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lundi, 28 janvier 2013

L'ISLAMISME EST-IL L'ENNEMI PRINCIPAL AU SAHEL? ANALYSE DE SAMIR AMIN

      

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Texte de Samir Amin diffusé par le M’PEP avec l’autorisation de l’auteur. Economiste franco-égyptien, Samir Amin est directeur du Forum du Tiers-Monde.

 

Je suis de ceux qui condamnent par principe toute intervention militaire des puissances occidentales dans les pays du Sud, ces interventions étant par nature soumises aux exigences du déploiement du contrôle de la Planète par le capital des monopoles dominant le système.

L’intervention française au Mali est-elle l’exception à la règle ? Oui et non. C’est la raison pour laquelle j’appelle à la soutenir, sans néanmoins penser le moins du monde qu’elle apportera la réponse qu’il faut à la dégradation continue des conditions politiques, sociales et économiques non seulement du Mali mais de l’ensemble des pays de la région, laquelle est elle-même le produit des politiques de déploiement du capitalisme des monopoles de la triade impérialiste (États-Unis, Europe, Japon), toujours en œuvre, comme elle est à l’origine de l’implantation de l’Islam politique dans la région.

I.- L’Islam politique réactionnaire, ennemi des peuples concernés et allié majeur des stratégies de la triade impérialiste [1]

L’Islam politique – au-delà de la variété apparente de ses expressions – n’est pas un « mouvement de renaissance de la foi religieuse » (que celle-ci plaise ou non), mais une force politique archi-réactionnaire qui condamne les peuples qui sont les victimes éventuelles de l’exercice de son pouvoir, à la régression sur tous les plans, les rendant par là même incapables de répondre positivement aux défis auxquels ils sont confrontés. Ce pouvoir ne constitue pas un frein à la poursuite du processus de dégradation et de paupérisation en cours depuis trois décennies. Au contraire il en accentue le mouvement, dont il se nourrit lui-même.

Telle est la raison fondamentale pour laquelle les puissances de la triade – telles qu’elles sont et demeurent – y voient un allié stratégique. Le soutien systématique apporté par ces puissances à l’Islam politique réactionnaire a été et demeure l’une des raisons majeures des « succès » qu’il a enregistrés : les Talibans d’Afghanistan, le FIS en Algérie, les « Islamistes » en Somalie et au Soudan, ceux de Turquie, d’Egypte, de Tunisie et d’ailleurs ont tous bénéficié de ce soutien à un moment décisif pour leur saisie du pouvoir local. Aucune des composantes dites modérés de l’Islam politique ne s’est jamais dissociée véritablement des auteurs d’actes terroristes de leurs composantes dites « salafistes ». Ils ont tous bénéficié et continuent à bénéficier de « l’exil » dans les pays du Golfe, lorsque nécessaire. En Libye hier, en Syrie encore aujourd’hui ils continuent à être soutenus par ces mêmes puissances de la triade. En même temps les exactions et les crimes qu’ils commettent sont parfaitement intégrés dans le discours d’accompagnement de la stratégie fondée sur leur soutien : ils permettent de donner de la crédibilité à la thèse d’une « guerre des civilisations » qui facilite le ralliement « consensuel » des peuples de la triade au projet global du capital des monopoles. Les deux discours – la démocratie et la guerre au terrorisme – se complètent mutuellement dans cette stratégie.

Il faut une bonne dose de naïveté pour croire que l’Islam politique de certains – qualifié à ce titre de « modéré » – serait soluble dans la démocratie. Il y a certes partage des tâches entre ceux-ci et les « salafistes » qui les déborderaient dit-on avec une fausse naïveté par leurs excès fanatiques, criminels, voire terroristes. Mais leur projet est commun – une théocratie archaïque par définition aux antipodes de la démocratie même minimale.

II.- Le Sahélistan, un projet au service de quels intérêts ?

De Gaulle avait caressé le projet d’un « Grand Sahara français ». Mais la ténacité du Front de libération national (FLN) algérien et la radicalisation du Mali de l’Union Soudanaise de Modibo Keita ont fait échouer le projet, définitivement à partir de 1962-1963. S’il y a peut être quelques nostalgiques du projet à Paris, je ne crois pas qu’ils soient en mesure de convaincre des politiciens dotés d’une intelligence normale de la possibilité de le ressusciter.

