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lundi, 10 août 2015

COTE D’IVOIRE – ALASSANE OUATTARA: ARRET SUR IMAGE, ENTRE LE 121ème ET 122ème AVION

 

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A peine la mascarade du 7 août passée, notre président émergent s'envole pour la France... Petites vacances certainement avec un bilan médical à la clé, mais rien ne nous dit que le candidat Ouattara publiera son bulletin de santé, comme l'exigent les textes; d'ailleurs sa déclarations de patrimoine liée à la précédente "élection" attend toujours d'être publiée... Nous savons seulement que son patrimoine a très indécemment grossi depuis sa prise de pouvoir. Mais c'est normal, il travaille tellement; et que dire de son épouse, qui selon ses fans rivaliserait en actes et en miracles avec la sainte Vierge. Il est donc normal que la pluie de milliards tant attendue tombe dans leur escarcelle au lieu de tomber en dehors. 

L'exposition universelle fêtée à Milan cette année, notre élu se doit d'y présider la journée nationale de la Côte d'Ivoire, le mardi 11 août. D'ailleurs l’ambassadeur d’Italie en Côte d’Ivoire, SEM. Alfonso Di Riso a expliqué que cette "journée" sera une opportunité pour les investisseurs italiens de découvrir les potentialités économiques de la Côte d’Ivoire. Une Énième opportunité donc, Ouattara n'ayant pas arrêté de sillonner la planète pour tenter de débusquer enfin ces investisseurs, devenus tellement rares... Et pourtant à l'entendre parler, cette Côte d'Ivoire exceptionnelle louée le 7 août dernier, est un pays de rêve : les hôpitaux, écoles, industries, routes, infrastructures poussent comme des champignons. Plus besoin même d'évoquer le taux de croissance, il a littéralement explosé. Sa réélection est acquise, on se demande même pourquoi des élections sont programmées en pareilles circonstances, avec un "Grand Favori" comme lui à la tête du pays, comme l’annonce l'AFP, version ivoirienne dans son crédo quotidien. 

Et pourtant Pascal Affi N'guessan, lui aussi, croit que son jour de gloire est arrivée. Plus de 4000 personnes ont assisté à son investiture hier. Mamadou Koulibaly, Charles Banny, soutenu par Abou Cissé, -le parent de la mère d'Ado, née à Dabou, aux dernières nouvelles-, Essy Amara, encouragé par Mamadou Ben Soumahourou, KKB et d'autres y croient aussi...

Ainsi va la vie en Côte d'Ivoire. Pour l'instant le gouvernement rapidement expédie les affaires courantes. Tous les grands projets sont reportés après les élections, le métro aérien devrait être lancé pour 37 kilomètres de rails. A Jérusalem nous avons "subi" les travaux du tram pendant plus de 12 ans, sur une ligne de 13,7 kilomètres seulement. Mais chut, dans cette Côte d'Ivoire qui ne peut manquer son Émergence en 2020, il est évident que les travaux seront menés tambour battant, et terminés à cette date ! Il va sans dire que toutes les écoles promises ouvriront en septembre, que les professeurs seront trouvés et rémunérés, que les parents qui ne pourront envoyer leurs enfants à l'école faute de moyens financiers, trouveront une petite obole leur permettant de ne pas passer par la case prison, depuis que notre génie en Chef a lancé le décret de l'école obligatoire, reprenant les dispositions données en leur temps par Laurent Gbagbo qui  avait déjà rendu l'école obligatoire, mais gratuite. Ouattara ne garde que l'obligatoire, oubliant la gratuité. Gratuité des soins aux plus pauvres, un oubli aussi de sa part. 

Octobre sera bientôt à nos portes. La commission CDVR, remplacée par une autre commission, n'a pas accouché de grand-chose; nous n'avons lu aucun chiffre, aucune statistique fournie par Charles Konan Banny. Une cérémonie commémorative des victimes a rassemblé quelques 50 "cas" sur les 3500 recensées. Lors de cette cérémonie, le couple Ouattara a joué les pleureuses, puis les consolateurs, et enfin les artisans de paix. Quelques 1500 Euros ont été distribués aux familles présentes; bien sûr les autres devront attendre un peu, probablement après les élections... Pas un mot sur les morts au sein de l'armée, sur les jeunes qui ont été fait prisonniers, mis dans des containers, ceux qui ont disparu dans la forêt du Banco; pas un mot sur les exilés qui attendent toujours encore que ceux qui squattent leurs maisons et domaines partent pour pouvoir rentrer au pays dans la dignité. Pas un mot pour ces militaires qui pourrissent en prison, sans procès; pas un mot pour ceux qui sont morts de sévices et dérapages en tous genres de la part de cette gent militaire si zélée, appelée FRCI.

Les fournisseurs de l’État nous promettent une manifestation le 15 parce que l’État n'a toujours pas honoré les factures, en attente pour certaines depuis plus de 10 ans. Et pourtant l'état est une continuité, et le gouvernement en place a bien promis de faire le nécessaire. Quand 87% de la Côte d'Ivoire est électrifiée, selon les dires du mari, pourquoi certains beaux "cadeaux" de dame Ouattara à ses sœurs, payés sur les deniers publics, sont-ils encore des machines à coudre à pédalier? Pourquoi y a t-il toujours encore autant d'enfants esclaves, pardon d'enfants déscolarisés qui travaillent au lieu d'aller à l'école ? Madame Ouattara n'a -telle pas eu le temps de se pencher sur la question, elle qui préside une commission sur le travail des enfants?

