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mercredi, 19 décembre 2012

ABIDJAN, VILLE LUMIERE POUR CERTAINS, VILLE POUBELLE POUR D'AUTRES

 

ABIDJAN VILLE LUMIERE 2 - 1.JPG


Ça y est, c'est parti pour la deuxième édition d'"Abidjan ville lumière", officiellement lancée ce samedi soir par les autorités de la capitale économique et principale ville du pays.

En effet, les décorations installées pour la plupart au niveau du quartier central du plateau, de ses abords et sur quelques autres axes de grande fréquentation routière abidjanaise, se sont l'espace de quelques heures illuminées pour la grande joie de certains badauds profitant de l'occasion pour en faire une sortie pas cher et rompre ainsi avec l'ennui habituel des fins de semaine de la capitale.

En effet, si Abidjan ne compte (pas, plus?) de cinéma, de musée, de quartiers piétons modernes et animés, d'espace publics de promenade à l'image des villes modernes du vingt et unième siècle, elle brille au moins par sa capacité et son potentiel de dépenses (près de 5 milliards de Fcfa selon les indiscrétions, Ndlr) et ce pour des plaisirs visuels éphémères qui ont bien du mal à faire oublier sa saleté incommensurable, ses odeurs nauséabondes, son réseau routier obligeant aux 4X4, sa pollution et sa vétusté d'ensemble .

ABIDJAN VILLE LUMIERE 2 - 2.JPG

C'est en tout cas le constat fait par KOACI.COM sur le terrain, ce samedi soir, auprès des ivoiriens abordés; les lumières font plaisir mais ne font pas oublier la réalité. "On vit dans une poubelle mais on tente de faire comme si de rien n'était, nous sommes tous responsables; cela dit, y a juste à voir la lagune et les ordures partout pour comprendre que c'est pas maintenant que ça va changer; en attendant, ils nous blaguent avec des lumières, on prend et on fait avec même si on imagine bien que cet évènement a donné la possibilité d'énormes détournements, on n’est pas dupe", livre Mamadou, un habitant de Treichville venu en famille, voire plus, pour admirer les faisceaux lumineux du Plateau.

"Bon, moi ça me plait, je fais avec; le reste, ça va aller petit à petit; on est en Côte d'Ivoire faut pas oublier, l'ivoirien est propre mais sa maison est sale, comme dit la chanson; dans mon quartier y a même pas de route ni d'égouts, donc en venant ici, ça nous change un peu", livre quant à elle, Solange, une fonctionnaire rencontrée à la hauteur de la place du marché en compagnie de son accompagnateur du soir.

"Je voulais être là pour le lancement; je remercie le district et la Lonaci pour cet évènement; c'est vrai que ce n'est que des lumières mais ça me plait", avoue quant à lui Souleymane, un garagiste venu d'Adjamé.

En conclusion, on dira qu'entre ville lumière et ville poubelle, en Côte d'Ivoire, il n'y a parfois qu'un pas.


Amy


SourceKOACI.COM

samedi, 01 décembre 2012

POURQUOI LES SOLDATS FRANÇAIS PORTENT PLAINTE CONTRE ALLIOT-MARIE

MICHELE ALLIOT-MARIE.jpg


Slate Afrique a pu se procurer la plainte contre l'ex-ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie pour «faux témoignage sous serment» et «complicité d’assassinat». Elle vient d’être déposée par des soldats rescapés du bombardement de Bouaké en 2004.


Huit ans après, le bombardement, le 6 novembre 2004 à 13h20 du camp militaire français de Bouaké par deux soukhoï de l’armée ivoirienne, reste entouré de quelques énigmes, même si les faits sont désormais établis. 

Deux juges du Tribunal aux Armées de Paris ont enquêté pendant des années sur cette attaque qui avait neuf morts et une quarantaine de blessés dans les rangs français. Ils ont rassemblé une collection impressionnante de témoignages de soldats du rang, mais se sont souvent heurtés à l’omerta de la haute hiérarchie militaire et politique. Les deux juges ont fini par rendre leur tablier, l’une d’elles reprochant directement à Michèle Alliot-Marie, l'ancienne ministre de la Défense, son manque évident de collaboration.

L’an passé, le TAAP a été supprimé et l’affaire confiée au Tribunal de grande instance de Paris où elle a continué à avancer à petit pas. Mais pas assez vite pour des familles de victimes qui viennent de déposer plainte, avec leur avocat Me Jean Balan, devant la commission des requêtes de la Cour de justice de la République. Cette instance, après avoir évalué le sérieux de la plainte, devra saisir ensuite le procureur de la Cour de cassation qui engagera des poursuites devant une cour composée de trois membres de la Cour de cassation et de douze parlementaires (sept socialistes, quatre UMP et un centriste).

Pourquoi Alliot-Marie est-elle visée?

Elle était ministre de la Défense à l’époque des faits et est souvent montée au feu en s’exprimant publiquement pour minimiser le nombre de victimes ivoiriennes (une soixantaine au total lors de ces journées de novembre 2004), pour justifier la remise en liberté des mercenaires biélorusses, pour limoger en 2006 le général Poncet, patron de l’opération Licorne, qui évoquait alors l’hypothèse d’une «bavure manipulée» à Bouaké, et également pour multiplier les chausse-trappes dans l’enquête…

Elle s’est comportée en bon petit soldat, à la différence de Dominique de Villepin qui est resté prudemment dans l’ombre alors qu’il était depuis 2002, le principal metteur en scène de la crise ivoirienne comme ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac, poste qu’il venait de quitter en 2004 pour l’Intérieur, avant d’être nommé Premier ministre en 2005.

Que lui reproche t-on?

