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jeudi, 13 octobre 2011

DEPUIS QUE LE CAMP OUATTARA EST AU POUVOIR, LES IVOIRIENS SOUFFRENT, SOUFFRENT, SOUFFRENT. LES FAITS

 


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Pendant que Ouattara, Soro et leur gouvernement se congratulent, les indicateurs économiques et sociaux du pays sont au rouge. Au-delà des effets de manche cosmétiques, les fondamentaux d'une reprise ne sont pas là. Explications.


«La solution est plus grave que le problème!» Avec leur légendaire sens de la formule, les Ivoiriens ordinaires ont résumé leur perception de la situation qui règne dans leur pays, six mois après le kidnapping du président Gbagbo. Loin du triomphalisme indécent des vainqueurs du moment, qui célèbrent leurs cent ( ?) jours d'exercice du pouvoir, la situation économique et sociale du pays est mauvaise, et un certain nombre de facteurs incitent au pessimisme.

Revue de chiffres et de faits qui doivent instruire les Ivoiriens, loin de la propagande de mauvais goût.

Des centaines de milliers d'Ivoiriens toujours déplacés ou réfugiés

A priori, un gouvernement vraiment soucieux de l'unité nationale et d'un retour durable à la paix aurait dû s'attaquer de manière volontariste à la question des réfugiés et des déplacés, profondément traumatisés, en grande partie par les prouesses armées des «sauveurs» de la Nation. Pas grand-chose n'a été fait sur ce terrain-là. Les chiffres des ONG internationales sont préoccupants. «Les Nations Unies recensent 29.000 déplacés dans des camps, mais estiment à 270.000 le nombre de personnes encore déplacées dans des familles d'accueil, et 170.000 sont à ce jour réfugiées au Liberia voisin», explique ainsi Vincent Taillandier, responsable géographique en charge de la Côte d'Ivoire à Action contre la faim.

Dans un rapport conjoint, les ONG Care, Oxfam et le Conseil danois pour les réfugiés évaluent le nombre d'Ivoiriens encore déplacés à 450 000 personnes. Près de 10% du corps électoral national ! Et le gouvernement ne fait pas grand-chose pour encourager les retours. «Les consultations avec les personnes déplacées et retournées conduites pendant les mois de juillet et août révèlent que les conditions pour des solutions durables aux déplacements ne sont pas remplies. De trop nombreux retournés continuent de faire l'objet d'attaques, de harcèlement et d'intimidations dans leur zone d'origine, et beaucoup ont un accès limité voir pas d'accès aux services de base et aux mécanismes de protection. Une large proportion a perdu ses documents officiels et n'a pas accès à des mécanismes de restitution de la propriété ou de compensation pour les pertes encourues, tandis que beaucoup n'ont pas encore été en mesure de réunifier tous les membres de leur famille. Un nombre significatif de personnes déplacées n'est toujours pas prêt à retourner en raison de la peur d'attaques, du manque d'accès à leur terre ou du manque de moyens de subsistance», écrivent les ONG. Qui publient un témoignage d'une déplacée du site de Nahibly (Duékoué) dont la clarté éblouit : «Je ne me sentirais pas en sécurité tant que le désarmement ne sera pas effectif. Les Dozos, ils me font peur. A qui rendent-ils des comptes ? Je me le demande. Et les FRCI, il n'y a pas le moindre ordre dans cette armée. Je ne peux pas leur faire confiance. Si vous êtes Guéré, ils vous tuent.» Tout cela ne semble pas émouvoir le régime actuel qui a affirmé sa pensée profonde par la bouche de Paul Koffi Koffi, ministre délégué à la Défense. «Les Frci vont s'installer ici dans la zone pour longtemps, longtemps. Que vous le voulez ou que vous ne le voulez pas, vous êtes obligés de les accepter, c'est l'armée de Côte d'Ivoire. Celui qui ne veut pas des FRCI, il n'a qu'à changer de pays et aller vivre ailleurs», a-t-il ainsi lancé aux populations de Taï, qui se plaignaient des abus des hommes en armes...

