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mercredi, 01 avril 2009

YOUPI ! NOUS SOMMES PAUVRES ET TRES ENDETTES !

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Hier, mardi 31 Mars 2009, le Président de la République de Côte d’Ivoire a fait une adresse à la Nation, suite au drame qu’a connu notre pays, le dimanche 29 Mars 2009, au Stade Félix Houphouët-Boigny, avant le match Côte d’Ivoire – Malawi comptant pour les éliminatoires couplées de la Coupe d’Afrique des Nations et de la Coupe du Monde 2010, drame qui a fait 19 morts et 132 blessés par étouffement et par piétinement. Il a décrété un deuil national, du 1er au 3 avril 2009, pour permettre aux Ivoiriens de se recueillir et d'avoir une pensée pieuse pour leurs disparus.

Il a saisi cette occasion pour annoncer, officiellement, l’élection de la Côte d’Ivoire à l’initiative PPTE (Pays Pauvre Très Endetté), qui permettra, à terme, à notre pays - si nous donnons la preuve de notre capacité de bonne gouvernance - de se voir annuler près de 7000 milliards de francs CFA de dette. Mais cette disposition nous permet, dès à présent, de bénéficier d’une réduction dans le règlement annuel du service de la dette.
Une bouffée d’oxygène qui fait pratiquement sauter au plafond nos autorités gouvernementales, et le paradoxe ne manque pas de nous renvoyer une image tout à la fois cocasse et tout aussi franchement gênante.

Qu’à cela ne tienne, pourvu que cet argent serve à tirer notre pays de la mauvaise passe et de ce surendettement qu’il connaît depuis de longues années et qui a pris son origine, dans les années 1970, avec la gestion du Président Houphouët-Boigny, suivie des années 1990, avec celle du Président Bédié, a dit le Président GBAGBO.

Selon le Président de la République, cet argent servira prioritairement à éponger la dette intérieure, à assurer le versement des subventions des collectivités territoriales (Districts, Conseils Généraux et Mairies) pour donner un coup d’accélérateur au développement local et à oxygéner financièrement nos représentations diplomatiques, au nom de la dignité et de l’honneur de notre pays, qui ne peut se permettre, plus longtemps, de ne pas être solvable, à l’étranger.

Le Président qui se veut regardant sur la gestion de cette bulle d’oxygène, de cette manne, entend garder un oeil sévère sur son utilisation.
Si pour le renflouement des caisses de nos représentations diplomatiques et le règlement de la dette intérieure, je suis plus ou moins sûr que les déperditions seront moindres (quand même j’ai la certitude que les dettes seront réglées des plus offrants, en terme de dessous de table, aux moins offrants, la pratique étant plus qu’habituelle), il ne pourrait en être de même pour les collectivités territoriales.

Dans ces institutions, le réflexe est de s’en mettre plein les poches. Avec la complicité de tout le monde : Gouverneurs de Districts, Présidents de Conseils Généraux, Maires, Fournisseurs (beaucoup de factures sont du faux et des ententes), Entrepreneurs (au centre de bien des arrangements financiers qui remplissent les comptes bancaires des uns et des autres), Directeurs Techniques, Directeurs Financiers, Trésoriers Généraux et Contrôleurs Financiers (qui y trouvent largement leur compte, eux qui touchent des primes faramineuses pour contrecarrer ce genre de dérives mais qui ne font rien dans ce sens). Dans ce « deal », tout le monde mange. Allègrement. Sans que cela n’émeuve personne, le moindre du monde. C’est à cela que nous sommes habitués, dans ce pays extraordinairement désordonné.

Comment le Président GBAGBO compte imposer sa rigueur de gestion dans ce « foutoir », c’est à ce niveau-là que nous les Ivoiriens, nous l’attendons, comme on dit. Et pour cause : L’Inspection Générale d’Etat est inexistante, les services de la décentralisation commis au contrôle et à la préparation de l’approbation des budgets des collectivités territoriales par le Ministre de l’Intérieur, ne sont coercitifs ni à priori ni à posteriori des investissements. Ce qui permet à tout le monde de faire n’importe quoi et n’importe où, dans la plus grande sérénité, avec la bénédiction du Trésor Public. Extraordinaire ! Dans quel pays sommes-nous ?

Le Président GBAGBO (personne ne le lui a demandé) a pris un engagement devant la Nation d’être intraitable sur la question de la gestion de cet argent. S’il y a de la déperdition ou des détournements, il en sera le seul et unique responsable. C’est à lui de nous prouver qu’il est capable de tenir cette parole qu’il a donnée, devant tous, et de ne pas nous offrir l’occasion (que nous n’allons pas rater, soyez-en sûrs) de lui tirer dessus à boulets rouges. A bon attendeur…, salut !


DINDE Fernand AGBO