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samedi, 31 mars 2012

IL AVAIT INCRIMINE DES PROCHES DE OUATTARA DANS L'AFFAIRE KIEFFER - ILS ONT TUE «GORGE PROFONDE»!


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«Gorge Profonde» (surnommé ainsi par Le Nouveau Courrier pour des raisons de sécurité), celui qui avait fait «ressusciter» l'affaire Kieffer par ses révélations, de son vrai nom Adama Koné, est mort hier au Ghana. Où il avait trouvé refuge, suite aux graves menaces qui pesaient sur sa vie. Les conditions de son décès portent à croire qu'il s'agit d'un acte criminel.

''Gorge Profonde'' avait trouvé refuge au Ghana voisin, suites aux nombreuses menaces qu'il a reçues, après ses révélations sur la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. Même dans ce pays, il n'était pas en sécurité, parce que selon ses dires, il sentait que ses mouvements étaient suivis. C'est au camp de réfugié Ivoiriens de Elubo qu'il s'était établi vers fin janvier, en attendant de partir pour une autre destination. Et ce, après avoir échappé à un assassinat, alors qu'il avait rendez-vous avec le juge Patrick Ramaël qui avait effectué le déplacement d'Abidjan suite aux informations échangées avec lui.

Adama Koné alias «Gorge Profonde» menait une vie tranquille dans ce camp, et préparait avec des avocats des éléments de preuves devant être reversées à la défense du président Laurent Gbagbo. Dans la nuit du mardi au mercredi dernier, après une causerie avec ses amis de fortune dans le camp, comme chaque soir, «Gorge profonde» regagne sa tente. Entre 2 heures et 3 heures du matin, c'est par des cris stridents qu'il alerte la communauté des réfugiés ivoiriens. Un incendie venait ainsi de se déclencher dans sa tente, alors qu'il dormait. Sérieusement brûlé, et Elubo ne disposant pas de centre de santé, Adama Koné sera transféré à Ekwé, une petite localité ghanéenne. Malheureusement, là-bas, il n'y a pas d'équipements adéquats pour les premiers soins. Le personnel médical va demander que le brûlé soit évacué sur Takoradi, à près de 200 Km de Ekwé. C'est à l'hôpital régional de Takoradi que «Gorge profonde» sera interné. Après 24 heures, les médecins vont suggérer une autre évacuation du grand brûlé, cette fois sur la capitale, Accra. Malheureusement, «GP» n'aura pas la chance d'être évacué sur Accra. Dans la nuit du mercredi à jeudi en effet, aux environs de 5h du matin, les médecins constateront qu'il a rendu l'âme. L'une de ses dernières volontés, sur son lit d'hôpital, était de voir sa sœur et son épouse (à Abidjan) à son chevet.

Quelques jours avant l'acte criminel qui devrait lui coûter la vie, comme s'il sentait la fin de son combat, «Gorge Profonde» ne cessait de répéter son admiration pour le combat de Laurent Gbagbo, un homme qu'il avait combattu, alors qu'il était encore en 2002-2003 dans la rébellion. Mais une chose le peinait le plus, selon les confidences d'un de ses proches, c'était la trahison d'un homme, Jean-Yves Garnault. Qui pourtant l'avait bien mis en confiance, avant de le trahir et le livrer aux tueurs. Avec la complicité d'un confrère, qui dans une de ses parutions, livrait en pâture Adama Koné, photo en manchette et le titre Wanted. Le defunt avait accusé des membres des cercles très proches de Ouattara d'être les instigateurs de l'assassinat du journaliste franco-canadien Guy André Kieffer. Jean-Yves Garnault, ami de Guy-André Kieffer et homme clé dans cette affaire, ne s'était pas gêné pour dire qu'il n'en avait rien à cirer de ce qui pouvait arriver à «Gorge profonde» après l'avoir livré aux tueurs, en faisant publier sa photo. Adama Koné décède en emportant certainement avec lui des secrets.


