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vendredi, 19 avril 2013

VENEZUELA: LA FACE CACHEE DU BEAU-GOSSE DE L'OPPOSITION

 

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Depuis qu'il a affronté Hugo Chavez, aux élections présidentielles de 2012, Henrique Capriles Radonski fait la Une des journaux. Il est porté aux nues par les médias américains et européens. Mais derrière l'image du parfait gentleman se profile une face obscure qu'il a peine à cacher. Ces dernières heures, le gouvernement vénézuélien lui impute les violences qui éclosent dans le pays.

 

La famille dans laquelle nait en 1972, Henrique Capriles, fait partie de l'élie vénézuélienne. Les deux lignées familiales sont rattachées au pouvoir financier. Les Capriles détiennent un empire immobilier, automobile et le Circuit National d'Exhibition (Cinex). D'un autre côté, les Radonski possèdent la seconde chaine de télévision du pays. Elle est aussi propriétaire de "Ultimas Niticias" et d'autres radios. Ils ont une origine européenne car l'un des ancêtres de Capriles, a échappé aux raffles polonaises de la Seconde Guerre Mondiale. L'héritier détient entre ses mains, le pouvoir financier et médiatique qui lui permet de gravir les échelons du pouvoir très vite. A 24 ans, il est élu député de l'Etat de Zulia et milite au parti d'extrème-droite "Copei". Il fut nommé Chef de la Chambre des Députés, déjouant les pronostiques habituels. En coulisse, sa famille finance les campagnes politiques de députés qui s'empressent de soutenir "l'héritier".

Dès les années 2000, les USA s'imiscent dans la politique vénézuélienne, en finançant et en soutenant un parti d'opposition qu'a crée un certain Henrique Capriles Radonski, "Primero Justicia". Ce parti s'est allié au niveau international avec une branche du parti républicain. Le New York Times affirme que cette branche du parti républicain américain, National Endowment for Democracy, est la face visible de l'action de la Central Intelligence Agency (CIA). Ce groupe finance chaque année de 30 millions de dollars, des groupes politiques, des syndicats d'opposition partout dans les pays qui n'ont pas la vision américaine du monde. Comme Maire de l'Etat de Baruta, Capriles signe quantités de contrats avec le FBI. Il procède à l'arrestation de militants pro-chavistes. Peu de temps avant le coup d'Etat fomanté contre Chavez en 2002, l'héritier participe à un dîner réunissant l'extrême-droite cubano-américaine et vénézuélienne. Durant le coup d'Etat, il viole la loi internationale qui interdit la perquisition diplomatique. Arrêté et enfermé, Capriles renforce sa haine envers le pouvoir en place. En 2004, le financier chargé de "l'affaire Capriles Radonski" est tué par un attentat à la voiture piégée. Deux ans plus tard, l'héritier est blanchi par la justice. Comme gouverneur de l'Etat de Miranda, le héros de l'opposition refusera la présence de policiers sur son territoire, afin d'empêcher des meurtres. Prioritée pourtant donnée durant sa campagne réelective au siège de gouverneur.

En 2012, Capriles se réunit en Colombie avec le général américain, Martin Dempzey. Pour dix points de différence, il perdra les élections présidentielles contre Chavez. Il a perdu une seconde fois contre le dauphin de celui-ci, le 11 avril dernier. Le champion des médias américains et européens avait promis, en cas d'élection, de signer les contrats de libre-échange avec ces deux continents. A l'annonce de la victoire de Maduro, la presse européano-américaine lui donnera la parole et diffusera son refus de reconnaitre la victoire des urnes. Le Président de Bolivie, Evo Morales, a affirmé ce mercredi, que les USA cherchaient à fomenter un climat de violence au Vénézuela, afin de favoriser un coup d'Etat contre le nouvel homme fort du pays.

 

In "50 verdaderas de Henriquez Capriles Radonski".

 

Source: AGORAVOX

vendredi, 29 mars 2013

PETITION POUR LA FERMETURE DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE

 

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Voici une institution dite « internationale » qui se charge de mettre au pas ou de ramener dans les rangs tous les dirigeants africains qui veulent servir de façon loyale leur pays, c’est-à-dire défendre leur population et la protéger de toutes les convoitises et des agressions extérieures.

C’est le cas de la Côte d’Ivoire avec le transfèrement du Président Laurent Gbagbo à la Haye au mépris des procédures que la C.P.I s’est elle-même données, puisque le pays n’avait  pas ratifié la convention de Rome au moment de son arrestation et de son transfèrement. C’est une fois à la Haye que le parlement ivoirien va ratifier après coup cette convention pour légaliser une situation de forfaiture et comme on dit  «le ridicule ne tue pas », ils ne se sont pas rendu compte qu’en matière pénale les principes de la non rétroactivité et de l’individualisation de la peine sont  les règles, article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Ce qui signifie que d’une part,  la procureure doit prouver que c’est le Président Laurent Gbagbo qui a lui-même commis les crimes qu’on lui reproche et d’autre part,  la ratification au forceps du parlement ivoirien ne change en rien la procédure illégale en cours actuellement à la C.P.I dans le cas qui concerne le Président Laurent Gbagbo. La C.P.I aurait été une juridiction d’équité et de droit que la procédure dirigée contre le Président Laurent Gbagbo aurait été annulée pour vice de forme et manque de preuves  dès la première comparution sans attendre la tragicomédie d’une audience de confirmation où d’infirmation de charges pendant une semaine.

Jean Pierre Bemba est jugé à huit clos alors que son procès doit être public, les charges retenues contre lui sont sans fondement parce que la cour elle-même les a requalifiées en reportant la séance à deux mois pour mieux peaufiner un habillage juridique.

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La cour pénale internationale est une juridiction qui n'est pas équitable et qui ne respecte pas ses propres procédures. Par conséquent il convient de signer cette pétition pour dissoudre la CPI afin de créer une vraie justice internationale qui prenne en compte tous les crimes et génocides commis sur les cinq continents.

 

Thibeaud OBOU
Président d'AFRICAINS DU MONDE

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Pour signer la pétition, cliquer sur: PETITION24.NET

mercredi, 13 mars 2013

LES 7 PECHES D'HUGO CHAVEZ (EXTRAITS)

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Pourquoi les Etats-Unis s’opposent-ils à Chavez ? Pour le pétrole, on s’en doute. C’est tout ? Les guerres du pétrole, ils sont habitués à les gagner. Mais au Venezuela, on leur tient tête. Ici, on dit qu’il est possible d’employer l’argent du pétrole de façon intelligente et utile. Pas comme à Dubaï où on construit des hôtels à vingt mille euros la nuit au milieu d’un monde arabe sous-développé. Pas comme au Nigeria où la faim tue alors que ce pays est un des plus gros exportateurs mondiaux. Au Venezuela, un homme affirme qu’il est possible de résister aux multinationales et de vaincre la pauvreté. On l’accuse de tous les péchés : ‘populiste’, ‘dictateur’, ‘antisémite’... Mais que se passe-t-il sur le terrain ? Quels sont ses véritables péchés?


Lire la suite, cliquer: ICI

mercredi, 27 février 2013

LETTRE D'HUGO CHAVEZ A L'AFRIQUE

 

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Caracas, 22 février 2013.


Lettre du Président Hugo Chavez aux participants du IIIème Sommet Afrique-Amérique latine et Caraïbes (Guinée Équatoriale, février 2013)


Frères et sœurs,

 Recevez mon plus fervent salut bolivarien, unitaire et solidaire, avec toute ma joie et de toute mon espérance dans le déroulement de ce III° Sommet si attendu des Chefs d’État et de Gouvernement d’Amérique du Sud et d’Afrique.

 Je regrette vraiment, du plus profond de mon être de ne pouvoir être présent physiquement parmi vous pour vous réitérer, par une sincère accolade, mon irrévocable engagement en faveur de l’unité de nos Peuples. Je suis présent, cependant, dans la personne du Chancelier de la République Bolivarienne du Venezuela, le camarade Elias Jaua Milano, à qui j’ai demandé de vous transmettre la plus vive expression de mon amour pour ces continents qui sont plus que frères, unis par de solides liens historiques et destinés à avancer ensemble vers leur rédemption pleine et absolue.

 Je le dis du plus profond de ma conscience : l’Amérique du Sud et l’Afrique sont un même peuple. On réussit seulement à comprendre la profondeur de la réalité sociale et politique de notre continent dans les entrailles de l’immense territoire africain où, j’en suis sûr, l’humanité a pris naissance. De lui proviennent les codes et les éléments qui composent le syncrétisme culturel, musical et religieux de notre Amérique, créant une unité non seulement raciale entre nos peuples mais aussi spirituelle.

 De la même manière, les empires du passé, coupables de l’enfermement et de l’assassinat de millions de filles et de fils de l’Afrique mère dans le but d’alimenter un système d’exploitation esclavagiste dans leurs colonies semèrent dans Notre Amérique le sang africain guerrier et combatif qui brûlait du feu que produit le désir de liberté. Cette semence a germé et notre terre a enfanté des hommes aussi grands que Toussaint Louverture, Alexandre Pétion, José Léonardo Chirino, Pedro Camejo parmi beaucoup d’autres, avec pour résultat, il y a plus de 200 ans, le début d’un processus indépendantiste, unioniste, anti-impérialiste et reconstructeur en Amérique Latine et caribéenne.

 Ensuite, au XX° siècle, vinrent les luttes de l’Afrique pour la liberté, ses indépendances, contre ses nouvelles menaces néo-coloniales, Patrice Lumumba, Amilcar Cabral pour n’en citer que quelques-uns. Ceux qui, dans le passé nous ont conquis, aveuglés par leur soif de pouvoir, ne comprirent pas que le colonialisme barbare qu’ils nous imposaient deviendraient l’élément fondateur de nos premières indépendances. Ainsi, l’Amérique Latine et les Caraïbes partagent avec l’ Afrique un passé d’oppression et d’esclavage. Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes fils de nos libérateurs et de leurs hauts faits , nous pouvons dire, nous devons dire avec force et conviction, que nous unit aussi un présent de lutte indispensables pour la liberté et l’indépendance définitive de nos nations.

 Je ne me lasserai pas de le redire, nous sommes un même peuple, nous avons l’obligation de nous rencontrer au-delà des discours formels dans une même volonté d’unité et ainsi unis, donner vie à l’équation qui devra s’appliquer dans la construction des conditions qui nous permettront de faire sortir nos peuples du labyrinthe dans lequel le colonialisme les a jetés et, par la suite, le capitalisme néo-libéral du XX° siècle.

 Pour cela, je veux évoquer la mémoire de deux grands combattants pour la coopération sud-sud comme l’ont été les deux ex présidents du Brésil et de la Tanzanie, Luis Ignacio « Lula » da Silva et Julius Nyerere dont les apports et les efforts ont permis, en leur temps, la mise en place de magnifique forum pour une coopération solidaire et complémentaire comme l’est l’ASA (1).

 Cependant, les temps que nous vivons nous obligent à consacrer nos plus profondes et urgentes réflexions à l’effort nécessaire pour transformer l’ASA en un véritable instrument générateur de souveraineté et de développement social, économique, politique et environnemental.

 C’est sur nos continents que l’on trouve les ressources naturelles, politiques et historiques suffisantes, nécessaires, pour sauver la planète du chaos où elle a été conduite. Faisons que le sacrifice indépendantiste de nos ancêtres qui nous offre le jour d’aujourd’hui serve à unifier nos capacités pour transformer nos nations en un authentique pôle de pouvoir qui, pour le dire avec le père Libérateur Simon Bolivar, soit plus grand par sa liberté et sa gloire que par son extension et ses richesses.

Les paroles de cet immense général uruguayen José Gervasio Artigas résonnent toujours dans mon âme et dans ma conscience : « Nous ne pouvons rien attendre si ce n’est de nous-même ». Cette pensée si profonde renferme une grande vérité que nous devons assumer, j’en suis absolument convaincu.

 Notre coopération sud-sud doit être un lien de travail authentique et permanent qui doit tourner toutes ses stratégies et ses plans de développement soutenable vers le sud, vers nos peuples.

 Quoiqu’en aucune manière nous ne nions nos relations souveraines avec les puissances occidentales, nous devons nous rappeler que ce ne sont pas elles qui sont la source de la solution totale et définitive pour l’ensemble des problèmes de nos pays. Loin de l’être, quelques-unes d’entre elles appliquent une politique néo-coloniale qui menace la stabilité que nous avons commencé à renforcer sur nos continents.

 Frères et sœurs, je voudrais rappeler pour ce III° Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’ASA, l’esprit de fraternité, d’unionisme et de volonté qui a dirigé le déroulement de ce II° merveilleux Sommet dans l’île de Margarita, au Venezuela, qui nous permit d’adopter unanimement les engagements de la Déclaration de Nueva Esparta. Je souhaite avec beaucoup de foi et d’espérance que nous puissions récupérer à Malabo l’impulsion et l’effort de ce moment extraordinaire pour notre processus d’unité, le Sommet de 2009, qui a montré autant par sa fréquentation massive que par la quantité et le contenu des accords atteints.

 Depuis le Venezuela, renouvelons aujourd’hui notre plus ferme engagement dans le renforcement du Secrétariat Permanent de la Table Présidentielle Stratégique de l’ASA avec ses principales tâches et fonctions pour accélérer le rythme dans la consolidation de nos institutions et obtenir ainsi une plus grande efficacité dans notre travail conjoint.

 Je regrette avec beaucoup de douleur et de peine que tout notre travail commencé formellement depuis 2006 ait été interrompu par les forces impérialistes qui prétendent encore dominer le monde. Ce n’est pas un hasard, je le dis et je l’assume pleinement, que depuis le Sommet de Margarita, le continent africain ait été victime des multiples interventions et des multiples attaques de la part des puissances occidentales.

 Les nombreux bombardements et invasions impériaux empêchant toute possibilité de solution politique et pacifique aux conflits internes qui ont commencé dans diverses nations d’Afrique, ils ont eu comme objectif principaux de freiner le processus de consolidation de l’unité des peuples africains et, en conséquence, de miner les progrès de l’union de ces états avec les peuples latino-américains et caribéens.

 La stratégie néo-coloniale a été, depuis le début du XIX°, de diviser les nations les plus vulnérables du monde pour les soumettre à des rapports de dépendance esclavagiste. C’est pour cela que le Venezuela s’est opposé, radicalement et depuis le début, à l’intervention militaire étrangère en Libye et c’est pour le même motif que le Venezuela réitère aujourd’hui son rejet le plus absolu de toute activité d’ingérence de l’OTAN.

 Face à la menace extra-régionale pour empêcher l’avance et l’approfondissement de notre coopération sud-sud, je le dis avec Bolivar dans sa Lettre de Jamaïque de 1815 : « Union, union, union, cela doit être notre plus importante consigne. » Notre Gouvernement renouvelle, en ce III° Sommet de l’ ASA dans cette république sœur de Guinée Equatoriale, son absolue disposition à avancer dans le travail nécessaire pour consolider notre coopération dans les secteurs que j’ai personnellement proposées à notre dernier sommet, dans la belle île de Margarita. Energie, Education, Agriculture, Finances et Communication continuent d’être nos priorités et pour celles-ci, nous réitérons notre engagement pour avancer dans des initiatives concrètes comme Petrosur, l’Université des Peuples du Sud ou la Banque du Sud, pour ne citer que quelques exemples. Dans le secteur de la communication, nous proposons, depuis le Venezuela, que cet effort que nous avons réussi à mettre en place ensemble dans différents pays de l’Amérique du Sud, TeleSur, s’articule avec l’Afrique afin qu’il puisse accomplir depuis ces latitudes sa principale fonction : relier les peuples du monde entre eux et leur apporter la vérité et la réalité de nos pays.

