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samedi, 13 octobre 2012

JUGEMENT DU GENERAL DOGBO BLE: UN PROCES QUI ECLAIRE SUR BIEN DE MEURTRES

 

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C'est affligeant. Tout simplement. Après le verdict qui condamne le Général Dogbo Blé et ses compagnons d’infortune à quinze ans d’emprisonnement ferme, il n’y a plus de doute à se faire. La Côte d’Ivoire est descendue plus bas que le bas-fond de l’immoral. Excusez du peu ! Au fait, le colonel Dosso Adama est un proche de Dramane Ouattara, le chef de l’Etat ivoirien. Par conséquent, il ne serait faux d’affirmer qu’il a fait parti des officiers qui devaient miner les Forces de défense et de sécurité (FDS) de l’intérieur. Afin de donner le coup de grâce au pouvoir Gbagbo dont la vaillance et la détermination des soldats constituaient l’obstacle majeur pour Ouattara dans sa soif inextinguible du pouvoir. 

Le colonel Dosso est convoqué dans la période fatidique de mars-avril 2011 par son mandataire, c’est-à-dire Ouattara à l’hôtel du Golf où ce dernier a pris ses quartiers. Il y est convoyé par voie aérienne par l’Onuci. Après entretien avec son boss, il rentre chez lui par la route. Il est arrêté à un blocus détenu par un groupe de soldats qui relèvent de l’autorité de Général Détoh Létho Firmin, alors commandant de l’armée de terre. Parmi ses ravisseurs, un membre de la garde rapproché de Dogbo Blé, le sergent-chef Lago Noel Léo, principal accusateur du commandant de la Garde républicaine.

Quand bien même les différents témoignages ainsi que la déposition de l’épouse du colonel Dosso disculpent totalement Dogbo Blé et son assistant, le commandant Yagba, le pouvoir Ouattara a trouvé la petite bête sur la tête de ce procès tout à fait chauve. Sans le moindre début de preuve, sans la moindre pièce à conviction, celui que l’on appelle ‘‘le Général Courage’’ est condamné à quinze ans d’emprisonnement ferme. Ce procès, il ne faut pas se le cacher, préfigure déjà du jugement qui attend les autres accusés – politiques comme militaires - encore détenus dans les geôles du régime.

Mieux, il vient jeter une lumière drue sur bien d’assassinats jusque-là inexpliqués. Car l’issue de ce jugement montre clairement que Dosso Adama a été assassiné sur ordre du Golf Hôtel pour ensuite faire porter le chapeau aux empêcheurs de tourner en rond. Et les condamner lourdement ensuite comme ce à quoi l’opinion vient d’assister. Pour bluffer l’opinion, on insère dans le groupe un proche du commandant de la Garde républicaine, en l’occurrence le sergent-chef Lago Léo. Le stratagème, à première vue, semble bien ficelé : primo, Lago Léo est un bété comme Dogbo Blé. Son témoignage ne peut donc pas paraitre clanique ou partisan. Secundo, il est de la garde rapproché du général, donc quelqu’un qui est censé recevoir directement ses ordres du grand chef. Malheureusement pour eux, Lago Léo, avec toute la comédie qu’il jouait lors des audiences, a montré à l’opinion qu’il était plus « un envoyé » qu’un homme qui a commis un meurtre et dont l’avenir est sérieusement compromis. En plus, il a des affinités avec les hommes du Golf, sans oublier que son épouse qui a joué des coudes pour obtenir de lui le rôle qu’il a joué au procès, est la petite cœur à la femme d’un certain Amadou Traoré, conseiller technique d’Alassane Dramane Ouattara.

C’est généralement ainsi qu’a procédé Ouattara et ses acolytes pour salir Gbagbo qu’ils ne voulaient – et ne pouvaient – affronter dans les urnes. Vue le génie politique de ce dernier. On comprend alors mieux aujourd’hui les meurtres du comédien Camara Yèrèfin H, dont la mort en 2003 avait servi de prétexte pour paralyser toute la commune d’Abobo. Dr Dakoury Tabley Benoît, le frère cadet du N°2 de la rébellion de septembre 2002, Dakoury Tabley Louis André, est assassiné dans des conditions les plus obscures. A cette époque, toute la Côte d’Ivoire a appris par le journal du RDR, Le Patriote, qu’un groupe de tueurs que le quotidien a baptisé Escadron de la mort régnait en maitre sur la capitale économique ivoirienne. Ces fameux escadrons de la mort avaient semé la psychose au sein des populations, effrayé les investisseurs, paralysé quelquefois l’école, le commerce, etc. Par les nombreux meurtres qu’ils commettaient. Les victimes devaient surtout provenir du camp RDR ou toute personne susceptible de sympathiser avec le RDR. Cela, pour faire croire à l’opinion que c’est Gbagbo qui tuait les partisans de Ouattara.

En fait, il fallait, à défaut d’avoir la tête de Gbagbo, empêché le bon fonctionnement de l’Etat. Il fallait saboter les fondements de l’économie. Il fallait « tout gnangan mi » conformément à la volonté d’Alassane Ouattara. Ainsi meurtres on servi de prétexte pour salir le pouvoir de Gbagbo et dans le même temps à faire le lavage de cerveau des ressortissants du nord acquis à la cause de leur mentor. La suite, on la connait. C’est dans cette logique, c’est-à-dire tuer et faire porter le chapeau à l’autre, que le Général Dogbo Blé vient d’être condamné. Cela dit, on attend les enquêtes sur les meurtres des colonels Babri Gohourou, Dali Oblé, dagrou Loula, Ahouman Nathanaël, les commissaires Amani Kouamé Alain, Koné Yacouba, les ministres Boga Doudou, Désiré Tagro…


Pascal Bellasset, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" du samedi 13 octobre 2012.

