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samedi, 26 octobre 2013

DECLARATION DE L'AIRD DU 20 OCTOBRE 2013 RELATIVE A LA SITUATION SOCIOPOLITIQUE EN COTE D'IVOIRE

 

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La situation sociopolitique en Côte d'Ivoire est marquée, depuis le 11 avril 2011, par des conflits sanglants et meurtriers entre communautés. Dans la plupart de ces conflits, sont mises en cause des milices armées de «chasseurs traditionnels Dozos» qui opèrent, en conquérants, très loin de leur sphère culturelle et géographique. Ces «Dozos» vont jusqu’à s’attaquer aux FRCI qui avaient fait d’eux, pendant la crise postélectorale, leurs supplétifs.

Les violents accrochages enregistrés ces jours, çà et là, peuvent être regardés comme les prémices de la grande déflagration redoutée par une ONG dans son dernier rapport et ce à l’échelle d’une bonne partie du pays si rien n'est urgemment fait. Les tout derniers affrontements sanglants et meurtriers entre autochtones et assaillants allogènes dans les villages de Bohinou (région de Vavoua) et de Gribouo  (région de la Nawa) sont donc à prendre très au sérieux et devraient pousser le gouvernement à l'action vraie et efficiente.

La destruction sauvage du camp de réfugiés de Nahibly après les massacres du quartier «Carrefour» de mars 2011 et les nombreux crimes qui sont restés impunis - l'état ivoirien ne s'occupant plus de la veuve et de l'orphelin - ont convaincu ceux qui portent effrontément des armes en toutes circonstances, qu'ils sont désormais tout puissants. Un conflit villageois ne se règle plus devant le chef du village, mais par les armes d’allogènes ayant bénéficié de la légendaire hospitalité ivoirienne, source de richesse nationale. Et quand, dans de rares cas, le chef de village est saisi de l’affaire, tout avis défavorable aux milices «Dozos» se trouve sanctionné par des représailles violentes, meurtrières, allant jusqu’à l’incendie de villages entiers.

  • L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) s’indigne que dans un état où le port d’arme est soumis à règlementation et à autorisation, un groupe de personnes puisse, pour de prétendues raisons culturelles complètement sorties de leur contexte et de leurs objectifs, s’en prendre nuitamment et sans discernement, à d’honnêtes et paisibles paysans sans défense, dont des femmes et des enfants.
  • L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) s’indigne aussi bien du silence révoltant - indigne de ses responsabilités- du pouvoir, que de sa complicité par laquelle en lieu et place du désarmement des miliciens et anciens rebelles, il leur demande de «garder leurs armes à la maison ».  Pour quel usage, s’interroge l’AIRD ?
  • L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) s’indigne des meurtres à répétition d’innocents citoyens, qui, ajoutés à l’impunité des crimes des seigneurs de guerre donnent de la Côte d'Ivoire une image abjecte et déshonorante pour son peuple.
  • L’AIRD lance un appel solennel aux autorités ivoiriennes, au Gouvernement et au Chef de l’état, afin que soit mis, sans délai, un terme à cette politique de règlement de tout différend dans le sang, politique sans doute encouragée par la reconnaissance officielle du statut de «sauveurs de la République» décerné à ceux qui continuent de poser des actes répréhensibles.
  • Soulignant la pertinence des recommandations de certaines organisations de défense des droits de l’homme, l’AIRD préconise à son tour une action énergique «contre la dépossession des terres suite au conflit postélectoral en Côte d'Ivoire» et rappelle au gouvernement que la bonne cohabitation en Côte d'Ivoire, et particulièrement dans l'ouest, dépendra de la diligence et de la dextérité avec lesquelles le problème de l'occupation des terres sera résolu. L’AIRD réaffirme sa conviction que «Les décisions du gouvernement ivoirien concernant la restitution des terres dans l’ouest du pays contribueront à déterminer si la terre restera une source potentielle de conflit à l’avenir ou deviendra une source de développement local qui apaisera les tensions intercommunautaires. »
  • L’AIRD encourage toutes les composantes nationales à la préservation de l’hospitalité ivoirienne et à sa pérennisation.
  • L’AIRD invite tous ceux qui, par chauvinisme et par esprit de clan qui ne peut servir qu’une oligarchie, seraient tentés de ne pas voir la vérité en face, à se ressaisir, car il est inacceptable de voir s’installer dans la haine et par la force, en parallèle de la république déclarée, un autre pouvoir de fait, de surcroît «ivoirophobe».
  • il y a mieux que la haine : la Nation.


Fait le 20 octobre 2013

Eric KAHE, Président en exil de l’AIRD

vendredi, 09 août 2013

DECLARATION DE L'AIRD RELATIVE A LA LIBERTE PROVISOIRE ACCORDEE A DES PRISONNIERS POLITIQUES EN COTE D'IVOIRE

 

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Le lundi 5 Août 2013, la justice ivoirienne a accordé la liberté provisoire à 13 personnalités ivoiriennes proches du président Laurent Gbagbo, portant ainsi à près de 46 le nombre de compatriotes bénéficiant de cette décision depuis le 11 avril 2011, si l’on tient compte des 25 cas de novembre 2011 et des 8 cas du 20 décembre 2012.

Malgré le caractère injuste de ces longues détentions dans des conditions difficiles, pour des personnalités majoritairement sexagénaires, nous nous en réjouissons non seulement pour ceux qui recouvrent leur liberté mais pour leur famille et la nation en raison des  chances de cohésion et de normalisation à elle ainsi offertes.

L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) :

  • prend acte de cette décision de libération conditionnelle présentée comme essentiellement judiciaire, à la demande de la chambre d’accusation;
  • se réjouit de ce que les magistrats en viennent enfin à privilégier la présomption d’innocence qui veut, dans ce cas, que l’emprisonnement soit l’exception ;
  • félicite les camarades qui bénéficient de cette libération pour l’exceptionnel courage dont ils ont fait preuve en gardant les liens constants avec la dignité et leurs convictions dans leur aspiration à une Côte d'Ivoire démocratique, républicaine et débarrassée de toute politique de haine ;
  • remercie les Ivoiriens de tous bords politiques pour leurs efforts en faveur de la décrispation, condition incontournable pour le développement de la Côte d'Ivoire.

Rappelant qu’en plus du président Laurent Gbagbo détenu à la Haye, des centaines d’autres compatriotes croupissent encore en prison pour des fautes que la plupart n’ont jamais commises, la direction et les militants de l’AIRD leur assurent de leur solidarité fraternelle et militante, notamment à l’ex-première dame, Mme Simone Ehivet Gbagbo, au camarade Charles Blé Goudé, ainsi qu’à tous les membres des ex-FDS qui ont cru, de bonne foi, répondre à l’appel du devoir républicain à travers le respect de la Constitution et aux  nombreux prisonniers politiques anonymes de cette crise sans précédent en Côte d’Ivoire.

À l’aube du 53ème anniversaire de la proclamation de notre indépendance et plus de deux ans après les horribles évènements de la crise dite postélectorale qui a parachevé en réalité une décennie de douleurs et de drames, l’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) exprime sa compassion à toutes les victimes de ces turbulences tragiques et à leurs parents.

L’AIRD invite la Communauté internationale à un devoir de «rattrapage moral» envers la Côte d'Ivoire, en raison de sa part de responsabilités dans la situation de ce pays. Elle doit continuer à rester vigilante sur les questions élémentaires, préalables à la normalisation de la vie politique dans tout pays, questions que l’opposition est pourtant obligée de continuer à négocier avec les autorités ivoiriennes, notamment :

- le  retour sécurisé de tous les exilés qui passe par la levée des mandats d’arrêt visant des personnalités politiques pour délit d’opinions ou de convictions, dans le seul but de les faire taire ;

- les questions sécuritaires, pourtant banales et régaliennes, comme  le désarmement des FRCI et l’encasernement des militaires; la démobilisation des Dozos; la réhabilitation des policiers et gendarmes dans leurs missions ; la libération des domiciles et des biens confisqués ainsi que du dédommagement des victimes; la protection des personnes et des biens ; l’arrêt des persécutions, des arrestations arbitraires, des enlèvements et des tueries, et la protection des personnalités de l’opposition ; l’arrêt des expropriations foncières dans les zones forestières;

- l’adoption d’une loi de réconciliation nationale déclinée en trois volets:

a) une amnistie respectueuse des exigences de justice équitable et pour tous,

b) la reconstruction,

c) la réparation des préjudices.

- le retour à un jeu démocratique républicain, aux droits des syndicats et partis politiques de se réunir et d’exercer librement toutes leurs activités sur l’ensemble du territoire national avec un accès équitable de tous aux medias d’État;

- le respect, par le Gouvernement ivoirien, des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU et de la feuille de route de l’Union Africaine ;

- la définition d’un statut de l’Opposition ainsi qu’une nouvelle loi sur le financement des partis politiques et des candidats à l’élection présidentielle ;

- le respect de l’état de droit et du fonctionnement des institutions en vue de la bonne gouvernance afin de lutter ensemble contre la corruption qui gangrène plus que jamais le pays ;

- le respect des dispositions pertinentes de la Constitution avec un accent particulier sur l’interdiction de contraindre un Ivoirien à l’exil ;

A l’heure où, la justice, traditionnellement rendue au nom du peuple, commence - quoiqu’encore timidement - à assurer sa partition en direction du droit et de la réconciliation, il ne reste au politique qu’à s’engager dans la voie de la normalisation.

Pour que la Côte d'Ivoire se revête des habits de la démocratie au regard du minimum de normes universellement admises. Juste ce minimum.


Fait le 06 Août 2013.

Le comité de Direction (CODIR)

mercredi, 05 juin 2013

ERIC KAHE: LIBERTE PROVISOIRE DE GBAGBO, UNE CHANCE DONNEE A LA RECONCILIATION ET A LA PAIX

 

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Démocrates et républicains, refusant de nous en prendre à des décisions de justice, nous pouvons tout de même, de façon citoyenne, apprécier le fait que la décision rendue par les juges de la CPI dans l’affaire « Procureur contre Laurent Gbagbo », bien qu’insuffisante, soit relativement bonne à prendre, comparée au pire que laissaient redouter les pressions politiques exercées sur la CPI.

Au cours de cette audience de confirmation des charges ou de relaxe de l’accusé (à ne pas confondre avec un procès), la Défense du président Laurent Gbagbo avait interpellé les juges sur l’aspect « brouillon » du dossier du procureur qui s’en était d’ailleurs offusqué ! Trois mois après cette observation, les Juges concluent à l’insuffisance des preuves avec demande d’enquêtes complémentaires. S’ils sont à féliciter pour avoir tenté de sortir des procédures politiciennes où des organisations internationales naguère créditées de confiance ont relayé des rumeurs assassines, notamment sur de nombreuses personnalités proches du président Laurent Gbagbo en vue d’objectifs ciblés, les juges auraient dû aller au bout de la logique qui veut qu’un innocent ne soit pas retenu en prison quand n’existent pas contre lui les preuves nécessaires.

La liberté provisoire du président Laurent Gbagbo reste plus que jamais d’actualité et cette décision lui ouvre la porte.

Cette décision nous rappelle aussi l’écart entre la justice des vainqueurs, aux ordres d’une politique de haine et de vengeance, et les procédures de la justice internationale dont le déroulement obligatoirement public ne permet pas que l’on puisse tordre le cou à la justice au-delà d’une certaine limite de décence. C’est le lieu d’avoir une pensée spéciale pour tous nos compatriotes et camarades détenus en Côte d'Ivoire sur la base des seules preuves qui n’existent pas.

Cette décision est aussi une invitation à une introspection ivoiro-ivoirienne, afin que, tournant la page d’un conflit qui n’a que trop duré, vainqueurs et vaincus d’hier, travaillent ensemble à construire un pacte républicain. A la veille de cette audience, dans une lettre ouverte, nous avions indiqué que nous étions à l’écoute des instructions du président Laurent Gbagbo. Il a largement fait sa part et nous avons cru décrypter sa réponse.  Aussi bien à la fin de l’audience en février que lors de la récente interview de Maître Altit – que nous félicitons avec l’ensemble de son équipe et des défenseurs des droits de l’homme – le président Laurent Gbagbo se positionne, en homme d’état, dans la direction de la construction de la nation.

Tous, opposition et pouvoir, nous sommes interpellés à sauver la Côte d'Ivoire. Le délai qui nous sépare de la prochaine audience devrait permettre à un Laurent Gbagbo en liberté, même provisoire, et au régime en place à Abidjan, de se parler.

A son arrivée  au Golf, à la suite de son arrestation, le président Laurent Gbagbo avait bien précisé que la «partie militaire était terminée et qu’il fallait passer au volet civil».

Cette décision est une chance donnée à la Réconciliation par la paix des braves.


Eric KAHE, Président en exil de l’AIRD (4 juin 2013).

samedi, 14 avril 2012

ERIC KAHE: «A L'EVOCATION DES MASSACRES DE L'OUEST, JE TOMBE DANS LES POMMES DANS LES BRAS DE MA FILLE DE 9 ANS»

 

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Le 11 avril, c'est d'abord le 28 mars avec la descente des FRCI sur Duékoué accompagnée de violents pillages et du carnage dont j'ai encore la chair de poule. Ce sont trois semaines de communications avec des populations et des parents réfugiés en brousse, sans nourriture ni chauffage, vivant de tubercules et de fruits sauvages et traqués par des Dozos qui tiraient sur eux comme des lapins. 

Le 11 avril, ce sont les pleurs d'adultes, entre le 28 mars et le 15 avril, qui résonnent encore dans mes oreilles. Ce sont des femmes et des enfants, en brousse avec un seul vêtement ou même presque nus. Cachés dans les forêts de sommet de montagne ou sur les flancs si ce n'est dans les grottes, ils sont dépassés par les évènements et ne comprennent pas la cruauté qu'ils subissent, incapables de pointer le nez dans un sentier. Pour beaucoup, le cauchemar n'a pas de nom et l'issue semble sans issue. 

Le 11 avril, c'est le souvenir du quartier Carrefour de Duékoué, c'est Guitrozon, Pinhou, Bagé "B", Fengolo, Guézon, Adzopé, Daloa, Yakro, le Zanzan, Guiglo, Toulepleu et tant d'autres localités, etc. Ce sont des appels au secours pour lesquels je suis d'une impuissance qui en ajoute à mes peines et douleurs. 
 
Le 11 avril, c'est un homme impuissant, brisé, informé de graves détresses et d'exactions inhumaines et appelant à son tour des secours qui ne se manifestent pas. C'est la crainte de voir les téléphones portables des survivants se décharger et me mettre dans une position de ne plus pouvoir communiquer avec eux. De sorte que mon premier reflexe est de leur faire éteindre tous les portables sur une zone de cachette et de ne communiquer que sur un seul. Une fois cette batterie épuisée on passe à un autre portable avec la même puce. Ce sont les exécutions sommaires dans de nombreux villages de l'Ouest et presque partout en Côte d'Ivoire. La vie humaine naguère si sacrée a alors moins de valeur que celle d'un poulet. La longue liste des décès annoncés au fur et à mesure. L'impression d'être dans un cauchemar sans fin.
 
Le 11 avril, c'est un homme qui quitte son domicile d'Abidjan le 30 mars pour une réunion et qui n'y est jamais retourné. Commence alors une longue errance à la recherche d'un toit pour passer la nuit du 30 mars, ma famille ayant fui les bombardements pour me rejoindre dans la rue. Oui, surréaliste mais dans la rue. Très tard dans la nuit, je trouve refuge, coincé avec ma famille dans un studio donnant directement sur une rue en Zone 4. Je vais rester cloîtré dans ce studio sans jamais voir le soleil, du 30 mars au 15 avril, moralement incapable d'abandonner le président Laurent Gbagbo sous les bombardements et quitter Abidjan. 
 
Le 11 avril, c'est un homme exténué, vidé de tout influx nerveux pour être passé par toutes sortes d'émotions. C'est la peur d'une agression, notamment sexuelle sur les enfants, et craignant de manquer à tout moment d'eau ou de nourriture pour des gamins. C'est assister en direct par téléphone aux pillages de longues années de travail, sous prétexte que ce sont les biens de l'Etat.

Des montagnes entourant Guitrozon, les jeunes décrivaient la rotation des camions entiers de transport affectés aux pillages. C'est le souvenir de mon oncle Nahi Doh, abattu à bout portant par ceux qui voulaient emporter mon cheptel. 
 
Le 11 avril est aussi pour moi, le souvenir de ma fillette qui m'arrose d'eau quand je tombe dans les pommes à la description des massacres du quartier Carrefour de Duékoué. Devoir s'occuper de son père à 9 ans! Et pourtant, nous avions tout fait pour cacher notre désarroi aux enfants. Etre en vie relève de la grâce de Jésus Christ, même si des serviteurs de Dieu ont subitement choisi de me renier, au nom des intérêts de leur pays.
 
Le 11 avril, c'est cette image de l'arrestation du président Laurent Gbagbo devant laquelle toute la famille s'est effondrée. Si la loyauté et la fidélité sont des qualités, alors les nôtres lui sont garanties. 

Car le 11 avril, c'est aussi le 7 avril, 30ème anniversaire du TGV. Ce jour est marqué sur les chaînes françaises, par les témoignages poignants de fidélité de Guy Labertit à Laurent Gbagbo. Sous les bombes assourdissantes qui illuminaient le ciel abidjanais, je savais la cause entendue et perdue mais un homme avait conquis mon cœur, sans compter l'héroïsme émouvant et la fidélité des collaborateurs immédiats du Chef. L'entreprise de mon épouse réussira à l'exfiltrer avec les enfants le 13 avril pour une capitale de la sous-région où je ne me sentais malheureusement pas le bienvenu. 
 
Le 11 avril, c'est une sortie miraculeuse d'Abidjan le 15 avril grâce à cet appel miraculeux, la veille, d'un homme dont j'avais du mal à reconnaître la voix et qui me demande de lui faire confiance. C'est quand je suis hors du pays qu'il décline son identité, ayant agi pour le compte d'un aîné qui a pensé à moi dans cet océan de sollicitations.
 
Le 11 avril, ce sont ces questions qu'on ne finit pas de se poser: pourquoi, comment, pour qui, jusqu'où, jusques à quand? Comment, pourquoi des organisations naguère si crédibles à nos yeux ont-elles pu s'installer dans le mensonge et le complot?
 
Le 11 avril, c'est déjà un an d'exil auquel je n'étais guère préparé mais tout au long duquel j'ai pu expérimenter l'amour de Dieu. C'est enfin des hommes et des femmes, majoritairement victimes, de qui l'on attend qu'ils se repentent pour des fautes qu'il n'ont jamais commises, les opinions politiques et la relative réussite sociale à la force du poignet ne pouvant être des délits. 

Le 11 avril, c'est surtout un homme prêt au pardon et à la réconciliation dans la dignité. Devant l'immense besoin de réconciliation en pansant sincèrement les plaies, je prie Dieu qu'il touche le cœur de chacun. Pour que cesse les comportements de revanchards - de quoi d'ailleurs? - et qu'ensemble nous puissions regarder avec réalisme la situation catastrophique du pays et entamer un nouveau départ.
 

Eric Kahé, président de l'AIRD