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lundi, 18 novembre 2013

APRES AVOIR REUSSI SA MISSION DE DESTABILISATION DE LA COTE D'IVOIRE, ANTHONY WARD SE DEBARRASSE D'ARMAJARO

 

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Anthony Ward le co-fondateur du fonds spéculatif (hedge fund) britannique Armajaro a cédé ses activités de trading de cacao, café et sucre au négociant helvétique, Ecom Agroindustrial. L’histoire d’Armajaro est strictement liée à la tragédie que connait la Côte d’Ivoire depuis 1999. Le groupe Armajaro nait en effet en mai 1998, en décembre de l’année suivante, plus précisément le 24/12/1999,   la Côte d’Ivoire connait le  premier coup d’État de son histoire. Le général Robert Guei renverse Henri Konan Bédié. Les événements futurs nous apprendront que le général Guei avait en réalité  exécuté le coup d’État pour le compte d’Alassane Dramane Ouattara. Ce même Alassane Dramane Ouattara dont le beau fils LOIC FOLLOROUX, fils de son épouse Dominique Folloroux Ouattara est le directeur  Afrique… d’Armajaro.

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Loïc Folloroux, fils de Mme Ouattara et directeur Afrique d’Armajaro

Quoiqu’il en soit, les choses n’iront pas exactement comme Anthony Ward et ses partenaires en affaires les Ouattara avaient prevu. En effet, le général Guei qui ne devait servir que de passerelle refuse d’abandonner le pouvoir au profit d’Alassane Dramane Ouattara le cerveau du coup d’État. Pire encore, il exclue des élections présidentielles d’octobre 2000 celui là même qui lui avait offert sur un plat d’argent le pouvoir. Les Ouattara et leurs sponsors se souviendront de cet affront lorsque le moment de régler les comptes arrivera. Robert Guei sera assassiné dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002.

Avant cela, en Octobre 2000, Laurent Gbagbo est élu président  de la république et décide de favoriser les producteurs locaux de cacao, au détriment des multinationales étrangères qui auraient voulu prendre le contrôle de toute la filière. C’en est trop pour Anthony Ward et Armajaro qui décident de relancer leur joker Ouattara en l’installant par les armes au pouvoir. Mais cette fois ci, Armajaro et Anthony Ward décident d’être prudents.   Le pied de nez du général Robert Guei en 2000 leur a servi de leçon.  Tout en préparant minutieusement la déstabilisation de la Côte d’ivoire, Anthony Ward et ses complices décident d’ouvrir un front financier en se lançant dans la spéculation boursière. Cette nouvelle activité leur permettra en cas d’échec du coup de force qu’ils préparent, de récupérer au moins les énormes sommes d’argent investies dans la déstabilisation du pays de Laurent Gbagbo.  Entre fin 2001 et Aout 2002, Ward spécule sur le cacao achetant jusqu’à 203.000 tonnes de fèves. La rébellion commence un mois après.  Le 19 septembre 2002 , la Côte d’ivoire qui représente 40% du marché mondial de Cacao se retrouve coupée en deux, rendant difficile l’acheminement du Cacao vers l’étranger. Le prix de la tonne de cacao augmente de 60% et Anthony Ward et ses partenaires malgré l’échec temporaire de la rébellion ivoirienne empochent €62 millions de bénéfices. Pas mal pour un échec.

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Alassane Dramane Ouattara et madame

Le 25 novembre 2002, dans un long article écrit sous un nom d’emprunt, le journaliste franco-canadien Guy André kiffer dénoncera le rôle joué par Anthony Ward, plusieurs multinationales et des personnalités soit ivoiriennes qu’étrangères dans la déstabilisation de la Côte d’Ivoire. Cet article lui coutera cher. Le 16 avril 2004, Guy André Kiffer disparait. Jusqu’à ce jour, il n’a plus jamais été retrouvé. Le crime de Guy André Kiffer avait sans doute été de dénoncer trop tôt un procédé qu’Anthony Ward et ses complices avaient l’intention de renouveler.

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Le journaliste franco-canadien Guy André Kiffer

En juillet 2010 en effet, en prévision de la reprise de la guerre en Côte d’Ivoire, Armajaro récidive en achetant 240.100 tonnes de fèves, Soit 7% de la production mondiale de cacao, ou 15% des stocks mondiaux et 25% des stocks européens estimés. Quelques mois plus tard en décembre 2010, éclate la crise post-électorale en Côte d’ivoire. Alassane Ouattara le candidat d’Armajaro et de la France demande de faire pression sur le président élu Laurent Gbagbo en imposant un embargo à la Côte d’Ivoire. La requête qui est appuyée aux nations unies par la France est acceptée et c’est ainsi que   40% de la production mondiale de Cacao se retrouve sous embargo, Armajaro peut donc  vendre à prix d’or ses stocks, pendant que la France et les nations-unies appuyées par les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara  renversent le 11 avril 2011, après d’intenses combats contre l’armée régulière ivoirienne, le président élu Laurent Gbagbo. Pour l’opération d’achat de fèves de juillet 2010, Armajaro bénéficia de l’apport financier de la banque française BNP Paribas qui l’aidera à acheter 102.450 tonnes de cacao. L’on comprend mieux pourquoi cette même banque à travers sa filiale ivoirienne la BICICI fut  la première banque à fermer ses guichets à partir de février 2011,  dans le but d’affaiblir financièrement le régime du président Gbagbo et précipiter ainsi son départ.

