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lundi, 19 août 2013

APATRIDIE, FONCIER RURAL, NATIONALITE - ANAKY KOBENAN A OUATTARA: «POURQUOI TANT DE PRECIPITATION?»

 

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Il y a environ un mois (18 Juillet – 12 août 2013), que l’examen par les Parlementaires des projets de lois sur la nationalité et le foncier rural notamment, tient tout le pays en haleine.
 
Le Président Alassane Ouattara fait revenir les textes de loi sur l’apatridie, la nationalité et le foncier rural un mois après que l’Assemblée Nationale ait préféré les retirer de son ordre du jour parce que les Elus ont bien senti que ces sujets sensibles avaient un impact particulier sur les populations.
 
En effet, le projet de loi présidentiel portant dispositions spéciales, en matière d’acquisition de la nationalité vise, en clair, à octroyer à un certain nombre d’étrangers vivant en Côte d’Ivoire, par une procédure dite d’urgence – la voie déclarative simple – la nationalité ivoirienne. Dans une interview accordée à la RTI le 7 août dernier, le Président de la République a fait l’exposé qui suit : « La crise politique qu’a traversée notre pays, et qui a abouti à un conflit armé en septembre 2002, a remis à l’ordre du jour, quelques carences du code de la nationalité, qui avait préoccupé les signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis, notamment le traitement différent des hommes et des femmes de nationalité étrangère, dans les modes d’acquisition de la nationalité, à l’occasion du mariage avec un conjoint ivoirien (…).»
 
La session qui s’est ouverte le 12 août 2013, va donc statuer sur cette loi et d’autres de la même lignée : le Foncier Rural et la loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention sur la réduction des cas d’apatridie, adoptée le 28 septembre 1954, à New-York.
 
De toute évidence, l’Apatridie et le Foncier Rural apparaissent comme des sujets à controverses, et même passionnels qu’il conviendrait de traiter avec énormément de retenue et un sens politique très élevé.
 
De fait, en Côte d’Ivoire, il existe une intimité manifeste entre apatridie et nationalité, d’une part, et entre nationalité et foncier rural, d’autre part. Cette réalité explique la prudence et le pragmatisme qui habitèrent, en la matière, tous les dirigeants et décideurs ivoiriens depuis l’indépendance jusqu’à maintenant. Alors, l’on est en droit de susciter les questionnements suivants :
 
1. La citoyenneté, (sa définition et son octroi) est-elle un fait nouveau chez nous ? Notre pays, en accédant à la souveraineté nationale et internationale, ne s’est-il pas doté depuis 1961 d’un code de nationalité, consensuel, crédible et responsable ?
 
2. En quoi les dispositions de la Convention Internationale de 1954, votée à New-York, sont-elles conformes aux normes ivoiriennes sur la nationalité ? N’y a-t-il pas nécessité de faire appel au peuple à se prononcer par voie référendaire ? Il y va, non seulement de notre souveraineté nationale, mais de la cohésion sociale.
 
3. Par rapport aux objectifs de l’OMD (Objectif du Millénaire pour le Développement) a-t-on suffisamment tenu compte des incidences d’une naturalisation automatique, massive et incontrôlée sur les multiples compartiments de la vie nationale (santé, éducation, emplois, divers droits…).
 
4. Pourquoi cette précipitation ? est-ce que des personnes vivant en Côte d’Ivoire n’arrivent pas à travailler, se nourrir, se soigner, etc., en un mot, à vivre normalement du fait de la nationalité, de l’apatridie ou du Foncier Rural ?
 
5. En ce qui concerne plus spécifiquement l’apatridie, s’est-on suffisamment interrogé sur le cas particulier de la Côte d’Ivoire, pays qui, depuis plus de 4 décennies, enregistre sur son sol un des taux d’immigration parmi les plus élevés au monde (plus de 26 %) ? Qui sont-ils, ces apatrides, dont on parle tant dans un pays dont le dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) remonte à 1998 ?
 
6. Le Président Alassane Ouattara a-t-il eu le souci d’écouter les groupes parlementaires, les partis politiques, les autorités traditionnelles, les syndicats, les autorités religieuses, la société civile, etc., sur des sujets aussi importants pour l’avenir de notre Nation ? Pourquoi ne pas mettre en place une grande commission nationale, sous la responsabilité de l’Assemblée Nationale, intégrant des représentants de toutes les forces vives de la nation, qui sillonnerait le pays profond pour travailler sur le sujet en vue de faire des propositions comme ce fut le cas en 1998 avant l’adoption de la loi sur le Foncier Rural?
 
7. L’entêtement, pour ne pas dire l’obstination impatiente du Chef de l’Etat à faire adopter ces textes ne risque-il pas de mettre à mal son image vis-à-vis du peuple de Côte d’Ivoire ? Si la nationalité et le Foncier Rural au bénéfice évident des populations immigrées est, à ce point, un enjeu fondamental du mandat du Président Alassane Ouattara, pourquoi ne nous le déclare t-il pas de manière ouverte, et pousser la logique jusqu’à déclarer mettre fin à son mandat si l’Assemblée Nationale ne le suivait pas?
 
8. Le Chef de l’Etat n’est-il pas, sans en avoir conscience, en train d’éveiller un sentiment d’inquiétude et de repli sur soi des Ivoiriens, qui risque de dégénérer en xénophobie généralisée ? Ce qui est aux antipodes de ce que lui-même et nous souhaitons tous !!!
 
La multiplication des conflits intercommunautaires : à l’Ouest (Duékoué, Guiglo) au Nord (Touba Séguéla, Mankono) et au Centre (Angbovia, Béoumi), ne devrait-elle pas l’interpeller, tout comme tous les ivoiriens?
 
Généralement, le Gouvernement d’un pays s’emploie à appliquer le programme pour lequel le Chef de l’Etat a été élu. Nous nous souvenons qu’en 2010, les partis issus du RHDP se sont accordés sur un programme commun de gouvernement qui portait, entre autres, sur les problèmes de création d’emplois (200 000 par an), de réalisation et d’entretien des infrastructures économiques, scolaires, sanitaires et sécuritaire des biens et des personnes, de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants, ainsi que de la réconciliation nationale. À aucun moment il n’a été question de la modification de la loi sur la nationalité.
 
D’où vient donc l’obsession du Pouvoir actuel à légiférer, de façon brutale et inopportune, sur des questions aussi vitales et sensibles que la nationalité et le foncier rural, en faisant manifestement fi de la volonté du peuple de Côte d’Ivoire ? D’un côté, on affirme avec force que la crise ivoirienne est née des questions liées à la nationalité, et de l’autre, on veut les résoudre à la hâte et sans précaution. Quelle délirante contradiction !
 
De plus, pour faire passer la modification envisagée, le Gouvernement se réfère aux Accords de Linas-Marcoussis. Ce faisant, il oublie de préciser qu’il s’agissait d’une entente politique de circonstance par rapport à la crise que vivait la Côte d’Ivoire, et la nécessité d’un retour à la normale. Le cycle électoral étant achevé, et l’accord de Linas-Marcoussis devenu caduque, n’est-il pas judicieux de revenir à la normalité constitutionnelle?
 
Plus précisément, qu’est-ce qui peut justifier que la nationalité et le foncier rural soient une urgence pour la Côte d’Ivoire en cette période de sortie de crise ? Peut-être veut-on, à travers ce projet de loi sur la nationalité, contourner la loi sur le foncier, ou encore octroyer massivement la nationalité dans un but électoraliste? Si tels sont les buts visés, mais non-avoués, alors les Représentants de la Nation doivent prendre leurs responsabilités en demandant le retrait pur et simple de ces projets de lois potentiellement conflictuels.
 
Par rapport à ce que la Côte d’Ivoire attend de son nouveau Président, qu’est-ce qui a été réalisé à ce jour du point de vue de l’économie, des infrastructures et de la création des emplois, de la sécurité des biens et des personnes, de la réconciliation nationale, de la démobilisation et de la réinsertion des ex-combattants…?
 
