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07.11.2008

LES 12 TRAVAUX DE BARACK OBAMA (2)

7. Recentrer la lutte en Afghanistan

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Les Etats-Unis comptent aujourd'hui 35000 hommes environ en Afghanistan. © DoD photo by Sgt. Freddy G. Cantu, U.S. Marine Corps.

"C'est le vrai front de la guerre contre le terrorisme". Cela fait sept années que les Etats-Unis sont engagés en Afghanistan. Et la dernière s'est soldée par une vive contre-attaque des Talibans détrônés en 2001. Bilan : 622 soldats américains tués sur les 35 000 aujourd'hui sur place. La coalition de 75 000 hommes (en comptant les pays alliés, dont la France) n'arrive plus à retenir l'étau des Talibans au nord du pays, à la frontière du Pakistan, au sud-est, dans les environs de Kandahar, et enfin à la périphérie de la capitale, Kaboul. Le général David Petraeus, qui a permis le rétablissement de la situation irakienne ces derniers mois, a également été mis aux commandes de l'Afghanistan. À plusieurs reprises, le président George W. Bush avait assuré que les Etats-Unis augmenteraient les effectifs américains en 2009. Une option que devrait confirmer Barack Obama. Mais, selon les stratèges militaires américains, il aura besoin pour se faire de réduire l'effort militaire colossal en Irak. Le nouveau président n'a pas non plus exclu d'intervenir au Pakistan, où se trouve un certain nombre de camps d'entraînements des talibans et d'Al Qaïda.

8. Tenter un dialogue avec l'Iran

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Barack Obama est partisan d'un dialogue sans condition avec Mahmoud Ahmadinejad (ici aux côtés de Vladimir Poutine). © Kremlin.ru

Malgré les pressions internationales, l'Iran n'a toujours pas abandonné un programme nucléaire civil soupçonné par les occidentaux de cacher une course à la bombe atomique. Une situation d'autant plus explosive que l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad s'affiche depuis déjà plus de trois ans comme l'ennemi des Etats-Unis. Que faire pour mettre un terme à cette situation "inacceptable" pour la majorité des dirigeants américains, Barack Obama compris ? George Bush aurait préparé il y a plusieurs mois une offensive militaire. John McCain était lui aussi un partisan de la force, refusant tout dialogue avec le régime iranien. Barack Obama, lui, affirmait dans son programme vouloir ouvrir des négociations avec l'Iran, et ce, sans contrepartie de la part de Téhéran. Une option que le nouveau président compte bel et bien mettre en œuvre d'après les dernières informations. Reste une inconnue dans cette équation : la réaction d'Israël, un allié des Etats-Unis qu'Ahmadinejad veut "rayer de la carte" et qui n'hésitera pas à frapper l'Iran à la moindre menace.

9. Redorer l'image des Etats-Unis

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Le secrétaire d'Etat à la Défense Robert Gate lors d'une rencontre avec le président géorgien Mikheil Saakashvili. © DoD photo by R. D. Ward.

Les deux mandats de George W. Bush auront coïncidé avec une période de défiance sans précédent vis-à-vis des Etats-Unis. La récente guerre dans le Caucase, mais aussi la polémique qui a entourée l'installation d'un bouclier anti-missile américain en Europe sont indirectement liées à ce climat hostile. Le facteur anti-américain vient aussi régulièrement polluer les relations entre la Syrie et le Liban ou encore entre Israël et ses voisins arabes. Il est omniprésent en Amérique du sud où plusieurs pays ont opté pour le socialisme. Même chez les alliés de Washington que sont la France ou la Grande-Bretagne, les opinions favorables sur les USA ont chuté de plus de 20 % depuis 2000. Comment enrayer cette période de désamour profond pour les Etats-Unis ? Pour Barack Obama, il faut accepter la fin d'un empire américain basé sur sa puissance : puissance économique, financière, culturelle ou militaire. Le nouveau président devra s'employer à instaurer le "soft-power" dans un monde devenu multipolaire et où la suprématie des Etats-Unis est devenue moins évidente. Autrement dit un passage de la domination à la séduction.