Comment voteront tous les déguerpis? Il n'y a pas une semaine où les bulldozeurs se reposent : partout il faut présenter un "cadre de vie" exemplaire. La Côte d'Ivoire au travail, en bonne santé ne peut connaitre de quartiers misérables, les bidonvilles ne peuvent figurer sur les clichés de l’Émergence où tout le monde sourit et dit "Merci Ado, on rempile avec toi!"

En attendant, Ouattara va passer quelques jours de repos en France, avant de traquer les investisseurs du monde entier qui pourraient se trouver à Milan et visiter l'exposition universelle lors de leurs vacances. Ce sera son 121ème voyage, puis son 122ème. Avant de rentrer en France, suggérons-lui de faire un petit détour via Turin pour visiter son ami le président Faure Gnassingbé, spécialiste des bidouillages électoraux, qui a même manqué sa troisième investiture prévue pour le 27 juin dernier, un AVC massif l'ayant retenu dans un hôpital italien. Mais peut-être que le dicton "pas de nouvelles, bonnes nouvelles" n'est pas si exact le concernant... Si, bonne nouvelle : le Togo se gouverne tout seul, les petites mains invisibles françaises veillent au grain. Et leur vigilance au Togo confirme celle qui n'a jamais fait défaut en Côte d'Ivoire. Alors, vive la Dépendance présente et à venir !

 

Shlomit Abel, 9 août 2015.

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mercredi, 28 août 2013

AFFI NGUESSAN A CŒUR OUVERT APRES SA SORTIE DE PRISON


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«Notre arrestation était politique, notre libération est politique»

 

Le président du Front populaire ivoirien a accordé hier dimanche un entretien à la station de radio camerounaise basée au Canada Cameroon Voice dans le cadre de son émission «Sans détour». Il parle du combat du FPI pour la libération des autres prisonniers politiques, du sens des dernières libérations provisoires, et des questions politiques de l’heure. Première partie.


Comment goûtez-vous les premiers délices de cette liberté retrouvée?

J’aimerais d’abord vous remercier pour l’occasion que vous me donnez de parler à vos auditeurs et dire qu’évidemment la liberté est un bien d’une importance capitale pour l’être humain. Et en être privé pendant plus de deux ans, est un calvaire, un drame. C’est donc dire que nous sommes particulièrement heureux de pouvoir retrouver la liberté.

Vous avez été libéré le 7 août, y a-t-il eu des négociations auparavant avec le FPI? Etiez-vous informé de votre libération ou alors vous l’avez su comme tout le monde?

Nous en avons été informés le lundi 5 août aux environs de 13 heures par le canal du journal télévisé. Le régisseur de la prison nous avait informés de ce qu’il avait reçu un message lui demandant de suivre la télévision notamment le journal de 13 heures. Lui également ne savait pas de quoi il s’agissait mais il est venu nous informer. Mais je crois que nous avons été informés en même temps que lui. Nous avons attendu le lendemain que les formalités de sortie soient exécutées et ensuite les autorités gouvernementales ont envoyé un avion qui a été chercher ceux qui étaient à Boundiali au nord-ouest du pays. Le même avion est revenu à Bouna où nous étions. C’est donc ensemble que nous avons regagné Abidjan.

Quel sens donnez-vous personnellement à cet acte du chef de l’Etat? Est-ce un acte décisif vers la réconciliation nationale dans le pays?

Oui je pense que c’est un signal de décrispation, un signal de repositionnement. C’est un signal qui de notre point de vue signifie que la stratégie qui a été suivie depuis le 11 avril 2011 a atteint ses limites et n’a pas produit les effets escomptés puisque le pays est dans une situation difficile. On peut dire que c’est dans l’impasse parce que la réconciliation nationale est bloquée, la fracture sociale s’élargit chaque jour, l’économie est en train de s’effondrer, les finances publiques sont au rouge. Cela signifie que la stratégie doit être révisée et nous considérons que notre libération est un signal pour dire que les autorités s’engagent dans une nouvelle voie qui doit prendre en compte l’opposition, qui doit permettre de résoudre tous les contentieux qui nous opposent, créer la confiance mutuelle et permettre à la Côte d’Ivoire de repartir sur de nouvelles bases.

Concrètement, que change cette vague de libération dans la position de principe du FPI qui avait choisi de déserter le champ politique tant que tous les militants ne seraient pas libérés?

Dans le principe, rien ne change puisque notre objectif stratégique reste le même. Mais dans la pratique, il est évident que tout peut changer puisque nous avons toujours revendiqué la négociation, le dialogue avec le pouvoir, la décrispation, la modération dans l’action du régime, du respect des libertés et des droits de l’homme, des principes démocratiques. Nous n’avions pas été entendus et ce que nous constatons, c’est que le pouvoir fait un rapprochement. Il y a une inflexion dans la ligne adoptée par le pouvoir de manière à ce que nous puissions nous retrouver sur une même plateforme, une même vision de la démarche à emprunter pour résoudre les problèmes du pays. Cela signifie qu’il y a donc une convergence qui est en train de s’amorcer et va favoriser des négociations franches et sincères pour résoudre tous les problèmes qui handicapent le pays actuellement.

Vous parlez d’inflexion du gouvernement mais toujours est-il que Charles Blé Goudé est toujours tenu au secret, Simone Gbagbo est toujours détenue, Laurent Gbagbo est toujours à La Haye et la CPI peine à démontrer que son procès n’est pas un procès politique. Vous parlez d’inflexion mais est-ce que Ouattara n’aurait pas pu pas aller au-delà de cette décision parcimonieuse?