MALGRE LA FIN DU PROCES, LES DOUTES PERSISTENT TOUJOURS SUR L’AFFAIRE DOSSO!

 

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Hier, le tribunal militaire d’Abidjan qui siégeait sur l’affaire du Colonel Dosso a donné son verdict. Le jury a eu, il faut le dire, la main lourde. Le Général Dogbo Blé Bruno, ex-commandant de la Garde Républicaine, a été condamné en compagnie du Commandant Yagba Kipré et du Sergent-Chef Lagaud Léo (présumé tueur) à 15 ans de prison ferme. Cette condamnation, bien que lourde, va à l’encontre du réquisitoire du procureur militaire Ange Kessy qui avait requis une peine de 20 ans de prison pour les prévenus. 

Si cette condamnation réjouira sûrement le pouvoir en place, elle ne dissipe pas les zones d’ombre sur cette affaire. En effet, d’épaisses fumées noires couvrent toujours cette affaire. Beaucoup de questions sur ce dossier restent encore sans réponses: 

Quelles relations existent-ils entre le présumé meurtrier, le Sergent-Chef Lagaud, et Maitre Sounkalo du RDR et partie civile dans cette affaire? En effet, durant le procès, il est apparu clairement que les deux hommes se seraient vus plusieurs fois avant le procès; le sergent-chef, durant son passage à la barre, a plusieurs fois interpellé Maitre Sounkalo pour que celui-ci lui rende ses affaires personnelles. 

Pourquoi le jury évoque-t-il des circonstances atténuantes? Quelles sont ces circonstances atténuantes sur lesquelles le jury s’est fondé pour rendre son verdict? 

Quel rôle le Commissaire du gouvernement a-t-il joué dans l’assassinat du Colonel Dosso? Il est à noter que dame Dosso, veuve du défunt, a déclaré dans sa déposition que, à trois reprises, Ange Kessy avait perquisitionné le domicile de son époux durant la crise postélectorale à la recherche de caches d’armes. Pourquoi Ange Kessy ne s’explique-t-il pas sur cette révélation de dernière minute? 

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Colonel Dosso

Quel rôle le RDR, son mentor Dramane Ouattara et Ahmed Bakayoko ont-ils joué dans la disparition tragique du Colonel? En effet, selon la veuve, son époux, le jour de sa mort, aurait été convoqué par Dramane Ouattara reclus au Golf Hôtel; il aurait été héliporté pour raison de sécurité par l’Onuci à son départ, mais après son entrevue avec Dramane Ouattara et Ahmed Bakayoko, son retour se fera par voie terrestre. Qu’est-ce qui explique ce subit changement? Aller en hélicoptère au Golf Hôtel pour raisons de sécurité et être contraint de rentrer en voiture; la sécurité était-elle de retour sur la voie terrestre?

Pourquoi le Colonel avait-il en sa possession des plans d’attaque de bases militaires et points stratégiques d’Abidjan lors de son arrestation? En effet, l’un des soldats aurait déclaré avoir découvert des documents compromettants sur le Colonel. Que faisait-il donc avec ces documents si tant est qu’il est innocent?

Les déclarations du Sergent Laugaud sont-ils crédibles? Il déclare que le Général les aurait appelés depuis son téléphone pour changer la mission; il leur a demandé d’aller abattre le Colonel Dosso, au environs de 17 heures, vers l’Ecole de gendarmerie. Au passage, le Général Dogbo a demandé, lors de son passage à la barre, que cela était totalement faux; pour corroborer ses dires, il a demandé que les répertoires des trois portables qu’il avait lors de son arrestation soient passés au peigne fin. Peut–on aller assassiner, à 17 heures, un homme devant l’Ecole de gendarmerie?

Preuve a-t-elle été faite que le Général est l’instigateur de cet assassinat? 

Voilà autant de questions qui ressortent après le procès concernant l’assassinat du Colonel Dosso et qui malgré les verdicts restent sans réponses. Ceux qui parlaient d’un procès au verdict clé en main n’ont pas eu tort, dans la mesure où les prévenus ont été condamnés mais les doutes persistent toujours sur cette sordide affaire. Vous avez dit justice des vainqueurs?! 

PL II
 
 
Source: La page Facebook de La Fumée Blanche


 

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Le procès de Dogbo Blé a réussi deux faits majeurs:


1- Prouver l'innocence de Dogbo Blé. en effet, l'ordre supposé donné par Dogbo Blé au téléphone cellulaire, comme l'a déclaré le tueur, n'a pas pu être établi ni à partir du cellulaire du tueur ni à partir du cellulaire de Dogbo Blé; par conséquent, l'accusation est une invention sans preuve.
 

2- Le juge met ainsi en évidence la caractéristique du code pénal utilisé: être pro-Gbagbo est déjà une faute. Aucune autre preuve n'est nécessaire. Le nombre d'années de condamnation qui est l'objectif du procès est proportionnel à l'intensité de la fidélité de l'accusé à Gbagbo. Les tueurs infidèles qui se sont déclarés tels ont moins d'années de prison que les innocents qui ont affirmé leur fidélité à Gbagbo.


DON MELLO Ahoua