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vendredi, 26 août 2016

DOSSIER: OUATTARA ET LE MYTHE DE LA CROISSANCE

 

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Côte d'Ivoire: Du maquillage des résultats électoraux au maquillage des taux de croissance du produit intérieur brut (PIB).

Dr DON MELLO Ahoua.

 

«En utilisant les données en dollars de l’institution de Breton Wood on trouve un taux de croissance négatif du PIB (Produit Intérieur Brut) de -8,5% en 2015, l’exact opposé de la croissance acceptée aujourd’hui par le gouvernement de +8,5% en monnaie locale, comme si on s’était livré à une inversion de signe. Cela était trop gros. Même si en 2015 on prend en compte l’appréciation du dollar US (+13,2%), on n’obtient dans le meilleur des cas qu’un taux de croissance de 3,7%, ce qui serait un ralentissement de la croissance que les autorités ivoiriennes ne semblent pas disposées à accepter». Ainsi s’exprima Jean-Charles THIEMELE, Expert Économiste Financier ivoirien sur le Produit Intérieur Brut et le taux de croissance 2015 non encore certifiés par la communauté internationale.

Dis-moi comment tu gagnes le pouvoir et je te dirai comment tu gagnes tes taux de croissance.

En faisant certifier de faux résultats électoraux par l’ONU, le Dr Alassane Dramane OUATTARA dit ADO accède au pouvoir en promettant d’étonner le monde. Malgré le point d’achèvement de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) qui permettait de disposer de ressources suffisantes pour faire face à la pauvreté, les ivoiriens crient famine; pendant ce temps, le Dr ADO aligne au fil des années des PIB et les taux de croissance les plus spectaculaires:

- 2012 : PIB 27,1 milliards de dollars US, taux de croissance 9,8%

- 2013 : PIB 31,06 milliards de dollars US, taux de croissance 8,7%

- 2014 : PIB 34,25 milliards de dollars US, taux de croissance 8,5%

En 2015, c’est avec une assurance démesurée, que le Dr ADO et son honorable et dévoué Premier Ministre Daniel KABLAN DUNCAN attendaient un PIB de 37 milliards de dollars et un taux de croissance à deux chiffres, soit 10,3%.

Avec la certification par le respectable Fonds Monétaire International (FMI), une autre branche de L’ONU, les ivoiriens étaient gavés de beaux chiffres que leur quotidien ne reflète pas du tout. « L’argent travail mais ne circule pas » répondait le Docteur ADO aux Ivoiriens qui cherchaient en vain le fruit de la croissance dans le panier de la ménagère transformé en « sachet de la ménagère » selon un humour bien ivoirien ; comme si l’argent pouvait travailler sans circuler.

La confiance que le FMI accordait aux chiffres présentés par le Dr ADO n'excluait pas quelques réserves. En effet, des réserves étaient régulièrement émises par le FMI et des promesses sans lendemain étaient régulièrement faites par le régime Ouattara pour les lever.

En illustration, le rapport de mission du FMI de Juin 2014, rapporte :

« Les services du FMI ont néanmoins regretté qu’on ne se soit pas attaqué aux points faibles des comptes nationaux de 2012 avant la finalisation en cours de ceux de 2013 » (Rapport FMI 2014)

Il a fallu la crise de l’Attiéké (semoule à partir du manioc) en 2016 pour découvrir la vérité sur le taux de croissance réel du PIB.

DE LA CRISE D’ATTIEKE AU REJET DES CHIFFRES DE 2015 DU Dr ADO

Du 24 juin au 7 juillet 2016, une délégation du FMI arrive en Côte d’Ivoire pour certifier le taux de croissance à deux chiffres proposé par les alchimistes du Dr ADO. Comme on ne prête qu’aux riches, un PIB mirobolant et un taux de croissance à deux chiffres constituaient les clés pour ouvrir le ciel pour une seconde pluie de milliards des bailleurs de fonds après le jackpot de l’initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).

Auréolé par l’exécution des projets conçus sous la Présidence de Laurent GBAGBO mais en révisant à la hausse les coûts des travaux pour gonfler le PIB et rembourser sa dette vis-à- vis des sponsors de la guerre qui l’a porté au pouvoir (le pont HKB évalué à 60 milliards de FCFA par les experts chinois sans péage, a été révisé à 180 milliards de FCFA avec péage, la rénovation et l’équipement de l’Université d’Abidjan expertisée à 40 milliards de FCFA sous GBAGBO, a été révisée à 110 milliards de FCFA sans équipements de laboratoire), le Dr ADO voulait cette fois-ci s’affranchir en faisant concocter durant 5 bonnes années, 114 projets (cf. site web du Comité National de Pilotage des Partenariats Public-Privé (CNPPPP) logé au BNETD) évalués à 14 000 milliards de FCFA.

La ligne rouge de la dette étant fixée à 70% du PIB, il fallait donc un PIB élevé avec une croissance forte pour forcer le coffre-fort des bailleurs de fonds à défaut de pouvoir utiliser contre eux la force armée comme il l’a fait pour la BCEAO de Bouaké pour financer sa rébellion armée. La certification du PIB de 37 milliards de dollars avec un taux de croissance de 10,3% était la clé du coffre-fort. Les experts du FMI font remarquer:

«Le secteur public reste le fournisseur principal des infrastructures publiques, mais étant donné les besoins d’infrastructures considérables et dans le contexte du PND (Programme National de Développement 2016-2020), les autorités cherchent à impliquer davantage le secteur privé au moyen de partenariats public-privé (PPP). Le portefeuille inclut aujourd’hui 114 projets pour un montant total d’environ 14 000 milliards de FCFA (environ 75 % du PIB de 2015), principalement dans les secteurs du transport, de l’énergie, de la faune et de la pêche, et du tourisme. » (Rapport de Mission du FMI, juin 2016)

Malheureusement pour le Dr ADO, la crise de l’ATTIEKE a donné rendez-vous aux experts du FMI.

En effet, la délégation découvre avec stupéfaction le cri des Ivoiriens sur la cherté de la vie en général et en particulier le manque de manioc sur le marché pour fabriquer de l’Attieké alors qu’elle arrivait pour certifier une croissance du PIB de 10,3% tirée par une croissance record de 12% de la production du vivrier dont le manioc seul battait le record de 74% de croissance (lettre d’intention du gouvernement au FMI 19 MAI 2015). Cette croissance extraordinaire devait répondre donc en abondance au besoin de la population et à prix accessible. La réalité était l’exact opposé des chiffres du Dr ADO : les prix doublaient sur le marché et le manioc se faisait rare.

Lisons ensemble cet extrait du rapport de mission du FMI qui exprime leur stupéfaction:

«La croissance du PIB réel est estimée à 7,9 %, tirée par les excellents résultats des services et de l’agriculture qui ont compensé la timide expansion du secteur secondaire (à cause en partie d’une baisse de la valeur ajoutée du secteur de l’énergie). Cependant, la précision des estimations du PIB de 2014 est quelque peu incertaine en raison de lacunes dans la collecte des données sur l’agriculture de subsistance. En particulier, les autorités ont signalé une récolte de manioc exceptionnelle (hausse de 74 % qui a contribué à hauteur de 1,3 point de pourcentage à une croissance totale de 7,9 % du PIB). » (Rapport 2016, Mission du FMI)

Le doute s’installe et le FMI propose son assistance à l’Institut Nationale de la Statistique (INS) le temple du maquillage des chiffres qui permettent le calcul du PIB. Son rapport de fin de mission, écrit dans un langage propre aux diplomates est éloquent :

« Faute de données finales de l'Institut national de la statistique, les autorités et les services du FMI ont utilisé une série d'indicateurs de l'activité pour obtenir des estimations préliminaires de l'expansion de la production. Pour 2015, les autorités estiment que la croissance du PIB réel a atteint 10,3 %. » (Rapport de Mission du FMI, Juin 2016 »

Le rapport souligne avec plus de diplomatie, la médiocrité des données économiques :

« Les administrateurs invitent en outre les autorités à redoubler d’efforts pour améliorer la production et la diffusion de données économiques de qualité » (Rapport du FMI juin 2016)

Cette nouvelle interpellation fait suite à celle de 2015 qui soulignait :

« Les graves faiblesses du système statistique qui empêchent de mesurer avec précision la croissance de l’activité économique. Le manque de données de base dans quelques secteurs (agriculture de subsistance, bâtiment et travaux publics, services immobiliers, par exemple) amène à utiliser des approximations ou à recourir à des méthodologies statistiques (groupes échantillons) qui ne donnent que des résultats imprécis. Ces difficultés sont aggravées par : (i) des contraintes en matière de dotation en personnel et de capacités de l’Institut national de la statistique (INS) et (ii) les erreurs occasionnelles dans le calcul des comptes nationaux. En 2014 notamment, les services du FMI ont recensé dans les comptes nationaux de 2012, dernière année pour laquelle des estimations définitives avaient été produites, des lacunes dans le calcul des taxes nominales sur les produits, parallèlement à certains mouvements inexpliqués de la valeur ajoutée sectorielle en termes réels, ce qui modifie directement la croissance du PIB. Étant donné les faiblesses notables du système statistique, les perspectives de croissance récentes et à moyen terme risquent d’être quelque peu optimistes, ce qui pourrait compliquer la gestion des finances publiques en 2015. (Rapport FMI 2015)

Les choses se compliquèrent effectivement en 2015 avec la crise de l’ATTIEKE.

Ahuris par l’absence de bases de données solides sur les activités économiques dans plusieurs secteurs d'activités, les experts du FMI s’en remettent à leur hiérarchie pour la certification de la croissance à deux chiffres et du PIB de 37 milliards de 2015 en émettant de sérieuses réserves. La délégation constate qu’à l’INS les prix sont stables alors que le prix de l’ATTIEKE double chaque année. Dans n’importe quel quartier d’Abidjan il est difficile de trouver 4 jeunes sur 100 ayant un emploi là ou l’INS affirme que seul 4 jeunes sur 100 n’ont pas de travail. Alors que les enfants sont devenus des « microbes » envahissant les rues d’Abidjan, l’INS estime les dépenses pro-pauvres à 1 622.4 milliards de FCFA en 2014.

Bref, l’échantillon d’Ivoiriens que fréquente l’INS semble être sur un autre territoire différent du territoire ivoirien.

Les experts du FMI ne se laissent pas distraire, pour autant, par les alchimistes du Dr ADO sur leur prétendue lutte contre la pauvreté. Le rapport ci-dessous le fait remarquer dans un langage tout aussi maquillé :

«La croissance s’est accompagnée d’une baisse modérée de la pauvreté et d’une lente amélioration des autres indicateurs du développement humain. Cependant, il subsiste des disparités considérables au niveau national sur le plan du niveau d’éducation, de l’emploi et du revenu (Annexe I). Selon le Rapport sur le développement humain 2015, la Côte d’Ivoire se situe à la 172e place sur 188 pays, avec un indice global de développement humain inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. » (Rapport de Mission du FMI, Juin 2016)

Les remarques inquiétantes et les réserves incessantes des experts du FMI n’ont pas empêchés le conseil d’administration de cette institution de certifier régulièrement les faux PIB et les faux taux de croissance.

Si les experts avaient eu le temps de faire un audit du PIB et du taux de croissance, le Dr ADO aurait été pris la main dans le sac. Il suffisait simplement d’auditer les coûts réels des grands travaux et de jeter un coup d’œil sur les chiffres du port autonome d’Abidjan. Ils se seraient aperçus que sous le beau maquillage des chiffres, se cache la laideur palpable d’un maquillage économique à l’instar du maquillage électoral permanent. Il a refusé le recomptage des voix en 2011, mais cette fois-ci, il lui sera très difficile de refuser le comptage des marchandises qui passent par le port et qui donnent donc le pouls et le visage vrai et non maquillé de l’économie ivoirienne.

En effet, le caractère extraverti de notre économie fait que la croissance du PIB est intimement liée à la croissance du trafic du port d’Abidjan. Les économètres diront qu’il existe une forte corrélation entre le PIB et le trafic marchandises du port d’Abidjan et les mathématiciens diront que les deux courbes qui traduisent le PIB et le trafic marchandises au Port d’Abidjan évoluent dans le même sens. En termes simples, plus l’économie croit, plus le trafic du port augmente en volume. Dans le langage Nouchi (créole ivoirien), on dira qu’entre le PIB et le trafic marchandise au port d’Abidjan c’est une combinaison qui marche concomitamment, c’est ton pied mon pied. Si l’un monte l’autre monte et si l’un descend l’autre descend avec lui. Rendons-nous donc sur le site du Port Autonome d’Abidjan pour la vérité sur la croissance du PIB ivoirien :

Année                                  2007    2008    2009    2010    2011    2012    2013    2014    2015

Trafic (million de tonnes)  21.37   22.08   24.03   22.4     16.6     27.7     21.4     20.8     21.4

Taux de croissance en %   1.77     2.54     3.25     2.02     -4.39    9.8       8.7       8.5       8.5

Ce tableau démontre qu’entre 2007 et 2012 la croissance du trafic au port d’Abidjan et la croissance du PIB ont évolué dans le même sens. De 2009 à 2010 le trafic a chuté de 24.3 millions de tonnes à 22.4 millions de tonnes, cela a entraîné une chute du taux de croissance de 3.25 à 2.02. De 2010 à 2011, le trafic a chuté de 22.4 millions de tonnes à 16.6 millions de tonnes et concomitamment le taux de croissance a enregistré sa plus forte chute passant de 2.02% à -4.39% pour faire une forte remonté à 9.8% en 2012, entraînant une forte remontée du trafic à 27.7 millions de tonnes. La chute du trafic de 2012 à 2014 ne peut qu’entraîner la chute de la croissance du PIB dans les mêmes proportions selon la règle « ton pied mon pied ». Au regard du tableau ci-dessus, les taux de croissance du PIB de 2013 et 2014 ne sont pas en corrélation avec le trafic portuaire. La chute brutale du trafic entre 2012 et 2013 devait s’accompagner d’une chute brutale du taux de croissance, ce qui n’est pas le cas selon le Dr ADO. Cette inadéquation n’est justifiable que si la Côte d’Ivoire avait réussi avec la pluie de milliards à restructurer son économie de telle sorte qu’elle produise ce qu’elle consomme et consomme ce qu’elle produit, ce qui n’est pas encore le cas.

La seule année de croissance ou la richesse créée, même surfacturée, est supérieure à celle créée les années précédentes, est celle de 2012 avec la relance des chantiers qui avaient été initiés sous Laurent GBAGBO. Depuis 2012 l’économie ivoirienne est en décroissance. Le niveau de richesse réelle exportée et importée à partir de 2013 (21.4 millions de tonnes) est proche de celle de 2007 (21.37 millions de tonnes) ce qui veut dire que le PIB réel de la Côte d’Ivoire en 2015 devait être proche de celui de 2007. Le trafic au port autonome d’Abidjan n’a pas retrouvé son trafic de 2009 (24.03 millions de tonnes) alors que les chiffres de croissance du Dr ADO indiquent que le développement accéléré de la Côte d’Ivoire a fait doubler les importations et a donné un coup d’accélérateur à l’exportation. Au regard du trafic du Port Autonome d’Abidjan que nos alchimistes n’ont pas pris la peine de maquiller pour coller avec le maquillage du PIB, le niveau de richesse de la Côte d’Ivoire est plus proche de celle de 2007 avec une population qui est passée de 19 millions d’habitants à 23 millions (chiffres de l’INS à prendre avec des réserves). La pauvreté ne peut que croître et c’est cette réalité qui est le quotidien des Ivoiriens.

Pour maquiller cette réalité et jeter la poudre aux yeux des experts, le gouvernement ivoirien a fait croire que la croissance est tirée par le secteur vivrier qui lui ne passe pas par le port d’Abidjan et qui aurait atteint un chiffre de croissance de 12% en 2015. Cette croissance, selon les alchimistes, est dérivée de celle du manioc qui a grimpé de 74%. La crise de l’ATTIEKE est venue compromettre ce maquillage. En langage humoristique Nouchi on dira : « y a rien en face comme croissance, c’est manioc sans Attiéké » La question que l’on est en droit de se poser est la suivante: Où sont passés les ressources du PPTE et les milliards de dettes contractées au nom de la Côte d’Ivoire après le point d’achèvement du processus PPTE de 2012 à 2015 ?

Même si Christophe BARBIER, le célèbre journaliste avait donné la réponse par anticipation en disant « nous leur ferons payer la facture de la guerre » sur une chaîne de télévision française au lendemain de l’arrestation de Laurent GBAGBO, il s’agit de faire la démonstration.

La réalité est que l’argent qui est rentré par emprunt ou don, est ressorti sans laisser de trace de développement autre que les projets qui avaient déjà été initiés sous Laurent GBAGBO. La Côte d’Ivoire a ainsi renoué avec la fuite des capitaux qui engendre les balances de paiements négatifs depuis 2012, alors que cela avait disparu sous Laurent GBAGBO de 2001 à 2011. Or c’est le déficit cumulé de la balance des paiements avant 1994 qui a entraîné la dévaluation de 1994. En renouant avec les balances de paiements négatifs, le Dr ADO met en péril les pays de l’UEMOA et le niveau de vie des populations de l’UEMOA. Examinons ensemble, à travers les rapports du FMI et des documents du gouvernement ivoirien, le mécanisme de détournement de deniers publics et de fuite de capitaux en démaquillant les termes employés par les experts du FMI en guise de respect pour leur ancien patron.

LE MECANISME D’IMPORTATION ET DE REEXPORTATION DE L’ARGENT : L’ARGENT TRAVAIL MAIS NE CIRCULE PAS (dixit Dr ADO).

En mécanique, le travail est le produit scalaire de la force et du déplacement. Vu sous cet angle, effectivement l’argent est déplacé par la force du FMI et se retrouve dans les nombreux comptes ouverts par le gouvernement ivoirien dans les banques commerciales. Par le mécanisme des travaux fictifs, des fausses factures et des surfacturations (cas du troisième pont et de l’université d’Abidjan), l’argent emprunte le chemin inverse pour repartir sur d’autres comptes à l’extérieur de la Côte d’Ivoire sans que cela ne circule sur le territoire ivoirien. C’est cette vérité que révèlent dans un langage agréable et diplomatique les deux rapports du FMI de 2015 et de 2016 ainsi que le mémorandum du Gouvernement ivoirien adressé au FMI en guise de repentance et de pardon pour arracher la certification du PIB de 2015.

Relisons le mémorandum de politique économique adressé par le gouvernement ivoirien au FMI du 19 Mai 2015 et les rapports de 2015 et de 2016 du FMI, nous découvrons :

« Le Gouvernement s’attèlera à la mise en place du Compte Unique du Trésor (CUT) afin de centraliser les opérations de trésorerie de l’administration publique. À cet effet, 1 400 comptes publics domiciliés dans les banques commerciales sur les 2 500 comptes dénombrés seront clôturés ». (Mémorandum de Politiques Économiques et Financières, 19 mai 2015).

Le rapport du FMI de 2015 pointe le doigt sur le mécanisme de production des fausses factures dans un langage bien choisi:

« Le recours croissant à des mécanismes extra-budgétaires (financés à l’aide d’emprunts souscrits par les entités publiques) pour effectuer des opérations budgétaires ou quasi budgétaires est un sujet de préoccupation pour la mission…. Les services du FMI ont noté que cette pratique viole le principe d’universalité du budget, mène à un périmètre budgétaire excessivement étroit et affaiblit le contrôle budgétaire. La mission invite les autorités à ne pas utiliser les entités publiques pour procéder à des activités budgétaires ou quasi budgétaires et à élargir le cadre budgétaire ». (Rapport FMI, 2015).

En langage pénal, lorsque toutes les institutions fonctionnent normalement, une dépense extra-budgétaire est un détournement de deniers publics. C’est pour cette raison que les experts du FMI ont recommandé la création d’une chambre de discipline budgétaire à la cour des comptes. Une dépense extra-budgétaire engendre des deno (dépenses engagées non ordonnancées). Les fameux « deno » qui ont été à la base du scandale de 18 milliards de francs CFA sous le gouvernement BEDIE. Cette fraude massive organisée sous le régime du PDCI-RDA, a occasionné la suspension de l’aide des bailleurs de fonds en 1998 ainsi que la chute du PDCI-RDA en 1999.

Pour la seule année 2014, le rapport évalue les détournements de deniers publics baptisés par une sémantique plus diplomatique « dépenses extra-budgétaires » à 58,4 milliards de FCFA (rapport du FMI, 2015), tournant complètement le dos à la stratégie des budgets sécurisés développée par l’Administration Gbagbo. On peut imaginer qu’une bonne partie aurait servi à arracher au PDCI-RDA l’appel de Daoukro et le soutien de la galaxie françafricaine à la violation de la Constitution ivoirienne pour permettre la candidature du Dr ADO pour un second mandat. Les dépenses extra-budgétaires qui étaient un crime hier sous BEDIE sont devenues la norme sous le Dr ADO, ainsi va la justice et la gouvernance mondiale: « qui veut noyer son chien l’accuse de rage ».

Les surfacturations et les fausses factures ainsi produites par une entreprise internationale qui a des comptes multiples à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, rentrent dans le calcul du PIB sans faire rentrer ou sortir une seule marchandise du territoire ivoirien. Par contre, l’argent emprunté pour financer les projets, comme dans un jeu de ping pong, retourne d’où il est venu. Ainsi, les importations et les exportations qui conditionnent le PIB augmentent sur papier sans trace au port ni dans le panier de la ménagère. Cette entreprise qui produit des surfacturations et des factures fictives n’a pas besoin d’importer ou d’exporter des biens matériels à la hauteur de sa facture ni d’embaucher de la main d’œuvre ni de payer des taxes (elles sont toutes exonérées en application du code d’investissement). Elle a besoin tout simplement de détourner l’argent et l’expédier vers d’autres cieux, ce que le FMI appelle « certains mouvements inexpliqués de la valeur ajoutée sectorielle en termes réels ». Les demandeurs d’emploi, les transitaires et les ménages n’en bénéficient pas. Seule bénéficiaire la galaxie françafricaine liée à ce nouveau régime. Chaque responsable politique, administratif ou dirigeant de société d’Etat est en relation avec une panoplie de sociétés de surfacturation et de factures fictives (voir dossier de la lettre du continent : Ouattara et les affaires de familles), il passe des marchés extra-budgétaires en mode gré à gré et produit des surfacturations et des factures fictives permettant à l’argent de faire du ping pong sans atterrir sur le sol ivoirien ou dans le panier de la ménagère. L’argent travaille comme une balle de ping pong mais ne circule pas sur le territoire ivoirien sauf entre les mains des « racketteurs ». Les ivoiriens deviennent donc des spectateurs d’un jeu de ping dont ils paient le ticket pour y assister.

Les contrats de concessions sont renouvelés et des péages institués pour faire payer les tickets aux citoyens, spectateurs obligés de ce jeu de ping pong. Des licences d’exportations sont accordées pour faire payer en nature le prix du ticket au paysan en le dessaisissant de son cacao à vil prix sans tenir compte des prix indicatifs pompeusement annoncés. Le cacao ainsi exproprié, qui représente le prix du ticket du paysan pour le spectacle du ping pong, est revendu à prix d’or sur le marché international. Le diamant, l’or, le manganèse, le bois etc. sont des butins de guerre. Ils sont pillés et exportés sans trace dans les comptes de l’Etat. (Voir dossier de la lettre du continent : Ouattara et les affaires de famille).

Parfois, le gouvernement ne s’embarrasse pas de la procédure de factures fictives qui demande de savoir lire et écrire. Or les bataillons de Dozos et de tirailleurs recrutés dans la sous-région pour renverser le Président GBAGBO avec le soutien de la galaxie françafricaine sont des analphabètes et des semi-lettrés. Ils sont devenus, par la magie du DDR (Désarmement, Démobilisation Réinsertion) des fonctionnaires non reconnus par le fichier de la fonction publique mais affectés au trésor, aux impôts, à la douane, à la gendarmerie, à l’armée, à la police etc.. Certains ont des plantations de cacao volées après avoir chassé ou tué les propriétaires, ils ont aussi des coopératives ou des sociétés fictives dans le secteur du BTP, dans le commerce du cacao et dans les fournitures diverses (voir dossier de la lettre du continent).

A partir des nombreux comptes, le gouvernement utilise la technique des avances du trésor c’est-à-dire des paiements effectués sans bulletin de salaire, sans facture ni support, pratique là encore totalement contraire au principe du budget sécurisé. Ils sont payés en main propre ou par virement bancaire à partir d’un des 2500 comptes du gouvernement. Voilà pourquoi les dépenses pro-pauvres s’élèvent à 1 622.4 milliards de FCFA en 2014 sans impact significatif sur la réduction de la pauvreté. A titre de comparaison, dans le programme de la Refondation 2010-2015 de Laurent GBAGBO, le coût total pour rénover ou doter les 11 000 villages de la Côte d’Ivoire en eau, électricité, internet, centre de santé et une école primaire est de 1 100 milliards de FCFA. Or 1 622 milliards ont été dépensés en une année sans aucune trace de développement dans les villages. Il s’agit tout simplement de payer la facture de la guerre et non une quelconque prestation réelle pro-pauvre. « Nous leur ferons payer la facture de la guerre » Christophe BARBIER n’était pas le seul à le penser. Les revenus de ces curieux fonctionnaires nouveaux sont complétés avec des bons d’essence qui plombent les sociétés d’Etats comme la SIR (dettes cumulées 181 milliards de FCFA, rapport 2015 et 2016, FMI). Les subventions sont accordées à des coopératives fictives ou semi-fictives de cacao, des sociétés d’exportation fictives ou semi-fictives, des écoles privées fictives employant des élèves tout aussi fictifs. Le rapport du FMI de 2015 recommande :

«De réduire encore le volume élevé de dépenses publiques effectuées selon des procédures exceptionnelles (avances du Trésor notamment). Ils leur demandent de surveiller de près l’endettement des entités du secteur public…… qu’à compter de la loi de finances 2015, les crédits budgétaires affectés aux subventions aux écoles privées, au secteur de l’électricité et aux achats de carburant par les forces armées soient réalistes….de renforcer le contrôle sur les ministères dépensiers (plus grande mobilité des agents et audits plus fréquents)….d’envisager de créer une chambre de discipline budgétaire et financière au sein de la Cour des comptes » (Rapport 2015)

Pour combler le déficit causé par ces dépenses extra-budgétaires à la SIR et à la PETROCI et les avances du trésor, le gouvernement n’a révisé que légèrement le prix du carburant à la pompe au lieu d’appliquer le mécanisme automatique de la baisse du prix du carburant lorsque le pétrole a baissé de près de la moitié sur le marché mondial. Il a aussi refusé de baisser le prix de l’électricité à la fin des contrats de concession sur le gaz qui constitue l’essentiel du prix du secteur. Il a aussi différé la revalorisation des salaires des enseignants et le règlement des problèmes universitaires.

C’est ce que note le rapport du FMI de 2015 :

« Les autorités ont aussi accepté de réviser à la baisse les projections des dépenses d’investissement sur la base du taux d’exécution de 2014, ainsi que la masse salariale (les hausses de salaires ont été différées de janvier à une date ultérieure pendant l’exercice), et d’affecter l’équivalent de 12 milliards de FCFA de provisions inscrites dans la loi de finances à des dépenses imprévues pour compenser en partie les dépenses extra-budgétaires » (rapport FMI 2015)

Ainsi les détournements massifs pour payer la facture de la guerre ont pour conséquence, d’augmenter les factures d‘électricité et le coût du transport, de différer la revalorisation salariale, et pire encore de privatiser le prestigieux Institut National Polytechnique (INPHB) qui demande maintenant aux élèves ingénieurs de débourser 2 800 000 FCFA par an pour suivre les cours. Le prestigieux diplôme de l’INPHB devient une marchandise. L’enseignement supérieur est en route pour l’émergence de la médiocrité. L’université d’Abidjan, maquillée à 100 milliards de FCFA, manque d’équipements de laboratoire. Les étudiants sont donc contraints de croire sans expérimentation perdant ainsi le réflexe de l’esprit scientifique. Ainsi se fabrique « l’ivoirien nouveau » version OUATTARA, débarrassé de l’esprit scientifique dans une université devenu le tombeau de la culture scientifique et le temple des croyances sans vérification.

Ainsi, la cherté de la vie, la privatisation de l’INPHB, l’assassinat de la culture scientifique et la non valorisation des salaires dérivent donc des dépenses extra-budgétaires et des avances du trésor pour payer la facture de la guerre! Les vrais fonctionnaires et les vrais entrepreneurs n’ont aucun soutien et souffrent d’arriérés de paiement de salaire et de facture, les citoyens souffrent de la cherté de la vie pour payer la facture externe et interne de la guerre et leur ticket de spectateurs du jeu de ping pong.

Le refus des experts du FMI de certifier quelques-uns de ces crimes économiques, a conduit à ne pas accepter le taux de croissance de 10,3% de 2015 proposé par le gouvernement ainsi que le PIB de 37 milliards de dollars. Le coup fatal est que le PIB qui était projeté à 37 milliards de dollars, a été revue à 31 milliards de dollars, en baisse de 6 milliards de dollars par rapport à l’attente du Dr ADO et de 3 milliards de dollars par rapport à l’année 2014. Cette donne a fait dire à l’expert ivoirien Jean Charles THIEMELE que :

« En utilisant les données en dollars de l’institution de Breton Wood on trouve un taux de croissance négatif de -8,5%, l’exact opposé de la croissance acceptée aujourd’hui par le gouvernement de +8,5% en monnaie locale, comme si on s’était livré à une inversion de signe ».

La très respectable agence Ecofin va dans le même sens que l’expert ivoirien :

« Toutefois, un aspect du PIB qui n'est pas souvent relevé par les responsables publics est la performance du PIB en dollars US. Un aspect qui doit être pris en compte par les pays importateurs de carburant et de biens de consommation. Or, de ce point de vue, la croissance économique ne sera pas au rendez-vous. Le PIB en dollars de la Côte d'Ivoire est annoncé à seulement 31,7 milliards $, contre près de 34 milliards $ en 2014 » (site web agence ecofin 13/07/2015).

Rappelons que la croissance du PIB d’un pays est définie comme suit :

« La croissance annuelle du Produit intérieur brut (PIB) en % représente la variation relative du volume du PIB en dollars constants entre deux années. Elle reflète l'augmentation (ou la baisse dans le cas d'une croissance négative) du niveau d'activité économique dans un pays. Il s'agit d'un indicateur souvent retenu lorsque l'on veut faire des prévisions à court et à moyen terme sur la situation économique d'un pays. » (Site web, université de Sherbrook, perspective monde, 2016) ».

Ce verdict est inacceptable pour le Dr ADO qui préfère le calcul du PIB en monnaie locale et entend utiliser les multiples connexions qui existent entre les 2500 comptes de l’Etat ivoirien et la galaxie françafricaine pour rappeler à chacun le jeu de ping pong dans le cadre du pacte françafricain et arracher à la galaxie françafricaine la certification de son PIB et de son taux de croissance à deux chiffres. Il a réussi en 2013 et 2014 malgré les réserves des experts qui, pour se démarquer de leurs décideurs ont écrit au début de leur rapport :

« Les communiqués de presse publiés en fin de mission par les services du FMI expriment leurs observations préliminaires au terme d'une mission dans un pays. Les opinions exprimées dans ces conclusions sont celles des services du FMI et ne sont pas nécessairement celles du Conseil d'administration. Sur la base des observations préliminaires de cette mission, les services du FMI établiront un rapport qui, sous réserve de l'approbation de la direction, sera soumis à l'examen et à la décision du Conseil d'administration du FMI. » (Déclaration de fin de mission le 7 juillet 2016).

Quel que soit l’issue de ce bras de fer entre experts et membres du conseil d’administration du FMI, le Dr ADO qui compte sur la certification du FMI pour tromper la vigilance des investisseurs directs étrangers (IDE) pour financer les 114 projets identifiés à hauteur de 14 000 milliards de francs CFA ne les verra pas. Il ne reste plus à « ADO solution » que de continuer à brader le patrimoine de l’Etat, à accroître le prix du ticket par la pression fiscale sur les opérateurs économiques qui créent effectivement de la richesse et à augmenter la cherté de la vie. Entre 2011 et 2015, à part les créateurs d’entreprises fictives pour prendre leur part de butin de guerre, les investisseurs ne sont pas venus pour des affaires mais en tourisme d’affaires malgré le Vuvuzela du gouvernement. Leurs promesses d’investissement ont été considérées par les prestidigitateurs du Dr ADO entre 2011 et 2015 comme des investissements. Les experts du FMI n’ont pas maquillé cette réalité dans leur rapport de 2015:

« La saisie de l’IDE (investissement Direct Etranger) dans les statistiques de balance des paiements disponibles est médiocre » (Rapport 2015).

La course à la croissance à deux chiffres est terminée pour le Docteur ADO. En langage Nouchi on dira «Boribana». Le compte à rebours va bientôt commencer avec la convergence des échéances de la dette qui a atteint le niveau d’avant son annulation. Au lieu d’avouer la catastrophe, le gouvernement tente de maquiller les comptes publics et de cacher le volume de la dette en pourcentage d’un PIB qui est lui-même surestimé.

CONCLUSION

Comme les spectateurs de la coupe du monde de football 2010 en Afrique du sud, un seul mot résume les performances économiques du Docteur ADO : VUVUZELA.

La gestion du Dr ADO sonne le retour des « grilleurs d’arachides », expression consacrée sous le parti unique pour désigner les détourneurs de deniers publics. Le résultat de cette gouvernance est une vaste opération mondialisée de détournement de fonds publics.

L’hypothèse la plus probable qui se dégage à la lumière de la gouvernance du Dr ADO par des dépenses extra-budgétaires et des avances du trésor, est que la guerre faite à la Côte d’Ivoire par la galaxie françafricaine pendant 8 ans, a été faite à crédit avec promesse de remboursement sur les ressources financières de la Côte d’Ivoire et ses matières premières.

Cette hypothèse est confirmée sans faux fuyant ni langage diplomatique par le célèbre journaliste français Christophe BARBIER qui disait sur une chaîne de télévision française au lendemain de l’arrestation de Laurent GBAGBO « nous leur ferons payer la facture de la guerre ». La Côte d’Ivoire sous Ouattara n’est qu’un butin de guerre. Le conseil d’administration du FMI ne sert que de levier pour mobiliser les fonds et certifier le maquillage des comptes comme sa génitrice ONU l’a fait pour les élections. Le maquillage des comptes publics n’est que le prolongement du maquillage des élections. Le Dr ADO devait gagner les élections et avoir des taux de croissances élevées pour lever les fonds et faire piller les ressources naturelles pour payer la facture de la guerre.

Tandis que le Ghana avance en acceptant et corrigeant ses faiblesses avec un PIB en 2015 de 36.4 milliards de dollars détrônant depuis 2012 la Côte d’Ivoire du rang de deuxième économie de la CEDEOA, le Dr ADO continue de faire croire aux Ivoiriens qu’ils sont la deuxième puissance de la CEDEAO après le Nigeria et qu’ils émergeront de leur souffrance en 2020.

Le Dr ADO sert du Vuvuzela aux ivoiriens pendant que le Cap-Vert, en moins d’une dizaine d’années, avec une bonne gouvernance de Pedro Pires, sans immixtion ni soumission au Portugal, sans aucune ressource, est passé de l’extrême pauvreté pour se hisser au premier rang de la CEDEAO en terme de PIB par habitant. Il est le premier pays non corrompu de la CEDEAO, premier de la CEDEAO en indice de développement humain avec 100% de taux de scolarisation dans l’enseignement de base et 100% d’assurance maladie. L’expérience Cap Verdienne démontre qu’avec une bonne décentralisation et une gouvernance de qualité en matière de politiques publiques, la Côte d’Ivoire pouvait réaliser un miracle avec toutes les ressources mobilisées avec le PPTE. La dette est remontée à 7804 milliards de FCFA en 2015 au-dessus du niveau d’avant son annulation sans faire émerger la Côte d’Ivoire alors que le programme de refondation décentralisé incluant le transfert de la capitale et le grand Abidjan était chiffré à seulement 6 000 milliards de FCFA de 2010 à 2015.

Il revient à chaque groupe socio-professionnel de réclamer ses droits légitimes en demandant la revalorisation des salaires comme promis à chaque catégorie socioprofessionnelle, la diminution du prix du carburant et de l’électricité en rapport avec la diminution de près de 50% du prix du pétrole et du gaz sur le marché international, aux étudiants de réclamer des conditions de vie et de formation à la hauteur des ambitions d’émergence de la Côte d’Ivoire. C’est ainsi que la Côte d’Ivoire pourra accéder à la culture scientifique, que le sachet de la ménagère pourra devenir un véritable panier ou les prix baisses tandis que les revenus des ménages croissent.

La gauche ivoirienne et la société civile doivent être les avocats et les porte-paroles des masses laborieuses en informant et formant le peuple sur les causes réelles de sa souffrance pour lui permettre d’exercer son droit souverain. Le Dr ADO ne prospère que sur la beauté mythique d’un taux de croissance maquillé dont il détient seul le secret avec le conseil d’administration du FMI, dont la complicité ne lui a pas fait défaut jusqu’à présent malgré les grincements de dents de plus en plus bruyants.

Les droits socio-économiques et la bonne gouvernance ne tombent pas du ciel, ils sont le résultat de l’action éclairée, coordonnée et unifiée des masses laborieuses et des exclus en vue de faire prendre en compte leurs desideratas.

 

Dr DON MELLO Ahoua

mardi, 18 juin 2013

AHOUA DON MELLO: «M. BILLON IGNORE LES RAISONS DE L'INTERVENTION MILITAIRE DE LA FRANCE»


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Ancien DG du BNETD (Bureau national d’études techniques et de développement), nommé ministre de l’Equipement et de l’Assainissement dans le gouvernement Aké N’gbo, Ahoua Don Mello s’est prêté aux questions de Africatime. Depuis son lieu d’exil, l’ancien porte-parole du dernier gouvernement Gbagbo fait des révélations sur les sujets de l’actualité ivoirienne.


Où vivez-vous actuellement ? Au Ghana, en Guinée Equatoriale, au Maroc… ?

Je suis un africain, je vis en Afrique.

Quel est votre état d’esprit aujourd’hui, après plusieurs longs mois hors de votre pays ?

En état de réflexion permanente sur le passé, le présent et l’avenir de l’Afrique.

De quoi vivez-vous à l’étranger ? L’on vous dit à l’abri du besoin. Vrai ou faux ?

Pas d’importance. Je suis africain et je peux servir partout en Afrique.

Qu’est-ce qui vous empêche de rentrer aujourd’hui, quand on sait que plusieurs cadres de votre parti sont revenus au bercail et sont moins inquiétés ?

Je ne sais pas si on parle du même pays et du même régime. Sachez que comme la plupart des ministres de Gbagbo, un mandat d’arrêt international a été lancé contre moi et que Gbagbo est en prison à la Haye et 700 innocents sont torturés dans différents camps de concentration. Toute la haute direction du FPI est en prison.

N’avez-vous pas votre rôle à jouer dans le processus de réconciliation nationale ?

Je ne sais pas jouer sur un terrain surveillé par des chasseurs traditionnels prêts à tirer et avec des coéquipiers en prison. Si je savais jouer au jeu de chasse, je n’aurai certainement pas hésité.

Que pensez-vous du dialogue engagé entre le FPI et le pouvoir d’Abidjan ?

Faire connaître les attentes du FPI et ses solutions de sortie de crise.

Suite à la crise postélectorale, alors que vous étiez ministre de l’Equipement et de l’Assainissement et porte-parole du gouvernement Aké N’gbo, vous vous désolidarisez de vos collègues et prenez la clé des champs. Pourquoi avez-vous quitté votre pays pour l’exil ?

Je ne sais pas si vous étiez un observateur de la vie politique pendant la crise ou si vous racontez une histoire qui vous a été racontée par quelqu’un qui lui aussi a appris par quelqu’un d’autre. J’ai porté la parole du gouvernement jusqu’au 11 avril 2011 et j’étais là où je devais être pour porter la parole sans les autres ministres mais en rapport permanent avec le Premier ministre Gilbert Marie Aké N’gbo et le Président Gbagbo ainsi que les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l’Intérieur. Je suis venu en exil lorsqu’un mandat d’arrêt était en préparation contre moi.

Un exercice de souvenir : Pouvez-vous nous dire quelle était l’ambiance dans la résidence du président Gbagbo jusqu’à ce que vous quittiez les lieux ?

Les uns priaient, d’autres géraient la situation de crise.

L’on a appris que le président Gbagbo aurait reconnu sa défaite et qu’il s’apprêtait à lire sa reddition à la télévision, et qu’il a été empêché par son épouse Simone Gbagbo et vous-même, M. Don Mello. Qu’en est-il ?

Les décisions étaient prises démocratiquement au sein du gouvernement. Je ne sais pas de quoi vous parlez.

Quel a été le rôle de la France dans la crise ivoirienne ?

De maître d’ouvrage au début, elle est devenue maitre d’œuvre et prestataire de service au profit de M. Ouattara.

Qui des forces onusiennes, françaises et républicaines ont procédé à l’arrestation du président Laurent Gbagbo ? Y a-t-il eu des tractations ou pas ?

Exclusivement les forces françaises. D’abord par bombardement des jeunes patriotes devant la résidence du chef de l’Etat comme si pour la France les jeunes patriotes constituaient l’arme lourde du président Gbagbo, ensuite par bombardement de la résidence, enfin par bombardement du portail et pénétration des chars français ayant procédé à l’arrestation du Président et sa remise aux forces rebelles.

Dans quelle circonstance est décédé l’ancien ministre de l’Intérieur Désiré Tagro ?

Tir à bout portant par les rebelles.

Que pensez-vous de la cohabitation entre les alliés du RHDP actuellement au pouvoir ?

Demandez-leur ce qu’ils en pensent eux-mêmes, chacun est libre de ses choix et prêt à assumer aussi les conséquences.

Les élections régionales et municipales couplées ont montré un fort taux de réussite pour les candidats indépendants. Qu’est-ce que cela explique, selon vous ?

Le peuple a tourné le dos au mensonge, au génocide, à l’expropriation des biens et des terres, et à la répression des innocents par des criminels en liberté.

Le boycott de votre parti de toutes les dernières élections en Côte d’Ivoire (législatives, municipales et régionales) est-il productif ?

Très productif. Il a confirmé que le peuple est avec lui et a tourné le dos aux génocidaires.

Pensez-vous qu’Alassane Ouattara soit capable de résoudre les problèmes des Ivoiriens (santé, éducation, chômage…)

Ce n’est pas sa préoccupation et la France ne l’a pas installé pour cette mission. Il est là pour garantir les intérêts de la France dans l’UEMOA (Union monétaire ouest africaine) et ceux de ses financiers de sa longue guerre contre la Côte d’Ivoire.

Le chef de guerre Amadé Ouérémi de la forêt du Mont Péko a été arrêté. Faut-il féliciter les autorités ivoiriennes ?

Arrêter les complices, les coauteurs directs et indirects et libérer les terres des Wè (Ndlr: peuple localisé dans l’Ouest ivoirien).

Que pensez-vous de la décision des juges de la CPI de demander des informations complémentaires au procureur Fatou Bensouda ? Cela veut dire concrètement quoi pour vous ?

Que Gbagbo est innocent au vu du dossier constitué. Mais comme cela fragilise la position de la France qui a affirmé à l’ONU qu’elle a vu Gbagbo tirer sur son peuple. Elle a pu obtenir une résolution de l’ONU pour venir exterminer les jeunes patriotes et ouvrir la voie du Palais présidentiel aux chars français remplis de rebelles. La vérité peut avoir des conséquences graves sur la crédibilité de l’ONU et la responsabilité de la France dans les 3.000 morts ainsi que l’ONUCI qui a procédé au ramassage des cadavres pour une destination jusque-là inconnue. Il faut donc maintenir Gbagbo politiquement en prison à défaut de preuves. La recherche des informations complémentaires est une diversion et une posture politique. Bensouda a eu l’assistance de l’ONUCI, la force Licorne, le régime Ouattara et l’ambassade de France et des Etats-Unis sans résultat pendant deux ans. Que peut Bensouda pendant six mois ?

Laurent Gbagbo sera-t-il libre dans 10 mois ?

Il est libre de tout crime, le reste est politique. Il nous revient de faire connaître cette réalité au monde entier pour que Gbagbo soit libéré.

Le FPI souhaite un rapprochement entre lui et le PDCI, que pensez-vous de cela ?

C’est dans l’intérêt du PDCI (Ndlr: Parti de Henri Konan Bédié) de ne pas être complice du génocide et de l’expropriation économique de ses électeurs, et de se mettre à l’abri du jugement du peuple à l’heure venue. Et c’est de la responsabilité du FPI de rassembler toutes les forces politiques et démocratiques pour libérer la Côte d’Ivoire de l’occupation.

Le ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la promotion des PME, Jean-Louis Billon a fustigé le contrat de cession du marché de l’extension du 2ème terminal à conteneurs du port d’Abidjan au groupe français Bolloré.

M. Billon ignore certainement les raisons de l’intervention militaire de la France dans le conflit et la mission du gouvernement auquel il appartient. Il s’en rendra compte avec le temps.

Les prochaines élections présidentielles se tiennent dans deux ans, le FPI doit-il participer en proposant un candidat ?

Ce n’est pas à l’ordre du jour tant que les conditions ne sont pas réunies pour un jeu démocratique inclusif sans des chasseurs comme arbitres.


Entretien realisé par le Panafricain.com.


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

mercredi, 15 mai 2013

LA VRAIE HISTOIRE DU TROISIEME PONT D'ABIDJAN, PAR AHOUA DON MELLO

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Le Pont Henri KONAN BEDIE dont la première pierre a été posée à Abidjan le mercredi 7 septembre 2011, à grand renfort de publicité, est un projet initialement connu sous le nom de Pont Riviera-Marcory, dans le cadre « des 12 travaux de l’Eléphant d’Afrique » du régime du Président Bédié déjà en 1996.

En 1996 donc, pour cet important projet, la maîtrise d’œuvre est confiée au Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement (BNETD) dirigé à l'époque par THIAM Tidiane. Monsieur THIAM désigne alors son ingénieur, le plus expérimenté de ce secteur, pour la conduite technique du projet.

Compte tenu des difficultés financières que rencontrait l'État de Côte d'Ivoire, une équipe technique entièrement ivoirienne, composée de juristes, d’économistes, d’ingénieurs, d’environnementalistes, de sociologues et de spécialistes de marché, proposa un BOT (Built, Operate and Transfert ; le BOT consiste à attribuer un projet par le biais d'appel d'offres à un opérateur privé qui le finance. Ce dernier se rembourse à travers une concession pour une période déterminée). Le projet est alors confié à un opérateur privé en charge de mobiliser le financement nécessaire à la réalisation du projet, et le remboursement devait par conséquent être assuré par un péage imposé aux automobilistes.

Un appel d’offres est lancé à cet effet et le Groupe BOUYGUES est choisi comme l’opérateur technique et financier du projet. Une convention de concession est signée après plus de deux ans d’études et de négociation. Le coût du projet est négocié à 91.8 milliards de FCFA avec une concession de 30 ans intégrant les frais financiers, les assurances et les différentes marges bénéficiaires.

Pour la réalisation du projet, le Groupe Bouygues crée une société privée de droit ivoirien (SOCOPRIM) conformément à la convention de concession. Le capital de SOCOPRIM est fixé à 28 milliards de FCFA, détenus par le groupe Bouygues (16 milliards de FCFA), l’Etat de Côte d’Ivoire (4.9 milliards de FCFA), la CAA (1.2 milliards de FCFA), le groupe TOTAL (1.25 milliards de FCFA), et le groupe DEG (4.65 milliards de FCFA). Des bailleurs de fonds sont contactés pour mobiliser le reste du financement nécessaire pour couvrir le coût du projet dont la SFI (21 milliards de FCFA), la BAD (18 milliards de FCFA), la CAA (2.8 milliards de FCFA), la BOAD (6 milliards de FCFA), le groupe PROPARCO (10 milliards de FCFA).

Le BNETD propose en outre un échangeur sur le boulevard Giscard d'Estaing pour éviter tout engorgement sur le pont Riviera-Marcory et faciliter ainsi, l’accès au dit boulevard. Coût de l’échangeur : 10 milliards de FCFA financés par l’AFD (4 milliards de FCFA) et la BOAD (6 milliards de FCFA).

L’étude d’impact environnemental et le plan de déplacement et de réinstallation de la population occupant l'emprise du projet (l'emprise est l'emplacement du pont, des voies de raccordement et de l'échangeur) sont évalués à 6 milliards de FCFA entièrement à la charge de l’État de Côte d’Ivoire.

Le projet final comprend donc un pont de 2 fois 3 voies avec un trottoir, une digue, une voie de raccordement au boulevard Giscard d'Estaing, une voie de raccordement au boulevard MITTERAND. Le délai de réalisation est estimé à 24 mois, le début des travaux est fixé à fin décembre 1999.

La mobilisation du financement du projet « Pont Riviera-Marcory » étant bouclée, la mise en œuvre du projet pouvait alors démarrer et démarre justement par le plan de déplacement et de réinstallation des occupants de l’emprise du projet. Ce volet prend fin avant le 24 décembre 1999.

Cette opération de déplacement et de réinstallation qui touche le secteur informel, permet de réinstaller de petits commerçants, de petits artisans et des propriétaires de maquis qui deviennent par une juste compensation des pertes, des petites et moyennes entreprises prospères. Ce qui est différent, aujourd'hui, des destructions massives sans contrepartie du pouvoir actuel qui accroît la pauvreté.

C’est dans l’attente du démarrage effectif des travaux que le coup d’État du 24 décembre 1999, des "jeunes gens" dirigés par le regretté Robert GUEI, a eu lieu.

A la suite de ce coup d’État qui chassa le Président Bédié du pouvoir, les bailleurs de fonds suspendent bien évidemment leur financement. Le projet est ajourné pendant la période de transition.

Après l'élection du Président Laurent GBAGBO, en Novembre 2000, notre modeste personne est nommée à la tête du BNETD. Nous choisissons de reconduire l’équipe projet pour son expérience inestimable et les compétences avérées de ces membres.

Le projet est aussitôt relancé. L’équipe-projet le réévalue en tenant compte de l’inflation. Cette réévaluation a mis en évidence un surcoût de 10 milliards de FCFA qui risquait d’avoir un impact sur le prix du péage et le délai de concession. Pour absorber le surcoût l’équipe projet propose une solution alternative : la construction d’un pont semi-métallique.

La proposition technique validée, elle est aussitôt présentée au Président Laurent GBAGBO qui émet, somme toute, des réserves sur un pont à péage au cœur d’Abidjan ! Il demande néanmoins de reprendre les négociations avec l’opérateur technique et financier BOUYGUES et d’étudier parallèlement une solution sans péage.

Les bailleurs de fonds demandent que les relations entre la Côte d’Ivoire et le FMI soient rétablies avant de donner leur feu vert. Le Ministère de l’Economie et des Finances conduit avec succès le programme intérimaire arrêté avec le FMI. Un programme triennal est conclu en mars 2002. Sa bonne exécution devait conduire à la conclusion du PPTE à la fin du programme. Une mission est prévue pour le 20 septembre 2002 à Washington pour poursuivre les échanges avec le FMI.

C’est alors q’un autre coup d’État en Septembre 2002 est tenté avec comme objectif des conspirateurs d'emmener Alassane Dramane OUATTARA au pouvoir. Le coup d’État manqué se transforme alors en rébellion et suspend une fois de plus le démarrage du Pont Riviera-Marcory. Les bailleurs de fonds suspendent encore évidemment, leur collaboration avec la Côte d’Ivoire.

Après toutes ces péripéties, le Président Laurent GBAGBO demande qu’une solution interne de financement soit trouvée et que le péage soit définitivement écarté.

Le BNETD s’en remet au Ministère de l’Economie et des Finances qui a en charge la recherche de financement. Le Ministère propose donc un compte séquestre à la BNI alimenté par un prélèvement sur le pétrole et un appel public à l’épargne garanti par le compte séquestre.

Un opérateur chinois propose au BNETD une solution technique à 60 milliards de FCFA.

Le BNETD se propose, sur cette base, de négocier avec l’opérateur BOUYGUES soit la transformation du contrat de concession en marché public soit la rupture du contrat et l’évaluation des dommages et intérêts.

Au vu, de la proposition chinoise, la rupture du contrat est avantageuse pour l’État ivoirien. D’une pierre la Côte d’Ivoire peut réaliser deux coups : 1/réaliser un projet moins cher sur fonds propres 2/ éviter le péage en plein cœur d’Abidjan dans un contexte de pauvreté accentuée.

À la faveur du point de décision du processus PPTE avec les bailleurs de fonds obtenu en 2009, le Ministère de l’Economie et des Finances marque son accord pour la mobilisation interne du financement. Cela suppose la réévaluation du projet pour définir le montant à mobiliser, la constitution d’un dossier de consultation des entreprises et la rupture du contrat de concession.

La réévaluation du projet est achevée en 2010. Le gouvernement ivoirien décide de maintenir l’opérateur BOUYGUES sur la construction de l’échangeur du boulevard Giscard d'Estaing et de négocier la rupture du contrat de concession sur le pont. Une avance de démarrage est payée par l’État ivoirien pour la construction de l’échangeur.

Le démarrage des travaux est plusieurs fois reporté avec à chaque fois différents prétextes jusqu’au coup d’État de la France du 11 avril 2011.

Pour écarter l’expertise ivoirienne, ADO fait revenir, SEREY EIFFEL, le dernier Directeur Général français du BNETD (1990-1994) comme conseiller spécial à la Présidence de la République pour les affaires économiques après son passage au GABON où il a dirigé la société écran d’Alassane OUATTARA : l’Institut International pour l’Afrique (IIA). Le projet du Pont Riviera-Marcory est relancé en écartant la solution sans péage du Président Laurent GBAGBO. Alassane OUATTARA reconduit le projet initial réévalué à 125 milliards de FCFA avec à la clé un péage de 700 FCFA par véhicule et par passage, dans un contexte de pauvreté généralisée. La mise à l’écart des solutions du BNETD signe certainement le retour de l’expertise française en Côte d’Ivoire avec pour corollaire le renchérissement des coûts de tous les projets en portefeuille pour lesquels les études ont été déjà bouclées par le BNETD durant les années de crise, sur ressources propres issues du déploiement du BNETD en Afrique. Ces dossiers « prêts à porter » constituent une « banque » de près de 200 projets et ont permis de gagner du temps lors de la mise en œuvre du pont de Jacqueville, de l’autoroute du nord, de la route Boundiali-Tingrela, du transfert de la capitale, de la réhabilitation de l’Hôtel Ivoire et du programme d’urgence dans le cadre du rétablissement des relations avec les bailleurs de fonds en 2009.

Dépouiller le peuple ivoirien pour garantir les intérêts de la France-Afrique, lutter contre la concurrence des pays émergents, le Pont Henri KONAN BEDIE est l’expression de cette nouvelle alliance entre la France et la Côte d’Ivoire et à terme, entre l’Occident et l’Afrique et le retour en force des conseillers occultes français car on n’est mieux servi que par soi-même, dit l’adage. Le mode opératoire de ce pont marque le point de départ de la Solution ADO dans le secteur des Grands Travaux en Côte d’Ivoire et le futur visage français de l’économie ivoirienne avec le financement françafricain occulte de l’Elysée. Nous sommes en plein dans la devise de la France-Afrique : "Ce qui est bon pour la France est obligatoirement bon pour l'Afrique".

Au moment où les Ivoiriens souffrent d'une pauvreté accentuée par l'incapacité du régime de Monsieur Alassane Dramane OUATTARA à payer les salaires, d’une extermination des micro-entreprises, d'un affaiblissement du portefeuille des petites et moyennes entreprises qui accroît chaque jour le nombre de chômeurs et ne parlons pas de l'insécurité chronique. Au moment où les ivoiriens sont soignés gratuitement mais sans médicaments. C'est ce moment que Monsieur Alassane Dramane OUATTARA et le Groupe BOUYGUES choisissent pour construire un pont à péage à 700 F CFA le passage et par voiture, là où le Président GBAGBO propose un projet deux fois moins cher et sans péage. Pour faire avaler la pilule au PDCI, ils ont donné le nom du Président Bédié au pont. Comme par hasard, le déblocage de fonds qui a suivi pour lancer les travaux et toute cette effervescence autour du pont coïncident avec l'approche des élections en France, cela rappelle étrangement toutes ces affaires de France-Afrique avec leurs rétro-commissions.

Les divergences d’approche du développement de la Côte d’Ivoire et la prise en compte stricte des intérêts des Ivoiriens par le Président Laurent GBAGBO sont la cause fondamentale de l’emprisonnement du Président légal et légitime de la République de Côte d’Ivoire par la Françafrique.



Ahoua DON MELLO,


Docteur-Ingénieur des Ponts et Chaussées de Paris,

Ex DG du BNETD 2000-2010,

Ministre de l’équipement et de l’assainissement du gouvernement Gilbert AKE NGBO.

lundi, 19 novembre 2012

FRANCE: L'UMP ET L'EFFET BOOMERANG DE SON IMPOSTURE EN COTE D'IVOIRE


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L’UMP, le parti qui a porté au pouvoir Nicolas SARKOZY et qui avait proscrit de son vocabulaire le mot recomptage des voix lorsque Laurent GBAGBO et Alassane OUATTARA réclamaient chacun la victoire lors des élections presidentielles 2010 en Côte d’Ivoire, vient de reconnaitre les vertus du recomptage après avoir expérimenté la fraude électorale et la proclamation frauduleuse des élections à partir du QG des différents candidats. 

En effet, après avoir formé, soutenu et intronisé des fraudeurs un peu partout en Afrique, l’UMP avait estimé que sa méthode était suffisamment éprouvée pour l’appliquer à elle-même. Deux méthodes enseignées à OUATTARA ont été tentées lors des élections à l’UMP: 

1- LA METHODE DE CLONAGE DES BULETTINS DE VOTE: 

A Nice, dans un bureau de vote, le nombre de bulletins de vote dans l’urne est deux fois supérieur au nombre de votants, exactement comme ce qui a été appliqué par OUATTARA dans la zone N.I.CE (Nord Ivoirien, CEntre) de la Côte d’Ivoire. Ainsi, le taux de participation proclamé à 71% à la fermeture des bureaux de vote en Côte d’Ivoire est passé à 81% à l’annonce des résultats au QG de M. OUATTARA avec donc 10% de bulletins clonés. 

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2- LA METHODE DE PROCLAMATION DES RESULTATS AU QG: 

Les deux candidats UMP, sans attendre les résultats officiels de la structure ayant en charge la proclamation des résultats définitifs, s’appuient sur les résultats de leurs représentants pour revendiquer la victoire exactement comme leur Copé pardon leur copain, excusez moi, leur fillon pardon leur filleul à fait en Côte d’Ivoire. 

L’Union Européenne n’a gelé aucun revenu ni privé Nice de médicaments, l’ONU n’a levé aucune armée pour installer la démocratie, ils ont décidé de prendre sans honte la solution formulée par leur ennemi mortel en Côte d’Ivoire et qu’ils ont combattu avec des bombes: le recomptage des voix. 

Ce qui est bien pour la France est certainement un luxe pour l’Afrique, ainsi va la françafrique. 


DON MELLO Ahoua 

Dr Ingénieur des Ponts et chaussées de Paris 

vendredi, 05 octobre 2012

VISITE DU RESPONSABLE DE L’ONUCI AU GHANA - LES REFUGIES POLITIQUES IVOIRIENS DISENT TOUT A KOENDERS

 


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En visite de quelques jours au Ghana, Bert Koenders, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire, a rencontré, ce Mercredi 3 Octobre 2012, les responsables des réfugiés politiques ivoiriens à l’International Conférence Center d’Accra au Ghana. Les réfugiés ont vidé leur cœur et sont repartis légers.


Bert Koenders est venu rencontrer les réfugiés ivoiriens vivant sous les tentes dans les camps tenus par le HCR à travers le Ghana. Cette visite commence ce jeudi 4 Octobre. Mais avant, le Mercredi 3 octobre, sur suggestion des autorités ghanéennes, il a rencontré de 14 H à 16 H, ceux des refugiés vivant à Accra après avoir rencontré dans la matinée le Président ghanéen John Dramani Mahama. 

D’entrée, Koenders a indiqué qu’il souhaitait écouter les refugiés sur les questions de la nécessité du dialogue politique et de la restauration de la paix pour faire avancer les choses en Côte d’Ivoire. Il était entouré de la responsable de la représentation de l’ONU à Accra, de l’ambassadeur du Ghana en Côte d'Ivoire, du vice-ministre ghanéen des affaires étrangères et de deux collaborateurs de l’ONUCI. 

Les responsables des réfugiés étaient tous là. Le Dr Assoa Adou et l’ensemble du Bureau de la coordination du Fpi en exil, Ben Dagbo de l’Association des réfugiés ivoiriens et de la diaspora (Arid) et un membre de son bureau. Presque tous les leaders en exil de la galaxie patriotique étaient également présents. 

Ils ont été cinq à prendre la parole. Assoa Adou pour les premiers mots, Emile Guiriéoulou pour décrire la situation calamiteuse des populations de l’Ouest de la Côte d’Ivoire, Don Mello Ahoua pour les graves violations de tous les droits en Côte d’Ivoire, Ben Dagbo pour décrire à Koenders les difficultés que vivent les exilés ivoiriens dans les camps aux Ghana et enfin l’ambassadeur Raymond Koudou Kessié pour stigmatiser toute la fraude électorale grossière sur laquelle la communauté internationale a fermé les yeux pour l’avènement du pouvoir Ouattara.

Assoa Adou a indiqué pour commencer que les refugiés ont longuement hésité avant d’accepter de participer à la rencontre, craignant un autre traquenard de l’onuci après celui tendu en avril 2011 aux dirigeants du FPI à l’hôtel Pergola d’Abidjan. Des dirigeants qui, allés chercher la protection de l’ONUCI, ont été livrés par celle-ci aux forces de Ouattara et qui se sont tous retrouvés en prison au Nord du Pays. Assoa Adou a alors demandé à Koenders de dire ceci à Ouattara: Les exilés ivoiriens sont tous partisans de la paix pour retourner en Côte d’Ivoire leur pays. Aucun ne veut et ne prépare la guerre à partir du Ghana. Les réfugiés ont trois préoccupations quotidiennes: comment se loger, comment se nourrir et enfin comment se soigner en cas de maladie. Tous leurs biens étant détruits et leurs comptes sont gelés.

Personne n’est venu avec un butin de guerre, vu les conditions dans lesquelles les uns et les autres se sont retrouvés au Ghana. Aucun ne dispose donc de ressources pour préparer un coup en vue de renverser le régime Ouattara. Toute chose qui du reste ne fait pas partie de notre philosophie politique. 

Si donc Mr Ouattara veut une paix durable en Côte d’Ivoire qu’il crée les conditions qui rassurent et sécurisent les participants au dialogue, ainsi donc:

1- Qu’il libère tous les prisonniers politiques, civils et militaires;

2- Qu’il arrête les poursuites contre les pro-Gbagbo en Côte d'Ivoire et à travers le monde; 

3- Qu’il organise un dialogue direct avec le FPI.

Emile Guiriéoulou a d’entrée dit à Koenders que les nouvelles ne sont pas bonnes à l’Ouest de la Côte d’Ivoire dont il est originaire. Il suffit aujourd’hui en Côte d’Ivoire d’être Guéré pour être considéré de fait comme un criminel. Le rôle de l’Onu n’est-il pas de dénoncer les crimes? Pourquoi l’Opération des nations unies qu’il dirige se tait sur les graves violations des droits humains qui se déroulent sous ses yeux? Quatre armées étrangères Burkinabés sont aujourd’hui installées à l’Ouest à Duékoué, Bloléquin et Taï. Personne ne s’en émeut. Leurs responsables viennent même aux cérémonies officielles. Tous ceux qui ont commis les crimes les plus graves à l’Ouest comme Ben Laden, qui était le chef rebelle de l’Ouest entre 2002 et 2003, connaissent aujourd'hui la promotion. Les tueries massives du camp de Nahibly ont même été minimisées par Koenders! J’ai le sentiment que pour l’ONU nous ne comptons pas en Côte d’Ivoire, s’est écrié Emile Guiriéoulou.

Ahoua Don Mello avec le verbe qu’on lui connait n’a pas pris de gants pour dénoncer de manière véhémente la passivité, la complicité voire la responsabilité de l’ONU dans la crise ivoirienne. Pour lui la valeur qui est à la base de la fondation de l’Onu est que les citoyens sont égaux en droit et en dignité. Aujourd’hui en Côte d'Ivoire, les citoyens qualifiés de pro-Gbagbo n’ont ni droit ni dignité. Je vous demande de dire à Ouattara ceci: Des citoyens ivoiriens sans droit et sans dignité ne peuvent pas financer des coups d’Etat. La Côte d'Ivoire vit une grave injustice. Comment des gens qui depuis 2002 continuent de tuer, égorger, piller sont considérés comme des démocrates, connaissent la promotion et l’Onu ne dit rien! Par contre des gens qui depuis plus de trente ans se sont battus sans armes pour réinstaurer le multipartisme et la démocratie dans le pays, et ont travaillé à la promotion d’un Etat de droit sont pourchassés partout en Côte d’Ivoire et dans le monde. Même par des chasseurs traditionnels qui parce que justement chasseurs de profession, confondent tout: Droit de l’homme et chasse à l’homme. Et l’Onu ne dit rien. Est-ce cela la démocratie que l’Onu et la France ont voulu instaurer en Côte d’Ivoire par les bombes? On veut une réconciliation après la justice mais ceux qui rodent dans les allées du pouvoir ne sont pas moins coupables que ceux qu’on emprisonne et qu’on pourchasse. Allez dire à Ouattara que s’il veut la réconciliation alors qu’il fasse comme en Afrique du Sud. Declerk a sorti Mandela de prison. Ils se sont assis. Ils ont discuté, ont trouvé les solutions aux problèmes sud-africains et ils ont avancé. Dites donc à Ouattara de libérer les prisonniers politiques, d’arrêter les poursuites, de s’assoir pour discuter de la Côte d'Ivoire pour avancer. 

Ben Dagbo au nom de l’Arid a répété qu’aucun refugié ne prépare de coup d'Etat au Ghana. Les réfugiés dans les camps du HCR ont besoin de tentes et de nourriture, exposés qu’ils sont aux morsures de serpents. Ils ont besoin de documents pour se déplacer. Il a demandé à Koenders de dire un grand merci aux ghanéens qui ont accueilli en frères tous les refugiés qui continuent aujourd’hui encore d’arriver et dont le nombre dépasse 22 000.

En réponse, Mr Koenders, dans un discours elliptique et diplomatique du fonctionnaire de Nations Unies qu’il est, a cherché à arrondir les angles. Je ne peux pas dire que vous avez raison dans tout ce que avez dit ni chercher à excuser l’ONU. Nous ne sommes pas saints, nous travaillons à trouver des solutions aux problèmes qui sont nombreux et que vous avez énoncés: foncier, démobilisation, justice équitable, sécurité… et qui ont occasionné une opération de paix en Côte d’Ivoire. Nous ne sommes pays aveugles nous voyons… aidez nous à renouer le dialogue et arriver à un consensus. 

Avant de lever la séance, Koenders a soulevé une question qui certainement lui tenait particulièrement à cœur: « Le Président Ouattara dit que vous ne voulez pas le reconnaitre en tant que Président de la République ». La réponse d’Assoa Adou a été incisive: nous ne reconnaissons pas Ouattara comme le président ELU de la Côte d’Ivoire mais comme celui qui a été imposé par les forces françaises et celles de l’Onu à la tête de la Côte d'Ivoire. Mais c’est lui qui occupe le fauteuil présidentiel et c’est pourquoi notre parti est allé discuter avec lui.

On a discuté avec Guéi Robert après son coup d’Etat, nous pouvons discuter aussi avec lui. Voilà.



Correspondance particulière depuis ACCRA de Yves Komenan

lundi, 17 septembre 2012

COTE D'IVOIRE - PPTE, BCEAO: LA FACE ECONOMIQUE DE LA GUERRE


AHOUA DON MELLO.gif

Un document d'une importance majeure, à lire absolument et à conserver!

 

Le 11 avril 2011, Laurent GBAGBO, dont les performances économiques ont permis d’avoir le point de décision du processus PPTE est arrêté avec Mr DACOURY TABLEY, l’ancien Patron de la BCEAO, emprisonnés entre autre pour crimes économiques. Tous les membres du gouvernement dirigé par l’un des plus grands économistes d’Afrique, le professeur Gilbert Marie AKE NGBO, Président élu de l’université d’Abidjan, sont poursuivis et d’autres arrêtés pour crimes économiques. La dernière arrestation à ACCRA par Interpol pour crime économique est celle du Ministre délégué au BUDGET, Justin KONE KATINAN, maitre d’œuvre de la réquisition de la BCEAO et de la remise en route des banques fermées par SARKOZY pendant la période de crise.

De quels crimes économiques s’agit-il?

Washington, le 26 juin 2012, le Fonds Monétaire International (FMI) et l’Association Internationale de Développement (IDA) de la Banque Mondiale ont activé l’ardoise magique de l’initiative PPTE en vue d’un super cadeau par un allègement de la dette.

L'application intégrale de l'allègement de la dette permettra de passer d'environ 6000 milliards de FCFA de dette à un stock résiduel de 2 500 milliards de FCFA environ.

Toutefois, il est à remarquer que ce stock résiduel de 2 500 milliards de FCFA aurait été de 1 100 milliards de FCFA si l’accord avait été obtenu en 2010 sous la Présidence GBAGBO. En l’absence de données sur la situation actuelle des finances publiques, l’hypothèse la plus probable est qu’en moins d’un an, près de 1 400 milliards de FCFA de dettes nouvelles se sont ajoutés au stock résiduel.

L’emprunt obligataire, lancé trois mois après le point d’achèvement, démontre le peu d’influence du PPTE sur l’état de santé financière du pays et prouve que la pluie de milliards n’a été qu’une tornade ayant emporté tout sur son passage. La Côte d’Ivoire doit donc continuer de tendre la main pour survivre. Le récent voyage au pays de la Mecque avec tam-tam et bol en main, faisant suite aux nombreux autres voyages, démontre le retour de la politique de la main tendue. À ce rythme, la dette de la Côte d'Ivoire atteindra très rapidement  le même niveau qu’avant l’allègement sans effet sur la réduction de la pauvreté.

En considérant cette ardoise magique comme ayant permis un « super cadeau », comme de coutume, commençons d’abord par dire merci à ceux qui ont œuvré pour l'avoir : les bailleurs de fonds, BEDIE l’initiateur, GBAGBO le maître d’œuvre, OUATTARA le finaliste; mais comme nous évoluons dans une économie de marché et non dans une économie de pitié, nous savons tous que les  cadeaux n’existent pas !  Combien ce « cadeau » a-t-il véritablement coûté aux ivoiriens? Et quel est le véritable crime économique commis par le régime du Président GBAGBO jugé pourtant indigent par la Cour Pénale Internationale?

Pour répondre à ces questions, nous allons examiner l’origine des sommes prêtées à la Côte d’Ivoire, les principaux bénéficiaires des investissements effectués avec cet argent, les conséquences et  aussi les perspectives.

DE L’ORIGINE DE LA DETTE

Le 19 septembre 1946, le député HOUPHOUET BOIGNY, affirmait, lors des premières discussions sur la constitution de la communauté Franco-africaine au palais BOURBON en France :

« La France n’a aucun intérêt à nous laisser dans les bras de la misère et de la pauvreté »

Le 28 septembre 1958, Félix HOUPHOUET BOIGNY, ministre d’Etat de la République Française, vote la constitution de la Communauté Franco-africaine instituant une fédération entre la France et ses colonies.

En 1959, les pays d’Afrique de l’Ouest s’associent au sein de la BCEAO (Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest). Les quatre (4) principes de la coopération monétaire entre la France et les États membres de la zone Franc ont  épousé l’esprit de la fédération, à savoir la mise en commun des ressources financières depuis cette date jusqu’à ce jour:

  • la garantie du Trésor français à la convertibilité en euros des monnaies émises par les trois instituts d´émission de la zone ;

  • la fixité des parités entre l’euro et le franc CFA;

  • la liberté des transferts au sein de chaque sous-ensemble ;

  • la centralisation des réserves de change

Les indépendances de 1960 ont conservé l’esprit et la lettre de la communauté Franco-africaine avec la ferme conviction que « La France n’a aucun intérêt à nous laisser dans les bras de la misère et de la pauvreté ». Toutefois, la foie du Père de la nation avait un prix. Car, en contrepartie de ces principes et de cette profession de foi, les  banques centrales de la zone Franc sont tenues de déposer une partie de leurs réserves de change (65%, révisée à 50% en 1999) auprès du Trésor français sur un compte d’opérations.

Le fonctionnement du compte d’opérations a été formalisé par des conventions successives entre les autorités françaises et les représentants des banques centrales de la Zone franc. Le compte reçoit des dépôts à vue ou à terme en provenance des pays de la zone. La France place ces ressources qui rapportent des intérêts par des opérations de crédit (en partie à l’Afrique). Une partie des intérêts sert à rémunérer le compte d’opérations et l’autre partie est à la discrétion du pouvoir français que l’on retrouvera sous forme d’aides diverses (Ministère de la coopération, assistance militaire au pouvoir ou aux rebelles, Banque Mondiale, FMI, AFD, UE-ACP, UA, BAD, CEDEAO etc.). Par rapport au compte d’opérations ; le trésor français, fonctionne donc comme une banque d’investissement et de commerce pour l’Afrique. Il aurait été plus simple de créer une telle banque dans la zone UEMOA pour disposer de ces énormes ressources en toute indépendance. Mais la France a su sans aucun doute user des arguments tels que les bases militaires pour protéger les États, l’aide, le déficit de cadre au moment des indépendances. Une telle banque aurait eu l’avantage d’être présente partout où le besoin de commercer se ferait sentir notamment dans les pays émergeants.

La confiscation systématique de 50% des avoirs extérieurs de la Côte d’Ivoire par le Trésor français et le libre transfert des avoirs des opérateurs économiques de la Côte d’Ivoire vers la France favorisé par le code d’investissement qui exonère d'impôts les bénéfices des multinationales, réduisent  de manière drastique l’épargne publique et privée. Cette confiscation institutionnelle et systématique de l’épargne oblige la Côte d’Ivoire à emprunter ses propres ressources ainsi confisquées.

A titre d’exemple, le rapport annuel de la Banque de France sur les comptes de la BCEAO indique pour l’année 2010 (en milliards de FCFA) :

- Compte d’opérations: 3 048. 978  FCFA

- Créances sur les banques: 335. 184FCFA

- Créances sur les trésors: 887. 886 FCFA

Ces chiffres démontrent avec éloquence, que depuis toujours, l'apport fait par la zone Franc au trésor français par l’intermédiaire du compte d’opérations est trois fois plus important que le concours fait aux banques et aux trésors de la zone UEMOA. Il faut ajouter à cela la balance au titre des revenus transférés qui est de 735,6 milliards de FCFA favorisée par les codes d’investissements. Pour la France et les françafricains, remettre en cause cette manne tombée du ciel des anciennes colonies, c’est être un criminel.

Par contre, le financement extérieur net de l’économie de la zone UEMOA pour la même année  s’élève à868.6 milliards de FCFA selon la même source. Le montant total des dons est de 870.5 milliards de FCFAsoit au total (financement + aide) 1738 milliards de FCFA. Cela constitue à peine 50% des sommes séquestrées au titre des accords de l’UEMOA.

Il apparaît clairement que, par la BCEAO et le code d’investissement, le FCFA est exporté  en France et nous revient en euro ou en dollar sous forme de dettes et d’aide.

A l’heure de cette mondialisation où tous les pays cherchent à améliorer leurs leviers économiques pour éviter à leurs peuples de subir la crise, continuer à entretenir un pacte qui coûte si cher n’a plus de sens. En tout état de cause, les peuples souverains de la zone UEMOA n’ont jamais donné leur avis sur ces accords qui engagent leur destin après les indépendances, à l’instar des Européens qui se sont prononcés par référendum sur l’adhésion à l’Euro. Ses montagnes de fonds séquestrés par la France depuis les indépendances sont donc frappées d’illégitimité. Cela s’apparente à un bien mal acquis par la France sur ses anciennes colonies dans le cadre d’une fédération qui a disparu depuis 1960 et dont les fondements sont devenus obsolètes.

La dette contractée par la Côte d’Ivoire auprès de la France, est donc une partie de l’argent pris dans les caisses de la Côte d’Ivoire dans l’obscurité des accords signés dans le cadre de la fédération Franco-africaine pour lui faire crédit sous le « soleil des indépendances ». Il en est de même des aides directes et indirectes aux travers des institutions communautaires (Banque mondiale, FMI, UE-ACP, UA, BAD, CEDEAO, etc.). Chaque année, la Côte d’Ivoire indépendante consacre, pour le remboursement de cette « dette » prise dans ses poches, près de la moitié de ses recettes budgétaires faisant progressivement obstacle à toute possibilité d’investissements publics. L’augmentation des charges de l’État due au service de la dette,  combinée à la baisse des recettes d’exportation du cacao, ont fini par rendre l’état insolvable. L’impossibilité de l’état à faire face au service de la dette a engendré, depuis 1982 jusqu’en 2002, neuf (9) plans d’ajustement structurel pour trouver une solution au fardeau de la dette. Le caractère drastique des mesures prises a engendré des crises sociales et une crise politique en 1990. La Côte d’Ivoire est donc mise sous tutelle directe des bailleurs de fonds qui dépêchent en1990 M. Alassane Dramane OUATTARA auprès du Président HOUPHOUET dont l'état de santé ne lui permettait pas le suivi de la gestion quotidienne du pays.

La tornade des mesures prises par les bailleurs de fonds sous la houlette de M. OUATTARA Dramane a eu des conséquences dramatiques dans tous les secteurs économiques et a abouti à l’expropriation économique de l’Etat.

Examinons dans un premier temps le contenu de la solution OUATTARA et ensuite, à travers l’examen de certains secteurs clés de l’économie nous allons mettre en évidence les faiblesses et les conséquences de cette solution.

LA SOLUTION OUATTARA: LE VERITABLE CRIME ECONOMIQUE

Modifier la structure de l’économie ivoirienne était l’objectif affiché des plans d’ajustement structurel. Les années 90 ont accéléré la modification de la structure de l’économie pour faire du secteur privé, entendez des investissements étrangers, le moteur de la croissance là où la Chine et plus généralement des pays d’Asie et d’Amérique du Sud, faisaient le choix de la stratégie combinée « un pays deux systèmes ».

Le programme de privatisation a été la solution OUATTARA.

Le diagnostic effectué à l'époque par  M. Alassane OUATTARA pour proposer ce remède miracle qui a été exposé le 28 novembre 1990 au journaliste du quotidien gouvernemental fraternité-matin suite à un conseil des ministres est le suivant :

« Actuellement, le secteur parapublic compte 140 entreprises et établissements dans lesquels l'État a investi plus de 1.300 milliards de FCFA dans les années 80. Ce chiffre représente aujourd'hui près de 50% du Produit Intérieur Brut, c'est-à-dire la moitié de la production nationale.

Les résultats d'exploitation de certaines de ces entreprises n'ont pas été à la mesure de l'effort d'investissement exceptionnel qui a été consenti par le Gouvernement pour constituer cet important patrimoine.

Les entreprises dans lesquelles l'État détient au moins 51% du capital, ont dégagé des pertes nettes cumulées de 10 milliards de FCFA au cours de la même période.

Par contre, les entreprises du secteur parapublic dans lesquelles l'État est minoritaire, ont globalement dégagé un bénéfice net cumulé de 144 milliards entre 1982 et 1988, soit plus de 20 milliards en moyenne par an. »

L’erreur de diagnostic réside dans  la non-prise en compte de la réalité des rapports non mercantiles entre les sociétés d’État et l’État central à cette époque. En se contentant des données purement comptables sans rentrer dans les mécanismes de gouvernance des entreprises, l’erreur devenait alors inévitable pour un fonctionnaire international non au fait des réalités nationales. Prenons cet exemple simple, pour illustrer l’erreur, tiré de mon expérience de Directeur Général du BNETD (Société d’État au capital de 2 milliards de FCFA) et de membre du comité de privatisation de 2000 à 2010. Le BNETD, en charge de l’étude et du contrôle des grands travaux de l’État, réalisait pour le compte de l’État des études et contrôles pour 7 milliards de FCFA environ et l’État décidait, en fonction de ses ressources financières, de ne payer que 2 milliards de FCFA sous forme de subvention, ce qui avait un impact sur les résultats financiers de l’entreprise qui affichait un déficit cumulé de plus de 9 milliards de FCFA en 2000 et un découvert bancaire de 9 milliards de FCFA cette même année. Au lieu de liquider le BNETD ou de réduire de moitié l’effectif comme le recommandait les bailleurs de fonds, l’État sous le régime du Président GBAGBO, ayant pris la décision d’éviter la privatisation des secteurs stratégiques, a opté pour une restructuration en contractualisant les prestations du BNETD avec l’État et en accroissant son autonomie sur le marché privé et à l’international. En 10 ans, le BNETD est passé d’un déficit cumulé de plus de 9 milliards de FCFA et d’un chiffre d’affaires de 5 milliards, à un chiffre d’affaires de 39 milliards de FCFA, un report à nouveau positif et a augmenté son effectif tout en doublant les salaires pour freiner l’exode de  l’expertise. La situation du BNETD est pratiquement la même que toutes les sociétés d’État.

Cette décision courageuse de restructurer les entités de l'État que de les privatiser a permis de sauver plusieurs entreprises d’État (44 environ). Celles qui attendent d’être restructurées (34), ne le seront certainement jamais compte tenu de la nouvelle orientation de la politique économique  actuelle qui a opté pour le bradage ou la liquidation des entreprises publiques. Le constat de la réussite de cette restructuration a été fait incidemment par l’actuel gouvernement de M. Alassane OUATTARA à travers le communiqué du conseil des ministres du 29 juin 2011 relatif à ce sujet. En effet, un rapport établi par les soins du ministère de l’Économie et des Finances, sur la base des états financiers de fin décembre 2009, révèle que l’État de Côte d’Ivoire détient dans son portefeuille 82 sociétés, dont 30 sociétés d’État et 52 entreprises à participation financière publique. Selon ce rapport, «44 sociétés ont réalisé des résultats nets bénéficiaires d’un montant global de 153,57 milliards de FCFA, 4 sociétés présentent un résultat nul, 14 sociétés ont réalisé un résultat net déficitaire de 113,21 milliards de FCFA, et 20 sociétés n’ont pas produit d’états financiers pour diverses raisons (redressement judiciaire, administration provisoire, arrêt des activités, restructuration, problèmes de gouvernance, etc.)».

Au lieu de continuer dans la logique de la restructuration, hélas, Monsieur Alassane OUATTARA fidèle à sa mission de fonctionnaire international malgré ses habits de Chef de l’Etat fait remarquer, lors de ce même conseil des ministres, « le nombre élevé de sociétés à participation financière publique » et demande  que le nombre de sociétés d’État ou à participation financière publique, soit baissé de 25% au cours des 12 prochains mois»

L’erreur sincère ou intentionnelle (c’est selon) de M. OUATTARA n’a pas permis de guérir le mal contrairement à la Chine ou aux pays d’Asie et à certains pays d’Amérique du Sud mais,  a permis non seulement de dépouiller  le pays de son économie ainsi que de sa souveraineté mais aussi elle a contribué à son immersion dans un océan de pauvreté et de dette.

La politique de privatisation avait donc un objectif idéologique, économique et politique. Poussée par le vent libéral des années 1980, la françafrique a caché son visage sous le masque de la bonne gouvernance et de la lutte contre la pauvreté pour faire main basse sur les économies naissantes par un contrôle direct des entreprises et des États et un dépouillement économique, politique et militaire des pays ciblés. Le secteur privé érigé en panacée et moteur de la croissance s’est révélé le moteur des inégalités, de la dette et du chômage qui minent les États. Les solutions classiques de pillages économiques telles que pratiquées à l’époque de l’esclavage et de la colonisation et qui reviennent avec de nouveaux prétextes avec les guerres de conquête économique (Afghanistan, Irak, Libye, Côte d’Ivoire, Syrie bientôt, etc.) ne donnent aucun résultat face à la concurrence des pays émergeants. Elles enrichissent les multinationales et appauvrissent les États et les peuples occidentaux qui votent périodiquement le changement pour se donner l’espoir d’un lendemain meilleur.

C’est cette politique, dont on connaît tous les méfaits et limites, que M. Ouattara nous sert encore aujourd’hui. Comme hier, il va s’employer à son crime préféré : le bradage du patrimoine de la Côte d’Ivoire. Comme hier on sait qui vend mais sait-on vraiment qui achète ou rachète ?

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR ELECTRIQUE

Le secteur électrique était géré de 1952 à 1990 par une société d’État, l’EECI (Énergie, Électrique de Côte d’Ivoire). La Côte d’Ivoire s’est dotée, sous l’impulsion de l’EECI, d’un parc impressionnant de 6 barrages hydroélectriques fournissant en 90, une puissance installée de 600 mégawatts avec un réseau interconnecté.

En 1990, le secteur est en crise avec une dette qui s’élève à 120 milliards de FCFA et des arriérés de consommation de 37 milliards de FCFA soit trois ans de consommations d’électricité par l’État de Côte d’Ivoire, qui, soit dit en passant, consommait presque gratuitement l’électricité.

En 1990, l’État de Côte d’Ivoire confie par concession sur 15 ans la gestion de l’électricité à une société privée  française : la CIE. Le contrat de concession oblige la CIE à verser des redevances à l’État de Côte d’Ivoire et à prendre en charge les entretiens courants, tandis que la dette revenait à l’État ainsi que les investissements lourds. La CIE met fin à la gratuité avec l’État de Côte d’Ivoire et équilibre les finances. L’opérateur français, actionnaire principal et bénéficiaire de la CIE investit dans la production de gaz et des centrales thermiques selon des contrats de type BOT. Aujourd’hui, la CIE fait un chiffre d’affaires de 300 milliards de FCFA avec les 2/3 affectés au payement du gaz dont la production est contrôlée à plus de 50% par l’operateur privé français selon un contrat de type « take or pay » indexant le prix du gaz tiré du sol ivoirien sur le cours mondial  du pétrole. Par conséquent, le prix du gaz payé à l’opérateur augmente de pair avec  la hausse du prix du pétrole sur le marché international. Tout se passe comme si le gaz tiré gratuitement du sol ivoirien était payé sur le marché international et revendu à la Côte d’Ivoire. Ainsi le gaz qui constituait 12% du coût de l’électricité en 1996 coûte aujourd’hui presque 70% soit les 2/3 du revenu du secteur, ce qui assure une montagne de bénéfices aux opérateurs gaziers au détriment de l’ensemble du secteur. Le paiement de la redevance et des taxes est devenu impossibleet le secteur est encore déficitaire à la fin des 15 ans de contrat de concession. En 2005, le secteur enregistrait un endettement de 112 milliards de FCFA soit exactement 112 540 254 795 FCFA non loin de la situation de 1990. Le mode de paiement du secteur privilégie d’abord les opérateurs gaziers, les producteurs indépendants, ensuite la CIE et en dernier ressort l’État. La crise touche donc directement la CIE et l’État tout en protégeant les gaziers et les producteurs indépendants. En 2005, alors que le pays est sous occupation de l’armée française et de l’ONUCI et que les cabinets ministériels sont repartis entre les loyalistes et les rebelles à Linas Marcoussis et Kléber, le contrat est par la force des choses renouvelé pour 15 ans et l’opérateur français allège sa présence à la CIE pour se mettre à l’abri du déficit du secteur en se concentrant sur le secteur gazier et la production indépendante d’électricité.

« Le Fonds Monétaire International a appelé le vendredi 11 mai 2012, à des réformes dans le secteur de l'énergie en Côte d'Ivoire, à l'occasion du versement des 100 millions de dollars d'un prêt au pays, soit environ 50 milliards de FCFA. Le FMI a appelé à assurer l'avenir de la Compagnie Ivoirienne d`Electricité (CIE) par "de nouvelles mesures, y compris des hausses des tarifs" ». Rapporte le quotidien Notre Voie dans sa livraison du 14 Mai 2012.

Sans faire le constat amer de l’échec de la reforme, la population est sollicitée pour plus de sacrifices en vue de continuer à enrichir les gaziers.

La solution à court terme ne consiste pas à augmenter le prix de l’électricité, ce qui constitue un vrai crime, mais à réduire la part gaz dans le secteur de l’électricité comme le voulait le dernier gouvernement AKE NGBO (emprisonné pour crime économique) en déconnectant le prix du gaz du prix international du pétrole et en optant pour un contrat de type « cost plus » qui prend en compte uniquement le coût de production du gaz et une marge bénéficiaire acceptable. A long terme, pour faire face à la dette du secteur, au vieillissement du réseau et des transformateurs électriques, il sera nécessaire de déclarer le secteur électricité comme secteur stratégique et opérer les reformes correspondantes. L’accroissement de la production de gaz et de l’électricité ne servira à rien si le réseau de transport et de distribution s’effondre.

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR AGRO INDUSTRIEL ET CHIMIQUE

Les sociétés expropriées à la Côte d’Ivoire, du fait de Monsieur OUATTARA, sont légion. Plusieurs entreprises du secteur agro industriel sont passées à la casserole de la privatisation(nouveau nom du crime économique) malgré les performances de ces entreprises partiellement ou totalement gérées par l’État qui, pour certaines étaient dans des difficultés conjoncturelles réversibles. Ce sont, entre autres :

COSMIVOIRE, NOVALIM/NESTLE, CAPRAL/NESTLE, FILTISAC, SAPH, SICOR, SODESUCRE, SOGB, PFCI (conserve de thon), SACO, SODERIZ, CHOCODI, COCOTERAIE (Fresco, Grand-Lahou, Jacqueville, Assinie), TRITURAF, CIDT, RANCH (Marahoué, Sipilou, Badikaha) etc.

Le calcul des valeurs nettes des entreprises à privatiser prenait en compte la dette, ce qui permettait de sous évaluer ces entreprises. À la vente de ces entreprises, la dette revenait à l’État et les actifs au Privé (socialiser la dette et privatiser le profit) généralement à une multinationale avec divers prétextes. Souvent le paiement de la valeur nette est directement puisé dans la trésorerie de l’entreprise et l’opération est ainsi bouclée. Le chiffre d’affaires moyen de ces entreprises depuis 1990 oscille autour de 20 milliards de FCFA pour la plupart. Pour la trentaine d’entreprises du secteur agro industriel, c’est donc pas moins de 10 000 milliards de chiffres d’affaires cumulés pendant plus de 20 ans ! Comparés au « cadeau du PPTE » c’est la mer qui se débarrasse de quelques gouttes d’eau par évaporation, formant des nuages et revenant sous forme de… pluie de milliards.

Il apparaît clairement que la Côte d’Ivoire gagne moins en espérant une pluie de milliards qu’en réalisant son indépendance économique.

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR CACAO

Le secteur cacao  a été un grand bénéficiaire de la dette et est resté le dernier refuge du peuple ivoirien dans son segment primaire. Poumon de l’économie ivoirienne, il a permis de diversifier l’économie ivoirienne, de moderniser le pays et d’opérer une redistribution plus ou moins juste de la richesse nationale à travers la Caistab, société d’Etat en charge du secteur jusqu’en 1999.

Imaginer un seul instant qu'à l'époque, les revenus captés par la Caistab, au lieu de servir au financement de la Côte d’Ivoire moderne, allaient à un opérateur privé externe ! La Côte d’Ivoire ne se serait pas modernisée et serait à l’image d’un grand campement, propriété de cet opérateur immensément riche dans son pays.

La guerre du cacao et l’aveuglement idéologico-politique qui a présidé à la liquidation de la caistab nous conduisent tout droit vers ce que la Côte d’Ivoire a su éviter pendant 30 ans. La guerre du cacao avait pour objectif de faire main basse sur la manne qui arrosait la Côte d’Ivoire.

Cette guerre du cacao commencée en 1932 par le Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY et remportée par lui en 1960 apermis au peuple de Côte d’Ivoire de se doter des moyens de son développement. Cela a aussi permis, à travers les bourses, à des élèves et étudiants de milieu modeste de poursuivre par le mérite leurs études et enfin à la Côte d'Ivoire de former des cadres sans distinction d'ethnie ni de milieu social. La crise qui a frappé la Côte d’Ivoire en1990 a été l’occasion rêvée pour les multinationales de reprendre l’offensive. À la faveur de la libéralisation du secteur en 1990, les grands négociants mondiaux du cacao sont autorisés à s’impliquer dans la commercialisation interne du cacao. En 1999, la Caistab est dissoute, les négociants remplacent la Caistab et s’emparent de la commercialisation interne et externe du cacao. Sur une production annuelle de 1 200 000 tonnes et sur un cours mondial variant entre 1000 et 2000 FCFA, la commercialisation du cacao produit 1000 à 2000 milliards de FCFA par an dont plus de la moitié est empochée par les négociants (ce qui revenait à la Caistab et permettait la modernisation du pays) et le reste distribué entre les paysans, les pisteurs et petits commerçants et l’État de Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire est ainsi dépouillée au profit des négociants. Leur dernier combat reste la main mise sur l’autre moitié de la manne financière en liquidant l’État (ce qui est fait) et en chassant les paysans de leur terre par un génocide programmé (en cours d’exécution) et en votant un nouveau code foncier rural pour faire main basse sur les plantations de cacao comme cela s’est déjà produit dans le secteur palmier, hévéa, banane et ananas. Le contrôle vertical total de la filière par les négociants reste l’objectif principal de la guerre du cacao.

En 20 ans de libéralisation, ce n’est pas moins de 20 000 milliards de FCFA qui se sont envolés des plantations au profit des négociants. Comparé au « cadeau du PPTE » c’est la mer qui se débarrasse de quelques gouttes d’eau par évaporation, formant des nuages et revenant sous forme de… pluie de milliards.

Il apparait clairement que la Côte d’Ivoire gagne moins en espérant une pluie de milliards qu’en réalisant son indépendance économique. L’ambition du Gouvernement AKE NGBO, était justement d’assurer le contrôle interne et externe de la commercialisation du cacao. Il est en prison pour crime économique.

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR FINANCIER

Grand bénéficiaire des dettes, le secteur financier a obtenu un volume important de financement pour  les crédits à tous les secteurs de production dont l’agriculture et les infrastructures. M. Ouattara a annoncé la privatisation et /ou la liquidation des banques publiques dès son installation par les bombes françaises. Cette mesure était exigée de la Côte d’Ivoire depuis le programme d’ajustement du secteur financier (PASFI), lancé au début des années 1990 par le même Ouattara. Ce programme se traduira par une réduction de la présence des opérateurs nationaux dans le secteur, laissant la place largement aux banques françaises. La mesure a été reprise par les programmes de réforme des bailleurs de fonds qui se sont succédés. Le Président Gbagbo a toujours refusé de s’y soumettre. C’est cette obsession de la liquidation des banques nationales qui habite encore M. Ouattara, surtout après l’admirable résistance dont elles ont fait preuve en devenant le fer de lance d'une alternative au système françafricain face à la fermeture des banques pendant la crise postélectorale.

La privatisation ou la liquidation des banques publiques en côte d’Ivoire est plus qu’une erreur, c’est une faute grave. Le bradage des fruits des efforts déployés depuis plus de 10 ans pour sauver des banques publiques (BNI et BHCI) et privées qui étaient en difficulté (Versus Bank et BFA). Les banques françafricaines qui dominent le marché financier ont une double vocation : collecter et rapatrier des fonds en France et encourager la consommation des produits importés. Le crédit à la consommation domine le portefeuille de ces banques. Pour ces banques françafricaines, l’agriculture est considérée comme un secteur à risque tout comme les PME/PMI. Seul l’Etat peut prendre ce risque en innovant. C’est la raison fondamentale du choix de restructuration des banques par le pouvoir GBAGBO et le sauvetage des banques fermées pendant la période de crise par le Gouvernement AKE NGBO (emprisonné pour crime économique) pour asseoir une véritable indépendance financière en vue de relancer la machine économique à travers le financement de l’agriculture et des PME/PMI.

Il est étonnant que l’on puisse assister à un tel aveuglement idéologique aujourd’hui encore après que les Etats soient intervenus massivement et directement dans les banques aux USA et en Europe en 2008 dans le cadre de plans de sauvetage élaborés pour faire face à la crise financière sans précédent qui a éclaté du fait des comportements à risques et des excès des banques privées. Aujourd’hui même, il est proposé de créer en France une banque publique d’investissements pour soutenir les PME/PMI nécessaires à une dynamique de croissance. On ne peut pas comprendre la solution Ouattara, qu’en la replaçant dans le cadre de la récompense à ses parrains qui est sa mission première.

 

CONCLUSION

La dette apparaît donc, en dernière analyse, comme le fruit de la magie des accords de coopération entre la Côte d’Ivoire et la France dans le cadre de la communauté franco-africaine. La France a prêté un bien mal acquis pris dans les poches de ses obligés. Les fruits des investissements de cette dette dans les secteurs clés de l’économie à savoir: l’énergie, les mines, les télécommunications, le cacao, l’agro industrie, les banques, etc. sont retournés par le jeu de la privatisation vers le prêteur principal et ses alliés. Le coût du cadeau se résume donc en une tornade ayant emporté tout sur son passage en expropriant économiquement et financièrement l’Etat de Côte d’Ivoire avec le retour de la politique de la main tendue. Le désir de souveraineté politique, économique, monétaire et financière incarné par Laurent GBAGBO et devant être mise en œuvre par le gouvernement AKE NGBO était donc jugé criminel pour les françafricains. La guerre contre la Côte d’ivoire avait pour but de mettre fin à ce désir et à dépouiller la Côte d’Ivoire de son moyen de résistance : sa souveraineté politique. L’expropriation de l’armée régulière au profit de « tirailleurs françafricains » par la France et l’ONUCI, la destruction des archives de l’Etat et de l’université pour faire oublier les années d’indépendance et réécrire une autre histoire et éditer d’autres documents, le mépris des prescriptions constitutionnelles, ont pour objectif la restauration de la françafrique et  la fin de cette souveraineté. Il ne faut donc pas chercher loin, le vrai « crime »  économique dont on accuse le Président GBAGBO et son gouvernement est donc le désir de mettre fin à 50 ans de biens mal acquis.

Il ne reste au peuple que la vie, la parole et la terre comme moyens de résistance mais aussi, les cibles actuelles de la barbarie des démocrates et républicains de l’âge de la pierre taillée qui dialoguent avec des amulettes, des gourdins et des armes pour faire taire les journaux et les libertés publiques, ôter la vie et exproprier des terres.

Tant que le système françafricain restera en l'état, la reconstitution de la dette sera pour bientôt, car dans les conditions actuelles, l’épargne est impossible à constituer et la mendicité financière est l’unique solution. Or une croissance dont les facteurs  sont essentiellement étrangers n’engendre des revenus que pour l’extérieur. Dans ce cas, la lutte contre la pauvreté se transformera en guerre contre les pauvres pour leur arracher la vie, la parole et la terre, seuls biens restants.

A la lumière de l’expérience ivoirienne, il apparaît clairement que l’aide coûte toujours plus cher que sa valeur monétaire. La quête de l’indépendance économique, financière et monétaire est criminalisée. Or, l’Afrique n’a  pas besoin d’aide mais plutôt de justice économique et, surtout, d’indépendance économique, financière et monétaire.

La question que nous sommes en droit de nous poser aujourd'hui, est de savoir s'il n'y a pas d'autres formes de partenariat avec la France qui puisse permettre une sortie de crise mutuelle puisqu’un seul pauvre en Afrique ou ailleurs est une opportunité de croissance en moins donc un emploi en moins en occident. La pauvreté de l’Afrique restreint donc la consommation et a un impact certain sur la croissance de l’occident.

Si le déficit de cadres dans les années 60 a justifié la dépendance économique, financière et monétaire formalisée par les accords qui fondent la françafrique, ces accords sont devenus une chaîne avec l’excès de cadres. L’étape actuelle et future de l’histoire de l’Afrique exige leur annulation pure et simple  pour libérer l’énergie créatrice du continent afin de stimuler la croissance mondiale et cela sans difficulté si, comme le pensait HOUPHOUET-BOIGNY « La France n’a aucun intérêt à nous laisser dans les bras de la misère et de la pauvreté ». La minorité franco-africaine, regroupée en partie au sein du CAC 40, bénéficiaire de la Françafrique a donc choisi la guerre pour s’imposer à la majorité et sans résultat effectif pour cette majorité qui souffre encore du chômage et de la dette malgré les multiples guerres de pillage en Afrique et ailleurs.

Telle est la face économique hideuse de la guerre contre la Côte d’Ivoire et partant de la guerre de la minorité multinationale  contre le reste du monde.

Œuvrons ensemble pour construire l’unité  par la réconciliation inclusive et bâtir un espace de liberté, de sécurité et de justice consensuelles où la force des idées guide le choix du peuple et non la force des armes pour réaliser l’idéal promis à l’humanité : « tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en dignité et en droit » (art. 1 de la déclaration universelle des droits de l’homme).

            

DON MELLO Ahoua


Docteur Ingénieur, Ponts et Chaussées

DG DU Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement (BNETD) 2000-2010

Administrateur de la Banque Nationale d’Investissement (BNI) 2000-2010

Administrateur de la CAPEC (Cellule d’Analyse des Politiques Economiques) 2000-2010

Membre du Comité de Privatisation 2000-2010

Ministre de l’Equipement et d’assainissement du Gouvernement AKE NGBO

Membre de la Coordination FPI en exil.


SourceABIDJAN DIRECT.NET

mardi, 10 avril 2012

AHOUA DON MELLO TOUJOURS DANS LA LUTTE - 11 AVRIL 2011: REGARD RETROSPECTIF

 

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Le 28 mars 2011, dans l'attente de la mission du 5 avril 2011 du Ministre des affaires étrangères du Cap-Vert désigné par l'Union Africaine pour une solution négociée du contentieux électoral, la France, l'ONUCI et les rebelles déclenchent la guerre à la Côte d'Ivoire à partir de la ligne de front qui sépare les Forces de Défense et de Sécurité (FDS : forces loyalistes) des rebelles.

A Duékoué, les rebelles attaquent le front Ouest et exterminent 800 civils en une journée après avoir établi leur identité. Leur sort est ainsi scellé : souvent égorgés, leur sang est bu comme breuvage d'invulnérabilité.


A Daloa, sur le front centre-Ouest, protégés par des tirs aériens de l'ONUCI, les rebelles prennent possession du deuxième bataillon de l'armée ivoirienne.


A Tiébissou, sur le front centre, les FDS sont stoppées par des tirs aériens de l'ONUCI.


A Bondoukou, sur le front Est, les chars de l'ONUCI encadrent les rebelles dans leur progression.


Sur tous les sites de combat, l'ONUCI est la compagnie de transport officielle et privilégiée des rebelles et de leurs armes.


Dans leur progression de la ligne de front vers Abidjan, des villages entiers sont brulés, les maisons des pro-GBAGBO saccagées, des civils massacrés et tous les bâtiments publics sont systématiquement pillés, des prisonniers sont libérés et armés pour grossir en nombre le rang des rebelles.


Les forces de défense et de sécurité décrochent des fronts et se regroupent à Abidjan pour organiser la résistance.


La bataille d'Abidjan commence le 31 mars 2011 et les rebelles appuyés par l'ONUCI battent en retraite sous les feux des forces de défense et de sécurité.


Face à cette déroute, dans la nuit du 3 au 4 avril 2011, 7 avions cargos transal de l'armée française débarquent un régiment de bérets verts de la légion étrangère avec des armes lourdes et prennent par effraction l'aéroport international d'Abidjan. Près de 50 chars de l'armée française quadrillent l'aéroport pour permettre le débarquement des hommes, des munitions et des armes lourdes.


Du 4 au 6 avril 2011, les Français sont exfiltrés de leur résidence pour le 43ème BIMA qui est l'actuel camp militaire de l'armée française : la Licorne.


Le bombardement des sites stratégiques des FDS commence le 6 avril 2011, simultanément par des hélicos français et Onusiens.

Le bombardement de la résidence du Président Laurent GBAGBO s'intensifie, le vendredi 8 et le samedi 9 avril 2011.

Après avoir détruit le dispositif sécuritaire de la résidence présidentielle et massacré à la bombe des centaines de jeunes patriotes amassés devant la résidence, la chambre du Président est directement visée, le dimanche 10 avril 2011, par deux tirs d'hélico, à 16h47 et à 16h49 avec pour objectif clair : atteindre mortellement le Président de la République.

N'ayant pas eu le résultat escompté, les tirs reprennent à 18h41 pour s'achever à 23h47 se soldant par 15 bombardements sur la résidence.

Le lundi 11 avril à 10h, les chars de l'armée française se positionnent sur les axes routiers conduisant à la résidence du chef de l'Etat. A 10h20, deux bombardements fracassent l'entrée principale de la résidence et les chars pénètrent dans la résidence.


A 14h05, le ministre Tagro Désiré est mortellement atteint, le Président GBAGBO est arrêté par les forces de l'armée française et remis aux rebelles qui le conduisent au Golf Hôtel d'Abidjan avec son épouse, son fils et certains de ses collaborateurs.

Un homme a été arrêté mais le peuple s'interroge encore et toujours et ces interrogations constitueront autant de contentieux à régler pour juguler totalement la crise ouverte en Côte d'Ivoire et identifier clairement les responsables de la destruction de l'Etat et des massacres ante et post-crises.

1- Doit-on retenir définitivement, avec la jurisprudence ivoirienne, qu'en cas de contentieux électoral comme il en existe et en existera toujours dans toute démocratie, le règlement de ce contentieux se fera par la raison du plus fort? Pourquoi la communauté internationale est restée sourde au recomptage des bulletins de vote proposé par le Président GBAGBO comme dans toute démocratie moderne ou survient un litige électoral et a choisi le chemin de la barbarie pour compter des morts?


2- Sur quelle base légale et selon quel ordre constitutionnel, sans procès verbal légal dûment signé par l'ensemble des membres de la commission électorale indépendante (CEI) comme le prescrit le code électoral ivoirien, le Président de la commission électorale indépendante et le représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire ont-ils annoncé et certifié les résultats des élections présidentielles en Côte d'Ivoire? Est-il possible aujourd'hui d'exhiber un document légal signé par tous les membres de la CEI donnant les résultats des élections présidentielles en dehors de la tradition orale servie pendant la crise par le Président de la CEI et le représentant de l'ONU?


3- Sur quelle base légale, selon quel ordre constitutionnel et quel mandat, l'ONUCI dont l'unique raison d'être en Côte d'Ivoire depuis les accords de Linas-Marcoussis est le désarmement des rebelles a-t-elle convoyé, armé les rebelles et a assisté en spectateur actif au massacre de la population et au pillage de l'Etat et des civils ?


4- Sur quelle base légale, quel ordre constitutionnel, quelle charte ou convention, des banques installées en Côte d'Ivoire ferment-elles leurs portes d'une manière unilatérale, privant la population de ses propres avoirs pour se soigner et se nourrir? Doit-on comprendre que les entreprises Européennes installées en Côte d'Ivoire échappent aux lois ivoiriennes? Doit-on comprendre que les accords de coopération UE-ACP peuvent être amendés au gré de l'Union Européenne pour priver la population ivoirienne des biens vitaux à son existence?


5- Sur quelle base légale, selon quel ordre constitutionnel et quel mandat, l'armée française s'autorise t-elle à braquer l'aéroport international de la République de Côte d'Ivoire pour débarquer ses militaires, bombarder les habitants d'un pays indépendant et souverain, massacrer sa jeunesse, bombarder la résidence du Chef de l'Etat et arrêter le Président constitutionnel de la République de Côte d'Ivoire ? Les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité des forces onusiennes et françaises sont-ils impunis? L'ONU donne-t-elle des mandats pour perpétrer des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité et combattre les décisions des institutions souveraines d'un pays membre?


6- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, le candidat à la présidence de la République du RDR s'autoproclame Président des ivoiriens et le secrétaire général des forces rebelles se fait-il élire Président de l'Assemblée Nationale sans remplir les conditions d'éligibilité?


7- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel des milliers d'ivoiriens sont contraints à l'exil, d'autres emprisonnés sans motif, des comptes bancaires gelés, des plantations occupées par des étrangers, des étudiants en vacance permanente, des travailleurs licenciés pour leur appartenance politique ou leur origine ethnique ?


8- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, des civils appelés DOZOS, sans permis de port d'armes et sans avoir été recrutés dans l'armée, la gendarmerie ni la police, se donnent pour mission d'assurer la sécurité des ivoiriens avec droit de vie et de mort sur chaque citoyen en toute impunité ?


9- Sur quelle base légale et quel ordre constitutionnel, les manifestations pacifiques de l'opposition sont systématiquement réprimées avec morts d'hommes et destruction de bien en toute impunité ? Quel est ce modèle de démocratie qui a peur de la concurrence politique et qui préfère emprisonner le Président et les vice-présidents, des cadres du plus grand parti pour mieux installer la démocratie?


10- Quel Etat de droit, quelle démocratie et quel ordre constitutionnel veut-on promouvoir dans la sous région lorsqu'on les ignore notoirement chez soi, imitant ainsi le cordonnier mal chaussé ?


Voilà dix questions dont les réponses permettront, à notre sens, de régler définitivement la crise ivoirienne, de situer les responsabilités et clarifier nos rapports avec les partenaires internationaux pour emprunter le chemin de la démocratie, de la paix et du développement dans l'unité.


La destruction de l'Etat de Côte d'Ivoire a commencée en fait le 19 septembre 2002. Elle s'est achevée par la destruction de la résidence du Chef de l'Etat et son arrestation par les forces françaises le 11 avril 2011, laissant un pays exsangue et sans Etat où le banditisme à grande échelle est organisé pour piller les ressources du pays, massacrer, emprisonner et exiler toute forme de résistance. L'occident impérialiste, criblé de dette et avec un chômage croissant, a trouvé comme solution à la crise de la dette et au redressement de son économie, le pillage à mains armées par rebelles interposés des richesses des pays faibles. L'Afghanistan, réservoir de gaz, de pétrole, de cuivre, de fer et de pierres ornementales, a ouvert le bal suivi de l'Irak, du Soudan, de la République Démocratique du Congo (RDC), de la C ôte d'Ivoire, de la Libye, etc.


La procédure est bien rodée. Cela commence par une campagne médiatique qui désigne le régime du pays comme dictature et donc son Dirigeant comme dictateur qui massacre ses compatriotes à l'arme lourde ou à l'arme de destruction massive. Alors la machine se met en branle, la France, l'Angleterre ou les USA font voter à l'ONU une résolution à but humanitaire mais qui dans son exécution se transforme en bombardement du pays voire l'assassinat de son dirigeant. La CPI menace uniquement un camp et passe sous silence les crimes de l'autre camp. Le chaos se met en place pour permettre le pillage des matières premières du pays.


Tout pays faible possédant des matières premières et non soumis à cet ordre, est ou sera considéré comme un pays de dictature où les dirigeants sont subitement pris de folie, massacrant leurs citoyens et détournant les richesses de leur pays. Les anciens colons qui n'ont pas fait preuve de respect des droits de l'homme lorsqu'ils colonisaient ces pays, se découvrent des dons de protecteurs des peuples qu'ils ont opprimé des siècles durant et qu'ils continuent d'exploiter. A l'inverse, les dirigeants de tout pays installés par bombardement, ont le droit de massacrer leur peuple et de piller ses richesses avec le silence assourdissant de leurs parrains. Les régimes actuels d'Afghanistan, d'Irak, du Soudan du Sud, de la Côte d'Ivoire et de Libye enregistrent plus de massacres et de pillages que les régimes les ayant précédé mais sont considérés comme des exemples de démocratie et de respect des droits de l'homme par leurs parrains, avec la bénédiction de la Cour Pénale Internationale. La population quant à elle, attend toujours les pluies de milliards promis dans ces différents pays depuis dix ans pour certains et ne voit autour d'elle que des pluies de massacres et de pillages.

La Côte d'Ivoire s'est malheureusement inscrite sur cette longue liste d'attente de pluie de milliards et le régime n'a d'autre choix que de prolonger la campagne électorale là où le peuple attend des solutions à ses problèmes. Incapable de rassembler les ivoiriens et d'assurer la mission première d'un Etat : la sécurité des biens et des personnes, le régime s'est lancé dans une campagne d'auto réconciliation et d'auto satisfaction sur l'achèvement des travaux et programmes du régime précédent et un recours massif à l'assistance technique et militaire française en mettant au chômage les compétences nationales avec un ré-endettement incontrôlé, hypothéquant dangereusement l'avenir.

Durant plusieurs siècles, avec la complicité de certains de ses fils, l'Afrique a toujours pensé que son salut viendrait de l'extérieur et de l'extérieur est venu l'humiliation, la soumission et la pauvreté. Aujourd'hui encore, il en existe malheureusement certains qui attendent des pluies de milliards sous un ciel peu nuageux asséché par l'harmattan de la dette de l'occident impérial.

Le temps de la responsabilité pleine et entière est venu et le développement de l'Afrique ne sera que l'œuvre des africains dignes et responsables débarrassés de tout complexe, agissant dans l'unité et la solidarité. Les dignes fils d'Afrique doivent donc rompre avec l'inaction et le silence pour se donner les moyens nécessaires de redresser le destin tordu de notre continent et fermer la honteuse parenthèse de la tentative de recolonisation.


DON MELLO Ahoua


Docteur Ingénieur des Ponts et Chaussées
Ministre de l'Equipement et de l'Assainissement
du Gouvernement AKE NGBO

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: KOACI.COM

jeudi, 05 janvier 2012

AHOUA DON MELLO: «COMMENT NOUS ALLONS METTRE FIN A LA DICTATURE DE OUATTARA»



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Lors de notre récent séjour dans la capitale ghanéenne, le ministre Ahoua Don Mello, porte-parole du gouvernement Aké Ngbo et grand expert en développement, a bien voulu nous accorder une entrevue, dans laquelle il appelle les Ivoiriens à mettre fin à l’arrogance sarkozienne par un boycott des produits français, et se prononce par ailleurs sur le ré-endettement de la Côte d’Ivoire par le régime Ouattara et sur l’énigme Frci.

 

Nous sommes entrés de plain-pied dans une nouvelle année. Quels sont vos vœux pour l’année 2012 ?

Mon vœu le plus cher est que l’année 2012 soit pour la Côte d’Ivoire l’année de la délivrance :

- Délivrance du Président des Ivoiriens Laurent GBAGBO actuellement détenu à la Haye, de tous les détenus politiques et de tous les exilés internes et externes.

-Délivrance de la Côte d’Ivoire du joug de l’impérialisme français.

-Délivrance de la Côte d’Ivoire de la dictature tribale et fascisante qui s’y installe.

Dans vos différentes analyses post-11 avril, vous vous êtes toujours évertué à démontrer que Laurent GBAGBO a gagné les élections présidentielles. Qu’est-ce qui fonde cette conviction?

Ce n’est pas une conviction, c’est une vérité. Les élections législatives qui sont toujours considérées comme le troisième tour des élections présidentielles ont mis en évidence les mécanismes de fraude et viennent de confirmer la victoire de Laurent GBAGBO.

Revenons à vos vœux pour 2012. En parlant de délivrance de la Côte d’Ivoire, ne donnez-vous pas raison à ceux qui soupçonnent les exilés de fomenter un coup ?

Un coup de force ne peut provenir que de leur propre camp. Préparer un coup de force pour les militants pro-GBAGBO que nous sommes, c’est demander à une équipe de football de jouer du rugby. Dans la vie politique ivoirienne, seul le RDR s’est constitué une équipe de rugbymen politiques en créant une branche armée d’abord clandestine puis officielle depuis 2002 et qui pratique la violence ouverte depuis 1999. Certains n’ont ni parents ni amis en Côte d’Ivoire, donc que les Ivoiriens meurent ou souffrent ne créent aucune compassion de leur part. Les militants pro-GBAGBO que nous sommes, ayant des parents et amis en Côte d’Ivoire, avons été nourris à la sève de la lutte pacifique. Et cela nous a permis d’avoir une opposition civilisée sous le régime de Feu Félix HOUPHOUET-BOIGNY, tout en arrachant des victoires importantes en balayant le parti unique et en balayant la dictature militaire de feu le Général GUEI Robert. C’est avec cette même méthode pacifique que nous mettrons fin à la dictature tribale et fasciste soutenue par l’impérialisme français.

Mais justement ces voies pacifiques sont aujourd’hui obstruées par la répression du régime en place. Comment allez-vous vous y prendre ?

La période de grâce du régime OUATTARA est terminée, car les parrains ont besoin d’exploiter la Côte d’Ivoire pour payer la facture de neuf (9) ans de soutien à une rébellion. La sécurité est donc le serpent qui se mord la queue. M. OUATTARA est obligé de scier la branche sur laquelle est assise son pouvoir en se débarrassant de l’ex-rébellion, condition nécessaire pour rendre la Côte d’Ivoire exploitable par ses parrains. Le peuple lui-même est sorti de la torpeur et pose des actes de bravoure face à la barbarie de l’ex-rébellion rebaptisée FRCI. Les voies démocratiques s’ouvrent progressivement et le peuple s’exprimera.

A chaque époque et face à chaque régime, la méthode de lutte pacifique s’adapte. Nous avons pris le temps de caractériser le régime en place. Les élections législatives ont montré que ce régime n’a pas l’onction du peuple mais tire sa force de la fraude et du soutien de la France de SARKOZY. Ce n’est pas le PDCI qui dira le contraire, lui qui crie aujourd’hui à la fraude et est passé de 94 députés lorsqu’il était dans l’opposition à 77 députés dans sa cogestion de l’Etat avec le RDR. Ce pouvoir est donc perdant dans un jeu démocratique normal, dans des conditions consensuelles et inclusives. Le choix du boycott pacifique des élections législatives a prouvé son efficacité, car il est difficile de mettre un militaire français ou onusien derrière chaque électeur pour le contraindre d’aller voter. Par contre, il est facile de contraindre le Président de la commission électorale indépendante d’annoncer de faux chiffres.

Les pays n’ont pas d’amis mais des intérêts. La France agit pour conserver le marché ivoirien à son seul profit, ce que refusait le Président GBAGBO. Si 85% des ivoiriens décident aujourd’hui de ne plus consommer français lorsqu’ils ont le choix, ne vous en faites pas, des instructions claires seront données à OUATTARA de revoir sa copie et des conditions consensuelles et inclusives seront créées pour mettre fin à cette parenthèse de l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Avec le développement prodigieux des pays émergents, l’Occident n’a plus le monopole des produits manufacturés et de la haute technologie. Et comme le client est roi au sens strict du terme dans l’économie de marché, il a donc le choix. Quel militaire français ou onusien peut vous obliger à téléphoner avec une puce d’une compagnie de télécoms française, à remplir votre véhicule d’essence dans une station-service contrôlée par une multinationale française, à payer un billet d’avion dans une compagnie française ou à ouvrir un compte dans une banque française, etc ?

Le boycott politique qui a fait ses preuves lors des élections législatives constitue une voie royale et non violente applicable dans le domaine économique et financier pour mettre fin à l’arrogance ‘sarkozienne’ et à cette dictature ethnique et fascisante.

Comment pensez-vous faire adhérer la majorité des Ivoiriens lorsqu’on sait que les Ivoiriens ont leurs habitudes, leurs préférences ?

Aucune victoire ne se gagne sans un minimum de sacrifice. 85% des ivoiriens vivent aujourd’hui dans l’angoisse de perdre un parent, un ami ou leur vie ; de perdre leur plantation, leur emploi, leur maison ou leur fortune. Par conséquent, perdre des habitudes ou des préférences pour libérer tout un peuple n’est qu’un sacrifice honorable.

Toute méthode de lutte nouvelle a besoin d’être enseignée ; les pro-GBAGBO en Côte d’ivoire et sa diaspora à travers le monde, constituent les meilleurs pédagogues de cette lutte pacifique. Au-delà de la Côte d’Ivoire, tous les peuples d’Afrique ont entre leurs mains, leur destin face à la barbarie occidentale contre l’Afrique. La barbarie esclavagiste a permis à l’occident de développer l’Amérique et bâtir des fortunes européennes, la conférence de Berlin en 1885 leur a permis de se partager l’Afrique par des méthodes barbares pour assurer des monopoles économiques face à la crise qui frappait l’Europe, et les accords de coopérations post coloniaux ont prolongé le régime colonial. La multipolarisation de l’économie nous offre l’unique chance de coopérer avec ceux qui sont prêts à respecter notre souveraineté et cela ne dépend que de nous. Le ballon est donc dans notre camp ; à nous de nous organiser et de jouer pour redresser le destin de notre continent et réaliser un nouvel ordre fondé sur le principe du respect de la souveraineté et le règlement pacifique des conflits.

Les Frci, majoritairement des ex-rebelles, constituent un véritable problème pour Ouattara du fait des dérives dont ils sont quotidiennement coupables. Quel commentaire ?

Vouloir bâtir un état de droit avec des ignorants du droit conduit inévitablement vers des dérives. Les ex-rebelles rebaptisés FRCI ont pour colonne vertébrale des chasseurs qui confondent protection des civils et chasse à l’homme. Tout régime qui n’a pas de soutien populaire règne par la terreur, car aucun appel ne peut être suivi d’effet, donc la seule façon d’ordonner est de contraindre par les armes comme à l’époque de la colonisation. La destruction de l’Etat depuis 2002 a abouti à faire de ces ex-rebelles, des tyrans locaux qui concentrent tous les pouvoirs de collecte d’impôt, de justice et de parlement. Ils décident des lois à appliquer, des impôts à collecter et des sanctions à faire subir en se réservant le droit de vie et de mort sur chaque citoyen. Cette organisation de l’Etat n’est que la réplique de l’Etat colonial avec les gardes cercles, les tribunaux d’exception et le code de l’indigénat. Cela relève donc d’une volonté de recolonisation de la Côte d’Ivoire.

Après avoir soutenu fortement Alassane Ouattara pendant la crise postélectorale, les Etats-Unis, le Canada (et bientôt d’autres pays) déconseillent vivement la destination Côte d’Ivoire à leurs ressortissants pour cause d’insécurité chronique. Quel sens donnez-vous à cette sorte de revirement de ses soutiens ?

Ils ont tout simplement découvert que la France veut se réserver le droit d’exploiter seule la Côte d’Ivoire. Après  neuf mois, la période de grâce est terminée, les discours et les promesses ne suffisent plus. La sécurité n’est pas effective et tous les grands marchés sont donnés de gré à gré aux entreprises françaises. Venir dans un pays à haut risque sans espoir de faire une seule affaire est une aberration dans un monde où les pays n’ont pas d’amis mais des intérêts.

Au plan économique, comment jugez-vous la politique du ré-endettement massif de la Côte d'Ivoire, actuellement en cours? Principalement auprès de la France de Nicolas Sarkozy?

M. OUATTARA a oublié que la campagne électorale est terminée et continue de promettre un lendemain meilleur pendant que les Ivoiriens s’enfoncent chaque jour dans le sous-sol de la misère par l’accroissement du chômage, de la cherté de la vie et l’insécurité.

La Côte d’Ivoire a enregistré le plus bas taux de croissance de son histoire économique (-5.8%). Avant l’ère OUATTARA, le plus bas taux de croissance avait été enregistré en 1983 (-3.9%). Sous le Président GBAGBO malgré la guerre et l’occupation de la moitié nord du pays, l’absence d’aide, le taux de croissance le plus bas a été de -1.7% sur la période 2002-2003.

L’histoire de la dette en Côte d’Ivoire nous démontre que le pouvoir OUATTARA veut mettre une autre corde au cou des Ivoiriens dans un environnement économique incertain.

