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mardi, 13 avril 2010

ABIDJAN: DEUXIEME JOUR DE GREVE DES TRANSPORTEURS

GARE RIVIERA PALMERAIE.jpg

Photo: La gare des wôrô-wôrô de la Riviera Palmeraie désespérément vide

La rumeur s’est confirmée. La grève des transporteurs s’est prolongée.  Abidjan s’est réveillé ce mardi matin comme hier lundi. Sans moyen de transport.

Au deuxième jour de ce mouvement de grève, les causes sont les mêmes : l’augmentation des prix du carburant.

Boulevard Mitterrand. La voie principale reliant Cocody (la commune présidentielle) à Bingerville (ancienne capitale de la Côte d’Ivoire). Il est 08 heures, ce mardi, mais déjà la circulation est fluide. Véritable tape à l’œil pour qui sait que d’habitude, à cette heure, un énorme embouteillage engorge la voie. L’usager averti remarque aussi qu’il n’y a aucun véhicule de transport en commun. Ni taxi compteur, ni gbakas (véhicule de transport en commun de 18 places environ), ni wôrô-wôrô (taxi communal).

Sur les trottoirs, les habitués de ce mode de transport s’agglutinent peu à peu. Espérant que les choses ont évolué. Le lot de voitures privées se pavanant sur la chaussée, les fait vite déchanter. Dans les gares, c’est le calme plat. Les transporteurs sont décidés à aller jusqu’au. Comme ce transporteur en colère qui ne démord pas.

« Cette fois nous allons tenir une grève illimitée jusqu’à ce que le prix de l’essence baisse. Nous sommes fatigués de rouler et que nos bénéfices ne servent qu’à payer le carburant ».

C’est l’exemple de la gare de wôrô-wôrô de la Riviera palmeraie (un quartier huppé). «Ce matin il n’y avait aucun wôrô-wôrô à la gare», déclare un habitant du quartier. Outre le secteur routier, certaines écoles ont du faire «journée morte». C’est le cas de l’Université de Cocody où des examens ont dû être reportés. «Nos camarades n’ont pu être là, on a donc été obligés de reporter la composition», explique  Silvère Della, étudiant en Faculté de psychologie.

La réponse ingénieuse des populations

Pour les uns, la solution se trouve dans les raccourcis. «C’est dans ces situations qu’il est important de connaitre ces petits chemins qui vous mènent à destination», explique en riant un étudiant. Pour lui, il suffit de s’armer de courage. Juste assez pour marcher jusqu’à destination. A condition que le chemin ne soit pas long. Dans ce cas la solution reste le  bus. «Pour nous qui allons loin, le bus reste le meilleur moyen de transport», confie une jeune fille en réponse à l’étudiant. Le bus reste, en effet, le seul moyen de transport en commun encore accessible. Le nombre des usagers des bus a explosé, depuis hier, lundi. Mais jusqu’à quand encore les usagers vont-ils supporter cette situation ?

Roland N’Dekploman


Source: Avenue 225


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Grève des transports en commun abidjanais : que se passe-t-il ?

Depuis hier matin, vous avez, vous qui vivez à Abidjan, remarqué comme moi qu'il était difficile, voire impossible de trouver un taxi, un wôrô-wôrô ou même un gbaka. La raison : les transporteurs ont décidé de protester contre la récente augmentation des prix à la pompe des carburants (le 1er avril dernier), qu'ils jugent de trop. Voici la teneur d'un article de Cinthia Aka du Nouveau Réveil qui en parle :

« Les chauffeurs de taxis communaux commencent à partir d'aujourd'hui une grève illimitée en raison de la hausse du prix du carburant. Dans une déclaration, à nous parvenue, le président du comité de crise des syndicats, acteurs et auxiliaires du transport (Ccsat), a déploré le manque d'attention de la part du gouvernement de la Côte d'Ivoire, à leur cri du cœur, à la suite de l'augmentation du prix du carburant à la pompe le 1er février 2010. "Le gouvernement de la Côte d'Ivoire n'ayant pas été attentif à notre cri du cœur suite à l'augmentation du prix du carburant à la pompe le 1er février 2010, cette 2ème augmentation du prix du carburant entrée en vigueur le 1er avril est insupportable pour tous les Ivoiriens en général et pour notre secteur en particulier. C'est alors pour parler d'une même et seule voix, face à cette augmentation de trop, que le comité de crise des syndicats, acteurs et auxiliaires du transport, a reçu mission de la base, de faire un arrêt général de travail dénommé : "Journées sans transport", à partir du lundi 12 avril 2010, et cela, jusqu'à ce que le prix du carburant soit revu a la baisse. Nous comptons sur la compréhension, la bonne foi de tous", a déclaré, le président du comité de crise, Eric Diabaté. Le patronat des transports routiers de Côte d'Ivoire, par la voix de son porte-parole Mamadou Diaby, a indiqué le vendredi dernier que les tarifs des transports connaîtront un réajustement ou une augmentation dès cette semaine ».

On est en droit de se demander pourquoi cette grève, alors qu'en matière de fixation des prix des carburants, l'heure est désormais à la transparence. En effet, tout le monde sait qu'à la suite de la conclusion d'un programme avec le FMI, l'Etat de Côte d'Ivoire s'est engagé à réajuster mensuellement les prix à la pompe en fonction de la conjoncture sur les marchés internationaux. Alors cette nième hausse n'est pas étonnante en soi !

Ce qui pourrait poser problème, ce serait son amplitude.  Même là, je crois qu'il n'y a pas de quoi foueter un chat : si on considère l'augmentation du prix du gas-oil, elle s'établit à 4,9% (de 615F à 645L le litre) contre 5,4% pour l'essence super sans plomb (de 739F à 779F le litre). Alors qu'entre février et mars 2010 (période de référence pour cette hausse), l'augmentation du prix du pétrole sur les marchés internationaux est de 7,5%, soit largement au-delà des hausses appliquées sur le marché abidjanais. Dans ces conditions, quelle est la vraie raison de cette agitation ? Ne serait-ce pas une façon de préparer les esprits à un surajustement des prix des transports, c'est-à-dire à une hausse plus que proportionnelle à celle du prix du carburant ?

J'espère que cette fois-ci, ceux qui sont les plus concernés (c'est-à-dire vous et moi), ne vont plus se comporter comme de simples spectateurs neutres et muets ! Nous aussi, on doit voir dedans...

Ch@rlie

Source: Le blog Aller de l'avant