C’est pour cela que nous parlons d’inflexion, il n’y a pas de rupture. L’inflexion veut dire qu’on voit les lignes bouger. Maintenant, il appartient au pouvoir de marquer de façon plus franche en poursuivant dans la même logique de manière à ce que tout ceux qui sont encore en prison puissent trouver la liberté y compris Simone Gbagbo. Que le président Laurent Gbagbo puisse rejoindre son pays. Et que tous les exilés rentrent. Pour nous, ce sont des données de la crise. Donc résoudre la crise, c’est résoudre tous ces problèmes. Sur ces questions là, nous avons les mêmes positions, nous allons mener le même combat. Nous allons encourager le pouvoir à aller plus loin que la libération des 12 ou 14 prisonniers qui sont sortis le 5. Il faut poursuivre, c’est un processus et nous sommes rentrés dans un nouveau processus et pour ce processus les premiers signes, c’est notre libération. Ce qui n’est pas suffisant pour dire que le processus est achevé. Il faut poursuivre et les autres signes qui vont permettre à l’opposition d’être convaincue que notre libération n’est pas un épiphénomène et un coup médiatique mais que cela rentre dans une logique, dans une politique, ce serait la libération de Simone, Laurent Gbagbo, tous les autres détenus et le retour des exilés. Plus des négociations sur toutes les autres questions qui concernent la situation économique, politique et sociale du pays. Je veux parler par exemple du désarmement des ex-combattants, de la liberté de la presse, des médias d’état, de la sécurité, de la réforme de la commission électorale. Au total toutes les réformes politiques et institutionnelles qui doivent permettre à la Côte d’Ivoire de rompre véritablement avec la période de trouble, d’agitations et d’affrontements que nous avons connue.

Vous bénéficiez d’une liberté provisoire et la procédure judiciaire poursuit son cours. Avez-vous franchement confiance en la justice de votre pays qui rendra un jugement impartial. Avez-vous encore foi en ce que la justice vous acquittera si vous le méritez ou vous condamnera si vous le méritez. Quel est votre état d’esprit aujourd’hui?

Mon appréciation, ma conception et ma vision, c’est que nous sommes dans un processus politique. Notre arrestation est éminemment politique, notre libération est politique. La justice, dans le contexte que nous connaissons en Côte d’Ivoire n’est là que pour maquiller les choses pour essayer de donner un vernis juridique et judiciaire à des actes politiques. Et c’est pourquoi on nous appelle prisonniers politiques. C’est donc le politique qui déterminera l’issue de tout cela et à la fin du processus, la justice trouvera les formules pour pouvoir entériner les décisions politiques des accords politiques qui auront été conclus entre les différentes parties. C’est pourquoi en ce qui me concerne, je ne me préoccupe pas de la dimension judiciaire parce que je sais que ce sont des prétextes, des instruments pour accompagner un pouvoir qui a décidé à un moment donné de museler son opposition, de couper toutes les têtes , d’arrêter tous les dirigeants pour neutraliser l’opposition qui était perçue à cette époque comme un empêcheur de tourner en rond, comme une menace à l’installation du pouvoir qui venait d’arriver. Maintenant qu’avec notre libération, de notre point de vue, il y a une nouvelle orientation qui est donnée, nous pensons que le processus des négociations des discussions et de l’apaisement et de décrispation qui vont résulter, c’est ce qui est fondamental. La dimension judiciaire, de notre point de vue, est secondaire.

Guillaume Soro a achevé une visite à Gagnoa dans le pays bété, à Gnaliépa, à Mama le village de Laurent Gbagbo, à Kpogrobré le village de Blé Goudé. Quel sens donnez-vous à cette visite. Est-ce que c’était selon vous une manière d’assujettir les Bété ou d’humilier davantage Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé?

Je suis très mal placé pour vous répondre avec précision et concision puisque c’est monsieur Soro Guillaume qui peut dire quel est l’objectif qu’il visait en effectuant cette tournée. En ce qui me concerne, je ne peux que me poser des questions sur l’objectif politique. Est-ce qu’il s’agit d’un objectif national ou de poser des actes pour soutenir un processus d’apaisement, de réconciliation ? Est-ce que c’est une tournée qui vise un calendrier personnel ? Je ne peux vous répondre. Mais ce que j’observe, c’est que c’est une visite qui a été controversée, il y a eu beaucoup d’opposition et qu’en définitive, elle s’est effectue dans un contexte de division. Je ne pense pas que ce soit une visite qui ait contribué à rapprocher les parties et à soutenir un processus de réconciliation.

«Je suis plutôt venu vous dire que la réconciliation doit se faire. C’est en nous mettant ensemble que nous pourrons trouver une solution pour Laurent Gbagbo, Blé Goudé et tous les autres», disait Guillaume Soro. Ne pensez-vous pas que c’est le début d’un dialogue sincère que vous réclamez depuis toujours?

Je ne sais pas si c’est de cette façon qu’on peut dialoguer, mais ce que je peux dire, c’est qu’il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions et de bonnes idées. Il faut aussi avoir une bonne démarche. Sinon, les bonnes intentions peuvent être contre-productives et produire l’effet inverse. C’est une loi qu’il faut prendre en compte quand on est un leader politique, un homme d’état. A savoir qu’il ne suffit pas d’être bien intentionné, il faut avoir une démarche appropriée. Sinon on risque d’échouer et peut être même d’aggraver la situation.