 Enfin, je veux renouveler à tous mon désir que les résultats projetés lors de ce III° Sommet ASA nous permette de transformer ce forum en un outil utile pour conquérir notre définitive indépendance en nous plaçant à la hauteur de l’exigence de l’époque et comme le dirait le Libérateur, le plus de bonheur possible pour nos peuples. Je suis un convaincu, simple et obstiné, nous réussirons à mener à bien cette cause que nos libérateurs et martyres nous ont transmise depuis des siècles. Nos millions de femmes et d’hommes présentés en sacrifice pour leur pleine et absolue liberté. Avec le père infini, notre Libérateur Simon Bolivar, je dis une fois de plus : « Nous devons attendre beaucoup du temps, son ventre immense contient plus d’espérance que de faits passés et les prodiges futurs doivent être supérieurs aux anciens ».

 Marchons donc vers notre union et notre indépendance définitive. En paraphrasant Bolivar, je dis maintenant : « Formons une patrie,un continent, un seul peuple, à tout prix et tout le reste sera supportable. »


Source: CAMEROON VOICE

lundi, 11 février 2013

LE MYTHE DES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE: CINQ GUERRES, TROIS CONTINENTS... ET LES MEMES MENSONGES

 

 

ARMES DESTRUCTION MASSIVE.gif


«Je ne comprends pas les réticences en ce qui concerne l’utilisation de gaz. Nous avons définitivement adopté à la Conférence de paix la position de retenir le gaz comme méthode permanente de guerre... Je suis fortement en faveur de l’usage de gaz toxiques contre des tribus qui ne sont pas civilisées» (Winston Churchill, War Office Minute, 12 mai 1919).

 

Alors que les roulements de tambour contre la Syrie deviennent de plus en plus forts, les allégations de plus en plus folles, et le double jeu de fomenter, comploter et financer les terroristes (pardon, aider l’opposition légitime) de plus en plus évident, il est intéressant de jeter un coup d’oeil aux justifications présentées par les gouvernants US pour leurs incursions meurtrières de l’histoire récente. 

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Panama

Ce mois de décembre 2012 est le 23e anniversaire de l’invasion de Panama le 20 décembre 1989, au moment où les Panaméens préparaient leurs fêtes de Noël. Un bref rappel nous remet en mémoire Philip Agee évoquant le président George H. W. Bush lorsqu’il disait au peuple américain que la menace de Panama (3.571.185 habitants en 2011) était telle qu’elle « compromettait notre mode de vie ». La référence figure dans la conférence bien nommée d’Agee, “Produire la crise appropriée” (1). Aussi éloquente aujourd’hui qu’hier. Rien n’a changé.

Le but de l’invasion était de s’emparer du leader du pays, le général Manuel Noriega, et bien entendu “d’établir un gouvernement démocratique”. Un changement de régime. Avec la proximité de la remise au Panama du contrôle du canal (prévue à l’origine pour le 1er janvier 1990) après un siècle de gestion coloniale US, l’Amérique voulait s’assurer que ce contrôle reste dans les mains d’alliés malléables. 

Noriega, un pion de la CIA depuis 1967 (2), qui était passé par la célèbre Ecole des Amériques à Fort Benning (Georgie), était arrivé au pouvoir avec l’aide des Etats-Unis, mais apparemment son soutien US avait faibli. En un mot, les USA le kidnappèrent et le condamnèrent à 40 ans de prison.

Les plans d’invasion avaient été baptisés “Opération livre de prières”. “Par la suite, on les renomma “Opération juste cause”. Le général Colin Powell approuva ce nouveau nom en disant “Même nos critiques les plus sévères seront obligés de parler de ‘juste cause’ quand ils nous dénonceront” (Colin Powell et Joseph E. Persico, My American Journey, 1995). 

27.000 hommes, soutenus par des hélicoptères Apache, ravagèrent la plus grande partie du petit pays qui était défendu par 3.000 hommes. George Bush senior déclara qu’il détrônait un dictateur malfaisant qui brutalisait son peuple (ça vous dit quelque chose ?) et que son action était rendue nécessaire pour “la protection de vies américaines”. Il alléguait aussi la “défense de la démocratie et des droits de l’homme au Panama” et le besoin de “protéger le canal” (Surprise, non ?).

Manuel Noriega a été libéré de son emprisonnement US en 2007, et extradé en France où il avait été décoré de la légion d’honneur en 1987. Il y est resté incarcéré jusqu’en décembre 2011, puis il a été renvoyé à Panama où il est tojurs en prison. 

Au cours de la destruction de Panama, aujourd’hui oubliée (si vous n’êtes pas Panaméen), le secteur pauvre et fortement peuplé d’El Chorillo fut à ce point ravagé par les flammes qu’il a reçu le nom de “petit Hiroshima”. Une femme a déclaré : “Les Américains du Nord ont commencé à incendier El Chorillo à 6 h 30 du matin. Ils lançaient un petit objet dans la maison et la maison prenait feu. Après, ils passaient à une autre, mettant le feu dans une rue après l’autre, en coordonnant les incendies avec des walkie-talkies.” Un soldat US a été enregistré déclarant : “Nous vous demandons de vous rendre. Si vous ne le faites pas, nous raserons toutes les maisons” D’après un habitant de la ville : “ils tiraient sur tout ce qui bougeait.”

Les morts étaient jetés dans des fosses communes. Des témoins ont vu les troupes US brûlant les victimes au lance-flammes et ont décrit comment les cadavres se recroquevillaient sous le feu. D’autres corps étaient empilés en tas par des bulldozers. (3) 

Des essais US d’armes chimiques

Il y a pire. Alors que pleuvent les allégations actuelles moralisantes de Washington et de Whitehall sur la présence sans preuve d’armes chimiques en Syrie, on dispose de faits prouvés en ce qui concerne les Etats-Unis.

Des années 1940 à 1990, les Etats-Unis se sont servis de diverses régions de Panama comme terrains d’essais d’armes chimiques, comprenant le gaz moutarde, le VX, le Sarin, le cyanure d’hydrogène et d’autres agents neurotoxiques, placés dans des mines, des roquettes ou des obus, peut-être des dizaines de milliers de munitions chimiques.” (William Blum, “Rogue State”, 2002). De plus, en quittant Panama en fin 1999, ils ont laissé “de nombreux sites contenant des armes chimiques”. Ils ont aussi “effectué au Panama des essais secrets de l’Agent Orange.” “Au cours de l’invasion, le village de Pacora, près de Panama City, a été bombardé de produits chimiques par hélicoptères et avions de l’US Southern Command, avec des substances qui brûlaient la peau et causaient des diarrhées et d’intenses souffrances.” 

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L’Irak (1er chapitre) 

Beaucoup d’analystes considèrent que Panama fut le terrain d’essai pour l’Irak. Neuf mois après la contamination de Panama, l’étranglement de l’Irak par l’embargo dirigé par les USA a été imposé par l’ONU, après que l’ambassadeur américain April Glaspie ait donné le feu vert à Saddam Hussein pour son invasion du Koweit, suite aux importantes provocations de ce dernier et à sa déstabilisation financière et géographique .(4)

Le fracas autour des armes chimiques et autres s’est amplifié, amenant Saddam Hussein à dire : “J’ai l’impression qu’un jour vous allez me dire : vous fabriquez de la poudre à canon à partir du blé”. Treize mois après Panama, l’Amérique a pris la tête d’une coalition de 31 pays visant à “ramener l’Irak à un âge pré-industriel”. Les seuls produits chimiques trouvés en Irak ont été le mélange toxique émanant des usines bombardées de pharmacie, d’engrais ou de construction automobile, et des autres établissements de la base industrielle du pays, y compris les entrepôts de substances chimiques et biologiques (à usage médical) vendues à l’Irak par les USA, l’Allemagne et d’autres pendant des décennies (ventes qui se sont poursuivies ironiquement même pendant l’agression).(5) 

Par contre, des substances hautement toxiques et radioactives ont été introduites en Irak sous la forme de 750 tonnes de munitions à l’uranium appauvri (UA) qui ont une “demi-vie” toxique de 4 à 5 milliards d’années. Les petites tombes du nombre de bébés morts-nés, avortés, déformés ou venant au monde avec des cancers sont le témoignage muet de ces armes de destruction massive d’une exceptionnelle cruauté. L’Irak a été bombardé pendant 42 jours et nuits. Les fameuses armes chimiques soi-disant fabriquées par Bagdad n’ont bien sûr jamais été trouvées.

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La Yougoslavie 

Le 24 mars 1999, l’OTAN a commencé a “libérer” le Kosovo de la Serbie (Opération Noble enclume). Le Kosovo avait une quantité “inépuisable” de minerais d’une valeur estimée à dix trillions de dollars dans les mines de Trebca. La “libération” a consisté en 78 jours de bombardement intense, comprenant l’emploi d’armes à l’uranium appauvri. 20.000 tonnes de bombes ont été lâchées, détruisant systématiquement les centres de communication, les dépôts de carburant, les aéroports, le réseau routier, les trains, les marchés, et même l’ambassade de Chine (la Chine était opposée à l’agression, et l’OTAN a boiteusement allégué qu’elle avait une mauvaise carte de Belgrade), et évidemment le centre de presse. Assassiner les journalistes est devenu aujourd’hui une routine, un impardonnable crime de guerre.

Avant l’agression, le Pentagone avait affirmé que l’armée yougoslave disposait d’au moins deux sortes de gaz toxiques, avec les moyens de les produire. Le département US de la Défense avait averti Slobodan Milosevic et l’état-major de l’armée yougoslave : “Si Belgrade utilise les toxiques sarin et gaz moutarde contre l’OTAN, la riposte sera dévastatrice”. 

Curieusement, une fois commencées les frappes aériennes, l’OTAN n’a pas dit un mot sur le fait que l’attaque pouvait être motivée par la conviction américaine que la Serbie était en mesure de produire des armes chimiques. (Zagreb Globus, 16 avril 1999, pp. 18-19.)

La destruction à grande échelle de l’industrie a cependant épargné les mines de Trebca. 

Le 14 août 2000, 900 hommes lourdement armés – anglais, français, italiens, pakistanais et membres de la KFOR – ont été amenés par hélicoptères sur le site. Les managers et ouvriers qui ont essayé de les combattre ont été maîtrisés par gaz lacrymogènes et balles en plastique. Le personnel qui avait résisté a été arrêté. Les journaux de l’OTAN ont décrit l’action comme le “commencement de la démocratisation du Kosovo”. En fait l’attaque a ouvert la voie à la vente des mines – contenant les “inépuisables” réserves de 77.302.000 tonnes de charbon, cuivre, zinc, plomb, nickel, or, argent, marbre, manganèse, fer, amiante et calcaire, pour ne citer que quelques ressources – à des groupes privés étrangers. L’ “Armée de libération du Kosovo” (UCK) avait été entraînée et financée par des millions de dollars et de marks allemands de la CIA et du BND (services de renseignements de Berlin), pendant des années, pour cette guerre, faussement baptisée “guerre civile” (6) par les gouvernements de l’OTAN et leurs porte-paroles. Les meurtriers effets toxiques et radioactifs de l’UA ont été provoqués dans toute l’ex-Yougoslavie.

En 2001, les médecins de l’hôpital serbe de Kosovska Mitrovica ont constaté que le nombre de patients souffrant de cancers avait augmenté de 200 % par rapport à l’enquête de 1998. Une étude de 2003 de l’UN Environmental Program (UNEP) a fait état de prélèvements contaminés d’air et d’eau potable en Bosnie-Herzégovine. Bien sûr, “il n’y avait pas lieu de s’alarmer”. Pekka Haavisto, ex-ministre finlandaise de l’Environnement à la tête de l’UNEP, a réclamé une enquête vaste et approfondie pour établir l’étendue et l’intensité de la contamination. Les Etats-Unis – cités comme étant le seul pays à avoir utilisé des armes à l’UA dans le conflit – ont bloqué la requête. (7) Cependant, l’inquiétude s’est répandue en Europe quand on a vu que des Casques bleus italiens, portugais, belges ou français étaient atteints de cancers, et étaient morts en quelques mois. Les Casques bleus norvégiens ont refusé d’être déployés sur place. (8) 

Moins d’un mois après la fin de la guerre en Yougoslavie en 1999, le British National Radiological Protection Board a averti les citoyens britanniques du danger de résider au Kosovo “en raison de la contamination de ses territoires par des armes à l’UA.”

Les Casques bleus, évidemment, n’étaient là que pour quelques semaines ou quelques mois. Les gens de la région y vivent. Ils ont vu la dégradation de leur santé et de celle de leurs générations à venir ignorées et oubliées par leurs “libérateurs”. Ces derniers avaient d’autres “tyrans” à renverser, d’autres populations à “libérer” de leurs conditions d’existence, de leurs membres et de leurs vies. 

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L’Irak (2e chapitre) 

L’Irak avait de nouveau été bombardé par les USA et le Royaume Uni pendant la période de noel 1998, quatre mois avant l’agression de la Yougoslavie, et était de nouveau sur l’agenda d’invasion. Les mensonges étaient familiers, et incessants. Un exemple, parmi des milliers d’autres, le 2 septembre 2002. “Selon les experts, l’Irak possède des tonnes d’armes chimiques. Alors que des membres de l’administration Bush réclament une frappe préventive contre l’Irak, ils font état de preuves de plus en plus nombreuses que Saddam Hussein a amassé de vastes stocks d’armes chimiques et biologiques qu’il cache d’une éventuelle attaque militaire US. La préoccupation de Washington est que l’Irak pourrait remettre ces armes à des groupes terroristes. Si nous attendons que le danger se matérialise, ce sera peut-être trop tard” a dit le sénateur Joseph Biden, président du Foreign Relations Committee. Biden étant aujourd’hui vice-président, il est impossible de ne pas se demander s’il n’inspire pas l’actuelle propagande anti-syrienne, truffée de formules si extraordinairement similaires.

Jon Wolfsthal, un analyste du Carnegie Endownment for International Peace, a affirmé que l’inventaire irakien est significatif : “l’Irak continue à posséder plusieurs tonnes d’armes chimiques, assez pour tuer des milliers et des milliers de civils et de soldats.” (9) 

Des experts de l’ONU en matière d’armement ont prétendu que l’Irak avait stocké plus de 600 tonnes d’agents chimiques, comprenant gaz moutarde, VX et sarin. Selon eux, quelques 25.000 roquettes et 15.000 obus d’artillerie pourvus de produits chimiques n’étaient pas officiellement répertoriés.

“Le souci est qu’ils (les Irakiens) disposent – ou peuvent disposer rapidement – des moyens de fabriquer de vastes quantités d’anthrax ou d’autres matériels”, a ajouté Wolfsthal. Selon le secrétaire d’Etat à la Défense Donald Rumsfeld : “l’Irak a des laboratoires mobiles d’armes biologiques qu’il est pratiquement impossible pour les forces US de cibler”. Il affirmait que les vies de milliers de gens étaient en jeu. En fait, c’est le nombre de victimes irakiennes de troupes américaines et anglaises, de leurs milices et de leur gouvernement de marionnettes imposé, qui peut se comparer à un véritable holocauste. 

Jonathan Schwartz a revu le paquet de mensonges débité sur l’Irak à l’ONU par le général Colin Powell, le 5 février 2003. Il le cite : “Mes chers collègues. Toutes les déclarations que je fais aujourd’hui sont prouvées par des sources, des sources solides. Ce ne sont pas de simples affirmations. Ce sont des faits et des conclusions basées sur des renseignements solides.”

Aujourd’hui, Powell exprime des regrets. Schwartz n’en est pas touché pour autant. Au cinquième anniversaire des absurdités trompeuses du général, il a commenté : “Quelle que soit l’abondance de critiques dont Powell a été l’objet – il dit qu’elles ont été douloureuses et feront toujours partie de sa vie – elles ne sont rien à côté de ce qu’il aurait mérité. Il a été beaucoup plus qu’horriblement abusé. Il est prouvé qu’il a fabriqué des documents et ignoré les avertissements répétés que ce qu’il racontait était faux.” 

L’invasion totalement illégale de l’Irak, basée sur ce paquet transatlantique de mensonges, a commencé 45 jours après. Opération Iraq Liberation : OIL.

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La Libye 

Les mensonges sur la Libye, promue par le colonel Kadhafi au premier rang de l’Index de développement humain de l’Afrique, sont de récente mémoire. Quelques rappels tout de même.

La CIA a payé des Quislings pendant des décennies dans toutes ses invasions. Pour Kadhafi, il y a eu le général Abdul Fatah Younis, son ministre de l’Intérieur, qui est passé à l’opposition – on peut se demander quel a été son prix – pour devenir le chef d’état major des insurgés. Il a réclamé aux alliés de l’OTAN des armes lourdes pour les rebelles, comprenant des hélicoptères et des missiles anti-chars pour défendre la ville assiégée de Misurata. Il prédisait que “le dictateur était prêt à se servir d’armes chimiques dans son combat ultime contre les rebelles et la population civile”. (affirmations qu’on croirait sorties de la bouche de l’opposition actuelle en Syrie). “Kadhafi est acculé. Malheureusement, il a encore environ 25 % de son armement chimique qu’il pourrait utiliser s’il est dans une situation désespérée. (...) On sait qu’il lui reste environ dix tonnes de gaz moutarde sur les quantités qu’il avait détruites sous le contrôle de l’agence de l’ONU, l’Organisation pour la prohibition des armes chimiques.” (10) 

Pour situer le contexte, rappelons qu’en 2002, Neil Mackay, le chef plusieurs fois récompensé des enquêtes du Sunday Herald, avait dénoncé : “Poussé par la rapacité et un profond manque de moralité, le gouvernement britannique a violé la Convention sur les armes chimiques en vendant des produits toxiques pouvant être convertis en armes de guerre. Les pays bénéficiant de ces ventes comprenaient la Libye, le Yemen, Israël, l’Arabie Saoudite, Chypre, l’Inde, le Kenya, le Kuwait, la Malaisie, le Nigeria, l’Oman, le Pakistan, Singapour, la Slovénie, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, le Sri Lanka, la Tanzanie, la Turquie et l’Ouganda, une accusation ‘clairement admise’ par le département du Commerce et de l’Industrie.”

Après l’accolade donnée par Tony Blair au colonel Kadhafi en mars 2004, le gouvernement britannique a fait état de plans d’envois en Libye d’experts pour détruire les armes chimiques qu’il lui avait vendues, prétendant que le colonel Kadhafi avait trompé Blair sur leur existence. Que Londres avait les reçus de livraison en Libye lui a sûrement échappé. Une duplicité identique à celle du Royaume Uni en Irak. 

Entre le début de la destruction de la Libye le 19 mars 2011 et la prise en main des opérations par l’OTAN le 31 mars, les USA et la GB ont lancé 110 missiles Cruise sur un pays de moins de 6.500.000 habitants. Quand l’OTAN a assumé le commandement de l’”intervention humanitaire”, ils ont agressé cette faible population à travers 26.500 sorties de bombardement. Aucune larme présidentielle n’a été versée sur les enfants libyens tués, dont la mort a été précédée d’une terreur inimaginable, au cours d’attaques portant les noms idiots d’Operation Odyssey Dawn et d’Opération Unified Protector (sans commentaire).

Kadhafi a perdu trois petits-enfants et trois fils. En 1986, au cours d’un premier bombardement, il avait perdu une fille adoptive en bas âge. 

Quelques instants après avoir appris sa terrible mort aux mains d’un gang enragé de “protégés” de l’OTAN, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton est apparue secouée de rire à la télévision, en s’exclamant : “Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort.” Combien de temps est passé depuis qu’elle a dit : “Je pense vraiment qu’il faut un village pour élever un enfant.” Aujourd’hui il semble que son credo soit d’éliminer le village, ses enfants et leurs parents, et de lyncher les anciens du cru pour avoir l’occasion de rigoler à la télévision.

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La Syrie 

Le 4 décembre 2012, elle a annoncé que le président syrien Bachar al Assad était peut-être en train de déplacer – devinez quoi – un “stock d’armes chimiques”. 

“Nous avons parfaitement clarifié notre position, a-t-elle dit au cours d’une conférence de presse à Prague. C’est une ligne rouge pour les Etats-Unis. Je ne vais pas détailler ce que nous ferons dans le cas crédible où le régime d’Assad utiliserait des armes chimiques contre son propre peuple ; il suffit de dire que nous faisons à coup sûr des plans pour passer à l’action si cette éventualité se produisait.”

Selon une autorité US, “les armes peuvent être trafiquées pour contenir du gaz sarin”. Un autre a ajouté : “Nous nous inquiétons de tout mouvement qui pourrait indiquer qu’ils sont prêts à utiliser des armes chimiques contre leur propre peuple.” (11) 

Du “déjà vu” à répétition, comme on dit.

La Syrie a répondu le 6 décembre. “la Syrie souligne une fois de plus, pour la dixième, pour la centième fois, que si elle avait ce genre d’armes, elles ne seraient pas utilisées contre son propre peuple, a dit à la télévision libanaise Al Manar le ministre adjoint des Affaires étrangères Faisal al Maqdad. Nous n’avons pas l’intention de nous suicider. (...) Nous craignons un complot consistant à fournir le prétexte d’une intervention des pays qui font pression sur la Syrie. Ce ne serait pas la première fois.” 

Fin octobre, des troupes US sont arrivées en Jordanie pour d’importants exercices conjoints près de la frontière syrienne sous le nom toujours aussi stupide d’Opération Eager Lion (Opération lion enthousiaste. En arabe, al assad veut dire le lion).

La première allusion aux armes chimiques de la Syrie semble être venue de John R. Bolton, que le député Henry Waxman accuse d’avoir persuadé George W. Bush d’inclure dans son discours de 2003 sur l’Etat de l’union le conte de fées de l’achat irakien d’uranium au Nigeria. 

L’accusation n’est pas prouvée car les documents sont encore classifiés.

Bolton est impliqué dans une mouvance d’organisations loin d’être libérales comme le Project for The New American Century, le Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) et la National Rifle Association. 

En ce qui concerne la Syrie, il faut rappeler que le pays est étranglé par des sanctions depuis 2004.

L’ancien chef-inspecteur de l’Armement en Irak, Scott Ritter, a écrit que “les armes chimiques ont une durée de conservation de cinq ans. Les armes biologiques de trois.” Il en émane aussi un “éther”, disent les experts, qui peut être décelé par une surveillance de satellite dont la Syrie est certainement l’objet, comme l’Irak avant elle. 

Que Dieu nous préserve de Washington, Whitehall et Tel Aviv qui crient une fois de plus “au loup !”. Et que Dieu vienne en aide à ceux qui les croient ! 

 

Felicity Arbuthnot

 

Arbuthnot est une critique bien informée et lucide de l’empire. C’est la raison pour laquelle vous ne la verrez pas dans le New York Times, pas plus que John Pilger, Amira Hass ou Noam Chomsky.

 

Notes 

(1) http://www.serendipity.li/cia/agee_...

(2) http://revcom.us/a/017/us-invasion-...

(3) http://www.addictedtowar.com/docs/p...

(4)http://www.globalresearch.ca/the-wa...

(5) http://www.commondreams.org/headlin...

(6) http://www.currentconcerns.ch/index...

(7) http://www.iacenter.org/depleted/un...

(8) http://www.frontlineonnet.com/fl180...

(9) http://articles.cnn.com/2002-09-02/...

(10) http://www.telegraph.co.uk/news/wor...

(11) http://news.yahoo.com/clinton-assad...

 

 

Sur Global Research, traduit par B.I.

 

Source: MICHEL COLLON.INFO

samedi, 19 novembre 2011

LIBRE OPINION: «L'OCCIDENT NE SE FOUT PAS DE LA DEMOCRATIE, IL LA DETESTE»



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Lisez-moi ce papier. Un trésor d'informations, une mine de lucidité et de vérité. Tout simplement excellent! Du camerounais Atangana Mebah Dorien.

 

Les occidentaux se foutent en réalité de la démocratie et des droits de l'homme. Si vous n'êtes pas encore arrivés à cette conclusion, c'est que les beaux discours sur la démocratie, embellis par les séminaires sur les droits de l'homme et le financement de la formation des moniteurs d'élections par la France ou l'Union européenne entretiennent encore la confusion et l'illusion dans votre esprit.

A cela s'ajoute l'aide au développement qui est claironnée dans les médias occidentaux, imprimée dans notre subconscient par les images télévisées des dons de matériel médical en présence de l'ambassadeur de France ou d'Allemagne. Vous devez penser que les pays dits démocratiques nous veulent du bien et qu'ils aimeraient que nous atteignions leur niveau de développement et de confort. Ne critiquent-ils pas certaines dictatures et des chefs d'Etat ayant mis long au pouvoir ? Ne demandent-ils et ne s'alignent-ils d'ailleurs pas avec les peuples pour obtenir leur départ comme en Egypte et en Tunisie ? Ne demandent-ils pas des élections libres et transparentes et ne blâment-ils pas les leaders qui ne semblent pas respecter la volonté de leurs peuples ? Après tout, ce sont même ces pays qui envoient des observateurs pour garantir la régularité des scrutins.

Ils critiquent même aussi souvent les coups d'Etat qui sont presque toujours commis par un chef militaire ou un groupe de rebelles qui se révoltent contre la politique économique irresponsable du leader qu'ils viennent de renverser.

Les organismes internationaux censés garantir les droits de l'homme tels qu'Amnesty International ou le Tribunal Pénal International chargé de juger ceux qui commettent des crimes contre les peuples ajoutent à cette confusion. Pourquoi créeraient et financeraient-ils ces organismes s'ils n'avaient pas à cœur le bien des masses, devez-vous vous demander ? Pourtant la réalité est toute autre.

Attitudes peu démocratiques

Les pays dits démocratiques ne sont pas consistants dans leur demande d'élections transparentes. Ils ferment les yeux sur les exactions des dictatures alliées et les aident même dans leur fraude électorale comme la France le fait au Tchad, Burkina Faso, Gabon et dans bien d'autres pays d'Afrique francophone. L'ancien chef des services secrets français au Gabon, l'ancien Mr Afrique du président Chirac et l'ancien ambassadeur de France au Gabon affirmaient d'ailleurs qu'Ali Bongo avait perdu les élections et que les chiffres qu'on lui a attribués appartenaient en réalité à son opposant principal Mba Obame (Regarder le documentaire intitulé "Françafrique : 50 ans sous le Sceau du Secret").

Certaines dictatures sont non seulement tolérées mais ont aussi été installées après renversement de leaders démocratiquement élus. A ce propos, que les méthodes indirectes utilisées dans le renversement de certains leaders ou la main invisible des commanditaires ne vous trompent pas. Les pays démocratiques participent à ces événements très peu démocratiques. Ce sont les pays occidentaux qui ont fait assassiner Lumumba, le premier leader du Zaïre. Il est dit que les puissances occidentales en voulaient tellement à Patrice Lumumba de leur avoir tenu tête que près de 4 services de renseignements (France, Etats-Unis, Belgique et Angleterre) avaient mis des équipes de tueurs à ses trousses (Lire "The Assassination Business" de Richard Belfield) .

Il est important de signaler que Patrice Lumumba a été assassiné en présence des troupes de l'ONU. Ce sont les Etats-Unis qui ont initié les 2 coups d'Etat contre Jean-Bertrand Aristide à Haïti en utilisant, dans le 2ème coup, des trafiquants de drogue entrainés par la CIA en République dominicaine; Hugo Chavez du Venezuela, Salvatore Allende du Chili ou Mossadegh d'Iran étaient des leaders politiques démocratiquement élus qui ont connu des coups d'Etat organisés avec le soutien actif de la CIA. C'est la France qui, à travers ELF, a fait renverser Lissouba au Congo-Brazzaville et a réinstallé Sassou Nguesso au pouvoir. C'est finalement avec la complicité de la « communauté internationale » et l'aide des troupes françaises et des Nations Unies que Laurent Gbagbo (vainqueur réel des élections ivoiriennes) a été renversé par la violence par Alassane Ouattara.

Le dénominateur commun de ces leaders est le choix courageux qu'ils ont fait de défendre les intérêts de leurs nations et leur désir de sortir leurs peuples de la pauvreté, actions qui les ont souvent mis en conflit avec les intérêts économiques des pays développés et de leurs grands groupes financiers installés à travers le monde.

Mais ce n'est pas ce que CNN, France 24, RFI, BBC ou la Voix de l'Amérique diront aux français, allemands, anglais ou américains. Ils leur diront qu'un chef d'Etat impopulaire, à la politique économique controversée, a été renversé par l'armée (Chavez, Allende), des rebelles (Lissouba, Aristide). Dans le cas de Laurent Gbagbo, ils ont simplement dit qu'il est un chef d'Etat qui a perdu des élections et qui ne veut pas quitter le pouvoir (un de plus en Afrique, ont dû penser les occidentaux).

A l'inverse, ceux qui ont protégé les intérêts des pays occidentaux sont restés au pouvoir pendant des décennies. Mobutu, Moubarak, Eyadema ou Bongo en sont des exemples. Ces 2 derniers ont d'ailleurs été remplacés par leurs fils sans que les défenseurs de l'alternance démocratique ne crient à une confiscation du pouvoir. Blaise Compaoré, Idriss Deby, Obiang Nguema Mbazogo et d'autres encore sont toujours au pouvoir après des décennies et viennent d'ailleurs de gagner de nouveaux mandats sans qu'aucun pays occidental ne trouve à redire. Et ces chefs d'Etat ne sont pas exactement des modèles de démocratie. Moubarak et Zine El-Abidine ont d'ailleurs été renversés parce que la pression populaire était forte. Pour les pays occidentaux, il valait mieux aider à faire tomber ces dictateurs fragilisés qui les ont pourtant servi, pour rester au bon côté de l'histoire et garder des apparences démocratiques. Ils ne poussent pas dehors des dictateurs alliés dont les régimes sont encore forts. Au même moment où l'Otan accusait Kadhafi d'être un dictateur, il donnait sa bénédiction au roi du Bahreïn pour réprimer dans le sang, avec l'aide de 1000 soldats saoudiens, les revendications de son peuple.

De la poudre aux yeux

La démocratie importe peu comme vous le constatez. Ce qui est important, ce sont les intérêts économiques et financiers dont la protection exige le contrôle des ressources naturelles des pays-clients. Tant que vous servez ces intérêts, vous restez au pouvoir. Vous les mettez en danger, alors on utilise cet artifice appellé démocratie pour vous faire tomber.

Que dire de la protection des droits de l'homme, de l'aide au développement ou du Tribunal Pénal International (TPI) ? Ce ne sont que d'autres artifices mis en place pour créer l'illusion : Celle d'un occident bienveillant fonctionnant sur la base de fortes valeurs morales. Tout le système de contrôle des pays faibles est basé sur cette apparence de bonté, sur une illusion de bienveillance. Si cette illusion était enlevée, tout le système s'écroulerait. Il est plus aisé de contrôler un peuple endormi qui croit en votre bonté qu'un peuple bouillonnant de colère face à son exploitation et à son impuissance. L'une des raisons pour lesquelles la France en voulait tant à Laurent Gbagbo est qu'il avait exposé le système d'exploitation de la France en Afrique à travers les émissions de la Radio Télévision Ivoirienne sur la Françafrique. En cela seulement, c'est Laurent Gbagbo qui a gagné. Ces émissions ont contribué à ouvrir les yeux des populations au Cameroun ou le sentiment anti-français est palpable. Vous pouvez imaginer que sous Ouattara, ce genre d'émissions ne sera pas montré à la RTI.

Savez-vous qu'une infime partie de l'aide au développement que la France fait aux pays africains parvient aux pays destinataires ? Une bonne partie de cette aide est retournée en France dans des valises pleines d'argent liquide pour le financement des partis politiques. Le Tribunal Pénal International tout comme l'Onu est simplement un outil utilisé dans les mains des puissances occidentales pour exercer leur prédation sur les pays faibles. Vous avez vu le rôle que le TPI a joué dans les crises Ivoirienne et Libyenne ? Il s'est précipité à ouvrir une enquête sur Laurent Gbagbo, Kadhafi et ses enfants pour violation des droits de l'homme et crimes contre l'humanité juste pour leur mettre la pression.

A l'inverse, le roi du Bahreïn qui a réprimé dans le sang les revendications de son peuple, Alassane Ouattara ou Guillaume Soro dont les soldats ont commis des exactions n'ont subi aucune inquiétude, jusqu'à présent. C'est cette attitude qui a amené Jean Ping, le président de l'Union Africaine à accuser le TPI de faire de la politique et un autre président africain à le qualifier de blague. Le TPI est une vraie farce. En passant, la plupart des individus inculpés par le TPI sont Africains.

Les organisations des droits de l'homme tels qu'Amnesty International, bien que créées avec des motifs nobles, ont été récupérées par des Etats et groupes d'intérêt qui les financent. Elles ont une caution morale très importante pour qu'on les laisse sans contrôle. Amnesty International serait contrôlé d'ailleurs par le MI-5, le service de renseignement britannique. Human Rights Watch, une autre organisation des droits de l'homme, serait financée par Georges Soros, un milliardaire soi-disant philanthrope. Ces 2 organisations ne critiquent pas les atteintes aux droits de l'homme faites pendant les guerres initiées sous le couvert des Nations Unies par la France, les Etats-Unis ou l'Angleterre. Lorsqu'ils condamnent certaines actions de leurs pays maitres, c'est avec beaucoup de timidité et juste pour garder une certaine crédibilité. Par contre, ils feront des rapports annuels sur les pays « ennemis » de l'occident.

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Au plus fort de la crise libyenne, les fils de Mouammar Kadhafi ont suggéré qu'on procède à une élection pour voir qui le peuple choisirait comme leader mais l'Otan a refusé, sachant que Kadhafi était populaire (à plus de 80%) dans son pays et qu'il gagnerait haut la main pareil test. La démocratie n'exigeait-elle pas qu'on laisse le peuple décider ? Cette solution n'a même pas reçu l'attention de la « communauté internationale » parce qu'il fallait abattre ce leader qui avait osé défier l'ordre international.

Les séminaires sur les droits de l'homme, le financement et l'aide à certains journaux privés africains, les critiques contre certaines dictatures ne sont que de la poudre aux yeux. Ils font partie de l'arsenal psychologique qui entretient l'illusion de la bienveillance occidentale.

J'espère que vous ne croyez plus les présidents français lorsqu'ils prétendent défendre l'Afrique au G-20, le groupe des 20 pays les plus industrialisés du monde, alors que ce sont eux qui, à travers le franc CFA, maintiennent l'Afrique sous oppression monétaire (http://www.africamaat.com/Video-Le-Franc-CFA-et-les-comptes).

Voyez-vous, on ne peut être voleur et honnête en même temps. On est l'un ou l'autre. On ne peut faire assassiner des gens et prétendre défendre les droits de l'homme. On ne peut provoquer des guerres qui détruisent et prétendre accorder de la valeur à la vie humaine. On ne peut faciliter et donner de la caution à la fraude dans un pays et prétendre être un démocrate dans un autre. On ne peut utiliser la banque mondiale et le FMI pour détruire les économies des pays du tiers-monde et prétendre aider au développement (http://ma-tvideo.france2.fr/video/iLyROoafIPvt.html). On est bon ou on ne l'est pas. Et si ces pays démocratiques nous voulaient du bien, pourquoi éliminent-ils nos leaders tels Sankara, Lumumba ou Kadhafi qui nous aimaient ?

L'occident ne se fout pas de la démocratie. Il la déteste

On le sait, contrairement aux apparences et aux déclarations bienveillantes, les leaders occidentaux ne veulent pas de démocratie, ni de progrès en Afrique. Ils aimeraient que les choses restent comme elles sont, sans toutefois tomber dans le chaos car celui-ci perturbe la bonne marche des affaires. Ils ne veulent pas non plus que les pays du tiers-monde se développent car le développement de l'Afrique les ferait sortir de leur contrôle et de leur joug.

Démocratie suppose répartition du pouvoir entre institutions indépendantes, élections transparentes, presse libre et bavarde, commission d'enquêtes parlementaires, réflexion indépendante, débats publics, etc.... Il est plus facile de contrôler un leader corrompu qui a entre ses mains la totalité du pouvoir que de contrôler un président ou premier ministre qui partage le pouvoir avec les députés, les magistrats de la cour suprême et tous les hauts responsables qui joueraient un rôle-clé dans la marche d'une nation démocratique. Des élections libres présentent le risque de mettre au pouvoir des leaders nationalistes et libres d'esprit que les occidentaux ne contrôlent pas.

La démocratie permettrait à la presse de révéler les magouilles qui se font sous la table et peut très sérieusement interférer avec l'informel dont bénéficient les compagnies occidentales opérant en Afrique. Par exemple, une presse libre et bien informée révélerait aux africains tous les accords commerciaux abusifs que la France a imposé aux pays africains tels que le Niger où elle a la priorité sur l'exploitation de l'uranium. C'est la France qui fixe le prix auquel elle achète cet uranium que le Niger ne peut d'ailleurs pas vendre à aucun autre pays. Cette presse dénoncerait l'exploitation off-shore qu'ELF fait du pétrole congolais sans que le gouvernement congolais n'ait une idée des quantités prélevées. (Regarder le documentaire intitulé "Les Milliards d'ELF").

Une presse libre montrerait les émissions de la Françafrique qui sont diffusées en France mais interdites sur les chaînes africaines. Les juges seraient ainsi libres de faire juger sans pression politique toute compagnie française ou américaine ayant commis des exactions sur le sol africain ou ayant procédé par corruption pour obtenir des contrats. Les députés pourraient débattre de projets de lois et revoir tous les accords que les pays africains ont signé avec la France. Le peuple serait partie prenante du jeu et demanderait une redistribution des richesses qui pour le moment bénéficient en majorité aux compagnies occidentales.

Tout ceci m'amène à affirmer que même si un leader véritablement démocrate et intègre arrivait au pouvoir dans un pays africain, les puissances occidentales essaieraient de l'éliminer. Leurs leaders étrangers ne vont pas se croiser les mains, l'applaudir pour les changements positifs (du moins, pas sincèrement) et le laisser faire. Ils ne vont pas se contenter de le regarder travailler. Ils vont essayer de l'éliminer, pour des raisons déjà évoquées. En plus de ces intérêts nationaux, ils ont aussi des motifs personnels. Les familles Mitterrand, Charles Pasqua et Giscard d'Estaing auraient des intérêts privés au Cameroun, Gabon, Centrafrique, Tchad, Congo. Sur le plan moins personnel, un dirigeant démocrate refusera de procéder aux financements occultes de partis politiques et des ordres mystiques européens. Nous savons que ce financement joue une très importante part dans le fonctionnement de ces entités et certains leaders africains leur verseraient des dizaines et même des centaines de millions de francs CFA, à titre de contribution.

En plus de ces intérêts, il y a la notion de prestige qui est en jeu. Aux yeux des pays puissants, il serait inacceptable qu'un dirigeant d'un petit pays sous tutelle change les règles du jeu telles qu'elles existent depuis la colonisation et force la main à une grande puissance. C'est un affront qu'on ne saurait accepter, ceci est d'autant plus dangereux qu'il pourrait faire des émules. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Président Thomas Sankara était un danger pour l'ordre établi français. Il était très admiré et était devenu très populaire auprès des jeunesses et corps d'officiers africains. Les maîtres occidentaux avaient peur que d'autres gens ne veuillent suivre son exemple. Bien qu'il ait été assassiné par celui qu'il croyait être son ami, ce sont la Côte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny et la France qui en étaient les commanditaires.

Pourquoi les chefs d'Etats africains ne dénoncent-ils pas cet ordre outrageux des choses ? D'abord parce qu'ils sont eux-mêmes compromis par des abus et violations d'ordre divers. Ils font partie de ce système global de jouissance matérielle, pour la plupart. Ensuite, ces chefs d'Etat seraient embarrassés d'exposer leur impuissance, leur rang subalterne et leur servilité vis-à-vis de leurs maîtres. Quel chef de famille pourrait rentrer, le soir, à la maison et dire avec fierté à sa femme et à ses enfants qu'il a dû remettre une partie de son salaire au voisin parce qu'il avait peur que celui-ci ne le bastonne ? Ces chefs paraissent forts et invincibles aux yeux de leurs peuples et un aveu d'impuissance heurterait leur fierté. Pourtant, la mise en place d'un véritable système démocratique est la seule voie de sortie de ce système d'oppression car elle permettrait de battre les pays dits démocratiques au jeu de la démocratie. Elle permettrait de désarmer les prédateurs, de mettre les règles du jeu du côté du pays en question et d'impliquer dans le jeu la seule composante vraiment capable de protéger un leader : le peuple.

Même chez eux, la démocratie n'existe pas vraiment

Ne vous y trompez pas, même dans les pays occidentaux, la démocratie n'existe pas vraiment. Les dirigeants de ces pays sont sélectionnés à partir de 2 partis politiques uniquement dont aucun ne représente parfois un bon choix. Selon les pays, il s'agit de la gauche et de la droite, des républicains ou des démocrates, libéraux ou conservateurs. Cette organisation ne laisse pas de chances à une tierce personne de compétir. Un ancien agent de la CIA racontait dans une vidéo comment il avait été envoyé pour intimider Ross Pérot, un candidat indépendant qui voulait compétir contre Bush I en 1992, en lui demandant de retirer sa candidature. Il l'a menacé de s'en prendre à sa fille et Ross Pérot a obtempéré. Incroyable, n'est ce pas ? C'est pourtant ce qui s'est passé. Ross Pérot qui commençait à devenir populaire menaçait le règne des 2 partis politiques, par la création d'une alternative pour le peuple.

Les candidats finalement sélectionnés à l'issue des primaires viennent presque tous du même moule. Il est presqu'impossible pour un personnage ayant des idées révolutionnaires qui inconfortent l'establishment d'arriver à ce niveau. Ils ne peuvent changer la politique préétablie par leurs partis et dans une large mesure, l'establishment. Les leaders élus ne peuvent pas de façon significative affecter la politique extérieure de leurs pays et, dans une certaine mesure, même pas la politique intérieure. Ils sont en réalité des têtes visibles de groupes d'intérêt que sont les partis politiques. Ceux qui essaient de changer les choses se font éliminer comme Kennedy, sont poussés à l'échec comme Jimmy Carter ou alors sont intimidés comme Barack Obama qui renonce à mettre en application son programme social. Ces candidats sont, en général, issus de mêmes écoles, fréquentent les mêmes clubs sociaux et appartiennent même souvent aux mêmes sociétés secrètes. Ce dernier détail a une grande valeur lorsque l'on sait que l'Allegiance aux sectes dépasse même souvent leur loyauté vis-à-vis de leurs pays. Le monde occidental est simplement une dictature de l'élite sur les masses ouvrières.

Ces pays démocratiques ont aussi des fraudes électorales, moins visibles et plus sophistiquées que les pays africains. Georges W. Bush ne doit sa première élection de l'an 2000 contre Al Gore (qui avait gagné le vote populaire) qu'à la décision de la Cour suprême de refuser le recomptage des votes en Floride où son frère était gouverneur. Il faut signaler que Georges W. Bush avait des partisans à la Cour suprême, ce juge dont le fils faisait partie de l'équipe de campagne de Georges Bush. Peut-on vraiment parler de démocratie quand le candidat que la plupart des électeurs ont voté perd les élections par le jeu des grands électeurs.

Dans le documentaire intitule "Hacking Democracy", un individu affirme que Kerry avait la preuve que Georges Bush avait perdu l'élection de 2004 mais avait choisi de ne pas en parler. Il faut signaler que Bush et Kerry font partie de la même secte appellée "Skulls and Bones" traduits par "Cranes et Os". Dans son excellent article, Michael Parenti (http://www.michaelparenti.org/stolenelections.html) dit que des irrégularités ont été commises en 2000 contre les minorités ethniques et des personnes démunies qui votent en général démocrate (parti d'Al Gore). 36 000 personnes n'ont pu voter parce que leurs noms n'ont pas été inscrits dans les listes électorales par le secrétaire d'Etat de l'Etat de Floride, Kathleen Harris. Celle-ci a supervisé les élections de l'Etat de Floride de par sa fonction alors qu'elle était aussi un membre actif du comité de campagne de Georges Bush, dans l'Etat de Floride. D'autres électeurs ont été refoulés par une accusation mensongère d'être d'anciens repris de justice. Dans beaucoup de bureaux de vote dans des régions favorables aux démocrates, les autorités ont fermé tôt les bureaux, empêchant les gens alignés dehors de voter.

Plus récemment en Grèce, Georges Papandreou a renoncé à l'idée du referendum sur le sauvetage des banques grecques sous la pression de ses pairs européens qui savaient que s'il était consulté, le peuple grec allait rejeter ces mesures qui le mettent pratiquement en captivité. N'est-ce pas la démocratie, le choix du peuple ?

En conclusion, la démocratie n'existe vraiment pas. L'occident utilise cet artifice dans la guerre qu'elle mène contre l'Afrique. Les crises ivoirienne et libyenne n'ont été que l'expression visible et violente de cette guerre. Cependant, ce n'est pas une guerre que nous gagnerons par la violence. L'Afrique gagnera cette guerre en retrouvant sa dignité, son self-esteem, l'amour de l'un pour l'autre, sous la direction de leaders nationalistes utilisant la sagesse et l'astuce.

Au-delà de ces considérations bassement matérielles, il y a un élément humain qui explique le comportement des gens vis-à-vis des autres. Nous avons tous en nous, en tant qu'êtres humains, ce désir de contrôler et de nous enrichir aux dépends des autres et de leur bien-être supérieur. C'est pour cela que toutes ces sociétés secrètes et clubs élitistes naissent et prospèrent, à travers le monde. Leur but est de contourner la démocratie, de remettre et de garder le pouvoir entre les mains de quelques privilégiés.


Atangana Mebah Dorien, citoyen libre.

lundi, 07 novembre 2011

LA MONDIALISATION DE LA PROTESTATION

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Le mouvement protestataire qui a débuté en Tunisie en janvier pour s’étendre par la suite à l’Égypte puis à l’Espagne est désormais un phénomène mondial, avec des manifestations qui prennent d’assaut Wall Street et plusieurs villes d’Amérique. La mondialisation et la technologie moderne permettent désormais aux mouvements sociaux de transcender les frontières aussi rapidement que les idées. Et la contestation sociale a trouvé un terrain fertile partout dans le monde : un sentiment que le « système » a échoué et la conviction que, même au sein d’une démocratie, le processus électoral n’arrangera pas les choses – du moins, en l’absence d’une forte pression de la part de la rue.

En mai, je me suis rendu sur les lieux des manifestations tunisiennes ; en juillet, j’ai eu l’occasion de parler avec les indignados espagnols ; je suis ensuite allé rencontrer les jeunes révolutionnaires égyptiens sur la place Tahrir au Caire ;  il y a quelques semaines enfin, j’ai discuté avec les contestataires d’Occupy Wall Street, à New York. Il existe un thème commun, exprimé par le mouvement OWS, et qui se résume en une phrase simple : « Nous représentons les 99% ».

Ce slogan fait écho au titre d’un article que j’ai récemment  publié : « Of the 1%, for the 1%, and by the 1% » (Des 1%, pour les 1%, et par les 1%), décrivant l’augmentation considérable des inégalités aux États-Unis : 1% de la population détient plus de 40% de la richesse et perçoit plus de 20% des revenus. Et les personnes appartenant à cette strate raréfiée sont souvent grassement récompensées, non pas pour leur contribution à la société – bonus et plans de sauvetage anéantissent clairement cette justification des inégalités – mais parce qu’ils sont, disons les choses clairement, des rentiers prospères (et parfois corrompus).

Il est indéniable qu’une partie de ces 1% a grandement apporté sa contribution. En effet, les bienfaits sociaux apportés par de nombreuses véritables innovations (par opposition aux nouveaux « produits » financiers qui ont fini par dévaster l’économie mondiale) ont pour la plupart grandement excédé ce qu’ont perçu leurs inventeurs.

Partout dans le monde, l’influence des politiques et les pratiques anti-concurrentielles (souvent soutenues par les politiques) ont joué un rôle central dans le creusement des inégalités économiques. Et les systèmes fiscaux dans le cadre desquels des milliardaires comme Warren Buffett payent moins d’impôt (en pourcentage de leur revenus) que leur secrétaire, ou dans lesquels les spéculateurs ayant participé à l’effondrement de l’économie mondiale sont taxés à des taux inférieurs aux taux imposés à ceux qui travaillent pour eux, n’ont fait que renforcé cette tendance.

Les recherches de ces dernières années ont montré à quel point la notion d’équité était importante et ancrée. Les manifestants espagnols et ceux des autres pays ont raison d’être indignés : voici un système dans lequel les banquiers sont renfloués, tandis que ceux qui en ont été la proie sont livrés à eux-mêmes. Pire, les banquiers sont désormais de retour à leurs postes, gagnent des bonus dont le montant dépasse ce que la plupart des travailleurs espèrent gagner dans toute une vie, tandis que les jeunes qui ont travaillé dur pendant leurs études et respecté les règles du jeu n’ont aucune perspectives d’emploi épanouissantes.

La montée des inégalités est le produit d’un cercle vicieux : les riches rentiers ont recours à leur fortune pour façonner la législation dans l’objectif de protéger et d’accroître leur richesse – et finalement leur influence. La Cour suprême des États-Unis, dans sa célèbre décision Citizens United, autorise librement les grandes entreprises à utiliser leur argent pour influencer l’orientation de la politique. En revanche, alors que les plus riches sont autorisés à recourir à l’argent pour assoir leurs opinions, dans la rue la police m’a interdit de m’adresser aux manifestants de l’OWS à travers un mégaphone.

Le contraste entre une démocratie sur-réglementée et des banques non-réglementées n’est pas passé inaperçu. Mais les manifestants sont ingénieux : ils ont repris ce que j’avais dit à la foule et l’ont répété pour que tout le monde puisse l’entendre haut et fort. Et pour empêcher que le « dialogue » ne soit interrompu par les applaudissements, ils ont eu recours à des signes de main énergiques pour exprimer leur approbation.

Ils ont raison d’affirmer que notre « système » a un problème. Partout dans le monde, nous avons sous-exploité un certain nombre de ressources – des personnes désireuses de travailler, des machines inutilisées, des bâtiments vides – et sommes faces à des besoins non-satisfaits : lutte contre la pauvreté, promotion du développement, et modernisation de l’économie pour lutter contre le réchauffement climatique, pour n’en nommer que quelques-uns. En Amérique, après la saisie de plus de sept millions de maisons au cours des dernières années, les maisons vides contrastent avec les sans-abris.

Les manifestants ont été critiqués pour leur absence de propositions. Mais là n’est pas la question des mouvements protestataires. Ils sont l’expression d’une frustration à l’égard du processus électoral. Ils constituent une alarme.

Les manifestations anti-mondialisation qui ont eu lieu à Seattle en 1999, lors de ce qui était supposé être l’inauguration d’une nouvelle série de négociations commerciales, ont attiré l’attention sur les échecs de la mondialisation et des institutions et accords internationaux qui la gouvernent. Lorsque la presse s’est intéressée aux revendications des manifestants, elle a décelée chez eux une vérité certaine. Les négociations commerciales qui ont suivi ont été différentes – du moins en principe, elles étaient censées constituer un cercle en faveur du développement, remédier à certaines des lacunes mises en évidence par les manifestants – et le Fonds monétaire international a par la suite entrepris des réformes importantes.

De la même manière, aux États-Unis, les manifestants pour les droits civiques dans les années 1960 ont attiré l’attention sur le racisme institutionnalisé omniprésent dans la société américaine. Cet héritage n’a toujours pas disparu, mais l’élection du président Barack Obama montre à quel point ces manifestations ont bouleversé l’Amérique.

À un premier niveau, les manifestants d’aujourd’hui réclament peu : la possibilité d’utiliser leurs compétences, le droit à un emploi décent et à un salaire décent, une économie et une société plus justes. Leur espoir est évolutionnaire, et non révolutionnaire. Cependant, à un autre niveau, ils demandent beaucoup : une démocratie dans laquelle le peuple compte, et non les dollars, et une économie de marché à la hauteur des espérances qu’elle suscite.

Les deux sont liés : comme nous l’avons observé, des marchés sans entrave conduisent à des crises économiques et politiques. Les marchés ne peuvent fonctionner correctement qu'à condition qu’ils opèrent dans le cadre de régulations gouvernementales adaptées ; et ce cadre ne peut être érigé que dans une démocratie qui reflète l’intérêt général – et non l’intérêt des 1%. Le meilleur gouvernement que l’argent puisse acheter ne suffit plus.


Joseph E. Stiglitz est professeur à l’Université de Columbia, lauréat du prix Nobel d’économie, et auteur de Freefall: Free Markets and the Sinking of the Global Economy (Chute libre : la liberté des marchés et l’effondrement de l’économie globale, ndt)

 

Copyright: Project Syndicate, 2011.

www.project-syndicate.org

Traduit de l’anglais par Martin Morel


Pour un podcast de ce commentaire en anglais, veuillez utiliser ce lien :

http://traffic.libsyn.com/projectsyndicate/stiglitz144.mp3

 

Source: PROJECT SYNDICATE

mercredi, 02 novembre 2011

UN G20 SUSPENDU A L'ALEA GREC

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A vingt-quatre heures de l'ouverture du sommet, le référendum grec rebat toutes les cartes. Plus que jamais, l'Europe est en position de faiblesse face à ses partenaires.

 

Il était déjà acquis que les négociations du G20, qui s'ouvre ce jeudi à Cannes, n'auraient rien d'une partie de plaisir au soleil. Or, non seulement le ciel est gris au-dessus de la Croisette, mais en plus, l'annonce d'un référendum grec sur le plan d'aide européen bouscule sérieusement l'agenda des leaders mondiaux.

A défaut d'en avoir fini avec la crise des dettes, les dirigeants européens pensaient au moins présenter à leurs puissants partenaires - Etats-Unis et Chine en tête - les solutions trouvées mercredi dernier lors du sommet européen: décote de la dette bancaire grecque, renforcement du FESF... Or, la décision du Premier ministre grec Papandréou rend déjà incertaine leur application. C'est donc en position de faiblesse, au pied du mur même, que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel arrivent à Cannes.

Papandréou en vedette américaine

Première conséquence pour le sommet: Georges Papandréou, dont le pays n'est pas membre du G20, est tout de même présent à Cannes ce mercredi pour rencontrer les deux dirigeants, ainsi que des représentants de Bruxelles et du FMI. Enjeu: s'assurer que le référendum à venir n'aura pas de conséquences sur l'application du plan d'aide européen - cela dépendra notamment du contenu exact de la question posée aux Grecs.

Des résultats de cette discussion dépendront plusieurs autres points à l'ordre du jour du G20. A commencer par la participation de pays non-européens - Chine, Brésil, Russie en particulier - au fonds de stabilité financière (FESF). La fragilité révélée du plan de sauvetage pourrait retarder ce coup de pouce, compliquant encore la situation du Vieux continent. Les Européens seront certainement mis sous pression par leurs partenaires, qui accusent les déboires de l'eurozone de retarder la reprise mondiale.

Un monde à refaire

De même, les atermoiements européens ne créent certainement pas un contexte favorable pour l'adoption d'une taxe sur les transactions financières, soutenue par la France et l'Allemagne, mais très loin de faire consensus. La participation d'Attac au contre-sommet de Nice ne devrait pas suffire à vendre l'idée aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne - dont le Premier ministre David Cameron a juré récemment de protéger la finance britannique contre les vélléités régulatrices de Bruxelles.

Malgré ce nouveau rebondissement dans la crise de l'euro, les dirigeants mondiaux devront trouver le temps d'aborder les autres sujets au programme du G20. Notamment une meilleure coordination de leurs politiques économiques. Là aussi, il y aura du sport. Par exemple côté américain, où on redoute que l'austérité générale en Europe ne nuise à l'activité. Tandis que de ce côté de l'Atlantique, on trouve bien malvenues ces leçons d'économie de la part d'un pays qui a vu sa note dégradée cet été.

Européens et Américains devraient tout de même se retrouver pour demander aux pays émergents de développer leurs gigantesques marchés intérieurs, afin de soutenir la demande mondiale.

L'Europe en homme malade du système

Autre gros morceau au menu: la réforme du système monétaire international sera un autre enjeu du sommet. Et là, c'est la Chine qui est dans le viseur, pour la gestion de son Yuan national. Pékin exerce en effet un strict contrôle sur le taux de sa monnaie, largement sous-évaluée. De là un avantage à l'exportation jugé injuste par ses partenaires. La Chine devrait donc être priée, sinon de laisser flotter, du moins de réévaluer sa monnaie.

Et il se pourrait que Pékin fasse enfin preuve d'ouverture sur le sujet: en effet, les représentants de secteurs patronaux chinois, réunis avec leurs homologues internationaux au sein du «B20» (pour «business») ont accepté de cosigner une déclaration insistant notamment sur ce point. Signe que l'Empire du milieu est prêt à évoluer sur la question?

Il devrait aussi être question de la régulation du système financier mondial, des paradis fiscaux, de la réforme des institutions financières internationales (comme le FMI), de la flambée des matières premières, de l'emploi, de la lutte contre la corruption et du développement. Ce G20 devait être celui des «solutions fortes» pour dépasser la crise. Que peut-il encore en sortir, avec une Europe au bord de la noyade?


Par Dominique Albertini, envoyé spécial à Cannes.

 

Source : LIBERATION.FR

17:45 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, europe, amérique, g20 à cannes, un g20 suspendu à un aléa grec | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA SYMETRIE DU CHAOS, VERS UN NOUVEAU PARADIGME INTERNATIONAL?


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Article un peu décalé par rapport à sa date de publication, au regard de l'évolution dramatique qu'a connu la crise libyenne mais d'un contenu remarquable qui nous interpelle sur le nouveau paradigme qui est en train de se mettre en place sur la "petite planète bleue". Tout simplement angoissant. Bonne lecture! Fernand Dindé.

 

Après six mois de résistance, le régime du colonel Gaddafi a fini par être surpris dans sa capitale par un coup de main assez élaboré. Il aura néanmoins réussi à briser l'élan des nouvelles guerres high-tech, rapides et multimédia s'abattant sur un nombre précis de pays arabes depuis l'avènement de l'année 2011.

Ce remake réussi de la Baie des cochons sur les rivages de Libye marque non seulement un tournant dans les relations internationales mais pèsera négativement à l'avenir sur les relations Nord-Sud en Méditerranée occidentale. Vingt ans après l'effondrement de l'empire soviétique et la suppression de la menace dite rouge, l'année 2011 fut choisie comme celle de l'assaut général contre les derniers régimes rétifs à l'hégémonie du nouvel ordre mondial et son idéologie. Première cible avant les pays satellites de la Chine et les pays d'Amérique latine contestataire de l'ordre mondial : les pays arabes hors de l'influence. En sacrifiant deux leaders alliés dont l'un du pays arabe le plus peuplé et le plus influent, les USA escomptaient obtenir un effet domino dans l'ensemble de la région et plus particulièrement un changement de régime dans des pays comme la Libye et la Syrie. Cependant, la très coûteuse occupation de l'Irak de Saddam Hussein et le désastre afghan obligèrent les stratèges américains à opter pour un nouveau type de guerre plus économique en utilisant les moyens de l'information, les réseaux sociaux, les Psyops, la propagande, les cellules terroristes dormantes et Al-Qaida, outil créé, financé et armé par la CIA, le MI-6 et bien d'autres services de renseignement pour l'achèvement de certains objectifs géostratégiques globaux. C'est en effet une nouvelle forme de guerre High Tech, rapide et reposant sur le concours des populations locales préalablement formatées par une propagande massive, multi-vectorielle, élaborée et adaptée à l'humus culturel, religieux et/ou idéologique. Si le putsch militaire en Tunisie fut relativement facile, ordonné et sans grande effusion de sang, celui de l'Égypte contraria deux acteurs clé de la politique étrangère US : le royaume d'Arabie Saoudite et Israël. Ce dernier avait toutes les raisons du monde d'appréhender un changement de régime en Égypte susceptible d'amener à sa tête des factions hostiles à l'État hébreux.

Malgré la soumission totale de l'armée égyptienne à son mentor US, véritable maître du pays du Nil, les choses semblent se détériorer dans la péninsule du Sinaï. Au détriment d'Israël. Effet collatéral inattendu d'une guerre dite globale. C'est le concept de la guerre tous azimuts ou guerre totale multidimensionnelle appliquée à des cas concrets. A distinguer du concept clausewitzien de la guerre. C'est une nouvelle forme de guerre dans laquelle les aspects informationnels, propagandistes, psychologiques, diplomatiques et économiques sont mobilisés comme des armes de combat de première ligne contre des États ou des groupes d'États. D'ailleurs, ce n'est point un hasard si les moyens diplomatiques incluant le recours au CS de l'ONU, et les médias sont considérés comme des étapes cruciales de tout plan militaire US. Ainsi après l'Afghanistan, le Pakistan, l'Iran, l'Irak, le Liban, la Palestine, la Syrie, le Yémen, la Somalie et le Soudan, il n'était pas étonnant de voir la machine bien huilée se tourner vers le Maghreb. Premier maillon faible de cet espace géopolitique en mal d'intégration : la Libye du colonel Mouammar Gaddafi. Bête noire et vieil ennemi de bons nombre de pays occidentaux et arabes du golfe arabo-persique. L'aventure militaire précipitée de l'OTAN sur les côtes libyennes a non seulement bousculé l'équilibre géostratégique de cet espace géopolitique mais risque fort de bouleverser l'ensemble des relations Nord-Sud en méditerranée occidentale. Cette aventure militaire a mis fin à cinquante ans de paix, puisque la dernière intervention armée occidentale en Afrique du Nord remonte à la bataille de Bizerte (Tunisie septentrionale) et à la guerre d'Algérie. Plus préoccupante est l'ingérence presque immorale de certaines entités étatiques du Golfe persique au Maghreb : la chasse frénétique aux subsahariens par les rebelles en Libye relève plus d'une vindicte dictée contre l'orientation africaine de la Jamahiriya et son mépris des Arabes du Golfe persique. Cette tendance africanophobe traduit la future orientation de la Libye de demain telle que voulue par les mentors et financiers de l'agression militaire contre ce pays : La Libye post-Gaddafi sera Arabe du premier camp. Celui de la Jordanie, du Qatar, des Émirats Arabes Unis, du Koweït et du Bahreïn. En d'autres termes, un pays détaché de son environnement africain.

Malgré la chute de Tripoli suite à l'opération «Siren», opération coup de poing qui fera date dans les manuels militaires des armées, les Libyens n'auront pas démérité et ont globalement fait face à l'agression de leur pays avec plus d'efficacité que ne l'ont fait les Irakiens pourtant infiniment mieux armés. La Libye a tenu à six mois de bombardements et autres pilonnages intensifs des forces de l'OTAN, lesquelles ont déversé sur ce pays près de 200 bombes par jour. Dans cette guerre, les rebelles libyens, en particulier ceux de la ville de Misurata ont bénéficié du soutien de firmes de sécurité et de renseignement privées ainsi que de mini-drones (des drones quadricoptères de type Scout). Ailleurs dans le pays, des drones américains Predator II armés croisaient dans le ciel libyen chassant en meute des cibles désignées.

Sous-estimée, la Libye du colonel Gaddafi et son système atypique de pouvoir non hiérarchisé et horizontalement distribué a donné du fil à retordre à l'OTAN. A la surprise générale de ses voisins, la Libye, plus petit pays du Maghreb, a failli écraser rapidement et efficacement la rébellion armée qui s'est déclarée en Cyrénaïque le 16 février 2011, n'était-ce l'intervention militaire occidentale. Néanmoins, la Libye a réussi à absorber le choc initial de l'agression de la coalition internationale menée par les USA, la France, la Grande Bretagne, le Qatar et les Émirats Arabes Unis avant de tenir tête à l'OTAN, la plus grande alliance militaire du monde.

Cette capacité de résistance d'un pays aux capacités technologiques quasi-inexistantes, doté d'une toute petite armée de quatre ou cinq brigades, ne peut s'expliquer que par le régime très particulier et hors normes imposé par le colonel Kadhafi. Un système opaque où le pouvoir est dissous parmi des centaines de tribus et où la notion d'État selon l'acception occidentale demeure un concept étrange. L'organisation de l'État des masses, un concept paradoxal pour un pays de cinq ou six millions d'habitants, a rendu caduc tous les plans précédemment utilisés en Irak et a imposé à l'OTAN un nouveau paradigme à peine connu. Indubitablement, c'est en Libye qu'a été mis en échec le cycle des révoltes arabes par le désordre et l'ingénierie du chaos au moyen des réseaux sociaux et des services de messagerie. Car, contrairement à la Tunisie et l'Égypte, pays pro-occidentaux ayant connu des putschs militaires déguisés en révolutions colorées, la Libye comme le Yémen et la Syrie ont fait autrefois partie d'un front du refus et de la résistance qui aura vécu. Il est paradoxal de constater qu'une ville éloignée comme Brega ait tenu tout au long de la guerre et ait survécu à Tripoli qui a succombé à un coup de main éclair et complexe.

L'histoire est riche de ces retournements spectaculaires d'alliances et d'allégeance. Toutefois, qui aurait osé concevoir il y a à peine une trentaine d'années que l'OLP (Organisation de Libération de Palestine) se retournerait contre Damas ? Il est vrai que la vieille organisation désuète et corrompue de la résistance palestinienne n'a jamais pardonné le positionnement du régime syrien laïc aux côtés d'une organisation islamiste rivale, ayant réussi à prendre le pouvoir dans l'enclave assiégée de Gaza. Comme dans l'épisode libanais, la main des Saoudiens n'est jamais très loin et il n'est pas étonnant dès lors de constater la stratification en cours et la superposition de la rivalité créée de toutes pièces entre l'Arabie Saoudite et ses alliés, garant d'une version rigoriste de l'Islam sunnite contre l'Iran chiite, ultime avatar de l'impérialisme perse. Un schéma correspondant parfaitement aux plans d'hégémonie US au Moyen-Orient, basés sur les divisions ethniques et confessionnelles et même au-delà.

L'une des techniques de tromperie en usage dans ces nouvelles campagnes militaires d'un nouveau genre contre des États est l'imposition d'un mensonge comme vérité dans la plus pure tradition stalinienne. Ainsi des médias nous présentent sans vergogne aucune des informations faisant état de l'usage du gouvernement syrien d'embarcations armées contre ses propres populations civiles tout en avançant des bilans dignes d'un accident de circulation. Est-il possible qu'une ville de la taille de Lattaquié soit pilonnée par l'artillerie navale et n'enregistre que trois ou quatre victimes ? Le cas libyen est encore plus pathétique : l'OTAN qui ne maîtrise qu'une forme de propagande unique et disons le sans ambages, sclérosée, qualifie ses raids meurtriers contre les populations civiles libyennes comme une opération de protection de ces mêmes populations ! Les sites officiels britanniques se sont illustrés par une propagande mensongère sans vergogne pire que celle de Staline. Cercle vicieux d'un mensonge orwellien. Cet auteur avait bien pressenti que le totalitarisme anglais pourrait être bien plus pire que celui du nazisme et du stalinisme de son époque.

Les États-Unis d'Amérique sont les principaux architectes de cet assaut. Mais dans le cas de la Libye, ils ont adopté une nouvelle ligne de conduite, faisant semblant de confier les opérations, dès l'élimination de l'ensemble des défenses aériennes libyennes à leurs alliés de l'OTAN. Ils en regrettèrent presque cette option. La Grande Bretagne et la France eurent une piètre performance face à une armée libyenne bien faible et pas du tout équipée. C'est grâce à la logistique US et à l'argent du Qatar et des Émirats Arabes Unis que cette guerre put aboutir à l'entrée des rebelles à Tripoli atour d'un noyau dur formé par les commandos spéciaux de la CIA, du SAS, du 2ème régiment de parachutistes, de la Légion jordanienne, des mercenaires de l'X (ex-Blackwater) et des forces spéciales italiennes et qatari.

Des observateurs peu avertis de la nature du pouvoir en Europe s'étaient interrogés sur les motivations de certains pays comme l'Italie de s'aliéner gratuitement et durablement l'ensemble des pays de la rive Sud de la méditerranée, en d'autres termes ses voisins immédiats, en s'impliquant dans une guerre d'agression contre la Libye ou en joignant sa voix aux cris d'orfraie des pays européens contre la Syrie. Alors que ce pays jouissait jusqu'ici d'une assez bonne image au sein des pays du Sud. Le fait est que le pouvoir réel en Italie et ailleurs en Europe n'est plus aux mains des habitants de ces pays mais appartient de facto à des oligarchies invisibles agissant assez similairement à des gouvernements d'occupation.

La stratégie du double endiguement utilisée contre l'Iran et l'Irak, la destruction de ce dernier et son occupation, la guerre civile libanaise, la scission du Soudan, l'élimination physique des figures historiques de la résistance palestinienne, la mise au pas du Liban, l'encerclement et l'assaut de la Syrie, la déstabilisation du Yémen, l'affaiblissement des pays du Maghreb, la mise en place d'une véritable ceinture de feu entre le Sahel et l'Afrique du Nord s'étendant de la corne de l'Afrique à l'Atlantique, et, actuellement, la mise en pièces de la Libye, ne sont qu'une suite ininterrompue d'évènements liés. Lesquels s'inscrivent dans le cadre d'un plan réglé et préconçu. Tel qu'il a été ébauché par l'ex-secrétaire d'État US Henri Kissinger dès l'avènement des années 70. A posteriori, l'actuelle vague de révoltes présentée comme un printemps arabe en référence à une série d'évènements ayant abouti à l'implosion de l'ancien bloc de l'Est, n'est que la continuation d'une même et unique stratégie visant toujours le même objectif : le formatage de l'environnement immédiat et lointain d'Israël à même de garantir sa survie pour les cinquante prochaines années et par-dessus tout garantir son existence au-delà de l'année 2048.

L'enthousiasme suscité par les révoltes arabes a fait long feu. Si les médias mainstream n'ont pas hésité à qualifier cet assaut général de «printemps arabe», la réalité des faits déformés sur le terrain, grâce à la magie des caméras embarquées sur les téléphones portables dans un monde ou presque tout le monde en est équipé, a fait déchanter plus d'un. De mémoire de révolutionnaire, on n'a jamais vu des rebelles armés de fusils d'assaut Gewehr-36 avancer contre les troupes gouvernementales de leur propre pays sous la couverture d'hélicoptères de combat avancé, de drones et de bombardiers étrangers tout en bénéficiant de l'appui feu de l'artillerie navale, le renseignement de l'imagerie satellitaire et l'encadrement des forces spéciales de pays ayant une longue tradition dans la subversion et le sabotage. C'est pourtant bien ce qui s'est passé en Libye. Et c'est ce que l'on tente de recréer en Syrie et si possible, ailleurs. Ce n'est point un hasard si, au départ des contestations, une aide logistique est mise à profit des insurgés, fussent-ils présentés comme de simples manifestants. Changement d'icônes. Depuis les années 60, le Kalachnikov était l'arme par excellence de tous les révolutionnaires et guérilléros de tous bords. L'usage par les rebelles libyens d'une variante du fusil d'assaut FN-FAL et de missiles antichar MILAN, puis après l'opération de Tripoli, du fusil Allemand G-36, équipant entre autres les forces spéciales jordaniennes, consacre une véritable rupture. Après les rébellions maoïste, communiste, socialiste et nationaliste, voici venu le temps des rébellions néolibérales financées par les riches Cheikhats du Golfe persique et soutenues militairement par les milieux trans-financiers internationaux.

Cependant, l'apparition spontanée de ces nouvelles guerres High Tech de propagation du chaos social par le bas et l'ingénierie du putsch scientifique n'est pas sans risque pour les pays l'ayant adopté. La Grande Bretagne (mais aussi la France) en sont de parfaits exemples. Et ce, malgré la surveillance exhaustive et maniaque des réseaux par des cohortes de cyber policiers dans ces deux pays. Surveillance bien plus intense, systématique et étroite que ne le serait la surveillance d'internet dans un pays comme la Chine. Le retournement des nouvelles armes que constituent désormais les réseaux sociaux et les services de messagerie contre l'un des pays les ayant le premier utilisé pour attaquer un autre pays (la tentative britannique de susciter une révolution colorée-verte-en Iran en 2009) a donné plus que des sueurs froides à Londres. Les émeutes du mois d'août 2011 ont fait craindre un retour de boomerang, voire une British Revolution. Signe qui ne trompe pas : deux facebookers ayant posté des blagues sur le net au sujet de ces émeutes ont été condamnées à de très sévères peines d'emprisonnement. Pendant ce temps, le gouvernement de sa majesté, le plus acharné dans sa guerre en Libye, finance, encourage et soutient des milliers de jeunes Arabes à propager via les réseaux sociaux le désordre, le chaos et la sédition.

La reprise du symbolisme religieux islamique par les services de renseignement US et britannique n'est pas nouveau. Il remonte à plus d'un siècle, avec les théories du manteau vert, du messie attendu et les intrigues de Lawrence d'Arabie. On percevait aisément derrière tous ces vendredis «colorés» une forte touche de marketing. «Vendredi de la colère», «Vendredi de la vengeance» ou encore «vendredi de la défiance» sont des produits marketing 100 % US adaptés à l'humus local. Un peu comme les filiales de Coca Cola au Moyen-Orient. A ces techniques s'ajoutèrent le renfort d'une pléthore de pseudo-fatwas issues de manière désordonnées et diffusées par des «clercs» musulmans majoritairement sunnites mais dont la majorité provient des pays du Golfe persique inféodés à l'empire ou de pays comme l'Égypte ou la Jordanie. C'est un Islam version US, aussi corollaire au néo-libéralisme que l'est la spéculation boursière sur des actifs pourris. Support de propagation : internet et chaînes satellitaires. Après l'anathème vient la diabolisation. Le président syrien est qualifié de Hulagu dans une référence à l'invasion mongole du Moyen-Orient au 13ème siècle ; le guide libyen qui s'est déjà auto-affublé de toute une série de titres, se voit en plus affublé de tous les noms d'oiseaux. Il est vrai qu'il ne s'est fait que des ennemis. La propagande des pays du CCG s'acharne plus particulièrement sur lui avant, pendant et après son règne. Même hors de son complexe de Bâb Azizya, le colonel sera accusé par les US d'avoir collaboré avec leurs services dans la lutte antiterroriste. Quant on sait que tous les pays musulmans ont été sommés de collaborer dans la lutte contre un terrorisme créé de toutes pièces par ceux là même qui l'exigent, on ne peut que rester stupéfait de la tromperie avec laquelle agit l'empire quel que soit le contexte.

Mais tout cela est voué à l'échec. Les Américains et leurs alliés sont dans une impasse non seulement économique mais idiosyncratique. Si au Levant, la déstabilisation de la Syrie aura de très graves conséquences sur Israël, dont l'arsenal nucléaire conséquent ne lui sera d'aucun secours, au Maghreb, le dépeçage de la Libye aura des conséquences négatives durables sur l'ensemble des relations Nord-Sud en Méditerranée occidentale. Il ne fait aucun doute que tôt ou tard, l'intrusion militaire de puissances étrangères en Libye aura un prix.

A ce propos, certains observateurs ont mis en doute la mainmise étrangère sur les ressources de la Libye à cause du sentiment ultranationaliste de certaines factions rebelles. C'est méconnaître les ressorts cachés de la soumission consentante. Les rebelles, y compris leurs ailes militaires les plus radicales sont beaucoup trop faibles pour pouvoir prétendre tenir tête à leurs puissants protecteurs. De facto, ils sont encore plus faibles que les forces loyalistes. C'est pour cette raison que la Libye représente un cas d'école : c'est le nouvel eldorado des multinationales et l'entrée rêvée en Afrique du Nord et au Sahel. Et connaissant certains pays de la coalition «humanitaire» caractérisées par leur hargne et leur cupidité à tenir coûte que coûte la moindre parcelle de terre tombée en leur pouvoir et ne plus jamais la relâcher à moins de provoquer un génocide généralisé, on ne voit pas la Libye se débarrasser de sitôt de ces protecteurs de la dernière heure.

Avec l'épilogue libyen, l'Africom devrait avoir résolu le choix de ses bases en Afrique. Elle y disposera aussi bien de bases stratégiquement situées sur le golfe de Syrte qu'en bordure du Sahel, voire au Sahara central. En parallèle, la Russie perd plus qu'un important client de ses armements. Tandis que la Chine voit sa présence en Méditerranée, en Afrique du Nord et au Sahel assez compromise. Certains pays occidentaux voyant d'un très mauvais oeil la présence chinoise dans la bande sahélienne du Soudan en Mauritanie, en passant par le Niger, principal pourvoyeur d'uranium aux centrales électronucléaires françaises.

Propager le désordre dans un pays fait partie intégrante de la panoplie de guerre. Le chaos est un nouveau paradigme des relations internationales. L'ex-ambassadeur US en Chine, Jon Huntsman et probable candidat aux présidentielles américaines en sait quelque chose. Sa tentative très maladroite de susciter des troubles en Chine en utilisant les réseaux sociaux l'a forcé à quitter son poste.

Cependant, la question qui se pose actuellement est celle relative aux conséquences à moyen et long terme de cette nouvelle ingénierie du chaos appliqué à l'échelle géostratégique. Utilisant des outils transcendant la guerre asymétrique que pourrait opposer le pays ciblé face à un assaillant technologiquement plus avancé, cette nouvelle forme de guerre ne serait-elle pas susceptible de créer une symétrie du chaos dans les deux camps ? L'avenir nous le dira.


Wissem Chekkat, in « Le Quotidien d'Oran » du 15 septembre 2011.

jeudi, 14 juillet 2011

L’ECONOMIE MONDIALE MENACE DE PARTIR EN VRILLE

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Mais où va l'économie? Bilan du premier semestre.

 

Notre spécialiste Olivier Delamarche fait le point sur la situation économique mondiale. Et nous livre ses prévisions.

 

Reprenons, point par point, l'environnement dans lequel nous avons évolué au cours de ce premier semestre.

La Chine est confrontée d'une part, à une forte inflation et tente de la ralentir en montant ses taux, et d'autre part à une bulle immobilière qui ne cesse d'enfler et dont on sait qu'elle contribue largement au montant astronomique de créances pourries dans les banques évaluées autour de 540 MDS de $ soit 10 % du PIB. En outre, 2 000 des 3 000 MDS de réserve de change sont en dollar ce qui, du fait de la politique américaine, est devenue un véritable casse tête pour les autorités chinoises qui aimeraient bien se débarrasser de cette monnaie « fondante » mais qui ont du mal à trouver des acheteurs et des actifs de remplacement (pas le yen pas l'euro….).

Le Japon, déjà en récession avant la catastrophe du 11 mars, est à l'agonie depuis 20 ans, avec un endettement de 225 % avant le tremblement de terre et qui sera probablement de 250 % en 2012.

