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lundi, 24 juin 2013

ACCORDS DE DEFENSE: CE QUE L'ARMEE FRANÇAISE FERA EN CAS D'ATTAQUE EN COTE D'IVOIRE

 

UNE L'INTER N°4517.jpg


On en sait un peu plus sur le nouvel accord de défense entre la France et la Côte d'Ivoire.

Signé le 26 janvier 2012 à Paris par Alassane Ouattara et Nicolas Sarkozy, ce nouvel accord était supposé être rendu public par les deux parties ; mais depuis, il est tenu secret, les autorités ivoiriennes n'ayant pas encore daigné le mettre à la disposition du grand public. Il était par ailleurs prévu que ledit accord soit soumis à l'appréciation du parlement ivoirien avant de prendre force de loi, mais depuis, il n'a pas encore atterri sur la table des députés.

De sorte que les populations savent peu de chose de cet accord révisé, qui régit désormais les rapports entre les armées ivoirienne et française. Le document, dont nous avons reçu copie, laisse clairement entendre que les forces françaises ne serviront plus de bouclier au pouvoir en place à Abidjan, en cas d'attaque extérieure ou interne ; tout comme il précise le sort réservé au 43e BIMA (Bataillon d'infanterie de marine) et les facilités que l'Etat de Côte d'Ivoire consent à faire aux forces françaises amenées à séjourner sur le sol ivoirien dans le cadre de la coopération militaire.

Dès l'exposé des motifs, il est clairement indiqué: «Le présent traité ne prévoit pas de clause d'assistance en cas d'exercice de la légitime défense par le principe d'un concours à la République de Côte d'Ivoire en cas d'agression extérieure et encore moins de crise interne, mais de simples échanges de vues sur les menaces et les moyens d'y faire face». En d'autres termes, en cas d'insurrection armée ou d'agression extérieure, l'armée française n'aura pas à intervenir militairement pour neutraliser les assaillants.

On ne devrait donc pas voir les soldats français sur le théâtre des opérations avec leur armement, pour donner la riposte aux forces ennemies. Au regard du nouvel accord, la France se bornera à échanger avec les autorités ivoiriennes sur les moyens de contrer les agresseurs. Pas plus.

Le site du 43ème BIMA cédé gracieusement

S'agissant du 43ème BIMA, le nouveau texte annonce sa dissolution. «Le 43ème bataillon d'infanterie de marine dont la présence trouvait son fondement dans l'accord de 1961 a été dissous. Il n'y a plus de force pré-positionnée en Côte d'Ivoire», stipule l'accord. En pratique, les locaux abritant ce camp français ne sont pourtant pas encore «dissous» depuis ce 26 janvier 2012, puisqu'ils continuent de fonctionner comme par le passé, ses occupants n'ayant pas évacué les lieux.

Le site du 43ème BIMA reste donc fonctionnel, comme mentionné dans l'article 7 de la section 3 de l'annexe des accords de défense. «La partie ivoirienne met gracieusement à la disposition exclusive des forces françaises stationnées: le camp de Port-Bouët ainsi que les locaux et logements situés dans ce camp; l’installation abritant le détachement d’intervention lagunaire (DIL), à Abidjan». Peut-on alors  raisonnablement parler de dissolution du 43ème BIMA quand, dans le même temps, l'accord indique que les autorités ivoiriennes «met(tent) gracieusement à la disposition exclusive des forces françaises stationnées: le camp de Port-Bouët ainsi que les locaux et logements situés dans ce camp...»? Par ailleurs, les accords font des «cadeaux» à la métropole. Les forces françaises appelées à séjourner en terre ivoirienne dans le cadre de la coopération militaire sont notamment exemptées de droits de douane et même de contrôle sur le matériel militaire qu'elles font entrer en Côte d'Ivoire. «La Partie ivoirienne autorise l’entrée du matériel et des approvisionnements nécessaires aux activités et au fonctionnement courant des forces françaises stationnées, en franchise de taxes et droits de douane ou de tout autre droit similaire, hors les frais d’entreposage, de transport et autres services rendus», est-il en effet indiqué à l'alinéa 1 de l'article 3 de la section 2, relative aux «facilités accordées pour les activités des forces françaises stationnées».

Dans l'alinéa 2, l'accord dit, s'agissant de l'armement des soldats français: «Le matériel et les approvisionnements nécessaires aux activités et au fonctionnement courant des forces françaises stationnées qui entrent sur le territoire de la République de Côte d’Ivoire, transitent par ce territoire ou en sortent sont exemptés de tous documents douaniers ainsi que de toute inspection. Toutefois la Partie française est tenue de produire un inventaire identifiant le matériel et les approvisionnements en question aux autorités ivoiriennes compétentes». Comment vérifier la conformité de ce est déclaré par simple «inventaire» avec ce qui est contenu dans les containers et véhicules de transport, si l'on n'est pas autorisé à procéder à l'inspection?