Sur cette question des exilés, nous savons qu’il y avait comme cette épée de Damoclès qui pendait sur la tête du porte-parole Justin Koné Katinan. Est-ce qu’il y a eu une décision de justice comme prévu le 9 août dernier ou alors avez-vous eu de ses nouvelles?

Je n’ai pas de nouvelle du dossier judiciaire. Je n’ai pas été informé de ce qu’il y a eu une décision judiciaire.

Comment se porte le FPI que vous retrouvez et que vous avez laissé sous le leadership de Miaka Oureto et les autres?

Mon sentiment, c’est que le FPI a grandi, il s’est renforcé dans la conscience des ivoiriens. Parce qu’aujourd’hui, manifestement le FPI reste le seul instrument, la seule bouée de sauvetage pour les ivoiriens face au régime actuel. Face à tout ce que nous avons observé, les exactions des forces républicaines, les violations des droits de l’homme, le non respect des libertés, face à la crainte permanente dans laquelle vivent les populations, la peur qui les habite tous les jours puisqu’aujourd’hui, jusque là on pouvait venir vous arracher votre véhicule, votre terrain, vous n’avez aucun moyen de vous défendre, les gens peuvent habiter vos maisons impunément. Face à tout cela qui constitue des préoccupations des populations, les gens ne pensent plus qu’au FPI comme la seule alternance possible, comme la seule possibilité pour eux, ne serait-ce que pour vivre tranquillement dans leur pays en sécurité. D’être le seul bouclier qui, s’il est suffisamment fort, peut leur garantir au moins la liberté d’exister, l’égalité vis-à-vis des autres citoyens. C’est pour cela que nous avons la lourde responsabilité dans la restauration de la paix, de la stabilité et de la cohésion dans le pays.

Dans votre discours de sortie de prison, vous disiez: «Le pouvoir en place doit savoir que le FPI, parti d’opposition est un partenaire dans la reconstruction de la Côte d’Ivoire. Il faut qu’il nous comprenne comme tel et qu’il ne cherche pas à détruire l’opposition parce que ce ne sera pas possible. La situation actuelle le prouve te ce ne sera pas dans l’intérêt du pays». Y-a-t-il eu des tentatives de destruction du FPI, des exemples, qui vous permettent de parler avec autant d’autorité d’un complot qui viserait spécifiquement le FPI?

Mon arrestation en tant que président du FPI est le signe de cette volonté d’anéantir le FPI. Avec l’arrestation de tous les dirigeants, l’objectif visé était à défaut d’anéantir le FPI, de l’affaiblir au maximum de manière à se fabriquer une opposition factice. Une soi-disant opposition qui n’en serait pas véritablement une. C’était le projet initial. Il fallait détruire le parti, à défaut l’affaiblir au maximum de manière à ce qu’il ne soit que l’ombre de lui-même. Et de manière à ce que le pouvoir qui venait de s’installer puisse régner en maître absolu sans une opposition véritable en face.

Je pense que les dysfonctionnements de la gouvernance en Côte d’Ivoire résultent de ce que ce projet là avait commencé à prospérer. Par exemple jusqu’à maintenant, il n’y a pas d’opposition sur le terrain. Tous les meetings du FPI ont été démantelés, réprimés. Les médias sont quotidiennement pourchassés, suspendus et tout cela s’est traduit par un sentiment d’impunité, de règne en maitre absolu au niveau des autorités, sentiments et situations qui ont engendré beaucoup d’actes de mauvaise gouvernance, qui ont encouragé certaines forces paraétatiques à se livrer à des persécutions, des violations des droits de l’homme. Tous les dysfonctionnements que l’on a constatés pendant ces deux dernières années résultent de ce qu’on a voulu museler l’opposition sinon même la détruire. Malheureusement [pour le pouvoir, ndlr], les Ivoiriens ont résisté au niveau individuel et collectif. Quand on les a appelés à voter, ils ont refusé de répondre à l’appel au vote pour ce qui concerne les législatives comme les municipales. Quand on les appelle à des manifestations de réjouissance, ils restent chez eux. Dans les bureaux, on voit une atmosphère morose qui existe dans les administrations. La vie a cessé d’exister en Côte d’Ivoire. Dès 18 heures, chacun rentre chez lui. Il n’y a plus ces moments d’effervescence qu’on observait dans les rues par le passé. Tout le pays est figé parce qu’il y a une situation de persécution à l’encontre d’une partie de la population, c’est donc tout cela qui a contribué à amener les autorités avec les pressions extérieures à envisager une autre façon de gérer la crise. Donc il y avait une volonté d’anéantissement mais celle-ci n’a pas pu prospérer et elle a échoué parce que le peuple ivoirien n’a pas accepté de jouer le jeu.

 

Retranscrits par Hermann Djea, in le quotidien ivoirien «Le Nouveau Courrier».

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER.net

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dimanche, 25 août 2013

DE LA PERGOLA A BOUNA: AFFI RACONTE SON SEJOUR CARCERAL

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Pour la première fois depuis sa sortie de prison, le 5 août dernier, le président du FPI, l’ex-Premier ministre Pascal Affi N’guessan, est revenu longuement sur les conditions de son arrestation à la Nouvelle Pergola à Abidjan-Marcory, de son transfert à la prison civile de Bouna. Nous vous livrons de larges extraits de son témoignage.


