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jeudi, 28 janvier 2010

BOMOU ABOUBALAR APRES LA DEFAITE DES ELEPHANTS: LE FARROT

 
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Un billet intéressant que je vous propose, malgré le fait que je ne partage pas entièrement les avis de l'ami Bomou Aboubalar que je trouve un peu dur avec nos chers (même si nous sommes furieux après eux) Eléphants de Côte d'Ivoire. A part cela, le reste est la peinture objective de tout ce qui constitue le drame ivoirien. Bonne lecture!

 

Bonjour ! Je profite de la défaite des éléphants face à l’Algérie pour rebondir sur le problème majeur de mon pays : La déliquescence de la société ivoirienne.

Nous passerons des heures et des journées à jaser sur la contre-performance de notre équipe en 1/4 de finale de la coupe d’Afrique des nations 2010.  

Je pense pour ma part que ce n’est pas imputable à l’entraîneur sinon ce serait en ce moment du baby foot. Comme tous les ivoiriens, Drogba et les autres peuvent ils avoir le sens de l’honneur, la conscience professionnelle, c'est-à-dire faire d’abord ce pourquoi nous avons été appelés avant de faire la fête ?  Avant de faire le beau ?

 

La Cote d’Ivoire aujourd’hui ressemble à l’Hôtel Ivoire : Une belle architecture, un nom de prestige, mais à l’intérieur ; un plancher pourri, une ampoule sur trois fonctionne, une moquette d’une moisissure à vous donner une grippe H+ N+.

Sur tous les plans, la politique, l’éducation, la culture, la santé, les médias, la sécurité, les ménages, etc. On est en chute libre.

Avons-nous seulement conscience du pays sans couleur, sans odeur, et sans saveur que nous nous apprêtons à livrer à nos enfants ?

 

Nos enfants, justement parlons –en. Des parents qui mentent et apprennent à mentir à leurs enfants, des parents qui volent aux yeux de leurs enfants pour qu’ils  retiennent de nous que paraître est mieux que être. Un jeu sans fond.

La relation entre le professeur et l’élève, entre le détenteur du savoir et le néophyte. Tant pis si on n’a pas le niveau, c’est le diplôme qui est important ; quitte à l’acheter. Et on se retrouve avec des diplômés qui ne savent ni lire, ni écrire encore moins tenir une discussion. Que vaut vraiment un diplôme ivoirien d’aujourd’hui sur l’échiquier international et pour combien de temps ? Un jeu sans fond. 

Au nom de quel éthique, au nom de quel faim, mais diantre, au nom de quoi avons-nous laissé des voleurs bruiteurs venir se produire dans notre palais de la culture ? Pour des billets de banque à provenance douteuse jetés ça et là ?  

 

Aujourd’hui il devient de plus en plus difficile pour un ivoirien d’avoir une subvention pour monter son spectacle ou un festival. « C’est la situation du pays », on me dira. Mais c’est aussi et surtout par manque de confiance, par défaut de crédibilité : Quand nous recevons une subvention, nos premiers calculs, c’est d’abord les 4x4, le festival après. N’est-il pas possible de bien faire le travail et la java après, le farrot après ?  Mais avons du cœur, de l’honneur ? L’artiste ne se soucie plus de sa formation, de son bagage culturel. Alors avec un discours creux et vaseux il se produit et son jeu s’en ressent. Un jeu sans fond.

 

Comment se sent le médecin qui vole des  médicaments à ses patients au péril de leurs vies, revend ces médicaments et achète des cadeaux ou de la nourriture pour ses enfants avec cet argent ? Le douanier qui prend de l’argent en fermant les yeux sur la cargaison d’armes qui servira à attaquer son pays et à tuer ses frères, a-t-il du remords ? Que dit le policier à son épouse quand il lui remet l’argent du racket ? «  Pays de l’hospitalité », non, nous offrons à notre étranger une planche pourrie, et il tombe, et il se fracasse la jambe, et nous dansons. Un jeu sans fond.

 

Chers ivoiriens, Monsieur Drogba, Monsieur Touré et Yaya et les autres, je voudrais nous rappeler que la seule fois  pour l’instant  que nous avons ramené la coupe d’Afrique des nations chez nous, c’était avec un entraineur africain et une équipe qui avait 70 pour cent de joueurs locaux !

Faisons avec ce qu’on a, avec ceux qu’on a. Jouons ce que nous valons.

 

Si un peuple a le chef qu’il mérite,

Les artistes qu’il mérite,

La police qu’il mérite,

Les enseignants qu’il mérite,

Les docteurs qu’il mérite…

Alors il a les joueurs qu’il mérite.

 

La Cote d’Ivoire aujourd’hui n’est plus que le reflet de ce qu’elle a été.

Si ça a été, c’est que ça peut l’être encore.

C’est dans ce contexte que nous nous apprêtons à célébrer le cinquantenaire. De quoi ?

 

Merci de réagir et de partager.

 

Bomou Aboubalar