Ce taux d'endettement qui annihile toute croissance, n'est probablement plus absorbable par une population vieillissante. Il faudra donc aller sur les marchés internationaux où les investisseurs demanderont des taux plus élevés que les taux actuels (1,17 sur 10 ans). Les Japonais ne pourront alors plus payer, et là, fin de l'histoire…

Le Brésil est étranglé par la hausse des taux à plus de 12 % et par celle du real due à la défiance envers les autres monnaies qui pèse sur ses exportations.

La Grande Bretagne, coincée entre récession et inflation utilise la même recette que les américains, la fuite en avant, la planche à billet alors même qu'ils savent que c'est en pure perte puisque l'argent imprimé ne circule pas.

L'Europe, qui a pris une position dogmatique de sauvetage à tout prix de l'euro plutôt que de reconnaître qu'il a été mal conçu au départ, en essayant de gagner un peu de temps, nous enfonce dans la crise et rend la situation de moins en moins maîtrisable.

Les pays aujourd'hui en crise, l'Irlande, la Grèce, le Portugal, l'Espagne ne rembourseront jamais car ils sont structurellement incapables de générer une croissance suffisante pour faire face au coût et au remboursement de leurs dettes.

Combien de temps les peuples des pays en crise vont-ils accepter de se sacrifier sur l'hôtel idéologique d'un euro mal conçu par de petits fonctionnaires européens à la pensée étriquée, pour sauver des banques dont la seule fonction est de distribuer des bonus à ses dirigeants et de tondre leurs clients ?

Combien de temps les peuples des pays soi-disant en bonne santé vont accepter de payer pour les autres et pour éviter la faillite de quelques banques qui ont multiplié les erreurs mais qui ne s'en sentent pas le moins du monde responsables ?

Le Moyen Orient mérite plus que jamais son statut de poudrière avec les révolutions du printemps arabe qui sont loin, pour la plupart, d'avoir connu leur épilogue, avec l'Iran qui continu d'enrichir de l'Uranium pour fabriquer une bombe nucléaire, les Israéliens qui ne pourront pas vivre longtemps avec une telle menace et l'Arabie Saoudite qui elle aussi a peur et qui a annoncé qu'elle se doterait de l'arme nucléaire si l'Iran en avait une.

Le Pakistan, repère de terroristes, qui, lui, a déjà l'arme nucléaire…

Les Etats-Unis, repère de deux terroristes nommés Bernanke et Geithner, qui ont en leur possession deux armes infiniment plus dangereuses que l'arme nucléaire, à savoir la politique monétaire et la dette.

Monsieur Bernanke ne connait qu'une politique, Taux bas et Quantitative Easing (QE), qui a conduit les Etats Unis dans une impasse totale.

Sa politique a échoué complètement et nous en avons la preuve toutes les semaines depuis six mois : le QE ne crée pas d'emploi, le QE ne fait pas repartir l'immobilier, le QE ne relance pas la croissance.

Au vu de la dégradation des chiffres macroéconomique de ces derniers mois, la probabilité d'un double dip augmente même de façon exponentielle !

Le QE consiste à donner de l'argent gratuitement aux banquiers qui l'emploient à spéculer sur les matières premières ou à souscrire aux adjudications du trésor US avec une garantie de rachat par la FED la semaine suivante avec une petite plus-value. Les banques dans ce schéma se gardent bien de financer l'économie, trop risqué pour elles !!!

L'endettement des Etats-Unis, le montant des créances pourries dans les banques, le taux de chômage sont devenus tel aux USA que le risque systémique n'a jamais été aussi élevé.

Dans cet environnement, comme on l'a vu quasi idyllique, qu'ont fait les marchés ?

Sur le FOREX, malgré tout ce qui se passe sur l'Euro, le dollar continue de baisser ce qui laisse imaginer la valeur que l'on peut donner à ces deux monnaies.

D'où la question pour un gérant : en quoi doit-il libeller ses actif s'il ne veut pas perdre toute valeur.

De plus, cela pose la question de la viabilité des fonds euro des assureurs.

Le marché des governement bonds est complètement sinistré en Europe et aux USA. Il va très probablement piéger encore de nombreux investisseurs car, si aujourd'hui il valorise clairement une récession et sert de refuge pour ceux qui fuient les actions, la très forte augmentation de sa volatilité indique qu'il perd son statut d'actif sans risque et que ce marché est sur le point de craquer. Il est en effet incapable d'absorber les montants gigantesques des émissions mondiales.

Le marché des corporate bonds est déjà tellement suracheté que certains sont en taux négatifs sur six/neuf mois.

Les marchés actions, ici il est inutile de chercher la moindre lueur d'intelligence dans le pricing de cet actif, vous perdriez votre temps. Durant tout le premier trimestre, plus les nouvelles étaient mauvaises, plus les marchés montaient car cela impliquait que Monsieur Bernanke allait continuer d'imprimer des dollars. Il a fallut attendre le mois de juin pour voir enfin les marchés baisser avant d'annuler cette baisse en trois jours sur la fin juin. Pendant cette amorce de repli, le discours est resté constant : « le marché n'est pas cher, les résultats sont bons ». Or, s'il est vrai que les résultats sont bons, ils ne vont pas le rester car ils ont été obtenus au prix d'un chômage hors norme, plus structurel que conjoncturel. De plus, le prix d'une action est composé de deux facteurs, la capacité de génération de résultats d'une part et son taux de capitalisation d'autre part. Et sur ce dernier, il y a beaucoup à dire.

Aujourd'hui, les marchés se calent sur des taux de capitalisation historiques, sans tenir compte et du risque considérable engendré par le dérapage mondial de la dette, les créances pourries des banques, et l'utilisation de façon inconsidérée de l'effet de levier, et du changement total de modèle économique avec des pays du troisième âge surendettés (occidentaux) à tous les niveaux et des pays émergents obligés de leur prêter et de ralentir leur croissance interne pour ne pas trop vite aggraver l'état des ancêtres. Rapportez ce schéma à une population ou même à une famille, la conclusion viendra toute seule !

On peut se demander pourquoi, avec un tel environnement, nous ne sommes pas déjà sur les objectifs de nos joyeux prévisionnistes soit 4 500-4 700 sur le CAC 40, 1 450-1 500 sur le S&P 500.

En fait, dans ce contexte, les taux de capitalisation devraient varier entre 7 et 10 et non pas entre 12 et 15 comme actuellement.

Mes objectifs sont donc de 2 000-2 500 sur le CAC 40….550-600 sur le S&P500.

Bon second semestre !


Olivier Delamarche, Président de la société Platinium Gestion.

 

Source : YAHOO FINANCE

mercredi, 11 mai 2011

L'AMBITION DEMESUREE ET CRIMINELLE DES ETATS-UNIS: LE CONTROLE MILITAIRE DE LA PLANETE

 

ARMEE AMERICAINE.jpg

Lundi, le 17 février 2003, par Samir AMIN

 

Je viens de lire un article de Samir Amin datant de 2003. Lu à son époque, il est fort probable que beaucoup d'entre nous y auraient vu un raisonnement trop unilatéral et excessif...
Lu aujourd'hui, à la lumière des évènements en cours, avec une attention aiguisée chez nous tous, le texte de Samir Amin paraît d'une pertinence et d'une clarté étonnantes. En tout cas c'est comme cela que je le perçois.
A chacun de voir...  Omar.

 

Dès les années 1980, alors que s'annonce l'effondrement du système soviétique, se dessine une option hégémoniste qui gagne l'ensemble de la classe dirigeante des États-Unis (ses establishments démocrate et républicain). Emportés par le vertige de leur puissance armée, désormais sans concurrent capable d'en tempérer les fantasmes, les États-Unis choisissent d'affirmer leur domination d'abord par le déploiement d'une stratégie strictement militaire de « contrôle de la planète ». Une première série d'interventions - Golfe, Yougoslavie, Asie Centrale, Palestine, Irak - inaugure dès 1990 la mise en œuvre de ce plan de « guerres made in USA », sans fin, planifiées et décidées unilatéralement par Washington.

 

La stratégie politique d'accompagnement du projet en prépare les prétextes, qu'il s'agisse du terrorisme, de la lutte contre le trafic des narcotiques ou de l'accusation de production d'armes de destruction massive. Prétextes évidents quand on connaît les complicités qui ont permis à la CIA de fabriquer un adversaire « terroriste » sur mesure (les Taliban, Ben Laden - la lumière sur le 11 Septembre n'ayant jamais été faite ...) ou de développer le Plan Colombie dirigé contre le Brésil. Quant aux accusations de production éventuelle d'armes dangereuses, portées contre l'Irak, la Corée du Nord et demain n'importe quel Etat, elles font pâle figure face à l'usage effectif de ces armes par les Etats Unis (les bombes de Hiroshima et Nagasaki, l'emploi d'armes chimiques au Viet Nam, la menace avouée de l'utilisation d'armes nucléaires dans les confits à venir ...) . Il ne s'agit donc là que de moyens qui relèvent de la propagande au sens que Goebels donnait au terme, efficaces peut être pour convaincre l'opinion niaise aux Etats Unis mais de moins en moins crédibles ailleurs.

La « guerre préventive » formulée désormais comme un « droit » que Washington se réserve d'invoquer, abolit d'emblée tout droit international. La Charte des Nations Unies interdit le recours à la guerre, sauf dans le cas de légitime défense ; et soumet sa propre intervention militaire éventuelle à des conditions sévères, la riposte devant être mesurée et provisoire. Tous les juristes savent que les guerres entreprises depuis 1990 sont parfaitement illégitimes et donc qu'en principe ceux qui en ont pris la responsabilité sont des criminels de guerre. Les Nations Unies sont déjà traitées par les Etats Unis, mais avec la complicité des autres, comme le fut naguère la SDN par les Etats fascistes.

L'abolition du droit des peuples, déjà consommée, substitue au principe de leur égalité celui de la distinction entre un « Herrenvolk » (le peuple des Etats Unis, accessoirement celui d'Israël) qui a le droit de conquérir « l'espace vital » qu'il juge nécessaire et les autres, dont l'existence même n'est tolérable que si elle ne constitue pas une « menace » pour le déploiement des projets de ceux appelés à être les « maîtres du monde ».

Quels sont donc ces intérêts « nationaux » que la classe dirigeante des Etats Unis se réserve le droit d'invoquer comme bon lui semble ?

A vrai dire cette classe ne se reconnaît que dans un seul objectif - « faire de l'argent » - l'Etat nord américain s'étant ouvertement mis au service prioritaire de la satisfaction des exigences du segment dominant du capital constitué par les transnationales des Etats Unis.

Nous sommes donc tous devenus, aux yeux de l'establishment de Washington, des « Peaux Rouges », c'est à dire des peuples qui n'ont droit à l'existence que dans la mesure où ils ne gênent pas l'expansion du capital transnational des Etats Unis. Toute résistance sera réduite par tous les moyens allant jusqu'à l'extermination si nécessaire, nous promet-on. Quinze millions de dollars de sur profits supplémentaires pour les transnationales américaines, en contre partie trois cents millions de victimes, aucune hésitation. L'Etat « voyou » par excellence, pour reprendre le langage des Présidents Bush père, Clinton et Bush fils, c'est bel et bien celui des Etats Unis.

Ce projet est certainement impérialiste au sens le plus brutal, mais il n'est pas « impérial » au sens que Negri donne à ce terme, car il ne s'agit pas de gérer l'ensemble des sociétés de la planète, pour les intégrer dans un système capitaliste cohérent, mais seulement de piller leurs ressources. La réduction de la pensée sociale aux axiomes de base de l'économie vulgaire, l'attention unilatérale portée à la maximisation de la rentabilité financière à court terme du capital dominant, renforcée par la mise à la disposition de celui-ci des moyens militaires qu'on connaît sont responsables de cette dérive barbare que le capitalisme porte en lui, dès lors qu'il s'est débarrassé de tout système de valeurs humaines auquel il a substitué les exigences exclusives de la soumission aux prétendues lois du marché. Par l'histoire de sa formation le capitalisme nord américain se prêtait à cette réduction mieux encore que celui des sociétés européennes. Car l'Etat américain et sa vision politique ont été façonnés pour servir l'économie et rien d'autre, abolissant par là même le rapport contradictoire et dialectique économie/politique. Le génocide des Indiens, l'esclavage des Noirs, la succession de vagues des migrations substituant la confrontation des groupes partageant de prétendues identités communautaires (manipulées par la classe dirigeante) à la maturation de la conscience de classe, ont produit une gestion politique de la société par un parti unique du capital, dont les deux segments partagent les mêmes visions stratégiques globales, se partageant la tâche par leurs rhétoriques propres à l'adresse de chacune des « constituencies » de la petite moitié de la société qui croit suffisamment au système pour se donner la peine d'aller voter. Privée de la tradition par laquelle les partis ouvriers sociaux démocrates et communistes ont marqué la formation de la culture politique européenne moderne, la société américaine ne dispose pas des instruments idéologiques qui lui permettraient de résister à la dictature sans contre poids du capital. C'est au contraire celui-ci qui façonne unilatéralement le mode de pensée de la société dans toutes ses dimensions, et en particulier reproduit en le renforçant son racisme fondamental qui lui permet de se voir en « Herrenfolk ». « Play boy Clinton, Cow boy Bush, same policy » ; se slogan entendu en Inde à juste titre place l'accent sur la nature du parti unique qui gère la prétendue démocratie américaine.

De ce fait le projet nord américain n'est pas un projet hégémoniste banal qui partagerait avec d'autres, qui se sont succédé dans l'histoire moderne et ancienne, les vertus d'une vision d'ensemble des problèmes permettant de leur donner des réponses cohérentes stabilisatrices, fussent-elles fondées sur l'exploitation économique et l'inégalité politique. Il est infiniment plus brutal par sa conception unilatérale simple à l'extrême et, de ce point de vue, se rapproche davantage du projet nazi, également fondé sur le principe exclusif du « Herrenfolk ». Ce projet des Etats Unis n'a rien à voir avec ce qu'en disent les universitaires libéraux américains, qualifiant cette hégémonie de « benign » (« indolore ») !

S'il doit se déployer pendant encore un certain temps ce projet ne pourra générer qu'un chaos grandissant appelant une gestion de plus en plus brutale au coup par coup, sans vision stratégique de long terme. A la limite Washington ne cherchera plus à renforcer des alliés véritables, ce qui impose toujours savoir faire des concessions. Des gouvernements fantoches, comme celui de Karzai en Afghanistan, font mieux l'affaire tant que le délire de la puissance militaire permet de croire à « l'invincibilité » des Etats Unis. Hitler ne pensait pas autrement.

L'examen des rapports de ce projet criminel aux réalités du capitalisme dominant constitué par l'ensemble des pays de la triade (Etats Unis, Europe, Japon) permettra d'en mesurer les forces et les faiblesses.

L'opinion générale la plus courante, véhiculée par ceux des médias qui n'appellent pas à réfléchir, est que la puissance militaire des Etats Unis ne constituerait que le sommet de l'iceberg, prolongeant une supériorité de ce pays dans tous les domaines, notamment économiques, voire politiques et culturels. La soumission à l'hégémonisme auquel il prétend serait donc de ce fait incontournable.

L'examen des réalités économiques infirme cette opinion. Le système productif des Etats Unis est loin d'être « le plus efficient du monde ». Au contraire presque aucun de ses segments ne serait certain de l'emporter sur ses concurrents sur un marché véritablement ouvert comme l'imaginent les économistes libéraux. En témoigne le déficit commercial des Etats Unis qui s'aggrave d'année en année, passé de100 milliards de dollars en 1989 à 450 en 2000. De surcroît ce déficit concerne pratiquement tous les segments du système productif. Même l'excédent dont bénéficiaient les Etats Unis dans le domaine des biens de haute technologie, qui était de 35 milliards en 1990, a désormais laissé la place à un déficit. La concurrence entre Ariane et les fusées de la Nasa, Airbus et Boeing témoigne de la vulnérabilité de l'avantage américain. Face à l'Europe et au Japon pour les productions de haute technologie, à la Chine, à la Corée et aux autres pays industrialisés d'Asie et d'Amérique latine pour les produits manufacturés banals, à l'Europe et au cône sud d'Amérique latine pour l'agriculture, les Etats Unis ne l'emporteraient probablement pas sans le recours à des moyens « extra économiques » qui violent les principes du libéralisme imposés aux concurrents !