Par ailleurs, les textes indiquent que les soldats français n'encourront pas de poursuites judiciaires de la part des autorités ivoiriennes dans certaines conditions. «Chaque Partie renonce à tout recours qu’elle pourrait avoir contre l’autre Partie, les forces, ou un membre du personnel de cette Partie pour les dommages causés à ses biens ou à son personnel, y compris ceux ayant entraîné la mort, en raison d’actes ou de négligences dans l’exercice des fonctions officielles qui découlent du présent traité», souligne l'accord, qui ajoute toutefois que «Les dispositions précédentes ne s’appliquent pas en cas de faute lourde ou intentionnelle. Par faute lourde, il convient d’entendre l’erreur grossière ou la négligence grave. Par faute intentionnelle, il convient d’entendre la faute commise avec l’intention délibérée de son auteur de causer un préjudice». Autant de facilités en retour desquelles la Côte d'Ivoire a droit à l'assistance militaire de la France en matière notamment de renseignements, d'équipement et de formation.

 

Assane NIADA


In le quotidien ivoirien "L'Inter" du 24 juin 2013.

samedi, 10 janvier 2009

QU'EST-CE QUI SE TRAME EN COTE D'IVOIRE?

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Cet article, publié hier sur le site RDPG.ORG et que je vous propose de lire, est titré: "Qu'est ce qui se trame au Gabon? La France y envoie 300 commandos parachutistes, en renfort". La Côte d'Ivoire y est citée, relativement à un possible positionnement de troupes françaises au Gabon, en vue d'une éventuelle opération, en Eburnie. Au-delà, bien entendu, des interrogations que ce détachement militaire pose au peuple gabonais.
En tout état de cause, la question que je me pose, en tant qu'ivoirien (pour avoir assisté à toutes les postures et impostures de la France, en Côte d'Ivoire, et ayant écho d'âpres préparatifs en cours, visant à profiter de la situation de pourrissement social et politique, dans notre pays, ainsi que du retard important accusé par le processus électoral), est: "Qu'est-ce qui se trame en Côte d'Ivoire? La France envoie indirectement 300 commandos parachutistes en renfort, au Gabon".



Alors qu'un détachement de 300 parachutistes du régiment de l'Ariège dont le colonel Frédéric Blachon, chef de corps du 1er régiment de chasseurs parachutistes, est encore pour deux mois au Tchad, qu'un groupe de commandos parachutistes d'une dizaine d'hommes est quant à lui toujours en Afghanistan, le 1er RCP envoie, par voie aérienne entre le 8 et le 25 janvier, 300 autres militaires au Gabon pour une mission de quatre mois.


Depuis la signature en 1960 des accords de défense entre le Gabon et la France, cette dernière déploie un dispositif d'environ 1000 militaires dans ce pays d'Afrique.

La mission principale de ce détachement est d'assurer la sécurité, en cas de menace, des 12 000 ressortissants français vivant au Gabon.

Forces prépositionnées, les troupes françaises au Gabon constituent également un réservoir pour les opérations menées dans les autres pays d'Afrique comme entre autres le Tchad ou encore la Côte d'Ivoire.

Enfin, les troupes françaises poursuivent, sur un terrain qui n'a rien de commun avec le profil ariégeois, leur entraînement tout particulièrement en coopération avec l'armée gabonaise.

La mission hors métropole: l'aboutissement d'un entraînement long et difficile.

Officiers, sous-officiers et militaires du rang, les 300 parachutistes issus de la 1ère compagnie du capitaine Cyril Mitnik et de la 3ème compagnie du capitaine Stéphan Cognon ont enchaîné exercice sur exercice afin d'être prêts à accomplir leur mission et à représenter à l'étranger les parachutistes français dont ils seront les ambassadeurs, s'il le faut, d'une diplomatie opérationnelle.

Depuis que le régiment est professionnalisé, la plupart de ses militaires a déjà participé à de nombreuses missions hors métropole.

Officier issu de l'école militaire interarmes, le capitaine Mitnik, commandant la compagnie dont la devise est «Du ciel au Combat» n'en est pas à sa première expérience puisqu'il a déjà servi en Côte d'Ivoire, en Bosnie, au Gabon et au Tchad.

Quant au jeune Saint-Cyrien, le capitaine Cognon, commandant la 3ème compagnie, avec pour devise «Je veux, Je peux», outre un stage en Israël, il a connu à deux reprises le théâtre de la Côte d'Ivoire ainsi que celui du Gabon où il a d'ailleurs participé à l'accueil de ressortissants évacués du Tchad.

Comme à chaque départ, le réseau soutien aux familles s'active.

Certes, le régiment de l'Ariège dispose d'une cellule d'aide aux familles qui répond sans délai aux sollicitations de celui ou celle dont le conjoint est en mission extérieure.

«Mais, c'est surtout le réseau épouses, amis, voisins, qui est le plus souvent et spontanément activé» confirme le caporal-chef Xavier Masdeu, lavelanétien d'origine, installé près de Pamiers avec son épouse et ses trois enfants.

«Durant mes missions au Tchad, Guyane, Côte d'Ivoire, Gabon et Afghanistan, ma famille a toujours trouvé un soutien sans faille» ajoute Xavier.

Quant au sergent Gérald Macquart, «chti» il ne se fait aucun souci depuis que sa famille au grand complet a fait le grand voyage Nord-Sud pour s'installer définitivement dans la région de Foix.

Tous vont partir sereins pour vivre une nouvelle mission exaltante durant quatre mois sans interruption dans un cadre opérationnel incomparable.

Source : ariegeNews.com

15:43 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France, Gabon | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : commandos parachutistes, gabon, accords de défense | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |