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mercredi, 02 février 2011

PANEL DES CHEFS D'ETAT A ABIDJAN: L'ONU, L'UE, LA CEDEAO ET LA FRANCE JOUENT LEUR SURVIE



BAN KI MOON ET NICOLAS SARKOZY.jpg

In Le Nouveau Courrier N°194 du 02 Février 2011 par Saint-Claver Oula


C'est le compte à rebours. Après avoir tenté par des menaces, sanctions et ultimatums de faire partir Laurent Gbagbo du pouvoir en vain, des anti-Gbagbo reviennent sous le couvert d'un panel. Mais cette fois avec une marge de manœuvre limitée.


Avant l'entame de la mission des chefs d'Etat de l'Union africaine, une feuille de route semble toute dessinée par l'Organisation des Nations-Unies, l'Union européenne, la Cedeao et la France, tous présents au 16ème sommet à Addis-Abeba. Le secrétaire général Ban Ki-Moon a exclu d'entrée un recomptage des voix, voulu par l'actuel président ivoirien, Laurent Gbagbo et l'Angola. Pour le patron de l'Onu, ce serait «une grave injustice». Dans la précipitation, Ban Ki-Moon a appelé Ouattara à former un « gouvernement d'union nationale ». Son adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Leroy, a écarté un «partage du pouvoir ». Cette question, selon lui ne saurait se poser. La position de la Cedeao et de la France, résolues à une action militaire et qui y travaillent activement au Burkina Faso et en zone sous contrôle de la rébellion, est déjà connue. C'est Ouattara ou rien.

Au sein de l'Union africaine, le très désobligeant président de la commission de cette organisation continentale, Jean-Ping, a déjà planté le décor : le panel a pour mission d' «amener Ouattara à exercer la réalité du pouvoir par la négociation.» Là où certains présidents, notamment angolais et sud-africain, exigent une évaluation du processus. L'Union européenne, qui a précipité les sanctions et gelé les avoirs des autorités ivoiriennes va-t-elle faire machine-arrière pour se déculotter ? Pas si sûr. Que va donc bien pouvoir négocier le panel de l'Ua? Le sommet d'Addis-Abeba a tout de même révélé «de profondes divisions» entre le Nigeria, dont le numéro un est un anti-Gbagbo, et l'Afrique du Sud, sensible à la posture anti-colonialiste du chef de l'Etat ivoirien. Mais le numéro un du pays de Mandela et le nouveau président en exercice de l'Ua font face à l'excitation d'une nébuleuse qui déroule toute sa diplomatie et met à contribution ses experts militaires pour faire partir Laurent Gbagbo, ce chef d'Etat d'un petit pays qui tient tête aux grandes puissances. Ne pas réussir à le faire partir serait un véritable échec qui emporterait les décideurs de l'Onu, l'Ue et la France. Ce sera la remise en cause de la diplomatie mondiale avec en ligne de mire la fragilisation des Nations-Unies qui pourrait connaître la même fin que la Société des Nations (Sdn). La crédibilité de Nicolas Sarkozy et de Barack Obama (qui a choisi ces derniers temps de se murer dans un silence) pourrait également en souffrir en France et dans le monde et retourner contre eux leur opinion et donner du grain à moudre à leurs opposants.

L'enjeu pour ces entités est tel qu'une bataille féroce va s'engager durant le mois pendant lequel vont travailler les chefs d'Etat et leurs experts (encore onusien choisis par Ban Ki-Moon) sur la crise post-électorale. De ce panel, les Ivoiriens attendent une objectivité dans la démarche. Il s'agit de réévaluer le processus électoral et recompter les voix pour confondre Laurent Gbagbo et déterminer celui qui a perdu et celui qui a gagné les élections. Si le panel se limite à des notes préétablies, en ne procédant pas comme l'a souhaité Jacob Zuma, à «vérifier d'abord les faits», c'est sûr que les Ivoiriens feront face à une longue crise, encore plus aigue qui pourrait déboucher sur un éventuel conflit armé entre pro et anti-Gbagbo. Ou, la communauté internationale pro-ADO, à laquelle Jacob Zuma et Obiang Nguema tiendront certainement tête dans la quête de la vérité, à défaut de se dédire, pourrait jouer sur le pourrissement de la situation et espérer une révolte du peuple ou un assassinat de Laurent Gbagbo. Parce qu'une action militaire pourrait déclencher l'entrée en scène des alliés de l'actuel chef d'Etat ivoirien.


Source: LE NOUVEAU COURRIER