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mercredi, 07 septembre 2011

COTE D'IVOIRE: DES FACTURES D'ELECTRICITE SALEES POUR LES IVOIRIENS

De bonnes surprises d'Alassane Ouattara attendent les Ivoiriens et singulièrement les augmentations de coût d'électricité à venir. Le FMI et la Banque Mondiale veulent compenser les pertes record enregistrées par la Compagnie Ivoirienne de l'Electricité (CIE) depuis quelques années.


Une facture d'électricité un peu plus salée qu'à l'accoutumée, c'est la bonne surprise du chef qu'ont réservée le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale aux nouvelles autorités ivoiriennes, lesquelles vont avoir du mal à expliquer aux populations pourquoi elles ne peuvent pas faire changer d'avis aux meilleurs amis du chef de l'Etat. Les deux délégations qui sont à Abidjan pour deux semaines dans le cadre de la mission conjointe FMI et Banque Mondiale évoquent des pertes record de 86 milliards de francs annuels dont 19 milliards de fraude provenant essentiellement des zones CNO que subit  la Compagnie Ivoirienne d'Electricité cédée  dans les années de sa primature par Alassane Ouattara lui-même.

L'Etat paie particulièrement au prix fort des installations vieillottes et plusieurs semaines de pillages occasionnés par la guerre du nouveau locataire de la présidence. Bref, selon le FMI et la Banque Mondiale, tout ceci rend urgente une majoration de 29% du prix de l'électricité à la consommation. Ce qui ne va pas du tout plaire aux consommateurs ivoiriens déjà rétifs au paiement des factures accumulées durant toute la période d'incertitude.

Mais dans la tête des deux délégations, ces augmentations ne sont pas négociables puisqu'elles doivent permettre de réhabiliter la plupart des réseaux détruits par la guerre et d'engager de nouveaux investissements. Le FMI et la Banque Mondiale rouspètent notamment contre le contrat conclu en 1991 par l'Etat avec des partenaires privés et dont les modalités renchérissent le prix du gaz. Or il faut aujourd'hui du gaz pour produire l'électricité. Le contrat sur le gaz est en effet un exemple de contrat léonin signé sous la primature de Ouattara. Il fixe un prix plancher en-deçà duquel les clients ne peuvent négocier les offres de prix des producteurs alors qu'il interdit un prix plafond. Ce qui rend toute négociation dérisoire.

Les populations sont ainsi sanctionnées pour les errements de ses gouvernants et notamment Alassane Ouattara dont le gouvernement avait lancé dans les années 90 un vaste programme de privatisation des entreprises publiques.

La cession de l'EECI, (Energie Electrique de Côte d'Ivoire) devenue CIE, Compagnie Ivoirienne d'Electricité cédée à 1F symbolique par Ouattara procède de ce type de contrats léonins qui retombent comme du ressac sur les populations. Pour digérer cette terrible nouvelle qu'il faudra appliquer à une population de plus en plus appauvrie, le gouvernement demande un délai de trois mois pour négocier avec les concessionnaires du gaz. Il espère ainsi les convaincre à revoir à la baisse leurs prix.

Le chef de l'Etat est ainsi pris à son propre piège. Pour rallier les populations des zones Centre Nord et Ouest à sa cause, il a fait croire que le paiement des factures d'électricité relevait d'une malveillance anti-nordique et affirmé que dès qu'il arriverait au pouvoir, les factures déjà émises ne seront pas payées et qu'en plus un abattement des prix serait observé afin d'aider les couches défavorisées. Ce discours a été tellement bien compris que la commune d'Abobo qui a pris petit à petit fait et cause pour l'ancienne rébellion, au point de menacer les populations qui ne sont pas ressortissantes du Nord, refuse encore aujourd'hui de payer les factures de la Compagnie Ivoirienne d'Electricité. L'heure de vérité arrive.

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 56 du mardi 6 septembre 2011.