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vendredi, 30 septembre 2011

COMPOSITION DE LA CEI: LA PART DE VERITE DU FPI


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Tapé Kipré, l'un des représentants du Front populaire ivoirien (Fpi) à la Commission électorale indépendante (Cei), a donné hier mercredi 28 septembre 2011, les raisons qui ont motivé la suspension de la participation du parti aux travaux de l'institution chargée de l'organisation des élections en Côte d'Ivoire. Au siège du Congrès national pour la renaissance de la démocratie (Cnrd), sis à Cocody.


Le mercredi 21 septembre 2011, le FPI a rendu public sa décision de suspendre sa participation aux travaux de la commission centrale, ainsi que de toutes les structures locales de la Commission Electorale Indépendante (C.E.I).

Mon propos liminaire, sera structuré en 3 parties :

1- la photographie actuelle de la C.E.I

2- un bref rappel historique

3- une analyse et quelques commentaires

I - De la photographie actuelle de la CEI

La C.E.I aujourd'hui, comment se présente-t-elle?

La C.E.I : ce sont une commission centrale et des commissions locales. Nous rappelons que la C.E.I est chargée de conduire et de gérer l'ensemble du processus électoral. A ce titre, elle valide la liste électorale, organise le scrutin et proclame les résultats provisoires.

La CEI est donc l'arbitre de la compétition électorale dans notre pays. Elle est composée de représentants d'acteurs en compétition et un certain nombre d'autres acteurs de l'administration intéressés par la compétition.

Depuis la prise du pouvoir par le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), acteur majeur de la compétition électorale en Côte d'Ivoire, voici la nouvelle configuration de la C.E.I.

Au niveau du bureau

Le bureau est composé de 12 membres dont un président et 4 vice-présidents. Désormais,en côte d'Ivoire, le président de la CEI et les 4vice-présidents sont tous du R.H.D.P., c'est-à-dire 100% des postes occupés par un seul protagoniste.

Au niveau de la commission centrale

Sur les 31 membres que compte la commission centrale de la CEI, le R.H.D.P se taille la part du lion avec 26 membres. L'opposition toutes tendances confondues, doit se contenter seulement de 5 représentants, soit 84%pour un protagoniste et 16% pour l'autre.

Comme nous le constatons tous, la Cote d'Ivoire s'apprête à organiser des élections législatives avec une C.E.I monocolore, tant au niveau du bureau que de la commission centrale.

Alors question ! Sur quelle base, et à partir de quels accords a-t-on mis sur pied une telle

C.E.I. ?Sur quelle règle arithmétique et sur quelle éthique a-t-on osé mettre en place un tel arbitre de la compétition électorale dans notre pays ?

C'est pourquoi, Mesdames et Messieurs les journalistes, je voudrais vous faire un bref historique de la C.E.I qui a été conçue dans l'esprit et la lettre pour être l'arbitre impartial et juste des compétitions électorales en Côte d'Ivoire.

II - Du bref historique de la C.E.I

L'idée de la création d'une commission électorale en charge des élections remonte à la lutte du FPI dans les années 1990, dès la réinstauration du multipartisme en Cote d'Ivoire.

Ceci, parce que, dans le parti unique et jusqu'en 1999, le Gouvernement par l'intermédiaire du Ministère de l'Intérieur, organisait les élections, sans le regard l'opposition.

C'est à la faveur de l'élaboration de la Constitution de la 2ème République en 2000,que cette idée a été admise. Elle est donc inscrite à l'article 32 aliéna 4 de la Constitution. Cependant, c'est la loi numéro 2001-634 du 9 octobre 2001 qui lui a finalement donné corps.

A. composition de la CEI avant les accords de paix (Marcoussis et Pretoria).

A sa création, la CEI est composée de 25membres repartis de la façon suivante :

- deux représentants de chaque parti politique ayant au moins un élu (soit 7 partis: FPI, PDCI, RDR, MFA, UDCY, UDPCI, PIT).

-Un représentant du Président de la République

-Un représentant du Président de l'Assemblée Nationale

-Un représentant du Conseil Economique et Social

- Deux représentants du Conseil Supérieur de la Magistrature

- Deux représentants du Barreau des Avocats

-Un représentant di ministère de l'Economie et des Finances

-Un représentant du Ministre de la défense

-Un représentant du Ministre de la sécurité

-Un représentant du Ministre de l'Administration du Territoire.

Les membres ainsi désignés délibèrent, votent et prennent une part active aux discussions.

B. La CEI et les accords de paix

Au lendemain de la rébellion armée de septembre2002, la CEI, dans sa composition initiale, tout comme dans son fonctionnement, va subir une profonde modification proposée par les Accords de Marcoussis, mais surtout ceux de Pretoria.

1. Modification structurelle

De vingt cinq membres (25) au départ, l'on est passé à trente et un (31).Les mouvements rebelles MPCI, MPIGO, et MJP obtiennent le droit de siéger à la commission centrale, à raison de deux (2) membres par mouvement(2x3 = 6 +25 =31).

2. Introduction de notions de voix délibératives et voix consultatives

L'accord de Pretoria introduit une classification entre les membres de la commission.

-les neuf (9) membres issus des Ministères Techniques et des Institutions (Conseil Economique et Social ; Conseil Supérieur de la Magistrature), n'ont plus que des voix consultatives.

-Les vingt deux (22) autres membres relevant des partis politiques et mouvements rebelles ont des voix délibératives.

Cette distinction instaure, non seulement la primauté des partis politiques et des mouvements de la rébellion armée, mais aussi, biaise la Commission Electorale dite Indépendante, car le RHDP, un des protagonistes et ses alliées rebelles ont désormais une majorité mécanique :

(4 RHDP x2 =8) + (3 Forces Nouvelles x2 = 6 +2 PIT) = 16/22 soit 73%, (2 FPI+2 UDCY+1 Représentant Président de la République +1 Représentant Assemblée Nationale) = 6/22 soit 27%, alors que ce protagoniste était au pouvoir.

Mesdames et Messieurs les journalistes, ce déséquilibre structurel s'est répercuté sur la composition des commissions locales de la CEI.

III- Notre analyse et nos commentaires

Comme on le voit, la C.E.I constitue un enjeu majeur en ce qu'elle peut et doit garantir la paix sociale si nous sommes tous d'avis que la crise postélectorale tire sa source dans les résultats controversés de l'élection présidentielle organisée par cette CEI. Il serait donc plus responsable d'accorder, sans a priori et préjugés, une attention particulière à cette structure.

Garantir la transparence et l'équité pour les élections législatives à venir devrait être la préoccupation de tout responsable politique.

La CEI doit inspirer confiance à tous les protagonistes, c'est pourquoi nous devrions rester dans l'esprit des accords signés, qui demandent une CEI équilibrée.

La CEI doit demeurer l'arbitre impartial de la compétition électorale. Ce qu'elle n'est pas dans l'état actuel des choses. Le FPI, qui est fils des élections, ne peut qu'adopter la posture qu'il a en ce moment,c'est à dire suspendre sa participation aux travaux de la CEI sur toute l'étendue du territoire national, posture qui relève de la simple question d'éthique démocratique et de bon sens.

Le contraire serait suicidaire et irresponsable pour le FPI, le Parti que nous représentons à la CEI, et dont le candidat a enregistré 38%au 1er de l'élection présidentielle, chiffre accepté par tous (ONUCI, Facilitateur, tous les protagonistes) ; ce qui fait du FPI le 1erparti politique de Côte d'Ivoire.


*Représentant du FPI à la CEI


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » du jeudi 29 septembre 2011.

DIALOGUE AVEC ALASSANE OUATTARA - KONE KATINAN: «VOICI LES INSTRUCTIONS DE GBAGBO»



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Le porte-parole du fondateur du FPI évoque, dans cet entretien, l'initiative tardive de dialogue d'Alassane Ouattara, la centralité du rôle de Gbagbo dans la réconciliation, ainsi que l'offensive judiciaire tous azimuts déployée en ce moment.


L'actualité de ces derniers jours est marquée par la manifestation de la volonté d'Alassane Ouattara d'engager des discussions avec le FPI autour des élections législatives. Que pensez-vous de ce revirement ?

Je pense que les personnes les mieux indiquées pour répondre à cette question, ce sont les membres de la direction du FPI. Mais entant que cadre, j'observe que ce revirement s'est fait à la suite d'un voyage que M.Ouattara a entrepris en Occident. Et comme la Côte d'Ivoire est dirigée depuis la France et l'Europe, on peut en conclure que ce sont des instructions qu'il a reçues. Je constate que cela fait plus de trois ou quatre mois que la direction du FPI a déposée - sans suite - une requête auprès de M. Ouattara. Je suppose que tout simplement ceux qui dirigent vraiment la Côte d'Ivoire lui demandent de le faire. Et qu'il s'est exécuté.

