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mardi, 17 septembre 2013

BIZARRERIES D’UNE DEMOCRATIE!

côte d'ivoire,bizarreries d’une démocratie!,alain bouikalo juriste-consultant

 

Combien sommes-nous à croire que la Côte d’Ivoire du régime des « rattrapeurs » est un Etat démocratique depuis le 11 Avril 2011 ? En vérité, nous ne pensons pas être nombreux à adhérer à l’idée que l’avalanche des bombes franco-onusiennes a engendré une démocratie chez nous. Certes l’on enregistre des intellectuels (philosophes, historiens, juristes, écrivains, journalistes etc.) qui partagent la thèse du régime, mais ils n’ont pas encore réussi à démontrer, exemples à l’appui, qu’ils sont dans le vrai. Les arguments qu’ils avancent, dans bien des cas, oscillent entre le ridicule et la mauvaise compréhension des règles démocratiques. Ils nous parlent d’un pouvoir légal et légitime alors que nul n’est censé ignoré que ni la légalité, ni la légitimité ne s’octroient par la violation des règles qui encadrent l’accession au pouvoir d’état ainsi que son exercice. Il en est de même pour la représentation nationale dont on sait qu’elle est le fruit d’un « désert électoral » provoqué par une prise en otage bien huilée du processus électoral par un pouvoir qui refuse la saine compétition électorale (ses alliés politiques en savent quelque chose). A cela, s’ajoute le fait que les défenseurs de la démocratie du 11 Avril 2011, trouvent légale l’arrestation arbitraire, la détention, la torture de plus de 700 ivoiriens qui ont eu le tort d’être des partisans du Président Laurent Gbagbo. Le seul effort intellectuel qu’ils ne s’hasardent pas à faire, est d’affirmer haut et fort que la démocratie rime avec l’assassinat des principes qui en constituent la sève: le respect des droits de l’homme, la soumission de l’Etat au droit. Voici des principes tellement bien violés chez nous que le rire s’invite dans nos salons dès lors qu’on entend ou qu’on lit les défenseurs acharnés de la démocratie du 11 Avril 2011.

Depuis la libération de 12 prisonniers pro-Gbagbo, ces défenseurs de la démocratie du 11 Avril 2011 persistent à soutenir que la démocratie est bien implantée dans notre pays. On leur demanderait si le fait de libérer des prisonniers politiques sur ordre du chef de l’exécutif suite à une montagne de pressions devenues insupportables, élève le pays au grade d’Etat démocratique ? Certains répondraient hâtivement par l’affirmative. Mais lorsqu’on regarde de près, on se rend bien compte que quelques bizarreries entament l’honneur de la démocratie des bombes. En effet, ils n’ont pas renoncé à leur volonté de contrôler les pensées des ivoiriens. Il leur faut par tous les moyens créer une adhésion à leur pourvoir en imposant une ligne de conduite à ceux qui ne pensent pas comme eux. C’est pourquoi, le pouvoir a mis en ordre de bataille des personnes dont la mission essentielle est de remettre en question la libération des prisonniers politiques et la liberté de ces derniers à aborder les thèmes qu’ils jugent utiles. Au nombre de ceux-ci, le journaliste Benoit Hili. Il posait la question suivante : « Faut-il arrêter à nouveau Affi et ses compagnons ? » (Le Nouveau Réveil, 14 et 15 Septembre 2013). Ce journaliste résumait parfaitement les interventions de Joël N’Guessan, porte-parole principal du Rdr : « votre liberté n’est que provisoire », Dély Mamadou, Président du groupe parlementaire Udpci : « les griots de l’intoxication ont été mis en liberté » (La Matinale, 14 et 15 Septembre 2013), Me Franck Kouyaté, juriste pro-Ouattara pour qui le chef du FPI gagnerait à « mettre balle à terre » (L’Inter, 14 et 15 Septembre 2013). Pour ces défenseurs de la démocratie du 11 Avril 2011, les sorties du Président du FPI ne sont pas les bienvenues. Que veulent-ils en substance ? Que le Président Pascal Affi N’Guessan travestisse les faits, se range du côté du pouvoir en évitant de débattre des questions qui dérangent. Il s’agit en l’espèce de la légitimité du pouvoir Ouattara et des institutions, du complot international contre Laurent Gbagbo, du rôle joué par Sarkozy et ses forces militaires dans la chute de Laurent Gbagbo et l’intronisation de Ouattara, de l’incompétence des démocrates du 11 Avril 2011. En un mot,  il s’agit pour les responsables du FPI de vivre leur liberté comme s’ils étaient encore en prison. Ce qui nous ramènerait sous la tente du parti unique. Pour justifier leur choix, Ils affirment que le contexte politique n’autorise pas à débattre des questions essentielles évoquées ci-dessus. Autrement dit, il appartient à l’Etat d’imposer à Affi N’Guessan et ses compagnons des feuilles de route selon les réalités du moment. L’un des défenseurs du pouvoir, le journaliste Bénoit Hili, s’inquiète même de « la tolérance du gouvernement face à des empêcheurs de gouverner ». Le pouvoir doit tendre la verge à défaut de reconduire Affi et ses camarades en prison, semble-t-il dire. Les curieux défenseurs de la démocratie ne savent pas qu’ils détruisent, la thèse qu’ils défendent. Car, comment se targuer d’être démocrates alors qu’on impose à l’opposition les sujets sur lesquels elle doit se prononcer ? Quelle est la règle en démocratie qui invite un pouvoir, à sectionner la langue d’un opposant lorsque celui-ci lance le débat sur la légitimité du pouvoir, l’incompétence des gouvernants, l’Etat de droit ? Est-ce son statut pénal ? Au demeurant, ce statut évoqué à satiété, ne saurait être présenté comme un épouvantail d’autant qu’il n’est fondé que sur des motifs exclusivement politiques.

En démocratie, l’on débat de toutes les questions qui rythment la vie de la nation. Le pouvoir qui pense être ciblé par les critiques de l’opposition, devrait, par le biais de ses communicants, détricoter les critiques qui lui sont faites. Par ailleurs, le pouvoir peut également riposter face aux critiques de l’opposition. Dans ce cas, il n’appartiendra pas à cette opposition de prendre les armes, mais plutôt de démontrer que les thèses du pouvoir sont fausses. C’est ce jeu qui devrait être de mise dans une démocratie et non des velléités d’embrigadement de l’opposition. Malheureusement chez nous, l’embrigadement est la règle. Cette bizarrerie constatée dans un Etat dit démocratique atteste de ce que les démocrates du 11 Avril 2011 n’ont jamais été ce qu’ils prétendent être. D’ailleurs, tout indique qu’ils ne le seront jamais. Ils semblent visiblement être atteints par les critiques des responsables du FPI. Mais ont-ils autre choix que de libérer le jeu démocratique ? Assurément non. Le contexte a considérablement évolué et les amis d’hier, même s’ils tardent à prendre position publiquement, supportent difficilement les bizarreries que recèle la démocratie du 11 Avril 2011.

Les nouveaux censeurs qui hier, étaient engoncés dans un silence complice lorsque certains affirmaient qu’ils rendraient ce pays ingouvernable, devraient savoir qu’ils vivront désormais avec des responsables du FPI plus que jamais déterminés à faire barrage à l’imposture. Notre pays a besoin de la démocratie au sens plein du terme et non d’une démocratie grevée de bizarreries.

 

Alain Bouikalo, Juriste-Consultant.

samedi, 17 août 2013

LES PAMPHLETS D’ALAIN BOUIKALO - Ô ROI, LE PEUPLE VEUT UN REFERENDUM

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« On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps » Abraham Lincoln

 

Ô roi, valeureux descendant de Dieu. Digne héritier de Dieu. Peut-être, Dieu lui-même. Nous savons que ton règne fait le pied de nez au temps parce que tu es au dessus du temps. Tu t’éterniseras au trône. L’un de tes notables a eu la brillante idée d’écrire au fronton du palais ceci : « là, jusqu’en 2053 ». Il n’a pas seulement dit que tu t’enracineras au trône, il a surtout avoué que les fous déchainés qui s’aventurent à crier : « Mort à la dictature ! Mort au rattrapage ethnique ! Mort à la justice des vainqueurs ! Mort aux tortures ! Mort à la mauvaise gouvernance ! », continueront leur folie dans un cimetière. Tu es donc un puissant homme. Le peuple le sait.

Mais roi, vois-tu, te saluant en s’incliner ne veut pas dire que les intelligences sont inclinées. Secouer les mollets en amont et en aval de ton tapis rouge ne signifie pas que ces mollets ne savent que vénérer ta gloire. Non roi. L’intelligence du peuple est toujours en érection. Et les mollets suivent le rythme de l’intelligence. C’est pourquoi, au moment où tu exprimes l’inébranlable désir de disperser notre nationalité et éroder nos terres, le peuple que tu rassasies de souffrances te demande la parole. Ecoute-le roi. Il ne te demande pas des cargaisons de billets ni des pluies de milliards qui risquent de ne jamais mouiller nos poches. Il veut tout simplement que tu lui donnes la parole pour qu’il s’exprime. Oui valeureux roi, il veut ouvrir la bouche pour dire si oui ou non il adhère à ta généreuse idée de faire de tous les habitants de nos terres, des éburnéens. C’est la voie idéale pour légitimer ta bonté à l’égard de ces bénis dont les pieds sont fermement fixés sur le starting block électoral. Sa ferveur à vouloir s’exprimer n’est pas une défiance, roi. Il te sait un dieu ouvert, un dieu partageux, un dieu plongé au cœur du peuple. C’est la raison pour laquelle il voudrait te prouver son amour infini en te donnant son avis. Ô roi, le peuple veut un référendum. 

Valeureux roi, pourquoi ne coures-tu pas vers cette solution ? Tu ne diras quand même pas au peuple que son avis sur ce qui engage son avenir ne fait pas partie de tes solutions poreuses ! Non roi. Ecoute le peuple. Le peuple qui susurre dans les rues. Le peuple qui grogne des les couloirs pouilleux de la capitale. Le peuple d’en haut, le peuple d’en bas. Le peuple qui poursuit en vain sa pitance mille fois promise mais jamais donnée. Le peuple qui ne trouve aucun emploi mais qui, les yeux blafards, te regarde faire des apatrides, ta priorité. Le peuple qui n’a pas encore eu droit à ses soins gratuits, à ses cinq universités nord américaines, mais qui t’observe te défouler pour des choses de moindre importance. « Mais dans que monde suis-je ? », m’a demandé le peuple. Ne trouvant aucune réponse, je me tourne poliment vers toi. Ô roi, descend de ta gloire et donne la parole au peuple pour qu’il se prononce et tranche définitivement. Ô roi, le peuple veut un référendum.

Dieu-Roi, la voix du peuple n’est pas celle confinée entre les mains d’éternels diseurs de « Oui ». Des « Oui » dogmatiques que même le sommeil n’empêche. Ces mains rendues belles et vengeresses par l’eau du rattrapage ethnique et de la fraude électorale n’attendent que vienne, pour elles, l’occasion d’approuver mécaniquement ce qui a été goupillé durant des décennies dans l’antichambre de ton clan. Digne et valeureux roi, descend de ta super puissance et interroge le peuple qui piaffe d’impatience. Le peuple est très intelligent. Laisse-le décider de son sort. Laisse-le prendre le chemin qui semble bon à ses yeux. Le peuple n’est ni un mineur non émancipé, ni un incapable. Il est majeur. Il a aujourd’hui 53 ans. Ce peuple veut donc un référendum. Ne le musèle pas. Roi, tu dis sans cesse que tu aimes le peuple, alors, ne lui vole pas, son droit, ne lui vole pas sa volonté de s’exprimer. Il veut trancher directement. Tel est son choix. Il est fatigué d’être trompé tout le temps. Il est fatigué d’être abusé tout le temps. O roi, le peuple veut un référendum.

A tantôt!

 

Alain Bouikalo, Juriste-Consultant.

mercredi, 14 août 2013

MERCI MON TORTIONNAIRE. MAIS…

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Un matin j’ai été conduit comme un vulgaire brigand dans l’un des goulags modernes de mon tortionnaire. J’y suis allé avec la ferme conviction que la maltraitance aurait meilleur règne là-bas que partout ailleurs. Le long du chemin, j’avais les mains enchaînées, les pieds alourdis par des boulets, le verbe anesthésié par la gentillesse de mon tortionnaire. Je devais le regarder sans broncher, sans énerver ses bonnes intentions, sans nier sa bonne réputation de tortionnaire au cœur plein d’amour. Il souriait de haine, il transpirait la méchanceté. Mon tortionnaire était heureux d’avoir enfin eu raison de moi certes, mais pas de mon engagement. Il m’a longtemps cherché. Pendant plus d’une décennie. Après de longs moments passés dans ses fers chauds, il m’ouvre, ce jour, une petite fenêtre de sa dictature pour voir dehors et respirer l’air de la liberté, provisoire. Merci mon tortionnaire. Mais me diras-tu un jour les raisons qui t’ont poussé à perdre ton humanité et à me détenir arbitrairement pendant des années? Saurais-je un jour pourquoi des personnes gorgées de haine m’ont dénié mon statut d’homme libre ?

Pendant que, dans les ténèbres des goulags, je fuyais les dards intrépides des scorpions, le venin des serpents, les immondices, les maladies, l’amaigrissement, la furia des gardiens sanguinaires, dehors, cher tortionnaire, d’autres gardiens de la liberté s’enrichissaient de mes biens. Ils végétaient dans chaque pièce de mon toit, à la recherche du dernier clou qui bonifierait, sans aucun doute, leurs prouesses de gentils voleurs. Pendant que je fuyais la mort, ma famille fuyait les calibres 12 des « gardiens de la liberté ». Elle tremblait d’effroi face aux multiples gris-gris, aux mains rugueuses d’hommes rustres, brutaux. Mais mon tortionnaire les regardait, les bénissait d’avoir pillé mon toit, dispersé ma famille. Pour rendre le crime parfait, il gela mes avoirs. Aujourd’hui que craque, contre son gré, un petit maillon de son autocratie, il me faut regagner mon toit. Merci mon tortionnaire. Mais dis-moi, à quand la libération de mon toit ? Quant est-ce que me reviendront mes biens copieusement volés par tes hommes ?  Mais, dis-moi, à quand la libération de mes avoirs dont on dit qu’ils ont été gelés ?

Dehors, mes souvenirs me secouent. Ils m’apprennent que dans la souffrance des fers chauds, je n’étais pas seul. Devant moi, défile l’interminable liste des prisonniers politiques de mon tortionnaire. Ils sont partout. Dans la prison à ciel ouvert qu’est le nord. Dans les camps de torture enfouis dans le secret du tortionnaire. Dans ces camps, gisent encore d’éminents dirigeants politiques, de vaillants militaires, des anonymes qu’il aime parce que ces derniers ne partagent pas ses méthodes rauques, sa politique gauche. Des « monsieur tout le monde » arrêtés, enlevés un matin comme ça. Pour rien. Et conduits à mes côtés. Depuis les serres de mon tortionnaire, j’ai appris qu’il avait eu le mérite d’embastiller plus de 700 personnes. Plus de 700 maltraités. Plus de 700 encore soumis aux traitements inhumains et dégradants. Plus de 700 dont les droits sont quotidiennement violés. Dans un Etat dit de droit ! Merci mon tortionnaire. Mais, je ne suis pas 13. Je ne suis pas 12. Je ne suis pas non plus 8. Je suis plus de 700 car chaque détenu est un autre moi qui crie sans cesse: « liberté! ».

Je sors, marqué au fer. J’ai encore les marques indélébiles de mon tortionnaire sur le cœur. J’ai sur le corps, la marque de la haine d’un tortionnaire tellement avide de démocratie qu’il sanctionne l’expression plurielle. Mon bien-aimé tortionnaire veut faire de moi une carpe. Un singe qui ne voit rien, n’entend rien et par conséquent ne dit rien. Je sors, sans savoir au juste qui m’a libéré, provisoirement. Tout le monde salue la « magnanimité » de mon tortionnaire. Tout le monde fait de lui le bon samaritain. Même lorsque la justice tente de faire croire qu’elle est à l’initiative de cette libération, des lambris dorés lui intiment l’ordre de se taire. On doit rendre gloire et honneur au tortionnaire. Gloire et honneur à celui qui, par son acte de générosité, démontre sa stature d’homme d’Etat. N’est-ce pas lui qui a signé l’édit d’embastillement ? Merci donc mon tortionnaire. Mais je t’exhorte à mettre fin à ce rapport incestueux entre toi et la justice. Merci mon tortionnaire. Mais je ne me tairai pas. Je ne dormirai pas. Je prendrai ma serviette pour parcourir villas et hameaux afin que prennent fin le règne de la dictature et que vienne le règne de la démocratie vraie. Merci mon tortionnaire.

 

A tantôt!


Les pamphlets d’Alain Bouikalo

 

Source: AFRIK53.COM

mercredi, 07 août 2013

PROJETS DE LOI SUR L’APATRIDIE: QU’EST-CE QUI FAIT COURIR OUATTARA?

ALASSANE OUATTARA. DRAPEAU IVOIRIEN.jpg

 
Le Vendredi 19 Juillet 2013, les parlementaires ivoiriens se sont réunis en séance plénière à l’effet d’examiner différents projets de loi. L’ordre du jour tel que communiqué par la Cellule d’Information et de Communication de l’Assemblée Nationale, mentionnait au point II « l’examen, selon la procédure de discussion immédiate », de deux projets de loi de ratification. Ce sont les projets de loi autorisant le Président de la République à ratifier la convention du 28 Septembre 1954 relative au statut des apatrides et la convention du 30 Août 1961 relative à la réduction des cas d’apatridie. Contrairement aux autres projets de loi de ratification (examinés en plénière), ces deux derniers ont bénéficié d’un traitement spécial. En effet, ils ont été mis en discussion immédiate. Le choix de cette procédure spéciale a-t-il été guidé par l’obligation attachée à l’acte de ratification? En tout Etat de cause, le dividende que tire Ouattara de la ratification envisagée, explique sa précipitation.

La mise en discussion immédiate

La mise en discussion immédiate d’un projet ou d’une proposition de loi a ceci de particulier qu’elle ne permet pas de débattre suffisamment des problèmes que posent le texte loi. Le groupe parlementaire PDCI-RDA, dans sa déclaration (publiée sur les réseaux sociaux et dans la presse), a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une « procédure d'urgence, procédure sommaire, la discussion immédiate n'offre pas l'occasion aux députés d'examiner avec toute la sérénité requise les projets de loi ». Cela est d’autant plus vrai que l’examen « sommaire » de ces textes figurait au point II de l’ordre du jour. Or, le point I mentionnait 7 projets de loi à examiner. L’examen ne se limitait pas seulement aux dispositifs légaux. Il concernait aussi bien les rapports des commissions que les amendements ou autres observations des députés. L’une des conséquences d’une telle activité intellectuelle intense est l’épuisement des députés. Du coup l’examen du point II, devient un exercice harassant et tiré par les cheveux. Certains pourraient nous reprocher de faire fausse route. Mais si la volonté de Ouattara était de permettre une discussion enrichie, ses hommes auraient pu inscrire au 1er point, les projets de loi de ratification. Il nous semble évident que le régime Ouattara ne voulait pas d’un débat assez poussé sur le sujet pour l’évidente raison que cela pouvait mettre à mal, ses intentions de « distribuer » à titre gracieux, la nationalité ivoirienne.

Par ailleurs, nous nous interrogeons sur l’opportunité d’une mise en discussion immédiate des textes concernés. Pourquoi, la Commission des Affaires Extérieures n’a-t-elle pas été saisie au fond ? Pourquoi le régime Ouattara a-t-il soustrait de l’examen de la commission ces textes alors que d’autres lui ont été imputés ? Nous constatons que quatre projets de loi de ratification, tous examinés en commission par les députés, figuraient à l’ordre du jour de la séance plénière. Ces projets de loi dont les contenus étaient moins sujets à caution que ceux des conventions, ont été inscrits au point I de l’ordre du jour. Ce sont : Les’ projets de loi autorisant le Président de la République à ratifier :

- la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections, et de la Gouvernance adoptée le 30 Janvier 2007 à Addis-Abeba (Ethiopie)

- Le Traité portant révision du Traité relatif à l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (OHADA), adopté le 17 Janvier 2008 à Québec (Canada)

- La Charte Africaine de la Statistique, adoptée le 04 Février 2009 à Addis-Abeba (Ethiopie)

- La Charte du Conseil de l’Entente, adoptée le 05 Décembre 2011 à Cotonou (Bénin)

Seules les conventions sur l’apatridie ont été mises en discussion immédiate. Une telle manière de procéder laisse penser que le régime établit une catégorisation des textes. Au nom de quel critère des textes internationaux sont appelés à échapper à l’examen des commissions ? Ouattara et ses députés RDR, pourront répondre à cette question. Mais en attendant qu’ils nous fournissent des raisons totalement contraires à leurs réelles intentions, croyons que le régime voulait faire un passage en force compte tenu de l’obligation attachée à l’acte de ratification.

L’obligation attachée à l’acte de ratification

Les conventions portant statut des apatrides et réduction des cas d’apatridie, visent à faire disparaitre, à tout le moins, à réduire les cas d’apatridie dans le monde. Au terme de l’article 1er de la convention du 28 Septembre 1954, « l’apatride,  désigne une personne qu’aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation.» Autrement dit, un apatride est dépourvu de nationalité légale. Il n’appartient donc à aucun un Etat. C’est la raison pour laquelle, dès qu’un Etat devient partie aux conventions en question, il lui est fait obligation d’accorder sa nationalité à l’apatride qui se trouve sur son territoire. L’Etat concerné ne peut y déroger car l’objet de la convention à laquelle il adhère est d’aider l’apatride à sortir de sa situation juridique floue. Sur ce point, l’article 1er de la convention du 30 Août 1961 est précis. En effet, il indique que «  tout Etat contractant accorde sa nationalité à l’individu né sur son territoire et qui serait apatride». Au paragraphe a, la convention invite l’Etat à accorder sa nationalité de « plein droit à la naissance » et plus loin à l’article 8-1, il est indiqué que « Les Etats contractants ne priveront de leur nationalité aucun individu si cette privation doit le rendre apatride ». L’observation majeure que suscitent ces dispositions est que la nationalité est accordée dans ces cas, en raison de la présence sur le territoire de l’Etat. C’est donc le jus soli (droit du sol) qui est mis en avant par opposition au jus sanguinis (droit du sang). Cette option n’aurait posé aucun problème si l’on se trouvait en France ou aux Usa. Mais en Côte d’Ivoire, elle entre en conflit avec la législation sur la nationalité. En effet, en Côte d’Ivoire on ne devient pas un national du fait de la naissance sur le territoire (terrestre, aérien, maritime) mais du fait du lien de sang qui lie un enfant à son ascendant ivoirien. La lecture combinée des articles 6, 7 et 11 du code de la nationalité ivoirienne fait ressortir que, dans tous les cas ou un individu doit bénéficier de la nationalité ivoirienne, il doit avoir au moins un parent de nationalité ivoirienne. Cela vaut dans les cas d’adoption. La conséquence du droit du sol imposé induit nécessairement une modification de la législation interne, à tout le moins sa mise en veille, en ce que l’article 87 de la Constitution ivoirienne dispose que « les traités ou accords ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque traité ou accord de son application par l’autre partie ». C’est dans ce sens que l’article 3 du code de la nationalité précise « Les dispositions relatives à la nationalité contenues dans les traités et accords internationaux dûment ratifiés et publiés s’appliquent, même si elles sont contraires aux dispositions de la législation interne ivoirienne». Il nous semble donc que les dispositions renvoyant à la législation interne (la demande de la nationalité, les conditions de stage) et qui sont à nos yeux des fioritures, n’ouvrent pas la voie à un refus de naturalisation. Si tel était le cas, par ruse, les Etats pourraient ratifier les conventions et s’offrir le luxe, de rejeter la demande d’un requérant sur la base de sa législation. Une telle situation pourrait porter atteinte à l’objet de la convention tout comme une réserve émise par un Etat.

A l’évidence, l’obligation de l’Etat, ne dérange aucunement le pouvoir Ouattara qui espère tirer de solides dividendes de la ratification.

Les dividendes tirés de la ratification

Quel intérêt a Ouattara à « ivoiriser » à la pelle des apatrides? Le fait-il par humanisme? Bien sûr qu’il n’existe aucune ombre d’humanisme dans la politique de naturalisation démentielle à laquelle s’adonne le régime Ouattara. Il a bien sa petite idée. Il est en effet certain que Ouattara vise dans à renforcer la haute idée que la communauté de la CEDEAO a de lui. Il s’agit notamment des Burkinabè, Maliens, Guinéens. On se souvient qu’avant qu’il ne soit porté au pouvoir par la coalition Onuci-Licorne, il avait envisagé étirer les frontières ivoiriennes jusqu’au Burkina Faso, au Mali. Ce « fédéralisme Ouattara » visait à dissoudre la des ses Etats dans sa nouvelle entité juridique qui, à l’évidence, ferait de tous, des ivoiriens. N’ayant pas réussi à le faire, il a quand même eu l’intelligence d’agréger les forces de milliers de ressortissants Burkinabè, maliens, guinéens dans une rébellion armée qui a défiguré la Côte d’Ivoire. D’ailleurs, lors de la table ronde de Linas-Marcoussis (15-23 Janvier 2003), la question de la nationalité a été brandie comme l’une des causes de la guerre contre notre pays. Il fallait donc offrir la nationalité ivoirienne à 3 millions d’étrangers afin que les rebelles déposent les armes. Ouattara a donc pu glaner une véritable sympathie auprès de ceux dont la défense des intérêts est pour lui une priorité.

Selon le chargé principal de la protection au HCR, Sangaré Innocent, (lors d’un séminaire organisé le 15 Février 2013, avec la Commission des Affaires Générales et Institutionnelles de l’Assemblée Nationale) « en début 2009, près d’un (1) million de personnes se sont retrouvées dans une situation de flou juridique en Côte d’Ivoire quant à la détermination de leur nationalité » (source : le Blog de Soro Guillaume). Si l’on tient compte de ce nombre, l’on dira que dès la ratification des conventions sur l’apatridie, c’est au bas mot 1 million de personnes qui bénéficieront de plein droit de la nationalité ivoirienne. Ce nombre bien entendu ne prend pas en compte ceux pour qui Ouattara a déjà pris des décrets de naturalisation. Il s’ensuit que ce nouveau statut juridique confèrera à ses derniers, de nouveaux droits, notamment, la possibilité d’être électeurs, candidats aux élections, propriétaires fonciers. De tels privilèges aident Ouattara sur le plan politique à bénéficier du suffrage des anciens apatrides, bénéficiaires de sa générosité. Il y aura donc un bouleversement de la cartographie électorale de notre pays. Et quant on sait qu’à la faveur des élections législatives du 11 Décembre 2011, Ouattara a souverainement établi un nouveau découpage électoral, il y a à parier que les joutes électorales de 2015 seront du gâteau pour lui. C’est la raison pour laquelle son parti approuve, les yeux fermés, ces projets de loi.

Par ailleurs, la ratification de ces conventions rend ferme les piliers militaires qui soutiennent le pouvoir Ouattara. En effet, de nombreux mercenaires burkinabè, maliens et guinéens se sont engagés auprès de Ouattara pour mener le combat de l’« ivoirisation » de leurs parents. Chose du reste curieuse, pour des gens dont les parents sont déclarés apatrides! En résolvant ainsi ce problème il rassure ses mercenaires et, au delà, Blaise Compaoré, soutien objectif de Ouattara et ses rebelles.

C’est donc une double lutte que mène Ouattara. Une lutte de survie politique et une autre qui consiste à créer et renforcer les droits politiques, socio-économiques des étrangers qui le soutiennent. Et ce, au détriment de l’intérêt national. Pour réussir sa mission, Ouattara peut compter sur ses députés RDR copieusement programmés pour ne voter que « Oui ». Face ces députés, il y a lieu de faire émerger une alliance républicaine qui fera échouer le projet de Ouattara. Et à ce niveau, les élus du PDCI-RDA, de l’UDPCI et les indépendants, devront être à la hauteur de la tâche en privilégiant l’intérêt de la Côte d’Ivoire.

 

Alain Bouikalo, Juriste-Consultant.

mardi, 02 juillet 2013

ADHESION DU PETIT JUGE MILITANT ZORO BI BALLO AU RDR: L’AUTRE FACE DE L’IMPOSTURE

 

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Epiphane Zoro Bi Ballo, Directeur général de l’Agence Ivoirienne de la Coopération Francophone (AICF), vient, dit-on, de déposer ses valises et sa robe de juge au Rassemblement des Républicains (Rdr). Cet acte d’adhésion au parti au pouvoir d’Alassane Ouattara, a été présenté comme un fait majeur. Mais que recherchait le Rdr en communiquant sur ce que nous considérons comme un non-évènement?


 A la vérité, le pouvoir Rdr voulait nous présenter un homme qu’il dit être indépendant, libre, insoupçonnable. Un homme qui n’a ni flirté avec le Rdr, ni travaillé sous cape pour ce  parti.  Dès lors, l’adhésion d’un tel homme devient un grand coup frappé par le parti au pouvoir. Il fallait donc brandir le « nouveau membre » de « la case verte » afin d’espérer que son recrutement attire d’autres illuminés. Mais dans sa stratégie, le Rdr fait fausse route. En effet, il tente d’ignorer que Zoro Bi Ballo est aussi appelé « le petit juge de Dimbokro ». Cette périphrase forgée par le défunt régime  Bédié est la clé qui nous permet de comprendre que ce « petit juge » nageait depuis plus d’une décennie, dans les eaux saumâtres du Rdr.

Comme on le sait, en Septembre 1999, Zoro Bi fut celui qui signa le certificat de nationalité d’Alassane Dramane Ouattara. Cet acte le porta au devant de la scène dans un contexte politique extrêmement tendu. C’était l’époque où le régime Bédié, démontrait par maintes gymnastiques l’origine Burkinabè du Président du Rdr. On avait appris, officiellement, par les soins de Bédié que Ouattara était « burkinabé de par son père ». Henri Konan Bédié mis à notre dispostion, une importante littérature portant sur la nationalité burkinabè de Ouattara  (in les chemins de ma vie, page 147-150). Les pontes du régime Bédié riaient de l’incapacité de Ouattara à fournir « un tout petit papier ». Il fallait donc un « courageux » pour braver Bédié et ses thuriféraires. Comme par une extraordinaire coïncidence, se trouvait à Dimbokro, le colonel Issa Diakité, préfet du département de  Dimbokro et militant Rdr-Mpci. On notera au passage qu’après le renversement du régime de Bédié, Issa Diakité fut nommé pour le compte du Rdr, Ministre d`Etat, ministre de l`Administration du territoire dans le premier gouvernement de la junte (Janvier 2000). En 2003 le préfet militant qui a entrepris Zoro Bi, est nommé Ministre d`Etat, ministre de l`Administration du territoire pour le compte des Rebelles- Mpci, dans le gouvernement Seydou Diarra, après les accords de Marcoussis.

L’heureuse coïncidence fit du juge adjoint de la section du tribunal de Dimbokro, le signataire du certificat de nationalité tant réclamé à Ouattara. Mais nous ne sommes pas dupes. « Le petit juge de Dimbokro » savait le risque qu’il prenait, il a donc incontestablement reçu toutes les garanties de protection de la part de ses mandants.  Les jours qui ont suivi son « acte héroïque », précisément en Novembre 1999, le militant du Rdr quitta la Côte d’Ivoire pour un exil doré en France. On se souvient également qu’après avoir reçu des garanties de sécurité de la part de Sarkozy (lettre adressée à Youssouf Bakoyoko le 1er Décembre 2010), Youssouf Bakayoko déclencha la crise postélectorale et alla aussi se reposer en France. Bref, pour tenter d’expliquer son acte militant, Zoro Bi publia un ouvrage intitulé « Être juge en Côte d’Ivoire, désarmer la violence». En pénétrant l’ouvrage paru en 200 dans lequel il distille des concepts diffus sur la nationalité, Zoro-Bi tenta de s’offrir l’étoffe du juge qui désarma la violence en Côte d’Ivoire (sic).

« Le petit juge de Dimbokro » ne fut pas seulement celui qui brava Bédié pour son maître Ouattara. Une fois le pouvoir Bédié « frappé » ou encore après la « révolution des œillets » selon les termes de Ouattara et après que l’objectif de Zoro-Bi et ses maîtres fut contrarié, Zoro Bi alla encore au charbon. Il monta dès Octobre 2000 avec Me Ibrahim Doumbia, le Mouvement Ivoirien des Droits de l’Homme (MIDH). L’organisation en apparence apolitique pour contrer la Ligue Ivoirienne des Droits de l’homme  (LIDHO,) était en réalité, une échelle politique aux pieds de Ouattara et un dard orienté contre le régime de Laurent Gbagbo. Ce mouvement fut l’organisation ressource de l’Onu lors des enquêtes sur les évènements d’Octobre et Novembre 2000. De la rébellion armée pro-Ouattara de Septembre 2002 au renversement de Laurent Gbagbo en Avril 2011, l’ONG du « petit juge de Dimbokro » s’employa à faire une sélection en termes de dénonciation. Les rebelles étaient logiquement mieux traités que le pouvoir légal attaqué, contraint de se défendre contre les agresseurs. Aujourd’hui plus qu’hier, on comprend que Zoro-Bi était dans un parfait jeu de rôle. Il poussait son pion selon le moment choisi par ses parrains. On se croirait dans une mafia !

Zoro-Bi n’a pas fait que monter une ONG pour servir son maître Ouattara. Il a aussi été un acteur central du documentaire de propagande de l’obscur sociologue Belge Bénoit Schoer « Côte d’Ivoire poudrière identitaire ». « Le  petit juge de Dimbokro » voulait démontrer que le Président Laurent Gbagbo planifiait un génocide en Côte d’Ivoire. Naturellement, en le faisant, il pensait à la loi sur la compétence universelle des tribunaux belges. N’est-ce pas pour cela que le Rdr fit appel à l’ONG « préventions génocides » pour ce fameux documentaire ? En tout cas, la présence de cette ONG n’est pas fortuite. Par ailleurs, le documentaire fut utilisé par les hommes de Ouattara pour salir la Côte d’Ivoire dans les grands forums, lors des sommets africains et européens, auprès des diplomates occidentaux et africains. Zoro Bi ne peut donc pas prétendre être un homme indépendant, un « super juge intègre » et trainer dans de tels actes ignobles. D’ailleurs Zoro-Bi a été récompensé par son maitre Ouattara une fois au pouvoir.

Le 07 Août 2012, Zoro-Bi a été décoré par Ouattara. Pour quel haut fait ? Tout simplement pour avoir été un « petit juge militant » au service de Ouattara. Ce même jour, Ouattara décora une cinquantaine de militants RHDP. Il fut également nommé Directeur général de l’Agence Ivoirienne de la Coopération Francophone (AICF). Mais cela ne suffit certainement pas. Zoro-Bi voulait aussi diriger la Mairie de Sinfra sous le manteau du Rdr. Pour atteindre son objectif, il monta dès  2012, une équipe à Sinfra avec pour mission principale, œuvrer à offrir la commune au « petit juge de Dimbokro ».

Là- bas on se souvient en cette année là de  l’annonce faite au domicile du chef de tribu Mathias Zagouta Bi kalé  , devant les chefs de village de la Tribu Sian réunis, de sa volonté de briguer la mairie de Sinfra sous l’étiquette du RDR. Le « juge independant » a dû se rétracter par la suite parce qu’il ne figure pas sur la liste électorale de la commune. Alors, peut-on prétendre être neutre lorsqu’on tente d’être élu sous la bannière d’un parti politique ?

Voici donc le défenseur des droits de l’homme, le juge extraordinairement intègre, qui se retrouve brusquement au palais avec ceux qui hier, et aujourd’hui, ont violé et continuent de violer abondamment les droits humains. Zoro Bi Ballo qui affirmait haut et fort qu’«Une justice sélective et aux ordres est source potentielle d’insurrection et de rébellion» (In l’intelligent d’Abidjan, Octobre 2011) est aujourd’hui l’un défenseurs acharné d’ un régime qui fait de la justice sélective un système de gouvernance.

En allant donc poser devant les caméras les mains chargées de sa carte « renouvelée » et le cœur grisé par le discours flatteur d’Amadou Soumahoro, « le petit juge militant » ne faisait rien d’autre que montrer l’autre face de l’imposture.

 

Alain BOUIKALO, Juriste.

vendredi, 24 mai 2013

COLLOQUE INTERNATIONAL D’HOMMAGE A HENRIETTE DAGRI-DIABATE, UNE VASTE IMPOSTURE

 

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Du 13 au 15 Mai 2013, l’actualité ivoirienne a été marquée par un événement majeur. En effet, à l’initiative du ministère de la culture et de la Francophonie, il fut organisé un colloque international d’hommage à la grande chancelière Henriette Dagri-Diabaté. A l’occasion, la grande chancelière fut présentée sous deux angles. L’on parla de l’historienne puis de la femme politique. Si les initiateurs du colloque avaient choisi de n’aborder que la femme dans sa dimension d’historienne, on aurait ôté le chapeau pour s’incliner devant l’éclatante œuvre scientifique de notre chancelière. Malheureusement, il fut associé à l’image de celle-ci, le triste manteau politique qu’elle porte. On se surprend même à se demander si le colloque n’avait pas été guidé par l’étoffe politique. Il est évident que si notre chancelière n’avait pas exercé de mandat politique, elle ne serait pas chancelière, membre influente de la dictature d’Abidjan. En conséquence, il n’aurait pas été possible au ministère de la culture et de la Francophonie d’initier ce colloque. On dira également que l’initiative aurait pu naitre des années avant car, elle exerça en tant que Ministre de la culture dans le gouvernement Ouattara (1990-1993), Ministre de la culture et de la francophonie sous la transition militaire (Janvier-Mai 2000), Ministre d’Etat, garde des sceaux, Ministre de la justice, sous Laurent Gbagbo (2003-2006) l’opportunité d’un colloque international n’avait-elle pas été détectée durant ces années? Cette question aide à porter une lumière crue sur l’imposture baptisée colloque international d’hommage… Laissons donc de côté Henriette Diabaté historienne et penchons nous sur la grosse cicatrice de son parcours, c’est-à-dire, la femme politique. Mais bien avant, marquons notre étonnement face à l’attitude de ces grands intellectuels qui soit n’ont pas subodoré l‘imposture – chose invraisemblable –, soit, bien que le sachant, se sont rendus complices de la manipulation et de la falsification.

La complicité des intellectuels

En Afrique comme partout ailleurs, l’intellectuel inspire respect, admiration. Il est une référence pour la société, un éclaireur. Ses positions, dans bien des cas, font autorité. S’il en est ainsi, c’est parce qu’il a en lui, un bagage de connaissances dont il se sert pour apporter la lumière. Du haut de son savoir il a la capacité de distinguer la bonne graine de l’ivraie. Mais si avec tous ses parchemins, il ne réussit pas à voir venir vers lui le faux, soit il en est lui-même le concepteur, soit il en partage l’esprit. A quoi avons-nous assisté lors du colloque? Une foultitude d’universitaires que nous pouvons classer en trois groupes. Le 1er groupe -majoritaire- est constitué des universitaires du Rassemblement Des Républicains (RDR), parti d’Henriette Dagri Diabaté. Le second d’universitaires venus des autres pays d’Afrique, qui maitrisent certainement moins les méandres de la vie politique ivoirienne et le 3ème, un ensemble d’enseignants qui pour l’essentiel, ont fait les bancs avec la chancelière ou ont été ses étudiants ou collègues. Si l’on interroge ces groupes, ils répondront sans aucun doute qu’il s’agit d’honorer une universitaire et que le savoir transcende les positions politiques. Cependant ce n’est pas une partie de l’universitaire qui est célébré c’est plutôt l’universitaire dans sa globalité, c’est-à-dire son parcours. L’initiateur du colloque a eu la brillante idée de mettre dans un même panier, l’historienne et la femme politique. Il s’agit donc d’une double mission, poser deux couronnes. L’une pour son titre de professeur titulaire d’histoire et l’autre pour son haut combat politique (sic)! Quel est cet intellectuel qui aurait pris son courage à deux mains, lors des panels, pour déchirer le laid cocon dans lequel est enfermé le rôle politique de la grande chancelière? Aucun. C’est à ce niveau que se situe la complicité des intellectuels qui ont accepté d’accompagner le faux jusqu’aux portes de chaque ivoirien. Et ce n’est pas tout. La complicité, c’est aussi la création d’un prix portant le nom de la grande chancelière. Il s’agit du prix de l’éducation et de la culture. Ce prix est tout un message et l’on devine déjà toute la littérature laudatrice qui l’accompagnera. Elle alliera déformation et malformation. Mais cela n’affranchira pas ce prix de la cicatrice du parcours de Dame Henriette Dagri-Diabaté. Un prix a une histoire, une philosophie, une morale et un enseignement à dégager. Le récent prix imposé sous l’œil complice de ces intellectuels ivoiriens, se détachera-t-il du rôle politique de sa « marraine »? Dira-t-il que sa « marraine » a eu un parcours sans cicatrice? Bref. On ressent comme une admirable trahison, la déformation de notre jeune histoire, par des intellectuels démissionnaires.

La femme politique qui n’est pas Jeanne d’Arc

Saisir la grande chancelière dans sa dimension politique, c’est s’attendre à jouer sur deux tableaux. Le 1er tableau la présente comme la militante du Pdci-Rda et le 2nd, comme une militante du Rassemblement des Républicains (RDR). Intéressons-nous au deuxième tableau. Pour mieux le comprendre il importe de suivre la logique des intervenants. En effet, selon eux, la grande chancelière, a par son engagement politique, délivré la Côte d’Ivoire. Elle est donc selon Affoussiata Bamba « la Jeanne d’Arc du Rdr et même du 21ème siècle ». Pour le prof Penda M’Bow « on n’a pas à aller chercher Jeanne d’Arc pour parler d’Henriette Dagri Diabaté… » Autrement dit, elle est déjà Jeanne d’Arc ou elle la supplante. L’image parfaite de la grande chancelière découle plus de sa fonction d’enseignante que de son rôle politique. En tant qu’enseignante, il serait hasardeux de la comparer à Jeanne d’Arc d’autant que celle-ci n’était –selon les versions officielles- qu’une petite analphabète. Parler de son courage, de son intelligence, on pourrait comparer plusieurs femmes ivoiriennes à Jeanne d’Arc partant d’Henriette Diabaté à Irié Lou Colette en passant par le Prof Jacqueline Lohoues-Oble (1ère femme agrégée de droit privé en Afrique). Au regard de ces exemples, on déduit que la comparaison faite ne vise que le terrain politique. Mais là encore, nous sommes saisis d’effroi. On sait que Jeanne d’Arc avait reçu la «divine mission » de libérer le royaume de France de l’envahisseur anglais. Elle réussit, à la tête des troupes, à libérer Orléans –qui était au bout de la reddition- à marcher sur Reims et légitimer le roi Charles VII. Bien qu’ayant été arrêtée, le courage qu’elle insuffla aux troupes, permit à celles-ci de multiplier les conquêtes, alliant négociations et victoires. Bref, Jeanne d’Arc a combattu contre l’occupation anglaise, par patriotisme. Quid de la grande chancelière?

A la tête de son parti le Rdr, elle a transformé ce parti en l’aile politique de la rébellion armée pro-Ouattara qui a attaqué la Côte d’Ivoire en septembre 2002. Il s’agit d’une attaque contre les institutions de la République. Contrairement à Jeanne d’Arc qui se battit pour tenir la France débout, la grande chancelière et son parti se sont ingéniés à affaisser la Côte d’Ivoire durant près de 10 années. La sauvegarde des institutions n’était guère une priorité. Pour être la « Jeanne d’Arc du 21è siècle » il aurait fallu que notre chancelière se tienne courageusement devant les troupes du Rdr pour dénoncer et combattre auprès des autorités constitutionnelles. Au contraire, ceux des membres du Rdr qui ont dénoncé l’attitude traitresse de leur parti, ont été ostracisés. Aujourd’hui, le Député Mamadou Ben Soumahoro est en exil, Thierry Légré, ancien Président du Cercle Alassane Dramane Ouattara (CADO) est aussi en exil. Le Ministre Jean Jacques Béchio après avoir été sauvagement battu par les hommes de Ouattara a séjourné dans ses goulags du nord. Les cadres du Mpci, sont des cadres du Rdr: Affoussiata Bamba qui considère la chancelière comme la jeanne d’arc du 21ème siècle, fut porte-parole du mouvement rebelle avant de devenir Député Rdr puis Ministre de la communication (porte-parole adjointe du gouvernement). Quelle Coïncidence! Idem pour Soro Guillaume et tous les Ministres et députés du Mpci. Jeanne d’Arc s’est-elle alliée aux anglais pour combattre la France? Comment Jeanne d’Arc peut-elle être l’égérie de la chancelière quand tout les oppose –dans la forme comme dans le fond- La grande chancelière n’a mené aucun combat de libération de la Côte d’Ivoire. Bien au contraire, elle a fait emprisonner la Côte d’Ivoire dans les fers de la domination française, de la dictature et de la promotion des contre-valeurs. Quand par son soutien visible ou invisible, des rebelles et mercenaires burkinabè mettent en coupe réglée un pays et se hissent au pouvoir, il est totalement abject de louer « la bravoure » de notre chancelière. Le colloque a eu le mérite de taire cette cicatrice du parcours de la chancelière pour ainsi la présenter comme celle dont le courage est en passe de faire de notre pays, un pays étrangement émergent. Voici une fausse histoire qui est en train d’être écrite par les vainqueurs de la guerre. Une histoire contre la mémoire collective. Une laide histoire!

« La femme n’est pas une lame qui déchire la société…», disait Henriette Dagri Diabaté. Pourtant, la société ivoirienne a été déchirée grâce à la complicité d’une historienne célébrée par son parti sous le couvert d’un colloque international. C’est de l’imposture pure et simple. Si la promotion d’une société des valeurs se marie avec le maquillage de l’histoire, autant conclure que la Côte d’Ivoire est mal partie.


Alain Bouikalo, Juriste-consultant.

jeudi, 21 mars 2013

SORO GUILLAUME SOUMIS A LA DICTATURE DU FAUX

 

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L’ex-chef de guerre et auteur de « Pourquoi je suis devenu rebelle » semble avoir transformé ses interminables missions parlementaires, en un véritable combat contre Le Président Laurent Gbagbo. Ce combat qu’il mène courageusement, n’a jamais convaincu les observateurs avertis de la scène politique tant il pue le faux. Parachuté, par violation de la Constitution, au sommet du parlement ivoirien (en quête de légitimité) Soro Kigbafori a une fois de plus donné raison à tous ceux qui pensent, à raison, qu’il est soumis à la dictature du faux. Récemment face aux députés congolais, le chef du parlement ivoirien a déçu le monde par des propos qui s’écartent outrageusement de la vérité historique.

Sa théorie de la démocratie, une dictature du faux

Ceux qui découvrent pour la première fois Soro Guillaume risquent de tomber sous le charme du « rapport très intime » qu’il entretien avec la démocratie. Selon lui en effet, « la démocratie économise les vies humaines, émancipe et intègre les dominés, stimule l’inventivité des hommes… » Autrement dit, la démocratie est salvatrice, elle élimine les disparités et libère les énergies créatives. Pour y arriver semble-t-il conclure, il faut une « loi juste incarnée par la constitution démocratique » (Sic). On aurait demandé à chacun d’applaudir des deux mains si ce cours venait de Montesquieu ou d’Abraham Lincoln. Mais venant de Soro Guillaume l’on doit le considérer comme une farce inacceptable. Sa personne et son discours sont antinomiques. Considérons premièrement la loi dont il parle. Il est fait obligation à chaque citoyen de respecter la loi et de façon plus large, de respecter les institutions de son pays. Une telle obligation s’étend bien entendu aux normes frappées de certaines imperfections. Et ces normes n’étant pas des « tentes dressées pour le sommeil » peuvent être modifiées soit par une pression de la classe politique soit par l’action de la société civile. Jamais les lois n’autorisent un citoyen, fut-il le plus frustré ou le plus intelligent, à prendre des armes pour exiger que la constitution soit « démocratique ». Dès lors qu’un citoyen s’autorise cette voie, il ne peut être regardé comme un repère en matière de respect des lois. En cédant à ses pulsions guerrières, Soro Guillaume a montré à tous qu’il accordait peu d’intérêt à la loi et au respect des institutions. Deuxièmement, intéressons-nous à sa fameuse démocratie qui économise les vies. Notons d’emblée qu’il serait faux de croire que seul le gouvernant a l’obligation d’être démocrate. Ceux qui s’opposent à lui et qui comptent exercer le pouvoir, doivent aussi ingérer les valeurs démocratiques. Lorsque Soro parle de la démocratie, il nous renvoie indubitablement à la gouvernance Gbagbo qu’il qualifie de non démocratique. Automatiquement, il trouve une certaine «légitimité » à sa rébellion. Or en sa qualité d’opposant au Président Gbagbo il avait le devoir d’être un démocrate. Malheureusement il ne l’a pas été tout comme il ne fait pas l’effort de l’être aujourd’hui. Partant de ce fait, on peut se demander de savoir qui est-ce qui n’a pas été en mesure de respecter le jeu démocratique. La réponse est claire comme l’eau de roche : Soro Guillaume, au lieu d’« économiser les vies humaines », les a liquidées par carence démocratique. Qui est donc ce super démocrate qui forme une bande armée, tue, égorge, éventre des citoyens innocents, met en coupe réglée une partie du territoire? Un démocrate peut-il déifier ses prouesses par la mise sur le marché d’un ouvrage intitulé « Pourquoi je suis devenu rebelle » ? Un démocrate qui attaque par les armes les institutions de son pays n’en est pas un. Dire le contraire, serait couronner tous les impénitents rebelles téléguidés par les impérialiste et qui pillent impunément l’Afrique.

Sa présentation de la crise postélectorale, une dictature du faux

Le discours de Soro au parlement congolais a aussi porté sur le vainqueur des élections présidentielles de 2010. Laurent Gbagbo serait, à ses yeux, celui qui « n’a pas accepté le verdict des urnes et s’est arrogé, de façon arbitraire et unilatérale, le droit de se soumettre au verdict des urnes ». Faut-il en rire ? Voici un démocrate qui intègre la fraude, la violence, dans ses méthodes de conquête de pouvoir. Comme il le dit si bien,  la «démocratie émerge de la force morale du compromis… ». Si cela est vrai quelle est la morale de la fraude électorale ? Devront-nous codifier la fraude pour le plaisir de ceux qui en font leur moyen d’accession au pouvoir? Comment pourrons-nous expliquer aux générations futures que dans un Etat, la voix des institutions est plus forte que celle d’un individu ? En Côte d’Ivoire, tous savons que lors des élections, le nord a été braqué par les rebelles de Soro Guillaume. La fraude a été telle que le logiciel de l’entreprise Sils, (entreprise chargée du décompte électronique) s’est vu obligé de rejeter des procès verbaux pour non-conformité. Par une extraordinaire opération du saint esprit, le nombre de votants s’est trouvé être supérieur au nombre d’inscrits. D’où les scores soviétiques obtenus par Ouattara dans ces zones. Par ailleurs différentes missions d’observateurs avaient noté des cas graves de violence dans la zone sous contrôle rebelle. Seul le camp Ouattara dit n’avoir pas entendu parler de fraudes au nord. Quoi de plus normal ! Si nous devons considérer que la fraude contribue à la prise du pouvoir, Ouattara a bel et bien gagné les élections. Mais comme cette donne est rejetée et le rôle de l’institution chargée du contentieux électoral est renforcé alors « la victoire » de Ouattara est l’expression de la dictature du faux. Quel est donc ce vainqueur qui fait proclamer ses résultats dans son quartier général (un hôtel), hors délai, par un individu agissant seul, face à des caméras étrangères… ?  Ce coup d’état électoral a déclenché des violences. Pour Soro, « L’ancien Président est le seul responsable et coupable de la crise postélectorale et ses dramatiques conséquences pour les populations ». Il se comporte ainsi comme Fatou Bensouda appelée à charger Laurent Gbagbo et à aussi le considérer comme co-auteur direct et/ou indirect de crimes commis au Kenya. Il y a de la part de Soro, un profond désir de ne point se défaire de la dictature du faux. Comment peut-on logiquement considérer que la partie attaquée lors d’un conflit, est la seule responsable des crimes qui en ont résulté ? A considéré que Soro Guillaume soit dans le vrai, qui serait le responsable des crimes commis par les hommes de Ouattara ? En effet, le rapport de la Commission Nationale d’Enquête estime à 727 personnes, les victimes des hommes de Ouattara. A supposé qu’il se soit défait de la dictature du faux, qui serait le responsable et coupables de tous les fatwas lancés (depuis le golf) contre les institutions? Bref, n’allons pas plus loin pour comprendre que le dogmatisme dont parle Soro est bien cultivé par les défenseurs de Ouattara.

Discours sur la xénophobie, une dictature du faux

Soro guillaume a salué de grands combattants qu’il met en opposition avec le Président Laurent Gbagbo. Par pudeur, il n’a pas osé pousser le pion loin pour dire qu’il ressemble à ceux dont le combat a été salué. Heureusement ! Si Laurent Gbagbo n’est pas Um Nyobé ou Lumumba, selon Soro c’est parce que Gbagbo voulait « expulser de son sol tous les étrangers.. » Gbagbo n’est donc pas un panafricaniste y compris « ces ivoiriens qui ont massacré le burkinabé et le malien.» Premièrement Soro se trompe de cible. A la vérité, le chasseur d’étrangers est bien Ouattara qui a instauré, lorsqu’il était à la primature, une carte de séjour. Soro peut-il nous dire que Ouattara entendait embrasser tous ceux qui ne détenaient pas leurs titres de séjour? Non. Il a fallu Laurent Gbagbo pour supprimer cette carte jugée injuste. En outre, sous Gbagbo, il n’a jamais existé un plan de rapatriement massif des étrangers vers leurs pays. Bien au contraire, la Côte d’Ivoire a tellement été bien accueillante qu’au plus fort de la crise ivoirienne, des étrangers affluaient vers les frontières ivoiriennes. Le seul plan de chasse aux étrangers existait dans les fantasmes des hommes de Ouattara au point où ils ont sollicité les services d’un sulfureux sociologue auteur de « Côte d’Ivoire poudrière identitaire ». Le fameux Benoît Schoer tombé dans l’oubli. Deuxièmement, Soro discrimine entre les victimes. La victime malienne ou burkinabé est-elle plus importante que la dépouille de Phillipe Rémond ou de monsieur tout le monde ? Lorsque Soro parle de « ses » victimes, il ne fait que rendre hommage à tous ces mercenaires maliens et burkinabés qui ont combattu pour Ouattara et dont certains ont intégré l’armée ivoirienne. Que viennent chercher ces burkinabés et maliens dans une crise ivoirienne ? La récente naturalisation massive de milliers de burkinabés répond à cette question essentielle. Ce discours sur la xénophobie, qui sonne totalement faux, vise à créer un désert autour de Gbagbo. Quelle tâche ! Le camp de Soro est dépassé par les soutiens que recueille le Président Gbagbo. Il pense ainsi réussir là où les puissants réseaux françafricains ont échoué. Ce que Soro oublie c’est que la mémoire collective l’a catalogué dans le registre de ceux qui déconstruisent l’Etat.  Et au fur et à mesure qu’il accumule les médailles, il lui parait difficile de s’affranchir de la dictature du faux.

 

Alain Bouikalo, Juriste-consultant

lundi, 18 février 2013

INTERDICTION DU MEETING DE LA JFPI, OUATTARA CONFIRME SON STATUT DE DICTATEUR

 

  

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Les démocrates d’hier seraient-ils devenus les dictateurs d’aujourd’hui? Répondre non à cette question nous mettrait certainement à l’abri de la répression. Cependant la vérité est tellement grosse que l’on ne peut commettre l’erreur de servir le faux au monde entier. L’exemple de l’interdiction du meeting de la Jeunesse du Front Populaire Ivoirien (Jfpi) vient une fois de plus renforcer la performance dictatoriale du régime Ouattara. On note que le Vendredi 15 Février 2013, le maire intérimaire de Yopougon a pris un arrêté interdisant le rassemblement de la Jfpi. Ce curieux arrêté a été soutenu par un communiqué du Ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko. Avant de porter un regard sur ledit arrêté, il convient de noter que l’objectif visé par toute cette gymnastique détestable est bien la réinstauration de la pensée unique.

La réinstauration de la pensée unique en Côte d’Ivoire

Si le pouvoir n’a pris aucun acte officiel replongeant notre pays dans l’univers sombre de la pensée unique, il a toutefois laissé la tâche à Amadou Soumahoro (Sgi du Rdr), de porter à la connaissance des ivoiriens et du monde, l’aversion que ce régime a pour l’expression plurielle. Pour ce responsable politique « Ado sera au pouvoir jusqu’en 2053 » in L’intelligent d’Abidjan n°2397- Décembre 2011. Et pour y arriver, il faut supprimer l’opposition significative, c’est pourquoi, il avait précisé lors d’un meeting : « nous allons demander à nos militants de se mettre en ordre de bataille pour mater tous les militants du Fpi qui s’attaqueront au Président Alassane….tous ceux qui se sont attaqués à Alassane se trouvent au cimetière. » Ces propos, du reste irresponsables, soulèvent une question centrale : comment peut-on, dans un régime dit démocratique exercer un mandat présidentiel pendant un demi siècle? La réponse se trouve dans la répression des manifestations organisées par le Front Populaire Ivoirien (Fpi). L’idée est de faire taire ce parti en vue de permettre au régime d’entretenir paisiblement son  coït avec la dictature. Et il le fait si bien. En moins de trois ans d’exercice controversé, le dictateur Ouattara et ses alliés ont réprimé dans le sang quatre meetings du Fpi. Ce sont : Koumassi (08 Octobre 2011), Bonoua (19 Novembre 2011), Port Bouet (20 Novembre 2011), Yopougon (21 Janvier 2012). Observons qu’aucun de ces rassemblements n’était frappé d’aucune mesure d’interdiction. Les nervis du pouvoir ont tout simplement attaqué ces meetings et ce, conformément aux déclarations de leur responsable politique, le sieur Amadou Soumahoro. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, aucun de ces barbares n’a été arrêté. En outre, deux rassemblements des jeunes de ce parti ont été interdits : Sit-in à la cathédrale St-Paul d’Abidjan (04 Octobre 2012), Meeting à la place CP1 (16 Février 2013). En procédant ainsi, le dictateur Ouattara a la chance de régner pendant un demi-siècle. Mais pourquoi ce régime s’acharne-t-il contre le seul Fpi ? Il est clair que le parti de Laurent Gbagbo demeure la seule force capable d’empêcher Ouattara de vivre comme un beau monarque. Dans son entendement, laisser le Fpi remobiliser ses troupes et exposer aux yeux du monde les tares du régime, pourrait précipiter sa fin. C’est la raison pour laquelle, les forces onusiennes, les chaines de télévision, notamment françaises aident ce pouvoir à réprimer le peuple de Côte d’Ivoire. C’est écœuré que l’on a vu les forces de l’Onuci étouffer l’expression du peuple libre en aidant le régime Ouattara à empêcher le meeting de la Jfpi du 16 Février 2013. L’on ne cessera de se demander si le mandat de cette organisation mafieuse consiste aussi à appuyer les dérives totalitaires du régime Ouattara ? Si oui, l’on comprendra pourquoi l’Onu n’a jamais réglé de conflits mais les a exacerbés. Bref, le régime Ouattara a achevé de nous convaincre que nous sommes dans un système répression du pluralisme.

L’arrêté Bertin Yao Yao, une vraie sorcellerie politique

L’arrêté n°016/MY/CAB 01 du 14 Février 2013, n’est rien d’autre que la traduction juridique de déclarations et d’intrigues politiques. En effet, les soldats politiques du régime Ouattara ont été très actifs à la veille du meeting de la Jfpi. Citons quelques propos. Karamoko Yayoro (Rdr): « «S’il (Koua Justin) vient pour une action subversive, nous encourageons les FRCI à faire barrage à la déstabilisation….C’est inadmissible…c’est la négation de la jeunesse ivoirienne. Nous ne pouvons plus accepter la manipulation de la jeunesse… » Yaké Evariste (désormais au service du régime), après avoir appelé la Jfpi à annuler son meeting, a avoué « Koua Justin peut aller faire son meeting à Daloa où il vit….qu’il n’emmerde pas les populations de Yopougon parce qu’il sera tenu pour responsable de ce qui arrivera » Ces propos ont été appuyés par ceux du porte-parole principal du Rdr, Joël N’Guessan « Les meetings et autres marches projetés n’auront aucune incidence sur la conduite de l’audience de confirmation des charges. Ils ne feront que remuer le couteau dans la plaie des parents des victimes » Ces discours ont été plongés par leurs auteurs dans l’eau trouble de la réconciliation nationale. Le meeting est donc «une démarche ambigüe et contradictoire du FPI». Les propos susmentionnés avaient pour seul objectif de présenter le meeting comme dangereux pour les populations et les victimes Rdr de la crise postélectorale. Le décor ainsi planté, le maire pouvait en toute légitimité intervenir pour interdire le meeting. Bref regard sur l’arrêté.

 L’arrêté Bertin Yao Yao qui semble s’adresser à tous, s’adresse uniquement au Fpi. Il est orienté contre les activités de ce parti et pour donner une texture légale à cet arrêté, le pouvoir a usé de sorcellerie politique. L’on sait, à partir de jurisprudences (arrêts Benjamin, C.E. 19 Mai 1933 Gaja 52, Houphouët Boigny, C.E. 19 Juin 1953, Rec 298), que l’interdiction d’une réunion est subordonnée à deux conditions : D’une part, la menace de troubles graves et d’autre part l’absence de moyens efficaces c’est-à-dire l’insuffisance des forces de police pour maintenir l’ordre public. Que fait le pouvoir pour donner l’impression de respecter la volonté du juge? Sachant pertinemment que le meeting de la Jfpi est prévu le 16 Février, les dictateurs d’Abidjan suscitent la manifestation d’une coordination dite des victimes et parents de victimes de la crise postélectorale. Celle-ci se réunit le 13 Février au cercle du rail et annonce par la voix de Sylla Aboubacari, qu’elle occupera l’espace CP1 à partir du vendredi 15 Février jusqu’à la confirmation des charges du Président Gbagbo. Cette annonce vient concurrencer celle de la Jfpi laquelle organisation avait déjà eu des séances de travail avec les autorités. De cette confrontation de manifestations, nait l’idée de trouble à l’ordre public. Dès lors, le Maire se trouve, à ses yeux, légitimé à interdire le meeting de la Jfpi. En soutien au Maire, le Ministre de l’intérieur, invite les militants du Fpi à se conformer aux instructions du 1er magistrat de la commune sans manquer d’apporter deux précisions qui le disqualifient : « la réaction hostile d’une importante frange de la population » et « le contexte préélectoral. » Pour ce qui  Concerne la réaction hostile de la population, le ministre ne donne pas un contenu précis au terme « population » s’agit-il de toute la population de Yopougon ? Existe-il une pétition contre la manifestation ? Pourquoi cette frange de la population ne manifeste-elle pas une hostilité lorsque les partisans de Ouattara dont Zadi Djédjé tiennent des meetings sur la même place ? Un véritable flou artistique. D’autre part concernant le contexte préélectoral, l’on se demande comment une manifestation du 16 Février peut-elle avoir une incidence sur des élections prévues pour se déroulées le 21 Avril 2013.  A la vérité le Ministre est en quête d’arguments pour créditer l’idée de troubles graves à l’ordre public. Même dans ce cas, il faut que le critère relatif à l’insuffisance des forces de police soit réunit.  En l’espèce, il n’est pas réunit dans la mesure où la police, la gendarmerie et les forces onusiennes sont suffisantes pour sécuriser et le cas échéant, rétablir l’ordre. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur l’impressionnant dispositif militaire déployé pour empêcher la tenue du meeting. Ce dispositif aurait pu sécuriser la manifestation.  Aucune des conditions nécessaires à l’interdiction de la manifestation n’existait. Le pouvoir s’est inventé des risque de débordement mais n’a pas signifié que les forces de police sont insuffisantes pour les contenir. Si l’on était dans un état de droit, l’on conseillerait à la Jfpi de saisir la justice aux fins d’invalidation de l’arrêté. Mais étant donné que nous sommes dans une dictature où la justice et le pouvoir Ouattara forment une seule et même entité, l’entreprise serait vaine.

 Retenons en définitive que l’interdiction du meeting de la Jfpi est un signe qui nous situe sur le caractère dictatorial du pouvoir Ouattara. Après avoir utilisé des pierres, des machettes, des armes à feu et des gourdins pour faire taire le Fpi, ce pouvoir utilise maintenant des procédés de police qu’il manipule très mal. Ouattara et ses alliés veulent gouverner seul, pour un seul camp, contre la majorité. Heureusement que le peuple en est conscient.

 

Alain Bouikalo, Juriste-consultant.

Yopougon - Meeting avorté de la JFPI: Ce qui s'est passé à la Place CP1, vendredi et samedi


Le meeting annoncé à grand renfort médiatique par la JFPI n'a pu se tenir samedi, comme prévu, à la place CP1. A la place des militants de la JFPI et des sympathisants de Laurent Gbagbo, ce sont des policiers armés de matraques et des détachements de Frci qui étaient visibles. Ils ont campé là et occupé l'espace depuis la veille. Ils ont même tenu compagnie à ceux qui participaient aux veillées funèbres et qui ont été enjoints de tout mettre en œuvre pour libérer l'espace aux premières lueurs du samedi. Ordre avait été donné vendredi soir, à la police de faire respecter l'arrêté d'interdiction de la mairie endossé par le ministère de l'Intérieur. 

Les organisateurs du meeting et des participants, qui, dans leur stratégie n'arboraient pas de signes distinctifs comme les tee-shirts, étaient aussi présents sur l'espace dans la soirée du vendredi. Ils étaient les principaux clients des maquis environnants. Samedi, c'est une place CP1 déserte, encerclée par des policiers que nous découvrons dès les premières heures de la matinée. Koua Justin et ses camarades n'étaient pas loin de là. Ils s'étaient répliés sous les arbres dans un espace en face du portail principal du collège William Ponty. C'est en voulant sortir de là pour converger vers la place en scandant ''CPI libérez Gbagbo'' qu'ils se sont heurtés au premier dispositifs policiers qui barrait la voie d'accès. Dans la débandade qui s'ensuit, des blessés et des arrestations sont enregistrés sous une avalanche de grenades lacrymogènes et des tirs de dissuasion. 

Lors de la conférence qu'il tient deux heures plus tard, au QG de LMP à Attoban, le secrétaire national de la JFPI, Koua Justin, annoncera cinq blessés et huit cas d'arrestation. Et contrairement à ceux qui parlent d'échec, Koua soutient qu'il s'agit plutôt d'une victoire. ''L'objectif est atteint'', se félicite-t-il. Pour l'organisateur en chef de la manifestation qui visait à ''crier l'indignation'' des siens à la CPI face à la détention de Laurent Gbagbo, la violence exercée par le pouvoir est la preuve que Laurent Gbagbo n'est pas seul et il compte toujours pour des milliers d'Ivoiriens.

S. Debailly


Source: BERMUDAS WEEDS

vendredi, 27 juillet 2012

ALASSANE OUATTARA, LE CURIEUX SAUVEUR DES PAUVRES

 

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Alassane Dramane Ouattara serait-il devenu le bon samaritain des tropiques ? Nous ne réprimerons pas l’envie de répondre oui. Mais ici, il est un curieux sauveur. En effet, lors de l’une de ses nombreuses pérégrinations, Ouattara aperçu la Côte d’Ivoire gisant dans son sang, ses bassesses et ses souffrances. Il s’approcha de l’épave et eu la gentillesse de verser quelques fines larmes bien chaudes. Il récupéra la Côte d’Ivoire pour dit-il, la soigner, à sa manière bien sûr. Et depuis plus d’un an, il soigne notre pauvre pays, un pays où le taux de pauvreté avoisine les 50%. Un pays où le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) est fixé à 36 607 FCFA. Depuis plus d’un an, les tendances des prix des produits de première nécessité est à la hausse. Les finances des ménages ont toutes connues un dépérissement au point où des commerçants ont cru bon créer le slogan « Gbagbo ka fissa » c’est-à-dire « Gbagbo est mieux » en langue malinké. Les travaux « herculéens » engagés est un rideau translucide qui dévoile la misère du bas peuple.  Depuis qu’il soigne ce pays, rien ne va. La Côte d’Ivoire vit au rythme des massages cardiaques, des comas répétés et des convalescences précaires Pourtant elle est entre les mains d’un sauveur, un sauveur des pauvres, un bien curieux sauveur !

Après avoir secoué plusieurs entreprises en vue d’extirper les indésirables et grossir le cercle des pauvres, il met aujourd’hui le cap sur les universités publiques. Il veut, pour sauver les pauvres, secouer ces universités en vue de les tenir  en marge du système. C’est la dernière thérapie qu’il vient de décrocher. Il ne s’est pas gêné de la publier. Désormais donc, pour sauver tous les pauvres qui auront la chance d’être orientés dans les universités publiques de Côte d’Ivoire, ceux-ci devront prendre les médicaments suivants : Inscription en Licence : 100 000 FCFA, Master : 200 000 FCFA, Doctorat : 300 000 FCFA (système LMD). Et puisque notre Alassane Dramane Ouattara est le nouveau chantre de l’intégration sous régionale (cela se comprend aisément), tous les étudiants de l’espace UEMOA sont alignés sur le même tarif. La situation de ceux qui sont hors espace UEMOA est pire que le cancer où le choléra ; Licence 300 000 FCFA, Master 400 000 FCFA, Doctorat 500 000 FCA.

Pour le bon samaritain des tropiques, le présent tableau des tarifs vise à sécréter des diplômés mieux formés, bien armés, compétitifs. C’est donc les yeux noyés de larmes que la pauvre Côte d’Ivoire a appris cette nouvelle. Un bref retour sur nos pas nous présente un tableau tarifaire totalement différent. Tous ceux qui faisaient les années antérieures (1980-2011), leurs premiers pas dans une université publique, déboursaient la modique somme de 7.000 FCFA et 6.000 FCFA pour les réinscriptions. Parallèlement, les étudiants orientés dans les grandes écoles privées déboursaient à l’inscription, la somme de 40 000 FCFA. Avec Ouattara le curieux sauveur, les universités publiques sont plus chères que celles dites privées. Vive la Solution ! Avec Ouattara le bon samaritain des tropiques, dire d’une personne qu’elle est pauvre ne suffit pas à son bonheur. Il veut voir cette personne devenir une loque humaine offerte aux railleries des riches. Curieux sauveur des pauvres !

L’on a encore en mémoire, la thérapie qu’il avait destinée aux étudiants et enseignants lorsqu’il était 1er Ministre du père fondateur, notre seul nanan. Il avait généreusement supprimé les cars de transport des étudiants. Les restaurants universitaires avaient été concédés à des privés. Il avait supprimé les cartes de bus que l’Etat distribuait gratuitement aux élèves de l’enseignement secondaire. Les enseignants quant à eux, avaient reçu une bonne dose d’amour du sauveur des pauvres. Il avait particulièrement pensé à eux en leur attribuant un salaire à double vitesse. C’est ce que l’on a appelé le raccrochage. Toutes ces mesures ont affecté l’école ivoirienne. Mais comme ce coup n’a pas été suffisant pour détruire définitivement tout le système, Ouattara le sauveur des pauvres a réinventer une autre thérapie. Pour la faire passer, il s’exerce à un lugubre jeu de séduction qu’il maîtrise bien : miroiter un lendemain aussi radieux que celui de ceux qui sortent de Harvard ou des sciences Po de Paris. L’on a ainsi entendu dire que cette mesure est la meilleure manière de crédibiliser les diplômes, de rendre les étudiants plus compétitifs, en un mot elle permettra de fournir au pays des têtes bien faites. C’est à croire que depuis sa création jusqu’à ce jour, l’université n’a offerte à notre pays que des têtes creuses. Tellement creuses qu’actuellement les administrations sont tenues par les coopérants français et les institutions internationales ne comptent pas d’ivoiriens en leur sein. Le sauveur des pauvres  se cachera certainement derrière le statut d’Etablissement Public National (EPN) de l’Université publique pour se dérober. Comme pour dire que l’université est un micro état à l’intérieur de la Côte d’Ivoire. Il se cachera peut être derrière les langues de peinture passées sur les murailles des universités pillées par ses partisans. Il ne dira certainement pas qu’il a construit de nouveaux amphithéâtres qui lui ont coûté les yeux de la tête et que les frais d’inscription faramineux devraient amortir.

Pour appliquer sa mesure, il peut compter sur le zèle de ses courtisans. Oh ! Combien sont-ils à avoir claironné sur tous les boulevards, traitant les refondateurs de tous les noms d’oiseaux parce que l’idée de porter les frais d’inscriptions à 50 000 FCFA (tous les cycles) faisait son chemin dans le milieu universitaire. Ces courtisans sont aujourd’hui pris entre porter un coup d’œil dans leur maigre bourse et broder le siège du Rassemblement Des Républicains (RDR). Mais comme pour eux, les intérêts tribaux sont plus forts que le devoir d’objectivité, ils applaudiront les hérésies du pouvoir. La Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) qui avait opposé un refus catégorique au projet de révision à la hausse des frais d’inscription, a été mise au cachot par le pouvoir.. Elle ne pourra plus freiner l’ardeur morbide des gouvernants. L’association des parents d’élèves, quant à elle, n’existe que de nom. Elle est juste là pour pondre de vagues communiqués. Les populations sont cloitrées dans les salons ; toutes tétanisées par les gris-gris des Dozos et uniformes bigarrés des nervis du pouvoir. Ceux-ci n’attendent que la moindre fronde pour brandir leurs armes assoiffées de vies humaines.  Les pauvres sont donc aux mains de celui qui prétend travailler pour eux. La thérapie qu’il propose est pour les riches et non les pauvres.

Bientôt l’on regardera le visage des résidences universitaires, elles aussi afficheront leurs prix faramineux. Ainsi va la Côte d’Ivoire sous Alassane Dramane Ouattara le curieux sauveur des pauvres.


Que Dieu nous sauve.

 

Alain Bouikalo

bouikhalaud10@gmail.com