous connaissez une femme qui va accoucher et qui n’est pas inquiète qui n’a pas peur ? C’est d’abord douloureux, ensuite il y a le risque qu’elle subisse une césarienne, qu’elle décède même. Il est donc normal que nous soyons tous angoissés. Mais un homme politique, un intellectuel ne doit pas se limiter à l’angoisse. Il doit comprendre l’angoisse et chercher les moyens de la contourner… Cette élection ne sera pas facile. Il y aura des grincements de dents, peut-être des affrontements. Mais les Ivoiriens doivent y croire, car elle est très importante pour notre histoire. Parce qu’à partir de cette souffrance, nous déboucherons sur une nouvelle Côte d’Ivoire. Et quel que soit le résultat de ce scrutin, le président Gbagbo sera déjà rentré dans l’histoire, par sa résistance et par sa générosité. Et les autres qui ont compris qu’il faut mettre fin à la rébellion, seront eux aussi rentrés dans l’histoire.


Source: http://sergegrah.centerblog.net

19.06.2008

GUY-PATRICK GOMEZ: QUELQUES PISTES DE REFLEXION POUR LUTTER CONTRE LA CORRUPTION, EN COTE D'IVOIRE

ba57973c7981547984f385b0ac5a6819.jpgA la faveur de nos échanges pour rechercher des solutions à la corruption et au racket dans notre pays, le frère et ami Guy-Patrick GOMEZ, a proposé sur mon post "Lutte contre la corruption en Côte d'Ivoire: Le MLAN propose", cette remarquable contribution qui mérite d'être partagée avec vous, en première page, sur ce blog. Bonne lecture!

Le petit Robert, définit la corruption comme le moyen que l’on emploie pour faire agir quelqu’un contre son devoir, sa conscience, le fait de se laisser corrompre.
Cette définition met en jeu, le corrupteur et le corrompu, la subornation et l’achat de conscience.
Nous avons tenté, à notre humble niveau, de comprendre comment naît la corruption, et comment nous pourrions la juguler. Il ne s’agit pas d’une étude ou d’une démarche scientifique, c’est plutôt un condensé de réflexions et de pistes que nous aimerions explorer et faire partager.
La corruption gangrène toute la Côte d’Ivoire, elle embaume l’air que nous respirons, elle retarde notre développement, elle est à l’origine de notre immobilisme et de notre laxisme, elle tue l’État de droit, chaque jour elle nous enfonce un peu plus dans l’abîme du sous-développement que nous vivons comme une fatalité, parce que les bras nous en tombent, nous sommes blasés, et en même temps ‘‘heureux de descendre dans les chemins bourbeux’’ de la facilité, de l’argent facile, du ‘‘m’as-tu vu’’.

Nous avons constaté que la corruption se forme toutes les fois que la demande est exagérément plus élevée que l’offre de bien ou de service (public ou même privé...) et que la fourniture de cette offre résulte du parcours du combattant, de la lourde bureaucratie.
La corruption naît également toutes les fois que l’on est pris à défaut devant le respect des lois, et qu’on ne veut pas en subir la rigueur. Le racket découle de la corruption, c’est une extorsion de fonds très souvent sans contrepartie.

Cela peut paraître théorique, mais nous pensons que combattre la corruption exige des reformes administratives, mais également des reformes de notre appareil judiciaire.

Pour ce qui est des reformes administratives

Les processus d’obtention ou de délivrance de documents ou services doivent être simplifiés au maximum, démocratisés (vulgarisés) et accessibles. L’automatisation des tâches, par l’utilisation de systèmes d’information et de NTIC appropriés, devrait en faciliter l’accès.
Plus concrètement, si l’intervention humaine nécessaire pour l’obtention d’un passeport est réduite au strict minimum et rendue impersonnelle par l’usage de l’Internet (E-Gouvernance…) la corruption en serait d’autant plus réduite.
Plutôt que de créer des sites web pour la Présidence ou la Primature, nous devons investir dans un système d’information (informatisation de l’administration ivoirienne) en réseau pratique fiable, sécurisé , rapide et accessible à tous les administrés, y compris dans nos sous-préfectures et nos hameaux.
Les gains économiques sont énormes. Cela est à notre portée, des structures existent déjà pour réfléchir à l’informatisation de notre administration.

Ces solutions ont toutes pour objectifs de réduire le déséquilibre entre l’offre et la demande, à l’origine de la corruption.
Par ailleurs, nos administrations manquent de moyens de contrôle; cela aussi conduit au laxisme et à la corruption. Comme pour les stratégies d’entreprises, le contrôle est un outil indispensable de rétroaction, d’actions correctrices et de mesure de performance. Un accent et des ressources doivent y être mis.
Le champ des reformes administratives est vaste, nous laissons aux spécialistes le soin d’enrichir le débat.

Abordons maintenant celui des reformes de notre appareil judiciaires


La lutte contre la corruption passe par de vigoureuses reformes dans notre appareil judiciaire.
Sans être juriste, nous avons constaté que là où la justice est libre, crédible, rapide et juste, les hommes réfléchissent par deux fois avant de s’adonner à la corruption. La corruption résulte très souvent d’un arbitrage personnel entre coûts (ou risques encourus) et bénéfices (gains). Si le corrupteur s’aperçoit que les risques encourus sont facilement gérables, la corruption s’impose comme le meilleur choix pour lui.
C’est à ce niveau que la justice, combinée au contrôle et à la transparence, prend toute sa valeur. C’est elle qui va dissuader les malfrats en puissance. C’est elle qui va punir les coupables, quelles que puissent être leurs catégories socioprofessionnelles.
Les objectifs à assigner aux reformes de la justices sont :
- Transparence,
- Célérité,
- Autonomie,
- Crédibilité
- Accessibilité
- Utilisation de la technologie et du système d’information (NTIC) appropriés.

Nous laissons le soin aux hommes de droit de définir les conditions pour que ces objectifs soient atteints.
Mais nous demeurons convaincus que si notre justice joue pleinement son rôle, les ivoiriens pourront l’utiliser comme arme pour toutes les déviances observées, quelles que soient leurs origines.
Les américains, en situation de conflit, aiment souvent rappeler qu’ils connaissent leurs droits, car ils savent qu’ils peuvent faire confiance en leur justice toutes les fois que leurs droits sont bafoués. Et nul n’est au-dessus de la loi, dans ce pays ; qui ne se souvient du Watergate, de l’Irangate ou plus récemment de l’affaire Monika Levinsky, aux Etats-Unis.

C’est de la justice que viendra la solution à la lutte contre la corruption. Elle doit être combinée aux reformes administratives.
Telles sont mes quelques pistes de réflexion.

23 octobre 2007 15:48 Pu

http://agentdechangement.blogspot.com/2007/10/quelles-contribition-pour-lutter-contre.html

Guy-Patrick GOMEZ

11.06.2008

SUR LES CAUSES PROFONDES DES CONFLITS ETHNIQUES POST-ELECTORAUX EN AFRIQUE

0253c3ce5b640b797926a892d108ec52.jpgLA MÈCHE DE L’« ÉTINCELLE ETHNIQUE »

L’éditorial du vendredi 4 janvier 2007 de M. Ferro M. Bally, Rédacteur en chef central du quotidien ivoirien « Fraternité Matin », qui aborde sous le titre « L’ étincelle ethnique », l’épineuse question des méfaits du tribalisme en Afrique, a eu pour effet de nous amener à formaliser, pour les partager avec d’autres, quelques réflexions que nous avons menées depuis longtemps déjà, mais que nous avions jusque-là gardées pour nous-même.
M. Ferro M. Bally fait un diagnostic d’une rare justesse de ce fléau, qui ravage le continent africain davantage que tout autre, avec pour conséquences désastreuses le grand retard accusé par nos peuples par rapport aux autres.
Un des constats édifiants de l‘analyse de l’éditorialiste consiste dans ces propos : « Les contestations des résultats et les émeutes qui s’ensuivent, sont à l’origine d’atroces scènes de violences, d’actes de vandalisme et de pillages qui provoquent l’exode de milliers de personnes au pays de Jomo Kenyatta. » (Fraternité-Matin du vendredi 4-1-2007, p. 5, 1ère col.)
« La soif du pouvoir ne suffit pas à expliquer les violences aveugles qui émaillent généralement les élections en Afrique. Parce qu’il y a un paramètre incontournable : l’étincelle ethnique. La démocratie est d’abord et avant tout à base… ethnique. Ce qui se passe actuellement au Kenya où les Kikuyu (ethnie du Président Mwai Kibaki) et les Luo (ethnie de l’opposant Raila Odinga) ont déterré la hache de guerre pour se livrer une lutte sans merci, le prouve. » (Ibid., 3ème col.)

LA METAPHORE DE L’ETINCELLE

Ce qui, dans le texte de M. Ferro M. Bally, nous a tout particulièrement interpellé, c’est la métaphore de « l’étincelle ethnique. »
Par ailleurs, l’auteur nous semble particulièrement fondé à dire que « La soif du pouvoir » ne saurait suffire à expliquer les violences aveugles constatées suites aux élections en Afrique.
De fait, ces violences semblent se greffer sur d’autres supports, jusqu’ici négligés, mais dont le rôle est déterminant dans la maturation des instincts à l’origine des violences en question.
Pour nous en rendre compte, il n’y a pas meilleur exercice à notre sens que d’exploiter la métaphore de « l’étincelle ethnique » forgée par l’éditorialiste de « Fraternité-Matin. »
Le premier constat d’évidence à faire, c’est qu’une étincelle n‘apparaît jamais au hasard. Elle est avant tout le produit du frottement ou de l‘entrée en collision de deux objets durs, soit de nature métallique, soit de la nature de roches comme le silex ou la latérite.
Mais l’étincelle peut aussi être provoquée par un court-circuit ou un impact laissé par la foudre.
Après la production d’un tel phénomène, un élément intermédiaire, une mèche, de la paille ou quelque substance hautement inflammable, est nécessaire pour relayer l’étincelle qui en résulte ; c’est alors seulement que celle-ci se transforme en une flamme incandescente à même d’embraser tout le paysage à l’entour, ou qu’elle occasionne des catastrophes naturelles gigantesques comme il arrive souvent d’en constater dans des pays tempérés comme les USA.

DU GRAND ROLE DE " LA MECHE DE RELAIS" ETHNIQUE

Notre préoccupation dans cet article, c’est de mettre en lumière, les éléments qui jouent, en Côte d'Ivoire, et plus généralement en Afrique, le rôle de « mèches » ou de « conducteurs » susceptibles d’occasionner la lente maturation qui aboutit à des catastrophes sociopolitiques irréparables.
D’aucuns n’hésitent pas à imputer ces dérives aux intellectuels africains, les accusant de n’avoir pas su éduquer leurs peuples respectifs aux normes admises sous d’autres cieux. Ceux-là, pensons-nous cependant, commettent une grande méprise, surtout si l’on prend en compte le peu de cas que l’on a toujours fait du discours de l‘intellectuel sous nos cieux.
Ceux qui ont voix au chapitre, c’est plutôt une autre catégorie de producteurs d’idées ou d’idéologies très efficaces et aux effets quelquefois dévastateurs.
En Côte d'Ivoire, qui ne se souvient de ces paroles tirées du titre « Guerre civile » de l’album Yitzhak Rabin d’Alpha Blondy ? Portées par une mélodie savoureuse, ces paroles opèrent sur le mode d’un véritable dogme :

« Dans un pays avec plusieurs ethnies,
Quand une ethnie monopolise le pouvoir
Pendant plusieurs décennies
Et impose sa suprématie
Tôt ou tard ce sera la guerre civile (…) »


Les textes d’un autre grand reggae man ivoirien, Tiken Jah Fakoly, sont, à certains égards, encore plus tranchants.
Tiken Jah Fakoly, qui n’hésite du reste pas à proclamer qu’il est un « leader d’opinion », dans certains textes de ses chansons, se fait le porte-voix d’un groupe ethnique dont il crie la frustration, dans un langage propre à exacerber les tensions entre différentes communautés, plutôt que d’intervenir dans le sens d’un idéal intégrationniste.
Ces « leaders d’opinion », qui ont toujours voix au chapitre, ont de tout temps bénéficié de la préférence de certains hommes de médias, qui relaient et amplifient leurs textes et propos, de sorte qu’ils apparaissent comme de véritables prophètes des temps modernes, régnant aussi bien sur les ondes, les petits écrans que dans la presse écrite, où ils distillent leurs messages au cours de nombreuses interviewes qu’ils accordent, là où les intellectuels sont ignorés.

L’ABSENCE DE DEBATS INTELLECTUELS

En ce qui concerne la Côte d'Ivoire, jamais à notre connaissance, un plateau n’a réuni des intellectuels pour analyser l’impact ou simplement la pertinence des discours de ces néo « leaders d’opinion », souvent portés à semer la désunion.
Pourtant nous pensons qu’il n’est pas insensé de voir dans certains de ces textes, des sources de cette situation de tensions constantes au sein des communautés ethniques africaines.
Si donc, à notre sens, c’est à juste raison que M. Ferro M. Bally décrie ces situations de troubles, son point de vue nous paraît cependant discutable dès lors qu’il les impute uniquement aux hommes politiques.
Dans sa dénonciation des « campagnes venimeuses et des propos aux relents tribalistes tenus par nombre de leaders politiques pour exercer la pression et exacerber les passions.. », il en vient à établir en effet que « Le RDR a scientifiquement instrumentalisé les frustrations en se servant du charnier de Yopougon et des tracasseries policières pour dresser les populations du nord en général contre le FPI. La mayonnaise a pris à tel point que la quasi totalité des contingents de l’ex-rébellion se recrute dans la partie septentrionale de la Côte d'Ivoire. A l’ouest, l’assassinat du général Guéï est devenu un fonds de commerce politique pour l’UDPCI. Le centre-ouest se bunkérise pour accorder son suffrage à Laurent Gbagbo. Au centre, le PDCI-RDA s’active à boucler et aseptiser sa zone. Il anime des meetings dits de « rectification » pour « désintoxiquer la population » ; et certains de ses responsables ne craignent pas de jeter de l’huile sur le feu. Parce que comme le déclarait publiquement un certain Kouamé Lambert, conseiller de l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny, à Yamoussoukro, « Le fauteuil d’Houphouët est un trône en or qui revient aux Baoulé. »

DE LA NECESSITE D’UNE BONNE POLITIQUE DE FORMATION DES MASSES

A la vérité, ces situations sont favorisées par le fait que les débats d’idées, véritables écoles d’éveil des consciences des masses populaires, sont quasiment bannis au profit de joutes politiques qui, dans les médias, ne font qu’exacerber les passions.
De plus, il faut noter le manque d’enthousiasme de nombreux vrais intellectuels dans l’animation des quelques rares débats consacrés à des questions autres que strictement politiciennes. Il n’est pas rare en effet d’entendre certains animateurs fustiger, sur les médias d’Etat, l’attitude adoptée par certains invités, qui déclinent systématiquement ces invitations.
Ces intellectuels ont cependant de bonnes raisons de refuser de prendre part à ces débats. De fait, le plus souvent, leurs prestations qui nécessitent de longs investissements en temps de travail, sont comptées pour rien et ne font l’objet d’aucune rémunération.
Même les frais de déplacements d’un invité à un tel débat ne font l’objet d’aucun remboursement. C’est ce qui sans doute a fait dire un jour au président Gbagbo que « La pensée n’est pas considérée chez nous. » (Cf. quotidien ivoirien « Soir Info » du 7-9-2001, p. 9.)
Nous aurions tellement aimé qu’à la suite d’une telle déclaration publique, ses conseillers techniques en matière d’Affaires culturelles prissent la résolution d’organiser un atelier au terme duquel des propositions pour remédier à cette situation seraient faites, à l’instar de l’atelier tenu immédiatement après sa proposition de créer un Service civique national. Hélas !
Si, comme le souligne avec justesse M. Ferro M. Bally, « La démocratie est d’abord et avant tout à base … ethnique (comme le prouve) ce qui se passe actuellement au Kenya où les Kikuyu (ethnie du Président Mwai Kibaki) et les Luo (ethnie de l’opposant Raila Odinga) ont déterré la hache de guerre pour se livrer une lutte sans merci », c’est en grande partie, pensons-nous, à cause de l’obscurantisme qui a prévalu, là où les peuples ont été sevrés de la sève vivifiante d’une bonne éducation des masses, auxquelles elles avaient cependant droit, et qui constitue la raison d’être des départements ministériels chargés précisément de ces questions.

ALTERNANCE POLITIQUE OU ALTERNANCE ETHNIQUE ?

L’interrogation que l’on peut formuler légitimement est de savoir si les populations qui constituent nos Etats anciennement colonisés, sont instruites sur la raison d’être élémentaire d’une communauté étatique, ses buts, sa vocation, etc.
Si une connaissance minimale en ces domaines était acquise à nos différents peuples, on n’aurait pas entendu, au plus fort de la crise post-électorale survenue au Kenya, des réactions comme celle rapportée par une Chaîne de radio internationale, où des citoyens kényans de l’ethnie Luo se plaignaient de ce que, depuis l’indépendance de leur pays, celui-ci n’ait connu que des chefs d’Etat issus de l’ethnie Kikuyu, ce qui n’est pas sans nous rappeler le texte d’Alpha Blondy :

« Quand une ethnie monopolise le pouvoir
Pendant plusieurs décennies
Et impose sa suprématie
Tôt ou tard ce sera la guerre civile. »


C’est le lieu de s’étonner d’une telle réaction et de pointer clairement à la face de tous ceux qui pensent de la sorte, l’erreur grossière qu’ils commettent, ce faisant. C’est, en effet, commettre une grossière erreur que d’aller à un vote, avec le souci de voir s’instaurer une alternance ethnique, en perdant de vue les performances des tenants du pouvoir du moment.
De fait, à ce que rapporte la presse internationale, le bilan dont le régime du président sortant Mwai Kibaki est crédité n’étant pas du tout négatif, avec un taux de croissance de 6 % au moins, que pouvait-on lui reprocher si fondamentalement pour qu’on le rejette au nom de son appartenance ethnique ?

LE CRIME DE LA TRICHERIE

Certes, il est criminel pour un pouvoir en place de ne pas vouloir céder la place quand il a été battu, car l’opposition ne doit pas se voir privée de son droit et de sa prétention à mieux faire que le régime sortant. Mais condamner un régime du simple fait que son détenteur relève d’un groupe ethnique qui le "monopoliserait" depuis une quarantaine d’années, c’est faire preuve de la plus grande cécité intellectuelle et politique.
Qui nous dit en effet que la venue au pouvoir d’un chef d’Etat issu de l’ethnie Luo entraînerait, ipso facto, un taux de croissance plus élevé, des conditions de vie meilleures, que sous celui de Mwai Kibaki etc. ? Est-il établi qu’il y a une gouvernance typiquement luo dont l’application serait absolument et infailliblement salutaire pour le peuple kényan ?
Tous ces questionnements que nous formulons à propos du cas kényan, on pourrait les adresser aux membres de n’importe quel groupe ethnique de n’importe quel pays africain.

« JOUISSANCE PAR PROCURATION »

Que représente quarante ans dans la vie d’une nation ?
Et si, de l’indépendance à ce jour, le Kenya n’a connu que le règne de dirigeants issus de l’ethnie Kikuyu, les membres de l’ethnie Luo d’aujourd’hui peuvent-ils présager de ce qu’il en sera dans cent ans, dans mille ans, quand peut-être des chefs d’Etat Luo présideront aux destinées de leur pays pendant une période plus longue ?
Il semblerait que l’on puisse imputer les dérives de ce genre, qui affectent les populations de nombreux Etats africains, à leur brutale immersion dans les nouveaux schémas de gestion des affaires politiques, fort éloignés de leurs propres modèles traditionnels, qui entraînaient des conflits d’un autre type.
Il semblerait ainsi que les Africains, comme le constat en a été également fait dans le domaine religieux, vivent sous l’empire d’un syncrétisme politico idéologique dont le résultat passager  il est du moins à l’espérer  est cette sorte de « tératologie psychologique » ou cet état de « monstruosité sociologique » qui risque bien de donner raison à un certain Bernard Debré, lequel, le 31 mai 2003, énonçait sur les ondes de RFI que « L’Afrique est au bord de l’apocalypse, ce sont les faits qui le démontrent. » (A propos de La mauvaise conscience en général et de l’Afrique en particulier, J. Vergès-J. Claude Lattès.)
La menace de l’Apocalypse planera en effet sur nos têtes, tant que nous ne nous rangerons pas à des opinions pleines de bon sens, telles que celle émise par l’homme de lettres ivoirien Bédi Holly, qui énonçait, le 20 juillet 2001, en page 7 du numéro 946 du quotidien « Notre Voie » :

« La Côte d'Ivoire, nous ne l’inscrivons pas dans un temps. Mais nous l’inscrivons dans une éternité. C’est peut-être prétentieux, mais ça, c’est notre façon de voir. De telle sorte que, quand nous commençons quelque chose pour la Côte d'Ivoire, le temps pour nous n’est pas important. »

En percevant les choses sous cet angle, on peut en effet se poser la question de savoir ce qui peut être à l’origine de ce mal qui affecte la plupart des Africains actuels et qui les amène à ne se concevoir de destin que sur le terrain de la politique, ou, à défaut, que chacun d’eux veuille voir, de son vivant, c’est-à-dire en l’espace d’une génération, un chef d’Etat issu de chacune des multiples communautés ethniques de leurs différents pays, comme s’ils avaient quelque prémonition d’une disparition imminente de notre Terre !
Et même si tel était le cas, de quel secours leur serait la vie sous le règne d’un « hiérarque » issu de leur groupe ethnique ?
Au cours d’un récent colloque tenu à l'Institut Goethe d'Abidjan, portant témoignage d’un phénomène curieux qu’il a qualifié de « jouissance par procuration », un participant nous rapportait qu’une interlocutrice lui avait dit un jour : « Je ne suis rien, certes, mais mon groupe ethnique a donné un président au pays. »

UNE NOTE D’ESPOIR

L’éditorialiste de « Fraternité-Matin » note : « La Côte d'Ivoire n’est pas sortie de l’auberge. Après cinq ans de crise armée, le pays n’a pas toujours tiré les leçons de la grave fracture politico-sociale. Le renouvellement tant attendu, de la pensée ne s’est pas effectué. Et les vieux démons de la division ont de beaux jours devant eux. Alors on continue, comme par le passé de jouer avec le feu… » (Ibid. 3ème col.)
Il est heureux qu’à côté des mauvais exemples constitués par la Côte d'Ivoire et le Kenya, l‘Afrique offre tout de même quelques cas positifs de pays ayant accompli des bonds en avant si considérables sur le terrain politique, que le spectre de la dérive ethnique semble s’en être définitivement éloigné.
C’est le lieu de se féliciter de l’atmosphère qui a prévalu lors des joutes électorales, dans des pays comme le Bénin, le Mali, le Niger et, malgré les soubresauts qui y ont été constatés lors des dernières joutes électorales… le Sénégal.
En effet, même si l’éclat autrefois particulièrement scintillant de la démocratie, dans un pays comme le Sénégal, s’est passablement terni par une couche de galène ou de vert-de-gris qui s’y est déposée, on peut néanmoins se féliciter de ce qu’à aucun moment, que ce soit au Niger, au Mali ou au Sénégal, la tension observée n’ait eu lieu sur fond de conflit ethnique.
Cette observation est encore plus remarquable quand on se souvient de l’épique lutte pour le pouvoir entre les ex-candidats Soglo et Kérékou, au Bénin.
Au vu de ces exemples, on peut dire qu’avec un engagement à fond dans la formation des masses, avec l’appui des intellectuels, le champ libre n’étant plus laissé aux « leaders » d’une certaine opinion, qui exacerbent les passions plutôt que de jeter les bases de nations unies et fortes en Afrique, ce continent devrait pouvoir éviter les tensions post-électorales aux conséquences désastreuses.
A ces conditions, l’Afrique s’en sortira plus tôt qu’on ne le croit.
Il est bon par ailleurs de souligner, à l’attention de ceux qui partageraient le point de vue d’Alpha Blondy selon lequel « Elu une fois, élu deux fois, élu trois fois, élu quatre fois, ça devient la dictature… », que les USA, à un moment donné de leur l’histoire, ont pu porter quatre fois F. D. Roosevelt à la présidence, sans dérive dictatoriale. Le tout est, semble-t-il, dans la sincérité des élections, avec un peuple non manipulé.
Avec des masses populaires bien averties, parce que bien formées, les constitutions, même si elles ne portent pas, comme c’est encore le cas pour un pays comme la France , une clause limitative des mandats à la présidence, il serait difficile à une personne de "monopoliser" le pouvoir à sa guise.



ADOU KOFFI, professeur de philosophie
Essayiste, Auteur, Ecrivain
BP 46 Cidex 2 Abidjan 08
E-mail : dagekof@yahoo.fr / Blog : http//dagekofadou.over-blog.fr

ADOU KOFFI, professeur de philosophie

20.05.2008

LES CHOSES COMMENCENT A BOUGER DANS CE PAYS. NOUS N’EN DEMANDONS PAS MIEUX !

a46effb51fdc3e419f6ada342b7601d6.jpgChers bien-aimés frères et sœurs ivoiriens,

C’est de façon récurrente, persistante, têtue, que nous avons décrié les dérives éthiques et morales, la corruption aggravée et le racket quasi institutionnel dans notre pays, la Côte d’Ivoire, ainsi que l’immobilisme déconcertant de nos gouvernants, là où le minimum pouvait être assuré.
Nos dénonciations, jérémiades, gémissements et soupirs semblent, enfin, avoir été entendus. Le sommet de l’Etat sort de sa torpeur et les militaires passent aux actes. Témoignage.


I – LE COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 15 MAI 2008.

Le Conseil des Ministres qui s’est tenu le Jeudi 15 Mai 2008, de 12 heures 15 minutes à 13 heures 50 minutes, au Palais de la Présidence de la République, sous la présidence du Chef de l’Etat, son Excellence M. Laurent GBAGBO a été, pour tous les Ivoiriens amoureux de leur pays, porteur d’une grande espérance et le sujet d’une grande joie et d’une grande satisfaction, relativement à la question de la lutte contre le racket et la corruption, dans notre pays. Et pour cause. C’est la première fois, à notre connaissance, que ce sujet fait formellement l’objet d’une intervention, en Conseil des Ministres, du Chef de l’Etat, consignée dans le communiqué officiel et est appelé à constituer l’ordre du jour central d’un Conseil des Ministres extraordinaire. Extraits :

« Avant d’aborder l’ordre du jour du Conseil, le Chef de l’Etat a fait un tour d’horizon de l’actualité sociopolitique nationale.
Il a ainsi abordé successivement la dernière réunion du CPC, la gestion de la crise relative à la cherté de la vie et le racket ainsi que la corruption (…)
Le racket et la corruption qui alimentent les débats dans l’opinion publique ont (…) constitué les préoccupations du Chef de l’Etat.
Pour apporter des réponses à ces préoccupations qu’il a lui-même relevées lorsqu’il était encore dans l’opposition politique, le Président de la République a décidé de la tenue d’un Conseil des Ministres consacré à ces questions pour y trouver des solutions. A cet effet, le Premier Ministre et les Ministres concernés prépareront dans un bref délai, une communication ».

Merveilleux ! Si, toutefois, cela peut se traduire en actes concrets et fermes, à brève échéance ! C’est tout ce que nous avons toujours demandé. Tous le savent, nous n’avons raté aucune occasion de critiquer le Président de la République, quand nous avons estimé que malgré tous ses efforts remarquables pour sortir le pays de la crise, il ne faisait pas assez dans certains domaines, et DIEU seul sait si nous avons été caustique, le cas échéant, tout patriote que nous sommes.
Aujourd’hui, nous estimons qu’il a pris une initiative hautement louable et républicaine. Il ne faut pas faire la fine bouche et le lui reconnaître simplement, en toute honnêteté. Monsieur le Président, félicitations et courage ! Que DIEU vous fortifie et vous bénisse dans cette nouvelle option !

II – LE DISCOURS DU PREMIER MINISTRE DANS LA REGION DE SEGUELA

A la faveur de son déplacement dans la région de Séguéla, dans le cadre du regroupement des éléments des Forces Nouvelles de la zone 5, le Premier Ministre SORO KIGBAFORI Guillaume a solennellement réaffirmé cette option nouvelle, qui s’inscrit désormais dans une ligne politique gouvernementale. Extrait :

« Le Secrétaire Général des FN a rappelé à ses chefs de guerre que le processus de DDR dans lequel ils se sont librement engagés en signant l’Accord de Ouaga, c’est pour le bien-être de la population qui a trop souffert des affres de ces longues années de crise. Il les a donc enjoints de mettre fin au racket et à toutes les autres exactions contre les populations. Une interpellation fortement applaudie par la population qui s’est massivement déplacée pour écouter le Premier Ministre.
‘‘Les populations ont eu à souffrir de certaines actions. Je pense qu’il est temps que nous nous améliorions sur le terrain. La question du racket, je vais de plus en plus en parler. Parce que ce n’est pas normal que sur les barrages on continue de prendre de l’argent à des populations qui ont été appauvries par cette situation de guerre. Nous sommes là pour aider les populations et non pour les faire souffrir. Et désormais, je serai ferme’’, a averti Soro.
Le Premier Ministre a aussi annoncé que dans les tout prochains jours, le gouvernement va prendre des mesures MUSCLEES (dixit le Primus) pour s’attaquer de façon frontale à la corruption vertigineuse qui gangrène l’Administration ivoirienne parce que ‘‘ce n’est pas normal qu’on paye pour avoir un concours ou un examen.’’
in Le Matin d’Abidjan, No 759 du Lundi 19 Mai 2008.

En attendant de prendre l’entière mesure de la bonne foi et de la capacité réelle de nos gouvernants - à travers leurs différentes déclarations - à vider ce vieux contentieux social, nous ne pouvons que nous féliciter de cette option nouvelle qu’ils ont prise et que nous considérons, pour notre part, comme une avancée significative dans la recherche des voies de sortie de cette véritable gangrène nationale.

III – LA NOUVELLE POSTURE DE L’ETAT-MAJOR DES ARMEES FACE AU FLEAU DU RACKET

L’une des choses qui nous procurent une joie immense, en ce moment, et qui nous redonnent espoir en la Côte d’Ivoire, c’est la décision prise par l’Etat-major des Armées, avec à sa tête le Général Philippe MANGOU, de passer à la répression ferme contre le racket, après la phase de sensibilisation (que nous avons trouvée longue et déprimante), considérée désormais comme achevée.
Enfin, une volonté clairement affichée (avec des dispositions formelles et objectives) de lutter contre le racket.
Les pièces administratives désormais exigibles aux passagers et aux conducteurs sont on ne peut plus clairement définies, des contacts des commandements centraux de la Gendarmerie et de la Police sont même donnés pour leur saisine par toute personne victime de tracasseries routières ou de racket, obligation est faite aux Forces de l’Ordre de porter dorénavant leurs badges et matricules afin d’être formellement identifiables et des contrôles inopinés par des patrouilles mixtes (autorités civiles et militaires), instaurés. Une toile qui ne manquera pas de se refermer sur les agents laxistes et véreux qui ne manquent pas, en Côte d’Ivoire. Bon vent à vous, Général Philippe MANGOU !

IV - RACKETS ET BAVURES POLICIERES: LE COMBAT HAUTEMENT LOUABLE DE ANGE KESSY

Notre joie a été encore plus grande quand nous avons lu, dans le quotidien Le Temps du lundi 28 Avril 2008, la communication du Commissaire du Gouvernement Ange KESSY, qui dénote une volonté farouche d’extraire l’ivraie de cette noble institution qu’est l’Armée ivoirienne :

« Comme la grande muette, tout ce qui touche à l`armée est toujours resté discret, ce qui a bien évidemment laissé l`impression d`une forêt sacrée impénétrable, infranchissable mais malheureusement où l`on pense que tous les coups sont permis. Or, c`est justement l`institution où par excellence, tous les coups ne sont pas admis. C`est pourquoi, il convient qu`au moment où l`on parle de plus en plus de réforme de l`armée, où l`objectif de l`autorité militaire est de rapprocher le peuple de son armée (Armée - Nation) de montrer à ce peuple, ce qu`on reproche à ses soldats et surtout comment la justice traite ces reproches qu`on leur fait pour qu`il n`ait pas l`impression d`une impunité, car un peuple ne soutient son armée que lorsqu`elle est propre, lorsqu`elle est sans reproche mais surtout lorsque ce peuple sait qu`il n` y a pas d`impunité. C`est pourquoi, nous comprenons les ivoiriens quand ils réclament que les brebis galeuses soient punies dans l`armée et c`est cela tout le fondement de la politique criminelle militaire(….).

(…)La politique criminelle militaire en Côte d`Ivoire lutte inlassablement contre l`impunité. Au départ, en effet, les sanctions des infractions militaires avaient pour but de rappeler à l`ordre et ramener la nécessaire discipline. Maintenant avec le développement et l`allure que prend la nouvelle forme de délinquance, il y a lieu d`administrer de véritables corrections à nos hommes qui ternissent l`image de l`Armée et contribuent à la détérioration, dans leurs actes, des rapports entre le peuple et ses Forces de Défense et de Sécurité. Des coups et blessures à l’escroquerie, tout y passe : de nouvelles formes de délits ont émergé dans certains corps : il s` agit par exemple, de l` escroquerie au visa : mesdames et messieurs faites beaucoup attention à ces corps habillés qui vous promettent des visas, ce sont des escrocs. Nos grands bandits habillés en treillis sont tous transférés à la MACA pour y purger les peines dans les mêmes conditions que les plus dangereuses crapules. Quand on examine le tableau de l`évolution de la délinquance, on se rend compte, bien vite que deux fléaux ont considérablement augmenté. Ils ont si dangereusement crû qu`ils ont dépassé le cadre du simple délit pour se hisser au rang de véritable problème de société.

Les bavures et les rackets

Les bavures

Les bavures sont des actes ou faits commis généralement par les forces de l`ordre, volontaires ou involontaires et qui ont gravement troublé l`ordre public. Ces cinq dernières années, nous avons enregistré 11 bavures policières dont sept déjà jugés ; le reste devant les cabinets des juges d`instruction ; l` année 2008 doit être la plus riche en bavures puisque dans le seul mois de mars - avril 2008, nous avons compté 5 bavures, soit en moyenne une bavure toutes les semaines.

Le racket

Appelé extorsion de fonds, il est établi quand, par des menaces ou autres intimidations actives ou passives, l`agent contraint un individu automobiliste en général, à lui remettre de l` argent ou tout autre bien. Au niveau des poursuites, c`est-à-dire: constater, réunir les indices, rechercher les auteurs, nous allons changer de stratégie pour adopter une thérapie de choc. Désormais, toute personne victime- ou témoin d`un délit de racket peut filmer ou photographier l`agent à l`aide de son portable et envoyer les films par e-mail à l`adresse :
tribunalmilitaireci@yahoo.fr. Je souhaite que les journalistes portent cette adresse dans leurs journaux tous les jours jusqu`à ce que la population ait une parfaite connaissance de cette adresse qui doit constituer un réflexe simple chez toute personne victime de tracasserie, brimade ou racket. Pas besoin de donner son nom ou de demander le nom de l`agent incriminé. L`heure, la date et le lieu précis suffisent. Ce n`est pas tout : une patrouille anti-racket sillonnera les rues et les quartiers d` Abidjan mais également à l`intérieur du pays
Le Parquet militaire se chargera des auteurs et les mettra à la disposition du Tribunal. Nous demandons donc la collaboration de tous car la lutte contre le racket est une affaire de tous, le parquet ne pourra pas être présent sur tous les lieux de commission du délit. Bavure et racket "étant intimement liées, l`un se perpétrant très souvent à cause de l`autre, ils sont considérés comme préoccupation première de la politique criminelle militaire à compter de maintenant. Comme un mal qui refuse de guérir, faisant rechuter le patient à chaque fois qu`on le soigne, le médecin administrant une thérapie de choc en associant plusieurs médicaments, nous allons passer à une étape supérieure de la lutte. Désormais, ce ne sont pas les “petits” seulement que nous allons poursuivre. “Allez sur le terrain, encadrez mieux vos hommes” disait le général de brigade commandant le CeCOS. Dans un dossier de racket ou de bavure, le responsable, ainsi que la chaîne de toute la hiérarchie devra répondre devant le Tribunal militaire. Il expliquera par exemple pourquoi, en tant que chef, il ne se transporte jamais à un barrage ne serait-ce que pour voir comment les hommes qu`il place aux barrages travaillent, réaliser si les critiques et reproches sont fondés ou pas. Oui, il faut que les chefs répondent des actes de leurs éléments même si la responsabilité pénale est individuelle ; tout chef dont l`élément est poursuivi pour racket ou bavure sera appelé devant le Tribunal miliaire en qualité de témoin, s`expliquer sur les agissements de ses éléments. Citons par exemple ce cas, le plus récent : l`affaire Pokou Laurent tabassé à Marcory au même moment où une dame au Plateau subissait les violences physiques de deux autres policiers. Qu’en est-il de ceux qu`on ne voit pas, qu` on n`entend pas, parce qu`ils ont eu peur de les dénoncer ; le racket est devenu, mesdames et messieurs, un problème social en Côte d`Ivoire auquel il faut impérativement et maintenant trouver solution. Le Président de la République l`a dénoncé lui qui connaît tous les problèmes des ivoiriens, il s`est élevé contre le racket de nos forces sur les barrages et contre nos propres frères et sœurs. Le premier ministre n`exprimait pas moins son ras-le-bol, lui qui déclarait à propos du racket : “souvent, j`ai honte !” Il est d`autant plus préoccupant qu`il devient un problème politique car il est souvent cité comme un facteur favorisant la hausse des prix. Le Président Fologo l`a dénoncé, lui qui appelait à trouver un remède au racket. Les voyageurs, transporteurs, commerçants, étudiants, journalistes, bouchers, commerçants de vivriers, tous sans exception dénoncent le racket. Si les ivoiriens ne le supportent plus, c`est parce qu`il a atteint des proportions qui ont dépassé le seuil du tolérable : ils ne se cachent même plus, maintenant ils font la monnaie, quelle honte, quel choc de la conscience ou bien ils sont nés avant la honte, quand même si vous n`avez pas honte, ayez pitié, ayez peur de Dieu ! Des comportements exaspérants qui poussent à bout de patience des chefs, des vrais chefs.
Ainsi, l`un des plus brillants de nos généraux, le Général de Brigade Guiai Bi ne s`exclamait-il pas après la bavure de Yopougon : “Il n`est écrit nulle part que le contrôle systématique des véhicules de transport en commun et des particuliers fait partie des tâches, au CeCOS. Les contrôles de véhicules ne s`effectuent que lorsque les indices ou des renseignements reçus font soupçonner qu`ils transportaient des produits délictueux tels la drogue, la fausse monnaie, de l`argent ou des objets volés ; l`acharnement qu`exerce certains éléments du CeCOS à l`encontre des chauffeurs de gbaka ne se justifie donc pas, surtout que depuis trois ans, aucun document n`indique qu`on a fait telle ou telle saisie de drogue, des personnes recherchées dans un camion ou dans un gbaka. Alors, le général de s`interroger : Que cherchez-vous dans les gbaka si ce n`est de l`argent ? Et le général qui continue d`éclairer, qu`excédés par le racket systématique, certains ne voient même plus l`importance de se mettre en règle. Certains chauffeurs répliquent par l`indiscipline née de leur ras-le bol, les agents se sentent humiliés et l`irréparable survient”. Merci mon général, mille fois merci de penser et de dire ce que les ivoiriens pensent. Au cours d`un contrôle, j`ai demandé à un élément de la BAE ce qu`il faisait à côté d`un taxi, ‘‘De quelle unité êtes-vous ? Lui ai-je demandé : BAE, répond-il : ça veut dire quoi BAE ? Brigade anti-émeute ; fier qu`il est de le préciser. Bien. Alors, dites-moi, il y a quelle émeute dans ce taxi que vous contrôlez…. ?’’ Ce sont autant d`anecdotes que nous rencontrons tous les jours malheureusement avec des gens qui ne savent même pas pourquoi ils sont là, pourquoi ils portent le prestigieux uniforme des Forces de Défense et de Sécurité, un uniforme cocufié tous les jours par des inconscients plus avides d`argent que de l`honneur et la dignité de leur corporation. Que doit-on attendre d`individus pareils ? La prison et la radiation, rien d`autre. Oh, je sais combien de personnes s`apprêtent à me répondre : le racket n`est pas le seul fait des Forces de Défense et de Sécurité. Oui mais n`oubliez pas deux choses:

1 - D`abord, ils sont sur la route, visibles, en contact direct et tout ce qu`ils font est observé par tous. Dans un car, à bord d`un taxi ou d`un véhicule personnel tout le monde les regarde. Ils sont exposés à la vue de tous.

2- Ensuite, nous reconnaissons que la corruption, le racket, la violence sont des poisons qui minent notre société ; ce n`est pas discutable et ils sont à tous les niveaux condamnables.

Ensuite les Forces de défense et de sécurité doivent les premiers montrer l`exemple et être irréprochables. Si nous voulons lutter contre la corruption et le racket dans notre pays, il urge que nous commencions par ceux qui minent nos Forces de Défense car c`est à eux qu`appartient la charge de combattre par la recherche, des auteurs de la corruption et autre, et les déférer devant les tribunaux, c`est par eux que doit commencer la remise en cause, le nettoyage. Allons au Ghana, ce pays qui était connu il y a 20 ans pour l`une des polices les plus ripoux est aujourd’hui, cité en exemple et de bel exemple. Nous avons pris leur place il y a 20 ans, c’est-à-dire au moment où les autres changent et avancent, c`est là que nous reculons à pas de géants. C`est inacceptable. Je me suis rendu en Namibie, même décor : jamais vu la couleur de la tenue d`un policier : une Police discrète, dans un pays pourtant réputé à cause de son voisinage avec l`Afrique du Sud, être un foyer criminogène intense. C`est ici qu`on voit les policiers partout dans toutes les rues en train de traîner de vieux pneus qui ne contribuent qu`à enlaidir les routes. La lutte contre le racket doit être un combat national et doit être à compter de maintenant, considéré comme l`ennemi n°1 du peuple ivoirien. Sa lutte doit s`étendre à tous les niveaux : éducation familiale, formation de base, formation permanente, la répression doit être vraiment au stade de la thérapie de choc, constater, arrêter, poursuivre, juger et condamner pour extirper de nos rangs, cette race de nos forces dont les agissements délictueux de plus en plus fréquents provoquent une dangereuse et regrettable dégradation des nécessaires rapports entre la population et ses Forces de Défense et de Sécurité. La lutte contre le racket est l`affaire de tous. Si vous ne vous reprochez rien, si vous êtes en règle vis-à-vis des règlements, refusez de donner de l`argent, prenez au besoin des photos sur les tentatives d`intimidation des agents, laissez au besoin votre véhicule et rendez-vous au parquet, il y aura toujours un magistrat disponible pour vous écouter et aller voir ce qui se passe. Madame, vous qui m`avez un jour dans le journal Le Patriote, interpellé en ces termes : Nous vous voyons toujours sur le terrain mais nous ne sentons pas le résultat, nous ne voyons pas les procès. Les procès, nous les débutons aujourd’hui et se poursuivront tous les jours pendant toute l`année pour juger tous ceux qui ternissent l`image de l`armée par leur comportement qui attentent aux libertés individuelles violant gravement les droits humains. Prenez patience, nous ne finissons pas avec eux le même jour mais nous y croyons. J’ai fait un rêve

Nous n`avons pas la prétention d`y parvenir seulement demain ou après demain mais un jour, nous y arriverons, car comme Martin Luther King, I’ve a dream ;
Oui, Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Mesdames et Messieurs, j`ai fait un rêve : celui d`une Côte d`Ivoire débarrassée du racket, de la corruption.

J`ai fait le rêve d`une Côte d`Ivoire, qui sera un jour, l`exemple d`une moralisation irréprochable de son armée et de ses Forces de l`ordre. Comme le Ghana, cité plus haut, la France, les Etats-Unis, l`Australie, j`ai rêvé d`une Côte d`Ivoire avec sa police, sa Gendarmerie qui feront mieux que ces pays, aimés de l`extérieur, adulée et applaudie de son peuple, à commencer par ceux qui sont le premier contact avec l`étranger c’est à dire, aux frontières terrestres, à l`aéroport, au Port, puis sur les routes, ensuite dans nos quartiers. J`ai fait le rêve d`une côte d`Ivoire où l` orphelin ou celui qui n’a personne derrière lui, est traité et considéré de la même façon aux barrages, dans les bureaux, partout sans être racketté. J`ai fait un rêve, celui d`une Côte d`Ivoire où le racket n`existe plus ou presque, ou la population est conseillée et orientée au lieu d`être violentée, battue, brimée et humiliée, où nos frères sont disponibles et courtois au lieu d`être sur les nerfs, ou nos Forces ouvrent leurs bras pour accueillir le civil en détresse au lieu d`être celui qu`on fuit ou contre qui on porte plainte.

J`ai fait un rêve, j`ai fait un rêve ».
in Le Temps du Lundi 28 Avril 2008.

Chères autorités ivoiriennes, au-delà de la joie que suscitent chez nous ces nouvelles dispositions, nous aimerions être rassurés que ces mesures ne dureront pas le temps d’un feu de paille et que vous ne ferez preuve d’aucune faiblesse quand sera venu le moment de sévir réellement, et surtout de sévir contre vos proches.
Nous voulons voir assainie la Côte d’Ivoire, à commencer par vos entourages et les trois milieux les plus corrompus du pays, par ordre de…désolation (selon une étude du CIRES) : 1- La Justice, 2- Les Forces de l’Ordre (corps habillés) et 3- Les Hôpitaux.

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !



DINDE Fernand AGBO

25.04.2008

MES PROPOSITIONS POUR LA COTE D'IVOIRE (2)

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II- Quelques pistes de solutions

Devant une peinture presqu’apocalyptique et aussi peu enviable de la situation, on se sent quelque peu défaillir face à l’immensité de la tâche de restauration.
Mais il ne faut pas en rester là. Que proposons-nous comme pistes de solutions à explorer à nos gouvernants, pour aider à notre façon, la Côte d’Ivoire, notre pays - si profondément chéri mais aussi si malheureusement meurtri - à sortir de l’ornière ?

Sans prétention aucune, je voudrais soumettre à ceux qui ont la lourde responsabilité de conduire la Côte d’Ivoire vers des rivages plus paisibles, ces quelques propositions (en vrac) pour l’examen desquelles ils voudront bien distraire un peu de leur temps.

1- Tout d’abord, que le Président de la République ne donne pas le sentiment au peuple qu’il est déconnecté de ses réalités (corruption, achat de diplômes, achat de l’admission aux concours de la Fonction Publique, de la Police, de la Gendarmerie et de la Douane), en tenant des discours aussi impopulaires qu’inopportuns du genre « la corruption a toujours existé, en Côte d’Ivoire » ou « les Ivoiriens exagèrent tout ». Il est à mille lieux d’imaginer à quel point ce type de propos le dessert !
Il est peut-être encore un peu populaire mais le regard du peuple sur lui a changé et son audience baisse de jour en jour, à cause de sa gestion maladroite de ce type de dossier. J’espère qu’on le lui dit et j’espère aussi que lui-même s’en rend un peu compte.

2- Il serait souhaitable que le Président de la République reconnaisse ouvertement et formellement l’état de déliquescence morale et spirituelle de la nation et la corruption généralisée dans le pays (ce ne serait pas pour lui de la faiblesse ou un aveu d’impuissance, nous en sommes tous comptables). Ensuite, il pourrait demander aux Ivoiriens, à travers un forum ou individuellement, de faire des propositions pour en sortir, qui seront analysées et prises en compte, autant qu’elles seront pertinentes, réalistes et réalisables.

3- J’exhorte, personnellement, le Chef de l’Etat à ne pas être si sentimentaliste et à sévir dès maintenant, de peur que si les élections tardent à venir (rien ne nous dit, en effet, que ses adversaires politiques et ses ennemis d’ici et d’ailleurs lui permettront de les faire tenir dans les échéances désormais si clairement déterminées), les Ivoiriens ne soient définitivement déformés.
Aujourd’hui, la recherche du gain et la corruption sont les premiers réflexes des Ivoiriens. Cela est devenu leur seconde nature. Attendre après la crise pour essayer de les redresser pourrait s’avérer tard ou herculéen comme tâche.
Ce serait comme tenter de redresser un arbre adulte déformé depuis sa jeunesse. Les racines seraient déjà trop profondes et les structures du bois trop fortifiées pour qu’une telle entreprise ait des chances de réussite.
Si le Président ne commence pas à sévir maintenant, à la fin de la crise (déjà incertaine, malgré les dates arrêtées et les professions officielles de bonnes intentions), il lui faudra, à lui ou à son successeur, devenir un dictateur pour y parvenir.

4- Et il doit commencer par ses proches. Etre réticent ou hésitant à sévir contre ses proches (qui ne sont les moins coupables, loin s’en faut), le rend totalement impuissant à demander des comptes à qui que ce soit.
Il doit être plus exigeant envers les siens qu’envers les autres parce qu’il a une image à défendre qu’il ne doit pas les laisser corrompre impunément sous le prétexte qu’il leur est redevable. En ce moment-là seulement il sera à l’aise pour exiger des autres de la droiture, de l’équité et de l’intégrité, en ce moment-là seulement il sera à l’aise pour sévir contre tous.
Autrement, cette bataille, il l’a déjà perdue. Même après la crise, il en sera encore à chercher ses marques et à se demander comment s’y prendre.
Il devrait changer de logique. Je suppose qu’il doit se dire, certainement, qu’il ne peut pas sévir contre les siens quand ses adversaires sont intouchables à cause des accords qui lui lient les mains.
Il devrait plutôt raisonner de cette façon : « Je dois châtier les miens pour pouvoir sévir librement et durement contre mes adversaires ».

5- Nous ne devons pas continuer de nous sentir bien dans cet Etat informel qu’est devenu la Côte d’Ivoire et de nous y accommoder.
L’heure est venue de mettre la Loi au-dessus de tous. Il nous faut faire de l’observation absolue de la règle de droit le véritable fondement de notre nation. Cela doit être palpable, senti et vu par tous, sans aucune concession ni favoritisme.
Le Chef de l’Etat doit véritablement mettre la Loi au-dessus de tous ! Ne serait-ce que sur le plan administratif. Cela aura l’effet de soulager grandement le peuple et de lui attirer son adhésion.
Le fait d’avoir accordé un blanc-seing à la rébellion au nom de la paix, ne doit pas nous autoriser à élever l’impunité au rang d’institution nationale. La rébellion est un fait à considérer comme une exception qui est survenue dans notre pays. Elle doit justement confirmer la règle du droit. Ce n’est pas parce qu’au nom de la paix, nous avons tendue la main et pardonné à la Rébellion que le reste des Ivoiriens doit se croire tout permis et qu’on en arrive à déglinguer notre pays. Ce n’est pas acceptable.
La crise passera, un jour. La Rébellion avec. Que deviendra alors, après, notre nation, quand la morale, l’éthique et les valeurs auront « totalement foutu le camp », par notre laxisme, notre sentimentalisme, notre attentisme et notre trop grande tolérance ?

6- Il nous faut rendre à nouveau l’Etat fort, en le restaurant dans ses missions régaliennes et sa raison d’être, c’est-à-dire la protection et la satisfaction des besoins des populations, en restaurant la justice sociale et en restaurant le Droit, envers et contre tout. Sans calcul politique, le Président dut-il y laisser ses amitiés. Qu’à cela ne tienne, le peuple qui l’a élu lui apportera son appui, et le SEIGNEUR ETERNEL qui l’a hissé sur le piédestal où il est, sa caution. C’est cela l’essentiel, c’est cela le plus important !

7- Reformer la Justice ivoirienne. Elle a été déclarée le milieu le plus corrompu de Côte d’Ivoire par une étude du CIRES.
Vouloir restaurer le Droit sans reformer la Justice est une entreprise vouée à l’échec !

8- Promouvoir, en tout temps et contre vents et marées, en temps favorable ou non, l’éthique et les valeurs. C’est ce qui va donner des fondements solides à notre nation. Car la Côte d’Ivoire est très corrompue : En matière de bonne gouvernance et parlant de pays les moins corrompus, elle est classée 151ème sur 163 (selon Transparency International) et 164ème sur 177 (selon le Rapport annuel 2006 du PNUD sur le Développement Humain).

9- Exiger et promouvoir le mérite et la compétence à tous les niveaux, en tout et partout, sans faiblesse.

10- Infiltrer les réseaux de corruption (vente de diplômes, concours de la Fonction Publique, Trésor Public, Contrôle Financier, etc.), remonter les filières et sévir de façon implacable et sans miséricorde. Quand même se mettrait en mouvement l’armada des interventionnistes et autres médiateurs villageois, ethniques, régionalistes et claniques, qui ne manqueront pas de se mettre en branle, dans cette Afrique quelquefois solidaire dans le mal.

11- Les grèves intempestives trouvent souvent leur fondement dans l’enrichissement illicite qui a cours, aujourd’hui, dans le pays, de sorte que les moindres revendications servent de prétexte à la radicalisation.
Ce n’est pas tant le fait que ceux qui s’enrichissent illicitement dans ce pays soient riches ou prospères qui gêne, mais l’ostentation et l’étalage impudent qu’ils en font. Et ensuite l’égoïsme et la méchanceté dont ils font preuve.
Offusqués, les moins nantis se disent que s’il y a tant d’argent dans le pays, alors ils réclament ici et maintenant leur part. D’où la radicalisation des grèves et des luttes syndicales, en Côte d’Ivoire. Quoi de plus normal ?
La solution - plus que de vouloir à tout prix faire comprendre à l’honnête citoyen que le pays est en crise et a, de ce fait, d’énormes difficultés financières qui ne lui permettent pas de donner une suite favorable et immédiate à leurs revendications légitimes - est de ne laisser aucune malversation impunie et de montrer sa détermination au peuple, qui pourra alors accepter de consentir tous les sacrifices et se faire le chantre de la bonne gouvernance et de la droiture, partout et en tout.

12- Les fondements de la Fonction Publique et de la nation elle-même sont en train d’être gravement sapés parce qu’en Côte d’Ivoire, on recrute au rabais : Les nouveaux fonctionnaires sont d’un niveau, aujourd’hui, totalement déconcertant, lamentable.
Tout juste un exemple parmi mille : Des professeurs de lettres recrutés au niveau de la Licence (diplôme bien souvent acheté) et envoyés sur le terrain, sans être passés par l’ENS, qui n’ont aucune connaissance académique (impensable pour des licenciés !), et à plus forte raison pédagogique.
L’effet induit, c’est que ceux qui travaillent dur et se cultivent pour donner des cours consistants à leurs élèves, se découragent dans le travail (qui finalement repose sur eux) et finissent par se démobiliser.
L’Etat ne peut pas laisser un département aussi capital que l’éducation aller à vau-l’eau ! Nous ne devrions pas, au nom de l’urgence de recruter du personnel éducatif, accepter que des enseignants du Secondaire contournent l’ENS.
Le Chef de l’Etat doit faire corriger cette bévue. Les résultats et les conséquences sont totalement désastreux pour le pays. Il n’y a qu’à voir le niveau désespérant de nos élèves, aujourd’hui.

13- L’embauche au privé n’existe presque plus. La quasi-totalité des Ivoiriens qui, aujourd’hui, cherchent ou aspirent à trouver du travail, se tournent donc vers la Fonction Publique. Mais là, les nouveaux critères souterrains et obscurantistes en vigueur ferment la porte aux plus démunis et, bien souvent, aux plus méritants.
De sorte que si vous voulez être et rester honnêtes dans ce pays et ne compter que sur vos efforts et votre mérite, vous risquez de ne jamais avoir de travail dans le public.
Résultat : Même les plus intègres et les plus justes s’acoquinent avec la fraude. Pour les plus inflexibles, c’est quelquefois l’impossibilité assurée de travailler et le désespoir.
Effet induit : Le désamour pour le pays et pour le sommet de l’Etat.
La piste de solution que je propose, c’est comme je l’ai dit plus haut, d’infiltrer et de détruire ces réseaux, pour donner la même chance à tous et redonner espoir aux Ivoiriens (notamment les jeunes) et sauver, ainsi, la Fonction Publique ivoirienne.

14- Le Président de la République doit savoir que c’est l’ETERNEL, son DIEU, qui l’a investi sur ce pays et qu’au-delà des reformes politiques et économiques qu’il de