Le 7 mai 2010, Michèle Alliot-Marie a été entendue par la juge Florence Michon du Tribunal aux Armées de Paris. À l’issue d’une audition de plusieurs heures, la ministre a signé un procès verbal de 22 pages qui comporte plus de 1100 lignes dactylographiées, dont les trois quarts sont consacrées aux questions très précises de la juge. Ses réponses sont souvent laconiques:

«Je ne me souviens plus qui j’ai eu en ligne»… «Je ne peux répondre car je n’en ai pas le souvenir»… «Il faut poser la question à ceux qui étaient sur le terrain. Moi, j’étais dans mon bureau à Paris»… «Je n’en ai pas le souvenir» …

Et quand elle retrouve la mémoire, elle n’hésite pas à se contredire ou à livrer des contrevérités. Exemples.

L’épisode de la fuite des mercenaires biélorusses

Rappel des faits: après avoir bombardé le mess des officiers de la base française de Bouaké, les deux Soukhoï, pilotés par Youri Suchkine et Boris Smahine, des mercenaires biélorusses employés par le gouvernement ivoirien, comme la douzaine de techniciens de maintenance qui les accompagnent, atterrissent sur l’aéroport de Yamoussoukro, sous contrôle de la Force Licorne.

Depuis quatre jours et le début de l’offensive des troupes du président ivoirien Laurent Gbagbo, ils sont surveillés, photographiés et filmés 24 heures sur 24. Au lieu de les arrêter, on les laisse regagner Abidjan, où, pour calmer la colère des soldats de base, on les met finalement au frais pendant quatre jours sous la garde de membres des forces spéciales. Avant d’enfourner huit d’entre eux dans un minibus à destination de Lomé au Togo, où Robert Montoya, un ex-gendarme élyséen sous Mitterrand est chargé de les réceptionner. Mais François Boko, ministre de l’Intérieur togolais, les fait arrêter et pendant deux semaines, il propose à la France de lui remettre les mercenaires. En vain. En désespoir de cause, il les expulse.

Dans une question, la juge Michon fait remarquer à Michèle Alliot-Marie que les huit mercenaires biélorusses détenus au Togo, auraient pu alors être auditionnés par des magistrats ou enquêteurs venus de France, qui auraient pu ensuite demander leur extradition. Réponse de la ministre:

«On m’a indiqué qu’il n’y avait pas de base juridique puisque pas de mandat d’arrêt international. C’était un membre de mon cabinet qui m’a répondu».

Interrogé en 2012, le conseiller juridique en poste en 2004 au ministère de la Défense a déclaré sous serment que non seulement, il n’avait pas été consulté, mais que s’il l’avait été, il n’aurait certainement pas donné cette réponse. En réalité, tout a été fait pour que les mercenaires s’évanouissent dans la nature.

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L'ancienne ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie lors d'une visite en Côte d'Ivoire le 31 décembre 2003. AFP-Georges Gobet
 

Pourquoi alors ne pas les avoir interceptés à leur descente d’avion? «Il s’agissait d’une zone de combats. On ne pouvait pas mettre la vie de nos soldats en danger, explique Alliot-Marie sans se démonter. Ce qui n’a pas empêché les militaires français d’effectuer une action bien plus dangereuse: la destruction à coups de hache des deux appareils.

Dans d’autres déclarations à la presse, la ministre a affirmé qu’il n’y avait parmi eux «ni pilote, ni militaire» et qu’il s’agissait «d’ouvriers de maintenance». Une affirmation contredite par plusieurs témoins, Boko, en premier lieu, qui a remis la photocopie des passeports des deux pilotes au conseiller technique français au Togo lequel les a transmises à son collègue attaché militaire. «Toutes ces informations ont été transmises à Paris», confirme ce dernier. «J’ai eu des instructions verbales, des directives précisément de ne rien faire», révèle le conseiller.

«Il aurait été intéressant de les interroger», a déclaré le général Poncet devant la juge. «Je n’avais pas envie de lâcher ces personnes. Moi je ne demandais pas mieux que de les mettre dans un avion pour les envoyer en France. J’ai obéi aux ordres».

Tout a été fait, dès les premières minutes qui ont suivi le bombardement, pour que la justice ne soit pas saisie. Les mandats d’arrêts contre Suchkine et Smahine n’ont été lancés que le 15 février 2006, soit quinze mois après les faits. Paris disposait pourtant d'un triple arsenal pour agir sur le champ. D'abord la loi Pelchat, datant du 14 avril 2003, qui réprime l'activité des mercenaires. Ensuite, l'article 65 du code de justice militaire prévoyant que sont justiciables du Tribunal aux Armées tous auteurs ou complices d'une infraction contre les forces armées françaises. Enfin, l'article 113-7 du code pénal indique que la loi pénale française est applicable à tout crime commis par un étranger hors du territoire de la République lorsque la victime est de nationalité française.

Pourquoi a-t-on visé le mess des officiers?

Rappel des faits: selon tous les témoins, l’attaque du camp français de Bouaké par les deux Soukhoïs ivoiriens a été totalement délibérée. Les deux pilotes ont parfaitement identifié l’objectif, le mess des officiers, qui était exceptionnellement fermé pour inventaire ce jour-là et aurait donc dû être vide. Il l’était, mais devant l’attitude manifestement agressive des avions lors de leur premier passage, plusieurs dizaines de soldats se sont mis à l’abri derrière le bâtiment. C’est là qu’ils ont été tués ou blessés.

Lors de son audition du 7 mai 2010, la juge Michon pose la question suivante à Alliot-Marie: «Un témoin affirme que l'attaque du camp français est le résultat d'une manoeuvre élyséenne, mise en place par la "cellule Afrique", et dans laquelle vous êtes directement impliquée, visant à faire "sauter" le président Gbagbo. Cette manoeuvre consistait à fournir à l'armée de l'air ivoirienne une fausse information sur l'objectif à bombarder (..) Le but poursuivi par l'Elysée était de faire commettre une erreur monumentale aux forces loyalistes, afin de déstabiliser le régime et de faire sauter le président Gbagbo, que les Français voulaient remplacer, peut-être par un général ivoirien réfugié à Paris (...), secrètement ramené en Côte d'Ivoire par Transall (NDLR: avion de transport), et se trouvant dans l'un des blindés du convoi qui s'est rendu jusqu'à la porte du palais». Réponse de la ministre : «Cela me paraît du pur délire».

Le général Poncet a évoqué l’hypothèse d’une «bavure manipulée». Pour l’heure, l’instruction n’a pas permis de déterminer qui avait ordonné la fermeture du mess, peu de temps avant le bombardement. 

La France a-t-elle voulu déposer Gbagbo?

Rappel des faits: le 7 novembre, le régiment bombardé la veille à Bouaké arrive peu avant minuit à Abidjan avec ses six cent hommes et sa colonne de soixante blindés. Selon les déclarations officielles, il a pour mission de prendre possession de l’hôtel Ivoire, situé à quelques centaines de mètres de la résidence de Gbagbo. Mais elle «rate» l’immeuble de 24 étages et va «se perdre» dans l’entrée présidentielle. Le face à face avec l’entourage du chef de l’État ivoirien dure deux heures avant que les militaires français ne décident de se replier vers l’Ivoire.

Cette version officielle est totalement démentie par le carnet de route du régiment de Bouaké. La colonne est bien arrivée vers 23h30 pour se diriger vers la résidence présidentielle, où elle a stationné jusqu’à 2h30 avant de mettre le cap vers son cantonnement, le Bima, situé près de l’aéroport d’Abidjan.

Vers 5 heures, elle a pris de nouveau le chemin de l’Ivoire où elle s’est installée. Son objectif originel était donc la résidence présidentielle. La présence aux côtés des militaires français du général Mathias Doué, chef d’état major de Gbagbo, est attestée par les comptes-rendus de l’armée, notamment à partir du 8 novembre. Surnommé «le chinois», Doué a été limogé de son poste par Gbagbo le 13 novembre.

La plainte de soldats devant la Cour de justice de la République comporte d’autres éléments troublants, rapportés par l’enquête de la justice française. On apprend ainsi que les aéronefs ivoiriens (Soukhoï et Mi 24) n’ont pas été détruits sur instruction de Jacques Chirac, mais ont commencé à être démolis à la hache 43 minutes après l’attaque meurtrière, sur un coup de colère, bien compréhensible, de militaires apprenant la mort de leurs camarades. Le bombardement de Bouaké est donc loin d’avoir livré tous ses secrets.


 
Alexandre François, le 27 novembre 2012.

 


mardi, 18 janvier 2011

MALAISE DANS LES COULOIRS DE L'ONU : UN DOCUMENT EVOQUE UN ASSAUT SUR ABIDJAN


SIEGE ONU.jpg

In Le nouveau Courrier N°180 du 17 Janvier 2011 par Benjamin Silué


L'attaque, menée par les Forces nouvelles et dans laquelle l'ONUCI devrait jouer sa partition, devrait se dérouler entre le 19 et le 23 janvier.


Un journaliste de l'agence Inner City Press, accréditée auprès de la Maison de Verre, siège des Nations Unies à New York, a levé le lièvre lors d'un point de presse avec le porte-parole de l'Organisation. Il a évoqué tout haut un document circulant dans les cercles des journalistes, notamment français. Précisant que ce document n'a pas encore été authentifié, il en a révélé le contenu. Les Forces nouvelles, indique le mémo, auraient l'intention de sortir de l'hôtel du Golf entre le 19 et le 23 janvier pour lancer un assaut sur Abidjan, et créer un embrasement général. Le document affirme que les forces onusiennes devraient jouer leur partition dans ce schéma. Interrogé à ce sujet, le porte-parole s'est contenté de dire qu'il vérifierait que l'ONUCI est au courant de ce document, et ce qu'en pensent ses responsables.

Une autre polémique a été exportée à New York, à propos des vivres «de luxe» destinés aux locataires de l'hôtel du Golf, transportés par l'ONUCI et interceptés par des civils ivoiriens à la Riviera Golf. Un journaliste a voulu savoir si c'est l'ONU qui était responsable de payer cette facture. Le porte-parole des Nations Unies, Martin Nesirky, n'aurait pas répondu à la question au cours du point de presse. Mais dans le compte-rendu final, la réponse suivante a été introduite. «La nourriture est la nourriture de l'ONU.» Extrait de dépêche : «S'agit-il des aliments du Programme Alimentaire Mondial (PAM) ? Ce genre de biscuits à haut calories, ou des sacs de riz ainsi que la farine que l'ONU offre dans de nombreuses régions du monde ? Des sources onusiennes ont dit à Inner City Press que dans le camp Alassane Ouattara - des centaines de personnes - sont fournis avec des aliments présidentiels», commente un membre du personnel de l'ONU très amer, et tout cela avec l'argent de l'ONU. On parle du linge dans l'hôtel qui est changé tous les jours : un nouveau droit de l'homme peut-être.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 22 décembre 2010

ASSASSINAT DE LAURENT GBAGBO : UN COMMANDO DE 26 SNIPERS A ABIDJAN DEPUIS HIER



SNIPERS 2.jpg

In Le Nouveau Courrier N°160 du 22 Décembre 2010 Gilles Naismon


Le président français, après avoir donné un ultimatum de 72h (qui n'a eu aucun effet) à Laurent Gbagbo pour quitter le pouvoir, veut passer à l'action militaire, en éliminant le président ivoirien.

Nos sources au Burkina Faso et dans l'Hexagone, notamment à Paris, sont formelles et confirment aisément cette information sur laquelle travaillent les fins limiers ivoiriens. 26 snipers de l'armée française, des hommes de couleur, ont pu rallier Abidjan via Ouagadougou et Bouaké avec l'appui de l'Opération des Nations-Unies en Côte d'Ivoire (Onuci), qui les a habillés dans ses uniformes. Encagoulés sous le couvert de «soldats de la paix», ces tireurs d'élite se sont vus confier la tâche d'exécuter un certains nombre de personnalités du pouvoir parmi lesquelles figure en première place l'actuel président de la République Laurent Gbagbo. Les 26 tireurs d'élite, qui ont transité par Ouagadougou, ont pu prendre des instructions auprès du général Emmanuel Beth, ancien commandant de l'opération Licorne et actuel ambassadeur de la France au Burkina Faso. La nomination de celui-ci à ce poste était perçue comme un positionnement stratégique dans la poursuite de déstabilisation d'Abidjan, au cas où Ouattara perdrait les élections présidentielles à la régulière.

SNIPERS 3.jpg

Le gouvernement américain cité dans le convoyage de mercenaires allemands

Le gouvernement américain, vu que son numéro un s'est impliqué fortement dans l'opération « tout sauf Gbagbo », est également très actif dans cette opération «tout sauf Gbagbo ». Ainsi, l'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique a sollicité et obtenu une autorisation de survol et d'escale à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny accordée sous le N°1353/PR/EMP. Il s'agissait d'un appareil de type GULF STREAM N°186/PA ou N°184 PA ou SUBS exploité par la compagnie Phénix Air avec pour commandant de bord, le commandant Brian Edminster qui devait atterrir comme prévu à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny. Au grand étonnement des autorités légales du pays, l'appareil descend à Bouaké, fief des rebelles, via Alger, la capitale algérienne. Un commando de mercenaires composé d'une douzaine d'allemands a été débarqué. En réalité, l'autorisation d'escale et de survol demandée par les Américains pour enquête à leur ambassade d'Abidjan, suite à une roquette qui l'aurait touchée jeudi dernier, n'était qu'un prétexte pour brouiller les pistes et avoir accès à l'un des aéroports ivoiriens.

Une délégation de Ouattara a séjourné au Burkina pour boucler l'opération

Dans la nuit du 19 au 20 décembre dernier, le président du Rdr, Alassane Ouattara a envoyé une délégation auprès du président burkinabé pour solliciter, selon des sources crédibles, un «soutien logistique, matériel et humain». Ce soutien vise à engager une épreuve de force visant à mettre à la tête de la Côte d'Ivoire Alassane Ouattara. Le président Blaise Compaoré, à qui la demande a été adressée, a confié le dossier au colonel Diendiéré Gilbert, son chef d'état-major particulier. La délégation d'ADO et le colonel Diendieré ont eu une séance de travail à cet effet le 20 décembre à Ouagadougou.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

vendredi, 05 novembre 2010

RESULTATS COMPLETS PROVISOIRES DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE EN COTE D’IVOIRE

 

1834041327.jpg

La carte des résultats de l'élection présidentielle

 

1- Suffrage par candidat


SUFFRAGES
EXPRIMES


POURCENTAGE (%)

RANG

AKOTO

4 715

0,10

13ème

ANAKY

10 594

0,23

10ème

BEDIE

1 142 815

25,24

3ème

DOLO

5 931

0,13

11ème

ENOH

5 271

0,12

12ème

GBAGBO

1 738 689

38,3

1er

GNAMIEN

16 996

0,37

5ème

KOUADIO

12 254

0,27

8ème

LOHOUES

12 371

0,27

7ème

MABRI

118 419

2,59

4ème

OUATTARA

1 473 970

32,08

2ème

TAGOUA

11 547

0,25

9ème

TOHOU

2 405

0,05

14ème

WODIE

13 275

0,29

6ème

TOTAL

4 569 252 voix

100%

14


2- Suffrage par région


CARTE COTE D'IVOIRE.gif


BEDIE

GBAGBO

OUATTARA

AGNEBY

12,08

74,89

11,01

BAFING

5,17

15,87

73,35

BAS SASSANDRA

41,45

34,68

20,62

DENGUELE

2,52

2,56

93,42

DIASPORA

12,09

34,24

50,41

FROMAGER

24,44

53,25

20,95

HAUT SASSANDRA

25,07

45,10

27,95

LACS

69,03

12,99

15,35

LAGUNES

19,31

46,88

31,37

MARAHOUE

30,87

45,39

21,73

MONTAGNES

4,34

40,15

15,24

MOYEN CAVALLY

23,61

53,26

17,35

MOYEN COMOE

34,40

41,80

20,77

N'ZI COMOE

65,53

24,24

7,20

SAVANES

4,92

6,50

85,90

SUD BANDAMA

28,92

47,48

21,86

SUD COMOE

20,24

55,06

22,49

VALLEE DU BANDAMA

38,56

9,41

49,85

WORODOUGOU

4,12

6,94

87,13

ZANZAN

30,38

36,21

24,95

CÔTE D'IVOIRE

24,83

38,11

32,50

ETRANGER

12,09

34,24

50,41

TOTAL

25,24%

38,3%

32,08%

 


Source: Le Blog Aller de l'Avant

dimanche, 27 juin 2010

PLUIES DILUVIENNES A ABIDJAN: IMMOBILISME COUPABLE ET ABSENCE DE PROSPECTIVE!

INONDATIONS A ABIDJAN.jpg

Je l'écrivais, le 17 juin 2009, sur ce blog :

« Que de sinistres dans notre capitale économique, Abidjan, après les premières pluies diluviennes de ce mois de juin, qui en promet bien d'autres! Et chaque année, même scénario, même élan de compassion des autorités, mêmes visites des lieux, mêmes dons de soutien, et toujours même désordre dans l'habitat urbain, même tolérance du ministère de tutelle, même complaisance généralisée, mêmes installations et constructions anarchiques, même immobilisme de l'Etat face à la précarité de l'habitat, à Abidjan et en Côte d'Ivoire (crise oblige? Trop facile!), même résultats logiques, chaque année, et même ballet hypocrite, mêmes actions de sauvetage, mêmes plans de raccommodage (ORSEC)!

Pauvre de ma Côte d'Ivoire! A quand une politique véritable de l'habitat et de l'assainissement, dans mon pays, et à quand une véritable action de déguerpissement et de RECASEMENT assisté par la nation toute entière, diligemment piloté par l'Etat? DIEU seul le sait. Pour l'heure, on est dédouané par la polarisation tous azimuts sur la sortie de crise. Pour l'heure, silence, on compte nos morts! Macabre décompte! »

Cette année 2010 n'a aucunement fait exception ! Loin s'en faut. Elle a été même bien pire que les précédentes. Elle a néanmoins en commun avec elles le même ballet hypocrite et les mêmes mesures impopulaires et inopérantes. Ainsi va ma Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO

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23:49 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : côte d'ivoire, abidjan, inondations, pluies diluviennes, déguerpissement | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 13 avril 2010

ABIDJAN: DEUXIEME JOUR DE GREVE DES TRANSPORTEURS

GARE RIVIERA PALMERAIE.jpg

Photo: La gare des wôrô-wôrô de la Riviera Palmeraie désespérément vide

La rumeur s’est confirmée. La grève des transporteurs s’est prolongée.  Abidjan s’est réveillé ce mardi matin comme hier lundi. Sans moyen de transport.

Au deuxième jour de ce mouvement de grève, les causes sont les mêmes : l’augmentation des prix du carburant.

Boulevard Mitterrand. La voie principale reliant Cocody (la commune présidentielle) à Bingerville (ancienne capitale de la Côte d’Ivoire). Il est 08 heures, ce mardi, mais déjà la circulation est fluide. Véritable tape à l’œil pour qui sait que d’habitude, à cette heure, un énorme embouteillage engorge la voie. L’usager averti remarque aussi qu’il n’y a aucun véhicule de transport en commun. Ni taxi compteur, ni gbakas (véhicule de transport en commun de 18 places environ), ni wôrô-wôrô (taxi communal).

Sur les trottoirs, les habitués de ce mode de transport s’agglutinent peu à peu. Espérant que les choses ont évolué. Le lot de voitures privées se pavanant sur la chaussée, les fait vite déchanter. Dans les gares, c’est le calme plat. Les transporteurs sont décidés à aller jusqu’au. Comme ce transporteur en colère qui ne démord pas.

« Cette fois nous allons tenir une grève illimitée jusqu’à ce que le prix de l’essence baisse. Nous sommes fatigués de rouler et que nos bénéfices ne servent qu’à payer le carburant ».

C’est l’exemple de la gare de wôrô-wôrô de la Riviera palmeraie (un quartier huppé). «Ce matin il n’y avait aucun wôrô-wôrô à la gare», déclare un habitant du quartier. Outre le secteur routier, certaines écoles ont du faire «journée morte». C’est le cas de l’Université de Cocody où des examens ont dû être reportés. «Nos camarades n’ont pu être là, on a donc été obligés de reporter la composition», explique  Silvère Della, étudiant en Faculté de psychologie.

La réponse ingénieuse des populations

Pour les uns, la solution se trouve dans les raccourcis. «C’est dans ces situations qu’il est important de connaitre ces petits chemins qui vous mènent à destination», explique en riant un étudiant. Pour lui, il suffit de s’armer de courage. Juste assez pour marcher jusqu’à destination. A condition que le chemin ne soit pas long. Dans ce cas la solution reste le  bus. «Pour nous qui allons loin, le bus reste le meilleur moyen de transport», confie une jeune fille en réponse à l’étudiant. Le bus reste, en effet, le seul moyen de transport en commun encore accessible. Le nombre des usagers des bus a explosé, depuis hier, lundi. Mais jusqu’à quand encore les usagers vont-ils supporter cette situation ?

Roland N’Dekploman


Source: Avenue 225


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Grève des transports en commun abidjanais : que se passe-t-il ?

Depuis hier matin, vous avez, vous qui vivez à Abidjan, remarqué comme moi qu'il était difficile, voire impossible de trouver un taxi, un wôrô-wôrô ou même un gbaka. La raison : les transporteurs ont décidé de protester contre la récente augmentation des prix à la pompe des carburants (le 1er avril dernier), qu'ils jugent de trop. Voici la teneur d'un article de Cinthia Aka du Nouveau Réveil qui en parle :

« Les chauffeurs de taxis communaux commencent à partir d'aujourd'hui une grève illimitée en raison de la hausse du prix du carburant. Dans une déclaration, à nous parvenue, le président du comité de crise des syndicats, acteurs et auxiliaires du transport (Ccsat), a déploré le manque d'attention de la part du gouvernement de la Côte d'Ivoire, à leur cri du cœur, à la suite de l'augmentation du prix du carburant à la pompe le 1er février 2010. "Le gouvernement de la Côte d'Ivoire n'ayant pas été attentif à notre cri du cœur suite à l'augmentation du prix du carburant à la pompe le 1er février 2010, cette 2ème augmentation du prix du carburant entrée en vigueur le 1er avril est insupportable pour tous les Ivoiriens en général et pour notre secteur en particulier. C'est alors pour parler d'une même et seule voix, face à cette augmentation de trop, que le comité de crise des syndicats, acteurs et auxiliaires du transport, a reçu mission de la base, de faire un arrêt général de travail dénommé : "Journées sans transport", à partir du lundi 12 avril 2010, et cela, jusqu'à ce que le prix du carburant soit revu a la baisse. Nous comptons sur la compréhension, la bonne foi de tous", a déclaré, le président du comité de crise, Eric Diabaté. Le patronat des transports routiers de Côte d'Ivoire, par la voix de son porte-parole Mamadou Diaby, a indiqué le vendredi dernier que les tarifs des transports connaîtront un réajustement ou une augmentation dès cette semaine ».

On est en droit de se demander pourquoi cette grève, alors qu'en matière de fixation des prix des carburants, l'heure est désormais à la transparence. En effet, tout le monde sait qu'à la suite de la conclusion d'un programme avec le FMI, l'Etat de Côte d'Ivoire s'est engagé à réajuster mensuellement les prix à la pompe en fonction de la conjoncture sur les marchés internationaux. Alors cette nième hausse n'est pas étonnante en soi !

Ce qui pourrait poser problème, ce serait son amplitude.  Même là, je crois qu'il n'y a pas de quoi foueter un chat : si on considère l'augmentation du prix du gas-oil, elle s'établit à 4,9% (de 615F à 645L le litre) contre 5,4% pour l'essence super sans plomb (de 739F à 779F le litre). Alors qu'entre février et mars 2010 (période de référence pour cette hausse), l'augmentation du prix du pétrole sur les marchés internationaux est de 7,5%, soit largement au-delà des hausses appliquées sur le marché abidjanais. Dans ces conditions, quelle est la vraie raison de cette agitation ? Ne serait-ce pas une façon de préparer les esprits à un surajustement des prix des transports, c'est-à-dire à une hausse plus que proportionnelle à celle du prix du carburant ?

J'espère que cette fois-ci, ceux qui sont les plus concernés (c'est-à-dire vous et moi), ne vont plus se comporter comme de simples spectateurs neutres et muets ! Nous aussi, on doit voir dedans...

Ch@rlie

Source: Le blog Aller de l'avant

samedi, 13 février 2010

PAS D'ELECTION EN COTE D'IVOIRE AVANT LE 31 OCTOBRE 2010!

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Le magistrat Zahiri Ziki Sébastien, qui affirme l'avoir reçu de DIEU, l'avait dit, avec beaucoup d'assurance, il y a deux années de cela. Plus d'un ne lui avaient accordé aucun crédit, ni même un regard. Est-il en passe, aujourd'hui, au regard des derniers développements de l'actualité politique ivoirienne, de confondre tous les thuriféraires et tous les Cassandres de l'Accord Politique de Ouagadougou (APO) et de la sortie de crise, qui le jetèrent aux orties et le vouèrent aux gémonies, à commencer par le Ministre Désiré Tagro, son ex-patron, qui l'avait limogé à ce motif? La suite des évènements nous le dira! En attendant, relisons-le.

 

 

C’est le 16 avril  2008 que Dieu m’a révélé, de façon précise, la date de la présidentielle, point de départ des élections générales en Côte d’Ivoire. Deux jours plutôt, le 14 avril 2008, la date du 30 novembre 2008 venait d’être fixée par Décret pris en Conseil des Ministres. Au cours des échanges que j’ai eus avec lui, le Seigneur m’a d’abord indiqué que la date fixée n’était pas bonne. Elle était placée sous un mauvais signe, le nombre de la bête appelée aussi le diable ou Satan : 666 (cf. Apocalypse 12 :9 et 13 :18) ***. Par la suite, il m’a révélé la date à laquelle il va permettre que la présidentielle soit organisée : dimanche 31 octobre 2010.

 

Il a présenté cette date comme la meilleure, non seulement parce qu’elle est conforme à sa volonté (cf. Romains 12 :2), mais aussi parce qu’elle interviendra après qu’on aura définitivement fini avec la crise armée et pour marquer la renaissance  de la Côte d’Ivoire ou un nouveau départ pour notre pays. C’est le sens du chiffre symbolique sous lequel cette date est placée : le chiffre 8, somme des chiffres composant cette date du  31/10/2010 (3+1+1+2+1= 8).

 

Le symbolisme de ce chiffre se vérifie encore par le fait que non seulement le chiffre huit vient après le chiffre sept,  mais aussi la date du 31 octobre 2010 intervient après sept ans de crise armée (8ème année, si la crise devrait se poursuivre) et après sept dates annoncées et non respectées (8ème date). Or dans le symbolisme biblique, le chiffre sept est aussi celui de l’achèvement (Genèse 2 :2-3), après lequel on assiste à un nouveau commencement ou renouveau.

 

A ce symbolisme, on peut ajouter que le 31/10/2010 intervient dans l’année du jubilé de l’indépendance de la Côte d’Ivoire (50 ans) laquelle, au sens biblique, est une année de liberté et de libération économique (Lévitique 25). Or nous l’avons dit, l’enjeu de la crise ivoirienne, c’est l’indépendance économique de notre pays, la libération du joug néocolonialiste de la France.

 

Je peux donc dire qu’avec l’an 2010, nous entrons dans le temps de Dieu, pour le début des élections générales en Côte d’Ivoire, tel qu’il l’a voulu (cf. Ecclésiaste 3 :11 et 8 :5). C’est pourquoi, selon une révélation que Dieu m’a faite le 16 novembre 2009, il ne permettra plus qu’une date autre que le dimanche 31 octobre 2010 soit fixée, pour la présidentielle dans notre pays (cf.  Daniel 2 :21-23 et Habacuc 2 :1-3).

 

 La question se pose dès lors de savoir comment nous allons y arriver effectivement ?

 

Lire toute la révélation

DISSOLUTION DU GOUVERNEMENT ET DE LA CEI: LA COTE D'IVOIRE SUR UNE PENTE RAIDE

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Le Président Laurent Gbagbo vient de dissoudre la Commission Electorale Indépendante (CEI) et le gouvernement (hier, vendredi 12 février 2010, à 20h; il était temps, en ce qui concerne le gouvernement!). A la surprise générale. Il faut l'avouer, il a pris tout le monde, ou presque, à contre-pied. La décision est justifiée mais est-elle opportune? Nul ne saura le dire avant d'avoir vu ses effets induits dans les jours et mois à venir.

Sans d'emblée en juger, je crois avec force que tandis que nous y sommes (cas de force majeure), il faut faire un grand nettoyage dans le cercle gouvernemental. Je précise ma pensée. A vouloir un gouvernement de sortie de crise, autant y aller de la façon la plus radicale qui soit: Le Premier Ministre Soro Guillaume et le Président Gbagbo doivent nous "pondre" une équipe de personnalités neutres et de technocrates. Il doivent, eux-mêmes, se dessaisir de tous leurs proches, trop marqués politiquement, en renouvelant cette incroyable équipe de crabes, de crapauds et de scorpions faite de DNC, de DDC, de militants outrancièrement engagés, de responsables politiques de premier plan et autres, qui tirent la Côte d'Ivoire vers le bas. Ce côté peut être positif pour notre pays. Parce que nous sommes fatigués de voir ces hommes et ces femmes, marqués politiquement, être payés à ne rien faire... Du moins, payés à piller les caisses de leurs ministères pour le compte de leurs partis politiques.

Mais comment les hommes politiques ivoiriens et surtout les "opposants" du Président Gbagbo et leurs relais élyséens vont-ils gérer cette situation nouvelle, cette nouvelle donne, et que va t-il en advenir à la Côte d'Ivoire? J'en donne ma langue au chat et je m'en remets à DIEU! L'avenir n'a jamais été plus incertain. Ivoiriens, il va nous en falloir des tripes!

Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire!

DINDE Fernand AGBO

 

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Dissolution de la CEI et du gouvernement:

L'intégralité du discours du Président Laurent Gbagbo

"Depuis près de deux mois, une grave crise secoue la Commission électorale indépendante (CEI). Comme nous le savons, en particulier à l’issue de l’enquête diligentée par le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan Plateau, le Président de cette institution, Monsieur Robert Beugré Mambé a mené une opération illégale, visant à obtenir l’inscription frauduleuse de 429 030 personnes sur la liste électorale.

Cette affaire intervient alors que nous sommes dans la dernière phase de l’établissement de la liste électorale, dernière étape vers l’organisation du scrutin présidentiel.

Ainsi, au moment où nous pensions être au bout de nos efforts pour avoir des élections propres, nous constatons qu’en réalité le processus de paix que nous avons patiemment élaboré est pris en otage par des partis politiques à travers leurs représentants au sein des institutions chargées de le mettre en œuvre. Le président de la Commission Electorale Indépendante n’a pas agi conformément à ce que la nation était en droit d’attendre de lui à savoir, demeurer rigoureux, neutre et impartial.

C’est dans ce contexte que l’on voit se multiplier des attaques contre les symboles de l’Etat : Des tribunaux saccagés à Divo, Man, et Katiola. Des sous-préfectures incendiées, notamment dans le département de Vavoua.

Ces faits montrent que nous ne sommes pas face à une simple crise dans la crise. Au-delà du processus électoral, c’est l’Accord Politique de Ouagadougou dans son ensemble que l’on veut saboter. Je rappelle que cet accord, signé entre les Forces Nouvelles et le président de la République, vient de notre volonté de donner un instrument à la Côte d’Ivoire pour aller à la paix. Il nous a permis de faire des progrès qu’aucun autre instrument ne nous avait donné l’occasion de réaliser. Nous n’avons aucune raison de l’abandonner. Au contraire, nous devons lever tous les obstacles à sa mise en œuvre.

Aujourd’hui, malgré tous les acquis, le processus de paix est à nouveau en panne. Nous sommes toujours face aux mêmes circonstances qui nous ont amenés hier, à prendre des mesures exceptionnelles pour ouvrir une perspective de paix à notre pays.

C’est pourquoi, afin de lever toute hypothèque sur le processus de paix et permettre à la Côte d’Ivoire d’aller, en toute confiance, à des élections propres, je prends, en vertu de l’article 48 de notre Constitution, les mesures suivantes :

Premièrement, la Commission électorale indépendante (CEI) est dissoute. Je demande au Premier ministre de me proposer dans un délai de sept jours, à compter d’aujourd’hui, le format d’une nouvelle Commission électorale crédible, qui pourra organiser des élections justes et transparentes.

Deuxièmement, le gouvernement est dissout. Je reconduis le Premier ministre Soro Guillaume, dans ses fonctions. Il est chargé de me proposer dès le lundi 15 février 2010 un nouveau gouvernement.

Je veux, pour la Côte d’Ivoire, un gouvernement de sortie de crise. Un gouvernement au service des Ivoiriens et non aux ordres des partis politiques. La mission de ce gouvernement sera de conduire, sous l’autorité du président de la République et du Premier ministre, les dernières actions nécessaires pour sortir la Côte d’Ivoire définitivement de la crise.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Je vous remercie."

Source du texte: Le Blog de Théophile Kouamouo

jeudi, 14 janvier 2010

LA SOCIETE IVOIRIENNE EN PLEIN DECLIN: L'EMERGENCE D'UNE CULTURE DE LA DEPRAVATION



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La société ivoirienne qui était présentée comme un creuset de discipline et de retenue, a définitivement cédé à la dépravation des mœurs. Sous la poussée d’une industrie du loisir incontrôlé et du sexe, est désormais née une culture de la dépravation qui frappe tant les villes que les campagnes, tant les femmes que les hommes.

Jadis tabou le plus sacré, le corps dénudé de la femme est devenu de nos jours en Côte d’Ivoire le plus commun des spectacles auquel l’on a droit dans les rues des villes. Désormais, il fait partie intégrante du paysage des centres urbains et, plus grave, cette tendance se propage à une allure vertigineuse vers les campagnes. Soit-il minuit ou midi, la différence ne se mesure seulement qu’en termes de point paroxystique. Parce que ce spectacle de femmes sommairement vêtues ou carrément nues se déploie sur toutes les 24 heures de la journée et dans n’importe quel quartier d’Abidjan et des villes ivoiriennes. Et tout y concourt : la mode vestimentaire, la presse, les lieux de loisirs… Avec le phénomène du collant, c’était les formes outrancières que les femmes n’hésitaient plus à exhiber en les plaquant. Désormais, c’est le pantalon taille basse ; l’on va encore plus loin : le pantalon doit dorénavant dévoiler les sous-vêtements de la femme qui se sont tellement amincis, qu’ils dévoilent à leur tour ses parties intimes. Et cela est loin de préoccuper la gente féminine. C’est la mode ; on s’y met ou alors on est une has been tout juste bonne à être rangée au garage. Et preuve que cette démence a désormais gangréné toute la société ivoirienne, les hommes ne sont pas en reste. Eux aussi sortent dans les rues le pantalon jeans sans ceinture et au milieu du fessier, dévoilant largement le caleçon porté en-dessous. Pendant ce temps, sur ces mêmes rues, la presse pornographique s’affiche sur les étals de journaux de façon triomphale ; elle offre ainsi des photos de femmes nues dans toutes les positions à toutes les vues, mêmes celles qui n’ont pas envie de les explorer. Les jeunes mâles qui n’ont jamais vu de femmes que le corps entièrement couvert, ont ainsi l’occasion de le découvrir. Au grand dam de leurs parents qui s’acharnent à les éduquer dans la culture du sacré qui doit recouvrir la nudité de la femme, mais aussi de l’homme.

La valorisation de la dépravation morale

Cette dictature du sexe nu tient sa source dans l’étrange culte de la dépravation morale et sexuelle qui a été érigée en tendance sociale en Côte d’Ivoire depuis un peu plus d’une décennie. Au lieu de promouvoir les valeurs de travail, de probité, etc. qui sont le moteur de tout développement, les années 2000 ont plutôt vu l’explosion du culte de la vanité. Désormais, ce qu’une femme a à faire valoir, c’est la partie la plus proéminente de son corps et non pas ce qu’elle à dans la tête. Le phénomène ‘’lolo’’ a ainsi ouvert cette tendance de dégénérescence. Les seins volumineux, à la limite d’une bosse de zébu, à laisser transparaître par le haut, sont ainsi devenus la norme. Une artiste telle que Nastou Traoré, qui n’a jamais convaincu ni par son jeu d’actrice ni pas ses performances vocales, est devenue l’icône du début des années 2000 à cause de ses mensurations mammaires hors norme. Et dans toutes les villes de la Côte d’Ivoire, ce fut la course aux poitrines monumentales. Offrant ainsi à de pseudo apothicaires d’ouvrir un florissant commerce de ‘’produits qui gonflent les seins’’.

L’on a avait pas encore fini de s’inquiéter de cette célébration de la vanité que le phénomène ‘’ tassaba’’, qui réfère à l’exhibition de fessiers énormes de femmes, a été remis au goût du jour. Né à la fin des années 1990 et mis sur orbite par la danse Mapouka, les années 2000, qui se veulent comme celles du déclin moral total de la société ivoirienne, ne pouvait que signer son retour au premier plan. Désormais dénommé ‘’bobaraba’’, il fait fureur. C’est la course aux fesses proéminentes au sein de la gente féminine, où l’on s’en remet de nouveau à son apothicaire pour se faire concocter cette fois des ‘’produits qui donnent fesses’’.

Mais, les déviances énumérées plus haut sont peu de choses comparées à la tendance ‘’wolosso’’. Celle-ci signifie rien moins que l’affranchissement total de normes morales. Ainsi, il ne suffit plus d’avoir des ‘’lolo’’, un ‘’tassaba’’ ou ‘’bobaraba’’ ; il faut maintenant les exhiber dans des tenues des plus indécentes. Et cette nouvelle tendance connaît une adhésion unanime : les femmes que la nature n’a pas pourvu de formes extravagantes peuvent se faire ‘’valoir’’ dans des vêtements impudiques tels que le fameux pantalon taille basse dont nous parlions plus haut. Et ces modes sont désormais complétées par le ‘’piercing’’ et le tatouage qui consistent respectivement à se percer soit le nez, le nombril ou l’arcade sourcilière pour y accrocher un bijou et à s’imprimer des dessins très souvent indélébiles sur le corps.

L’explosion des pratiques sexuelles contre-nature

Inutile de dire que la prostitution féminine, qui a désormais conquis le tout Abidjan, y compris les quartiers huppés, trouve en ces tendances une nouvelle voie d’expansion. Cette façon de s’habiller qui dévoile les parties sexuelles renseigne très clairement sur la moralité et les intentions des filles qui s’y adonnent. Parce qu’il constitue tout simplement ce que les Anglo-saxons appellent le ‘’sex-appeal’’. Ainsi vêtues, ces filles vont partir de leurs quartiers flâner dans le centre des affaires du Plateau ou dans les grands supermarchés, faisant semblant de faire des courses, alors qu’il ne s’agit en réalité que d’une pêche aux hommes.

Mais là où le regard sur la société ivoirienne devient le plus pénible, c’est lorsqu’il se porte sur les pratiques sexuelles contre-nature qui y sont en pleine explosion.

L’homosexualité est devenue une tendance qui se joue désormais à ciel ouvert. Ce phénomène est sans contexte plus prononcé chez les hommes. Tant et si bien qu’une prostitution masculine qui en a découlé, livre aujourd’hui une concurrence très rude à la prostitution féminine. Sur les trottoirs des rues sombres du tristement célèbre quartier Zone 4 dans la commune de Marcory, les homosexuels prostitués, travestis en femmes, égalent désormais en nombre les pionnières de ce commerce. Mais le pire, c’est que cette homosexualité masculine est devenue aujourd’hui un facteur de promotion dans de nombreuses entreprises ivoiriennes. Ainsi, sous le couvert du silence, certains travailleurs, sans avoir eu à démontrer plus de mérite que d’autres, gravissent plus vite les échelons et sont les favoris des patrons. Cela prévaut aussi pour d’autres personnes qui, en un tour de main, connaissent une brusque réussite sociale. Ce phénomène est très répandu dans le monde des artistes. L’un d’entre eux, le ‘’coupeur-décaleur’’, Lino Versace, n’a pas ainsi hésité à se réclamer de cette tendance, même s’il a tenté après de se reprendre de ses propos.

Quand la dépravation évince le travail

La conséquence de l’émergence de cette voie de réussite sociale et professionnelle qu’offre désormais la dépravation morale, c’est le culte du travail qui est déchu à son profit. La culture de la facilité qui fait tant de mal à la société ivoirienne, s’en trouve ainsi ragaillardit. Déjà que des nombreuses femmes avaient fait le choix de tourner dos à cette valeur comme facteur de promotion sociale, de nombreux s’y ajoutent chaque jour. Le travail est ainsi ‘’tué’’ et avec lui, toute la société ivoirienne.


Yves Blondel


(Quotidien Nuit & Jour du 13 janvier 2010)