Au moment où il cède ses activités à Ecom Agroindustrial Anthony Ward alias «Chocolate Finger» est considéré le plus célèbre spéculateur dans le secteur du cacao. Cette célébrité dérive essentiellement des opérations réalisées en 2002 et en 2010, mais comme nous l’avons constaté plus haut, Anthony Ward n’est qu’un criminel à col blanc. Les délits commis par Anthony Ward, son groupe Armajaro et tous ses complices en 2002 et en 2010 sont connus dans le monde boursier sous le nom de délit d’initié. Ce qu’Anthony Ward et ses complices firent, fut simplement de financer une rébellion dans un pays qui représente 40% du marché mondial de cacao, programmer les attaques de cette rébellion, et par conséquent des périodes durant lesquelles le cacao ivoirien aurait fait défaut sur le marché mondial. Ensuite,  en fonction de ces dates, acheter de façon anticipée de grandes quantités de cacao et attendre.  Des spéculations  cyniques et criminelles  faites au prix de milliers de vies innocentes.

La prise du pouvoir par les armes par Alassane Dramane Ouattara le 11 avril 2011 eut comme conséquence directe de mettre la Côte d’Ivoire à l’abri des complots ourdis par Armajaro. Ce nouveau statut  comporta pour Anthony Ward et son entreprise une baisse des profits. La Côte d’Ivoire ne devant plus être déstabilisée,  plus de spéculation possible. Fallait donc se débarrasser de ce colis encombrant qu’était devenu Armajaro, d’où sa cession au groupe suisse Ecom Agroindustrial.

 

ACC- Côte d’Ivoire

mercredi, 23 mai 2012

LIMOGEAGE DE BICTOGO, ON EN SAIT UN PEU PLUS SUR LES CONDITIONS

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LE MEDIATEUR D'ALASSANE  DRAMANE OUATTARA DANS LA CRISE MALIENNE EST UN VOYOU 


Après le limogeage de Adama Bictogo, ministre de l’intégration dans le gouvernement pléthorique et clanique de Dramane Ouattara, les langues ont vite commencé à se délier.

Selon des sources proches du palais, Dramane avait déjà mis en garde les ministres Bictogo et Anne Ouloto suite au scandale révélé sur l'attribution du marché des ordures ménagères par la presse nationale. Il leur aurait dit en conseil des ministres '' si un autre scandale de se retrouve dans la presse, je serai obligé de me séparer de vous''. Par la suite l'appel d'offre lancé en septembre et remporté par la société de Bictogo créée en novembre avait été déclaré illégal par l’autorité d'attribution des marchés publics. Dès lors, les concernés ont compris qu'ils n'avaient plus droit à l'erreur mais Bictogo, sûr de ses entrées à la présidence ivoirienne continue tranquillement ses affaires. N'est ce pas lui l'un des grands financiers de la rébellion qui a endeuillé la Côte d'Ivoire? N'est ce pas lui qui grâce à ses manigances avec la société Amajaro représentée en Côte d'Ivoire par le fils de Dominique Ouattara a réussit à offrir des armes sophistiquées aux rebelles? N'est ce pas lui qui grâce à ses entrées au sein du régime Gbagbo et précisément auprès du ministre Tagro Désiré a pu livrer toutes les informations importantes à son chef?

Manque de pot pour lui, le scandale des déchets toxiques fait surface. Tout d'abord dans la presse nationale puis dans le journal Jeune Afrique à l’échelle mondiale. Le ministre est en colère car on lui avait promis de ne pas ébruiter cette affaire. Il faut noter qu'un groupe d’enquêteurs avait déjà dans un rapport remis au ministère de la justice mentionné le nom de l’infortuné comme l'un des bénéficiaires du détournement des fonds alloués par le Président Gbagbo pour le dédommagement des victimes. 

Ouattara qui avait fait de cette histoire de déchets toxiques l'un de ses slogans de campagne - qui ne se souvient pas du fameux ''NE DONNE PAS TA VOIX AUX DECHETS TOXIQUES''- est en colère. Non parce que son ministre est mis en cause mais le fait que l'affaire se retrouve dans les journaux démontre que la fuite vient du gouvernement. Hamed Bakayoko qui entretient d’excellentes relations avec Bechir Ben Yamed le patron de Jeune Afrique est soupçonné d'avoir vendu la mèche afin de se débarrasser d'un élément clé du dispositif Soro dans l'entourage de Ouattara. C'est un secret de polichinelle que les membres du gouvernement se livrent une guerre sournoise à laquelle Dramane n'est pas encore parvenu à mettre un terme. Après l’éviction de Soro de la primature, l’écurie de Hamed Bakayoko vient ainsi de remporter une deuxième bataille importante

Pris de court, il demande a son premier ministre d'obtenir le plus rapidement possible la démission de Bictogo. Lorsque ce dernier contacte le ministre tombé en disgrâce, celui-ci lui rétorque sur un ton menaçant que non seulement, il n'est pas le seul ministre à être cité dans cette affaire et qu'il n'a d'ordre à recevoir de lui - tout le monde sait que Ahoussou Jeannot n'a en vérité aucun pouvoir dans cette équipe gouvernementale- et ne se rend pas au rendez vous fixé par son chef. Ahoussou subit l’affront mais ne peut le laver. Il s'en remet donc à Dramane qui à son tour lui reproche sa mollesse. Tiraillé de toute part, il comprend qu'il est pris au piège dans une bataille de famille à laquelle il n'appartient pas.