En effet, le boom pétrolier en 1973 avait été le point de départ de l’endettement de la Côte d’Ivoire pour financer les différents plans quinquennaux à l’image des différents pays du Tiers Monde. La plus part des ressources mobilisées étaient dirigées vers des secteurs improductifs. En 1982, le Mexique refuse de payer sa dette. Pour arrêter l’effet boomerang, les bailleurs de fonds mettent en œuvre pour les pays surendettés comme la Côte d’Ivoire, le plan BRADY de rééchelonnement accompagné de nouveaux prêts  pour rembourser les intérêts de la dette de 1982 à 1985. Cette potion magique n’a pas arrêté la crise et en 1987, la Côte d’Ivoire suspend le paiement de sa dette commerciale. De 1990 à 1993, le plan de stabilisation et de relance du Premier ministre OUATTARA relance l’endettement de la Côte d’Ivoire à un rythme effréné avec une moyenne de 500 milliards l’an, suivi du bradage des secteurs stratégiques de l’Etat et fin 1993 la dette est de 2408,5 milliards pour un PIB 3127.7 milliards de FCFA. Après la dévaluation de 1994, la dette est mécaniquement multipliée par deux et atteint la montagne de 8 468 milliards en 1996 après avoir intégré les arriérés du service de la dette commerciale suspendue depuis 1987. En décidant de rembourser cette dette sous l’ère GBAGBO, la Côte d’Ivoire consacrait presque la moitié de ses recettes fiscales pour le service de la dette ; autant de manque à gagner pour financer le développement. Ce sacrifice a permis un allègement après 2008 avec le point de décision du processus PPTE et ce n’est qu’à partir de cette dette que les travaux de remise en état des infrastructures avaient démarré ainsi que le Grand Abidjan et le transfert de la capitale, le troisième et le quatrième pont, le pont de Jacqueville, l’autoroute du Nord, l’autoroute de Bassam, le VITIB, l’extension du port, la route Boundiali-Tingrela, bref tous les projets qui sont actuellement en cours d’exécution sous l’ère OUATTARA. Depuis 1982, la mauvaise politique d’endettement a freiné pendant 26 ans le développement de la Côte d’Ivoire. Une étude sur la nouvelle politique d’endettement avait été confiée au BNETD par le ministère de l’Economie et des Finances. Le pouvoir OUATTARA fait exactement ce que cette étude déconseille en matière d’endettement pour éviter à terme l’asphyxie.

En réendettant la Côte d’ivoire pour faire face à des dépenses improductives avec un taux de croissance de -5.8% dans un environnement de crise de l’Euro avec un risque sur le FCFA, c’est emprunter la voie de la dépendance, du chantage des bailleurs de fonds et de l’étranglement économique. C’est pour avoir refusé cette politique là que Laurent Gbagbo se retrouve à la CPI. Notez bien cela et rien d’autre.

Votre dernier mot ?

La délivrance de l’Afrique sera, en premier lieu, l’œuvre des Africains eux-mêmes avec le soutien de tous les peuples aspirant à un nouvel ordre mondial. Que 2012 soit donc l’année de la délivrance.

 

Réalisée à Accra par Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 28 décembre 2011

DON MELLO FAIT LE BILAN DES ELECTIONS LEGISLATIVES DU 11 DECEMBRE 2011

 

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1- DE LA LEGITIMITE DE M. OUATTARA


L
es élections législatives de 2011 en Côte d'Ivoire viennent de s'achever. Le taux de participation était certainement plus attendu que la liste des élus et cela, afin de pouvoir mettre un chiffre officiel devant le désert électoral que tous les observateurs nationaux comme internationaux ont constaté pendant la journée du Dimanche 11 Décembre 2011 où il y avait plus de soldats français et onusiens autour des bureaux de vote que d'électeurs ivoiriens.

Le taux de participation qui est toujours le premier chiffre annoncé dans toutes les élections du monde, a été le dernier chiffre sorti des laboratoires de la Commission Electorale Indépendante (CEI). Il ne fallait surtout pas  dépouiller le pouvoir de M. OUATTARA Dramane de toute légitimité surtout que ces élections représentaient le troisième tour des élections présidentielles de Novembre 2010 !

Deux mots d'ordre se sont affrontés lors de ces élections : l'appel à voter, lancé par M. OUATTARA et l'appel au boycott, lancé par les partisans du Président Laurent GBAGBO.

Le constat est sans équivoque. Selon les observateurs du monde entier, l'appel au boycott était le grand vainqueur des élections législatives du 11 décembre 2011 et ces élections ont enregistré le plus bas taux de participation de l'histoire électorale de la Cote d'Ivoire : moins de 20%.

Pour masquer cet échec du camp OUATTARA, la CEI tente désespérément de dépasser le taux de participation de 2000 (33%)en relevant le taux de participation de 2011 à 36.56% avec des  revenants  ayant participé au vote (cas d'ATTECOUBE ou plusieurs morts ont voté dont Feu SYLLA  moussa décédé le 6 mars 2011 a voté le 11 décembre 2011 etc.), des bourrages d'urnes avec expulsion de représentants de candidats non RDR ou séquestration de présidents de bureau de vote(cas de  YOPOUGON, de BOUAKE, de DUEKOUE, de KOUIBLY etc.) et des procès verbaux fictifs (cas de YOPOUGON avec 500 procès verbaux fictifs venant des résultats préenregistrés, BOUAKE, DIVO, MAN etc.).

Or l'appel au boycott des élections législatives, lancé par le RDR en 2000 a eu peu d'influence sur le taux de participation enregistré lors des élections présidentielles de 2000  (le taux est passé de 37% aux élections présidentielles à 33% aux élections législatives). Pis, en 2000, son fameux appel à la participation à l'élection des conseils généraux suite aux journées de réconciliation n'a pas non plus rehaussé le taux de participation qui est au contraire descendu à 28.01%. Le peuple de Côte d'Ivoire est donc resté indifférent aux appels au boycott du RDR comme aux appels à participer.

Ce qui n'est pas du tout le cas pour les élections présidentielles et législatives de 2010 et de 2011 où le taux de participation est passé de 81.10% aux élections présidentielles à moins de 20% aux élections législatives selon les observateurs, et a été bonifié à 36.56%  par la CEI. Cela ressemble à n'en point douter, à une chute libre quelque soit le chiffre considéré.

Le laboratoire de la CEI, en affichant un taux de participation de 36.56% proche du taux de participation de 37% aux présidentielles de 2000, veut faire avaler aux Ivoiriens qu'il ya eu autant d'engouement  aux élections présidentielles de 2000 qu'aux élections législatives de 2011. Ce qui frise le ridicule car aux législatives de 2011 il y avait plus de soldats onusiens et français dans les lieux de vote que d'électeurs vivants et cela tranche avec la grande mobilisation observée lors des élections présidentielles de 2000 !

Même ce taux bonifié ne sauve pas pour autant la légitimité du pouvoir OUATTARA et la suite de notre propos, nous le prouvera.

Le taux de désaffection en 2000 était de  moins de 4% entre les élections présidentielles et législatives  à l'appel au boycott du RDR, et de moins de 9% à l'appel à participation du RDR aux élections des conseils généraux.

Même en considérant le taux bonifié de 36.56% soit 2.070.793 votants (y compris « les revenants », les bourrages d'urnes et les procès verbaux fictifs), ce nombre est inférieur de 17% au nombre de votants pour M. OUATTARA au deuxième tour des élections présidentielles (2 483 164).

Sur les 4.843.445 de votants au deuxième tour des élections présidentielles, 2 772 652 électeurs ont respecté le boycott, soit 57.2% d'électeurs c'est-à-dire plus de la moitié des électeurs ayant voté aux présidentielles de 2010 ont boycotté les élections et donc ne se sont pas rendus aux urnes !

Ces résultats permettent de formuler deux hypothèses :

1-    Soit plus de la moitié des personnes ayant voté au deuxième tour des élections présidentielles sont des pro-GBAGBO et donc ont respecté le boycott, ce qui confirme à posteriori que le Président Laurent GBAGBO est le vrai vainqueur des élections présidentielles ;

2-    Soit, en plus des pro-GBAGBO,  17% de ceux qui ont voté pour M. OUATTARA au deuxième tour des élections présidentielles se sont abstenus d'accompagner un pouvoir ethno génocidaire qui n'est ému que lorsque ses partisans sont tués et sont donc déçus de sa politique menée depuis le 11 avril 2011 ou ont été empêchés de voter. Vu l'enjeu et les appels successifs à voter en pleine élection, les cas d'empêchement  sont certainement minimes même s'ils  existent. Ce n'est pas non plus à cause de l'insécurité vu le nombre de soldats français et onusiens par lieu de vote. Cela prouve au moins une chose : M. OUATTARA, non seulement n'a pu obtenir un début de réconciliation avec les pro-GBAGBO, mais il a augmenté le nombre de mécontents dans son propre camp y compris dans son bastion nord.

Dans les deux cas de figure, la légitimité de M. OUATTARA est fortement entamée. Pour sauver son régime, il instrumentalisme de plus en plus les ressortissants du nord et devient plus un chef de tribu qu'un Chef d'Etat en se réfugiant dans un communautarisme primaire comme nous allons le démontrer à travers les résultats de ces fameuses élections législatives.

2- DE L'ETAT-NATION LIBRE A L'ETAT TRIBAL ASSIEGE

Sur 254 sièges à pourvoir, le RDR s'est octroyé  127 sièges, le PDCI gagne péniblement 77 sièges.

Sur les 127 élus du RDR répartis sur l'ensemble du territoire, 103 sont des ressortissants du Nord soit 81% des élus. Là où le PDCI choisit des ressortissants de la localité pour représenter la population, le RDR préfère choisir un nordiste. Dans un pays où le taux d'analphabétisme dépasse les 50%, cela veut dire qu'entre la population et certains élus RDR, il ne peut qu'y avoir un dialogue de sourd à moins qu'un des objectifs inavoués du RDR ne soit d'imposer le Dioula comme langue nationale. La plupart des élus RDR ne représentent donc qu'eux mêmes et certainement pas la population.

Une telle volonté hégémonique et communautariste d'une tribu sur l'ensemble de la population qui  compte plus de 60 ethnies, ne peut que porter un coup mortel à l'unité nationale et à la diversité culturelle.

Après avoir détruit les corps d'armée régulière, la gendarmerie et la police en les remplaçant par une armée tribale FRCI, M. OUATTARA s'est constitué une administration tribale à travers les différentes nominations aux fonctions administratives et judiciaires. L'architecture d'un Etat tribal vient d'être parachevée par un parlement qui ressemble à  un parlement tribal avec des observateurs extérieurs à la tribu où la majorité qui va voter toutes les lois est du Nord de la Côte d'Ivoire.

Le PDCI  a été créé comme un instrument de lutte anticolonial et le FPI,  créé sur des bases idéologico-politiques (lutte pour le multipartisme, la démocratie et le socialisme). Ces partis ont donc  pu s'implanter dans tous les groupes ethniques. Le RDR quant à lui, est un parti fondé sur un sentiment infondé de rejet d'une tribu. Aussi se réfugie-t-il dans le communautarisme et  constitue-t-il une menace sérieuse pour l'unité nationale et la diversité culturelle.

Ainsi, après avoir détruit l'Etat, M. OUATTARA entreprend la destruction du tissu national par une tribalisation injustifiée et outrancière de la vie politique.

En effet, le recensement général de la population et de l'habitat réalisé en 1998, donne une répartition de la population selon les origines ethniques. Sur une population de 15 millions d'habitants en 1998, il ressort que les divers groupes ethniques du Nord totalisent un effectif de 3.868.635 soit 19.34% de la population. Sur cet effectif, les Dioulas ne représentent que 505.764 soit 03.37% de la population. Une minorité si forte, ostentatoirement visible dans tout l'appareil d'Etat, ne peut qu'engendrer des ressentiments aux conséquences imprévisibles. Les ressortissants du nord non membres du RDR sont considérés comme des traitres et sont traités comme tels. On peut raisonnablement se demander : où va M. OUATTARA ?

Vouloir concentrer tous les pouvoirs d'Etat entre les mains d'un groupe ethnique minoritaire par un désir de vengeance, ne peut que compromettre l'harmonie de la société ivoirienne et  l'unité nationale et exacerber les haines. Si Nelson MANDELA s'était vengé, si Laurent GBAGBO en avait fait autant, ou serait l'Afrique du Sud, ou serait la Cote d'Ivoire ? La grandeur d'un homme politique se mesure par l'idéal qu'il souhaite et réalise pour chacun de ses concitoyens indépendamment de son appartenance politique, ethnique ou religieuse. Que souhaite M. OUATTARA pour 85% de ses concitoyens ? La réponse a cette question, détermine le projet de société réel du RDR.

Le seul projet de société du RDR semble donc de combattre l'exclusion par l'exclusion et de vivre ensemble sous une dictature tribale par une liquidation politique, économique, financière, voire physique de toute résistance que constitue 85% des ivoiriens avec la complicité de la communauté internationale dirigée par la France de SARKOZY dans sa volonté de reconquête coloniale. Elle qui était prompte à faire passer en boucle sur les télévisions internationales les moindres égratignures de ses alliés au nom des Droits de l'Homme, reste aveugle, aphone et sourde face aux meurtres commis chaque jour  sous ses yeux par les forces pro-OUATTARA confirmant cette règle d'or de toute stratégie de communication : on ne sert au public une information qu'à condition que cette information serve les intérêts de ceux qui la communiquent.

Il ne reste plus désormais, à M. SARKOZY  qu'à applaudir gaillardement « sa démocratie » qu'il est venu installer violemment avec ses bombes en ignorant plus de 80% du peuple mais s'alliant allègrement avec des « revenants » et autres citoyens fictifs. Incapable de régler les problèmes pour lesquels les Françaises et les Français l'ont élu, il décide de régler les problèmes de ceux qui ne l'ont pas élu pour distraire l'opinion publique en plongeant chaque jour son pays dans un surendettement.

Quand un pays africain a pour police la force française LICORNE, pour armée l'armée onusienne avec comme supplétifs des mercenaires africains, un parlement tribal, une administration tribale, une rébellion tribale dite force républicaine, ce n'est plus un ETAT-NATION libre mais un ETAT TRIBAL  assiégé. La réconciliation est devenue impossible avec un pouvoir de plus en plus assujetti, sourd, haineux, tribaliste et revanchard. Aucun pouvoir n'étant eternel, puisse la prochaine alternance, permettre aux ivoiriens de dépasser les haines tribales et raciales pouvant naitre de cette imposture qui n'est qu'une parenthèse de l'histoire de la Côte d'Ivoire pour forger dans l'unité retrouvée par la réconciliation, la patrie de l'hospitalité et de la vraie fraternité dans le respect de la souveraineté, du droit à la vie, du droit au travail quelque soit son bord politique, de la liberté d'expression, de l'égalité des citoyens devant la justice et les emplois publics, de la présomption d'innocence, de la volonté du peuple... c'est à dire : dans le strict respect de la charte des nations unies et  la déclaration universelle des droits de l'homme.



Dr DON MELLO Ahoua

 

Ministre de l'équipement et de l'assainissement  et

Porte-parole du Gouvernement AKE N'GBO

 

Source: INFOS COTE D'IVOIRE

mardi, 06 décembre 2011

LEGISLATIVES DU 11 DECEMBRE: DON MELLO MET A NU LA MASCARADE DE OUATTARA


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Le 11 décembre 2011, le pouvoir Ouattara organisera les élections législatives en Côte d'Ivoire pour élire un nouveau parlement dans l'optique de mettre en place le deuxième pilier de la république: l'Assemblée nationale. Le 29 novembre 2011, soit deux (2) semaines avant ses élections, le Président Laurent Gbagbo est déporté à la Cour pénale internationale (Cpi) et selon l'acte d'accusation :

«Laurent Gbagbo aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que co-auteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l'humanité à raison de meurtres, de viols et d'autres violences sexuelles, d'actes de persécution et d'autres actes inhumains, qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences post-électorales survenues sur le territoire de la Côte d'Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011». Le même acte indique :

«Les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l'Ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010, prenant pour cible des civils qu'elles pensaient être des partisans du candidat de l'opposition, Alassane Ouattara».

Pour rappel, le président Laurent Gbagbo, lors de l'élection présidentielle de 2010, a eu le soutien sans faille de la région d'Abidjan et de l'Ouest. Dans le district d'Abidjan, Laurent Gbagbo a obtenu au premier tour 46.88% contre 31.37% pour M. Ouattara. En termes simples, sur trois (3) civils dans la rue, deux (2) sont probablement des partisans du Président Laurent Gbagbo et un (1) est probablement un partisan de M. Ouattara. De même, dans l'Ouest du pays c'est-à-dire, dans les 18 montagnes et le moyen Cavally, le Président Laurent Gbagbo a eu respectivement 40.15% et 53.26% contre respectivement 15% et 17.35% pour M. Ouattara c'est-à-dire, pour quatre (4) civils dans la rue, trois (3) sont probablement des partisans du Président Laurent Gbagbo et un (1) est probablement partisan de M. Ouattara. Au vu de ces chiffres, comment peut-on admettre que le Président Gbagbo puisse concevoir un «plan» pour commettre des «meurtres», des «viols», des actes de «persécutions» et des «actes inhumains» sur ses propres électeurs ?

Le fait que Laurent Gbagbo ait été embarqué à Korhogo sans M. Fofié Kouakou Martin, qui était présent sur le lieu d'embarquement et est sanctionné par le conseil de sécurité de l'Onu depuis 2006 pour la mise à mort de 99 personnes, sans M. Ouattara, dont les hommes ont commis le génocide Wê par son ordonnance du 17 mars 2010 faisant de lui, le chef hiérarchique des rebelles qui ont exterminé 800 personnes de même ethnie et sans M. Soro, chef de la rébellion dont les faits et méfaits peuplent tous les rapports de l'Onu depuis 2002, montre le niveau de sérieux qu'il faut accorder à la Cpi et aux raisons avancées pour justifier la déportation du Président Laurent Gbagbo. Peut-être qu'un article caché du statut de Rome instituant la Cpi connu par les initiés de cette cour stipule:

«Tout auteur, co-auteur de crimes contre l'humanité, crimes de guerre, viols et actes inhumains, parrainé par l'occident jouit d'une immunité internationale». Seul l'enjeu des élections législatives peut justifier cette précipitation.

En effet, le caractère illégal et non démocratique de la conquête du pouvoir exécutif par M. Ouattara constitue la grande faiblesse du régime actuel. Suite à la victoire du président Gbagbo proclamée par le Conseil Constitutionnel de la Côte d'Ivoire à l'issue du deuxième tour de l'élection présidentielle, M. Ouattara refuse de reconnaître cette victoire. La France, au mépris de la Constitution ivoirienne et croyant encore la Côte d'Ivoire sous le code de l'indigénat de l'époque coloniale qui donnaît droit au Président français de choisir les gouverneurs de ses colonies, a organisé un coup d'Etat pour installer à la tête du pays son candidat vaincu par le vote des Ivoiriens.

Ces élections législatives visent donc à transformer la défaite du candidat Ouattara à l'élection présidentielle en une victoire dans les urnes via le Parlement pour donner un visage démocratique à ce pouvoir ethnique et génocidaire mis en place depuis le 11 avril 2011 qui extermine peu à peu les Ivoiriens par des exécutions sommaires (26 exécutions en un mois selon l'Onu).

Le découpage électoral qui en est l'un des instruments, est l'objet de notre analyse.

Contrairement au consensus recherché autour des questions électorales depuis le coup d'Etat de 1999, le nouveau découpage électoral a été fait par M. Ouattara d'une manière unilatérale. L'objectif stratégique recherché, en violant sans inquiétude le consensus pour un régime qui prétend réconcilier les Ivoiriens, est de réaliser une écrasante majorité parlementaire par la fabrication d'un surnombre d'élus dans les zones favorables à M. Ouattara puis en écartant l'opposition remplacée par des indépendants sans électeurs (car la plupart des électeurs sont des déplacés internes ou des réfugiés externes et les autres restés sur place ne participeront pas au vote compte tenu des conditions de sécurité et de détention de leurs leaders) et enfin, en affaiblissant le Pdci, dans son bastion du centre du pays.

Fabriquer un surnombre d'élus dans les zones favorables au Rdr

La carte électorale des élections du premier tour donnant les zones d'influence des différents poids lourds à l'élection présidentielle de 2010 indique clairement que le candidat du Rdr venait en tête du classement dans cinq (5) régions dont quatre (4) du nord et un (1) du centre: la région des savanes, le Worodougou, le Bafing, le Denguélé et la vallée du Bandama. Les cinq (5) régions, zones d'influence du candidat Ouattara sont passées à onze (11) régions dont dix (10) du nord dans le nouveau découpage régional correspondant aux zones de règne des différents chefs de guerre de la rébellion. Sur treize (13) nouvelles régions créées, six (6) se trouvent donc au nord.

Les cinq (5) régions favorables à M. Ouattara sont passées de 53 sièges dans l'ancien découpage à 74 sièges dans les onze (11) régions favorables à M. Ouattara selon le nouveau découpage soit une augmentation de vingt et un (21) sièges. M. Ouattara commence les élections avec une avance nette de 74 sièges, soit 30% des sièges pour 17% de la population électorale.

Dans le Bafing, l'une des régions d'influence de M. Ouattara, pour une population électorale de 38 766, il est prévu 5 sièges de députés, soit 1 député pour 7 000 électeurs, contre 1 député pour 26 000 électeurs dans la région du fromager et 1 député pour 55 000 électeurs à Abidjan, pour une moyenne nationale de 1 député pour 22 453 électeurs. En terme simple, 1 électeur du Bafing vaut presque 4 électeurs de la région du Fromager et presque 8 électeurs à Abidjan. Le principe démocratique (1 homme une voix) devient : 4 hommes une voix dans l'ouest et 8 hommes une voix dans le Sud. Le département de Korhogo (10 sièges) a presque 2 fois plus de sièges que les départements suivants de même importance ou souvent plus grands: Yopougon (6 sièges), San-Pedro (5 sièges), Gagnoa (5 sièges), Daloa (6 sièges), Man (4 sièges).

Le département d'Odienné (5 sièges) a plus de sièges que des départements plus importants comme Abengourou (3 sièges), Adzopé (3 sièges), Sassandra (2 sièges), Yamoussoukro (3 sièges).

Les cinq (5) régions favorables à M. Ouattara selon l'ancien découpage totalisent une population électorale de 976 409 électeurs soit 17% du collège électoral national. Avec le nouveau découpage électoral, ces régions auront 74 sièges de députés, soit 30% des sièges du Parlement. Abidjan qui totalise 30% de l'électorat a 12% des sièges. En terme simple, pour deux fois plus de population électorale à Abidjan par rapport aux régions favorables à M. Ouattara, il y a deux fois moins d'élus. Le Rdr commence, ainsi, la course avec une avance nette de 74 députés. La combinaison des critères de superficie et de population ne justifie pas cette inflation des élus dans les zones d'influence de M. Ouattara.

Ecarter le président Gbagbo pour écarter l'opposition

Le candidat de La majorité présidentielle (Lmp), Le Président Laurent Gbagbo, était en tête au premier tour des élections dans dix (10) régions qui sont : Agnebi, Lagunes, Marahoué, Sud-Comoé, Moyen-Comoé, Fromager, Zanzan, 18 montagnes, le Haut Sassandra, Sud-Bandama. Ces dix régions représentent 3 766 534 électeurs (4 fois plus d'électeurs que dans les zones pro-Ouattara) soit 66% du collège électoral national correspondant approximativement à 2/3 de la population électorale nationale. Ces régions totalisent 147 sièges soit 57% des sièges. Les 2/3 de la population électorale favorable au Président Gbagbo ont un peu plus de la moitié des sièges. Cela montre que M. Ouattara a intérêt à écarter les candidats Lmp aux législatives s'il veut contrôler le parlement. Au deuxième tour de l'élection présidentielle, si nous prenons uniquement en compte les 14 régions dont les résultats ont fait l'objet de consensus au niveau de la commission électorale indépendante (Cei) sur les 19 régions que comptait la Côte d'Ivoire, le résultat global du deuxième tour de l'élection présidentielle pour les 14 régions est de 53.87% pour Laurent Gbagbo et 46.13% pour M. Ouattara soutenu par M. Bédié. Ces résultats consolidés ont confirmé le soutien inconditionnel des dix (10) régions du premier tour au candidat Gbagbo sur le candidat Ouattara.

Ces chiffres démontrent avec éloquence que si le découpage était équitable et consensuel et si les conditions de sécurité étaient garanties et que la neutralité de la commission électorale indépendante (Cei) était avérée, les chances du pouvoir Ouattara de se donner une légitimité démocratique par le biais du Parlement seraient très minces et sa prétendue victoire à l'élection présidentielle suspecte. Priver les 2/3 de l'électorat de leur citoyenneté par l'emprisonnement, l'exil de ses candidats potentiels et de ses électeurs; fermer la porte à tout consensus sur le découpage électoral, la composition de la Cei, les conditions de sécurité, sont l'unique chance pour le pouvoir de justifier sa victoire à l'élection présidentielle et s'offrir une majorité pour se donner une façade démocratique.

Ecarter l'opposition d'une manière ou d'une autre, permettra donc de fabriquer des vainqueurs et des vaincus à souhait comme ce fut le cas dans la région nord du pays occupée par les rebelles lors de l'élection présidentielle. C'est donc au prix de l'exclusion de l'opposition, que le pouvoir Ouattara pourra remporter les circonscriptions des zones favorables à cette opposition ; l'Onuci, la Licorne et les Frci veillant au grain pour sécuriser les fraudes et déporter les inattendus, ou pire bombarder ceux qui revendiqueraient un quelconque recomptage ; l'Onuci se tenant prête pour certifier la mascarade selon son nouveau chef.

Affaiblir le Pdci dans son bastion

Principale force politique concurrente du Rdr au sein du Rhdp, M. Ouattara a promis le poste de Premier ministre au Pdci-Rda. En politique, les promesses n'engagent que ceux qui y croient selon une personnalité de la droite française; les rapports de force, les intérêts et les convictions profondes décident en dernier ressort. Les exigences sécuritaires ayant justifié le maintien de M. Soro Guillaume au poste de Premier ministre n'ayant pas changé, il est fort probable que la promesse faite au Pdci n'engage que ceux qui y ont cru. Pour avoir les mains libres de décider, M. Ouattara a intérêt à réduire le Pdci à une minorité invisible à l'Assemblée nationale, lui enlevant ainsi toute prétention à un chantage ou une pression politique.

Lors du premier tour de l'élection présidentielle, le candidat du Pdci, M. Aimé Henri Konan Bédié est arrivé en tête des élections dans trois (3) régions : la région du lac, le Nzi-Comoé, le Bas-Sassandra. Dans le V Baoulé qui est sans conteste la zone d'influence du Président Bédié, sur 378 312 électeurs, il est prévu 19 sièges de député soit 1 député pour 16 000 électeurs contre 1 député pour 7000 électeurs dans le Bafing, bastion de M. Ouattara.

Pour les 3 régions favorables au Président Bédié, le collège électoral est de 806 014 électeurs soit 14% de l'électorat avec seulement 34 sièges soit 13% des sièges. La zone d'influence du Président Bédié possède deux fois moins de sièges que la zone d'influence de M. Ouattara pour à peu près la même population électorale. Pour faire passer cette pilule amère, une concession de taille a été faite au Président Bédié. En effet une région spéciale a été créée sur mesure pour le Président Bédié : la région d'Iffou avec comme capitale Daoukro dont le département bénéficie de 3 sièges devançant ainsi de grands départements comme Bongouanou (2 sièges), Agnibilékro (2 sièges), Sassandra (2 sièges), et un nombre de sièges identiques avec d'autres grands départements comme Adzopé (3 sièges), Aboisso (3 sièges), Bouaflé (3 sièges), Yamoussoukro (3 sièges), Abengourou (3 sièges).

Conclusion

Selon la carte politique de la Côte d'Ivoire telle qu'elle se présente aux yeux de l'observateur au vu des résultats du premier tour de l'élection présidentielle de 2010 et des résultats consensuels du second tour, le poids politique du Président Gbagbo et son assise nationale ne souffrent d'aucun doute : dix (10) régions sur 19 concentrant 66% des électeurs lui sont acquises. Il est véritablement le premier de la classe politique ivoirienne. Vouloir faire des élections démocratiques en écartant un tel leader, ses partisans contraints à l'exil interne et externe, c'est refuser la voie de la démocratie et emprunter la voie de l'usurpation politique pour installer une chambre d'enregistrement de la politique de recolonisation du pays. Le risque de compromettre la réconciliation et éloigner la Côte d'Ivoire de la démocratie et de l'Etat de droit est élevé.

Hier, M. Dramane Ouattara, animé d'une conception très sarkozienne de la démocratie (le pouvoir des bombes par les bombes et pour les bombes) faisait bombarder des Ivoiriens à Abidjan par l'armée française pour installer la «démocratie» pendant que ses hommes exterminaient près de 800 citoyens de l'ethnie wê, brûlaient des villages et tuaient d'autres dans une église à San-Pedro pour s'ériger en Chef de l'Etat.

Aujourd'hui, depuis son accession au pouvoir, il se réjouit de l'occupation illégale par ses combattants des domiciles et des plantations, de la déportation, de l'exil et de l'exécution au quotidien des Ivoiriens qu'il est censé protéger et pour qui il cherchait le pouvoir.

Dans sa conception très exceptionnelle de la démocratie, il est en train de se fabriquer une majorité à l'Assemblée nationale pour priver l'Assemblée nationale de tout débat démocratique et passer à l'offensive sociale contre les étudiants, les travailleurs et les propriétaires coutumiers de terre agricole.

L'organisation de la marginalisation du Pdci et le triomphe sans gloire du Rdr dans le Parlement à venir avant même le déroulement des élections par la manipulation du découpage électoral, finit par convaincre tout observateur attentif du peu d'intérêt de M. Ouattara pour la démocratie et sa peur bleue de toute compétition politique ouverte en Côte d'Ivoire. Ce sont les militants du Pdci et des autres partis du Rhdp qui apprendront que nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude.


Dr. Don Mello Ahoua

Ministre et porte-parole du Gouvernement Aké N'Gbo


Source: LE TEMPS

vendredi, 30 septembre 2011

PROJET DU «PONT HENRI KONAN BEDIE», UN EXEMPLE DE GUERRE ECONOMIQUE CONTRE LES PAUVRES ET LES PAYS EMERGENTS



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Le Pont Henri Konan Bédié dont la première pierre a été posée à Abidjan le mercredi 7 septembre 2011, à grand renfort de publicité, est un projet initialement connu sous le nom de Pont Riviera-Marcory, dans le cadre «des 12 travaux de l'Eléphant d'Afrique» du régime du Président Bédié déjà en 1996. En1996 donc, pour cet important projet, la maîtrise d'oeuvre est confiée au Bureau National d'Etudes Techniques et de Développement (BNETD) dirigé à l'époque par THIAM Tidiane. Monsieur Thiam désigne alors son ingénieur, le plus expérimenté de ce secteur, pour la conduite technique du projet.

Compte tenu des difficultés financières que rencontrait l'État de Côte d'Ivoire, une équipe technique entièrement ivoirienne, composée de juristes, d'économistes, d'ingénieurs, d'environnementalistes, de sociologues et de spécialistes de marché, proposa un BOT (Built, Operate and Transfert ; le BOT consiste à attribuer un projet par le biais d'appel d'offres à un opérateur privé qui le finance. Ce dernier se rembourse à travers une concession pour une période déterminée).

Le projet est alors confié à un opérateur privé encharge de mobiliser le financement nécessaire à la réalisation du projet, et le remboursement devait par conséquent être assuré par un péage imposé aux automobilistes. Un appel d'offres est lancé à cet effet et le Groupe Bouygues est choisi comme l'opérateur technique et financier du projet. Une convention de concession est signée après plus de deux ans d'études et de négociation. Le coût du projet est négocié à91.8 milliards de FCFA avec une concession de30 ans intégrant les frais financiers, les assurances et les différentes marges bénéficiaires.

Pour la réalisation du projet, le Groupe Bouygues crée une société privée de droit ivoirien (SOCOPRIM) conformément à la convention de concession. Le capital de SOCOPRIM est fixé à 28 milliards de FCFA, détenus par le groupe Bouygues (16 milliards de FCFA), l'Etat de Côte d'Ivoire (4.9 milliards de FCFA), la CAA (1.2 milliards de FCFA), le groupe TOTAL (1.25 milliards de FCFA), et le groupe DEG (4.65 milliards de FCFA). Des bailleurs de fonds sont contactés pour mobiliser le reste du financement nécessaire pour couvrir le coût du projet dont la SFI (21 milliards de FCFA), la BAD (18 milliards de FCFA), la CAA (2.8 milliards de FCFA), la BOAD (6 milliards de FCFA), le groupe PROPARCO (10milliards de FCFA).

Le BNETD propose en outre un échangeur sur le boulevard GISCARD d'ESTAING pour éviter tout engorgement sur le pont Riviera-Marcory et faciliter ainsi, l'accès au dit boulevard. Coût de l'échangeur : 10 milliards de FCFA financés par l'AFD (4 milliards de FCFA) et la BOAD (6 milliards de FCFA).

L'étude d'impact environnemental et le plan de déplacement et de réinstallation de la population occupant l'emprise du projet (l'emprise est l'emplacement du pont, des voies de raccordement et de l'échangeur) sont évalués à 6milliards de FCFA entièrement à la charge de l'État de Côte d'Ivoire.

Le projet final comprend donc un pont de 2 fois3 voies avec un trottoir, une digue, une voie de raccordement au boulevard GISCARD d'ESTAING, une voie de raccordement au boulevard MITTERAND. Le délai de réalisation est estimé à 24 mois, le début des travaux est fixé à fin décembre 1999. La mobilisation du financement du projet « Pont Riviera-Marcory »étant bouclée, la mise en oeuvre du projet pouvait alors démarrer et démarre justement par le plan de déplacement et de réinstallation des occupants de l'emprise du projet. Ce volet prend fin avant le 24 décembre 1999.

Cette opération de déplacement et de réinstallation qui touche le secteur informel, permet de réinstaller de petits commerçants, de petits artisans et des propriétaires de maquis qui deviennent par une juste compensation des pertes, des petites et moyennes entreprises prospères. Ce qui est différent, aujourd'hui, des destructions massives sans contrepartie du pouvoir actuel qui accroît la pauvreté. C'est dans l'attente du démarrage effectif des travaux que le coup d'État du 24 décembre 1999, des "jeunes gens" dirigés par le regretté Robert GUEI, a eu lieu.

A la suite de ce coup d'État qui chassa le Président Bédié du pouvoir, les bailleurs de fonds suspendent bien évidemment leur financement. Le projet est ajourné pendant la période de transition. Après l'élection du Président Laurent Gbagbo, en Novembre 2000, notre modeste personne est nommée à la tête du BNETD. Nous choisissons de reconduire l'équipe projet pour son expérience inestimable et les compétences avérées de ces membres.

Le projet est aussitôt relancé. L'équipe-projet le réévalue en tenant compte de l'inflation. Cette réévaluation a mis en évidence un surcoût de 10 milliards de FCFA qui risquait d'avoir un impact sur le prix du péage et le délai de concession. Pour absorber le surcoût l'équipe projet propose une solution alternative : la construction d'un pont semi-métallique. La proposition technique validée, elle est aussitôt présentée au Président Laurent GBAGBO qui émet, somme toute, des réserves sur un pont à péage au coeur d'Abidjan ! Il demande néanmoins de reprendre les négociations avec l'opérateur technique et financier Bouygues et d'étudier parallèlement une solution sans péage.

Les bailleurs de fonds demandent que les relations entre la Côte d'Ivoire et le FMI soient rétablies avant de donner leur feu vert. Le Ministère de l'Economie et des Finances conduit avec succès le programme intérimaire arrêté avec le FMI. Un programme triennal est conclu en mars 2002. Sa bonne exécution devait conduire à la conclusion du PPTE à la fin du programme. Une mission est prévue pour le 20 septembre 2002 à Washington pour poursuivre les échanges avec le FMI. C'est alors q'un autre coup d'État en Septembre 2002 est tenté avec comme objectif des conspirateurs d'emmener Alassane Dramane Ouattara au pouvoir. Le coup d'État manqué se transforme alors en rébellion et suspend une fois de plus le démarrage du Pont Riviera-Marcory. Les bailleurs de fonds suspendent encore évidemment, leur collaboration avec la Côte d'Ivoire. Après toutes ces péripéties, le Président Laurent Gbagbo demande qu'une solution interne de financement soit trouvée et que le péage soit définitivement écarté.

Le BNETD s'en remet au Ministère de l'Economie et des Finances qui a en charge la recherche de financement. Le Ministère propose donc un compte séquestre à la BNI alimenté par un prélèvement sur le pétrole et un appel public à l'épargne garanti par le compte séquestre. Un opérateur chinois propose au BNETD une solution technique à 60 milliards de FCFA. Le BNETD se propose, sur cette base, de négocier avec l'opérateur Bouygues soit la transformation du contrat de concession en marché public soit la rupture du contrat et l'évaluation des dommages et intérêts. Au vu, de la proposition chinoise, la rupture du contrat est avantageuse pour l'État ivoirien. D'une pierre la Côte d'Ivoire peut réaliser deux coups:

1/réaliser un projet moins cher sur fonds propres

2/ éviter le péage en plein coeur d'Abidjan dans un contexte de pauvreté accentuée.

À la faveur du point de décision du processus PPTE avec les bailleurs de fonds obtenu en2009, le Ministère de l'Economie et des Finances marque son accord pour la mobilisation interne du financement. Cela suppose la réévaluation du projet pour définir le montant à mobiliser, la constitution d'un dossier de consultation des entreprises et la rupture du contrat de concession.

La réévaluation du projet est achevée en 2010. Le gouvernement ivoirien décide de maintenir l'opérateur Bouygues sur la construction de l'échangeur du boulevard Giscard d'Estaing et de négocier la rupture du contrat de concession sur le pont. Une avance de démarrage est payée par l'État ivoirien pour la construction de l'échangeur. Le démarrage des travaux est plusieurs fois reporté avec à chaque fois différents prétexte jusqu'au 11 avril2011.

Pour écarter l'expertise ivoirienne, ADO fait revenir, Serey Eiffel, le dernier Directeur Général français du BNETD (1990-1994) comme conseiller spécial à la Présidence de la République pour les affaires économiques après son passage au Gabon où il a dirigé la société écran d'Alassane Ouattara : l'Institut International pour l'Afrique (IIA). Le projet du Pont Riviera-Marcory est relancé en écartant la solution sans péage du Président Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara reconduit le projet initial réévalué à 125 milliards de FCFA avec à la clé un péage de 700 FCFA par véhicule et par passage, dans un contexte de pauvreté généralisée.

La mise à l'écart des solutions du BNETD signe certainement le retour de l'expertise française en Côte d'Ivoire avec pour corollaire le renchérissement des coûts de tous les projets en portefeuille pour lesquels les études ont été déjà bouclées par le BNETD durant les années de crise, sur ressources propres issues du déploiement du BNETD en Afrique. Ces dossiers« prêts à porter » constituent une « banque »de près de 200 projets et ont permis de gagner du temps lors de la mise en oeuvre du pont de Jacqueville, de l'autoroute du nord, de la route Boundiali-Tingrela, du transfert de la capitale, de la réhabilitation de l'Hôtel Ivoire et du programme d'urgence dans le cadre du rétablissement des relations avec les bailleurs de fonds en 2009.

Dépouiller le peuple ivoirien pour garantir les intérêts de la France-Afrique, lutter contre la concurrence des pays émergents, le Pont Henri Konan Bédié est l'expression de cette nouvelle alliance entre la France et la Côte d'Ivoire et à terme, entre l'occident et l'Afrique et le retour en force des conseillers occultes français car on est mieux servi que par soi-même, dit l'adage. Le mode opératoire de ce pont marque le point de départ de la Solution ADO dans le secteur des Grands Travaux en Côte d'Ivoire et le futur visage français de l'économie ivoirienne avec le financement françafricain occulte de l'Elysée. Nous sommes en plein dans la devise de la France-Afrique : "Ce qui est bon pour la France est obligatoirement bon pour l'Afrique".

Au moment où les ivoiriens souffrent d'une pauvreté accentuée par l'incapacité du régime de Monsieur Alassane Dramane Ouattara à payer les salaires, d'une extermination des micro-entreprises, d'un affaiblissement du portefeuille des petites et moyennes entreprises qui accroît chaque jour le nombre de chômeurs et ne parlons pas de l'insécurité chronique. Au moment où les Ivoiriens sont soignés gratuitement mais sans médicaments. C'est ce moment que Monsieur Alassane Dramane Ouattara et le Groupe Bouygues choisissent pour construire un pont à péage à 700 F CFA le passage et par voiture, là où le Président Gbagbo propose un projet deux fois moins cher et sans péage. Pour faire avaler la pilule au PDCI, ils ont donné le nom du Président Bédié au pont. Comme par hasard, le déblocage de fonds qui a suivi pour lancer les travaux et toute cette effervescence autour du pont coïncident avec l'approche des élections en France, cela rappelle étrangement toutes ces affaires de France-Afrique avec leurs retro commissions.

Les divergences d'approche du développent de la Côte d'Ivoire et la prise en compte stricte des intérêts des ivoiriens par le Président Laurent Gbagbo sont la cause fondamentale de l'emprisonnement du Président légal et légitime de la République de Côte d'Ivoire par la françafrique.


*Docteur-Ingénieur des Ponts et Chaussées de Paris, ex DG du BNETD 2000-2010, Ministre de l'équipement et de l'assainissement du gouvernement Gilbert Aké Ngbo.


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » du jeudi 29 septembre 2011.