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dimanche, 04 septembre 2011

COTE D'IVOIRE: L'AFFAIRE DES 3 FRANÇAIS «ENLEVES» N'EST PAS FINIE


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L'affaire, révélée par France-Soir, des trois anciens officiers français arrêtés à Abidjan en dehors de tout cadre légal par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) continue de créer la polémique. Plus de dix jours après leur « arrestation » une importante somme saisie illégalement n'a toujours pas été restituée. Hamed Bakayoko, ministre de l'Intérieur, semble vouloir protéger les FRCI sous la responsabilité du commandant Wattao alors que les ONG s'alarment de la poursuite d'exactions en Côte d'Ivoire.


Le calme a du mal à revenir à Abidjan malgré les efforts politiques du président Alassane Ouattara et les déclarations rassurantes de son ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko. Raser la célèbre rue Princesse, connue pour sa fête, sa musique et sa débauche ne suffit pas à marquer le changement d'ère. La colère de nombre d'ivoiriens augmente face aux abus récurrents des Forces républicaines de Côte d'Ivoire tandis que plusieurs ONG comme Amnesty International et Human Rights Watch dénoncent la poursuite d'exactions. Une affaire embarrasse actuellement le pouvoir à Abidjan : trois ex-officiers français  déclarent avoir été « enlevés », « séquestrés » et « volés » samedi 20 août par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), comme l'a révélé France-Soir dans la nuit du samedi 20 août au dimanche 21 août.

Ainsi, dans une interview télévisée accordée à la journaliste Pauline Simonet de France24 le 1er septembre 2011, le ministre de l'Intérieur de Côte d'Ivoire, Hamed Bakayoko, a donné une version des faits différente de celle qu'il a présenté à France-Soir quelques jours auparavant au sujet de cette affaire.


A la question de savoir ce qu'il pensait de la version des faits des officiers, le ministre de l'Intérieur ivoirien avait répondu à
France-Soir que les Français n'avaient pas été « arrêtés » : « Il faut d'abord savoir qu'il n'ont pas été arrêtés, ils ont été « entendus ». » Nuance. A cela, le colonel Jean-Grégoire Charaux avait répondu catégorique qu'il avait été « enlevé ». Dans l'interview accordée à France24, la version change : le ministre indique avoir préalablement autorisé l'interpellation sur le territoire de la Côte d'Ivoire de ces hommes par les FRCI.

Mise en cause des FRCI

Or, à France-Soir le ministre, alors en séjour en France, indiquait ne pas être à l'origine de cette interpellation puisqu'il avait du se « renseigner » afin de faire un rapport à la demande du président Alassane Ouattara, lui aussi en visite dans l'Hexagone : « L'affaire est remontée jusqu'à moi et jusqu'au président de la République qui m'a demandé de faire toute la lumière sur cette affaire ». Le ministre a donc été mis au courant de « l'arrestation » des trois hommes par les FRCI après que celle-ci soit intervenue et non avant. En aucun cas il n'avait déclaré à France-Soir l'avoir ordonnée. Ni lui, ni le Président de la république, Alassane Ouattara n'ont commandité ce que les trois officiers retraités dénoncent comme une « embuscade ». Au contraire puisque la présidence a demandé « toute la lumière sur cette affaire » mettant en cause les agissements de certains éléments des FRCI.

A
France-Soir comme à France24, Hamed Bakayoko a assuré que les trois Français avaient été remis par les FRCI (qui n'ont aucun pouvoir de police) aux services de police pour être « entendus » selon sa version. Pourtant le colonel Jean-Grégoire Charaux est formel : il n'a jamais vu de policier lors de sa « séquestration » mais uniquement des militaires, dont un capitaine, second du commandant Wattao. Il a par ailleurs affirmé avoir eu au téléphone le commandant Wattao, commandant en second de la Garde républicaine, juste avant sa libération. L'ambassade de France sur place avait exercé toute son influence pour faire libérer les trois hommes arrêtés en dehors de tout cadre légal par les FRCI.

Deux jours avant les faits Hamed Bakayoko avait pourtant lancé publiquement un avertissement aux FRCI. Il souhaitait
« qu'on ne retrouve plus un FRCI en train de s'occuper de juger des affaires entre deux Libanais ou deux opérateurs économiques. Ce n'est pas leur mission, ils ne sont pas formés pour cela (...) ». Cette déclaration faisait suite à de violents affrontements entre les factions rivales des FRCI sous les ordres des deux « com-zones » ennemis, Zakaria Koné et Issiaka Ouattara alias... Wattao. Il ajoutait même, très clair , dans la foulée : « Vous devez comprendre que la Côte d'Ivoire a changé et que ce qu'on pouvait faire avant, on ne peut plus le faire maintenant. Celui qui n'a pas compris cela est condamné ». A peine deux jours plus tard, la règle change... et le ministre aurait ainsi autorisé ce qu'il interdisait : une arrestation par les FRCI. « Pourtant, le ministre ne peut ignorer qu'il n'a pas pouvoir sur les éléments des FRCI qui sont sous la tutelle du ministre délégué à la défense Paul Koffi Koffi », explique une source.

Revirement politique

Pourquoi soudainement le ministre prend-t-il la responsabilité des « arrestations » alors qu'elles ne sont pas le fait de ses services ? Le colonel de gendarmerie Jean-Grégoire Charaux expliquait à France-Soir que Hamed Bakayoko « est embarrassé par les hommes de Wattao qui ne sont ni des gendarmes ni des policiers... L'action de ces hommes là (les FRCI NDLR) paralysent son objectif de rétablir la sécurité publique. »
« Que Hamed Bakayoko défende le commandant Wattao, je peux le comprendre, c'est de la politique. »
Mais dans ce cas pourquoi protéger le commandant Wattao et ses hommes ? « Wattao est très puissant et indispensable aujourd'hui. Le régime n'est pas encore stabilisé malgré le discours officiel. Il y a des tensions profondes dans le camp Ouattara. Les « seigneurs de la guerre » se payent de leurs années de lutte avec la richesse d'Abidjan : squattage de villas, vols de berlines, racket. Demain cela changera peut-être. En attendant, Hamed Bakayoko marche sur des œufs et est obligé de composer avec lui et d'assumer les exactions de ces hommes sans foi ni loi qui tiennent Abidjan quitte... à avaler son chapeau et de se contredire. C'est un choix politique : il temporise. Avec peu de moyens humains et techniques il essaye de faire le nécessaire. Le pouvoir ivoirien aurait pu se saisir de cette occasion pour faire le ménage et écarter Wattao. Ils ne le font pas et Bakayoko est obligé d'endosser toute la responsabilité de cette affaire » commente cette source.  Et de poursuivre : « Alassane Ouattara envoie un très mauvais signal en ne réglant pas cette affaire et en accusant ces anciens militaires français d'être les hommes de main d'un trafiquant d'armes. C'est grossier comme attaque. Ce que les gens retiennent c'est qu'aujourd'hui même un ressortissant étranger ne peut pas être en sécurité, physiquement, même chez lui ».
Hamed Bakayoko l'a martelé à juste titre le 1er septembre sur France24 : en Côte d'Ivoire « nul n'est au dessus de la loi même pas un français ». Ce serait oublier que les trois hommes ont été relâchés sans qu'aucun motif n'ait été retenu contre eux... En l'espèce, c'est le colonel Jean-Grégoire Charaux qui considère les FRCI, dont il assure être la victime, comme étant « au dessus de la loi » et qui este en justice son affaire.

Accusation de banditisme organisé

Ces citoyens français « arrêtés » pour « atteinte à la sûreté de l'Etat » dénoncent non seulement un « enlèvement » et une « séquestration » par les FRCI mais aussi le vol de 41.000 $ qui appartiennent à la société de leur employeur, Frédéric Lafont. Le colonel Jean-Grégoire Charaux va plus loin et accuse les FRCI de « banditisme » et refuse tout compromis : « Le problème c'est que ce n'est pas mon problème. Je ne fais pas de politique, je veux simplement que l'on respecte mes droits, que l'on répare le préjudice que j'ai subi et que l'on rende l'argent que l'on m'a dérobé sans motif et qui appartient à une société privée. »

L'ordre règne ?

En attendant, les 41.000 $, retirés par des soldats des FRCI aux trois citoyens français n'ont pas refait surface. Le ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, avait déclaré à France-Soir être prêt à rendre l'argent « s'il n'y a pas de charge » retenue contre le colonel Jean-Grégoire Charaux. Or, aucun des trois n'a été inquiété.
Après une enquête, les services de renseignement ivoiriens auraient eux aussi conclu à la véracité du témoignage du Français. Ceux-ci auraient alors assuré au colonel Jean-Grégoire Charaux la restitution sous 48 heures de la somme dérobée. L'affaire, même portée au plus haut sommet de l'Etat ivoirien n'a semble-t-il pas trouvé d'issue.
A la question de savoir où pouvait se trouver le pactole, le ministre n'avait pas pu répondre tout en justifiant que « si cet argent a été retenu c'est parce qu'il y avait suspicion » par rapport à son origine et à sa destination. « Le problème c'est que cette suspicion pour justifier de la rétention de l'argent est illégale. C'est du vol pur et simple. C'est la méthode des FRCI pour se rémunérer » explique une source.

Frédéric Lafont, homme d'affaires, un temps inquiété par l'Union européenne pour être «
susceptible d'agir en violation de l'embargo fixé à la Côte d'Ivoire » fin 2010 suite à des accusations de trafic d'armes lors de la crise post-électorale, puis blanchi, récuse ces suspicions : « Nous avons fourni aux autorités tous les documents prouvant l'origine et la destination de cet argent. Cet argent vient de ma compagnie aérienne à Abidjan, ce n'est pas de l'argent qui a transité. Cette somme devait servir à payer essence et  pièces détachées. Dans l'aviation, tout se paye en dollars ! »

Les moyens d'une ambition

Responsable de la sécurité, Hamed Bakayoko jure qu'en Côte d'Ivoire « l'ordre est de retour ». Ainsi il avance à France24 que « le retour à la normalité se passe très bien ». A France-Soir il a assuré être à l'écoute des ONG qui dénoncent la poursuite d'exactions en Côte d'Ivoire. « Nous sommes en contact avec ces ONG et nous travaillons de concert. Nous voulons rester informés de la situation (...). On veut repartir sur les bases d'un Etat de droit. »

Pour retrouver un Etat de droit la Côte d'Ivoire peut compter sur la France. Hamed Bakayoko reçu mardi 30 Aout 2011, au ministère de l'Intérieur à Paris par Claude Guéanta évoqué le renforcement de la coopération bilatérale en matière de sécurité. La France devrait fournir à la Côte d'Ivoire une cinquantaine de véhicules et du matériel de sécurité.


L'affaire des trois Français arrêtés en dehors de tout cadre légal par les FRCI, et qui attendent toujours la restitution de la somme dérobée, sans démentir la volonté politique d'Alassane Ouattara et de son ministre d'un retour à l'Etat de droit et de la fin de la corruption, révèle que le gouvernement ivoirien n'a pas encore pleinement les moyens d'y parvenir. En cause : Les actions menées par certains commandants de l'armée ivoirienne issus de la rébellion, et ce sans compter des calculs politiques complexes avec, en vue, les législatives de la fin 2011.


A lire et à voir

Interview de Hamed Bakayoko à France24

Interview de Hamed Bakayoko à France-Soir

Interview du colonel Jean-Grégoire Charaux

Côte d'Ivoire : Libération des trois officiers français arrêtés


Par Antoine Kowalski

 

Source : FRANCE SOIR.FR

vendredi, 07 janvier 2011

COTE D'IVOIRE - UN FRANÇAIS DANS LA LIGNE DE MIRE DE L'UE

FREDERIC LAFONT ET MICHEL ACARIES.jpg

Par Antoine Kowalski et Christine Ollivier 05/01/11

Un couple français est soupçonné d'avoir violé l'embargo imposé à la Côte d'Ivoire et se retrouve sur la liste des « proscrits » de l'UE. Leur avocat, Maître Collard, entend saisir la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Frédéric Lafont et son avocat se sont confiés à France Soir.


L'Union européenne (UE) a approuvé vendredi 31 décembre des sanctions contre 59 proches du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo. Les 59 personnes qui figurent sur cette liste sont désormais interdites de visas pour l'UE. Parmi elles, deux ressortissants français, Frédéric Lafont et son épouse, Louise Kado-Lafont, tous deux entrepreneurs. Selon Bruxelles ils sont « susceptibles d'agir en violation de l'embargo » imposé à la Côte d'Ivoire.
Le couple Lafont, sanctionné par l'UE est actuellement dans le sud de la France. Il se retrouve dans une situation kafkaïenne.

Interdits de visas comme 57 dignitaires pro-Gbagbo, les deux Français ont un passeport... français et personne ne peut les empêcher dès lors de circuler. C'est ce que confirme l'ambassadeur de France à Abidjan, visiblement gêné : «  Ils ont un passeport français, ils peuvent circuler ». Impossible de savoir pourquoi ces deux ressortissants sont visés par des sanctions de l'UE. « La liste parue n'est pas officielle, elle n'est pas encore parue au Journal Officiel de l'UE, elle n'a pas encore de valeur légale... Attendons qu'elle le soit », se défend-il. Or, cette liste est parue le 31 décembre.

Une ambassade française gênée

Pourquoi ces deux Français sont-ils sur cette liste ? « Demandez à Bruxelles et interrogez le Conseil Européen », répond l'ambassadeur Simon qui soutient que la décision n'a pas été prise à l'ambassade de France à Abidjan. Le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valéro, contacté mardi soir détaillait le processus différemment : « La décision se prend à deux niveaux. Les ambassades européennes à Abidjan sélectionnent ensemble les noms puis Bruxelles prend le relais ».  Que signifie « susceptible d'agir en violation de l'embargo » ? Nouveau silence de l'ambassadeur. De quoi sont-ils soupçonnés ?  « On ne soupçonne rien du tout ! Attendons la publication », se reprend-il.

Frédéric Lafont est revenu en France pour se défendre. Il a pour avocat Maître Collard. Selon le principal intéressé, on lui reproche d'avoir fait du transport d'armes à l'occasion de deux vols de sa compagnie aérienne Sophia. « Ce n'est pas vrai, je faisais du transport de fonds pour la Banque centrale d'Afrique de l'Ouest (BCAO). L'argent transporté lors de deux vols dans des caisses en bois ne contenait pas d'armes », maintient-il en assurant pouvoir en apporter la preuve. L'ancien légionnaire raconte qu'on l'accuse également d'avoir transporté des mercenaires depuis l'Angola : « Jamais aucun de mes avions ne s'est posé là-bas ! C'est de la diffamation pure et simple, certaines personnes veulent se venger ! » s'emporte-t-il.

« Je ne fais pas de politique. Je suis un businessman »

« Je ne fais pas de politique. Je suis un businessman, je suis dans la sécurité, le transport, la restauration. J'ai beaucoup d'activités. Chez moi il y a des pro-Gbagbo et des pro-Ouattara. Je travaille pour tout le monde », souligne le sous-officier à la retraite. Et pour certifier sa capacité à travailler avec tous, il ajoute : « c'est fort quand même, l'UE me sanctionne alors que le 28 novembre lors du deuxième tour de la présidentielle en Côte d'Ivoire, le responsable de la sécurité des observateurs de l'UE dans le Nord m'a téléphoné en urgence pour que je vienne rechercher 17 observateurs qui se faisaient molester ! Ils m'ont remercié en me disant qu'ils avaient craint de se faire couper en deux ! Mais ça on en parle pas ! D'ailleurs, j'attends toujours que Bruxelles me paye la troisième facture... », se défend l'homme d'affaire français.

Maître Collard, s'indigne de cette situation. L'avocat de l'entrepreneur français et de son épouse va déposer un recours devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) et sommer la Commission Européenne, qui a pris les sanctions, d'expliciter les motifs de sa décision. « On se retrouve devant deux citoyens français qui normalement ne pourraient plus rentrer en France. L'UE se permet d'établir une liste de proscrits en violation de toutes les règles et en particulier celle de la présomption d'innocence ! ». L'avocat exige des explications : « Comment cette liste a-t-elle été établie ? Sur la base de quoi ? ». Selon le conseil, « c'est une interdiction qui n'est pas fondée ». Et l'avocat de s'interroger sur « le jeu de l'UE dans cette affaire » : « Je ne suis pas l'avocat de Gbagbo, ce n'est pas la question, mais on voit que l'UE est prête à faire n'importe quoi pour déstabiliser Gbagbo ». En tout cas pour Gilbert Collard les autorités françaises « se cachent derrière l'UE ».

Son client, Frédéric Lafont est un type « flamboyant » et présente pour le moins un parcours atypique selon une de ses connaissances. Issu d'une famille protestante et aisée de Marseille, le jeune homme à la bougeotte. Plusieurs fois « viré » de différents lycées, il s'engage dans la Légion étrangère juste après l'obtention de son baccalauréat. Il y passe 15 ans, entre la République centrafricaine, Djibouti et la Guyane. En 2000, il a alors 32 ans, Frédéric Lafont, sous-officier, débarque avec ses hommes en Côte d'Ivoire. Alors que le pays vient de connaître un coup d'Etat, le Français tombe amoureux de la région et décide d'y passer sa retraite après son temps de service. Un an plus tard, en 2001, il se reconvertit et devient entrepreneur dans le domaine de la sécurité. Sa société commence par importer des matériels tels que du gaz lacrymogène, des armes de défense, des gilets pare-balles, des radios, des matériels d'écoute.

Son domaine : la sécurité

Avec un pays en pleine crise, les business marche fort à tel point qu'il lance une autre société, « Risk », assurant la protection d'institutions comme de personnes avec des méthodes « modernes ». Il ne s'arrête pas là et se lance dans le domaine de la nuit, de la restauration, du sport allant jusqu'à relancer la boxe locale et créer une équipe cycliste. Ses activités florissantes dans le Golfe de Guinée en font un des personnages incontournables de l'économie ivoirienne.

L'ex-képi blanc emploie près de 4.000 personnes en Côte d'Ivoire mais aussi au Togo au Maroc, en Algérie et en Tunisie et détient en outre une compagnie aérienne, baptisée Sophia. Frédéric s'est marié à Louise Kado, une Franco-Ivoirienne influente, qui dirigeait une des branches africaines de la Mediterranean Shipping Company SA, tout en présidant l'association des armateurs de Côte d'Ivoire. Frédéric et Louise ont ensemble par la suite racheté l'entreprise « Vision », spécialisée dans le gardiennage et dans la sécurité des navires. « Vision » est en charge de la sécurité, si sensible, des deux poumons économiques du pays, le port d'Abidjan et celui de San Pedro par où transitent les 1,335 millions de tonnes de cacao du premier producteur mondial.

Une connaissance du couple ne veut pas croire au scénario du trafic d'armes impliquant Frédéric Lafont : « C'est un homme d'affaire. C'est certain. Je ne dis pas qu'il n'a jamais franchi la ligne jaune mais ce n'est pas un tordu. Il a gagné tellement d'argent et il est si peu discret, avec ses voitures de courses et sa réussite affichée qu'il a pu se créer des jalousies ». Des jalousies ? Cet ancien militaire de carrière aurait pu aussi s'en créer selon lui parmi les gradés français en place à Abidjan.


Source : FRANCE SOIR