Afin de liquider le problème, Dramane signe cet après midi un décret mettant fin à la fonction de son ministre après avoir pris le soin de l'en informer au téléphone. Une rencontre est prévue demain entre les deux hommes. La tournure prise par les évènements révèle en effet une bataille dans l'entourage du préfet installé par Sarkozy en terre ivoirienne. Ce qui est fréquent est qu'un ministre mis en cause dans une affaire de ce genre et qui ne se reproche rien démissionne de ses fonctions naturellement pour laisser le soin à la justice de l'innocenter. Pourquoi Bictogo a t-il refusé de démissionner? Pourquoi ni Ahoussou ni Dramane n'ont-ils pu l'y contraindre? Pourquoi Hamed Bakayoko sur qui pèsent de lourds soupçons n'est-il pas aussi débarqué? L'avenir nous situera!

Toujours est-il que des dossiers explosifs sur le clan Bakayoko Hamed sont annoncés dans la presse dans les jours à venir.

La 2ème partie pourrait s'intituler ''QUAND LE CLAN SORO CONTRE-ATTAQUE''.


Source: FACEBOOK STEVE BIKO

dimanche, 20 mai 2012

SCANDALE DES DECHETS TOXIQUES - UN RAPPORT OFFICIEL ACCUSE UN (TRES) PROCHE DE OUATTARA

 

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Le ministre de l’Intégration africaine Adama Bictogo ira-t-il en prison dans les semaines qui viennent ? En tout cas, selon des sources généralement bien informées, un rapport judiciaire remis au procureur de la République, Simplice Koffi Kouadio, recommande d’engager des poursuites contre celui qui est également député d’Agboville. Pour des motifs particulièrement graves : «faux, usage de faux, détournement de fonds, recel et complicité». Les faits dont il est soupçonné, comme deux autres personnages, Koné Cheick Oumar et Claude Gohourou, sont en relation avec le dossier d’indemnisation de plus de 6000 victimes des déchets toxiques, défendus initialement par le cabinet londonien Leigh Day and Co. Des éléments de preuve accablants au sujet de ces détournements seraient disponibles depuis plusieurs semaines. Et mis en exergue dans le rapport qui se trouve désormais dans les mains du procureur de la République d’Abidjan.

La question qui se pose est la suivante : le régime Ouattara acceptera-t-il de «livrer» une de ses figures centrales, particulièrement proche de Ouattara et dépositaire des «secrets» de la «nébuleuse» secrète qui a alimenté «l’effort de guerre» depuis le 19 septembre 2002 ? En effet, Adama Bictogo a été très impliqué dans la contrebande de cacao de la zone rebelle, une contrebande qui passait par le Burkina Faso et le Togo, et bénéficiait de puissantes complicités en France. Bictogo est réputé proche en affaires de Loïc Folloroux, le fils de Dominique Ouattara, directeur Afrique de la sulfureuse firme Armajaro, qui s’est enrichi en spéculant sur les opportunités que la guerre offrait en matière de spéculation sur le marché international de la «fève brune». Après les dissensions qui sautent aux yeux entre Guillaume Soro et Hamed Bakayoko ou les Forces nouvelles et le PDCI, le régime Ouattara pourrait à nouveau être miné de l’intérieur.


 
Benjamin Silué


lundi, 20 février 2012

ASSECHEMENT DES CACAOYERS: SECHERESSE, MALEDICTION OU JUGEMENT DIVIN?


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Un véritable drame se joue, en ce moment, dans nos campagnes, dans le plus grand silence: le cacao ivoirien est en grand péril. Plusieurs amis et connaissances, planteurs de leur état ou fonctionnaires ayant investi dans l'agriculture, le confirment: les cacaoyers, d'une manière incompréhensible, se sont asséchés sur pied.

On aurait pu attribuer ce sinistre à la sécheresse qui sévit actuellement en Côte d'Ivoire, du fait de 4 mois d'absence de pluie, si le désastre n'avait pas été aussi particulièrement cuisant pour cette culture de rente.

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De l'avis de la quasi totalité des planteurs approchés, ce qui arrive cette année est inédit. Certaines plantations ont été ainsi asséchées à 75 voire 90%, plongeant les planteurs de l'Ouest notamment, où résident les plus gros planteurs que sont les allochtones Baoulé et les allogènes Burkinabé, dans le plus grand désarroi. De sorte que nombre d'entre eux sont, en ce moment, en train de couper leurs vergers littéralement grillés et jurent de ne plus faire de cacao de leur vie. Ils prennent désormais une sérieuse option pour les cultures vivrières. La situation est identique dans l'ancienne "boucle du cacao", dans la région d'Abengourou, après contact pris.

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Quant on sait que le cacao constitue une source essentielle de recettes pour l'Etat de Côte d'Ivoire via les taxes d'exportation, on est en droit de penser qu'à la fin de cette année et l'année prochaine, la Côte d'Ivoire se retrouvera dans une situation budgétaire pire que celle que nous vivons actuellement. Qui n'est d'ailleurs pas du tout enviable. Le manque à gagner sera énorme. La "Côte d'Ivoire nouvelle" dirigée par Ouattara a-t-elle les ressources pour palier le déficit et rebondir? Rien n'est moins sûr!

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De là à dire que le sang innocent qui a abondamment coulé en Côte d'Ivoire a maudit la terre, et que DIEU est entré en jugement contre Ouattara et les cartels du cacao ivoirien que son ARMAJARO et consorts, pour les priver des ressources dont ils se sont servis pour déglinguer notre pays, il n'y a qu'un pas.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

mardi, 10 janvier 2012

EXCLUSIF: L'ARTICLE QUI AURAIT COUTE LA VIE A GUY-ANDRE KIEFFER

Cet article paru le 25 novembre 2002 sur Abidjan.net et repris à l’époque par Fraternité-Matin a été celui qui, pour la première fois, évoquait la spéculation meurtrière d’Armajaro, dont le fils de Dominique Ouattara est aujourd’hui le responsable Afrique.

 

Qui avait intérêt à éliminer Guy-André Kieffer?


Une information transmise le jeudi 24 octobre 2002 en soirée, fait état qu'une société britannique de négoce, récemmentimplantée au Ghana et en Côte d'Ivoire : Armajaro, a remis, ces dernières semaines, une somme importante à un groupe de personnesdans le but d'entreprendre une déstabilisation de la Côte d'Ivoire.

La somme serait au minimum de cinquante millions de dollars américains, soit environ une trentaine de milliards de francs CFA. Cette information, qui a été validée auprès de traders de cacao, desbanquiers internationaux, des financiers et des sources politiques proches des milieux d'affaires américains radicaux, donne uneexplication plausible, très vraisemblable et hautement probable, sur l'origine de la principale source de financement de la rébellionarmée du nord débutée en Septembre 2002.

Cette information met en évidence les objectifs réels poursuivis par les auteurs de ce financement des rebelles dirigé par SoroGuillaume et très proche d’Alassane Ouattara ; elle permet d'expliquer en partie, de comprendre et de relier toute une série d'évènementsqui ont marqué depuis plusieurs mois la vie économique de la Côte d'Ivoire et notamment dans le secteur clé du cacao.

Armajaro et AIG Fund: les financiers de la déstabilisation

Armajaro : cette société de négoce, dont les bureaux sont à Londres, mais dont le siège social est basé dans un paradis fiscal – lesîles Vierges britanniques– est dirigée par Anthony Ward. L'an passé, ce négociant britannique a été l'un des principaux fournisseursde cacao du groupe agroalimentaire américain ADM, une société présente en Côte d'Ivoire dont les intérêts sont très étroitementliés à ceux de Sifca, Sifca Coop et d'Anaproci Sa.

Armajaro dispose d'un agrément d'exportation de cacao en Côte d'Ivoire depuis peu de temps

Anthony Ward
La filiale ivoirienne d'Armajaro est associée avec Daniel Usher qui est un proche de Georges Ouegnin, lui-même ayant été l'interface entre Anthony Ward et Houphouët-Boigny lors de la guerre du cacao en 1988-1991. Daniel Usher est également très proche d'Ali Anjani, un trader de sucre, proche de Victor Nembelissini qui assurait, à l'époque où il travaillait à Equator Bank ses financements. Daniel Usher et Victor Nembelissini sont très proches d'Alassane Ouattara et d'Yves Lamblin, même si les relations entre les deux hommes sont marquées par un violent antagonisme. Au Ghana, Armajaro est dirigé par Steven White, un financier britannique expert de la gestion des fonds d'investissement spécialistes des matières premières sur les marchés à terme ainsi que des montages financiers mettant en jeu des sociétés financières off-shore.

L'essentiel des financements destinés aux rebelles auraient transité par la branche ghanéenne d'Armajaro. Plusieurs transferts defonds en provenance de Londres, de l'ordre de 1,250 million de dollars (820 millions de francs CFA) à chaque fois, ont été identifiéspar les Services spécialisés, ces dernières semaines. Certains de ces transferts en liquide ont été opérés et convoyés entreLondres et Accra par Monsieur Maignan, un homme d'affaires français qui, dans un passé récent, était l'homme de confiance pour lesopérations financières de plusieurs dirigeants du PDCI.

Armajaro a été fondée par les anciens de Phibro (Philip Brothers), il y a cinqans. Armajaro, durant ces quatre dernières années, a été impliquée à plusieurs reprises dans des « étranglements de marché » sur le marché à terme de Londres en association avec plusieurs fonds de pensions (AIG Fund,Tiger Fund du financier américain GeorgesSoros un proche de Victor Nembelissini et d'Alassane Ouattara, African Managment Fund, un fond d'investissement diversifiéopéré en partie par la banque sud-africaine Absa, dirigé par Paul Martin, un ami de Frank Kennedy d'Equator Bank et de VictorNembelissini). Anthony Ward est le conseiller cacao de Mama Ndyaye d'AIG Fund.

Les fondateurs d'Armajaro ne sont pas des inconnus en Côte d'Ivoire

Ils ont été des acteurs majeurs de la guerre du cacao en 1990. A cette époque, pour limiter la sortie de cacao de Côte d'Ivoire,Anthony Ward et Derek Chambers n'avaient pas hésité à financer des troubles en pays Krou. Anthony Ward ainsi que Derek Chambers disposent d'un réseau importantde relations dans le monde politique ivoirien, notamment au PDCI, ainsi que des attaches avec plusieurs responsables du RDR.

Ces liens étroits se sont noués lors de la guerre du cacao et se sont renforcés avec le règlement du dossier cacao qui opposait la Côte d'Ivoire à Phibro au début des années quatrevingt-dix. Les deux hommes entretiennent d'étroites relations avec Georges Ouegnin,qui a été leur go-between avec les autorités politiques ivoiriennes de l'époque, et avec Daniel Usher, qu'ils ont financés (SICC) etavec lequel Anthony Ward s'est associé en début d'année pour installer Amajaro en Côte d'Ivoire.

