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mardi, 27 octobre 2015

LA CEI, COMME A SES HABITUDES, FALSIFIE ENCORE UNE FOIS LES CHIFFRES DE L'ELECTION PRESIDENTIELLE

 

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Au moment où tout le peuple ivoirien et le monde entier ont été témoins du désert électoral qui a, une fois de plus, frappé la troisième élection organisée sous Alassane Ouattara, le dimanche 25 octobre 2015, la CEI, sous la férule de l'inénarrable Youssouf Bakayoko, annonce un taux de participation "autour de 60%", qui pourrait, selon le Secrétaire général du RDR, Monsieur Joël Nguessan, sur France 24, atteindre les 70% ! ! ! C'est absolument impensable ! Un mensonge odieux, flagrant, honteux, accompagné par les mêmes acteurs de la crise ivoirienne de 2010: les Etats-Unis, la France, l'UA, la CEDEAO et les ONG qui émargent discrètement à la Présidence ouattarienne. Que DIEU ait pitié de la Côte d'Ivoire et lui rende sa liberté et sa souveraineté ! Ici, l'indignation du Parti Communiste Français. Bonne lecture !

 

Côte d'Ivoire : Une mascarade électorale qui s'ajoute à un bilan catastrophique

 

En 2011, Alassane Ouattara a été installé à la présidence ivoirienne par les chars français à l'issue d'une élection contestée. Ce coup de force a eu lieu alors qu'il était possible et souhaitable de recompter les bulletins de vote ou de reprendre le scrutin.

Depuis cette date, le pouvoir renoue avec les pires traditions de la dictature d'Houphouët-Boigny. Il emprisonne, prive de droits, assassine et torture des centaines d'opposants politiques, associatifs et syndicaux. Il interdit leurs manifestations et s’immisce dans les débats internes de leurs organisations en vue de les modeler en faire-valoir démocratiques. Ceux qui ne se résignent pas sont impitoyablement pourchassés. Des centaines de milliers d'ivoiriens ont emprunté les chemins de l'exil et du déplacement intérieur.

La justice des vainqueurs, en Côte d'Ivoire et au niveau international, laisse impunis ceux du camp Ouattara qui depuis 2002 ont commis d'innombrables crimes dont le massacre de Duékoué de 2011. Rien n'est fait pour enquêter sur les responsabilités des puissances, dont la France, et les multinationales dans la crise ivoirienne.

Le pouvoir applique une politique de « rattrapage ethnique » ainsi qu'une introduction de critères ethniques dans le recensement, il aggrave en cela un débat délétère pour la société ivoirienne.

La prédation économique au profit des multinationales et d'une petite clique corrompue et brutale capte une immense partie des richesses.

Alassane Outtara, en complicité avec d'autres gouvernements de la sous-région et de puissants réseaux françafricains, sert de foyer de déstabilisation au Burkina Faso, comme le pouvoir de Blaise Compaoré a servi de base arrière à la rébellion pro-Ouattara dans les années 2000.

Sans espoir de véritable réconciliation, l'opposition significative a décidé de boycotter ce scrutin présidentiel qui s'apparente à une mascarade.

C'est dans ce contexte, avec des institutions électorales complètement inféodées, que s'est déroulé un scrutin joué d'avance, dont le scénario a été validé à Paris. Il n'est alors pas étonnant que la participation ait été si faible, comme l'ont noté tous les observateurs sérieux, contrairement aux chiffres fantaisistes avancés par une Commission électorale aux ordres.

Au lieu d'applaudir à cette ultime forfaiture, qui pèsera lourdement sur l'avenir de la Côte d'Ivoire, le gouvernement de la France ferait mieux d'agir publiquement en faveur d'une libération des prisonniers politiques, du respect des droits et d'une perspective de réconciliation.


Le 26 octobre 2015

Le Parti Communiste Français.

Côte d’Ivoire : le casse-tête de la CEI – Comment passer de 20-22% à 60% de taux de participation (note éditoriale)

 

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Brève note éditoriale

Par Gbansé Douadé Alexis, Directeur de publication de Connectionivoirienne.net | 26 octobre 2015.

 

La commission électorale en Côte d’Ivoire osera-t-elle donner le vrai taux de participation de la présidentielle du 25 octobre 2015, communiqué par plusieurs ambassades à leurs pays respectifs depuis ce lundi matin ?

Selon toute vraisemblance NON, car le taux réel de participation qui tourne, selon ces notes diplomatiques qui nous ont été rapportées, autour de 20-22% pourrait officiellement passer à 60%, sinon au-delà. «On a été humilié, c’est nul, j’espère qu’ils communiqueront les vrais chiffres au patron afin qu’il comprenne à quoi mène l’arrogance. L’échec est total, c’était le désert électoral», nous a confié un confrère proche du pouvoir, contacté ce lundi (26 octobre 2015) d’après présidentielle, à Abidjan.

 

Source: ALEX GBANSE.COM

PRESIDENTIELLE 2015 - COTE D'IVOIRE: DES CAFOUILLAGES ET UNE PARTICIPATION FAIBLE

 

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LIBERATION.FR - Alors qu'Alassane Ouattara apparaît comme le favori, le scrutin de ce dimanche connaît des difficultés d'organisation et certains électeurs semblent avoir reçu de l'argent pour aller voter.

 

«Jamais on n’avait vu une élection aussi mal organisée en Côte d’Ivoire !» pestent les hommes assis sur les bancs du Café Emergence, une bicoque au toit en paille plantée au milieu d’un vaste terrain vague qui tient lieu de «place», à Abobo, l’un des quartiers populaires les plus densément peuplés d’Abidjan avec près de deux millions d’habitants. Ce dimanche, les Ivoiriens étaient invités à désigner leur président lors du premier scrutin organisé depuis la fin d’une longue période de conflit qui s’était achevée par une explosion de violences lors de la précédente présidentielle, fin 2010. En principe, cette fois, le scrutin de dimanche aurait dû se dérouler sans incidents, malgré les appels au boycott d’une partie de l’opposition, interdite de manifestation voire de médias depuis plusieurs semaines.

Mais à Abobo, un grand nombre de bureaux de vote n’avaient toujours pas ouvert leurs portes dimanche à midi. Comme celui abrité dans le grand lycée technique, juste en face du Café Emergence, où les hommes patientent quelque peu agacés par ces retards inexplicables. «On nous dit que certaines salles ne sont pas équipées de prise électrique pour les tablettes biométriques qui doivent enregistrer les électeurs. Ils n’auraient pas pu vérifier avant ?» s’indigne M. Koulibaly. Autour de lui, les langues claquent, signes d’une colère sourde qui n’ose encore s’exprimer totalement. «La vraie question est ailleurs», interrompt un autre homme la mine renfrognée. Comment se fait-il que dans ce lycée, construit il y a quinze ans, personne n’avait prévu de prises ?» interroge-t-il. «Tu ne sais pas ? s’amuse un autre, goguenard. Ils ont mangé l’argent !» Tous hochent encore la tête, lorsque Bakary s’exclame : «Mais c’est incompréhensible ! Le président pénalise son propre fief !»

«Seuls les idiots sont heureux»

Abobo est en effet traditionnellement une zone favorable au président sortant, Alassane Ouattara. Pendant la crise postélectorale de 2010-2011, ses habitants ont payé un lourd tribut en défendant Ouattara au péril de leurs vies, face aux partisans de son challenger, Laurent Gbagbo.

Ici, les appels au boycott des urnes, lancés par une partie de l’opposition, ne risquaient pas d’être entendus: tous les hommes présents sous le toit de paille du Café Emergence plébiscitent Ouattara. «Je l’aime, c’est un homme bien et qui bosse», confesse Bakary. Mais au fur et à mesure que l’attente s’éternise devant le bureau de vote fermé, les langues se délient : non, rien n’a changé ici depuis qu’il est au pouvoir. Au contraire, en faisant détruire manu militari des zones entières de bidonvilles, le régime a accentué la pression sur le quartier à cause de l’afflux soudain des victimes de ces «déguerpissements». «Désormais, il faut payer 30 000 francs CFA [près de 50 euros, ndlr] pour une simple chambre à peine plus grande qu’un placard», explique un chauffeur de bus au chômage. «Vous voyez la route qui passe devant le lycée technique ? signale Bakary en désignant une bande de goudron déjà abîmée. C’est la seule réalisation ici depuis son arrivée au pouvoir. Et il n’y est pour rien : elle a été financée par la coopération japonaise.»

Pour tous, néanmoins, c’est «l’entourage du Président» qui est responsable de cette indifférence au sort des plus pauvres, fussent-ils des sympathisants. «Tout va changer avec son second mandat», croit savoir un homme, qui comme tout le monde à Abidjan n’envisage même pas un second tour, pariant sur la victoire immédiate de Ouattara. «Ah bon ? Et pourquoi rien n’a été fait lors du premier mandat ?» se moque gentiment son voisin, fustigeant ces «dirigeants africains qui multiplient les promesses sans lendemain». «En Afrique, les gens intelligents souffrent parce qu’ils se posent des questions. Seuls les idiots sont heureux », conclut-il.

«Ouattara compte sur les siens»

Loin des palabres d’Abobo, à Yopougon, un autre grand quartier populaire, c’est le silence qui frappe. Les bureaux de vote sont déserts. Des assesseurs avachis sur des bancs d’école épluchent nonchalamment les listes d’électeurs avant de les diriger vers deux boîtes en carton, empilées l’une sur l’autre, qui tiennent lieu d’isoloirs. Ici, les consignes de boycott semblent avoir été bien suivies. A moins que ce ne soit cette maudite pluie qui transforme les cours d’école en lacs qui ait découragé les électeurs ? Reste que seul 55% des cartes d’électeurs ont été retirées cette semaine en Côte-d’Ivoire, malgré les nombreux appels au civisme de la commission électorale.

Et malgré le peu d’affluence, les problèmes n’ont pas épargné non plus les bureaux de Yopougon. «C’est la tablette qui déconne», explique sans détour l’assesseur d’un bureau de vote dans la zone de Sicogi 7. L’introduction des tablettes électroniques était censée assurer plus de transparence et de rapidité en enregistrant les électeurs par voie biométrique. Mais l’absence de prises électriques, ici aussi, et les bugs à répétition, ont provoqué des retards. Dans une école primaire aux murs délabrés de Sicogi 5, un tableau noir affiche la leçon du jour : «Leçon numéro 1 : être toujours ponctuel», alors que des assesseurs observent, intrigués, la fameuse tablette comme si elle allait redémarrer sous la pression de leurs regards intenses. Dehors, quelques femmes attendent patiemment de pouvoir voter, «depuis 7 heures du matin», souligne l’une d’elles, visiblement fatiguée à la mi-journée. «Ce sont des femmes dioulas, Ouattara compte sur les siens», grince Didier, un instituteur abstentionniste qui traîne devant le bureau de vote et qui se souvient encore des queues immenses qui s’étaient formées lors du précédent scrutin, en 2010.

«On a voté ! Maintenant il faut qu’ils nous donnent l’argent !»

Une partie des Ivoiriens n’a jamais reconnu la victoire de Ouattara, à la sortie de la dernière crise postélectorale. Et cinq ans après, le véritable résultat des urnes de cette époque, donnant pour les uns Ouattara vainqueur et pour les autres Gbagbo, ne fait toujours pas consensus en Côte-d’Ivoire. Chaque camp maintient sa version de l’histoire. De manière presque désabusée, certains estiment aussi que «les résultats seront facilement truqués». Dans un pays où règne la méfiance et où les rumeurs gangrènent depuis longtemps les esprits, ce genre de soupçon est certainement inévitable.

Reste cette étrange scène dimanche après-midi dans l’enceinte de l’ancien siège du Parti démocratique de Côte-d’Ivoire (PDCI), parti allié à celui de Ouattara au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la coalition présidentielle. Dans la cour du bâtiment au quartier du Plateau, une foule en colère assaille un groupe d’hommes visiblement débordés. Quelle est la raison de ces clameurs qui tranchent avec le silence qui règne dans les bureaux de vote voisins, totalement désertés ? Au début, les visages se détournant à la moindre question. Puis deux hommes aux vêtements usés finissent par lâcher avec l’approbation de la foule, tout en exhibant un doigt bleu d’encre : «On a voté ! Maintenant il faut qu’ils nous donnent l’argent qu’ils nous ont promis contre notre soutien !»

 

Maria Malagardis, envoyée spéciale en Côte d'Ivoire.

25 octobre 2015 à 16:13 (mis à jour à 18:13)

 

Source: LIBERATION