«Nous avons quitté le Golf Hôtel le lundi de Pâques à 13h. On ne savait pas où on allait. La guerre n’était pas totalement terminée. Est-ce qu’ils nous ramenaient à la Pergola ? C’était l’heure du déjeuner et Affoussi Bamba qui est venue nous chercher, nous a dit : «vous faites vos affaires, on s’en va». On lui a demandé : «on s’en va où» ? Mais, elle n’a pas osé répondre. On s’est dit, dans ce cas ce n’est pas la peine de manger. Arrivés à destination, on va manger. Chacun espérait une destination. Elle a dit : «Mangez un peu. On ne sait jamais».

Après, on nous a embarqués et nous sommes passés à la gendarmerie de Cocody où le lieutenant qui conduisait le convoi a fait monter deux ou trois éléments avec des RPG. Je me suis demandé si pour nous ramener à la Pergola, on avait besoin de RPG. Mais j’ai fini par me dire que comme il y a encore des combats en ville, peut-être que c’était dangereux. On a fini par démarrer et quand nous sommes arrivés à l’Indénié, le convoi a pris la route d’Adjamé au lieu de se diriger vers le sud. Nous nous sommes dit que c’était une manœuvre de diversion. Mais nous avons continué vers Yopougon. Arrivés au carrefour de la Maca, les combattants étaient éparpillés partout. Ils se sont arrêtés parce que ça tirait partout. Un moment, ils ont tenté de rebrousser chemin. Mais un des leurs a dit : «Allons-y. De toutes les façons, nous, nous sommes blindés. Ce sont leurs gars qui sont là-bas. S’ils les tuent, tant pis pour eux».

Ils ont alors repris la route et nous avons roulé jusqu’à Attinguié et on s’est arrêté. On a fait une petite bifurcation et ils se sont arrêtés. Nous nous sommes alors dit que c’est là qu’ils allaient nous fusiller et abandonner nos corps. On ne savait pas du tout dans quel film on était. Mais, nous étions des acteurs passifs. Curieusement, ils ont commencé à distribuer des bananes aux uns et aux autres. Trois ou quatre bananes. Après, on a repris la route jusqu’à Toumodi. Ils sont allés à la station, ils ont parlé et ils sont revenus et nous avons pris la direction de Yamoussoukro. Nous avons commencé à dire qu’ils nous envoient au camp pénal de Bouaké. Certains ont pensé à Bouaké, d’autres à Korhogo. Arrivés à Yamoussokro, ils ont pris du carburant et on a fait demi-tour. Arrivés à Toumodi, ils ont pris la route de l’Est. On a commencé encore à s’interroger sur notre destination. Un moment donné, le secrétaire général de l’université de Cocody a dit : «Peut-être qu’ils s’en vont nous enfermer chez le président Affi !».

Quelqu’un lui a dit : «Toi, tu es vraiment optimiste». On a continué à rouler, et on a traversé Bongouanou et arrivés à Kotobi, ils ont pris la route de Daoukro. En fait, ils s’étaient perdus. Quand ils s’en sont rendus compte, ils ont fait demi-tour et nous avons pris la route d’Abengourou. Arrivés à Bonahouin, ils ont commencé à distribuer des boites de sardine. Mais, moi, j’étais tellement fâché parce que ça n’avait aucun sens. On a repris la route et ils roulaient à tombeau ouvert. Nous étions dans des 4x4. Il y avait deux 4x4 doubles cabines et un pick-up où ils avaient mis les éléments armés. Dans chaque 4x4, il y avait deux gendarmes ou policiers qui nous encadraient. Michel Gbagbo, lui, ils l’ont mis carrément dans le coffre arrière du 4x4. Un moment, il pleuvait. Ceux qui étaient dans le pick-up sont donc descendus pour monter avec nous dans les 4x4. Nous étions donc serrés comme dans une boîte de sardine. Notre conducteur était tellement fatigué qu’il a fait deux sorties de route. Deux fois, nous sommes entrés en brousse avant de ressortir. Finalement, je ne pensais plus à rien. Parce que je me disais, pour un pouvoir qui s’installe, même s’ils veulent nous envoyer en prison, compte tenu de notre statut, ils pouvaient même prendre de bons véhicules et nous emmener. Mais agir ainsi montrait qu’ils n’accordent aucune importance à notre vie. Un moment même, notre chauffeur dormait. Or, nous étions sur un pont et il y avait un véhicule qui venait en face. Il s’est réveillé brusquement et il s’est rabattu à droite. On a failli basculer dans le vide. On est finalement arrivé à Bouna à 4h du matin. A Bouna même, les gens n’étaient pas informés de notre arrivée.

Ils couraient donc dans tous les sens, pour chercher le responsable du camp des Frci. Ils l’ont retrouvé et il est arrivé tout fâché parce qu’on lui a envoyé des gens sans le prévenir et surtout il ne savait pas quoi faire de nous. On le voyait donc courir partout pour trouver un lieu où nous enfermer. Un moment, ils ont dit qu’ils allaient nous enfermer à la résidence de Palé Dimaté. Mais certains d’entre eux ont dit que la clôture de la résidence n’était pas assez haute. En définitive, ils ont opté pour la prison civile. Et quand on partait, c’est Serges Boguhet qui, le premier, a fait la remarque en disant qu’ils nous envoient en prison. Quand par la suite, nous avons vu les barbelés, nous avons su que c’était effectivement la prison civile. C’était une prison abandonnée et désaffectée. Ils ont alors commencé à nous jeter dans des cellules insalubres.

