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mercredi, 23 novembre 2011

LES BALAYEUSES DES RUES D'ABIDJAN TROMPEES ET GAZEES HIER PAR OUATTARA


MANIFESTATION DES BALAYEUSES D'ABIDJAN.gif

Salam n'a pas pu pointer, hier, à son boulot de vigile en poste à la principale grille d'entrée d'un grand groupe de la place qui officie dans le cosmétique. Il a dû supplier Kouadio, son collègue de service, de le remplacer ce jour tout en promettant à ce dernier de lui renvoyer l'ascenseur dans les tous prochains jours. Aussi a- t-il pris soin auparavant d'avertir les grands patrons de la maison. Il n'eût aucune difficulté à obtenir le feu vert de ses chefs parce que Salam, ce ressortissant Burkinabé qui a récemment obtenu la nationalité ivoirienne dans des conditions qui restent encore troubles pour tous ses voisins de quartier, n'est pas homme à inventer des raisons pour ne pas venir au service. Amoureux du travail, l'homme jouit d'une grande sympathie de la part de ses supérieurs hiérarchiques qui le prennent souvent en exemple pour fouetter l'orgueil des autres employés de l'entreprise. C'est que hier, Salam a été contraint de garder la maisonnette qu'il occupe à Abobo Derrière-rails, en l'absence de Korotoumou, sa tendre épouse, partie la veille à la mairie d'Adjamé pour percevoir sa paie, en sa qualité de balayeuse des rues d'Abidjan. Son premier salaire depuis six mois, à raison de 60.000 Fcfa/mois. Ce qui donne un bon petit pactole de 360.000 Fcfa autour desquels le couple nourrissait déjà bien de projets.

Malheureusement, la course de Korotoumou fut infructueuse car les payeurs n'ont pas honoré le rendez-vous pris pourtant fermement la veille avec les techniciens de surface. Et cela sans explication aucune. Même le siège des lieux fait en compagnie de ses collègues d'infortune, toute la journée, n'a donné aucun résultat attendu. Sans le moindre sou pour assurer le transport retour, la dulcinée de Salam fut contrainte d'y passer la nuit, surtout que la décision fut prise avec tous les autres d'aller se faire entendre bruyamment dès les premières heures de la matinée, devant les locaux de la primature. Une tournure des évènements qui naturellement a contraint le compagnon de Korotoumou à veiller sur la fratrie de quatre gosses dont un nourrisson qui a passé toute la nuit à pleurer, réclamant la chaleur maternelle.

Suivant de près cette actualité, ce dernier fut pris hier matin de rage lorsqu'il apprit que les balayeuses qui ont convergé devant la primature ont été gazées sans ménagement, pendant un bon quart d'heure, par des éléments des FRCI « sans cœur ». Salam ne manqua pas de lancer au passage, des jurons à l'endroit des nouvelles autorités dont il avait pourtant applaudi la prise de pouvoir à la suite de la violente crise post-électorale ivoirienne, les traitant de vils menteurs et d'incapables. Un sentiment largement partagé par les techniciens de surface désabusés par les promesses non tenues du régime. Face à la mobilisation de ceux-ci, la ministre Anne Ouloto a vite fait de dépêcher sur les lieux, son directeur de cabinet pour tenter de ramollir le mouvement de revendication. Dans sa besace, une proposition de payer non seulement trois mois mais à raison de 15000 Fcfa mensuel au lieu de 60000 Fcfa. Face au refus des manifestants, le directeur de cabinet s'est finalement engagé à verser dans les prochaines heures, les 60.000 Fcfa pour trois mensualités. Au moment où nous mettions sous presse hier, aucun paiement n'avait encore débuté, au grand dam des ouvriers. Notons que les balayeuses et les balayeurs ont été engagés sur la base d'une rémunération journalière de 2000 Fcfa pendant que les éboueurs et autres cureurs de caniveaux sont à 5000 Fcfa/jour. C'est tout ce beau monde qui réclame aujourd'hui six mois de salaire à la ministre de la salubrité.

Contexte

Plusieurs milliers de balayeurs ont tenté d'envahir la Primature hier au petit matin pour se faire payer six mois de salaire. Sans succès.


Enjeu

Le gouvernement fait face à une situation financière difficile due à la rareté des ressources internes mais aussi en raison d'une situation sécuritaire chaotique.


Le gouvernement ne veut plus tenir sa promesse

Les balayeuses et éboueurs embauchés dans le cadre de la lutte contre l'insalubrité totalisent six mois de salaire impayés. Le gouvernement espérait payer trois mois sans succès. Sur l'ensemble du District, ils sont 2000 à avoir travaillé pour le gouvernement dans le cadre de cette opération.


Les comptes ne sont pas bons


A Koumassi, le nombre de balayeurs concerné est de 300 personnes. Le gouvernement a consenti à payer seulement 78 personnes sur les 300. Ce qui provoque la colère des balayeurs qui avaient investi, tôt dans la matinée, les alentours de la primature. A Treichville, 52 sur les 182 devraient être payés.


« On nous a gazés »

« Nous sommes sur pied depuis hier. On nous a dit que le gouvernement a débloqué l'argent nécessaire et que nous devrions être payés à la mairie d'Adjamé. Mais nous sommes restés toute la nuit à Adjamé et ce matin nous avons décidé de marcher sur la Primature mais ils nous ont gazés ». Un manifestant.


Source : AFRICAN LIBERTY

vendredi, 18 novembre 2011

ALASSANE OUATTARA, UN DOCTEUR TOUJOURS SANS SOLUTIONS


ALASSANE OUATTARA ET FAURE GNASSIMGBE.jpg

Cela fait aujourd'hui, un peu plus de sept mois que le président Laurent Gbagbo a été arrêté. Sept mois également qu'Alassane Ouattara est dans les habits de chef d'Etat de Côte d' Ivoire. Précédé de la clameur entretenue par ses partisans locaux et autres soutiens extérieurs, le présentant comme l'homme de la situation, Ouattara a longtemps surfé sur cette vague déferlante pour en mettre plein la vue à tous. Et cela grâce à une bonne communication politique capable de transformer de la bouse de cheval en pépites d'or.

Sur cette base, et dès sa prise de pouvoir, le chef de l'Etat, soutenant que l'air était vicié à Abidjan du fait de l'occupation anarchique des trottoirs, a entrepris de les dégager sans ménagement aucun. C'est la ministre de la salubrité, Anne-Désirée Ouloto qui a été chargée de la sale besogne. Pour les besoins de la communication, c'est la célèbre rue princesse de Yopougon qui a été choisie pour lancer les graders et les pelleteuses à l'assaut de tous les espaces de détente et de distraction du coin.

Ensuite, les principales rues de Cocody, de Treichville, Marcory, Koumassi etc. ont suivi. Mais alors que l'on croyait que le tout Abidjan serait débarrassé une fois pour toutes de ses échoppes et autres constructions anarchiques, voilà que subitement l'on découvre que des quartiers tels que Boribana et Abobo-gare, qui mériteraient que les bulldozers de dame Ouloto y jouent même les prolongations, ont  été épargnés, brouillant ainsi la grille de lecture sur la question. Une politique du deux poids, deux mesures qui a fait rentrer, depuis lors, la belle Anne dans ses  petits souliers, gênée aux entourloupes par l'hostilité des partisans  d'Alassane Ouattara qui développent à fond le complexe d'ancien combattant vis-à-vis de ce dernier.

Aujourd'hui si l'on devait dresser un bilan à mi-parcours de l'opération, il y aurait plus grise mine qu'hilarité. Car les petits opérateurs économiques qui aux premières heures ont été dégagés, sont revenus investir les mêmes rues abidjanaises à l'image de la rue princesse qui a commencé à renaitre de ses cendres. De là à dire que l'opération pilotée par la ministre de la salubrité a fait flop, il n'y a qu'un pas que les uns et les autres ont vite fait de franchir du reste.

Sur la politique gouvernementale de l'emploi, les hagiographes du régime ne sont pas également mieux lotis. Car 7 mois après, la promesse électorale de créer un million d'emplois, prioritairement destinés aux jeunes, n'a toujours pas passé le stade de l'effet d'annonce. Pis, la spirale semble tourner dans le sens inverse avec notamment la suppression spectaculaire des emplois enregistrés ça et là. A l'Union générale des travailleurs de Côte d'Ivoire (UGTCI), le dégraissage des effectifs a, depuis belle lurette franchi la barre des 100.000 postes. Quand on a joute à cela  les effets de  l'annulation, par le nouveau régime de plusieurs concours d'entrée à la fonction publique organisés par l'administration Gbagbo, l'on a une belle idée du taux de chômage dans le pays qui vient ruiner toute l'abondante littérature produite sur cet autre chantier foireux du ''docteur Solution''.