Quelques années auparavant, ces mêmes traders, dans la même structure (Phibro) avaient activement participé au montage du volet financier du coup d'état contre Salvador Allende au Chili. Cette participation, couplée aux positions de Phibro sur les marchés à terme du cuivre de Londres(LME) et de New York (Comex), avait permis à ces traders d'engranger une plus-value estimée à 14 milliards de dollars américains.Avant d'être trader chez Phibro, Anthony Ward a appartenu au MI 5, le service secret britannique.

Mobutu Sese Seko
Mobutu Sese Seko ex président du Zaïre
Certains des ex-traders métaux de Phibro ont été, à une époque récente, lourdement impliqués dans des opérations de déstabilisation dans l'ex-Zaïre, notamment pour le contrôle de la production de coltran, un alliage métallique stratégique. Cette participation a été mise en évidence dans un rapport des Nations-Unies sur le pillage des richesses minières du Congo démocratique. (Voir aussi "Du Zaïre De Mobutu Au Congo De Kabila"). Une partie des financements pour ces opérations a transité par les banques sud-africaines Absa et Equator. Plusrécemment des membres de cette équipe de traders, dont certains ont rejoint le broker américain Refco, en association avec AIGFund, ont participé à deux tentatives de déstabilisation du Président Hugo Chavez du Venezuela. Le motif étant, cette fois, le
pétrole.

AIG Fund: Ce fonds d'investissement de droit américain basé à New York, spécialiste des placements sur les marchés à terme dematières premières, est une filiale du premier assureur américain, AIG. Sa branche « fonds d'investissement » sur les marchés dematières premières est dirigée par le sénégalais Mama Ndyaye. Cet homme est très lié aux familles Diouf, (actionnaire indirect dugroupe de négoce américain ADM, premier utilisateur mondial de cacao) et Wade, ainsi qu'à plusieurs personnalités ivoiriennes dont l'actuel directeur de la CAA, Victor Nembelissini, un proche d'Alassane Ouattara.

C'est également un proche d'Yves Lamblin, le président du groupe Sifca, un groupe agroalimentaire ivoirien très endetté (130 milliardsde francs CFA, après intégration de la totalité des dettes des filiales), proche de la cessation de paiement. Mama Ndyaye est également un proche dubanquier français Jean-Luc Lecorre, directeur d'African Merchant Bank, principal créancier de Sifca, et membre actif du Club Jean Jaurès.

Ces trois dernières années, AIG Fund a participé en association avec Armajaro, à plusieurs opérations de déstabilisation surles marchés à terme du cacao de New York et de Londres. A la veille des attentats du Word Trade Center en septembre 2001, AIG Fund contrôlait plus de 150.000 tonnes de cacao en filière sur les marchés à terme. Ce cacao a été transféré à Armajaro entre novembre et décembre 2001. L'attentat du World Trade Center ainsi que la chute du marché des actions depuis près d'un an ont entraîné detrès lourdes pertes pour AIG Fund qui cherche depuis à rattraper ces moins-values par une participation intense sur les marchés à termedu cacao.

Le mécanisme de financement des rebelles

Selon une source américaine, confirmée par des informations concordantes en provenance des mondes du négoce, de la financeet de sources internes aux milieux radicaux américains, Armajaro a fait parvenir aux différents acteurs de la rébellion une somme del'ordre de 50 millions de dollars américains, soit 35 milliards de francs CFA.

Ce montant est corroboré par des informations qui sontremontées au Renseignement militaire ivoirien, ainsi qu'aux services maliens. Armajaro et ses associés dans l'opération disposentdes moyens financiers et des motifs suffisants pour lancer une opération de déstabilisation majeure dont la principale victime estl'Etat de Côte d'Ivoire. Le mécanisme s'est peu à peu mis en place, et ce, à partir de la fin novembre 2001.

Une mécanique infernale

Armajaro
A l'origine de l'opération, il s'agit essentiellement d'une opération financière à très haute rentabilité, dont l'objectif final n'était pasune déstabilisation de la Côte d'Ivoire, mais l'obtention d'un gain considérable sur les marchés à terme du cacao et sur la reventedes stocks de cacao physique entreposés dans les ports européens. La nécessité d'une déstabilisation de la Côte d'Ivoire s'est imposée,à partir de juillet, lorsqu'il est apparu évident aux initiateurs de l'opération cacao, Armajaro et AIG Fund, que la gestion de leurspositions sur les marchés à terme du cacao, à partir de la fin juin, nécessitait un passage à une dimension supérieure pour sauvegarde run gain potentiel s'inscrivant dans une fourchette de 500 à 800 millions de dollars américains, soit 280 à 450 milliards de francs
CFA.

La nécessité d'une déstabilisation s'est avérée indispensable après que l'enterrement de la réforme cacao en Côte d'Ivoire soitdevenu un fait acquis alors que la botanique et les prévisions de récolte sur la campagne principale 2002/2003 ont déjoué en partie les résultats escomptés par l'échec de la réforme de la filière cacao en Côte d'Ivoire. En juillet les anticipations laissaient présager une bonne récolte principale 2002/2003 (980.000 à 1 million tonnes). Cette prévision s'appuyait sur un usage en forte hausse des engrais et des produits phytosanitaires dans les plantations de cacao par les planteurs lié à une amélioration sensible du revenu paysan.

La chronologie

L'opération Amajaro débute en novembre dernier avec le transfert à Armajaro de la quasitotalité de la position cacao d'AIG Fund. Le reliquat est transféré à ADM Etats-Unis. A partir de ce moment, Armajaro achète sur le marché à terme près de 650.000 tonnes de cacao-papier et constitue un stock de 210.000 tonnes, soit 5% de l'offre mondiale de cacao. Acheté entre 750 et 900 livres la tonne, cette position cacao est valorisée à plus de 1.400 livres la tonne, soit un gain de … 85% à la fin juin 2002. L'envol des cours sur le marché à terme a poussé les utilisateurs de cacao, les broyeurs, à réduire  considérablement leur taux de couverture (stock).

Ils abordent la pleine saison (octobre-décembre 2002) avec des stocks à minima. Pour obtenir une valorisation maximum des stocks, qui ont été bloqués par Armajaro jusqu'à la fin novembre afin de réduire les coûts de stockage, il faut que le cacao ivoirien de la nouvelle récolte arrive le plus tard possible sur le marché international. Ce retard doit permettre à Amajaro de réaliser une plus-value de 500 à 800 millions de dollars américains.

Les obstacles à lever

Patrick Achi
Patrick Achi, ex delegué général du Cacao
Pour parvenir à cette fin, Armajaro et AIG Fund ont opéré en plusieurs étapes. Dès novembre dernier, puis en décembre, Anthony Ward estime que la réforme cacao en Côte d'Ivoire est un obstacle majeur à son opération sur le marché à terme. Il s'agit de faire capoter la réforme. Pour arriver à cette fin, trois axes d'intervention seront retenus : Un axe institutionnel via un intense lobbying auprès de la Banque Mondiale et surtout auprès du FMI, qui en théorie n'a pas de compétence en matière agricole et d'organisation de filière.

Un axe « politique » avec des interventions soutenues par divers relais auprès du ministre des Finances ivoirien Bohoun Bouabré et ses collaborateurs, via Victor Nembelissini. Deux axes secondaires  d'intervention sont également retenus pour « casser la réforme» avec pour relais Patrick Achi, ex-délégué général au cacao sous le régime Guei et Emile Boga Doudou dont la fonction implicite est de convaincre l'épouse du Président, Simone Gbagbo, que la réforme de la filière cacao telle qu'elle est organisée va à l'encontredes intérêts des notables FPI dans sa zone d'influence (partie du pays Akan) . Un relais secondaire passe également par l'ex-Premier ministre du général Guei, Seydou Diarra. Ce dernier va intervenir via ses « petits », Patrick Achi et Edouard Messou.

Un axe local par le biais de relais locaux dans la filière ivoirienne du cacao tel que l'Anaproci d'Henri Amouzou, Sifca d'Yves Lamblin, l'UNOC de Jacques Mangoua et des banquiers du cacao, tel que Jean-Luc Lecorre d' AMB-BIAO. Cette action s'appuie également sur des personnes disposant d'un accès direct au couple présidentiel tel que Guy-Alain Gauze, ex-ministre PDCI des Matières premières, ou Illa Donwahi, P-D-G de Delbau,franc-tireur de la filière cacao.

Une réunion est organisée à Paris entre des représentants de Refco Etats-Unis (Chicago, New York), d'Amajaro et de André Souhma d'ACE. A ces deux réunions participent pour le ministère ivoirien de l'Economie et des Finances, Oussou Kouassi, tandis que Bohoun Bouabré, reçoit la visite de l'équipe de Refco à son hôtel, le Marriott de Neuilly. Le principe de l'arrêt de la réforme de la filière cacao, donc des ventes à terme, est arrêté dès ce moment. Cette décision est prise unilatéralement par le ministre des Finances sans en référer ni au Président, ni au Premier ministre. Cette décision est habillée pour la partie ivoirienne par la transformation de la CAA en une banque de développement destinée à financer les coopératives de producteurs et à fournir à ces derniers une assurance garantie prix bord champs.

L'éviction, en février, du ministre de l'Agriculture de l'époque, Alphonse Douati, puis son remplacement par un proche de l'Anaproci, rend possible l'avancement du plan initié par Armajaro et AIG Fund : une désorganisation de la filière cacao.

Systématiquement, les propositions en provenance de la Primature sont combattues. La mise en place des institutions nécessaires à la mise en place de la réforme sont différées et lorsqu'elles parviennent à être installées, leur contenu est dénaturés à l'exemple du FRC. Parallèlement, Victor Nembelissini, qui, jusqu'en septembre 2001, alors qu'il se trouvait aux Etats-Unis, était l'un des plus virulent critique de la politique économique ivoirienne totalement en phase avec les attaques d'Alassane Ouattara où il vilipendait la gestion FPI, arrive à la tête de la CAA. Il découvre tout l'intérêt que sa structure, la CAA, peut tirer de la mise à mal de la réforme de la filière cacao et d'une participation active à l'opération lancée par Armajaro. Il prend langue dès lors avec Paul Martin d'Absa et propose des financements, de fait à fonds perdus, à Sifca Coop et à ses satellites.

En proposant un système de garantie de prix articulé sur le marché des options cacao et en prenant des positions identiques à celles prises par Anthony Ward via Refco Etats-Unis, la CAA est en mesure de se renflouer en partie en s'appuyant sur le réseau Sifca Coop d'Henri Amouzou et sur le couple Sifca-ADM d'Yves Lamblin ainsi que Mimran/Diouf, actionnaires d'ADM.