En fait les Etats Unis ne bénéficient d'avantages comparatifs établis que dans le secteur des armements, précisément parce que celui-ci échappe largement aux règles du marché et bénéficie du soutien de l'Etat. Sans doute cet avantage entraîne-t-il quelques retombées pour le civil (Internet en constitue l'exemple le plus connu), mais il est également à l'origine de distorsions sérieuses qui constituent des handicaps pour beaucoup de secteurs productifs. L'économie nord américaine vit en parasite au détriment de ses partenaires dans le système mondial. « Les Etats Unis dépendent pour 10 % de leur consommation industrielle des biens dont l'importation n'est pas couverte par des exportations de produits nationaux » (E. Todd, Après l'Empire, p. 80).

La croissance des années Clinton, vantée comme étant le produit du « libéralisme » auquel l'Europe aurait malheureusement trop résisté, est en fait largement factice et en tout cas non généralisable, puisqu'elle repose sur des transferts de capitaux qui impliquent la stagnation des partenaires. Pour tous les segments du système productif réel, la croissance des Etats Unis n'a pas été meilleure que celle de l'Europe. Le « miracle américain » s'est exclusivement alimenté de la croissance des dépenses produites par l'aggravation des inégalités sociales (services financiers et personnels : légions d'avocats et de polices privées etc ...). En ce sens le libéralisme de Clinton a bel et bien préparé les conditions qui ont permis l'essor réactionnaire et la victoire ultérieure de Bush fils. De surcroît, comme l'écrit Todd (p. 84) « gonflé par les fraudes le PNB américain commence à ressembler, pour la fiabilité statistique, à celui de l'Union soviétique » !

Le monde produit, les Etats-Unis (dont l'épargne nationale est pratiquement nulle) consomment. « L'avantage » des Etats Unis est celui d'un prédateur dont le déficit est couvert par l'apport des autres, consenti ou forcé. Les moyens mis en œuvre par Washington pour compenser ses déficiences sont de nature diverses : violations unilatérales répétées des principes du libéralisme, exportations d'armements (60 % du marché mondial) largement imposées à des alliés subalternes (qui de surcroît - comme les pays du Golfe - n'utiliseront jamais ces armements !), recherche de sur-rentes pétrolières (qui supposent la mise en coupe réglée des producteurs, motif réel des guerres d'Asie centrale et d'Irak). Il reste que l'essentiel du déficit américain est couvert par les apports en capitaux en provenance de l'Europe et du Japon, du Sud (pays pétroliers riches et classes compradore de tous les pays du tiers monde, plus pauvres inclus), auquel on ajoutera la ponction exercée au titre du service de la dette imposée à la presque totalité des pays de la périphérie du système mondial.

Les raisons qui rendent compte de la persistance du flux des capitaux qui alimente le parasitisme de l'économie et de la société américaine et permettent à cette super puissance de vivre au jour le jour sont certainement complexes. Mais elles ne résultent en rien de prétendues « lois du marché » à la fois rationnelles et incontournables.

La solidarité des segments dominants du capital « transnationalisé » de tous les partenaires de la triade est réelle, et s'exprime par leur ralliement au néo-libéralisme globalisé. Les Etats Unis sont vus dans cette perspective comme les défenseurs (militaires si nécessaire) de ces « intérêts communs ». Il reste que Washington n'entend pas « partager équitablement » les profits de son leadership. Les Etats Unis s'emploient au contraire à vassaliser leurs alliés, et dans cet esprit ne sont prêts à consentir à leurs alliés subalternes de la triade que des concessions mineures. Ce conflit d'intérêts du capital dominant est-il appelé à s'accuser au point d'entraîner une rupture dans l'alliance atlantique ? Pas impossible, mais peu probable.

Le conflit prometteur se situe sur un autre terrain. Celui des cultures politiques. En Europe une alternative de gauche demeure toujours possible. Cette alternative imposerait simultanément une rupture avec le néo-libéralisme (et l'abandon de l'espoir vain de soumettre les Etats Unis à ses exigences, permettant ainsi au capital européen de livrer bataille sur le terrain non miné de la compétition économique), comme avec l'alignement sur les stratégies politiques des Etats Unis. Le surplus de capitaux que l'Europe se contente jusqu'à ce jour à « placer » aux Etats Unis pourrait alors être affecté à une relance économique et sociale, à défaut de quoi celle-ci restera impossible. Mais dès lors que l'Europe choisirait, par ce moyen, de donner la priorité à son essor économique et social, la santé artificielle de l'économie des Etats Unis s'effondrerait et la classe dirigeante américaine serait confrontée à ces propres problèmes sociaux. Tel est le sens que je donne à ma conclusion « l'Europe sera de gauche ou ne sera pas ».

Pour y parvenir il faut se débarrasser de l'illusion que la carte du libéralisme devrait - et pourrait- être jouée « honnêtement » par tous et que dans ce cas tout irait mieux. Les Etats Unis ne peuvent pas renoncer à leur option en faveur d'une pratique asymétrique du libéralisme, parce que celle-ci est le seul moyen pour eux de compenser leurs propres déficiences. La « prospérité » américaine a pour prix la stagnation des autres.

Pourquoi donc, en dépit de ces évidences, le flux des capitaux au bénéfice des Etats Unis se poursuit-il ? Sans doute pour beaucoup le motif est-il simplement que les Etats Unis sont « un Etat pour les riches », le refuge le plus sûr. C'est le cas pour les placements des bourgeoisies compradore du tiers monde. Mais pour les Européens ? Le virus libéral - et la croyance naïve que les Etats Unis finiront par accepter « le jeu des marchés » - opère ici avec une puissance certaine auprès des grandes opinions publiques. Dans cet esprit le principe de « libre circulation des capitaux » a été sacralisé par le FMI, en fait simplement pour permettre précisément aux Etats Unis de couvrir leur déficit par le pompage des surplus financiers générés ailleurs par les politiques néo-libérales, auxquelles ils ne se soumettent, eux, que très sélectivement ! Néanmoins pour le grand capital dominant l'avantage du système l'emporte sur ses inconvénients : le tribut qu'il faut payer à Washington pour en assurer la permanence.

Il y a des pays qualifiés de « pays pauvres endettés », qui sont contraints de payer. Mais il y a aussi un « pays puissant endetté », dont on devrait savoir qu'il ne remboursera jamais ses dettes. Ce véritable tribut imposé par le chantage politique des Etats Unis demeure, de ce fait, fragile.

Le choix militariste de l'establishment des Etats Unis se situe dans cette perspective. Il n'est rien d'autre que l'aveu que les Etats Unis n'ont pas d'autres moyens à leur disposition pour imposer leur hégémonie économique.

Les causes qui sont à l'origine de l'affaiblissement du système productif des Etats Unis sont complexes. Elles ne sont certainement pas conjoncturelles, pouvant de ce fait être corrigé par exemple par l'adoption d'un taux de change correct, ou par la construction de rapports salaires/productivités plus favorables. Elles sont structurelles. La médiocrité des systèmes de l'enseignement général et de la formation, produit d'un préjugé tenace favorisant systématiquement le « privé » au détriment du service public, est l'une des raisons majeures de la crise profonde que traverse la société des Etats Unis.

On devrait s'étonner donc que les Européens, loin de tirer les conclusions que le constat des insuffisance de l'économie des Etats Unis impose, s'activent au contraire à les imiter. Là également le virus libéral n'explique pas tout, même s'il remplit quelques fonctions utiles pour le système, en paralysant la gauche. La privatisation à outrance, le démantèlement des services publics ne pourront que réduire les avantages comparatifs dont bénéficie encore la « vieille Europe » (comme la qualifie Bush). Mais quels que soient les dommages qu'elles occasionneront à long terme, ces mesures offrent au capital dominant, qui vit dans le court terme, l'occasion de profits supplémentaires.

L'option militariste des Etats Unis menace tous les peuples. Elle procède de la même logique qui fut naguère celle d'Adolf Hitler : modifier par la violence militaire les rapports économiques et sociaux en faveur du « Herrenfolk » du jour. Cette option, en s'imposant au devant de la scène, surdétermine toutes les conjonctures politiques, car la poursuite du déploiement de ce projet fragiliserait à l'extrême toutes les avancées que les peuples pourraient obtenir par leurs luttes sociales et démocratiques. Mettre en échec le projet militariste des Etats Unis devient alors la tâche première, la responsabilité majeure pour tous.

Le combat pour mettre en échec le projet des Etats Unis est certainement multiforme. Il comporte ses aspects diplomatiques (défendre le droit international), militaires (le réarmement de tous les pays du monde pour faire face aux agressions projetées par Washington s'impose - ne jamais oublier que les Etats Unis ont utilisé les armes nucléaires quand ils en avaient le monopole et y ont renoncé pendant le temps où ils ne l'avaient plus) et politiques (notamment pour ce qui concerne la construction européenne et la reconstruction d'un front des Non Alignés).

Le succès de ce combat dépendra de la capacité des esprits à se libérer des illusions libérales. Car il n'y aura jamais d'économie mondialisée « authentiquement libérale ». Et pourtant on tente et on continuera à tenter par tous les moyens de le faire croire. Les discours de la Banque mondiale opérant comme une sorte de Ministère de la propagande de Washington concernant la « démocratie » et la « bonne gouvernance », ou la « réduction de la pauvreté » n'ont d'autres fonction comme le bruit médiatique organisé autour de Joseph Stiglitz, découvrant quelques vérités élémentaires, affirmées avec autorité arrogante, sans néanmoins en tirer la moindre conclusion remettant en cause les préjugés tenaces de l'économie vulgaire. La reconstruction d'un front du Sud, capable de donner à la solidarité des peuples d'Asie et d'Afrique et à la Tricontinentale, une capacité d'agir sur le plan mondial, passe, elle également, par la libération des illusions d'un système libéral mondialisé « non asymétrique » qui permettrait aux nations du tiers monde de surmonter leurs « retards ». N'est-il pas ridicule de voir des pays du Sud réclamer « la mise en œuvre des principes du libéralisme ; mais sans discrimination aucune », bénéficiant alors des applaudissements nourris de la Banque mondiale ? Depuis quand la Banque mondiale a-t-elle défendu le tiers monde contre les Etats Unis ?

Le combat contre l'impérialisme des Etats Unis et son option militariste est celui de tous les peuples, de ses victimes majeures d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, des peuples européens et japonais condamnés à la subordination, mais tout également du peuple nord américain. Saluons ici le courage de tous ceux qui « au cœur de la bête », refusent de se soumettre comme leurs prédécesseurs ont refusé de céder au Mac-Carthisme des années 1950. Comme ceux qui ont osé résister à Hitler ils ont conquis tous les titres de noblesse que l'histoire peut décerner. La classe dominante des Etats Unis sera-t-elle capable de revenir sur le projet criminel auquel elle s'est ralliée ? Question à laquelle il n'est pas facile de répondre. Peu, sinon rien, dans la formation historique, de la société des Etats Unis l'y prépare. Le Parti unique du capital dont le pouvoir n'est pas contesté aux Etats Unis n'a jusqu'ici pas renoncé à l'aventure militaire. Dans ce sens la responsabilité de cette classe prise dans son ensemble ne peut être atténuée. Le pouvoir de Bush junior n'est pas celui d'une « clique » - les pétroliers et les industries de l'armement. Comme dans toute l'histoire moderne des Etats Unis le pouvoir dominant n'a jamais été autre que celui en particulier d'une coalition d'intérêts segmentaires du capital (mal qualifiés de « lobbies »). Mais cette coalition ne peut gouverner que si les autres segments du capital l'acceptent. A défaut tout arrive dans ce pays d'autant moins respectueux en fait du droit qu'il paraît l'être en principe. Evidemment quelques échecs politiques, diplomatiques, et peut être même militaires, pourraient encourager les minorités qui, au sein de l'establishment des Etats Unis, accepteraient de renoncer aux aventures militaires dans lesquelles leur pays s'est engagé. Espérer plus me paraît aussi naïf que pouvaient l'être les attentes qu'Adolf Hitler finisse par s'assagir !

S'ils avaient réagi en 1935 ou 1937, les Européens seraient parvenus à arrêter le délire hitlérien. En réagissant seulement en Septembre 1939, ils se sont infligés les dizaines de millions de victimes. Agissons pour que face au défi des néo-nazis de Washington, la riposte soit plus précoce.


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Samir Amin est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Samir Amin publiés par Mondialisation.ca

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dimanche, 30 mai 2010

L’ACTEUR AMERICAIN GARY COLEMAN DE LA SERIE TELEVISEE « ARNOLD ET WILLY » EST DECEDE


GARY COLEMAN DIT ARNOLD.jpg


L'acteur Gary Coleman lors d'un festival de cinéma à New York le 25 avril 2009.

L'acteur américain de petite taille Gary Coleman, célèbre pour son rôle d'« Arnold » dans la série télévisée « Arnold et Willy », a succombé vendredi dans un hôpital de l'Utah (ouest) à une « hémorragie cérébrale », a annoncé son directeur artistique.

 

L'acteur, âgé de 42 ans, avait été hospitalisé mercredi au « Utah Regional Medical Center » après s'être blessé à la tête lors d'une chute à son domicile, ont rapporté les médias américains.

Un peu plus tôt vendredi, John Alcanter, le directeur artistique de Gary Coleman, avait confirmé à l'« AFP » que l'artiste avait été placé sous assistance respiratoire et qu'il était tombé dans le coma. Il avait qualifié son état de « critique ».

Selon John Alcanter, Gary Coleman est mort peu après 12H00 locales (18H00 GMT), après que la décision a été prise de cesser de le maintenir en vie artificiellement.

« Les appareils qui le maintenaient en vie ont été débranchés. Peu après, il est mort rapidement et paisiblement. Sa femme et d'autres membres de sa famille étaient à ses côtés », a indiqué M. Alcanter dans un communiqué.

« Merci à tous ceux qui ont exprimé leur soutien durant ce moment tragique. Maintenant que Gary est décédé, l'affection et le soutien qui lui ont été témoignés au cours des deux derniers jours nous prouvent qu'il va manquer » à de nombreuses personnes, a-t-il continué.

Gary Coleman, 1m42, qui devait sa petite taille à un accident de santé lorsqu'il était enfant, a joué dans « Arnold et Willy » de 1978 à 1986, puis dans de nombreux feuilletons et publicités.

Le personnage d'« Arnold » était connu pour la phrase devenue culte: « Mais qu'est-ce que tu me racontes là, Willy ? ».

Selon des estimations, Gary Coleman gagnait environ 100.000 dollars par épisode tourné, faisant de lui l'un des acteurs les mieux payés de l'époque.

Mais Gary Coleman a connu des revers financiers et a fait les choux gras de la presse people ces dernières années en raison de ses relations conjugales tumultueuses. Son épouse Shannon Price et lui ont plusieurs fois été arrêtés pour violences conjugales.

« Cela n'a pas toujours été évident, mais (Gary Coleman) s'est toujours souvenu avec émotion de sa carrière d'acteur et a toujours été sensible au soutien de ses admirateurs durant toutes ces années », a poursuivi John Alcanter.

 

GÉNÉRIQUE DU FEUILLETON TÉLÉVISÉ « ARNOLD ET WILLY» :






Source: NERRATI.NET/AMERIQUES-DOSSIER

15:49 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, amérique, usa, nerrati.net, amériques dossier, gary coleman, arnold et willy | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |