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vendredi, 10 août 2012

CRISE POST-ELECTORALE: POLEMIQUE SUR LE RAPPORT D'ENQUETE DE LA CNE

 

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A peine est-il disponible que le Rapport de la Commission nationale d'enquête (CNE) fait déjà débat. Le document remis officiellement, le mercredi 8 août 2012, au chef de l'Etat, Alassane Ouattara, doit-il être publié en intégralité dans sa mouture initiale?

 

Telle est la polémique qui semble naître de ce Rapport ; polémique ouverte par un journal américain, le Washington Post. Faut-il le signaler, ce quotidien généraliste très influent aux États-Unis d'Amérique, a été fondé en 1877, et tire à  750.000 exemplaires par jour. Ce journal a notamment révélé le scandale du « Watergate », qui a valu la démission du président américain Richard Nixon, en 1972. Dans son édition en ligne du mercredi 8 août (avec Associated Press, AP), le Washington Post traduit les différentes opinions qui se sont exprimées concernant la mise de ce Rapport à la disposition du grand public.

Deux opinions s'affrontent. D'une part, il s'agit des organisations de défense des droits de l'Homme, dont Human Rights Watch se fait le porte-voix, qui réclament la publication intégrale du Rapport de la Commission nationale d'enquête sur les événements post-électoraux en Côte d'Ivoire (période de référence de la CNE : du 31 octobre 2010 au 15 mai 2011). « Pour garantir la transparence et contribuer à l'éclatement de la vérité au profit des victimes du conflit, le Rapport doit être publié dans son intégralité », a estimé Matts Wells, chercheur pour l'Afrique de l'Ouest pour Human Rights Watch.

En face, des voix officielles du Gouvernement ivoirien, notamment le ministre des Droits de l'Homme et des Libertés Publiques, s'opposent à la publication du rapport intégral. « Le Rapport ne sera pas publié en intégralité. Nous devons prendre en compte la sécurité des témoins. Ce ne sera pas une bonne chose de les exposer à d'éventuelles représailles », s'est justifié Coulibaly Gnénéma Mamadou. Le débat est donc ouvert. Et afin de permettre aux lecteurs de se faire leur propre opinion de cette controverse, nous publions ci-dessous, l'article en question du Washington Post (seulement les trois derniers paragraphes ont été amputés, car n'ayant pas un rapport direct avec le sujet).

 

Anassé Anassé

 

Ci-dessous, l'article publié sur le site Internet du Washington Post, daté du mercredi 08 août 2012 (avec Associated Press, AP) et traduit en français.


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Un rapport détaille les crimes commis par des forces pro-Ouattara durant la crise post-électorale en Côte d'Ivoire

 

ABIDJAN, Côte d'Ivoire (Washington Post, avec Associated Post) – Plusieurs centaines d'éléments des forces fidèles au président (ivoirien) Alassane Ouattara ont commis des crimes, dont des exécutions sommaires et des actes de torture durant les violences consécutives à la récente crise post-électorale (décembre 2010 – mai 2011) dans le pays, selon le Rapport final de la Commission nationale d'enquête (CNE) officiellement remis au président le mercredi (08 août 2012).

Malgré le fait que le rapport (de la CNE) n'a pas encore été publié, son contenu mérite d'être salué par les organisations de défense des droits de l'Homme, qui ont accusé l'administration du président Ouattara de pratiquer une justice à sens unique. Les crimes commis par les forces pro-Ouattara ont été bien documentés aussi bien par les ONG internationales de droits de l'Homme et par les journalistes qui se sont intéressé au conflit (post-électoral ivoirien). Mais en dépit de nombreux rapports détaillant ces violations, après un an de pouvoir du président Ouattara, seul les partisans du président déchu (Gbagbo) ont jusqu'à ce jour été arrêtés.

Mme Paulette Badjo, la présidente de la Commission, a déclaré mercredi que les enquêtes ont révélé que 545 éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), l'armée créée et installée par Ouattara, ont commis des exécutions sommaires, dont 54 actes de torture. A l'opposé, le Commission a découvert que 1.009 éléments des forces pro-Gbagbo ont également commis des exécutions sommaires et 136 cas de torture. Le Rapport documente aussi plusieurs autres crimes, dont des viols et des destructions ou extorsions de biens.

En définitive, plus de 3.000 personnes ont été tuées suite aux violences qui ont éclaté après (...) l'élection présidentielle de novembre 2010 (2nd tour). Laurent Gbagbo (le président sortant, Ndlr) a été arrêté en avril 2011 et transféré à la Cour Pénale internationale à La Haye (en novembre 2011), où il attend l'audience de confirmation des charges de crimes contre l'humanité alléguées contre lui. Depuis lors, plus de 100 partisans de Gbagbo, dont le fils de l'ex-chef de l’État ivoirien et son épouse (Simone Gbagbo), sont détenus en Côte d'Ivoire (…). Pendant ce temps, aucun soldat pro-Ouattara n'a encore fait l'objet de procédure judiciaire, ce que dénoncent certains comme étant une « justice des vainqueurs ».

Des membres du Gouvernement (ivoirien) ont justifié l'absence de poursuites contre les forces pro-Ouattara, par la nécessité de laisser la Commission finir son travail. Mme Badjo a déclaré que la Commission (qu'elle préside) n'a pas de prérogatives judiciaires et n'a pas pour objectif de poursuivre qui que ce soit. « Notre rôle n'est pas d'engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de crimes », a-t-elle affirmé. « Notre rôle est d'identifier les auteurs de ces crimes afin que la justice puisse faire son travail ».

Cependant, après la cérémonie de mercredi la ministre déléguée à la Justice, Matto Loma Cissé, a fait savoir que des poursuites pourraient être engagées très rapidement. « Maintenant que les enquêtes sont terminées, nous pouvons faire le lien entre les enquêtes et les poursuites », a-t-elle indiqué. Le président Ouattara s'est encore prononcé en faveur de poursuites contre des présumés criminels des deux camps. « C'est en laissant la justice faire son travail que nous pouvons combattre l'impunité », a-t-il réaffirmé.

L'intégralité du rapport n'a pas été rendu public mercredi, mais le président Ouattara a déclaré que cela sera fait sous peu. Toutefois, dans une récente interview, le ministre (ivoirien) des droits de l'Homme, Gnénéma Coulibaly a précisé que le Rapport ne sera pas mis à la disposition du grand public, sans y apporter de retouches significatives (nouvelle rédaction), en vue de protéger l'identité des personnes qui ont fait des témoignages à la Commission. « Le Rapport ne sera pas publié en intégralité », a-t-il déclaré. « Nous devons prendre en compte la sécurité des témoins. Ce ne sera pas une bonne chose de les exposer à d'éventuelles représailles ».

Matts Wells, Chercheur pour l'Afrique de l'Ouest pour Human Rights Watch, et auteur d'un rapport sur les violences post-électorales (en Côte d'Ivoire), a quant à lui déclaré que le Rapport devrait être mis à la disposition du grand public dans son entièreté, et que cela devrait déboucher sur les poursuites à l'encontre des forces pro-Ouattara. La crédibilité de la Commission sera déterminée par les suites judiciaires qui seront promptement accordées aux crimes commis par les pro-Ouattara, ce qui assurera une justice impartiale – et non une justice à sens unique », a-t-il indiqué. « Pour garantir la transparence et contribuer à l'éclatement de la vérité au profit des victimes du conflit, le Rapport doit être publié dans son intégralité » (…).

 

Traduction réalisée par Anassé Anassé


Source: L'INFODROME.COM

jeudi, 24 novembre 2011

ARRETE DEPUIS UNE SEMAINE, KATA KEKE LIBERE - SON AVOCAT: «LE DOSSIER A ETE CLASSE SANS SUITE»



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Le Professeur Kata Kéké peut à nouveau humer l'air frais de la liberté. Le ministre de la Recherche Scientifique dans le gouvernement Aké N'Gbo, le dernier formé par l'ex-président Laurent Gbagbo, a été libéré hier mardi 22 novembre 2011.

Interpellé le mercredi 16 novembre dernier à son domicile par des éléments de la Direction de la surveillance du territoire (DST), Kata Kéké a été conduit nuitamment et manu militari dans les locaux de la DST, avant d'être transféré à la Police Criminelle. Il a passé une semaine dans une cellule de l'ex-Police judiciaire (PJ), au Plateau, avant d'être relaxé. Joint hier après-midi au téléphone, l'un des avocats du Professeur Kata Kéké a expliqué les différentes démarches menées pour obtenir sa libération. «Le ministre Kata Kéké a été libéré hier, vers 12H35. Pendant près d'une semaine, il a été détenu à la Police Criminelle. Dès son arrestation mercredi dernier (16 novembre), nous avons rencontré le Procureur de la République pour sa libération. Cela devait se faire le lendemain jeudi (17 novembre), mais ça n'a pas été possible», a fait savoir le conseil juridique du ministre.

« Hier soir (lundi 21 novembre), nous avons rencontré le directeur de la Police Criminelle (Ndlr : le Commissaire Gnagne), et nous lui avons signifié que tous les délais légaux de garde à vue avaient expiré et qu'ils ne pouvaient pas continuer de le garder. Le directeur nous a répondu qu'il attendait les instructions de sa hiérarchie. Ce matin (hier mardi), le procureur de la République a donné des instructions pour sa mise en liberté », a ajouté l'avocat.

Sur les motifs de l'arrestation du ministre, son conseil juridique a fait observer qu'il a été reproché à Kata Kéké d'avoir porté atteinte à la justice, et ses propos tenus à sa sortie de prison ont été jugés séditieux. L'avocat a aussi fait quelques commentaires sur l'issue de cette interpellation vivement dénoncée par le FPI. «Je constate que la procédure s'est arrêtée au niveau de l'enquête policière. Le dossier n'a pas été transféré au Parquet. Je peux donc dire que le dossier a été classé sans suite », a indiqué l'avocat.

Détenu à la prison civile de Boundiali, l'ex-ministre de la Recherche Scientifique et 19 autres cadres de l'ex-Majorité présidentielle (LMP) incarcérés au nord de la Côte d'Ivoire, avaient bénéficié d'une mise en liberté provisoire, le jeudi 09 novembre dernier.

Anassé Anassé

 

Source : L'INTER

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HAMED BAKAYOKO 5.JPG

ARRESTATION ARBITRAIRE DU PROFESSEUR KATA KEKE: HAMED BAKAYOKO AU CENTRE DU COMPLOT


Le professeur Kata Kéké, ex-ministre du gouvernement Gbagbo et prisonnier politique du régime Ouattara, élargi le week-end dernier, a passé hier sa deuxième nuit au violon de la Police criminelle (Pc) d'Abidjan. Où il a été conduit, mercredi dernier, aux environs de 23h par des agents de la Police criminelle (Pc, anciennement Police judiciaire) et des Frci (forces armées pro-Ouattara). De son arrestation chez lui, à 18h, jusqu'à sa mise en garde à vue, il a été suivi et assisté par ses avocats et par l'ex-ministre de la Défense, Michel Amani N'Guessan, Secrétaire général adjoint du Fpi chargé des questions sécuritaires.

Sur les raisons de son arrestation, les informations sont des plus ridicules. D'abord, Kata Kéké a été arrêté chez lui par des agents de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire). Apparemment, on lui reprochait un délit « d'atteinte à la sûreté de l'Etat ». Mais transféré à la DST en compagnie de ses avocats, Kata Kéké a vu ce service décliner sa responsabilité dans son arrestation. Aux environs de 23h, mercredi dernier, il a été transféré à la Police criminelle. Là, au bout de 30 minutes d'interrogatoire et de ballets téléphoniques, ses avocats apprennent que leur client a été arrêté sur ordre du procureur de la République près le Tribunal d'Abidjan-Plateau, Simplice Koffi Kouadio, au motif qu'il aurait porté « atteinte à l'autorité de la Justice ». Mais en faisant quoi ?

Le professeur Kata Kéké a été le porte-parole des prisonniers politiques bénéficiant de la liberté provisoire depuis jeudi dernier. Le samedi 12 novembre, au siège du Cnrd à Cocody, lors de la réception organisée par le Fpi en l'honneur des 20 prisonniers politiques de Ouattara libérés, c'est lui qui a pris naturellement la parole. Dans le compte rendu qu'il a fait de cette manifestation, le quotidien du Pdci-Rda, Le Nouveau Réveil, a rapporté des propos selon lesquels le Professeur Kata Kéké aurait déclaré : « Y-a-t-il encore une justice dans ce pays ? ». Au nombre des journalistes présents à cette manifestation, celui du Nouveau Réveil a été, curieusement, le seul à avoir entendu et rapporté de tels propos. Mais en Côte d'Ivoire, ce bidonnage journalistique serait à la base de l'arrestation et de la mise en garde à vue du professeur Kata Kéké. Ce dernier, selon les informations, a déclaré sur procès- verbal à la Police criminelle qu'il n'a jamais tenu de tels propos.

Hier, toujours selon les informations, les avocats de Kata Kéké auraient appris auprès du cabinet du procureur de la République que le vrai ordonnateur de l'arrestation de Kata Kéké, c'est le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko. Ces sources bienveillantes du cabinet du procureur, visiblement exaspérées, ont demandé aux dirigeants du FPI de « mener des actions politiques » s'ils veulent voir libérer leur camarade dont la détention à la Police criminelle est purement politique et ordonnée par Hamed Bakayoko. En attendant, Kata Kété pourrait être déféré aujourd'hui à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA). Le Nouveau Réveil n'a-t-il pas raison d'avoir inventé ces propos ? Comment peut-on, raisonnablement, qualifier un Etat dans lequel l'honnête citoyen peut être arrêté de la sorte?


Didier Depri, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du vendredi 18 novembre 2011.


didierdepri@yahoo.fr


Source:
INFO D'ABIDJAN