Gérard Koné


Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 30 janvier 2012

L'INSECURITE MENACE LA LUNE DE MIEL ADO-SORO


ADO ET SORO 4.JPG

Malgré la nette victoire de son parti aux législatives du 11 décembre (127 sièges sur 254, auxquels s'ajoutent 35 indépendants), Alassane Ouattara demeure obnubilé par la question sécuritaire. Neuf mois après sa victoire sur Laurent Gbagbo, la Côte d'Ivoire n'est toujours pas pacifiée, tandis que l'Etat de droit, porté comme un étendard par le nouveau régime, demeure abstrait pour un grand nombre d'ivoiriens. Inquiété par les comportements des anciens com-zones, davantage concernés par les berlines de luxe que par l'uniforme, ADO n'hésite plus à contourner son premier ministre Guillaume Soro - sécurocrate du pays ayant montré sa capacité toute relative à maintenir l'ordre -, au risque d'assombrir la lune de miel entre les deux hommes. Analyse.

Agacements

Les incidents de décembre ayant opposé les Forces républicaines de Cote d'ivoire (FRCI), composées majoritairement d'éléments des ex-Forces nouvelles (FN), a des populations locales à Vavoua (Centre-ouest) et à Sikensi, au nord d'Abidjan, ont lézardé la relation jusqu'ici bienveillante à la tête de I'exécutif ivoirien. Le 23 décembre, sans avertir son Premier ministre, également détenteur du portefeuille de la défense, le chef de l'Etat a nommé Zacharia Koné - sans doute l'ex-chef de guerre le moins proche de Guillaume Soro - à la tête de la nouvelle police militaire. Cette unité spéciale est chargée de neutraliser les éléments indisciplinés des forces armées. Autre signe d'agacement à l'égard de son Premier ministre, le président Ouattara a ordonné, dans la foulée, au Directeur général du Trésor public, Adama Koné, de bloquer un décaissement d'un milliard de Francs CFA destiné à la primature. Cette somme représente la dernière tranche du budget de souveraineté pour l'année 2011.

Quel avenir pour Soro?

Alors que les ex-FN font la pluie et le beau temps en divers points du pays et "gèrent" certains quartiers d'Abidjan, comme ils l'ont fait durant dix ans dans le Nord, ce contexte pousse ADO à ne pas reconduire Soro à son poste lors du remaniement censé suivre les législatives. "Je ne suis plus convaincu de pouvoir le maintenir", confie-t-il a ses plus proches collaborateurs depuis sa résidence privée de Cocody. Le ministre des Affaires étrangères, Daniel Kablan-Duncan, ou celui de la Justice, Jeannot Ahoussou, attendent déjà leur tour. .. La nomination d'un nouveau chef de gouvernement bute cependant sur le scénario consistant à envoyer Guillaume Soro à la présidence de l'Assemblée nationale. Agé de 39 ans, l'ancien leader de la FESCI, nouvellement élu député de sa ville natale de Ferkessedougou (Nord), ne peut encore prétendre à cette fonction pour laquelle l'âge minimum est fixé à 40 ans. Au final, il pourrait donc être reconduit, mais temporairement, tandis que l'actuel secrétaire général de la présidence, Amadou Gon Coulibaly, voire Tiémoko Yadé, membre du bureau politique du Rassemblement des républicains (RDR), sont pressentis pour décrocher le perchoir.

Neutraliser les frères d'armes

Désormais critiqué au sein du RDR, Guillaume Soro est, par ailleurs, toujours sous la pression des ONG anglo-saxonnes demandant sa comparution devant la Cour pénale internationale (CPI), au même titre que Laurent Gbagbo. Les Etats-Unis et la France divergent fondamentalement sur la question. Si Washington milite pour une comparution à titre de témoin, Paris s'y oppose, jugeant les effets dangereux pour le président Ouattara. Pour rassurer et marquer ses distances avec ses anciens frères d'armes, Soro a réitéré son engagement à collaborer avec la juridiction internationale lors de son déplacement aux Nations Unies à New York, mi-décembre, où il assistait à la conférence des pays membres du traité de Rome instituant la CPI. Devant la nouvelle procureure, la Gambienne Fatou Bensouda, il s'est même dit disposé à ne plus soutenir ses compagnons, et non des moindres : le patron du Groupe de sécurité présidentielle (GSPR), Chérif Ousmane; le commandant des forces spéciales, Losséni Fofana; ainsi qu'Issiaka Ouattara, alias « Wattao », commandant de la Garde républicaine.



Paris, le 5 janvier 2012

Source : La Lettre du Continent N° 626.