Henri Amouzou
Pour réaliser cet objectif, il est nécessaire que le prix du cacao en Côte d'ivoire soit libre et qu'une réforme reposant sur des ventes à terme qui garantissent la transparence des prix soit abandonnée. Pour obtenir un appui des planteurs pour cette option, Victor Nembelissini n'hésite pas à leur faire miroiter un quasi-monopole dans la commercialisation intérieure du cacao.

L'Anaproci, le FDPCC, Henri Amouzou et San Kouao mordent à l'hameçon, sans forcement en deviner les enjeux réels. Des éléments concordants laissent à penser que la CAA, via des fonds off-shore contrôlés par la banque sud-africaine Absa, a pris des positions sur le marché des options cacao. Ces achats d'options sur des niveaux définis par Refco et AIG Fund donnaient la certitude à la CAA de n'avoir rien à rembourser aux planteurs en raison d'un prix garanti bord champs relativement bas (650 francs cfa du kilo).

En revanche, la CAA était assurée de conserver à son profit la totalité des gains occasionnés par ses positions sur le marché des options cacao. Cette construction donne lieu à de multiples rencontres à New York entre Bouhoun Bouabre, Zohore, Victor Nembelissini, Refco Chicago, ACE d'André Souhma. Cette construction est renforcée par le choix « d'experts » complaisants de la Banque mondiale, violement opposés au principe d'une commercialisation intérieure et extérieure ordonnée du cacao par la Côte d'Ivoire. Parallèlement, Anthony Ward et une partie du staff dirigeant d'Amajaro multiplient les rencontres avec Henri Amouzou du FDPCC, Anaproci et Sifca Coop pour finaliser un circuit privilégié d'approvisionnement et les convaincre que la réforme de la filière cacao doit s'arrêter.

Le passage à la déstabilisation de l'Etat Logiquement, l'opération financière Amarajo aurait du s'arrêter à ce niveau. Mais la botanique est venue déjouer en partie ce plan. Dès la fin juin 2002, il est apparu évident que la récolte principale ivoirienne serait au moins égale à la précédente, si ce n'est supérieur en raison d'une forte augmentation de l'usage des engrais entraîné par la hausse des cours du cacao.

Dans ce contexte, le portage par Armajaro et AIG Fund sur les marchés à terme d'une position de 650.000 tonnes devenait aléatoire et les espoirs d'un gain mirifique (500 à 800 millions de dollars) s'éloignaient si le cacao ivoirien sortait en temps et heure à partir d'octobre. Dès la mi juillet, Armajaro, en interne, évoquait la possibilité de dégager une somme de l'ordre de 50 à 80 millions de dollars pour « tenir le marché ». Dès cette époque, plusieurs traders, et encore récemment Sucden, estimaient plus que probable qu'Armajaro pour « sauver » 500 millions de dollars « n'hésiterait pas à entreprendre un coup ».

La révolte des «mutins»

Les réseaux d'Anthony Ward et de Mama Ndyaye ont été mis en action afin d'identifier un terreau fertile à une forte perturbation des sorties de cacao de Côte d'Ivoire (comme déjà expérimenté avec le peuple Krou dans les années 90). L'existence de déserteurs de l'armée ivoirienne au Burkina Faso, au Ghana et au Mali, doublée d'un mécontentement latent des populations du nord de la Côte d'Ivoire à l'encontre du pouvoir central, a servi de cadre à l'opération. Dès lors, un habillage politique (RDR) et revendicatif (MPCI) a pu être utilisé pour masquer les buts purement financiers poursuivis par Armajaro, AIG Fund et la CAA.

Il est d'ailleurs à noter que dès la première semaine, les mutins ont abandonné de fait l'objectif d'une descente vers Abidjan pour se redéployer vers les zones de la boucle cacao et entraîner les perturbations que l'on sait dans la collecte du cacao dans la boucle principale. Ce redéploiement
a eu pour effet de pratiquement assécher les sorties de fèves sur San Pedro (15.000 tonnes semaine, soit trois fois moins que la normale en pareille période). Par voie de conséquence, les cours du cacao se maintiennent au-delà des 1.400 livres la tonne.

Surtout, les stocks de fèves aux mains d'Armajaro sont valorisés à leur maximum par les achats de broyeurs en mal de fèves pour la préparation des fêtes de Noël et de fin d'année. C'est ainsi qu'un investissement de 50 millions de dollars génère une plus value de l'ordre de 500 à 800 millions de dollars américains.

En conclusion Si le gain est considérable – de 500 à 800 millions de dollars -, l'investissement consentit par Armajaro et AIG Fund est à la hauteur des gains à réaliser. Entre les coûts d'entrée sur le marché, le stockage, les appels de marges sur les marchés à terme et les financements divers, la mise initiale est de l'ordre de 2 à 2,5 milliards de dollars, soit 1.300 milliards de francs cfa. L'ampleur de la mise impose à ces promoteurs, une obligation de résultats.

Peu importe qu'un Etat soit durablement déstabilisé, - il faut se souvenir que le Chili a mis cinq ans pour se remettre d'une crise d'une année -.L'opération initiée par Armajaro et AIG Fund est trop avancée pour être arrêtée. On comprend mieux les très violentes attaques lancées contre la réforme de la filière cacao et contre les personnalités qui la défendent. On comprend également les menaces répétées dont ont fait l'objet les rares personnes capables de décrypter l'opération en cours. Ce genre de manipulation, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ne nécessite qu'un nombre très réduit de personnes partageant le secret.

Bohoun Bouabré
Au plus une dizaine de personnes chez Armajaro, AIG Fund, Refco, disposent des éléments complets du puzzle. Il est évident également qu'au niveau ivoirien, Victor Nembelissini a disposé de la quasi totalité des cartes et des enjeux. D'ailleurs, il avait prévu un départ définitif pour les Etats-Unis à la fin décembre de cette année. Pour le reste, des bribes d'informations sur l'enjeu réel ont dû être diffusées à un certain nombre d'acteurs ivoiriens, qui ont été « rémunérés » en miettes mais qui ne disposaient pas de la finalité réelle de l'opération.

Ainsi, il est probable, sans toutefois en avoir la certitude, que le ministre des Finances, Bohoun Bouabré a été impliqué dans l'opération sur la base de son âpreté au gain, mais la technicité de l'opération exclut qu'il ait été mis dans la totalité du secret. De même, son directeur de cabinet est impliqué à la marge.

Il est évident qu'Henri Amouzou a plus été utilisé dans cette opération, il en est de même pour l'Anaproci qui a eu un rôle d'élément déstabilisateur, mais qui n'ont pas perçu la totalité des enjeux en cause. En revanche, il est a peu près certain qu'ADM, du moins les actionnaires reliés à la famille Diouf et Mimran, ainsi qu'Yves Lamblin et son banquier African Merchant Bank ( Jean-Luc Lecorre) ont été « initiés » à des degrés qui restent à définir. Les acteurs « politiques » proches du PDCI ou du RDR ne paraissent pas être des acteurs directs de cette déstabilisation de la Côte d'Ivoire.

Ils ont agit plus par opportunisme en fonction des circonstances que comme des maîtres d'oeuvre de l'opération. Les mutins, du moins pour les hommes impliqués dans les opérations sur le terrain en Côte d'Ivoire, paraissent ne pas avoir disposé de la totalité des cartes et semblent plus avoir été manipulés qu'être des acteurs concepteurs. Ils ont profité d'une opportunité importante de financement sans trop s'inquiéter ou s'interroger sur l'origine réelle des fonds dont ils disposaient. Néanmoins, les initiateurs de l'opération ont joué indirectement sur un terreau favorable et ont tout a été fait pour les mettre en avant de telle manière que l'arbre masque la forêt.

La subtilité de l'opération montée par Armajaro et AIG Fund est telle que les acteurs et les appuis indirects ont disposé dès le début de l'opération en décembre d'une marge d'autonomie considérable. Elle a été d'autant plus grande que leurs actions sur le terrain ivoirien entraient parfaitement en phase avec les objectifs financiers poursuivis par Armajaro et AIG Fund.

Il est aussi évident que des gouvernements étrangers et notamment une frange de l'Administration américaine a été mise au courant d'une partie de l'opération. Il suffit de savoir que lors des opérations précédentes de déstabilisation d'un Etat, AIG Fund a demandé un blanc-seing et a présenté, une partie de ses objectifs, à l'Administration américaine. Selon la même source, l'Ambassadeur de France en Côte d'Ivoire a été partiellement informé du volet financier de cette opération en début de semaine passée.



Guy André Kieffer


Source: CAMEROON VOICE


mercredi, 23 mars 2011

EMBARGO SUR LE CACAO IVOIRIEN: LE FRONT ANTI-GBAGBO DANS LA TOURMENTE

CACAO COTE D'IVOIRE.jpg

 

Financial Times

 

Un article paru dans le Financial Times de ce matin (mardi 22 mars 2011), à la page 34, dans  la rubrique « Companies and Markets », sous les plumes de Jack Farchy et Javier Blas, dit que l'un des gros exportateurs de cacao de Cote d'Ivoire, le trader Noble Group a déclaré qu'il acceptait d'écouler son stock avant le 31 mars, et qu'il allait dorénavant payer les taxes au gouvernement Aké N'Gbo. Ce groupe chinois de Hong Kong se désolidarise ainsi du front anti-Gbagbo des traders européens et américains que sont Barry Callebaut, Archer Daniels Midland, Cargill, Olam, Touton, Ecom Agroindustrial et Armajaro, qui continuent la résistance mais avec la peur au ventre. Selon l'article du FT, des responsables de ces groupes européens et américains disent que si jusqu'au 31 mars Gbagbo a encore la réalité du pouvoir, ils n'auront plus d'autre choix que de lui payer les taxes afin de sortir le cacao.

On se rappelle que le gouvernement du Président Gbagbo avait donné jusqu'au 31 mars aux exportateurs de cacao qui faisaient de la rétention de stock d'écouler le cacao qui se trouvait dans leurs entrepôts, faute de quoi ces stocks seraient saisis et vendus par le gouvernement. Ces exportateurs obéissaient ainsi à l'interdiction d'exporter le cacao dans le but de ne pas payer la taxe sur l'exportation à l'Etat, dans le plan d'asphyxie financière que le locataire du Golf voulait appliquer, avec la complicité de l'Union Européenne qui avait interdit aux bateaux immatriculés dans l'espace européen de desservir les ports ivoiriens.

C'est donc une très grande victoire du peuple de Côte d'Ivoire qui vient de faire échec au plan diabolique de blocage du cacao. Après la victoire sur les banques, vient s'ajouter celle du cacao. Félicitations à tout le gouvernement Aké N'Gbo qui travaille d'arrache-pied pour résoudre les problèmes auxquels est confronté notre pays et donner espoir aux ivoiriens.
Contrairement aux apparences, les golfeurs sont acculés, ils ne savent plus quoi faire.


Vigilance donc d'ici le 31 mars !


Source : Facebook Apollos Dan Thé