Une forte insécurité alimentaire dans l'Ouest

Les décideurs qui ont dépensé, il y a quelque temps, des milliards de FCFA pour faire la fête à Paris à l'occasion de la remise du prix Félix Houphouët-Boigny le savent-ils ? «En raison des combats, des destructions et des déplacements de population, les récoltes de cette année ont été perturbées. Dans l'Ouest, beaucoup de cultivateurs ont manqué la saison de culture du riz pluvial. Le pays est actuellement en période de soudure, particulièrement critique cette année.

Dans la zone de Zouan Hounien/Bin-Houyé/Toulépleu (ouest du pays), selon une évaluation menée (...) au mois d'août, 60% de ménages n'arrivent pas à couvrir leurs besoins alimentaires alors qu'en période de soudure normale, cette proportion est de 30%», écrit l'ONG Action contre la faim. Qui met en lumière un doublement de l'insécurité alimentaire. Selon une enquête récente, 15 000 enfants seraient malnutris.

Les prix sur les marchés ont explosé

Tout le monde s'en plaint à Abidjan : les prix des denrées alimentaires n'ont cessé d'augmenter, ce qui accroît la pauvreté des Ivoiriens. «Entre juin 2010 et juin 2011, les prix du riz, du sucre et du boeuf ont augmenté de 11%, 44% et 20% respectivement, selon l'Institut national des statistiques», écrit ainsi l'agence de presse IRIN, qui dépend des Nations unies. Bien entendu, ces prix ont quelque chose à voir avec l'atmosphère de tension entretenue dans les zones rurales par les FRCI, qui poussent les agriculteurs à fuir vers les villes, et avec le racket des mêmes FRCI qui a littéralement décuplé. «Les abus présumés des soldats partisans de M. Ouattara (qui sont maintenant l'armée nationale) et la lenteur à restaurer l'ordre public et de véritables services de police et de gendarmerie ont également un impact négatif sur l'économie», écrit ainsi sobrement l'agence IRIN.

Dans ce contexte d'exacerbation de la pauvreté, les destructions des quartiers précaires, qui augmentent naturellement le prix moyen des loyers puisque, couplées à la fermeture des cités universitaires, elles réduisent mécaniquement l'offre, traduisent l'absence de conscience sociale et de compassion de ce gouvernement.

En dehors de l'activisme limité des bailleurs de fonds, l'économie n'a pas redémarré

L'incapacité de l'Etat à payer ses créanciers déstabilise profondément les entreprises qui vivent dans une forte proportion des marchés publics. La dette de l'Etat vis-à-vis de ses fournisseurs est de 900 milliards de FCFA, et la figure des balayeuses d'Abidjan, qui n'ont quasiment jamais été payées depuis qu'elles ont été recrutées dans l'informel par le gouvernement est assez illustratrice de la situation.

Faustin Gré, président d'une fédération de PME, explique ainsi à IRIN que beaucoup d'entreprises mettent leurs employés au chômage technique deux jours pendant la semaine pour survivre. Si le dernier emprunt obligataire de l'Etat de Côte d'Ivoire a bien fonctionné - comme du reste la quasi-totalité de ces emprunts sous l'ère Gbagbo, y compris à des moments de forte crise -, la BRVM se distingue par son attentisme. Et la remontée du mercure sur le thermomètre politique, avec le forcing du régime, qui tient à organiser des législatives en l'absence de tout consensus et qui est bien décidé à mater l'opposition, comme l'ont montré les événements de samedi dernier à Koumassi, font frémir les investisseurs. Le pays n'est pas sorti de l'auberge.

Seul un grand effort national, soutenu par tous, y compris par une opposition enfin écoutée avec respect, peut aider la Nation à relever les grands défis qui se présentent à elle.


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier ».

 

Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE