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mercredi, 29 mai 2013

CPI - UN AVOCAT ATTAQUE: LA CPI N’A RIEN DE SERIEUX ET DE SOLIDE CONTRE GBAGBO

 

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Maître Norbert Tricaud


La situation politique en Côte d’Ivoire, deux ans après la déportation du président Laurent GBAGBO à la Haye, continue de faire débat. Passé en effet, l’euphorie des premiers moments de colère savamment orchestrés par la France de Sarkozy, instrumentalisant un simple et banal contentieux postélectoral pour diaboliser un camp aux yeux de toute la communauté internationale, les observateurs avertis de la crise politique ivoirienne ne veulent plus se taire. A l’évidence, l’escroquerie morale opérée en Côte d’Ivoire en avril 2011 ne fait plus recette. 

 

«Côte d’Ivoire: 10 ans d’erreurs françaises!» Voilà l’important thème qui a réuni autour de Jean-Luc Pujo, animateur de la rencontre, Charles ONANA, journaliste d’investigation, auteur du livre: "Côte d’Ivoire le coup d’Etat", maître Jean Balan, avocat des victimes françaises des douloureux événements de 2004 à Bouaké, Abel NAKI, responsable du mouvement CRI-PANAFRICAIN, et Mme Mireille SAKI, auteur de: " La charte de l’impérialisme, une charte de la servitude ". Quatre invités importants donc ce samedi 25 mai 2013, dans la salle Loungue du Café le FALSTAFF, sis place de la Bastille à Paris, pour un 24ème café littéraire hyper-républicain.      

Ouvrant la série des interventions, le journaliste d’investigation Charles ONANA, a démontré avec beaucoup de dynamisme, les causes profondes de la haine des dirigeants politiques français envers Laurent GBAGBO, l’opposant historique arrivé au pouvoir alors que personne ne l’attendait à ce rendez-vous.       

Pour lui, Laurent GBAGBO qui s’est positionné comme l’alternative politique à la fin du règne de Félix Houphouët Boigny, englué dans un  système opaque de monopartisme et monolithique avec la France, tenait avant tout à imprimer sa marque sur son pays après toutes ces années de règne sans partage du PDCI, le parti de feu Houphouët-Boigny.      

L’hostilité des dirigeants français à l’égard de Laurent GBAGBO est donc née du fait que fiévreux à l’idée de perdre les privilèges de la relation de proximité qu’ils vivaient avec Houphouët-Boigny au lendemain du changement politique en Côte d’Ivoire, ils ne voyaient pas d’un bon œil en effet, l’arrivée d’un dirigeant politique atypique qui réclamait la réécriture des principaux contrats économiques avec le colonisateur.    

Et comme pour son malheur Laurent GBAGBO n’appartenait à "aucun réseau parisien", CHIRAC et plus tard SARKOZY ont refusé de laisser en place un dirigeant politique que personne ne cernait. Le journaliste Charles ONANA fera dès lors l’inventaire de la longue liste des artifices et autres prétextes fallacieux utilisés par la France: tentatives de coups d’état, rébellion, affaire Kieffer, bombardement militaire de Bouaké en 2004, pour renverser après 10 années de harcèlement, Laurent GBAGBO le 11 avril 2011, à la suite du contentieux postélectoral qui l’a opposé à Ouattara Alassane.      

LE CARNET DE ROUTE DE L’ARMEE FRANÇAISE… RENVERSER GBAGBO

A la suite de Charles ONANA, maître Jean Balan, avocat des victimes françaises des douloureux événements de 2004 à Bouaké, dira d’emblée: "Ma conviction intime est qu’on voulait se débarrasser de GBAGBO Laurent…" Expliquant en effet les événements consécutifs à la tentative avortée du président Laurent GBAGBO de libérer son pays en 2004, le juriste fera noter que la fulgurance de la riposte française après la mort des soldats français à Bouaké: destruction à la hache des aéronefs ivoiriens, bombardement du palais présidentiel de Yamoussoukro et du Plateau, n’était rien d’autre qu’un scénario bien ficelé pour opérer un coup de force contre GBAGBO. Pour lui, la réalité est celle-ci: "Les soldats français tués en Côte d’Ivoire lors des événements de 2004 ont été sacrifiés… C’était le prétexte d’un coup d’Etat. C’est indiscutable. C’était le carnet de route de l’armée française…"          

L’avocat au barreau de Paris est d’autant plus convaincu qu’il ne comprend toujours pas les raisons pour lesquelles le dossier solide qu’il a constitué et qui identifie clairement la chaine de commandement dans cette affaire et met l’ex-ministre de la défense à l’époque des faits, Michelle Alliot-Marie en cause a buté sur le refus de la justice française d’aller au bout des enquêtes. "J’accuse formellement Alliot-Marie d’avoir menti. Je sais désormais qu’en France, il y a une catégorie d’hommes politiques qui sont très protégés", dira en conclusion, dépité, l’avocat des victimes.      

Pour sa part, Abel NAKI,  le responsable du CRI-PANAFRICAIN indiquera au public que la mobilisation des patriotes de la diaspora ne faiblira pas, "Parce que Laurent GBAGBO a gagné les élections en Côte d’Ivoire…" Qui plus est, qu’il a été investit par le conseil constitutionnel. Cela devrait suffire poursuivra t-il, pour éteindre toute forme de contestation suscitée et nourrie par Sarkozy au profit de son ami Ouattara: "Le bombardement de la résidence du président Laurent GBAGBO par l’armée française où il se trouvait avec les membres de sa famille et certains de ses proches collaborateurs, s’identifie tout simplement à un coup d’Etat mais aussi à une tentative d’assassinat, comme ce fut le cas pour le guide de Jamahiriya Libyenne, le colonel Kadhafi."  Martèlera Abel NAKI, invitant les résistants Africains à une mobilisation constante pour la libération de Laurent GBAGBO.       

Mireille SAKI auteur du très documenté livre: "La charte de l’impérialisme, une charte de la servitude "quatrième oratrice du jour enfoncera le clou en dénonçant les pactes de servitudes abusivement appelés traités de coopération signés entre la France et certains pays Africains. S’appesantissant sur le cas de la Côte d’Ivoire, elle révélera que c’est le 19 février 1842 que la France conclura son premier traité avec la Côte d’Ivoire. Une situation qui montre clairement que depuis cette date, la Côte d’Ivoire est sous tutelle de la France. "La France n’est pas prête à quitter la Côte d’Ivoire de sitôt…", dénoncera t-elle. Aussi, invitera- elle la nouvelle génération à poser sereinement le diagnostic de cette situation pour en tirer les conclusions les plus utiles.      

Pour finir, les uns et les autres ont appelé à la libération du président Laurent GBAGBO injustement détenu à la Haye. A cet effet, et devant le retard dans le verdict de l’audience de confirmation des charges. Maître Norbert Tricaud, conseil du Sénateur Jean Pierre Bemba, détenu également à la Haye dénoncera le manque de sérieux dans les accusations portées contre le président Laurent GBAGBO. En grand connaisseur des rouages de la CPI, il dira: "Dans l’affaire GBAGBO contre le procureur, l’accusation s’est ridiculisée. La nullité des preuves et autres documents comme la vidéo du Kenya attribuée aux partisans de GBAGBO montre bien qu’il n’y a rien de sérieux et de solide  contre GBAGBO. Ce qui se passe à la Haye n’est pas le procès de Laurent GBAGBO mais celui de la CPI. L’objectif de toute cette agitation c’est qu’ils veulent tout simplement liquider politiquement Laurent GBAGBO…", clamera l’avocat du dirigeant Congolais. 

 

Augustin Djédjé

djedjenet64@yahoo.fr 

 

Source: Le blog de Steve Beko

vendredi, 10 août 2012

DROIT DE REPONSE D'ABEL NAKI A HAMED BAKAYOKO


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Droit de réponse d'Abel Naki, Président-fondateur du CRI-panafricain à M. Hamed Bakayoko, Ministre d'Etat, Ministre de l'Intérieur de Côte d'Ivoire


 

M. Hamed BAKAYOKO, Ministre d’Etat, ministre de l’intérieur de Côte d’Ivoire,

 

Permettez-moi de vous adresser quelques lignes sur ma vision de la gestion des Affaires de l’Etat, tout en faisant l’économie de la définition de ce dernier.

La Côte d’Ivoire, ce grand pays qui a connu d’éminents dirigeants tels que feu Félix Houphouët-Boigny, qui lui conférera son indépendance le 7 août 1960, puis Laurent Gbagbo avec qui notre jeune nation connaîtra le pluralisme politique en 1990, lequel pluralisme donnera naissance aux élections libres, transparentes et démocratiques, ne saurait plonger dans l’obscurantisme au point d’accoucher des hommes d’état de votre carrure, aux agissements qui humilient plus d’un ivoirien. Car depuis votre arrivée aux affaires de l’état, nous sommes nombreux, ivoiriens à être tentés de jour en jour à nier notre appartenance à cette nation, tellement votre mépris pour vos concitoyens a dépassé le seuil de l’intolérable. Bref.

Maintenant, souffrez que je vous donne mon opinion sur les accusations mensongères que vous avez proférées hier, mercredi 8 août 2012, sur ma personne, au cours de votre rencontre avec la presse ivoirienne à Abidjan.

Alors qu’en votre qualité de Ministre d’Etat, ministre de l’intérieur de Côte d’ivoire, vous communiquiez sur les récentes attaques perpétrées selon vous-même par des « assaillants non identifiés », vous déclarez à la face du monde, parlant des auteurs présumés de ces attaques :

« (…) L’une des personnes arrêtée a collaboré très franchement avec nos services (…) A la question de savoir qui était leur chef, cette même personne qui a participé aux opérations, nous a dit que le chef s’appelait Gédéon qui était son nom de code. L’exploitation de tous les portables retrouvés sur le théâtre des opérations a permis de noter que ce Gédéon était une des pièces maîtresses de l’opération.

Nous lui avons demandé s’il savait où le Gédéon en question habitait, il a dit qu’il habitait Yopougon.

Nos forces dans la nuit d’hier ont fait une descente au domicile du Gédéon en question. La résidence avait désertée par lui et toute sa famille. Et nous avons retrouvé les indications qui nous ont permis de conclure que ce Gédéon est en fait le soldat Blé Hervé du 1er bataillon d’Akouédo. Les recoupements nous ont permis de retrouver sa photo et un avis de recherche a été émis. Il est né le 17 juillet 1980 à Daloa et il est militaire depuis l’année 2011 au BASA (….) A ce stade de l’enquête, nous avons pu établir que le soldat Blé Hervé est en contact avec beaucoup de pro Gbagbo et il est quotidiennement en contact avec M. Abel Naki qui est le coordonnateur des manifestations pour l’ancien président Laurent Gbagbo à la Haye » fin de citation.

Fonder de tels propos, après avoir arraché des aveux à un individu sous la torture (car nous connaissons vos méthodes) et sans même avoir définitivement conclu une enquête suite à des attaques dans lesquelles il y a eu mort d’homme, est bien la preuve que M. Hamed Bakayoko n’a ni la maitrise de la sécurité intérieure, ni celle de la population encore moins des biens des Ivoiriens.

Pour ce seul fait, 

Je demande la démission du Ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, à cause de son incapacité à protéger la Côte d’Ivoire et ses occupants.

Pour moi, Hamed Bakayoko a échoué dans sa mission régalienne et doit avoir l’honnêteté intellectuelle et morale de demander pardon aux peuples de Côte d’Ivoire pour tout le tort à eux causé sous sa direction depuis qu’il occupe ce ministère très stratégique et sensible de notre pays.

Deuxièmement,

Je demande au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur de Côte d’Ivoire, d’apporter la preuve de mon implication effective dans ces évènements dont il a fait mention.

Troisièmement,

C’est avec consternation et indignation que les Ivoiriens ont appris de la bouche d’une si haute autorité de l’Etat, avoir bouclé une enquête émanent d’un évènement le lendemain même des faits, alors que bien d’évènements et non les moindres, notamment les tueries de Duekoué (Nahibly), où plus de 206 civils ont été froidement assassinés par les FRCI et leurs supplétifs « Dozos », et ce depuis le 20 juillet 2012, n’ont toujours pas encore été élucidés.

Quatrièmement,

Je voudrais ici et maintenant rappeler à tous que je ne connais ni de loin ni de près le Sieur Hervé Blé ou Gedéon, dont le lien avec ma personne ne saurait prospérer uniquement que dans le fantasme du seul ministre Hamed Bakayoko.

Ainsi dit, je voudrais trouver ici et maintenant le lieu de mettre en garde M. Hamed Bakayoko pour ce qui concerne l’intégrité de la ma vie, celle de ma famille et de mes proches. Car depuis hier vous êtes tenu pour responsable de toutes les menaces et atteintes à ma vie et à celle de tous les patriotes acquis à ma cause.

Aussi, je vous informe qu’une plainte avec constitution de partie civile a été déposée auprès des autorités judiciaires françaises contre vous, pour vos propos diffamatoires et mettant ainsi ma vie en danger.

En outre, croyez-moi, monsieur le ministre que de telles stratégies dans le seul but de nous intimider ou en profiter pour endeuiller davantage de nombreuses familles avec des chasses aux sorcières, ne sauraient m’ébranler ni affaiblir l’élan des nombreux patriotes ivoiriens pour la libération de la Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi, les patriotes et moi, voudrions trouver dans vos élucubrations une force, à la proportionnelle du temps a nous consacré, au lieu d’apporter de réelles solutions aux problèmes des ivoiriens (cherté de la vie, frais d’inscription à l’université, sécurité, emploi…), qui nous galvanise davantage et à jamais.

Merci Hamed Bakayoko pour avoir mis à nu le régime de Dramane Ouattara « le tueur de Duékoué », une fois encore, après que celui-ci ait été désavoué par tous les chefs d’Etats européens, ses amis d’hier.

Enfin, je voudrais m’incliner avec respect devant la mémoire de ces millions d’Ivoiriens morts gratuitement depuis la prise de pouvoir de Ouattara en Côte d’Ivoire.

A tous mes parents, à tous les patriotes, à tous mes proches, je vous demande de rester calmes et vigilants! Car nul ne peut nous contraindre à la violence. Le président Laurent Gbagbo nous a toujours enseigné le respect de la vie humaine et l’amour du prochain. Ca sera notre guide.

Pour le reste, Alassane Dramane Ouattara et ses affidés nous trouveront sur leur chemin s’ils nous opposent la violence et l’intimidation.

La lutte devient intéressante, pourquoi ne pas y croire?

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

 

Fait à Paris, le 9 août 2012.

 

Abel NAKI, président fondateur du Cri-panafricain.

 

Source: IVORIAN.NET

vendredi, 06 avril 2012

ABEL NAKI, PRESIDENT DU CRI PANAFRICAIN, DE RETOUR DE LA HAYE OU IL A RENCONTRE LE PRESIDENT GBAGBO



ABEL NAKI ET CHRISTIAN VABE.JPG

Abel Anaki (à droite, avec Christian Vabé, Directeur de Publication de IvoireBusiness.net, à gauche): «Ce que Gbagbo m'a dit». «Le Président m'a donné des consignes». «Il m'a donné mandat».

 

Le 26 mars dernier, Abel Naki, président du Cri-panafricain, était reçu en audience par le Président Laurent Gbagbo au quartier VIP de la prison de Scheveningen à La Haye. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'était la première fois qu'il rencontrait le Président Gbagbo. Selon Abel Naki, il a fait le point de la mobilisation au Président Gbagbo, qui lui a donné des consignes et des conseils, comme un père. C'est donc un mandat qu'Abel Naki a reçu du Président Gbagbo, ce qui est une tâche très lourde.

Ce dernier a insisté pour que la diaspora, surtout celle de France mette en place un comité central pour la mobilisation. Il nous livre en exclusivité, le contenu de son entretien avec le Président Laurent Gbagbo. Il parle avec émotion du mandat qu'il a reçu par ce dernier pour travailler à l'union de la résistance. Tâche à laquelle il a commencé à s'atteler sans délai, et dans la plus grande humilité.


Christian Vabé


IvoireBusiness : Pourquoi êtes-vous allé voir le Président Laurent Gbagbo ?

Abel Naki: Je suis allé voir le Président parce que la CPI m'a convoqué pour me donner rendez-vous avec le Président. C'est une visite qui m'a permis de faire le point de la mobilisation, parce que c'est de ça qu'il s'agit, et de lui faire part de toutes nos actions que nous avons menées peu avant le 11 avril 2011 et juste après le 11 avril, jusqu'à aujourd'hui.

IvoireBusiness: Est-ce pour vous une reconnaissance que le Président ait accepté de vous recevoir ?

Abel Naki: Ce n'est pas une reconnaissance pour moi en tant que Abel Naki, mais c'est une reconnaissance pour toute la diaspora, pour chaque leader, pour chaque responsable d'association, pour chaque responsable de mouvement. Pour tous ceux qui de près ou de loin ont pu apporter leur pierre à l'édifice de la résistance. Je pense que c'est une reconnaissance du Président au combat que nous avons commencé à mener au niveau de la diaspora.

IvoireBusiness : A la veille de cette visite au Président Laurent Gbagbo, vous avez été arrêté. Pourquoi ?

Abel Naki: J'ai été arrêté parce que les forces de l'ordre, sinon les services de police ont estimé que j'avais eu des propos antisémites, des propos terroristes. Ils ont dit que je faisais l'apologie du terrorisme et que je soutenais Mohamed Merah, celui qui a perpétré les tueries de Montauban et de Toulouse.

C'est pour ces raisons que j'ai été arrêté. J'ai dit ici que mes propos ont été mal interprétés et mal compris parce que c'est dans un cheminement, dans un raisonnement que le nom de Mohamed Merah est sorti. Ce n'était peut-être pas le bon exemple à choisir. C'était dans un cheminement bien précis et cela a été mal interprété par les services secrets français qui étaient présents à la manifestation.

IvoireBusiness : Est-ce à dire que vous ne soutenez pas les actions de Mohamed Merah ?

Abel Naki: Je ne peux pas soutenir les actions de Mohamed Merah parce que je ne suis pas un terroriste. Mohamed Merah a été qualifié de terroriste. Je ne suis pas un antisémite. Je ne peux pas soutenir et je ne peux pas louer les actions de Mohamed Merah. Les services secrets français nous connaissent parce que ça fait plus d'un an que nous sommes dans les rues de Paris. Et nous travaillons avec eux car ce sont eux qui coordonnent nos marches. Ce sont eux qui sont avec nous dans les marches, nous les connaissons, ils nous connaissent, on n'a jamais tenus de tels propos. Il est arrivé que cette fois le nom de quelqu'un qui est l'objet d'actes terroristes et d'actes antisémites est sorti dans mes propos. Mes propos ont été mal interprétés tout simplement parce que nous sommes dans une période très sensible où il y a des noms qu'il ne faut pas prononcer.

IvoireBusiness : Est-ce vous avez évoqué cette question avec le Président ?

Abel Naki : Avec le Président, j'ai évoqué cette question mais je ne suis pas rentré dans les détails.

IvoireBusiness : Que lui avez-vous dit ?

Abel Naki: J'ai dit au Président que je venais de sortir juste d'une garde-à-vue et le Président m'a dit, on t'a encore arrêté? J'ai un peu tiqué et je me suis rendu compte que le Président était informé de tout. Que j'aie parlé de cette affaire ou pas, je me suis rendu compte que le Président était informé de tout. Je lui ai simplement dit que j'ai été arrêté par rapport à la manifestation que nous avons faite et que mes propos avaient été mal interprétés.

IvoireBusiness: Comment avez-vous trouvé le Président ?

Abel Naki: J'ai trouvé le Président en tout cas serein, en très bonne forme, en bonne santé, et jovial. C'est en tout cas le Laurent Gbagbo que nous avons toujours connu et courtois. J'ai trouvé en tout cas un Président de la République droit dans ses bottes, avec toutes ses facultés en place. Il y a même pendant notre entretien, de petites anecdotes qu'il ressortait et qui me faisaient penser à quand il était encore aux affaires en Côte d'Ivoire.

IvoireBusiness : De quelles anecdotes s'agit-il ?

Abel Naki: En tout cas, je vais me garder de dire certaines choses que j'ai eu à évoquer avec le Président. Tout ce qu'on doit savoir, c'est que le Président se porte très bien et qu'il est en bonne santé.

IvoireBusiness : Que vous a dit le Président Gbagbo ?

Abel Naki: Le Président a insisté sur l'union de la mobilisation parce que moi Abel Naki, résistant à Paris avec tous mes camarades ayant fait le point de la mobilisation et de tout ce qui entre en ligne de compte, le Président a souligné que c'est l'union dans la mobilisation qui est essentiel. Le Président a donc insisté sur le fait que nous soyons unis parce que les divisions entre nous, il est au courant et ça l'a beaucoup affecté. Son plus grand souhait, c'est que tous ses enfants, tous les ivoiriens, en tout cas tous les leaders soient unis pour pouvoir gagner ce combat-là.

IvoireBusiness : Vous-a-t-il donné mandat pour travailler à cette union ?

Abel Naki: On ne peut pas dire que j'ai eu mandat. Mais je pense que j'ai eu un mandat par le fait d'y aller et que le Président mette l'accent sur l'union, je pense que j'ai eu mission pour œuvrer à ce qu'effectivement, il y ait union dans toutes nos activités, dans tout ce que nous faisons.

Je m'attèle à cela. Quand je suis revenu, j'ai appelé tous mes camarades, tous ceux avec qui on pouvait peut-être ne pas s'entendre, je les ai tous appelés pour leur faire part de ma visite au Président et leur faire un compte-rendu. Je pense qu'il faut que nous nous inscrivions dans cette dynamique unitaire pour pouvoir gagner le combat.

IvoireBusiness: Alors ce mandat du Président, comment comptez-vous l'utiliser? Allez-vous écraser vos adversaires ?

Abel Naki: On ne pas revenir de chez le Président Laurent Gbagbo et avoir un air hautain ou alors vouloir écraser les autres! Parce que vous-même, quand vous le voyez et quand vous le rencontrez, vous vous dites que vous n'êtes rien par rapport à lui. Donc ça permet à ceux qui le rencontrent de pouvoir se maintenir dans leur position d'humilité. C'est donc vraiment avec humilité que je prends ce mandat. Je ne suis pas le chef de quelqu'un, je ne suis pas le patron de quelqu'un. Je suis allé voir notre chef à nous, la phrase ou le mot d'ordre qui est sorti, c'est l'union dans la mobilisation, je l'ai bien compris et je voudrais bien le transmettre à mes camarades pour que nous puissions tous travailler à cette union-là. Chacun peut avoir son groupe, chacun peut avoir son association, son mouvement, mais quand il s'agit des grands rassemblements, quand il s'agit des grandes plateformes, il est important et impératif que nous soyons sur la même longueur d'onde et que nous puissions travailler de façon unitaire.

IvoireBusiness : Avez-vous parlé de Miaka Ouretto, car ce dernier, lorsqu'il est allé voir le Président a dit que Koné Katinan n'était pas le porte-parole de Laurent Gbagbo ?

Abel Naki: Vous savez, cette visite au Président, ça a été une surprise pour moi. C'est avec honneur que je l'ai rencontré. Nous n'avons pas parlé de ces choses, parce que j'estime que je ne suis pas allé le voir pour parler de ça. Et je n'ai pas évoqué ce problème parce que je considère que ce n'est pas un problème qui me concerne moi. Ce qui me concerne et qui concerne mes camarades de lutte, c'est la mobilisation. Alors j'ai fait le point et le Président nous a donné des consignes. Il nous dit d'être unis dans la mobilisation. Donc, je n'ai pas touché tous ces aspects parce que je ne suis pas responsable du FPI, ni représentant du ministre Koné Katinan. Donc je n'ai pas abordé ces sujets.

IvoireBusiness : Récemment, Laurent Gbagbo était au centre de l'actualité, surtout par IvoireBusiness qui a évoqué l'imminence de son empoisonnement à La Haye. En avez-vous parlé ?

Abel Naki: Lorsqu'on discutait et que je lui posais des questions sur sa santé, il me disait qu'il était en bonne santé et qu'il était bien traité. L'imminence de cet empoisonnement, je n'en ai pas parlé pour ne pas entrer dans des situations qui risquent peut-être de fâcher la CPI. Parce qu'il ne faut pas ignorer que là où nous sommes assis, il y a peut-être une camera qui nous regarde ou des micros. Donc j'ai pris sur moi de ne pas parler de ces choses-là, parce que c'est quand même de la CPI qu'il s'agit dans ce cas précis. J'ai eu le réflexe de ne pas en parler.

IvoireBusiness : Comment le Président Laurent Gbagbo appréhende t-il l'ouverture de son procès le 18 juin prochain ?

Abel Naki: Le Président compte d'abord sur lui-même, sur ses avocats qui font un travail excellent et il compte sur la mobilisation de la diaspora et de tous les ivoiriens. Alors, il a insisté pour que nous la diaspora, surtout nous en France, parce que c'est nous qui sommes allés le voir, nous mettions en place un comité central pour la mobilisation, pour qu'il n'y ait pas plusieurs organisateurs, et qu'il n'y ait pas différents prix pour décourager bon nombre d'ivoiriens, et bon nombre d'africains qui ont envie de participer à ce procès. Alors, nous allons mettre en place un comité central d'organisation avec toutes les sensibilités et tous les différents mouvements, toutes les plateformes et coalitions. Pour que tous les ivoiriens, on ait un seul langage et un seul moyen de transport pour aller à La Haye, le 18 juin prochain.

IvoireBusiness : Comment avez-vous trouvé le Président, a-t-il récupéré ?

Abel Naki : Il a récupéré, il m'a même accompagné jusqu'à la sortie.

IvoireBusiness : Comment était habillé le Président ?

Abel Naki: Le Président avait porté une tunique, mais je peux dire que sous l'émotion, je n'ai même pas remarqué la couleur de son pantalon, je n'ai même pas remarqué les chaussures qu'il avait portées. C'est pour vous dire que c'était pour moi un honneur de voir celui pour qui nous avons lutté depuis 2002 jusqu'aujourd'hui en 2012. C'était un grand jour, je n'avais jamais vu le Président Laurent Gbagbo face à face. On l'a toujours vu à la télévision ou de passage dans un cortège présidentiel. Mais imaginez-vous, moi Abel Naki, assis dans une petite salle d'audience seul à seul avec le Président de la République et sans témoin. C'était très émouvant et je peux vous dire qu'il était lui aussi très content de me voir. Quand il m'a vu, il a grandement ouvert ses bras. En tout cas, c'était une visite d'un fils à un père. C'est comme ça que je qualifie ma visite à Laurent Gbagbo.

IvoireBusiness : Quel appel avez-vous à lancer ?

Abel Naki: Je voudrais lancer un appel aux ivoiriens d'être sereins, parce que le Président Laurent Gbagbo compte sur toute la Côte d'Ivoire. Il est informé sur tout ce qui se passe en Côte d'Ivoire et hors de la Côte d'Ivoire, c'est-à-dire dans la diaspora. Et il compte sur nous pour pouvoir gagner son procès. Et le 18 juin, il faut que tous les ivoiriens du monde entier et toute la diaspora, puissent se rendre à La Haye, afin que nous allions soutenir notre Président.

IvoireBusiness : Merci, Abel Naki!


Propos recueillis à Paris par Christian Vabé.


Source: IVOIREBUSINESS