Ne seraient-ils pas les défis prioritaires de la Côte d’Ivoire en ce moment ? En tous les cas, il y a matière à réflexion et à actions.
 
 
Fait à Abidjan, le 14 août 2013.
 
 
Pour le MFA

Anaky Kobena

mardi, 13 décembre 2011

ELECTIONS LEGISLATIVES: KOULIBALY MAMADOU, GERVAIS KOULIBALY, ANAKY KOBENAN ET LES EX- DEPUTES FPI, TOUS BATTUS

 

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Une Assemblée nationale monocolore, à forte dominance Rrd. Tel est le schéma qui se dessine, au sortir des législatives du 11 décembre. En attendant la proclamation des résultats officiels par la Cei dans les heures à venir, les tendances recueillies ça et là dans les Etats-majors des différents candidats annoncent une très large victoire du Rdr. Ces résultats provisoires font état de plusieurs « grosses victimes » dans les rangs de l'opposition. Ce sont, Mamadou Koulibaly, président de Lider. Il aurait été battu avec un score peu honorable ; Gervais Koulibaly ; Anaky Kobénan, président du Mfa ainsi que la dizaine d'ex- députés Fpi qui sont allés en indépendants.

Dans les rangs du pouvoir Ouattara, on note également des surprises, notamment, Marcel Amon Tanoh, directeur de cabinet d'Alassane Dramane Ouattara, qui a été battu à Aboisso malgré tous les moyens colossaux dont il disposait. Si ces tendances se confirment, il est clair que le nouveau Parlement sera qui le réflète pas l'opinion ivoirienne dans sa diversité. Ce qui ne correspond en rien à celui annoncé par Ouattara comme un hémicycle démocratique et consensuel. Le parlement pourrait être composé à 90% d'élus du Rhdp. Rien de surprenant ! Avant le scrutin, le régime a fait un découpage que certains avaient qualifié d'arbitraire, parce que, octroyant plus de nouvelles circonscriptions au nord, le fief du Rdr. Dès lors, le Rdr partait aux élections avec une avance de plus de 74 postes de députés.

César Ebrokié


Source: NOTRE VOIE

jeudi, 03 novembre 2011

LEGISLATIVES 2011: RHDP, LA LUNE DE MIEL TOURNE AU FIEL


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Trahison, frustration, abus de confiance.., les militants et avec eux, la presse proche du Pdci-Rda n'avaient pas assez de mots pour exprimer hier, leur déception, leur révolte devant la gestion ''scandaleuse'' du dossier de candidature des cadres RHDP aux élections législatives à venir. Ils estiment avoir été lésés dans la répartition des cartes. Tenez, à Abidjan, par exemple, sur 27 postes de députés que la coalition des houphouétistes s'engage à briguer, seulement 8 cadres du parti sexagénaire sont en piste contre 19 pour le Rdr. Une arithmétique squelettique qui rappelle celle toute aussi dérisoire du partage des portefeuilles ministériels de la fin avril dernier et qui avait déjà suscité la même réaction dans les rangs des ''pédécéistes''.  Sur les 36 postes à pourvoir, le PDCI s'était contenté de 8 strapontins contre une vingtaine pour le principal allié, le Rdr.

A l'époque, le président Aimé Henri Konan Bédié, avait dû se reprendre à plusieurs fois, déployant au passage, un trésor de diplomatie et des promesses de rachat pour calmer la grogne des siens. C'est donc à juste titre que les cadors du vieux parti, attendaient le  temps des  législatives pour couronner leurs ambitions personnelles contenues ou refoulées depuis plus d'une décennie pour la plupart, pour exister de nouveau, politiquement s'entend. C'est pourquoi,  ils fondaient beaucoup d'espoirs en la foi de leur patron, le ''sphinx'' de Daoukro, consacré entre temps, inspirateur théorique de la présidence de M. Alassane Dramane Ouattara. Un titre que Bédié lui-même étrenne fièrement et ne manque aucune occasion de le faire savoir à tous ceux qu'il a l'amabilité de recevoir chez lui, entre deux petits verres.

Ils pensaient logiquement donc, que passé le coup tordu de la formation du gouvernement, les choses rentreraient dans l'ordre avec notamment un Rdr moins arrogant et moins boulimique. Mais à l'arrivée, rien de tout cela. La part congrue du gâteau a été une fois de plus réservée aux ''vert et blanc'' pendant que la vague orange des ''ouattaristes'' se déploie et tourne même à l'humiliation pour l'allié Pdci. Et rien n'indique que la tendance pourrait s'améliorer dans les jours à venir ou à l'occasion des futures joutes électorales,  pour  cette dernière formation politique. On se demande bien comment ''N'zuéba'', s'y prendra cette fois, pour refroidir la rage des mécontents.

Hier une rencontre houleuse sur le sujet a eu lieu à la maison du Pdci, à Cocody. De bonnes sources, les proches collaborateurs de Bédié qui dirigeaient les débats, ont eu du mal à contenir les éclats de voix qui fusaient de partout. Ce n'est pas tout, puisque l'autre question à résoudre par les pontes du Rhdp est celle des candidats indépendants qui se recrutent parmi les recalés des listes communes présentées par la coalition au pouvoir. Un dossier, qui, s'il n'est pas géré avec beaucoup de tact pourrait contrarier bien des calculs. Au vu de ce qui précède, c'est peu d'affirmer que le bel unanimisme affiché depuis le second tour de la dernière présidentielle ivoirienne par les houphouétistes est en train de voler en éclats, si ce n'est déjà fait. Car il ne se passe pratiquement plus de jour sans qu'un des farouches défenseurs d'hier, de cet accord, ne porte de violents coups de canif à celui-ci. La dernière sortie en date est celle de Jean Blé Guirao de l'Udpci qui, en des mots bien choisis, a exprimé son blues face aux nombreuses promesses non tenues par M. Dramane Ouattara  à l'endroit des formations politiques alliées du Rdr.

Pour mémoire, cet ancien Secrétaire général de la puissante fédération estudiantine de Côte d'Ivoire (Fesci) avait déjà pesté contre le régime actuel, dans un passé récent, pour le  poste de directeur général (DG) de l'Agefop qui à l'en croire, lui tendait les bras et qui, en définitive a été attribué à un proche du chef de l'Etat. Au total, c'est à une belle ambiance de déchirement, une météo exécrable que l'on assiste actuellement au Rhdp, où visiblement, la lune de miel a pris un sacré goût de fiel.


Yves De Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 89 du jeudi 3 novembre 2011.

jeudi, 13 mai 2010

LE RHDP ENFIN VISITE PAR LA RAISON

GBAGBO ET BEDIE.jpg

 

Annoncée comme la marche de tous les dangers, la fameuse et désormais célèbre marche (pour avoir incroyablement polarisé les ivoiriens et la classe politique) a été reportée d’autorité, hier, par le PDCI-RDA et le RDR, après une négociation au sommet entre les présidents Gbagbo et Bédié, au grand dam des deux autres partis membres de la confrérie (UDPCI et MFA), furieux de voir une fois encore le RHDP désavouer sa base, eux qui avaient appelé ouvertement à l'insurrection (armée?).

Je crois que pour une fois, il faut tirer le chapeau au Président Henri Konan Bédié et au Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara qui ont décidé de reporter cette marche qui allait, à coup sûr, faire des morts. Des morts de trop. Plusieurs camps s’attendaient, en effet, de pied ferme dans tout le pays et plusieurs caches d’armes avaient été découvertes (pour celles qu’on a pu voir) ; le risque d’explosion était immense. En plus d’être une mauvaise publicité pour la Côte d’Ivoire, à l’approche des assises de la BAD qui devraient confirmer le retour de la prestigieuse institution dans notre pays.

Merci à vous, chers leaders du RHDP, d’avoir mis au premier plan l’intérêt de notre chère patrie. Dans l’espoir, bien entendu, que vous vous afficherez toujours sur ce registre et que cette sage décision ne sera pas de la poudre aux yeux des Ivoiriens !!!

Je te salue, peuple digne de Côte d’Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO