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mercredi, 29 décembre 2010

RENCONTRE AVEC LES EMISSAIRES DE LA CEDEAO AU PALAIS : GBAGBO MARQUE DE BONS POINTS



CHEFS D'ETATS CEDEAO.jpg

In Le Nouveau Courrier N°165 du 29 Décembre 2010 par Benjamin Silué


Ernest Koroma, Yayi Boni et Pedro Pires ont rencontré, successivement, Young-Jin Choi de l'Opération des Nations en Côte d'Ivoire, le chef de l'Etat Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, hier.


L'occasion était donnée, hier, aux émissaires de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) pour donner les raisons de leur présence en terre ivoirienne, mais surtout de prêter une oreille attentive à leur hôte, Laurent Gbagbo qui les a reçus «en frère» à son palais, au Plateau.

Après avoir «menacé» le chef de l'Etat ivoirien d'un recours à la force, la Cedeao a donc décidé d'envoyer les présidents du Bénin, de la Sierra Leone et du Cap-Vert en Côte d'Ivoire comme émissaires chargés de remettre un ultimatum à Laurent Gbagbo. L'un des émissaires, membre de la délégation d'Abidjan, Pedro Pires du Cap Vert, connaissant certainement le dossier ivoirien, avait déjà écarté l'usage d'une «intervention militaire», et opté pour la négociation. Bien plus, le dialogue, comme l'a toujours préconisé le président Laurent Gbagbo. Ce qui sous-entend que chaque acteur aura à exposer ses griefs.

Hier, déjà, selon une source crédible, le chef de l'Etat ivoirien, durant plus de 2 heures d'horloge, a brandi les preuves qui le donnent gagnant de l'élection présidentielle, mais surtout qui le motivent à faire face à l'adversité de la communauté internationale cornaquée par Sarkozy, parrain de Ouattara. De la traque de ses représentants dans les bureaux de vote au nord par les pro-Ouattara, appuyés d'hommes armés de la rébellion des Forces nouvelles, aux fraudes massives, le chef de l'Etat ivoirien, proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel, seule institution habileté à le faire, n'a pas laissé ses hôtes sur leur faim. Les homologues de Laurent Gbagbo sont restés pantois, rapporte notre source. Démontrant que la distance et le lynchage médiatique, orienté, d'une partie de la presse occidentale, à l'agenda caché, a eu raison de personnes naïves. En témoigne les propos du président béninois Yayi Boni, qui a noté, au sortir de cette rencontre, que «les choses se sont bien déroulées». Le président Laurent Gbagbo, qui les a reçus avec les accolades, tout sourire, les a raccompagnés le visage très rayonnant. Pour qui connaît le chef de l'Etat ivoirien, les nuages se dissipent progressivement. Comme quoi, le mensonge court plus vite que la vérité qui finit par le rattraper.

Notre source indique que les présidents Sierra Léonais, Ernest Koroma, Béninois, Boni Yayi et le Capverdien Pedro Pires ont décidé de jouer la carte politique pour régler le différend né au lendemain du second tour du scrutin présidentiel en Côte d'Ivoire. A l'issue de la deuxième rencontre qui a eu lieu tard dans la nuit, le chef de l'Etat ivoirien a espéré recevoir ses homologues dans les prochains jours. Il reste à espérer que les énormes pressions qu'ils subissent de la part d'acteurs étrangers à l'Afrique n'auront pas raison de leur option pleine de sagesse.


Source: LE COURRIER D'ABIDJAN