L'école n'échappe  pas à la mauvaise conjoncture. Après  les résultats catastrophiques enregistrés aux différents  examens scolaires à grand tirage, les parents d'élèves croyaient pouvoir souffler en cette rentrée scolaire avec le projet « d'école gratuite » cher, dit-on, au gouvernement. En lieu et place c'est l'inscription  en ligne impérative qui est servie dans  le secondaire public pendant  que les frais d'inscription pour les affectés de l'Etat dans les établissements privés ont pris l'ascenseur. Pour leur part, les universités publiques, fermées depuis le 19 avril dernier, garderont leurs portes closes jusqu'en septembre 2012. C'est l'information donnée par le chef de l'Etat lui-même alors qu'il effectuait avant-hier, un déplacement en terre togolaise.

Le tableau est tout aussi sombre aux plans sécuritaire, sanitaire et de la cherté de la vie. En effet, le taux de criminalité dans le pays est toujours aussi élevé qu'aux moments de braise de la crise post-électorale. Et cela malgré les assurances du ministre Hamed Bakayoko qui avait promis sécuriser le carré national dans un délai de trois mois.

Au niveau de la santé, l'opération « soins gratuits » a tourné court parce que mal montée par ses concepteurs. Et la ministre Thérèse N'dri Yoman a beau s'égosiller, accusant le personnel de santé de saboter son affaire, les box à médicaments restent toujours vides au grand désarroi des patients et des médecins eux-mêmes. Le panier de la ménagère n'échappe pas à la galère ambiante. Les réductions annoncées sur les prix des principales denrées alimentaires sont du domaine de la légende quand ceux-ci ne vont pas à la hausse. Au regard de tout ce qui précède, et les différents éléments mis les uns dans les autres, font penser que Ouattara reste, après sept mois d'exercice, un docteur sans solution. En tout.


Yves De Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 98 du vendredi 18 novembre 2011.

jeudi, 03 novembre 2011

BOUAKE SE PREFERE DANS «L'EXCLUSION»

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Après avoir lu un article sur le cuisant échec d'Anne Ouloto à Bouaké, je me permets aujourd'hui de vous raconter une petite histoire. - Depuis qu'on la croyait porter disparu depuis quelques temps sur le terrain du déguerpissement à Abidjan, j'étais loin de penser qu'elle avait mis le cap sur Bouaké avec ses tracteurs. Oui ! Il faut féliciter Mme la ministre qui, pour une fois, dans la politique ivoirienne, s'est refusé d'exclure les habitants de Bouaké Korhogo, Katiola, Odienné et consort...

Malheureusement, les maîtres de Bouaké qui ne sont pas si naïfs que cela, ont préféré être plutôt exclus que d'ouvrir les bras aux tracteurs de malheur d'Anne Désiré Ouloto. L'article ajoute même que pour éviter la confrontation sanglante qui obstruait l'horizon, la "Bulldozer" a été obligée de se replier sur Yamoussoukro et que dans ce repli elle n'a pas cessé de marmonner contre Guillaume Soro. - Alors pour revenir à mon histoire, sachez qu'elle tient à rappeler que depuis le 11 avril 2011, le pays n'est pas gouverné malgré toutes les agitations des membres du gouvernement.

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L'histoire, c'est Anne Ouloto elle-même, au temps où elle écrasait tout sur son chemin comme un malabar dans les rues d'Abidjan, qui la raconte lors d'une conférence de presse à des journalistes pour leur expliquer le caractère irréversible de son action et leur faire savoir le soutien dont elle bénéficie de la part du Rhdp et surtout de Dramane Ouattara qui y tient comme à la prunelle de ses yeux. Elle a dit qu'à cause de la vigilance qu'on accorde à son projet de démolition systématique au plus haut niveau, elle a été obligée de s'endetter pour dédommager et contraindre une parente à abandonner l'emprise de son magasin sur le VGE.

Alors quand (retenons qu'Abobo est restée en friche) devant la réticence à laisser débuter les travaux d'un certain Diarrassouba alias « Diarraba », pompeusement commandant de Bouaké, une ministre de la République se trouve dans l'obligation de tendre un document quelconque signé par le chef d'Etat major Soumaïla Bakayoko - que le rebelle déchire, par ailleurs - on se demande bien si toute la Côte d'Ivoire est vraiment sous la coupe de Dramane Ouattara ou s'il y a une véritable chaîne de responsabilité administrative dans ce pays. Oui, nous savons qu'avec nos frères des Frci, nous sommes désormais « au Côte d'Ivoire », mais tout de même !


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 88 du mercerdi 2 novembre 2011.

lundi, 26 septembre 2011

LE COMMANDANT WATTAO S'EST ENFUI DU PAYS

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Une information que nous tenons d'un journal de la place : « Le Quotidien ». Sans pour autant être en mesure de vous la confirmer, nous vous la livrons dans son intégralité, telle que rapportée dans ce journal.


« Au cours de la semaine écoulée, l'écheveau autour du commandant Wattao a commencé à se démêler. Aux dernières nouvelles, il a fuit le pays pour se réfugier dans un pays voisin.

Secret de polichinelle. Le commandant Wattao et les nouveaux tenants du pouvoir n'étaient plus en symbiose depuis la chute du Président Gbagbo le 11 Avril. Pour cause, il lui est reproché d'être le principal acteur de la fuite du pays de Charles Blé Goudé, après la capture de Gbagbo, et de protéger les biens et domiciles des têtes dures de l'ancien régime. Notamment, Konaté Navigué et certains responsables de la galaxie patriotique. Dont les biens sont essentiellement à Marcory, où habitait aussi Blé Goudé. Il aurait été dénoncé auprès de la hiérarchie militaire des Frci par le commandant « le fou » de Treichville, qui espérait une nomination dans l'armée.

Il faut noter que depuis un bon moment déjà, la zone de Marcory était formellement interdite à ce commandant de Treichville. Wattao n'était pas d'accord avec Anne Ouloto qui a démoli son parking dont lui et Blé Goudé sont copropriétaires. En effet, le commandant Wattao avait demandé à la ministre d'épargner son business sur le VGE. Mais la supplication de Wattao n'avait pas été entendue par « Maman Bulldozer ».

L'ex-chef d'Etat major adjoint des Forces nouvelles était interdit d'approcher Alassane Ouattara. Seul Chérif Ousmane avait le droit d'avoir directement accès au Président. Cela procéderait d'un antécédent très fâcheux entre le « Bravetchê » et son poulain d'hier. Ensuite, il est reproché à Issiaka Ouattara (dit Wattao) de détenir des documents compromettants sur Mangly qu'il refuserait de remettre au nouveau pouvoir qui pourrait les utiliser contre l'ancien DG des douanes, sous Gbagbo. Ce sont là, quelques faits qui, selon le pouvoir en place, relégueraient le Commandant Issiaka Ouattara au banc des traîtres.

Il est devenu un homme à abattre. Une affaire de soldats français arrêtés n'était étrangère au pourrissement des rapports entre le commandant et ses chefs, dont le président Alassane Ouattara. Ainsi la semaine dernière, l'homme s'est enfui du pays. Après une escale au Burkina Faso, il serait dans un autre pays d'où il se préparerait encore à partir plus loin.

C'est une situation qui trouble sérieusement le sommeil des tenants du pouvoir actuel qui s'attendent forcément à un retour du bâton, quand on sait qui est Wattao. Un chef de Guerre très craint dans le sérail du pouvoir actuel. Qui a des éléments à sa solde qui lui sont dévoués et qui sont très bien formés et armés. En plus, la quasi-totalité des Chefs de guerre de l'ouest sont des hommes forts de Wattao. Il s'agit entre autres du capitaine Eddy Medi, com-secteur de Danané et du Commandant Zulu, chef de guerre à Blolequin. Le pouvoir en place prend en ce moment même toutes les dispositions pour parer à toutes les éventualités qui découleront de cette situation inattendue ».


Olive Amezady, in le quotidien ivoirien "Le Quotidien" du 26 septembre 2011.


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

vendredi, 19 août 2011

ET SI L'OPERATION DE SALUBRITE PUBLIQUE CACHAIT EN REALITE UN «BUSINESS» JUTEUX?

RUE PRINCESSE RASEE.jpg

Depuis l'avènement du nouveau régime ivoirien, il s'observe une véritable frénésie à remettre « de l'ordre » dans nos rues, dans notre cadre de vie et notre environnement. Une opération que nous saluons à certains égards ; notamment en ce qui concerne la mise en coupe réglée des conducteurs de mini cars « gbaka » et de taxis intercommunaux « wôrô-wôrô » - notoirement indisciplinés - ainsi que des commerçants ambulants sur des voies essentielles comme le Boulevard Mitterrand, à Adjamé Renauld, depuis les échangeurs de la Gare Nord de la SOTRA jusqu'aux 220 logements.

La furia de celle qu'on surnomme aujourd'hui Ouloto « Bulldozer », Ministre de la Salubrité Urbaine de Ouattara, n'épargne presque rien : quartiers précaires, constructions anarchiques, baraquements de marchés, étals sur les trottoirs, maquis et boîtes de nuits (de la Rue princesse de Yopougon et des Mille Maquis de Marcory), occupations illicites de la voie publique. Nous aurions applaudi des « quatre mains » si cet acharnement ne suscitait pas, au-delà de ses aspects objectivement positifs et bénéfiques, des interrogations légitimes sur  la manière dont l'opération est conduite, au regard de la Réglementation ou plus simplement des convenances. Ce qui accréditerait les dénonciations d'une certaine opinion qui voit en cette frénésie la face visible d'une obscure affaire de gros sous, au centre de laquelle se trouveraient Madame Dominique Ouattara et un certain architecte du nom d'Ibrahim Bakayoko.

En effet, si nous envisageons cette question d'une criante actualité d'un point de vue strictement social et juridique, nous comprenons mal que dans un Etat de droit, l'on puisse mener une opération d'une telle envergure, sans un minimum de campagne de sensibilisation et d'information, visant à avertir les populations et opérateurs concernés - qui, du reste, sont en très grand nombre dans un pays paupérisé par 10 années de crise aiguë. En matière de développement communautaire, il est de notoriété que toute action qui se veut durable et intériorisée par les populations ne doit pas se faire sans leur consentement et leur participation.

Ce faisant, la Ministre de la Salubrité Urbaine, Anne Désirée Ouloto, aurait dû au préalable, associer ces populations à l'action à mener et définir clairement les critères objectifs de choix des sites ainsi que le calendrier selon lesquels les démolitions, déguerpissements et autres destructions devraient se faire. De sorte que tout à fait logiquement, les habitants et occupants de ces sites soient avertis, recensés, recasés ou dédommagés. Mais rien de tout ceci. Aucune sommation ni mesure d'accompagnement.

En revanche, dans le flou le plus artistique, des bulldozers et des chargeuses sont envoyés en croisade contre des citoyens démunis, de petits commerçants et des opérateurs économiques ainsi ruinés, sans leur laisser le moindre recours. La nécessité d'assainir un certain cadre de vie ou de donner un nouveau visage à la ville d'Abidjan - opération, au demeurant, cosmétique - peut-elle justifier qu'on crée une autre plaie, plus grave : la démultiplication du nombre des sans abris, des pauvres et des sans emploi, quand on sait que les premiers (les plus anciens) ne voient pas encore la sortie du tunnel ni un début de réalisation des promesses électorales, faites de ce point de vue, par le chef de l'Etat ?

Qu'est-ce qui justifie donc ces véritables croisées contre la dèche dont les oripeaux nous répugnent tant, en ce moment, à Abidjan ? Nous croyons y avoir un début réponse.

Relativement aux destructions de maquis et de bidonvilles, une certaine opinion abidjanaise fait état d'une affaire de gros sous, un « business » fort juteux dont l'objectif serait de dégager des espaces devenus rares à Abidjan, pour l'élévation d'immeubles et de kiosques de luxe à faire louer aux Ivoiriens et aux opérateurs économiques les plus nantis. Cette opération, selon cette opinion, ne serait donc pas aussi désintéressée qu'on voudrait le laisser croire.

Des sources bien introduites relèvent qu'il s'agirait, en réalité, d'une affaire bien ficelée et pilotée par Mme Dominique Ouattara, la ministre Anne Ouloto et l'architecte Ibrahim Bakayoko dont le cabinet est sis au quartier des affaires du Plateau, au rez-de-chaussée d'un immeuble situé en face du Collège des Filles « Notre Dame du Plateau ».

Monsieur Ibrahim Bakayoko, architecte de son Etat, aurait mis son génie créateur au service de la cause. Il aurait proposé à Mme Ouattara, un plan dit « d'embellissement de la capitale économique » prévoyant le rasage systématique des quartiers précaires, le débarras des trottoirs de tout étal de petits vendeurs et vendeuses et la démolition des maquis et des boîtes de nuit.

A la place, l'architecte ivoirien ambitionnerait de construire des kiosques de son invention, destinés à être proposés soit à la vente soit à la location, à un public ayant la capacité financière de se porter acquéreur.

En ce qui concerne les quartiers précaires, parmi lesquels figure en bonne place « Petit Ouaga », Mme Ouattara aurait le projet d'y bâtir des immeubles, sous le couvert de sociétés immobilières. En réalité, ces sociétés qui, bientôt, noirciraient les pages des annonces légales du très gouvernemental quotidien « Frat-Mat » ne seraient autre chose que des couvertures de la société mère AICI, propriété de Madame Dominique Ouattara. Le tour serait ainsi joué. Pour le financement, aucun souci à se faire, nul besoin de se triturer les méninges : l'assise financière confortable de notre milliardaire de Première Dame ferait tout à fait l'affaire.

L'on se rappelle encore avec acuité que la ministre Anne Désirée Ouloto déclarait, péremptoire, récemment, dans un quotidien de la place, que « de nouveaux kiosques flambants neufs pousseraient très bientôt à la place des anciens » ; corroborant ainsi les suspicions et les informations relevées plus haut. Ces nouveaux kiosques, malheureusement, ne seraient pas à la portée des premiers venus ni des premiers occupants (déguerpis), faute de moyens financiers. De toute évidence, ce seront les vainqueurs et gouvernants d'aujourd'hui qui les rachèteront ou les loueront, pour y installer les leurs.

En définitive, ces destructions de quartiers précaires, d'étals des trottoirs, de la « Rue Princesse », de « Petit Ouaga », du marché de Yopougon-Sicogi, serait une affaire de gros sous et du « Ote-toi que je m'y mette ». Toute autre argumentation, selon ces sources, ne serait que « camouflage et filouterie ».

Au regard de la fièvre avec laquelle ce projet d'assainissement de la ville d'Abidjan est diligenté, comment ne pas accorder de crédit à de telles allégations ? L'opération, si elle veut conserver une once de logique, devrait se poursuivre dans des quartiers d'Abidjan comme Bori-Banan, Mossikro, la casse d'Adjamé et d'Abobo, Bracodi Bar, la gare d'Adjamé jusqu'au Marché gouro, Derrière Rail, Gesco etc, et à l'intérieur du pays dans des bidonvilles célèbres comme « Bardot » à San Pedro, et au final, dans toute la Côte d'Ivoire. Faute de quoi, le gouvernement serait légitimement suspecté de faire de l'assainissement sélectif. Ce qui serait encore plus dommageable à la paix sociale.

D'un autre côté, avec du recul, nous avons fini par nous convaincre que des Ivoiriens ont délibérément travaillé contre leur pays. Histoire de faire clouer au pilori Laurent Gbagbo et d'obtenir sa tête. Car comment comprendre qu'aujourd'hui, un maire RDR comme celui d'Adjamé - donc pro-Ouattara -, dont la commune était le symbole du pire des désordres urbains, ait subitement trouvé l'énergie et les ressources (en plein marasme économique et en pleine sécheresse budgétaire) pour rendre sa commune moyennement propre et rangée ? Cela pouvait donc être fait sans qu'on crie à « l'exclusion » et à « la xénophobie » de Gbagbo ? Ce sont ces choses incompréhensibles voire énigmatiques qui dévoilent la mauvaise foi de certains des premiers magistrats de nos communes, la sinuosité du cœur humain, et qui mettent en lumière une volonté délibérée de nuire, en maintenant intentionnellement des administrés dans la crasse et le désordre. Ceux qui se targuent aujourd'hui de mettre de l'ordre à Abidjan avaient la possibilité de mener ces mêmes actions sous Gbagbo. Ils s'en sont volontairement soustraits. Quitte à faire périr des concitoyens. Aucune raison de s'en faire, tant que cela était porté au passif d'un Laurent Gbagbo injustement incriminé pour leurs propres turpitudes. Ainsi va la politique en Côte d'Ivoire, rétrograde et occulte.

Qu'un projet de salubrité publique et d'assainissement soit mené dans le souci du bien-être des populations ivoirienne est une action louable, à plus d'un titre. Mais il est inacceptable que cette opération se fasse sans un minimum d'égard pour les victimes de toutes ces démolitions et destructions, dont la situation sociale était déjà des plus précaires et infiniment  loin d'être enviable. Cette froideur sidérante, ce manque de sensibilité, de compassion et de prévenance pour ceux qu'on dit gouverner et qu'on plonge, sans appel possible, dans la détresse, au nom du « changement des mentalités », pour notre part, n'est pas compréhensible, encore moins acceptable. Et naturellement, il laisse penser à tout observateur sérieux que le mobile de cette effervescence est à rechercher ailleurs. Notamment, dans une affaire de gros sous au profit de proches du pouvoir Ouattara. Servant, par la même occasion à faire du lustrage politique, plutôt que de s'attaquer aux vrais préoccupations des Ivoiriens qui ont pour nom : réconciliation nationale, sécurité, restauration des services publics, réouverture des universités et remise en train de l'appareil de production mis à mal par l'entrée des FRCI à Abidjan. Toutes choses que nous jugeons inqualifiables.

Vivement, que des mesures d'urgences soient prises au profit de tous ces abidjanais  et de tous ces Ivoiriens réduits, du jour au lendemain, à la misère et au chômage, par ce qui pourrait apparaître comme une obsession du gain et une course à l'enrichissement, pourtant tant décriés chez le précédent régime. Au nom de l'humanité et pas seulement du « changement des mentalités ».


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 295 du jeudi 18 août 2011 (une version revue).

LE MARCHE DE YOPOUGON-SICOGI RASE

ANNE DESIREE OULOTO.jpg

La menace Anne Oulotto continue ses ravages

La destruction massive entamée par la « ministre bulldozer » de Ouattara, Anne Ouloto, n'est pas prête de s'arrêter. Après la Rue Princesse qui a subi la rage destructrice des pelleteuses de Ouloto faisant perdre des millions de francs Cfa aux opérateurs économiques de la zone et mettant du coup plus de deux mille (2000) personnes au chômage, c'est au tour des pauvres commerçantes de faire les frais de la Ministre. Ce sont les vendeuses du plus grand marché de la commune de Yopougon, en l'occurence celui de la Sicogi qui ont subi les affres de cette dernière.

C'est mercredi dernier, aux alentours de 10 heures que les casses ont débuté au dam des commerçantes qui avaient fait mains et pieds pour éviter cela. En effet, elles ont cotisé la somme de deux mille francs par personne pour soudoyer les exécutants de l'ordre de Oulotto. Mais rien n'y fît. Etals en main, courant dans tous les sens pour protéger ce qui pouvait encore l'être. Mais leurs bourreaux sans état d'âme ont accompli soigneusement la sale besogne que Ouloto leur a confiée. Les pauvres vendeuses ont assisté les larmes aux yeux et le cœur meurtri à la destruction de leurs différentes tables." Je viens à peine de faire près de 50000 FCFA d'achat d'aubergines et j'arrive, mon étal est parti en lambeaux. Que vais-je devenir ? C'est mon commerce qui me permet de m'occuper de ma famille", lance dame TRA LOU en larmes. Une autre commerçante non loin d'elle s'écrit "solution ! Solution que vous cherchiez-là, voilà ça maintenant. Ils ont tout cassé. Où allez-vous trouver l'argent pour nourrir vos familles ?. On dit Gbagbo tue les gens mais la faim aussi tue", s'indigne Mme Yao. Un autre visiblement ahuri, éclate: "On a cotisé l'argent pour rien". En effet, ayant eu vent de la démolition imminente du marché, ces braves dames  se sont cotisées et  ont recueilli environ un (1) million de nos francs qu'elles ont remis à des personnes qui faisaient partie des démolisseurs, pour les soudoyer. Mais elles n'ont eu que leurs yeux pour pleurer et constater avec désarroi ce qui leur arrivait. Destruction en mode Ouloto, à qui le tour ?


Tatiana N'GUETTIA, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 43 du vendredi 19 août 2011.