Dans le fond, comment le FPI doit-il aborder cette question du dialogue avec Ouattara ?Quel est le regard du porte-parole et représentant du président Gbagbo ?

Comme je l'ai expliqué, ce sont des souhaits, des directives que je peux donner. Le FPI est un parti politique qui a des organes compétents qui décident. Les instructions du président Gbagbo sont en tout cas claires sur la question. Il y a un premier contentieux électoral- il concerne le scrutin présidentiel -qui n'a jamais été vidé. (...) Ce contentieux est pendant. (...) Il faut que cette question-là soit posée et réellement discutée. On n'a pas fini ce contentieux électoral et on nous invite à aller à de nouvelles élections. Et dans les mêmes conditions ! Hier, l'armée (...) qui occupait le Nord du pays n'avait pas désarmé. Aujourd'hui, elle occupe tout le pays. J'ai du mal à voir comment dans ce contexte on peut aller à des élections sans que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Selon vous, la clé d'une discussion sérieuse, c'est un dialogue entre Gbagbo et Ouattara...

M. Ouattara (...) a besoin de la légitimité du FPI pour gouverner. Et il veut que le FPI lui donne cette légitimité en faisant fi du candidat qu'il a présenté (...) Et qui se trouve être en prison. On se bat pour l'écarter par tous les moyens du débat politique en instrumentalisant le parti qu'il a créé contre lui-même. Evidemment, c'est peine perdue. Entre Gbagbo et le FPI, il y a une telle synergie qu'on ne voit pas comment Ouattara pourrait bien procéder. Pour nous, la question préalable à toute négociation, c'est la libération du président Gbagbo et l'ouverture d'un débat politique franc autour de la question : qui a gagné les élections en Côte d'Ivoire ? On ne peut pas faire l'économie de ce débat entre Ouattara et le président Gbagbo.

Le président Gbagbo a justement lancé un certain nombre d'offensives judiciaires et politiques. Plainte contre l'armée française pour «tentative d'assassinat», demande d'une Commission d'enquête onusienne, plainte contre la candidate à la candidature socialiste Martine Aubry. Quelle est la logique qui en découle ?

Les choses sont simples. Les armes n'ont jamais conféré la légitimité, la clameur publique de la communauté internationale non plus. Quand les clameurs se sont tues, la vérité est têtue, il faut bien qu'elle sorte. L'armée française, manipulée par Nicolas Sarkozy, s'est invitée dans un conflit qui n'était pas le sien. Pendant dix jours, elle alargué des bombes et des missiles sur la Résidence officielle du chef de l'Etat où se trouvait sa famille y compris un enfant de deux ans. En français, cela s'appelle au moins une tentative d'assassinat. Par ailleurs, il y a eu des assassinats. Dans les alentours de la Résidence, il y a eu des personnes qui sont mortes suite au lancer de bombes et de missiles par l'armée française. Nous présenterons les preuves au tribunal. Puisque nous avons l'intention de déposer une autre plainte contre Nicolas Sarkozy pour crimes de guerre. En ce qui concerne Abobo, les gens sont partis d'un fait. Des femmes auraient été tuées à Abobo, dans un endroit contrôlé au moment des faits par deux factions rivales de la rébellion, celles d'IB et de Soro. L'armée ivoirienne était dans une position de retrait. L'armée ivoirienne ne pouvait se trouver sur le théâtre d'opérations. L'ONU a établi qu'il y a eu tueries mais n'a pas pu déterminer qui a tué. Sur la base de la clameur qui accusait le président Gbagbo, l'ONU a donné mandat à l'ONUCI et à la Force Licorne de détruire les armes lourdes dirigées contre les civils. C'est pour cela qu'il est important de savoir qui a tué ces femmes d'Abobo. Il faut situer les responsabilités! Parce que c'est cette tuerie qui a ouvert la voie à la résolution 1975. Parce que c'est au nom de cette résolution, faussement interprétée d'ailleurs, que l'armée française est intervenue. Et a tué de nouveau des Ivoiriens en 2011, après en avoir tué en 2004.Cela ne peut rester sans suites ! Pour ce qui est de Martine Aubry, il nous semble que certaines personnes éprouvent du plaisir à parler du président Gbagbo en termes désobligeants et calomnieux. Les avocats du président Gbagbo considèrent que ces propos ne peuvent pas passer inaperçus. Et ont porté plainte contre elle. Tout cela exprime quelque chose : nous exigeons le respect pour le président Gbagbo. Même s'il est prison.


Par Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » du jeudi 29 septembre 2011.