topblog Ivoire blogs

lundi, 23 avril 2012

QUAND IL PLEUT A PARIS, ABIDJAN EST MOUILLE - SARKO MENACE, OUATTARA TREMBLE

 

SARKADO.jpg

Ce n’est pas encore la grosse peur, mais un vent de panique souffle sur le clan Ouattara et ses divers alliés. Le premier tour de la présidentielle française vient de livrer ses résultats, et il paraît évident que Nicolas Sarkozy est en ballottage défavorable dans la perspective de la «lutte finale». La gauche est à son plus haut niveau depuis longtemps, et selon les sondages le président sortant bénéficiera d’un report de voix globalement assez médiocre de la part des électeurs du Front national (extrême-droite) et du MODEM (centre). La perspective la plus probable est donc la défaite électorale de Nicolas Sarkozy, même si les jeux ne sont pas faits. 

Ces dernières semaines, les observateurs de la vie politique ivoirienne ont tous pris acte de la nervosité qui s’est emparée des dignitaires du Rassemblement des républicains (RDR) et du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Ne se sentant pas satisfaits de l’étrange accord de partenariat signé avec l’UMP, ils ont demandé solennellement à leurs sympathisants ayant la nationalité française de voter pour Nicolas Sarkozy. Un Sarkozy qui devait se demander pourquoi il n’y avait pas de réaction en France à l’activisme des Africain-Français hostiles à sa double épopée ivoirienne et libyenne. Certes, le RDR et l’UMP sont des formations politiques de droite, avec tout ce que cela comporte. Mais l’on ne sent pas la même fièvre dans les autres pays du «pré carré» dirigés par des alliés objectifs de l’UMP. De quoi a donc peur le régime Ouattara ?
 
Un système de gouvernance autoritaire qui repose sur des complaisances parisiennes

Une chose est à noter : si Nicolas Sarkozy perd le pouvoir, ce sera la première fois, depuis l’éclatement de la crise ivoirienne, que les alliés traditionnels du PDCI et du RDR quitteront les lambris dorés de l’Elysée et des cabinets ministériels pour s’installer sur les sièges réservés à l’opposition parlementaire. Ce sera donc un grand saut dans le vide. Déjà, avant la crise, les liens entre la nomenklatura ivoirienne et la droite française étaient patents. Malgré une prévenance de tous les instants des socialistes, Félix Houphouët¬-Boigny soupçonnait François Mitterrand d’instrumentaliser son opposition pour l’affaiblir. Quand Jacques Chirac a été élu en 1995 en battant Lionel Jospin, les journaux progouvernementaux d’alors ont exulté. Pendant longtemps, l’affrontement entre bédiéistes et ouattaristes se déroulait selon la grille chiraquiens contre balladuriens. C’est pour cette raison que l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir sera un sujet de grande joie pour Ouattara, heureux d’avoir «noyé» les réseaux parisiens de Bédié, et de faire savoir à Gbagbo qu’il était le seul opposant d’Afrique subsaharienne à avoir été reçu à plusieurs reprises à l’Elysée dans un contexte de guerre froide franco-ivoirienne où Gbagbo n’avait «droit» qu’à des échanges non formalisés avec des seconds couteaux ou à une photo à la volée à New York, à l’occasion d’une Assemblée générale des Nations Unies. Dans une logique similaire, la victoire électorale de Jacques Chirac en mai 2002 devait sonner l’heure de la reconquête dans l’arrière-cour ivoirienne, où la «normalisation» et la «prise de distance» voulues par le gouvernement de Lionel Jospin avaient permis aux rapports de force internes de s’accomplir à travers l’élection de Laurent Gbagbo en octobre 2000. Le coup d’Etat du 19 septembre 2002, s’il avait abouti à la capitulation d’un Laurent Gbagbo acceptant un exil doré en France, aurait parachevé la «reprise en main» des lobbies droitiers français pour qui la Côte d’Ivoire doit être la continuité géostratégique de la France…
 
C’est bel et bien Nicolas Sarkozy qui a instrumentalisé l’ONU, l’Union européenne et l’Union africaine pour faire prévaloir le récit médiatique douteux accréditant la victoire électorale d’Alassane Ouattara. Il a même appelé à onze reprises en une seule journée un chef d’Etat ouest-africain pour le rallier à la guerre de Ouattara. Contre un grand nombre d’officiers supérieurs de son pays, il a engagé l’armée française dans la bataille d’Abidjan, ordonné l’omerta sur les crimes commis par les supplétifs FRCI qui avançaient grâce aux missiles de la force Licorne, fermé les yeux sur l’assassinat du Français Philippe Rémond à Yamoussoukro et sur le martyre de son compatriote Michel Gbagbo, vidé les fonds de caisse de l’Agence française de développement (AFD) pour payer les salaires du régime Ouattara, intrigué pour envoyer Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale, applaudi la justice des vainqueurs et les dérives tribales du régime ivoirien…
 
Un départ de Sarkozy viendrait au pire moment pour Ouattara…

Nicolas Sarkozy est allé tellement loin avec Alassane Ouattara que ce dernier sait pertinemment  qu’un changement de pouvoir à l’Elysée baissera forcément le niveau des complicités crapuleuses dont il bénéficie à Paris. Il a pourtant construit tout son système autoritaire de gouvernance sur le «droit d’humilier» dont il dispose et sur la muraille d’impunité qui est bâtie autour de lui par la France et au-delà de la France – à l’ONU, dans les institutions de Bretton Woods. Alassane Ouattara est allé tellement loin dans les démonstrations d’amitié avec Sarkozy qu’il pourrait à juste titre craindre un «retour de bâton» des futurs maîtres de la France, qu’il a toujours cajolés grâce à ses relations au Parti socialiste. Des relations – son avocat Jean-Pierre Mignard par exemple – désormais en porte-à-faux avec leur famille politique, «grâce» à la stratégie caricaturale du «tout-Sarkozy» adoptée par l’homme fort d’Abidjan. S’il est élu, François Hollande devra normaliser la relation franco-ivoirienne, désormais regardée même en France comme un signe du renouveau de la Françafrique. Et cette normalisation, Alassane Ouattara, qui supplie la France de maintenir ses bases militaires et de truffer son Palais de coopérants de tous genres, n’en veut absolument pas. Comment gouverner sans béquille ? Là est la question.

Un éventuel départ de l’Elysée de Nicolas Sarkozy interviendrait au pire moment pour Ouattara. Après un an de «grâce internationale» et plus de dix ans d’accompagnement médiatique complaisant, la «bulle explicative internationale», notamment représentée par les différentes ONG financées par les Etats et les grandes entreprises occidentales et qui «notent» la gouvernance des pays africains, commence à se montrer plus exigeante. Tandis que les analystes de la presse parisienne considèrent désormais qu’une dérive autoritaire guette le régime d’Abidjan.

C’est pour anticiper les nouvelles exigences de l’étranger qu’Alassane Ouattara, qui répugne à négocier avec les corps intermédiaires comme les syndicats ou avec son opposition, communique sur le thème d’une main tendue à son opposition qui n’a aucune consistance puisque la logique des inculpations à caractère politique et de la «justice des vainqueurs» se poursuit, voire se renforce avec les dérives de la Direction de la surveillance du territoire (DST). D’une certaine manière, cet ersatz de dialogue inter-ivoirien pourrait même viser à donner de la consistance à Nicolas Sarkozy qui veut visiblement «capitaliser» sur sa prétendue «crédibilité internationale», se fondant notamment sur ses sanglantes épopées libyenne et ivoirienne, «vendues» comme des «victoires de la démocratie» là où elles ont semé la mort et la désolation. Des informations sur un processus de «réconciliation» en Côte d’Ivoire avant le second tour seraient une aubaine pour lui. C’est pour cette raison que l’opposition ivoirienne ferait une belle passe à l’adversaire en se soumettait à l’agenda et au «storytelling» de Ouattarakozy.
 
 
Théophile Kouamouo


dimanche, 22 avril 2012

LE MINISTRE CHARLES RODEL DOSSO: «IL FAIT NUIT ACTUELLEMENT SUR LA COTE D'IVOIRE»

DOSSO CHARLES RODEL.gif

Une interview du Ministre Charles Rodel Dosso, depuis son exil.


1- Que devenez-vous depuis votre exil ?

Acceptez que je dise simplement que tout va bien. Il a plu à Dieu que je sois là où je devrais être en ce moment pour améliorer ma connaissance de la vie et des hommes. L’humiliation, le mépris, l’arrogance à nous imposés par le "pouvoir" Ouattara nous créent certes d’énormes difficultés mais qu’il convient  de mettre rapidement sur le compte de la formation. Mieux, c’est un moment de pénitence qui nous rapproche davantage de Dieu en vue de nous préparer à rentrer dans la nouvelle Jérusalem, la terre promise, la Côte d’Ivoire nouvelle. Dans notre justice, nous sommes frappés, bafoués, humiliés. La souffrance succède à la souffrance. Le méchant semble réussir dans ses voies. Cependant, mon cœur demeure dans la joie. Dieu ne dit-il pas que le malheur frappe souvent le juste mais qu’Il l’en délivre toujours ? Mieux, ne dit-il pas encore : "Ne t’irrite pas contre les méchants, n’envie pas ceux qui font le mal. Car, ils sont fauchés aussi vite que l’herbe et ils flétrissent comme le gazon vert"? Pendant que le désespoir humain devient grand et la souffrance de plus en plus atroce, c’est que la main divine n’est plus loin. Nous nous rapprochons inexorablement vers le terme de la crise ivoirienne. A ce terme, le juste sera justifié et le mal rendu à celui qui l’a semé. Nous sommes donc zen en gardant les yeux rivés vers la nouvelle Côte d’Ivoire qui pointe déjà à l’horizon. Certainement comme toute naissance, elle sera pénible voire horrible mais la joie sera au bout. Les pleurs de douleur du juste seront transformés en pleurs de bonheur. En ce moment, il n’aura plus d’exilés et le peuple ivoirien sera libre, en harmonie avec lui-même. Le Premier citoyen aura du respect pour le dernier, le nord aura de l’amour pour le sud et l’Est pour l’Ouest et vice-versa. 

2- Parlons du 11 avril 2011, où étiez vous ce jour là? Comment avez-vous vécu la chute de Laurent Gbagbo?

J’étais à mon poste. Après, l’arrestation du Président Laurent Gbagbo par les forces françaises, je me suis mis à l’abri dans une église dans la banlieue abidjanaise. Au premier instant, j’étais choqué, scandalisé de savoir que des ivoiriens puissent se liguer avec l’extérieur pour désacraliser l’Etat de Côte d’Ivoire, tuer des milliers d’ivoiriens pour avoir droit à un fauteuil présidentiel par procuration.  Car, ce n’est un secret pour personne, la Côte d’Ivoire est gérée aujourd’hui depuis l’Élysée.

J’ai eu mal de savoir que l’élection qui devrait ramener la paix après 9 ans de crise armée se termine par une autre guerre à l’initiative des mêmes personnes qui ont déclenché celle de 2002. C’est-à-dire M. Ouattara et ses compagnons, tous des sbires de la France. Une guerre post-électorale dont on aurait pu faire l’économie en recomptant simplement les voix, à l’image des grandes démocraties, comme souhaité par le Président Laurent Gbagbo. 

Mais, quand j’ai vu Laurent Gbagbo sorti vivant des décombres de sa résidence totalement détruite par les bombes françaises, je me suis rappelé la Parole de Dieu à Satan, parlant de Job : "Voici, je te le livre ; seulement, épargne sa vie". Quant on sait que JOB fut victorieux après l’épreuve, je compris dès lors que nous venions de perdre un combat mais que la bataille était encore très ouverte. Mieux, qu’à son terme, nous gagnerons car les ténèbres n’auront jamais raison de la lumière.        

3- Personnellement, comment êtes-vous sorti du pays? Avez-vous été exfiltrés par les Frci?

Si exfiltration y a eu, je crois qu’elle fut menée par la main de Dieu et non par les hommes habités par la rage de croquer toutes personnes ayant servi l’Etat auprès du Président Laurent Gbagbo.  Ma sortie du pays fut véritablement une grâce de Dieu.  L’homme de Dieu chez qui j’avais trouvé refuge est venu à moi, le soir du 15 Avril, et  m’a dit que Dieu lui demandait de m’envoyer hors du pays, le lendemain. Le 16 Avril 2011, à  bord de son véhicule, nous avons quitté l’endroit de refuge  pour la première ville ghanéenne, par la voie principale, sans être arrêté une seule fois. C’est le lieu de bénir l’Eternel et lui  rendre toute la gloire pour son serviteur. 

4- Souhaitez-vous rentrer au pays? Si oui, à quelles conditions?

Je souhaite rentrer au pays. Il est toujours difficile de vivre éloigné des siens. Toutefois, j’attends le temps de Dieu, le temps de la restauration, le temps de la délivrance. Ce temps ne semble plus loin. Moi, mortel, je n’ai donc aucune condition pour rentrer au pays. Seulement, l’Eternel nous rappelle ceci en 2 corinthiens 6-14 :"Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres?".

Comme des macrophages, M. Ouattara, sa suite et leurs soutiens extérieurs ont mis à mort la nation ivoirienne et jouissent avec une joie funeste de sa dépouille. Je veux ne pas souiller ma main en prenant part à un tel festin. Je préfère travailler à la résurrection de la mère patrie. Une résurrection du reste irrévocable.

Il fait nuit actuellement sur la Côte d’Ivoire, bientôt, il fera jour. Il appartiendra à chacun de courir vers sa nation libre, digne et fière.


5- Un an après, quel regard jetez-vous sur l'avenir du Fpi mais aussi sur les actions du président Alassane Ouattara?                                                                                                                                    

J’aurais voulu ne pas dire un seul mot sur la gestion des affaires de l’Etat et des hommes par M. Ouattara. J’ai répondu invariablement que je n’attends rien de bon de lui encore moins un assouplissement de la souffrance qu’il impose au Président Laurent Gbagbo et ses collaborateurs. Le faire, serait refuser que l’histoire de la Côte d’Ivoire soit scellée par le sceau divin. De Ouattara, la Bible dit ceci, en Daniel 8 à partir du verset 23 : "…il s’élèvera un roi impudent et artificieux. Sa puissance s’accroîtra, mais non par sa propre force, il fera d’incroyables ravages, il réussira dans ses entreprises, il détruira les puissants et le peuples des saints. A cause de sa prospérité et du succès de ses ruses, il aura de l’arrogance dans le cœur, il fera périr beaucoup d’hommes qui vivaient paisiblement et il s’élèvera contre le chef des chefs, il sera brisé sans l’effort d’aucune main ". 

 Ainsi, que M. Ouattara veuille humilier son "opposition", qu’il mette des feux d’artifices à coût de plusieurs centaines de millions au Plateau, se paye un avion à des milliards pour ses balades pendant que les universités sont fermées et que l’ivoirien n’a pas le minimum vital, que les FRCI martyrisent la population et terrorisent les hommes de Dieu, que Soro exige de lui et obtient la Présidence de l'Assemblée nationale avant de partir de la Primature pour la guerre menée pour lui, que la France obtienne tous les marchés pour le bombardement de la résidence de Gbagbo et sa présence militaire dissuasive au coté de Ouattara, qu’il soit président de la CEDEAO par un forcing de la France… n’est que l’accomplissement de la Parole de Dieu. Elle ne revient jamais à l’Eternel sans avoir été accomplie. Elle s’accomplira totalement dans sa vie et la vie de la nation ivoirienne. Que ceux qui veulent pour l’heure éprouver la Parole l’éprouvent. Mais le temps vient où ils rendront témoignage de la puissance de Dieu.

Concernant le FPI, je voudrais féliciter la direction et les militants restés au pays. Car, grâce à leur effort, progressivement mais sûrement, nous sortons la tête de l’eau. La lutte n’est certes pas facile dans les conditions délétères imposées par "le pouvoir" mais nous n’avons pas le choix. Faire front ou mourir. Le choix de la lutte a été vite fait par la direction. J’ai foi que dans la fournaise de l’adversité, le FPI a des arguments pour vaincre. Le Front Populaire Ivoirien est un parti de combat. Dieu qui, dans sa fidélité, ne permet pas que l’on soit éprouvé au-delà de ses forces, nous donnera les ressources nécessaires pour tenir bon face à cette animosité politique à nous imposée par le RDR et ses alliés. Je ne doute pas un seul instant du triomphe du FPI.


Charles Rodel Dosso


Secrétaire d'Etat chargé des victimes de guerre

dans le Gouvernement Aké Ngbo

jeudi, 29 mars 2012

AU MALI, LA FRANCE VEUT EXPERIMENTER LE SEMI COUP D'ETAT


SARKOZY ET ATT 4.jpg

La France ne recule devant rien pour garder la mainmise sur ses ex-colonies en Afrique où l'instabilité chronique est savamment planifiée en réalité dans les bureaux de l'Elysée et du Quai d'Orsay. Ainsi après l'étape de la Côte d'Ivoire où il a réussi à chasser le président Gbagbo du pouvoir à coups de bombes et de canons, voilà Nicolas Sarkozy qui expérimente au Mali où le président Amadou Toumani Touré (ATT), a été évincé la semaine par l'armée, une théorie nouvelle : le semi-coup d'Etat.

Si Paris condamne officiellement le coup de force, clamant par la voix de son ambassadeur au Mali que «le retour à l'ordre constitutionnel était un impératif absolu, et qu'il fallait s'en tenir au calendrier électoral constitutionnel, avec la date limite du 8 juin», la sortie du ministre français délégué à la Coopération, Henri de Raincourt, montre que Paris ne voit pas d'un bon oeil un éventuel retour d'ATT au pouvoir pour la suite de son mandat.  Invité de l'émission Internationales (RFI, TV5 Monde, Le Monde), le collaborateur de Nicolas Sarkozy a déclaré qu' «il n'y a aucun problème pour organiser des élections» et que «la Constitution malienne prévoit qu'en cas d'empêchement du président le président de l'Assemblée nationale assure l'intérim et permette un scrutin présidentiel».


Henri de Raincourt: Le maintien des élections au... par internationales

Ce schéma sorti des tiroirs de Sarkozy, assez discret sur la question en raison des élections en France, l'Elysée prépare déjà son esprit à son application. Tout le long de son intervention, le ministre français a vainement tenté de faire croire que Paris n'avait rien à avoir avec le coup d'Etat et que les divergences avec ATT au sujet de la lutte contre Al Qeada au Maghreb n'étaient que des malentendus sans réelle incidence sur les relations entre les deux pays.

Mais cette sortie vise à préparer les esprits à la mise à l'écart du président Amadou Toumani Touré, qui pourrait être maintenu en otage par la junte militaire et remplacé à la tête du pays par le président de l'Assemblée nationale. C'est le deal que prépare Paris qui veut coûte que coûte installer dans cet autre pays d'Afrique un homme à sa solde. Comme c'est le cas à Abidjan et ailleurs dans la sphère francophone sur le continent.


Emmanuel Akani


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 15 novembre 2011

ENTRETIEN - GUY LABERTIT, AMI FRANÇAIS DE LAURENT GBAGBO: «ON FAIT CROIRE QUE TOUT VA BIEN EN COTE D'IVOIRE»

 

GUY LABERTIT.jpg

Dans la foule des manifestants pour la libération de Laurent Gbagbo du samedi 12 novembre dernier à Paris, nous avons aperçu son ami de trente ans, Guy Labertit, à la place de la Bastille à Paris. L’homme a accepté de nous parler brièvement de la situation sociopolitique ivoirienne…

 

D’après vous, qu’est-ce que ces marches ici en France peuvent apporter dans la démarche pour la libération de Laurent Gbagbo?

C’est tout simplement une manifestation de la diaspora qui a son sens pour la libération du président Laurent Gbagbo et des 45 autres personnalités qui restent emprisonnées. C’est un moment de la lutte, il y a eu 20 libérés, c’est un premier pas. Mais si la Côte d’Ivoire veut se réconcilier avec elle-même et renouer avec une vie politique normalisée et une démocratie normale, il faut des élections crédibles auxquelles tout le monde pourra prendre part. Il faudra donc que tout le monde soit libéré et que les comptes bancaires soient débloqués. Et à partir de là, les gens pourront discuter.

Pensez-vous que ce type de manifestations ici en France peut peser dans les décisions des décideurs?

C’est l’expression d’une partie de la diaspora ivoirienne dans un pays d’Europe, en l’occurrence la France. C’est une contribution à cette volonté que la Côte d’Ivoire se réconcilie. Et elle ne peut se réconcilier avec elle-même que si ce pays sort d’une logique de justice des vainqueurs. Et quand tout le monde sera libre, les Ivoiriens, tous autour d’une même table, pourront discuter…

Certains Ivoiriens au nombre desquels Mamadou Koulibaly disent que Laurent Gbagbo n’est pas le prisonnier du président Ouattara, mais plutôt celui de Nicolas Sarkozy et de la communauté internationale. Quel commentaire faites-vous de cette affirmation?

Je ne commenterai pas les propos de M. Mamadou Koulibaly. Je laisse le soin aux Ivoiriens de le faire. Tout ce que je sais, c’est que les Ivoiriens ont besoin de réconciliation et de paix.

Mais cette affirmation suppose que la libération de Laurent Gbagbo dépend du chef d’État français et de la communauté internationale?

En tout cas, je crois savoir qu’un ministre français s’est rendu récemment à La Haye auprès de la Cour de justice. Que je sache, ce n’était pas quelqu’un qui était directement concerné par la Côte d’Ivoire, alors il faudra qu’on m’explique pourquoi il a fait ce déplacement ?

Vous soutenez donc que le sort de Laurent Gbagbo ne dépend pas de Ouattara mais plutôt de l’Élysée?

Non, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.

Mais vous l’insinuez !

Ce que je dis, c’est qu’il y a une forte pression de la communauté internationale et en particulier de la France. Ils laissent entendre que la démocratie a été rétablie en Côte d’Ivoire, c’est manifestement faux. Et je le vois à travers le passage du Premier ministre français François Fillon, récemment du ministre de l’Intérieur Claude Guéant, et avant lui, le patron du parti de Nicolas Sarkozy Jean-François Copé. Cela veut bien dire ce que ça veut dire. On est en train de faire croire aux Français que tout va bien en Côte d’Ivoire alors que visiblement ce n’est pas le cas.



Par Jean-Paul Oro

 

Source: L'INTELLIGENT D'ABIDJAN

jeudi, 04 mars 2010

NIGER: LES GAGNANTS DU COUP D'ETAT

LOGO AREVA.png

 

Par D. Anza

(LE TEMOIN du 24 au 28 février 2010)

 

 

Sarkozy prévoyait de dépêcher à Niamey soit son ministre des affaires étrangères soit celui des industries pour tirer les oreilles du Président Tandja par rapport à sa politique minière. Avec les événements du 18 février, l’Elysée a fait l’économie du kérosène…

 

Le putsch du 18 février dernier qui a raccourci l’espérance de vie de Tazartche à moins de 60 jours fait l’affaire de plusieurs groupes d’intérêts, les uns plusieurs fois plus importants que les autres.

 

Le premier intérêt gagnant est sans aucun doute la France, la patrie d’Areva. Comme tous les Nigériens le savent, le puissant groupe nucléaire français n’a jamais pardonné à l’ancien Président de la République sa politique minière courageuse. Une politique qui mettait en cause tous les accords contraires aux intérêts du Niger signés entre l’ancêtre d’Areva et les anciens régimes non nationalistes qu’avait connus notre pays. Et comme la fille aînée de l’Eglise est veinarde, chaque fois que ses intérêts sont menacés dans ses anciennes colonies, la source de cette menace se trouve, comme par hasard, éradiquée. En 1974, le Président Diori Hamani avait clairement manifesté son intention de revoir en faveur du Niger les accords miniers qui nous liaient à la France. Il voulait arracher un prix juste à la COGEMA pour faire face à la crise alimentaire et économique qui menaçait notre pays. Il refusait d’accepter que les Nigériens ne puissent pas jouir du don que le Dieu leur a fait. C’était là une offense contre la toute puissance France. La suite on l’a connaît. Trente trois ans plus tard, en 2007, le Président Tandja a fait sienne la doctrine de Diori. Le secteur minier fut diversifié au profit du Niger. Plusieurs opérateurs de divers pays obtinrent de permis de recherche de minerais et d’hydrocarbures.

 

Pour la première fois de son histoire, le Niger procéda à sa première vente directe de l’or jaune, après que Tandja eût courageusement imposé à Areva la révision des accords alors même que le contrat n’était pas arrivé à terme. Tous les Nigériens s’étaient sentis fiers. Mais la France était en colère ; très en colère. Tandja Mamadou, était devenu une véritable menace pour la France Et comme tout cela ne suffisait pas, et face au regain d’intérêt que suscite l’uranium, le Président Tandja tenta d’aller encore plus loin en fin 2009.

 

D’abord il fait savoir à Areva que les prochaines négociations prévues à Paris en 2010 doivent consacrer la hausse de la quotte part que le Niger peut vendre sur le marché international. Surtout que le premier acheteur de la vente directe par le Niger de son uranium, à savoir les Etats Unis, avaient, par leur voix la plus autorisée, celle de Barack Obama, déclaré qu’ils construiront trente quatre nouvelles centrales nucléaires. Ce qui devrait être une bonne aubaine pour le Niger, mais un manque à gagner pour Areva. Ensuite, le Président Tandja avait demandé à Areva de mettre à l’écart son projet de la mise en place de la «plateforme», une supra structure qui coifferait la SOMAIR, la COMINAK et IMOURAMEN. La « plateforme », une appellation à connotation mafieuse, vise essentiellement à remettre en cause le niveau de contrôle des cadres nigériens. Cette plateforme qui sera dirigée par des Français, centralisera à son niveau toutes les informations nécessaires à un contrôle (comptabilité, achat, exploitation, etc.). Le Niger ne verrait que du rouge. Tandja a dit non. Et ces sont ses deux décisions majeures que le Premier Gamatie devrait défendre à Paris s’il n’y avait pas eu l’intervention de l’Armée. En plus, il faut ajouter que la France n’avait pas du tout aimé la volonté de rapprochement entre le Niger et l’Iran. D’ailleurs, Sarkozy prévoyait de dépêcher, en mars prochain, soit son ministre des affaires étrangères soit celui des industries pour tirer les oreilles du Président Tandja. Avec les événements du 18 février, l’Elysée a fait l’économie du kérosène. Comme on peut le constater, à tout point de vue, Tandja Mamadou, était devenu une véritable menace pour la France dont la production énergétique dépend à plus de 70% de l’uranium nigérien.

 

D’ailleurs, en 2007, beaucoup d’hommes politiques nigériens avaient prédit que Tandja ne finirait pas son deuxième mandat tant qu’il continuerait sa politique à la Chavez. Ainsi, même si la France a publié un communiqué condamnant le putsch, il faut tout simplement voir en cela des larmes de crocodiles. Anne LOVERGEON a dû certainement sauté un champagne en compagnie de quelques proches de Sarkozy. L’Occident ne veut pas voir un apprenti-Chavez à la tête du futur premier producteur de l’uranium.

 

Après la France, la mise à l’écart de Tandja profite aux leaders des principaux partis de l’Opposition à savoir le PNDS, la CDS et le Lumana. Eux qui avaient vu leurs rêves de lui succéder se transformer en cauchemar. Leurs intérêts coïncidant avec ceux de la France, ils ont conduit celle-ci à faire pression sur la CEDEAO pour faire de Tandja un hors la loi devant la communauté internationale. Une communauté internationale composée uniquement des voix des grandes puissances et dont les intérêts ne peuvent jamais coïncider avec ceux des pays pauvres mais toujours avec ceux des quelques hommes de mains au sommet des Etats.

 

Et si les patrons politiques de la CFDR ont abandonné le combat de la légitimité pour celle de la légalité, c’est parce qu’ils savaient qu’ils auraient des oreilles attentives en Occident qui ne voulait pas voir un apprenti-Chavez à la tête du futur premier producteur de l’uranium. L’ennemi de ton ennemi étant ton ami…

 

Enfin, le troisième gagnant est la CEDEAO. Cette organisation sous régionale, animée pour l’essentiel par des non et des mal élus, a voulu se donner une nouvelle image, suite au discours d’Obama à Accra, en acceptant plus un autre «mauvais démocrate» de plus. Ainsi, sans se fatiguer, la CEDEAO voit son problème résolu. Du reste, tous ses gagnants ne le sont que manière virtuelle pour l’instant. A écouter les responsables de la junte, tout laisse croire qu’ils sont pleinement conscients de là où se trouve les intérêts du Niger. Et, ils ne semblent pas être des personnes qui vont succomber aux chants des sirènes venus d’ailleurs. Leur jeunesse et par conséquence leur manque d’expériences des combines politiques et mafieuses sont des gages d’une Transition qui se ferait dans la sauvegarde des intérêts du Niger. Nous attendons d’eux d’être intransigeants par rapport à tout ce qui peut remettre en cause les actes patriotiques posés par leur frère d’arme Tandja Mamadou et notamment lors des prochaines négociations avec Areva. Il ne faudrait pas que la France, profite de leur manque de légitimité et de légalité pour leur imposer retour à la situation d’avant 2007.