En fait le projet de Sahélistan n’est pas celui de la France – même si Sarkozy s’y était rallié. Il est celui de la nébuleuse constituée par l’Islam politique en question et bénéficie du regard éventuellement favorable des États-Unis et dans leur sillage de leurs lieutenants dans l’Union européenne (qui n’existe pas) – la Grande-Bretagne et l’Allemagne.

Le Sahélistan « islamique » permettrait la création d’un grand Etat couvrant une bonne partie du Sahara malien, mauritanien, nigérien et algérien doté de ressources minérales importantes : uranium, pétrole et gaz. Ces ressources ne seraient pas ouvertes principalement à la France, mais en premier lieu aux puissances dominantes de la triade. Ce « royaume », à l’image de ce qu’est l’Arabie Saoudite et les Emirats du Golfe, pourrait aisément « acheter » le soutien de sa population clairsemée, et ses émirs transformer en fortunes personnelles fabuleuses la fraction de la rente qui leur serait laissée. Le Golfe reste, pour les puissances de la triade, le modèle du meilleur allié/serviteur utile, en dépit du caractère farouchement archaïque et esclavagiste de sa gestion sociale – je dirai grâce à ce caractère. Les pouvoirs en place dans le Sahélistan s’abstiendraient de poursuivre des actions de terrorisme sur leur territoire, sans pour autant s’interdire de les soutenir éventuellement ailleurs.

La France, qui était parvenue à sauvegarder du projet du « Grand Sahara » le contrôle du Niger et de son uranium, n’occuperait plus qu’une place secondaire dans le Sahélistan [2].

Il revient à F. Hollande – et c’est tout à son honneur – de l’avoir compris et refusé. On ne devrait pas s’étonner de voir que l’intervention qu’il a décidé ait été immédiatement soutenue par Alger et quelques autres pays pourtant non classés par Paris comme des « amis ». Le pouvoir algérien a démontré sa parfaite lucidité : il sait que l’objectif du Sahélistan vise également le Sud algérien et pas seulement le Nord du Mali [3]. On ne devrait pas davantage s’étonner que les « alliés de la France » – les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, sans parler de l’Arabie Saoudite et du Qatar – sont en réalité hostiles à cette intervention, qu’ils n’ont accepté du bout des lèvres que parce qu’ils ont été mis devant le fait accompli – la décision de F. Hollande. Mais ils ne seraient pas mécontents de voire l’opération s’enliser et échouer. Cela redonnerait de la vigueur à la reprise du projet du Sahélistan.

III.- Gagner la guerre du Sahara

Je suis donc de ceux qui souhaitent et espèrent que la guerre du Sahara sera gagnée, ces Islamistes éradiqués dans la région (Mali et Algérie en particulier), le Mali restauré dans ses frontières. Cette victoire est la condition nécessaire incontournable, mais est loin d’être la condition suffisante, pour une reconstruction ultérieure de l’Etat et de la société du Mali.

Cette guerre sera longue, coûteuse et pénible et son issue reste incertaine. La victoire exige que soient réunies certaines conditions. Il faudrait en effet non seulement que les forces armées françaises n’abandonnent pas le terrain avant la victoire, mais encore qu’une armée malienne digne de ce nom soit reconstituée rapidement. Car il faut savoir que l’intervention militaire des autres pays africains ne pourra pas constituer l’élément décisif de la victoire.

La reconstruction de l’armée malienne relève du tout à fait faisable. Le Mali de Modibo était parvenu à construire une force armée compétente et dévouée à la nation, suffisante pour dissuader les agresseurs comme le sont les Islamistes d’AQMI aujourd’hui. Cette force armée a été systématiquement détruite par la dictature de Moussa Traoré et n’a pas été reconstruite par ses successeurs. Mais le peuple malien ayant pleine conscience que son pays a le devoir d’être armé, la reconstruction de son armée bénéficie d’un terrain favorable. L’obstacle est financier : recruter des milliers de soldats et les équiper n’est pas à la portée des moyens actuels du pays, et ni les Etats africains, ni l’ONU ne consentiront à pallier cette misère. La France doit comprendre que le seul moyen qui permettra la victoire l’oblige à le faire. L’enlisement et la défaite ne seraient pas seulement une catastrophe pour les peuples africains, elles seraient tout autant pour la France. La victoire constituerait un moyen important de restauration de la place de la France dans le concert des nations, au-delà même de l’Europe.

Il n’y a pas grand chose à attendre des pays de la CEDEAO. Les gardes prétoriennes de la plupart de ces pays n’ont d’armée que le nom. Certes le Nigeria dispose de forces nombreuses et équipées, malheureusement peu disciplinées pour le moins qu’on puisse dire ; et beaucoup de ses officiers supérieurs ne poursuivent pas d’autre objectif que le pillage des régions où elles interviennent. Le Sénégal dispose également d’une force militaire compétente et de surcroît disciplinée, mais petite, à l’échelle du pays. Plus loin en Afrique, l’Angola et l’Afrique du Sud pourraient apporter des appuis efficaces ; mais leur éloignement géographique, et peut être d’autres considérations, font courir le risque qu’ils n’en voient pas l’intérêt.

Un engagement de la France ferme, déterminé et pour toute la durée nécessaire implique que la diplomatie de Paris comprenne qu’il lui faut prendre des distances à l’égard de ses co-équipiers de l’OTAN et de l’Europe. Cette partie est loin d’être gagnée et rien n’indique pour le moment que le gouvernement de F. Hollande soit capable de l’oser.

IV.- Gagner la bataille diplomatique

Le conflit visible entre les objectifs honorables de l’intervention française au Mali et la poursuite de la ligne diplomatique actuelle de Paris deviendra rapidement intolérable. La France ne peut pas combattre les « Islamistes » à Tombouctou et les soutenir à Alep !

La diplomatie française, accrochée à l’OTAN et à l’Union européenne, partage la responsabilité de ses alliés dans les succès de l’Islam politique réactionnaire. Elle en a fournit la preuve éclatante dans l’aventure libyenne dont le seul résultat a été (et cela était prévisible et certainement voulu, au moins par Washington) non pas de libérer le peuple libyen de Kadhafi (un pitre plus qu’un dictateur) mais de détruire la Libye, devenue terre d’opération de seigneurs de guerre, directement à l’origine du renforcement d’AQMI au Mali.

Car l’hydre de l’Islam politique réactionnaire recrute autant dans les milieux du grand banditisme que chez les fous de Dieu. Au-delà du « djihad », leurs émirs – qui s’autoproclament les défenseurs intransigeants de la foi – s’enrichissent du trafic de la drogue (les Talibans, l’AQMI), des armes (les seigneurs de guerre libyens), de la prostitution (les Kosovars).

Or la diplomatie française jusqu’à ce jour soutient les mêmes, en Syrie par exemple. Les médias français donnent crédit aux communiqués du prétendu Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, une officine connue pour être celle des Frères Musulmans, fondée par Ryad El Maleh, soutenue par la CIA et les services britanniques. Autant faire crédit aux communiqués d’Ansar Eddine ! La France tolère que la soit disant « Coalition Nationale des Forces de l’Opposition et de la Révolution » soit présidée par le Cheikh Ahmad El Khatib choisi par Washington, Frère Musulman et auteur de l’incendie du quartier de Douma à Damas.

Je serais surpris (mais la surprise serait agréable) que F. Hollande ose renverser la table, comme De Gaulle l’avait fait (sortir de l’OTAN, pratiquer en Europe la politique de la chaise vide). On ne lui demande pas d’en faire autant, mais seulement d’infléchir ses relations diplomatiques dans le sens exigé par la poursuite de l’action au Mali, de comprendre que la France compte plus d’adversaires dans le camp de ses « alliés » que dans celui de ses « ennemis » ! Cela ne serait pas la première fois qu’il en serait ainsi lorsque deux camps s’affrontent sur le terrain diplomatique.

V.- Reconstruire le Mali

La reconstruction du Mali ne peut être que l’œuvre des Maliens. Encore serait-il souhaitable qu’on les y aide plutôt que d’ériger des barrières qui rendent impossible cette reconstruction.

Les ambitions « coloniales » françaises – faire du Mali un État client à l’image de quelques autres dans la région – ne sont peut être pas absentes chez certains des responsables de la politique malienne de Paris. La Françafrique a toujours ses porte-parole. Mais elles ne constituent pas un danger réel, encore moins majeur. Un Mali reconstruit saura aussi affirmer – ou réaffirmer – rapidement son indépendance. Par contre un Mali saccagé par l’Islam politique réactionnaire serait incapable avant longtemps de conquérir une place honorable sur l’échiquier régional et mondial. Comme la Somalie il risquerait d’être effacé de la liste des Etats souverains dignes de ce nom.

Le Mali avait, à l’époque de Modibo, fait des avancées en direction du progrès économique et social comme de son affirmation indépendante et de l’unité de ses composantes ethniques.

L’Union Soudanaise était parvenue à unifier dans une même nation les Bambara du Sud, les pêcheurs bozo, les paysans songhaï et les Bella de la vallée du Niger de Mopti à Ansongo (on oublie aujourd’hui que la majorité des habitants du Nord Mali n’est pas constituée par les Touaregs), et même fait accepter aux Touaregs l’affranchissement de leurs serfs Bella. Il reste que faute de moyens – et de volonté après la chute de Modibo – les gouvernements de Bamako ont par la suite sacrifié les projets de développement du Nord. Certaines revendications des Touaregs sont de ce fait parfaitement légitimes. Alger qui préconise de distinguer dans la rébellion les Touaregs (désormais marginalisés), avec lesquels il faut discuter, des Djihadistes venus d’ailleurs – souvent parfaitement racistes à l’égard des « Noirs » –, fait preuve de lucidité à cet endroit.

Les limites des réalisations du Mali de Modibo, mais aussi l’hostilité des puissances occidentales (et de la France en particulier), sont à l’origine de la dérive du projet et finalement du succès de l’odieux coup d’état de Moussa Traoré (soutenu jusqu’au bout par Paris) dont la dictature porte la responsabilité de la décomposition de la société malienne, de sa paupérisation et de son impuissance. Le puissant mouvement de révolte du peuple malien parvenu, au prix de dizaines de milliers de victimes, à renverser la dictature, avait nourri de grands espoirs de renaissance du pays. Ces espoirs ont été déçus. Pourquoi ?

Le peuple malien bénéficie depuis la chute de Moussa Traoré de libertés démocratiques sans pareilles. Néanmoins cela ne semble avoir servi à rien : des centaines de partis fantômes sans programme, des parlementaires élus impotents, la corruption généralisée. Des analystes dont l’esprit n’est toujours pas libéré des préjugés racistes s’empressent de conclure que ce peuple (comme les Africains en général) n’est pas mûr pour la démocratie ! On feint d’ignorer que la victoire des luttes du peuple malien a coïncidé avec l’offensive « néolibérale » qui a imposé à ce pays fragilisé à l’extrême un modèle de lumpen-développement préconisé par la Banque mondiale et soutenu par l’Europe et la France, générateur de régression sociale et économique et de paupérisation sans limites.

Ce sont ces politiques qui portent la responsabilité majeure de l’échec de la démocratie, décrédibilisée. Cette involution a créé ici comme ailleurs un terrain favorable à la montée de l’influence de l’Islam politique réactionnaire (financé par le Golfe) non seulement dans le Nord capturé par la suite par l’AQMI mais également à Bamako.

La décrépitude de l’Etat malien qui en a résulté est à l’origine de la crise qui a conduit à la destitution du Président Amani Toumani Touré (réfugié depuis au Sénégal), au coup d’État irréfléchi de Sanogho puis à la mise sous tutelle du Mali par la « nomination » d’un Président « provisoire » – dit de transition – par la CEDEAO, dont la présidence est exercée par le Président ivoirien A. Ouattara qui n’a jamais été qu’un fonctionnaire du FMI et du Ministère français de la coopération.
C’est ce Président, dont la légitimité est aux yeux des Maliens proche de zéro, qui a fait appel à l’intervention française. Ce fait affaiblit considérablement la force de l’argument de Paris bien que diplomatiquement impeccable : que Paris a répondu à l’appel du Chef d’Etat « légitime » d’un pays ami. Mais alors en quoi l’appel du chef de l’Etat Syrien – incontestablement non moins légitime – au soutien de l’Iran et de la Russie est-elle « inacceptable » ? Il appartient à Paris de corriger le tir et de revoir son langage.

Mais surtout la reconstruction du Mali passe désormais par le rejet pur et simple des « solutions » libérales qui sont à l’origine de tous ses problèmes. Or sur ce point fondamental les concepts de Paris demeurent ceux qui ont cours à Washington, Londres et Berlin. Les concepts « d’aide au développement » de Paris ne sortent pas des litanies libérales dominantes [4]. Rien d’autre. La France, même si elle gagnait la bataille du Sahara – ce que je souhaite – reste mal placée pour contribuer à la reconstruction du Mali. L’échec, certain, permettrait alors aux faux amis de la France de prendre leur revanche.

 

Envoyé par le M'PEP, Le 23 janvier 2013.

 

Source: REVEIL COMMUNISTE

 

vendredi, 13 mai 2011

GUERRE CONTRE LE TERRORISME: LE RENSEIGNEMENT FRANÇAIS (ET LES AUTRES) SAIT QU'AL QAEDA EST UNE PSYOP (OPERATION PSYCHOLOGIQUE) AMERICAINE

 



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Al Qaeda: la base de données.

Par Pierre-Henri Bunel

Url de l'article original:

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid...


~ Traduit de l'anglais par Résistance 71 ~


Peu de temps avant son décès prématuré, l'ancien secrétaire aux affaires étrangères britanniques Robin Cook déclara à la chambre des députés qu'Al Qaeda n'est pas vraiment un groupe terroriste, mais plutôt une base de données des moudjahidines internationaux et des trafiquants d'armes utilisés par la CIA et les Saoudiens pour canaliser les guérilleros, les armes et l'argent dans l'Afghanistan occupé par les soviétiques. Grâce au journal de New Delhi World Affairs, le Wayne Madsen Report peut aujourd'hui vous rapporter un long extrait d'un article publié dans le numéro de Juin 2004, article de Pierre-Henri Bunel, un ancien agent des services de renseignement français.


~ Wayne Madsen Report ~

 

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"J'ai entendu parler pour la première fois d'Al Qaeda lorsque j'étais au cours de commandement et de gestion en Jordanie. J'étais un officier de l'armée française à l'époque et les forces armées françaises avaient des rapports très proches avec celles de Jordanie... Deux de mes collègues jordaniens étaient des experts en informatique. Ils étaient officiers à la défense aérienne. Utilisant un langage informatique argotique, ils introduisirent une série de plaisanteries concernant les punitions des élèves.

Par exemple, quand l'un d'entre nous était en retard à l'arrêt de bus pour quitter le collège, les deux officiers prirent l'habitude de nous dire: 'Vous serez marqué au Q eidat il-Maaloonaat, ce qui veut dire: vous serez marqués dans la base de donnés. Ce qui voulait dire, vous recevrez un avertissement... Si le cas était plus grave, ils avaient l'habitude de parler de Q eidat i-Taaleemaat, ce qui réfère à une base de données décisionnaire. Ce qui voulait dire que nous serions punis. Pour le pire des cas, ils référaient à Al Qaeda."

"Dans les années 1980, la Banque Islamique de Développement, qui est à Jeddah en Arabie Saoudite, tout comme le secrétariat permanent de l'Organisation de la Conférence Islamique, a acheté un nouveau système informatique afin de gérer la demande accrue de comptabilité et de communication. A cette époque, le système était plus sophistiqué que nécessaire pour leurs réels besoins.

Il fut décidé d'utiliser une partie de la mémoire de ce système pour héberger la base de données de la conférence islamique. Il était possible pour les pays membres d'accéder à la base de données par téléphone: un intranet, en langage moderne. Les gouvernements ainsi que les pays membres et quelques unes de leurs ambassades dans le monde étaient connectés à ce réseau.

Comme le rapportait un commandant pakistanais, la base de données était divisée en deux parties, le fichier information d'où les participants à une réunion pouvaient retirer et envoyer les informations dont ils avaient besoin et le fichier décisionnaire, celui où les décisions prises dans les réunions précédentes étaient enregistrées et archivées. En arabe, ces fichiers étaient appelés 'Q eidat il -maaloomaat' et 'Q eidat i-Taaleemaat'. Ces deux fichiers étaient contenus dans un grand fichier appelés en arabe 'Q eidat ilmu'ti'aat' qui est la traduction exacte pour base de donnée; mais les Arabes de manière usuelle y référaient par le mot 'Al qaida' qui en arabe est le mot pour 'base'. La base aérienne de Riyadh en Arabie Saoudite est appelée 'Q eidat riyadh al askariya'. Q eidat veut dire 'une base' et 'Al Qaida' veut dire 'la base'.

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A la moitié des années 1980, Al Qaida était une base de données localisée dans un ordinateur et qui servait à la communication du secrétariat de la Conférence Islamique.

Au début des années 1990, j'étais un officier du renseignement militaire au QG de la FAR française (Force d'Action Rapide). A cause de mes capacités avec la langue arabe, mes fonctions comprenaient aussi la traduction de beaucoup de faxes et de lettres saisis ou interceptés par nos services de renseignement... Nous interceptions souvent des documents envoyés par les réseaux islamiques opérant en Grande-Bretagne ou en Belgique.

Ces documents contenaient des directives envoyées aux groupes islamiques armés en Algérie ou en France. Les messages faisaient référence aux sources des déclarations qui devaient être exploitées dans la rédaction des tracts et des pamphlets, ou qui devaient être introduits dans des enregistrements audio ou vidéo. Les sources les plus souvent citées étaient les Nations Unies, les pays non-alignés, la haute commission de l'ONU pour les réfugiés et... Al Qaida.

Al Qaida est demeurée la base de donnés de la conférence islamique. Pas tous les membres de la conférence sont des TMétats renégats" et beaucoup de groupes islamiques pouvaient prendre de l'information dans les bases de données en archive. Il était tout à fait naturel pour quelqu'un comme Ben Laden d'être connecté à ce réseau. Il est membre d'une famille importante dans le monde de la banque et des affaires.

A cause des états renégats, il devint facile pour des groupes terroristes d'utiliser le système d'email de la base de donnés; ainsi le système de courrier électronique d'Al Qaida fut utilisé au moyen de quelques systèmes d'interface conservant le secret des identités, par les familles des moudjahidines afin de garder le contact avec leurs enfants en phase d'entrainement en Afghanistan, en Libye ou dans la plaine de la Bekaa au Liban; ou qui étaient en action dans les combats où les extrémistes sponsorisés par les états "renégats" combattaient. Ces états renégats incluaient l'Arabie Saoudite. Quand Ben Laden était un agent américain en Afghanistan, l'intranet d'Al Qaida était un excellent système de communication par le moyen de messages codés."

A la rencontre d'Al Qaida

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"Al Qaida n'a jamais été un groupe terroriste ni la propriété d'Oussama Ben Laden... Les actions terroristes perpétrés en Turquie en 2003 ont été faites par des turcs et les motifs étaient locaux et non pas internationaux, unifiés ou communs. Ces crimes mirent le gouvernement turc dans une position difficile vis à vis des britanniques et des israéliens. Mais ces attaques étaient sûrement dédiées à punir le premier ministre Erdogan d'être politicien islamique trop tiède...

... dans le tiers monde, l'opinion générale est que les pays qui utilisent des armes de destruction massive pour des raisons économiques au service de l'impérialisme sont en fait "des états renégats', spécifiquement les Etats-Unis et les pays membres de l'OTAN.

Quelques groupes de pression islamique conduisent une guerre contre les lobbies économiques libéraux. Ils utilisent des groupes terroristes locaux qui clament agir au nom d'Al Qaida. D'un autre côté, des armées nationales envahissent des pays indépendants sous les bons auspices de conseil de sécurité de l'ONU et conduisent des guerres préventives. Les véritables sponsors de ces guerres ne sont pas les gouvernements mais les lobbies, groupes de pression économiques qui sont derrière ces gouvernements.

La vérité est qu'il n'y a pas d'armée islamiste ou de groupe terroriste appelé Al Qaida. Tout agent de renseignement sait cela; mais il y a une campagne de propagande pour faire croire au public à la présence d'un groupe, d'une entité identifiée et représentant le 'diable', seulement dans le but de conduire les spectateurs de télévision à accepter un leadership unique international pour lutter contre le terrorisme. Le pays derrière cette propagande sont les Etats-Unis et ceux qui pressent pour la guerre américaine contre le terrorisme ne sont intéressés qu'à faire de l'argent."

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Toujours en exemple de ce qui arrive à ceux qui défient le système, en Décembre 2001, le commandant Pierre-Henri Bunel fut reconnu coupable par une cour de justice militaire d'avoir transmis des documents qui identifiaient des cibles potentielles de bombardement de l'OTAN en Serbie à un agent serbe durant la guerre du Kosovo en 1998. Le cas Bunel fut transféré d'une cour de justice civile à une cour militaire afin de garder certains éléments confidentiels. Par dessus tout, et quoi que purent en dire les témoins et les psychologues, le système l'épingla pour avoir dit la vérité à propos d'Al Qaida et qui était en fait derrière les attaques habituellement blâmées sur ce groupe. Il convient aussi de noter que le gouvernement serbe, le même avec qui Bunel est accusé par le gouvernement français d'avoir comploté et partagé des informations vitales, déclare que les guérilleros albanais et bosniaques dans les Balkans étaient aussi supportés par Al Qaida. Nous savons maintenant que ces groupes de guérilla étaient financés par de l'argent émanant du fond de défense bosniaque, une entité établie en tant que fond spécial par la banque sous influence de Bush, la banque Riggs et dirigée par Richard Perle and Douglas Feith.

Le commandant Pierre-Henri Bunel, qui savait la vérité à propos "d'Al Qaida"... Une autre cible des néo-conservateurs.


Source: RESISTANCE 71