10. Lutter (enfin) contre la pollution

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Les Etats-Unis représentent aujourd'hui un peu moins d'un quart des émissions de carbone. © Getty Images

Les chiffres ont été répétés encore et encore alors que George Bush s'entêtait à négliger le réchauffement climatique : les Etats-Unis consomment un quart de l'énergie de la planète pour seulement 5 % de sa population et rejettent à peu près autant de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Avec la Chine, ils sont les principaux contributeurs du réchauffement climatique. Face à la pression internationale, à une dépendance énergétique croissance vis-à-vis des pays du Golfe, mais aussi à la prise de conscience des Américains, le nouveau président devra réorienter l'économie vers la "croissance verte". Barack Obama a déjà assuré qu'il ratifierait rapidement le protocole de Kyoto. Mais il lui faudra aller plus loin qu'une simple signature. Son chantier prévoit en effet de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 % d'ici à 2050, mais aussi de réaliser 50 % d'économies d'énergie et de réduire la consommation américaine de pétrole de 35 % d'ici 2030. Un défi pour lequel il devra s'appuyer notamment sur les pionniers des "green tech" du Colorado (éolien) ou encore de la Californie (solaire). Barack Obama prévoit d'investir 150 milliards de dollars en dix ans dans les énergies renouvelables.

11. Régler le sort des clandestins

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Près de 15 millions d'immigrés clandestins se trouvent aujourd'hui sur le sol des Etats-Unis © Getty Images

A son arrivée à la Maison Blanche, George Bush voulait régulariser massivement les immigrés clandestins présents sur le territoire des Etats-Unis. Les attentats du 11 septembre l'ont contraint, dès le début de son mandat, à une politique plus restrictive sur l'immigration. Le gouvernement a renforcé les contrôles à la frontière mexicaine et a érigé un mur pour réduire l'afflux de clandestins sud-américains. Depuis, le dossier des clandestins n'a pas trouvé de solution claire et définitive. Ils seraient aujourd'hui près de 15 millions sur le territoire américain, en grande partie des Hispaniques, et soutiendraient des pans entiers de l'économie américaine. En plus d'une sécurisation des frontières, Barack Obama veut lancer un processus de légalisation des clandestins, sans pour autant aller jusqu'aux régulations massives. Le nouveau maître de Washington devrait dans le même temps élargir les quotas d'immigration légale tout en sanctionnant les patrons employeurs de sans-papiers.

12. Relever le défi des inégalités raciales

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Quarante ans après les derniers débats sur les droits civiques, les Noirs sont encore victime de nombreuses inégalités. © Getty Images

Cela n'aurait peut être pas été un dossier chaud pour John McCain. Mais pour Barack Obama, il s'agit d'un sujet d'une haute importance. L'élection du premier président noir a suscité un espoir inédit dans la communauté afro-américaine aux Etats-Unis, encore victime de nombreuses inégalités. Les Noirs sont les Américains qui ont les revenus moyens par ménage les plus faibles (34 000 dollars par an contre 55 000 pour les Blancs), près d'un quart vit sous le seuil de pauvreté (8,2 % des Blancs) et 19,5 % n'ont pas d'assurance santé (10,4 % des Blancs). Logement, chômage, espérance de vie, prisons, éducation... la liste pourrait être encore plus longue. Et malheureusement, pour plusieurs observateurs, l'élection de Barack Obama ne devrait pas changer la donne : fidèle à son image de candidat "post-racial", le sénateur de l'Illinois a constamment tenté d'évacuer la question raciale de sa campagne. Son programme sur les inégalités raciales est quasi-inexistant. Bien que partisan officiel de la discrimination positive, il ne cache pas son scepticisme vis-à-vis de ce système. Il serait même susceptible pendant son mandat de transformer les critères ethniques de "l'affirmative action" en critères économiques.

LES 12 TRAVAUX DE BARACK OBAMA (1)

L'Internaute>Actualité>Monde>Les 12 travaux de Barack Obama

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Barack Obama. © Cecily Johnson

Les observateurs sont unanimes : jamais depuis Franklin Delano Roosevelt en 1932 un président des Etats-Unis n'avait trouvé situation si délicate après son élection. Economie, société, international : quels sont les principaux défis qui attendent Barack Obama dans le bureau ovale de la Maison Blanche avant son investiture le 20 janvier ? Quel est son plan pour gérer ces dossiers brûlants ? Voici les 12 travaux que devra mener le nouveau président.

1. Relancer l'économie américaine

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La chute des ventes de voitures est le symbole du déclin de l'économie américaine. © Getty Images

Rien ne va plus pour l'économie américaine. La croissance s'est effondrée à 0,3 % au deuxième trimestre 2008, la récession a déjà été annoncée pour 2009, et le chômage a déjà bondi à 6,1 % en août 2008. Les ménages, dont l'endettement représente plus de 130 % des revenus, ont réduit pour la première fois leur consommation depuis 1991. Les "Big Three", Général Motors, Chrysler et Ford, qui voient leurs vente baisser de près de 45 %, symbolisent les graves difficultés des entreprises américaines. Quant à l'Etat, lui aussi frôle la faillite. Son déficit budgétaire pour l'exercice 2008 atteignait 445 milliards de dollars contre 162 milliards en 2007. On annonce déjà le chiffre de 1000 milliards de dollars en 2009. La faute notamment à la crise et au coûteux plan Paulson. Pour relancer croissance et emploi au plus vite, Barack Obama veut investir dans les énergies vertes, mais aussi lancer un programme d'investissement dans la construction et la recherche de 50 milliards de dollars. Côté finances publiques, il prévoit d'annuler les baisses d'impôts, instaurées par la précédente administration et rétablir l'impôt pour les foyers les plus riches.

2. Tourner la page des subprimes

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Conséquence directe de la crise des subprimes, le nombre d'expulsions devrait atteindre les 5 millions en 2008. © Getty Images

Les Etats-Unis se sont souvent vantés de leur pourcentage de propriétaires. En 2007, ce dernier dépassait les 68 % (contre 55 % en France). Mais ce résultat a été obtenu au prix d'un endettement des ménages sans précédent et à la multiplication des prêts à risques : notamment les subprimes. Depuis 2002, la banque centrale américaine encourage le développement de ces prêts bas au début, mais dont le taux variable peut atteindre 18 % au bout de 3 ans. Pendant l'été 2007, la crise immobilière a rapidement étouffé certains ménages, incapables de rembourser leur prêt. A la fin de l'année, le nombre expulsions suite à des saisies avait augmenté de 75 % dépassant les 2,2 millions. Le nombre d'expulsés devrait atteindre les 5 millions en 2008. Barack Obama prévoit d'aider au plus vite ces propriétaires en difficulté (1 sur 6) par un crédit d'impôt sur les hypothèques. Il veut aussi créer un fond national pour prévenir les saisies et permettre aux juges de transformer les subprimes en prêts à taux fixe sur 30 ans. Surtout, il prévoit d'instaurer de nouvelles sanctions pour les courtiers en prêt hypothécaires. Les banques et les fonds spéculatifs qui ont transformé la crise des subprimes en crise financière globale, seront aussi concernés par les nouvelles réglementations.

3. Protéger 46 millions d'Américains

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Aujourd'hui, 46 millions d'Américains ne disposent pas d'une assurance maladie. © Getty Images

C'est l'une des caractéristiques les plus commentées de la société américaine : contrairement à la France, l'assurance maladie n'est pas obligatoire aux Etats-Unis. Les Américains ont donc deux options pour être protégés face à un problème de santé : souscrire à une assurance privée sur son lieu de travail ou, pour les plus pauvres, s'en remettre à des programmes comme Medicaid ou Medicare. Mais les entreprises peinent aujourd'hui à assurer la couverture de leurs salariés et les programmes publiques sont très coûteux pour le budget de l'Etat. Pire : 46 millions d'Américains, trop riches pour être aidés, mais trop pauvre pour souscrire une assurance privée, vivent aujourd'hui sans couverture maladie. Le défaut de couverture santé concerne plus de 8 millions d'enfants. Face à ce dossier brûlant, Barack Obama a tranché : il veut instaurer une couverture maladie universelle et obligatoire fournie par les employeurs. Une taxe sur les entreprises n'ayant pas mis en place d'assurance maladie permettra de financer un fonds public pour la couverture des plus démunis.

4. Sauver l'éducation

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En 2007, près de 60 % des enfants américains ne savaient pas lire à 11 ans. © Getty Images

Le classement Pisa, document de référence de l'OCDE sur l'Education, n'est pas tendre avec les jeunes Américains : ces derniers ne sont que 35e en mathématiques et 29e en sciences dans le dernier classement. Il faut dire que l'Education est un des dossiers les plus difficiles que le futur président aura à gérer dans les prochains mois. Les chefs d'entreprises se plaignent déjà depuis plusieurs années du niveau des diplômés américains. Malgré le programme "No Child Left Behind" et le milliard de dollars consacrés aux écoles américaines, près de 60 % des élèves ne seraient pas en mesure de lire correctement à 11 ans contre 15 % en France. Aujourd'hui, un Américain sur vingt est illettré (23 millions de personnes) et 29 % de la population ne possède que les connaissances de base de la lecture et du calcul. Barack Obama veut mettre en place un plan de 10 milliards de dollars annuels pour l'éducation. Les premières étapes de ce programme reviendront à commencer la scolarisation des enfants dès 3 ans et à améliorer la rémunération des professeurs, qui sont aujourd'hui près de 30 % à quitter l'école après 5 ans d'enseignement.

5. Faire oublier Guantanamo

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Le camp-prison de Guantanamo compte encore aujourd'hui 250 détenus. © DoD photo by Seaman David P. Coleman, U.S. Navy.

Pour emprisonner et juger les "ennemis de la nation" faits prisonniers en Irak et en Afghanistan, l'administration de George Bush ne s'était pas embarrassée des accords internationaux sur les droits de l'Homme ou les prisonniers de guerre. Dès 2001, elle ouvre un camp sur l'enclave militaire américaine de Guantanamo, à Cuba, sans autre encadrement juridique. Cette prison hors convention comptera jusqu'à 750 détenus au début de la guerre contre les talibans. Il y reste aujourd'hui un peu plus de 250 prisonniers suspectés de terrorisme. Depuis les accusations de torture et de mauvais traitements, les républicains comme les démocrates souhaitent une fermeture rapide de ce "camp de la honte". Mais comment sortir du vide juridique de Guantanamo ? Quels prisonniers doivent être jugés et comment ? Où les transférer en attendant leur jugement ? Que faire des détenus libérés ? Barack Obama reste flou sur sa stratégie. Il a promis d'abolir les tribunaux militaires et de revoir les dossiers au cas par cas. Les prisonniers devraient également être rapatriés sur le sol américain. Des noms de plusieurs prisons circulent déjà en Caroline du Sud et dans le Colorado.

6. Sortir au plus vite d'Irak

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L'objectif initial de Barack Obama : retirer l'ensemble des troupes américaines d'Irak en seize mois. © DoD photo by Pfc. Sarah De Boise, U.S. Army.

C'est la toute première étape du mandat du nouveau président. Comment sortir d'Irak sans perdre la face ? L'envoi de renfort et surtout la nouvelle stratégie mise en place depuis un an par le général David Petraeus, basée sur une meilleure collaboration avec les sunnites, a permis une stabilisation de la situation. Mais aujourd'hui, 170 000 soldats américains sont encore positionnés en Irak. Près de 4 200 y ont déjà été tués. Et 525 milliards de dollars ont été dépensés par les USA en 5 ans de conflit. Même s'il est souhaité par la majorité des Américains, un retrait trop brutal pourrait aujourd'hui déstabiliser le pouvoir irakien encore précaire et relancer la guerre civile. Surtout, il apparaîtrait comme une victoire des ennemis des Etats-Unis, notamment de l'Iran. Barack Obama a annoncé lors de sa campagne un retrait d'Irak dans les seize mois suivant l'élection. Un retrait progressif "bataillon par bataillon" a aussi été évoqué. Mais une chose est sûre : le nouveau président devra sans doute revoir ses délais pour un retrait complet d'Irak, faute de temps, mais aussi de budget.

05.11.2008

OBAMANIA, OUI, MAIS SAVOIR RAISON GARDER

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Quelle folle nuit, celle que nous venons de passer et qui a vu le quasi plébiscite du candidat démocrate américain, Barack OBAMA! Tout simplement magique, mémorable, historique, géant comme on dit! Le monde entier a été en fête, à l'unisson, pour l'élection du candidat de couleur OBAMA, dans la course à la Maison Blanche. Pour plus d'un, cela a été une nuit merveilleuse! Pas donc étonnant que toute la communauté internationale lui adresse ses sincères félicitations.

Mais (car il y a un mais), l'euphorie qui a suivie cette élection, notamment côté africain, me donne quelques appréhensions. Deux lectures peuvent être faites de cette liesse populaire continentale:

1- Les africains, tout comme le reste du monde d'ailleurs, célèbre la force du symbole que représente l'accession à la magistrature suprême américaine de Barack Hussein OBAMA, un homme dans les veines duquel coule du sang africain comme le leur. Cela est de bonne guerre!

2- Les africains espèrent, à travers cette véritable révolution, que la politique américaine pour l'Afrique change significativement, parce que c'est leur "cousin" qui trône au sommet du monde. C'est à ce niveau de la perception africaine qu'une tristesse qui ne dit pas son nom m'étreint. Comme je l'ai déjà dit sur ce blog et que je le redis, l'Amérique reste l'Amérique, un système puissant, implaccable et depuis longtemps huilé, qui ne saurait minimiser l'intérêt américain au profit d'actes de philanthropie, à l'adresse de l'Afrique ou du reste du monde.

BARACK OBAMA 7.jpgLes africains ne devraient pas "béatifier" OBAMA. Leur déconvenue pourrait en être que plus effroyable! Tout ce qu'ils devraient retenir de cette victoire d'OBAMA, c'est qu'à force de croire à un idéal et à force de travail, on parvient toujours à atteindre son objectif et à réaliser ses rêves les plus fous. C'est ce que les Africains devraient retenir et se mettre immédiatement et sérieusement au travail, pour sortir leur continent de la précarité lamentable dans laquelle il est plongé, par la faute de certains de ses fils indignes, d'authentiques rénégats, assoiffés de pouvoir, sans attendre un nouveau messie, en la personne du nouvel élu.

En tant qu'Africain, nous éprouvons tous une légitime fierté de voir qu'un des fils de l'Afrique (même si on ne peut plus vraiment dire qu'il est africain) soit devenu l'homme le plus puissant de la planète mais nous devons savoir raison garder. Plutôt que de désormais passer leur journée à passer la pommade à OBAMA, nos Chefs d'Etat devraient tirer une leçon remarquable et significative de cette merveilleuse expérience d'OBAMA, un homme qui a travaillé de façon ardue pour se hisser parmi l'élite (il est l'un des meilleurs avocats de tous les Etats-Unis, après avoir fait de brillantes études à Havard) et qui a bravé vents et marées pour se percher sur le piedestal le plus haut du monde, devant des icônes comme Hillary CLINTON ou John McCAIN.

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Bon vent à Barack Hussein OBAMA et que l'Afrique se mette au travail pour se sortir, elle-même, de la précarité, par la force de ses poignets!

Que DIEU bénisse l'Afrique!

DINDE Fernand AGBO


20.10.2008

OBAMA, LES NOIRS, LES JUIFS ET L'AFRIQUE

Barack Obama et sa famille du Kenya.jpg
A propos de l'auteur TENE Thierry:
Thierry TENE est fondateur et directeur d’A2D Conseil spécialisé dans le conseil et la formation sur le développement durable.


Octobre 13, 2008

Le 4 novembre, OBAMA sera « probablement » le prochain président des Etats-Unis d’Amérique, si on en croit les derniers sondages. Un autre indicateur est la crise économique qui frappe actuellement l’Amérique et le reste du monde. En effet, les américains font plus confiance aux démocrates, pour les questions économiques, et aux républicains, pour celles de la sécurité. Quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, l’Obamania a pris une telle ampleur, notamment dans la communauté noire, qu’on peut légitimement s’interroger sur les marges de manœuvres du sénateur de l’Illinois pour répondre aux attentes du monde entier.

Quand on est noir, faut-il être prophète chez les blancs avant de le devenir chez les noirs ?

La mobilisation actuelle des noirs américains, de l’Afrique et sa diaspora pour Obama est si forte (une visite des sites et forums communautaires permet de mesurer cet engouement) qu’on oublierait presque qu’il y a à peine 9 mois, le sénateur métisse ne faisait pas l’unanimité surtout chez les afro-américains. Il existe chez la plupart des noirs, une idéologie assez incroyable qui voudrait qu’on ne soit reconnu pour son talent et ses compétences que lorsqu’on est apprécié par les autres communautés, particulièrement les blancs. L’examen de passage d’Obama a donc lieu le 3 janvier 2008, lorsque à la surprise générale, il remporte les caucus (première élection des primaires démocrates) dans l’Iowa. Cet état a la particularité d’être très conservateur et peuplé majoritairement de blancs. L’impact médiatique de cette victoire symbolique sur Hillary Clinton va pousser certains électeurs afro-américains à croire aux chances d’Obama. Les remarques subtiles et frôlant parfois le racisme de Bill Clinton vont contribuer à consolider le vote des noirs pour Obama. L’ancien président américain avait même été déclaré « président des noirs » par ces derniers. Paradoxalement, au début des primaires, Obama a eu du mal à mobiliser l’électorat noir. En effet, le débat a fait rage chez les afro-américains pour savoir si Obama, qui n’est pas descendant d’esclaves (du moins directement) et qui est métis, faisait réellement partie de leur communauté.

Obama, candidat des noirs ou des juifs ?

Il est toujours un peu risqué de s’autodéclarer ou de désigner quelqu’un comme le représentant d’une communauté, surtout lorsque celui-ci n’a rien demandé et s’en défend. L’humoriste Dieudonné peut être cité en exemple. Suite au sketch « controversé » de celui-ci et de l’impact médiatique que cela a eu, la majorité des membres de la diaspora africaine va prendre fait et cause pour ce dernier. Les critiques de la presse, de certaines associations communautaires et des hommes politiques français vont contribuer à l’élever en martyr et défenseur de la cause noire. Lorsque le comédien va prendre des positions plus polémiques et fréquenter des personnalités (comme Jean-Marie Le Pen) dont certains propos à l’encontre des noirs sont clairement racistes, ces derniers vont se retrouver face à un véritable dilemme. On peut aussi citer Harry Roselmack dont la promotion aux commandes du journal le plus regardé d’Europe était présentée comme une réelle avancée pour les noirs. Qui peut réellement évaluer cet impact ? Cette nomination a-t-elle modifié le contenu rédactionnel du journal ou le nombre d’articles positifs sur les noirs et l’Afrique ? Citons enfin la Secrétaire d’Etat Rama Yade dont l’ascension devrait être un évènement pour les noirs. Madame Yade influence-t-elle la politique africaine de la France ? Sous son impulsion, quelles sont les initiatives qui ont été prises pour améliorer le quotidien des français d’origine africaine ?

Ces exemples montrent bien qu’il est important que les noirs se posent la question suivante : Est-ce que la réussite personnelle de l’un d’eux, sans leur soutien, en fait une réussite collective et, par corollaire, un représentant de leur communauté?
Barack Obama est-il donc le candidat des noirs ? Pour répondre à cette question, suivons le parcours politique du candidat et l’origine de ses principaux collaborateurs. Après son diplôme à Columbia, Obama décide de s’investir dans le social à Chicago. Il y rencontre Gerald Kellman, un juif qui a besoin d’un afro-américain afin de faciliter la mise en place de projets sociaux auprès de cette communauté. Diplômé également de l’Université d’Harvard, il épouse Michelle Robinson, en 1992. Le rabbin Capers C. Funnye Jr, cousin de celle-ci, est le premier afro-américain membre du Conseil des rabbins de Chicago et a été ordonné rabbin, en 1985. Il œuvre activement pour le rapprochement entre les différentes communautés et particulièrement entre juifs et noirs.

Dans le premier et deuxième cercle du candidat démocrate, à l’exception de quelques personnalités afro-américaines comme Susan Rice (ancienne Secrétaire d’Etat aux Affaires Africaines, sous la présidence de Clinton), Valerie Jarrett (l’amie et confidente de la famille) et Cornell Belcher (l’un des rares noirs qui réalisent des sondages, aux Etats-Unis), les principaux stratèges et conseillers d’Obama sont issus de la communauté juive. Nous ne pouvons tous les citer mais une recherche sur Internet permet de se faire une idée. Evoquons tout de même David Axelrold, qui peut être considéré comme l’un des principaux artisans du succès d’Obama. Il a la particularité de s’être spécialisé dans l’émergence des élus afro-américains comme Harold Washington, le premier maire noir de Chicago, John Street de Philadelphie, Anthony Williams de Washington, Dennis Archer de Detroit, Michael White de Cleveland, Lee Brown de Houston et surtout Patrick Deval, le premier gouverneur noir du Massachusetts.

La milliardaire afro-américaine Oprah Winfrey, reine de la télé américaine peut également être citée comme l’une des actrices du succès d’Obama. Engagée à ses côtés depuis le début (participation à des meetings et organisation des collectes de fonds), une étude de l’université du Maryland démontre qu’elle aurait rapporté près d’un million de voix au sénateur de l’Illinois, au cours des primaires démocrates. Il faut dire qu’elle à une côte de popularité très forte auprès de ses téléspectateurs qui sont majoritairement blancs. Il suffit par exemple qu’elle parle d’un livre dans son émission et le résultat se traduit par une explosion des ventes.
Lors de la tournée internationale du candidat démocrate, on peut regretter qu’il n’ait pas choisi (comme le sénateur McCain) de visiter un pays africain. Par ailleurs, de sa visite en Israël à l’intervention devant l’ AIPAC « American Israel Public Affairs Committee » qui est un puissant groupe de pression sur le gouvernement américain pour la défense d’Israël, Obama a donné toutes les garanties pour la poursuite des relations particulières qu’entretiennent ces deux Etats. C’est également un passage obligé pour de nombreux dirigeants politiques du monde lors de leur séjour, aux Etats-Unis. On entend souvent tout et n’importe quoi sur la communauté juive. Ils ont le mérite de se compter et de le faire savoir. Ainsi dans chaque Etat, ils savent exactement leur nombre et n’hésitent pas brandir la menace d’un vote sanction si leurs doléances n’étaient pas écoutées. Les noirs ne peuvent ils pas seulement s’en inspirer ?

L’hebdomadaire Le Point du 18 septembre 2008 publie un article de Bernard-Henri Lévy (le philosophe français le plus médiatique) dont des extraits méritent réflexion « comment il (Obama) est le seul - parce qu’il représente une minorité visible mais n’en défend pas moins l’idéal citoyen - à pouvoir arracher l’Amérique au mauvais démon de la guerre des minorités, de l’enfermement dans les ghettos, des communautarismes en rivalité, voir en guerre… Pourquoi il est le seul, encore, à pouvoir résorber la fracture qui s’annonce et qui, si elle se creusait, serait une catastrophe culturelle, métaphysique, donc politique, pour l’Amérique : cette fracture entre juifs et noirs, cette rupture de la grande Alliance nouée, dans les années 60, entre les deux minorités et qui a été l’honneur, le moteur et l’aiguillon de la grande Amérique réformatrice et de ses batailles… » Alors, Obama : une réussite juive ou afro-américaine ? Obama est il le candidat afro-juif ? Peut-il concilier ces deux communautés ? A chacun de se faire une idée…

L’Obama français ou le syndrome NIMBY ?

Aux Etats-Unis, comme en France, à l’exception de quelques personnalités, les leaders politiques noirs sont peu nombreux, contrairement à d’autres communautés dont le pourcentage dans la population globale est parfois inférieur à celui des noirs.
L’ascension d’un politique noir est, dans ce contexte, un évènement et celui du sénateur Obama est d’autant plus symbolique qu’il est le premier noir à représenter l’un des grands partis à l’élection présidentielle et surtout, il pourrait être le premier président noir ou métis des Etats-Unis. Vu la côte de popularité dont il bénéficie dans plusieurs pays et notamment en France, on peut légitimement s’interroger sur les chances réelles d’un candidat noir d’accéder à l’Elysée. Le sénateur de l’Illinois est apprécié aussi bien à droite qu’à gauche de l’échiquier politique français.
L’opinion publique et les politiques de l’Hexagone se livrent au NIMBY (Not In My Back Yard) ou OMA (Oui Mais Ailleurs). Un candidat noir aux portes de la Présidence de la République, très bien, mais aux Etats-Unis. D’ailleurs, aussi bien au Parti Socialiste qu’à l’UMP, combien de ses politiques sont prêts à choisir un leader noir pour les représenter. Ils répondront avec hypocrisie et sans blague que l’opinion n’est pas prête. La personnalité préférée des français est un métis. C’est peut-être les politiques qui ne sont pas prêts. Il serait également facile de rejeter toute la faute sur les politiques sans balayer devant sa porte. Ils sont nombreux ces français d’origine africaine qui utilisent le succès d’Obama pour stigmatiser la France.

En 2002, lorsque la députée Guyanaise Christiane Taubira était candidate à la Présidence de la République, combien des 5 millions de noirs ont voté pour elle ?
Quelles leçons les noirs devraient tirer de l’ascension d’Obama :

1. Le travail et la croyance en ses rêves ;
2. L’histoire n’est jamais écrite d’avance ;
3. La vie n’est pas une fatalité ;
4. Même face à certains commentaires et/ou comportements racistes, ne pas s’enfermer dans ce débat et puiser dans le positivisme pour avancer ;
5. Eviter les réactions du « noir en colère » qui est toujours en train de renvoyer la faute aux autres.

Barack Obama a réussi a s’imposer face à l’une des familles les plus puissantes du parti démocrate. Même Martin Luther King, dans son « dream », n’avait pas imaginé un tel scénario. Le sénateur de l’Illinois sera peut-être dans un mois, le prochain président des Etats-Unis d’Amérique. En tout cas, nous le souhaitons vivement. Par ailleurs, Obama ne fera pas grand-chose pour l’Afrique et les africains ne devraient d’ailleurs rien attendre du candidat démocrate. Par contre, qu’à travers son exemple, les africains comprennent que tout est possible et qu’on peut partir de zéro et se retrouver au sommet du monde. Il y a là une source de motivation qui devrait habiter toute une génération d’africain, loin de l’image misérabiliste répandue et des clichés sur le continent noir. Il est, également, très important de se définir soi-même comme modèle, ce qui oblige inconsciemment à travailler dur pour réussir et se motiver.
Quelque soit votre domaine d’activité, votre niveau d’étude ou votre situation sociale, avec pour devise « travail, confiance en soi et positivisme », YES YOU CAN !

Lu pour vous sur www.20mai.net