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samedi, 02 mars 2013

8EME ET DERNIER JOUR DE L'AUDIENCE - LAURENT GBAGBO: «MADAME LA JUGE, JE SUIS ICI PARCE QUE J'AI RESPECTE LA CONSTITUTION DE MON PAYS»



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Session 1 : Le procureur s’embrouille et bâcle son oral final. 

« Les charges qui sont alléguées ici ne sont pas portées contre le peuple de Côte d’ivoire, ni un groupe religieux ou ethnique, elles sont portées essentiellement contre un seul individu, M. Laurent Gbagbo…La Chambre a déjà le document contenant les charges et leur commentaire durant cette audience. Il lui appartient de décider si oui ou non elle peut renvoyer M. Gbagbo au procès » a introduit le substitut de Bensouda, Mac Donald avant de répondre à la défense sur quelques détails invoqués. Pour le procureur la vidéo de la défense montrant Soro Guillaume donner des instructions aux FRCI à la veille de la marche sur la RTI , n’est pas complète. Le procureur présentera le début de la vidéo où le journaliste de la RTI dans son reportage parle d’une collusion entre les forces Onusiennes et les forces pro-Ouattara.

 
«RTI envoie des messages de haines afin que les jeunes patriotes s’en prennent aux forces onusiennes», soutient le procureur avant de montrer une autre vidéo dans laquelle des jeunes patriotes revendiquent le départ des forces étrangères et se disent prêts à mourir pour protéger leur patrie. «Voilà l’esprit dans lequel les jeunes patriotes étaient avant la crise», tente de prouver le procureur, alors qu’il s’agit bien de la défense de la nation face à des envahisseurs. Quoi de plus normal. 

Le procureur dira que l’auteur du livre « La guerre d’Abobo : le commando invisible raconte la bataille d’Abobo » est un pro-Gbagbo parce que journaliste au quotidien « Le temps ». 
 
« L’accusation ne nie pas l’existence du commando invisible et ses tueries, néanmoins, l’accusation soutient que les forces pro-Gbagbo ont aussi massacré à Abobo » soutient toujours le procureur. Avant de reconnaître que certains de ses propres témoins en l’occurrence les témoins « P.9/11/46 » pour avoir fait allégeance à M. Gbagbo à un moment donné, craignent pour leur vie d’où leurs déclarations contradictoires. 

A sa suit vint Galmetzer du bureau du procureur qui répondra à la défense sur le mode de responsabilité pénale individuelle du président Gbagbo. Pour le procureur, l’existence d’un plan commun existe parce que convaincu que le président Gbagbo a acheté des armes. Aussi pour répondre à la juge Christine van Wyngaert qui demandait au procureur le 22 février dernier de lui fournir l’organigramme du plan, le procureur montrera une diapo dans laquelle les deux têtes d’affiches étaient Gbagbo et Simone. Le deuxième palier est occupé par le seul Blé Goudé et le troisième palier du bas par certainement les jeunes patriotes, miliciens et mercenaires. 

Dans la chaîne de commandement des FDS, on retrouvera encore le même Blé Goudé. Et depuis le début de leur présentation, les substituts de Bensouda qui ont affiché un air serein, vont s’embrouiller au moment de conclure : 
 
« …Que Gbagbo ait gagné les élections ou pas, il faut retenir que les officiers supérieurs et les forces pro-Gbagbo continuaient à lui obéir au titre de la loi ivoirienne » a affirmé le procureur avant de demander à la Chambre de confirmer toutes les charges en vertu de l’article 25.3 (a) et (d), mais également en vertu de l’article 28. 

Session 2: L’avocate des victimes se transforme en l’avocate du procureur 

A la deuxième session de cette fin d’audience de confirmation des charges, c’est avec regret que le monde entier apprendra que l’avocate des victimes donc de toutes les victimes sans distinction de camp (pro-Gbagbo et pro-Ouattra), s’est fourvoyée en attaquant que les preuves à décharges de la défense. Durant ses 30 mn de discours de clôture, l’avocate des victimes n’a cessé d’interpeller la défense si elle ne reprend pas en soutien la thèse de l’accusation. « On a entendu que les FDS étaient courtoises et ont toujours protégé la population..Les victimes que je représente demandent à la chambre de ne pas les rabaisser » a-t-elle fait remarquer avant de conclure : « Les éléments de preuves présentés par l’accusation montrent qu’il y a des motifs substantiels de croire que M.Gbagbo était le responsable des crimes qui lui sont reprochés.. 

La description des 4 évènements faite par les victimes corrobore avec les éléments de preuves brandis par l’accusation ». Autant d’allégations supplémentaires qui feront douter la défense de la sincérité du bureau des représentants des victimes : « Pourquoi l’avocate des victimes se comporte en procureur bis ? » Et à Me Altit de revenir une fois encore sur les allégations du procureur. Pour lui, les piliers de la thèse du procureur sont fragiles, car soutient-il, le procureur en ignorant l’existence de troubles en Côte d’ivoire avant les élections de novembre 2010 et en affirmant que le président Gbagbo n’allait pas accepter les résultats de ces élections et enfin en alléguant que le président Gbagbo et ses partisans ont mis en place un plan commun, relève d’une manipulation des faits. 

« N’est-ce pas Ouattara qui voulait à tout prix se saisir du pouvoir au vue des troubles qui ont eu lieu dans le Nord lors des élections présidentielles ? Troubles dénoncées par tous les observateurs internationaux ? N’est-ce les forces étrangères, soutiens de Ouattara qui l’ont aidé à se saisir du pouvoir » a interrogé l’avocat français de Gbagbo avant de conclure : « Pourquoi lui qui a été à la base du multipartisme, et donc de la démocratie en Côte d’Ivoire devrait subitement changer d’attitude ? N’est-ce pas lui qui a organisé les élections bien que les rebelles n’aient pas déposé les armes ? N’est-ce pas lui qui a nommé Soro comme premier ministre ? Pourquoi l’a-t-il fait s’il voulait se maintenir au pouvoir ? » 

Session 3: Gbagbo: «Je suis là parce que j’ai respecté la Constitution de mon pays» 

A terme des 30 heures de cette audience de confirmation des charges, une seule chose à retenir : Le plaidoyer du président Laurent Gbagbo et son message aux états africains pour ne pas dire à ses pairs chefs d’état africain. « J’ai suivi ces débats, j’ai entendu certaines choses. Certaines fois je me suis retrouvé en Côte d’ivoire, mais d’autres fois je m’en suis éloigné. Je me suis dit pourquoi dans la justice moderne, il y a des camps retranchés. Quand j’entends que j’ai signé un décret en temps de guerre, si le bureau du procureur ou le bureau des représentants des victimes m’avaient demandé, j’aurais pu vous aider à comprendre certaines choses. Le décret dont vous parlez a été promulgué depuis 1961 qui dit qu’en temps de guerre, le président de la république peut signer un décret pour que l’armée aide les forces de l’ordre, mais cela c’est encore au bon vouloir du Chef d’état major…Voici des petites choses que j’aurai pu vous expliquer que d’alourdir l’atmosphère comme cela s’est passé durant toute cette audience… 

Aussi, Kadet Bertin n’est pas mon neveu… Mais je crois que la chute du Mur de Berlin nous a aidés à gagner la démocratie » a-t-il introduit avant de répondre à Bensouda : « J’ai été choqué lorsque madame la procureure a dit qu’on était pas là pour savoir qui a gagné les élections…Mais je crois que c’est celui qui a perdu les élections qui veut semer le trouble ? C’est bien cela le fond du problème… » a-t-il poursuivi avant de conclure : « Je suis un homme de droit. J’ai écris beaucoup de livres sur la démocratie. J’ai tout fait. On a tout fait pour que la discussion avance. C’est à Prétoria en 2005 que j’ai demandé à Thabo Mbeki de tout faire pour qu’on trouve une solution. C’était bien Ouattara qui faisait la traduction entre moi et Mbéki. C’est encore moi qui ai pris l’article 48 de la Constitution pour faire de Ouattara et Bédié des candidats…Madame, la Démocratie nous aide. Mais la démocratie n’est pas seulement le vote, c’est qui dit le vote, les résultats des votes…. 

Madame, je suis ici parce que j’ai respecté la constitution de mon pays…A tous les africains qui se mobilisent pour moi à travers le monde, je leur dit, le salut des états africains passe par le respect des constitutions que nous nous sommes données et des lois qui en découlent » a parlé le président Laurent Gbagbo. 

Rappelons qu’avant lui, Me Barouan est quant à elle revenu sur ce qu’elle aurait vécu en Côte d’ivoire au moment de la crise : «J’habite le quartier entre Samaké et le zoo. Vous devez savoir de quoi je parle. J’ai vécu, j’ai vu la guerre. J’ai pas eu besoin de vidéo pour décrire les atrocités commises par les forces rebelles sur la population civile en Côte d’Ivoire..Alors, madame l’avocate des victimes, il ne faut pas faire de la question des victimes un match de coup devis encore moins un championnat de Ping Pong». 
 
Notons enfin, que le bureau des représentants des victimes et du procureur ont jusqu’au 14 mars 2013 pour rendre leurs observations écrites sur cette audience. La défense ne rendra sa copie que le 28 mars 2013. Et c’est à partir de cette dernière date que la chambre préliminaire rendra son verdict 60 jours à compter du 28 mars 2013. 


De Philippe Kouhon et Tidiane Houla/Envoyés spéciaux à la Haye (Eventnews Tv)
 
 
Source: AFRIK53.COM

jeudi, 28 février 2013

DISCOURS INTEGRAL DE GBAGBO A LA CPI: «QUI A GAGNE LES ELECTIONS?»


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Un grand homme d'Etat, un grand et digne fils d'Afrique a parlé. Un véritable cours magistral de démocratie à l'innommable Alassane Dramane Ouattara, à l'Afrique et au monde, surtout à la communauté internationale qui ne voulait voir en ce démocrate de haut vol qu'un vulgaire dictateur sans référence et sans grade. Laurent Gbagbo leur a prouvé le contraire et a volé au-dessus de la mêlée grouillante des complots internationaux et de la bassesse humaine. Appréciez! Si c'est le droit qui est dit à la CPI, Laurent Gbagbo sera bientôt de retour sur les bords de la Lagune Ebrié. Courage, digne fils d'Eburnie, on ira jusqu'au bout! Fernand Dindé.


Madame la Présidente,

Madame et Messieurs les Juges ;

 

J’ai suivi ces débats. J’ai entendu beaucoup de choses. Certaines fois, je me suis retrouvé en Côte d’Ivoire, mais d’autres fois, je m’en suis trouvé tellement éloigné, tellement les questions qu’on posait étaient loin de ce que nous avons vécu.  Et je me suis dit, pourquoi dans la justice moderne, y a-t-il des camps retranchés? Parce que sur beaucoup de questions, aussi bien l’accusation que la représentante des victimes que vous-mêmes, vous auriez pu m’appeler. J’aurais pu donner des informations, ne serait-ce que des informations que vous auriez pu vérifier après. Mais pour fluidifier le raisonnement. J’aurais pu dire beaucoup de chose, sur des petites questions. Par exemple, quand on dit "il a signé un papier pour déployer l’armée". JAMAIS!

J’ai signé un Décret pour que toutes les FDS (Forces de Défense et de Sécurité, ndr) soient mobilisées. Mais c’est une pratique qui date de 1961, qui date de l’époque où l’armée a été créée. Le Chef de l’Etat peut, en cas de troubles, signe un Décret. Parce que la Police, c’est la Police, ensuite il y a la gendarmerie, mais si ces deux forces sont totalement submergées, elles peuvent appeler l’armée en renfort. Et donc, pour ça, le Président de la République signe un décret qu’il donne aux différents chefs. C’est à eux d’utiliser l’armée ou de ne pas l’utiliser. Et ça dépend de ce qu’ils pensent de la situation. Donc, c’est des choses pratiques et petites, qu’on aurait pu expliquer.

Quand le Chef des FDS est venu me dire "Ah la situation à Abobo, il y a les soldats d’IB, je pense que c’est eux les commandos invisibles. Donc, on ne sait pas comment ça va aller".

Je dis : "Qu’est-ce qu’on fait ?"

Il dit : "Signez toujours un décret et puis on va garder ça. Et si on n’en a pas besoin, on n’en a pas besoin ! Mais si on en a besoin…".Donc, il y a plein de chose comme ça.

Et puis, il ne faut pas me donner des parents que je n’ai pas. Je crois qu’on veut faire comme souvent en Afrique. Et En Europe, vous dites, les africains, c’est comme ça ils gouvernent. Je ne gouverne pas avec ma famille. Moi, je suis un Chef de l’Etat, Président de la République. Ma femme, elle est députée et Kadet n’est pas mon neveu. Le mot neveu est un mot français. J’ai des neveux ici qui sont dans cette salle. Mais Kadet n’est pas mon neveu. Il a été Ministre de la défense, Ministre délégué à la défense. Il était mon conseiller. Je ne gouverne pas avec ma famille. Peut-être que ça se fait comme ça en Afrique. Mais pas en Côte d’Ivoire, au temps de Gbagbo. C’est-à-dire, il y a des petites choses comme ça qu’on aurait pu éviter. Ça a alourdi pour rien l’atmosphère. Et ça nous empêche d’aller immédiatement au fond du problème.

Madame la Présidente, toute ma vie, et ça, ça se sait non seulement en Côte d’Ivoire, mais dans toute l’Afrique et dans toute la France politique. J’ai lutté pour la démocratie. J’ai demandé à mes avocats la semaine dernière, je leur ai dit que je veux vous envoyer tous mes livres que j’ai écrits sur mon parcours. Ils ont dit, c’est trop tard pour introduire ces livres-là. Mais, quand on aura fini, quelque soit le résultat, quelque soit ce que vous décidez, j’enverrai un lot des livres de Gbagbo au bureau du procureur et je vous enverrai un lot des livres de Gbagbo. Parce qu’en fait, c’est ça l’homme. Il marche, il marche. Mais il laisse des traces sur le chemin qu’il parcourt. Comme ça on peut le retrouver.

J’ai lutté pour la démocratie. Et c’était au moment où nous ne savions même pas si le mûr de Berlin allait s’écrouler. Nous ne savions pas ça. Donc on luttait avec un courage. Mais on était convaincu que nous mêmes, on n’allait pas voir la démocratie triompher. Mais le mûr de Berlin c’est écroulé et nous a aidés à gagner la victoire du multipartisme et de la démocratie.

C’est pourquoi, je voudrais simplement dire et je ne vais pas aller plus loin. Je voudrais simplement dire que madame la Procureure, puisse que ça existe maintenant en français, on met un "e" à la fin. (Rire)! Madame la procureure a dit une phrase qui m’a un peu choqué. En disant que : "nous ne sommes pas là pour voir qui a gagné les élections et qui ne les a pas gagnées". Mais on ne peut pas débattre de la crise postélectorale et ne pas savoir comment les élections se sont passées. Qui a gagné les élections ? Parce que c’est celui qui ne les a pas gagnées qui a semé des troubles. Je crois que c’est ça la logique. Donc la question est là. Qui a gagné les élections ? Et donc quand je demandais qu’on recompte les voix. Ce n’était pas une phrase en l’air. Vous avez vu vous-mêmes les documents dont dispose l’accusation et sur lesquels les voix des électeurs sont répertoriées. On a vu que dans la seule ville de Bouaké, on a ajouté 100.000 voix à mon adversaire. Donc Madame, c’est ça le fond de la question. C’est ça le fond de la question.

On nous a attaqués en 2002, j’ai fait mon travail. C’est-à-dire que je n’ai jamais cru que la Côte d’Ivoire allait s’en sortir par la guerre. Je n’ai jamais cru ça. J’ai toujours cru qu’on s’en sortirait par la discussion. Même si je sais qu’ils ont tord. Mais, pour s’en sortir, j’ai toujours cru en la discussion. Alors, j’ai parcouru toute l’Afrique. On a fait les négociations de Lomé. Ils ont fait les négociations de Marcoussis et de Kléber. Mais ça, je laisse ça de côté. Nous avons fait les négociations d’Accra I, Accra II, Accra III, sous la Présidence de John Koufor. Nous avons fait les négociations, à partir de juin 2005, de Prétoria I et de Prétoria II sous la Présidence de Tabo Mbéki. Nous avons tout fait. Nous avons tout fait pour que la discussion avance. C’est à Prétoria, C’est à Prétoria que j’ai demandé à Tabo Mbéki de m’aider à trouver une solution légale pour qu’Allassane soit candidat. Parce que ça empoisonne la situation. C’est à Prétoria, en 2005. Nous nous sommes retrouvés. Tabo Mbéki, Konan Bédié, Ouattara et moi-même. J’ai demandé à Ouattara de faire la traduction entre Tabo Mbéki et moi.  C’est là que je leur ai dit que ça ne me gênait pas que Ouattara soit candidat. Mais comme mon électorat aussi est là, il faut que Tabo MBéki nous écrivent à nous tous à Abidjan pour qu’après je puisse prendre une décision. Je n’aime pas l’article 48 de la constitution. C’est comme l’article 16 de la constitution française. Ça donne énormément de pouvoir. Mais ce jour-là, j’ai pris l’article 48 de la constitution et j’ai permis à Ouattara et à Konan Bédié d’être candidats. Donc madame, voilà ce que je voulais vous dire.

Nos pays, nos Etats, et ce sera mon dernier point, sont fragiles. Et chaque fois qu’un chef d’Etat européen ou occidental me disait faites la démocratie en Afrique, je lui disais, nous avons besoin de la démocratie, non pas parce que vous, vous le dites, mais parce que nous-mêmes nous en avons effectivement besoin pour construire nos Etats.

Madame, regardez la Côte d’Ivoire ! Si nous l’employons pas la démocratie, nous allons choisir comment le chef de l’Etat. Il y à l’Est, adossé à la frontière ghanéenne, le Akans qui ont un mode à eux pour choisir leur chef de village ou de canton ou leur roi. Nous avons à l’ouest, un pouvoir éparpillé. Nous avons, au nord, les malinkés islamisés qui se regroupent autour des mosquées. Et à côté d’eux les Senoufos qui se retrouvent dans les bois sacrés. Quel mode électoral allons-nous prendre? Donc la démocratie nous aide, parce qu’elle fait taboula rasa sur tout ça et elle donne à chaque individu considéré comme citoyen, une voix. C’est pourquoi, je me suis engagé dans la lutte pour la démocratie. Et puis nous, qui venons de famille très modeste, s’il n’y a pas la démocratie, jamais on aurait de poste élevé. Moi, les gens avec qui j’ai été à l’école, quand j’ai été élu Président, ils n’étaient pas étonnés parce qu’ils savaient mon engagement. Mais ils sont venus me saluer et saluer mon courage. Parce que je n’étais pas le plus aidé, je n’étais pas le plus intelligent, je n’étais pas le plus riche. Donc, nous avons besoin de la démocratie, Madame.  Mais la démocratie, ce n’est pas seulement le vote. C’est qui dit le vote. Qui dit le résultat de vote, c’est ça aussi la démocratie. Quand on s’en va prendre une nuit le Président du groupement électoral, qu’on l’amène dans le QG électoral d’un candidat, qu’on invite une télévision étrangère pour lui dire de parler et on le filme et on diffuse ça dès le lendemain matin, ce n’est pas très démocratique ça. Ce n’est pas la démocratie. La démocratie, c’est le respect des textes, à commencer par la plus grande des normes en droit qui est la constitution. Qui ne respecte pas la constitution, n’est pas démocrate. Madame, c’est parce que j’ai respecté ma constitution qu’on veut m’amener ici. Alors, bon. Je suis là, mais, je compte sur vous. Je compte sur vous, parce que je souhaite que tous les africains qui me soutiennent et qui sont tout le temps ici, devant la Cour, devant la prison, dans leur pays entrain de manifester entrain de marcher. Tous ces africains, qu’ils comprennent que le salut pour les Etats africains, c’est le respect des constitutions que nous nous donnons, et des lois qui en découlent.

Je vous remercie, Madame.

 

Une transcription d'Alain Doh Bi


Vidéo intégrale de l'intervention du Président Laurent Gbagbo



Source: Le blog d'Alain Doh Bi

mardi, 26 février 2013

5EME JOUR DE L'AUDIENCE: MAITRE NATACHA FAUVEAU IVANOVIC HUMILIE LE PROCUREUR

 

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Session 1 : L’avocate Jennifer Naouri fait le grand déballage : « le procureur a ignoré les forces nouvelles, l’une des parties au conflit »

Dès l’entame de son speech, ce lundi 25 février 2013, Me Jennifer Naouri a poursuivi sa démonstration sur le manque de volonté du bureau du procureur à assumer l’histoire de la Côte d’ivoire. « Gbagbo est un homme de consensus et de paix. C’est encore lui qui a proposé le recomptage des voix après les élections. Ce que son adversaire refusait» a-t-elle dit. Avant d’ajouter : « Cela s’est passé aux USA en 2000, en Haïti en 2010 et en France avec l’UMP ». Pour l’avocate, le procureur en faisant croire que seules les forces pro-Gbagbo ont commis les crimes allégués, est une falsification des faits et de l’histoire de la Côte d’ivoire. Car le procureur lui-même parle de la descente des Forces Nouvelles sur Abidjan le 31 mars 2011. Il dira aussi que ces forces ont été rebaptisées FRCI par la suite. Et à l’avocate de demander au procureur, qui étaient donc ces forces nouvelles et quelles étaient leurs missions une fois à Abidjan ? Elle reviendra sur les massacres des Forces nouvelles et leurs supplétifs Dozo lors de leur descente sur Abidjan. Elle décrira comment ces rebelles fidèles à Ouattara et à Soro ont massacré plus de 1000 civils à Duekoué avant de se joindre au commando invisible qui sévissait déjà à Abobo, Anyama…

« C’est l’Onuci qui nous a armé » témoigne « P.44 », le même témoin du procureur. Une fois à Abidjan, ces mêmes forces additionnées au contingent nigérien, s’adonneront à d’autres exactions. Des vidéos des humiliations des civils à Alepé, les mutilations, meurtres au carrefour de Duekoué en mars 2011 ont été diffusées. Elle montrera comment la ville d’Abidjan a été partagée entre les ex com-zone :

- Plateau pour Chérif Ousmane
- Le sud d’Abidjan pour Wattao
- Yopougon pour ben Laden
- Abobo pour le commando invisible.

Avant de conclure, elle informera les juges que si l’on veut parler d’un groupe armé qui a planifié un plan commun pour prendre le pouvoir, c’est bien les forces pro-Ouattara. Qui ont été lourdement armées par la France, qui occupaient un territoire et qui ont ensuite lancé une offensive sur Abidjan pour la prise du pouvoir.

« Nous étions dans un conflit armé, où deux forces se combattaient. Le procureur aurait pu s’intéresser aux forces nouvelles. Ne pas le faire, c’est dénaturé son propre récit ».

Session 2 : Me Natacha Fauveau Ivanovic

« Le procureur nous a-t-il fourni le brouillon du document contenant les charges, car flou, imprécis et contraire à ses argumentations ? »

A la reprise à 15h55, la parole est revenue à la Yougoslave Ivanovitc de démontrer la faiblesse du document de preuves fourni par le procureur. D’abord, le cadre temporel. Le procureur parle de la période antérieure à l’élection et qui finit par la chute du président Gbagbo. « Cette période antérieure peut être 2005, 2006, …aucune précision » a remarqué la défense. Elle analysera par la suite évènement par évènement, la faiblesse des preuves fournies par le procureur, la crédibilité des témoins et la fiabilité des sources. Par exemple, la vidéo montrant le massacre de Yopougon alors que cette vidéo était tournée au Kenya (Vidéo 00200058). Elle dira aussi que les preuves du procureur ne sont basées que sur les coupures de presses. Elle dira aussi que les témoignages des organisations humanitaires ne peuvent constituer de preuves tangibles pour être prises en compte dans un tel jugement devant la Cour pénale internationale.

Aussi, Me Ivanovitch dira à propos du DCC: « la défense voudrait savoir si le document des charges était un brouillon ou pas ? ». Ce qui provoquera une vive réaction du bureau du procureur dans la salle.
Pour la défense, le procureur n’a pas mené d’enquête. Il s’est juste contenté des témoignages eux-mêmes non crédibles. Elle s’offusquera du fait que le procureur n’ait produit aucun document officiel étayant ses allégations. Et pourquoi alors que la France et l’Onuci sont présents en Côte d’ivoire depuis 2003, aucun rapport officiel émanant d’eux n’a pu être produit et fourni à la défense dans le cadre des 4 évènements incriminés. Pour elle, le procureur refuse d’accepter la présence d’un commando invisible en parlant « de prétendu commando invisible ».

Au vu de tout ce qui précède,( imprécision du DCC, la non crédibilité des témoins, le manque de preuves suffisantes…) la défense note qu’il n’existe pas d’éléments constitutifs du crime contre l’humanité.

Session 3 : Me Ivanovic : « Si le président Gbagbo n’a mené aucune enquête pour sanctionner les auteurs des crimes, pourquoi, le procureur qui devait éclairer la Cour ne l’a pas fait ? »

A la troisième session, Me Ivanovic démontera évènement par évènement les allégations du procureur.

1) La marche du 16 décembre sur la RTI.

Alors que le procureur affirme que cette marche était pacifique, la défense diffusera une vidéo dans laquelle, Soro donnait des instructions aux FRCI depuis l’Hôtel du golf, la veille du 16 décembre afin que ceux-ci se tiennent prêts car, lui soro ira installer Brou Aka Pascal comme le nouveau directeur de la RTI le lendemain, jeudi 16. Un témoin du procureur dira que des militaires venus de l’Hôtel du golf ont attaqué les FDS positionnés autour de la RTI.

« Au contraire, c’est bien parce que les FDS étaient informés de cette insurrection qu’une réunion s’est tenue, dont parle le procureur, pour prévenir tout débordement. Au contraire, ce sont les FDS qui ont été tués ce 16 décembre 2010. » a soutenu la défense.

Parlant des femmes violées suite à ces évènements du 16 décembre, la défense note que le procureur a failli à sa mission car, rien n’indique où, quand, par qui, ces femmes auraient été violées ? A-t-il interrogé le directeur de la police, des policiers ? Sait-il dans quelles pièces ces viols collectifs ont eu lieu ? Le procureur n’a rien fait. Ce que nous retenons, c’est que pour inculper le président Gbagbo, il a repris mot par mot des rapports d’Amnesty International et des reportages télé. En agissant ainsi, le procureur a non seulement mis en doute son indépendance et son impartialité, mais il a mis la justice au service de la politique ».

2) Marche des femmes d’Abobo (3 mars 2011)

Elle situera l’environnement qui prévalait à Abobo avant les élections de novembre 2010. Un argumentaire dans lequel le commando invisible est nommément mis en cause. Fin de l’audience du jour.

En coulisses :

Voici la liste des « P---témoins » non crédibles : ----P.48/107/164/72/184

--Les « P » non identifiés (flous) : P.49 et 239.
--Le président Gbagbo a encore félicité ses avocats.
--Le président Gbagbo a promis assister à toutes ses audiences.
--Une petite délégation de patriotes venus d’Allemagne, Hollande et Paris était à cette audience.

Elle a beaucoup --communié avec le président Gbagbo qui visiblement retrouve la grande forme au fur des audiences.


De P.Kouhon/Envoyé spécial à la Haye (Eventnews Tv)


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 21 février 2013

SCANDALE AU 2EME JOUR D’AUDIENCE DE GBAGBO A LA CPI: BENSOUDA ACCUSE GBAGBO DE VIOLENCES COMMISES AU KENYA - LA VACUITE DU DOSSIER D’ACCUSATION MISE A NU

 

 

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C’était le coup de théâtre hier au deuxième jour du procès de Laurent Gbagbo à la CPI, pendant l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges.

La procureure de la Cour pénale internationale a ajouté à l’acte d’accusation contre le Président Laurent Gbagbo, des dossiers et images de violences qui se sont déroulées au Kenya.

Révélation faite publiquement par Me Emmanuel Altit, avocat de Laurent Gbagbo, pour qui c’est la preuve que Fatou Bensouda ne connait pas le dossier d’accusation, et qu’elle n’a pas pris la peine de le lire ou de l’étudier. Dans la salle, un silence assourdissant s’est du coup fait sentir. La gêne était palpable du côté de l’accusation, dont la manipulation et la légèreté venaient d’éclater au grand jour.

La procureure Fatou Bensouda, du haut de sa chaire, était au paroxysme de la gêne. Prise la main dans le sac, elle évitait le regard de tous en jouant des mains et en faisant une moue. Elle aurait voulu si elle avait pu se cacher sous la table, tellement la gêne était perceptible sur son visage.

C’est un Me Altit des grands jours qui a pulvérisé méthodiquement le dossier d’accusation, balayant certaines énormité du revers de la main.

Par exemple, Me Altit s’est offusqué que Fatou Bensouda dise dans l’accusation que la Côte d’Ivoire était en paix jusqu’en 2010, et que le Président Gbagbo avait refusé le verdict des urnes à la présidentielle de 2010. C’est plus tôt Alassane Ouattara qui a toujours refusé le verdict des urnes.

Laurent Gbagbo a même exigé le recomptage des voix pour que la vérité éclate, chose que Ouattara a toujours refusé.

Pour lui, la procureure Bensouda, en passant sous silence la rébellion de Guillaume Soro de 2002 et le fait que le pays était coupé en deux même pendant la présidentielle, est la preuve qu’elle ne connait pas son dossier, et que le dossier d’accusation est d’une vacuité flagrante.

A sa suite, Me Agathe Baroan, sa collègue de la Défense, a démontré que les termes «ON GAGNE OU ON GAGNE» ET «C’EST MAÏS», étaient des termes communs employés par tous les ivoiriens. Elle s’est employée à démontrer la sociologie de la Côte d’Ivoire pour faire ressortir la vacuité de l’acte d’accusation.

Par exemple, elle a expliqué que le terme «ON GAGNE OU ON GAGNE» a été créé par la chanteuse Antoinette Hallany, fervente supportrice d’Alassane Ouattara. Laquelle s’employait durant la campagne, de le chanter dans ses chansons avant tous les meetings du RDR, le parti de Ouattara.

Comme on le voit, la défense de Gbagbo s’est employée avec brio hier, à démonter les éléments de l’accusation. "Tout se passe comme si le procureur avait été convaincu dès le début qu’il n’y avait qu’un seul responsable au drame ivoirien, a attaqué d’entrée Me Emmanuel Altit dans déclaration liminaire. Et de poursuivre : "il n’existe aucune base factuelle aux accusations […] Le récit du procureur est biaisé car il dépend des éléments transmis par les autorités ivoiriennes." et qu'"il s'agit d'un procès politique".

Mercredi, la défense a réussi à détruire le dossier du procureur, selon plusieurs analystes dont Stéphanie Maupas, correspondante de FRANCE 24 à La Haye.

Pour la procureure Fatou Bensouda, Laurent Gbagbo a fomenté "un plan pour rester au pouvoir à tout prix à travers des attaques mortelles, planifiées avec soin" contre des supporters de son rival. "Le procureur, qui devra prouver que son dossier est solide, dispose de 614 pièces, qui sont des témoignages mais aussi des documents saisis dans la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo après son arrestation le 14 avril 2011", précise Stéphanie Maurepas.

UN NON LIEU

Si la défense parvient à pulvériser et démonter l’accusation comme durant les deux premiers jours, la juge de la CPI n’aura pas d’autre choix que de libérer Laurent Gbagbo en lui faisant bénéficier d’un non-lieu, bien que sur le fond, Me Altit et ses collègues aient déjà fait cette requête.

Le procès se poursuivra aujourd’hui 21 février 2013 à 14h30 min locales.

Rendez-vous donc à la COUR.

 

Michèle Laffont,

Correspondante aux Pays Bas


Source: IVOIREBUSINESS.NET

mercredi, 20 février 2013

CPI - QUELQUES QUESTIONS EMINEMMENT PERTINENTES ET ESSENTIELLES

 

ENJEUX DE LA HAYE.jpg

Petit résumé des enjeux de La Haye


CPI - LEGERETE DU DOSSIER.jpg

Fin de la première journée à La Haye


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

vendredi, 15 février 2013

AUDIENCE DE CONFIRMATION DES CHARGES: GBAGBO VA PARLER LE 27 FEVRIER

 

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Les Ivoiriens et certainement le monde entier auront l’occasion d’entendre Laurent Gbagbo pour la deuxième fois quatorze mois après sa première comparution à la cour pénale internationale. 

Ce sera les 27 et 28 février prochain à l’occasion de l’audience de confirmation des charges dans l’affaire qui l’oppose au procureur de cette institution judiciaire internationale. 

Le calendrier définitif de l’audience qui démarre le 19 février place l’intervention du président Gbagbo aux deux derniers jours de l’audience. 

Le calendrier provisoire publié en janvier sur le site internet de la Cpi plaçait la fin de l’audience au 1er mars. C’est finalement le 28 février que l’audience prendra fin comme indiqué dans le calendrier définitif publié en annexe d’une décision rendue le mardi 12 février dernier par la chambre préliminaire de la Cpi. 

Ainsi, pendant huit jours ouvrables, le bureau du procureur conduit par la Gambienne Fatou Bensouda affrontera la défense menée par l’avocat français Emmanuel Altit secondé par l’Ivoirienne Agathe Baroan. Mais dans cette procédure unique en son genre, le procureur a un allié qui n’est autre que le bureau du représentant légal des victimes conduit par l’Italienne Paolina Massidda. Comme cela s’est déjà vu depuis l’ouverture de la procédure contre Laurent Gbagbo Paolina Massidda et ses collaborateurs ne se sont pas toujours fait prier pour accabler Laurent Gbagbo alors qu’ils représentent les victimes qui sont censées être de tous les bords dans la situation ivoirienne. Ce qui a parfois le don d’agacer la défense qui se retrouve finalement seule dans un forum totalement déséquilibré. 

Qu’à cela ne tienne, Me Emmanuel Altit et ses collègues sont bien déterminés à défendre leur client jusqu’au bout. Et comme il l’a lui-même indiqué dans une vidéo réalisée par la Cpi, il a les éléments pour démonter l’accusation. Même si ces derniers mois, la chambre préliminaire 1 de la Cpi s’est montrée particulièrement décevante en n’invoquant que des arguments politiques pour rejeter les demandes de liberté provisoire de Laurent Gbagbo. 

C’est le 5 décembre 2011 que Laurent Gbagbo s’est exprimé publiquement pour la dernière fois lors de sa première comparution à la Cpi. Malgré le grand traumatisme qu’il avait subi et le traitement dégradant dont il avait été l’objet, Laurent Gbagbo était apparu serein. Maitrisant parfaitement l’art oratoire, il avait décrit avec des mots bien choisis ses conditions d’arrestation et de détention pendant huit mois. Il avait suscité un immense espoir chez ses partisans qui revoyait avec joie le combattant déterminé à aller jusqu’au bout. L’intervention du 27 février devrait constituer à n’en point douter un autre moment magique de communion entre le leader et son peuple. 


Source: AFRIK53.COM