Diabaté Bêh a été le premier qu’ils ont brutalisé. Ils donnaient le sentiment qu’ils lui en voulaient particulièrement. Ils l’ont jeté dans un coin très sale. Moi, ils m’ont dit : «Affi, passe ici». Ils m’ont jeté dans le parloir. Un endroit très étroit, où il y avait tout juste de la place pour un matelas. J’y suis resté près de deux mois. Ils nous ont enfermés et ils sont partis. Après, ils sont revenus et il y en a un qui a commencé à nous menacer. «Vous avez eu de la chance. Sinon, moi Chiquito, si j’étais descendu à Abidjan, aucun de vous ne serait vivant à l’heure actuelle. Vous allez mourir ici. On va vous nourrir avec tuyau», nous lançait-il à la figure.

On n’avait rien. Heureusement, assez rapidement, les prêtres et le responsable local de la Lidho sont venus nous voir. Ce sont eux qui nous ont donné les premiers draps pour la nuit. Nous sommes restés là sous la surveillance de deux hommes armés en permanence. On n’avait pas droit aux visites. On était enfermé. Le responsable de la Lidho a négocié pour qu’il puisse nous rendre visite une fois par jour. Ils le lui ont accordé.

Mais au bout d’un certain temps, ils lui ont dit qu’il n’aura que trente minutes pour nous voir. Donc, chaque jour, il pouvait nous voir 30mn. Mais il n’était pas question pour lui de nous envoyer des journaux, encore moins la radio. C’est donc lui qui a informé nos parents. Après un moment, on lui a dit qu’il n’avait plus que 15 mn. Et puis, on lui a interdit totalement de venir nous voir. Donc, on n’avait aucun contact tout ce temps. Jusqu’à ce qu’un jour, un Frci nous présente une dame Frci aussi pour nous dire que c’est elle qui allait préparer pour nous. On était obligé d’accepter. Et puis, progressivement, l’administration pénitentiaire a commencé à se mettre en place à partir du mois d’août. Mais, même là encore, il y avait, chaque fois, des incidents entre eux et les Frci. Et pendant tout ce temps, c’était le stress. Parce qu’on ne savait jamais ce qui allait se passer. Rien n’était prévisible. Ils vont et viennent. Et dès que tu entends un bruit, tu as peur.

Tu te demandes ce qui va se passer encore. On était dans cette situation, jusqu’à ce que l’administration s’installe définitivement. Et comme eux, ce sont des professionnels, ils ont commencé à avoir des rapports corrects avec nous. Nous avons donc commencé à déstresser et à nous organiser. On se réunissait tous les jours à 16 h, pour analyser la situation, les informations internationales, la politique nationale.

Nous étions censés être sous la protection de l’Onu

Nous avons gardé le moral parce que nous savions que c’était notre part de la lutte et nous avons positivé notre détention. Parce que le fait que nous soyons détenus était devenu une donnée de la crise. Nous savions que c’était par ça que les autres allaient se mobiliser. Ne serait-ce que nos parents, nos familles et nos camarades de lutte. Nous savions que le caractère injuste de notre détention ferait qu’au-delà de nos familles biologiques et idéologiques, beaucoup d’Ivoiriens se sentiraient interpellés et se mobiliseraient. Et cette mobilisation, nous savions qu’un jour où l’autre, elle allait triompher. Parce que c’est l’histoire. Les prisonniers politiques, ça peut prendre le temps que ça peut prendre, mais forcément, un jour on finit par sortir. Et comme l’a dit le doyen (Ndlr : Bernard B. Dadié), c’est une école, c’est un parcours initiatique.

C’est pourquoi, quelque part, nous étions fiers de jouer cette partition dans la lutte pour la libération du pays. Parce que dans tous les processus à travers le monde, ceux que le doyen a appelés les martyrs, ce sont eux qui ont consolidé les aspirations.

A la Pergola, nous étions censés être sous la protection de l’Onu. Après j’ai vu des gendarmes venir. J’ai vu notamment le colonel Ehoussou avec qui j’avais travaillé à la Primature et qui s’occupait déjà de la protection des personnalités. Donc, je me suis dit que c’était normal qu’il soit là. Du moment où ce n’était des Frci, je me suis dit qu’ils étaient venus pour compléter l’effectif de l’Onuci. C’est quand je devais faire la deuxième communication, parce que j’avais vu Mamadou Koulibaly et Yao N’dré chez Alassane Ouattara, que j’ai vu que les militaires qui étaient là cherchaient même à m’empêcher de parler que j’ai compris qu’il y avait quelque chose.

Dans les heures qui ont suivi, Soro a envoyé quelqu’un me voir. On était autour de 20 h. Il m’a dit que Soro voulait me rencontrer. Je lui ai demandé de me montrer ce qui prouvait qu’il venait effectivement de la part de Soro. Il l’a appelé et me l’a passé. Je lui ai dit qu’il faisait trop tard, que la ville n’était pas sécurisée et qu’il fallait qu’on remette la rencontre au lendemain. Mais quelques temps après, j’ai entendu des gens discuter. J’ai su qu’il y avait un deuxième groupe. Et je pense que ça devait être un groupe envoyé par Hamed Bakayoko. Un des officiers m’a dit de ne pas rester sur place parce que la façon dont les gens bougeaient, il y avait des risques qu’il y ait du grabuge. Je suis donc monté à ma chambre. Mais quelque temps après, j’ai entendu des coups sur la porte. Mais ce n’était pas des coups à la main. Mais des crosses de kalach. Ils défonçaient les portes. Ils ont défoncé la porte d’entrée. Et quand on dépasse cette porte, il y a une terrasse avant d’arrivée au salon. Ils ont commencé à défoncer la porte du salon et même les fenêtres. J’étais dans la chambre, donc je suis venu au salon pour voir ce qui se passe. Le temps d’arriver, ils étaient sur moi en train de me rouer de coups. Ils m’ont embarqué. Mais en bas, on est resté 15 à 20 mn. J’ai fini par comprendre qu’ils étaient en train de piller la chambre. Parce que pour les dernières missions que le président m’a confiées, il me restait un peu d’argent que j’avais pris sur moi. Et quand les camarades partaient, j’aidais certains. Mais moi, j’ai dit que je ne pouvais pas bouger. Parce qu’en tant que président du parti, je me suis dit qu’il fallait que les militants entendent notre voix. Pour qu’ils sachent que le parti est toujours là. Sinon, ce serait la débandade généralisée. C’est comme ça que quand Alcide est allé voir l’Onuci et qu’il a dit qu’ils avaient trouvé un endroit pour sécuriser les cadres Fpi et Lmp, j’ai accepté d’y aller. Peut-être qu’ils avaient déjà des plans pour nous arrêter. Parce que les autres qui sont restés, on les a quand même transférés à Boundiali.

Mais, moi personnellement, je n’ai jamais désespéré parce que je savais que nous avions gagné les élections. Donc, nous avions une base populaire. Et que cette base allait peser dans la balance».

 

Propos retranscrit par Guillaume T. Gbato

In le quotidien ivoirien "Notre Voie".

jeudi, 10 juin 2010

DU BERGER A LA BERGERE: REPONSE DE MAMADOU KOULIBALY A AFFI NGUESSAN

MAMADOU KOULIBALY.gif

Non président Affi ! Tu n'as pas lu le texte de ma conférence. Ou bien, si tu l'as lu, tu ne l'as pas compris. Je suis vice-président du FPI en charge des questions gouvernementales et je suis comme tu le dis, président de l'Assemblée nationale donc député, donc chargé entre autre, du contrôle de l'activité de l'Exécutif. J'ai le sentiment d'avoir fait mon devoir de veilleur. Non Affi ! Tu ne peux pas dire ce que tu as dit sur le fond et sur la forme de mon discours, compte tenu des valeurs que prône le FPI, du projet de société du FPI et du programme de gouvernement qui ont fait que les Ivoiriens nous ont portés au pouvoir. J'espère que nous n'avons pas oublié. Je remercie le parti pour toutes ces nominations à des postes de responsabilité dont j'ai bénéficié malgré mon arrivée tardive au FPI comme le dit ton ami Tagro ; mais ne vous mettez pas en idée de me demander de ne pas les assumer. Par ailleurs, tu dis que j'aime les ONE MAN SHOW ? Suis-je le seul dans ce cas au FPI ? Regarde un peu autour de toi. Si le parti était un peu mieux géré il n'y aurait pas eu de si nombreux cas dans toutes nos fédérations. Le plus curieux c'est que tu ne sois pas descendu dans l'arène pour te défendre toi-même, lorsqu'à Dabou, ton autorité a été bafouée par Serges Agnero. Tu n'es pas non plus descendu dans l'arène lorsqu'à Soubré l'autorité du Secrétaire général du FPI a été défiée par Gogui Théophile. Tu n'es pas descendu dans l'arène lorsque l'autorité du Ministre d'Etat Bohou Bouabré a été contestée par le ministre Tagro à Issia / Saïoua. Et là, te voilà dans l'arène pour défendre Tagro contre Koulibaly. Est-ce cela être un homme d'Etat, et premier responsable d'un grand parti comme le FPI ? Je me demande bien quelle est la logique de cette réaction de soutien au ministre Désiré Tagro, Secrétaire national qui aurait un comportement d'homme d'Etat face à moi le mauvais vice-président de ton parti.

Quel dommage !

Je t'invite autant que toute la direction et tous les militants du FPI à lire ou à relire le texte de ma conférence. J'invite tout le parti à redevenir ce que nous n'aurions jamais dû cesser d'être : un parti politique responsable qui aspire à gouverner autrement la Côte d'Ivoire. Il ne s'agit pas de savoir où j'étais le 19 septembre 2002 au moment où Désiré Tagro défendait la République ou si depuis mon adhésion au FPI j'ai contribué à quoi que ce soit de bien pour ce parti. Car à cette allure, bientôt Désiré Tagro et ses amis se demanderont si je suis Ivoirien pour me permettre d'intervenir dans le débat national. Non ! N'allons pas dans les poubelles de la falsification de l'histoire et du révisionnisme. Et si on oubliait Mamadou Koulibaly pour revenir aux questions que les Ivoiriens et les Africains se posent ? A quand la fin de la crise pour qu'enfin nous attaquions les vrais problèmes des populations ? Ne personnalisons pas le débat. Je parle de la Côte d'Ivoire et toi tu me reproches de parler aux Ivoiriens et de leurs problèmes ? N'est-ce pas eux les souverains qui nous ont donné le pouvoir ? Peut-on oublier Mamadou Koulibaly et penser la Côte d'Ivoire ? Parlons de responsabilité morale. Parlons de responsabilité politique. Et sur ce terrain nous sommes attendus par nos concitoyens. Je ne retire rien à mes propos et je ne regrette pas de les avoir tenus. Si c'était à redire, je le redirais avec encore plus de véhémence. Les Ivoiriens ne nous ont pas élus en 2000 pour les commander mais pour les servir. Notre engagement n'était pas de gérer leur vie quotidienne mais de gouverner l'Etat. Notre loyauté ne doit pas se mesurer à l'aune de notre attachement à un chef, mais aux principes et aux valeurs qui fondent notre projet de société. Ne comptez ni sur une démission ni sur une concession de ma part.

Source: Quotidien Le Patriote du 10 Juin 2010


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Sortie de crise / Mamadou Koulibaly charge : « L'accord de Ouaga a échoué », « Tagro doit démissionner »

 

Le Pr Mamadou Koulibaly intervenait au cours d'un colloque national sur la démocratie en Côte d'Ivoire. Il a fait observer que l'accord de Ouaga qui devait mettre fin à la crise en 10 mois est aujourd'hui dans l'impasse, trois ans après sa signature.

« Inscrit initialement dans un chronogramme de 10 mois et présenté comme la clé du dénouement de la crise ivoirienne, l'APO, après 3 années de tractation, est hélas une succession d'impasses habitées par l'amertume, le doute et l'inertie », a-t-il déclaré. Tout en dénonçant l'échec de l'accord de Ouaga, le président de l'Assemblée nationale a estimé que le ministre Désiré Tagro qu'il présente comme l'artisan principal de la conception et de la finalisation de cet accord, doit démissionner. « L'APO s'est embourbé dans ses contradictions congénitales. La responsabilité du ministre Désiré Tagro est engagée, car c'est lui qui a négocié, discuté, approuvé et conseillé l'APO. L'échec patent de cet accord devrait amener le ministre Tagro à en tirer les conséquences et à démissionner. Un homme politique responsable démissionnerait. Le Président de la République devrait désigner une nouvelle équipe pour engager un véritable processus de sortie de crise », a souligné le Pr Mamadou Koulibaly dans son intervention sur le thème « Responsabilité de la classe politique devant l'opinion publique ». Faut-il le préciser, le colloque qui s'achève demain est organisé par la Convention de la société civile ivoirienne, en partenariat avec le National Democratic Institute (NDI) et FRIEDRICH EBERT STIFTUNG (FES), et a pour thème « Bilan, enjeux et perspectives de la démocratie en Côte d'Ivoire après vingt ans de multipartisme ». Selon le président du comité scientifique, le Pr Assalé, il s'agit de faire coïncider les 50 ans d'indépendance de la Côte d'Ivoire avec le véritable départ de la démocratie. Le représentant de FRIEDRICH EBERT, M. Hermann, a souhaité que ces travaux permettent une analyse approfondie et objective en vue de rendre plus performant l'exercice du multipartisme en Côte d'Ivoire. Quant au coordonnateur national de la Convention de la société civile ivoirienne, le Dr Patrick N'Gouan, il a dénoncé une « démocratie unijambiste, déséquilibrée, inefficace » ponctuée par une « mauvaise gouvernance ». D'où la forte implication de la société civile qui œuvre à renforcer « l'autre jambe » pour une « démocratie équilibrée et participative » en Côte d'Ivoire.

H. Oulaï

Source: Quotidien L'Inter du 03 Juin 2010

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23:23 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : côte d'ivoire, quotidien le patriote, mamadou koulibaly, affi nguessan, fpi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 12 avril 2010

AFFI NGUESSAN MET SORO GUILLAUME EN DEMEURE DE DESARMER LES FN

PASCAL AFFI NGUESSAN.jpg

Une crise majeure couve malgré les apparences. Après la rencontre "idyllique" du Président Laurent Gbagbo et de son Premier Ministre Soro Kigbafory Guillaume, dimanche à Abidjan, qui laissait présager un nouveau contrat de confiance entre les deux hommes pour la sortie de crise ivoirienne, le Président du FPI, monsieur Pascal Affi Nguessan a fait, ce lundi, une sortie pour le moins curieuse dans laquelle il met en demeure le secrétaire général des Forces Nouvelles de désarmer ses troupes et réunifier le pays avant les élections, faute de quoi il devra déposer le tablier (ou y être contraint). Ces propos en disent long sur les tractations en cours, en ce moment, dans le pays. Que nous cache t-on? Car Affi Nguessan a clamé, sans sourciller devant la presse française, être en parfaite harmonie avec le président Gbagbo. Une telle sortie ne peut donc pas ne pas refléter la position actuelle du président de la République. Le site ivoirien ACCESS AFRICA.NET fait un bref commentaire de la conférence de presse parisienne du président du FPI.

Au cours d’une conférence de presse, ce lundi (12 avril 2010) au CAPE à Paris, Pascal Affi N’guessan a dit : "Nous sommes dans la période de l’après Soro". Selon lui, le Premier Ministre n’a rien dit de concret sur le désarmement et l’audit de la liste électorale. Hier, à l’issue de la rencontre entre le chef de l’Etat et le Premier Ministre, Laurent Gbagbo a gardé le silence tandis qu’avant une promenade dans une vedette de la marine ivoirienne, Guillaume Soro a dit entre autres que le président et lui s’étaient engagés à appeler leurs partisans au calme. La sortie du président du FPI, ce lundi à Paris, indique que le message n’est pas passé.

23:01 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : côte d'ivoire, affi nguessan, soro guillaume | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |