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mardi, 20 septembre 2016

LIBYE: L'OFFENSIVE ANTI-KADHAFI DE 2011 BASEE SUR «DES POSTULATS ERRONES»

 

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© Stefan Rousseau, AFP | Nicolas Sarkozy et David Cameron aux côtés de Mustafa Abdul-Jalil, président du Conseil national de transition libyen, lors d'une visite éclair à Benghazi, en Libye, en septembre 2011.

 

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 14/09/2016

 

Dans un rapport publié mercredi, des parlementaires britanniques accablent l’intervention militaire menée par le Royaume-Uni et la France en Libye en 2011 contre l'ex-chef de l'État libyen Mouammar Kadhafi.

 

"La stratégie du Royaume-Uni fut fondée sur des postulats erronés et sur une analyse partielle des preuves". Dans un rapport publié mercredi 14 septembre 2016, des parlementaires britanniques ne mâchent pas leurs mots pour critiquer l'intervention militaire britannique en Libye en 2011. La Commission des Affaires étrangères a ainsi relevé plusieurs erreurs dans le processus décisionnel qui a amené Londres à intervenir militairement en 2011 avec la France – alors dirigée par Nicolas Sarkozy – et le soutien des États-Unis, officiellement pour protéger les civils réprimés par le dictateur Mouammar Kadhafi.

L'ancien Premier ministre David Cameron en prend pour son grade : "Il [le gouvernement] n'a pas pu vérifier la menace réelle que le régime Kadhafi faisait peser sur les civils; il a pris au pied de la lettre, de manière sélective, certains éléments de la rhétorique de Mouammar Kadhafi; et il a échoué à identifier les factions islamistes radicales au sein de la rébellion", écrivent les parlementaires dans leur rapport.

David Cameron dans le collimateur des parlementaires britanniques

Selon Crispin Blunt, le président de la commission, le gouvernement Cameron aurait pu privilégier d'autres options qui auraient amené à de meilleurs résultats. "Un engagement politique aurait pu permettre de protéger la population civile, de changer et de réformer le régime à un coût moindre pour le Royaume-Uni et la Libye", estime-t-il. "Le Royaume-Uni n'aurait rien perdu en suivant ces pistes, au lieu de se focaliser exclusivement sur le changement de régime par des moyens militaires", a-t-il affirmé dans un communiqué.

David Cameron aurait aussi dû savoir que les islamistes radicaux allaient chercher à profiter de la rébellion, estime la commission, selon laquelle il n'existe pas d'indication que la nature de la rébellion ait été correctement analysée par Londres. David Cameron est donc "le responsable final de l'échec à développer une stratégie cohérente en Libye", jugent les députés.

L'ancien Premier ministre conservateur n'a pas voulu témoigner devant la commission, évoquant "un emploi du temps chargé", selon le rapport. D'autres acteurs politiques majeurs sont en revanche venus témoigner devant la commission : l'ancien ministre de la Défense Liam Fox et celui des Affaires étrangères William Hague, ainsi que l'ancien Premier ministre Tony Blair.

Ce dernier a déclaré à la commission avoir joint par téléphone Mouammar Kadhafi en février 2011 pour tenter de le convaincre d'abandonner le pouvoir. "Nous n'avons pas vu d'éléments prouvant que le Premier ministre d'alors, David Cameron, ait tenté d'exploiter les contacts de M. Blair", dit la commission.

Nicolas Sarkozy aussi épinglé par le rapport britannique

Le rapport n'est pas beaucoup plus tendre à l'égard de l'ex-président français Nicolas Sarkozy, fer de lance de l'opération militaire en Libye. Les parlementaires britanniques citent notamment les conclusions d'un conseiller d'Hillary Clinton après une conversation avec les services de renseignements français. Selon le rapport britannique, Sidney Blumenthal a détaillé auprès de la secrétaire d’État américaine d'alors les motivations du président français, qu’il résume en cinq points : accéder au pétrole libyen ; accroître l’influence de la France en Afrique du Nord ; servir son propre intérêt politique en France ; fournir à l’armée française l’occasion d’asseoir sa position dans le monde ; couper court aux ambitions de Kadhafi visant à supplanter la domination de la France sur l’Afrique francophone. Aucune mention donc de la protection des civils réprimés par Mouammar Kadhafi, officiellement brandie pour justifier une intervention militaire sur le sol libyen.

L'échec de la transition post-Kadhafi en Libye est également un sujet sensible aux États-Unis, où Hillary Clinton a dû répondre à des accusations après l'attaque de l'enceinte diplomatique américaine de 2012 à Benghazi, dans laquelle l'ambassadeur américain Christopher Stevens et trois autres Américains ont été tués. L'actuelle candidate démocrate à la présidence, qui était secrétaire d'État du président Barack Obama au moment des faits, a dû témoigner dans un climat tendu devant le Congrès, et l'opposition républicaine a dénoncé un scandale politique.

En Libye, cinq ans après la chute et la mort de Mouammar Kadhafi, le chaos continue de régner dans le pays où le gouvernement d'union nationale (GNA), soutenu par l'ONU, peine à asseoir son autorité sur l'ensemble du pays depuis son installation en mars à Tripoli. Mardi, les forces du gouvernement non reconnu qui siège dans l'Est se sont emparées du dernier des quatre terminaux du Croissant pétrolier, des installations cruciales pour l'économie du pays situées entre Benghazi et Syrte, une ville d'où les forces du GNA tentent depuis quatre mois de chasser le groupe jihadiste État islamique (EI) qui en avait fait son bastion.

 

Avec AFP

 

Source: FRANCE 24

lundi, 30 janvier 2012

LA LIBYE SOMBRE DANS LE CHAOS

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Les autorités libyennes de transition ne parviennent plus à contenir le mécontentement d'hommes armés jusqu'aux dents.


Y a-t-il encore un gouvernement en Libye ? Trois mois après la mort de Muammar Kadhafi, le pays semble inexorablement sombrer dans le chaos. En à peine quatre jours, les autorités libyennes de transition ont essuyé quatre revers de taille, comme un symbole patent de leur échec. Samedi, le siège du Conseil national de transition (CNT) à Benghazi (Est), pourtant berceau de la révolution, a été envahi par les manifestants, après avoir été visé par des grenades. Le lendemain, c'est le vice-président Abdelhafidh Ghoga qui a été contraint à la démission, après avoir été victime jeudi d'une agression à l'université de Ghar Younès.

Lundi, ce sont des partisans pro-Kadhafi lourdement armés qui, à la surprise générale, ont repris dans le sang le contrôle de la ville de Bani Walid, ex-bastion kadhafiste au Sud-ouest de Tripoli. Au centre de la tourmente, le président du Conseil national de transition, Mustapha Abdel Jalil, a exclu pour l'heure une démission du CNT. Brandissant la menace d'une "guerre civile", l'homme fort de la Libye nouvelle a accusé des "mains cachées" d'être responsables des dernières violences. Pourtant, aux dires des habitants de Benghazi, il est d'ores et déjà le prochain sur la liste.

Les mystères du gouvernement

"Le CNT est plus affaibli que jamais", estime Hasni Abidi (1), directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam). "Il a voulu jouer le rôle de l'armée égyptienne, en se portant garant de la transition. Mais il n'en a ni l'étoffe ni les moyens", ajoute le chercheur. "Il n'a jamais été conçu pour durer, et se heurte désormais aux aspirations de la population." De l'aveu des Libyens, le CNT n'a jamais rompu avec l'ère Kadhafi. Formée d'anciens apparatchiks de l'ex-régime libyen, en décalage complet avec les aspirations de la jeunesse révolutionnaire, l'institution pèche par un mode de gouvernance opaque, toujours basé sur le clientélisme de ses cadres. Ces derniers se réunissent dans des "lieux secrets" pour statuer sur l'avenir du pays.

Le même mystère entoure la redistribution des richesses du dictateur disparu, que la communauté internationale a décidé de débloquer. "Les salaires des fonctionnaires, y compris rebelles, qui étaient payés jusqu'à la chute du régime, ne sont plus versés aujourd'hui", révèle Patrick Haimzadeh (2), diplomate en Libye de 2001 à 2004. Autre anomalie, la nomination en novembre dernier du technocrate Abdel Rahim al-Kib au poste de Premier ministre, chargé de former un nouvel exécutif, alors que les principales décisions restent l'apanage des dirigeants du CNT. Symbole de cette contradiction, l'existence au CNT de responsables chargés de la sécurité, de la défense et de l'information, alors que ces mêmes postes sont également assurés par des ministres du nouveau gouvernement.

Véritable guerre civile

Mais le véritable fléau qui frappe la Libye nouvelle reste la prolifération d'armes à travers le pays. Si celles-ci ont permis aux troupes rebelles de se débarrasser du Guide libyen, elles approvisionnent désormais allègrement les milices tribales, aussi bien en Cyrénaïque (Est) qu'en Tripolitaine (Ouest). Et les combattants ne sont prêts à les rendre sous aucun prétexte, à moins d'obtenir une place de choix au sein du nouveau pouvoir. De retour de Libye, Patrick Haimzadeh décrit une véritable "guerre civile" entre tribus rivales : "L'État n'existe plus. Les gens sortent la kalachnikov au moindre problème. Ils n'ont aucun intérêt à rendre les armes, pour rejoindre une armée sous-payée, commandée par des généraux qu'ils ne reconnaissent pas." D'après le diplomate, ils sont dorénavant nombreux dans le pays à rejeter systématiquement toute loi proposée par le CNT, peu importe son contenu.

Une réalité d'autant plus inquiétante que les autorités se trouvent totalement désemparées, face au poids grandissant des comités révolutionnaires armés se créant dans chaque quartier. Il en existerait plusieurs centaines rien qu'à Tripoli. "Le CNT a clairement peur de se heurter à une opposition farouche", note Hasni Abidi. Dans ce contexte de guerre, l'hypothèse de la tenue en juin d'élections pour une assemblée constituante semble plus qu'improbable, d'autant plus que la Libye ne possède aucune culture politique. D'ailleurs, sous la pression de la rue, le CNT n'a eu d'autre choix que de reporter sine die, dimanche, l'adoption de la loi électorale qui régira la future élection.

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Par


(1) Auteur du livre "Où va le monde arabe : entre islamistes et militaires" (Éditions Encore d'Orient, février 2011)

(2) Auteur du livre "Au coeur de la Libye de Kadhafi" (Éditions JC Lattès)


Source: LE POINT.FR

jeudi, 22 décembre 2011

LA LIBYE, UN PAYS EN DECOMPOSITION AVANCEE


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Libye - Le chaos s'installe peu à peu, lentement mais sûrement!

 

Alors que les nouvelles autorités libyennes ne savent plus où donner de la tête, c'est maintenant au tour du peuple de constater qu'il s'est trompé. Les soi-disant rebelles  défilent chaque jour dans les rues. Pas seulement en Libye, mais, au Maroc, en Grèce, en Turquie, en Tunisie et en Égypte. Ils lancent des cris d'orfraie, disent qu'ils sont maltraités dans les hôpitaux, ne sont pas payés, etc. Vous pouvez remarquer que ces gens ne sont soutenus nulle part.

C'est le visage hideux de ces bandits qui s'exprime dans toute sa splendeur. Pour le peuple donc, rien ne se passe. Syrte est complètement détruit. Ce n'est une découverte pour personne. Il n'y a rien sur les marchés, dans les hôpitaux. La tuberculose s'est déclarée, la typhoïde aussi, bref, de nombreuses maladies, suite à l'insalubrité des villes. Au temps de Kadhafi, la Libye était propre, même dans les coins les plus reculés. Les pauvres libyens voient dans leurs maisons aujourd'hui, des rats affamés, de vrais rats.

Selon nos informations, de nombreux renégats volent et s'enfuient vers les pays voisins. De nombreux veulent même présenter des excuses pour le mal qu'ils ont fait. Il se peut que de nombreux djinns aient prévu le pire pour les renégats. Du coup, ils sont convaincus que leurs péchés retombent sur eux. Sur le terrain, il ne se passe pas un jour sans que les félons aient des pertes humaines. Ce n'est que justice, d'autant plus que la bestialité de ces criminels et de leurs amis impérialistes de l'OTAN ont causé du tort à la Libye. Un bilan désastreux: 100.000 morts, 240.000 blessés, 78.000 disparus, 10.300 viols et 350.000 réfugiés.

C'est ainsi que de  Tarhunah à Tripoli, en passant par Bani Walid, Zentan, Tobruk, Benghazi,  Misrata, Sabha ou Gadhames, ce n'est plus la joie pour le CNT. Demain la chute ? Nous l'espérons bien.


Source: Le blog d'Allain Jules

lundi, 03 octobre 2011

LIBYE: LES VERITES VOIENT LE JOUR

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L'Alliance atlantique peut-elle plus, veut-elle plus en Libye ? Le fait est qu'elle se trouve dans une sale situation, parce que les initiateurs du bourbier actuel avaient des informations particulièrement optimistes, quand la réalité se trouvait dans l'anticolonialisme exacerbé du peuple libyen, dans ses capacités de résistance et dans son entêtement à ne jamais se soumettre, quel que soit le prix à payer. Les bombardements criminels et leur lot de victimes ont achevé de le convaincre qu'il doit se battre jusqu'au bout. Il ne reste plus aux agresseurs et à leurs supplétifs qu'à se gargariser d'une «victoire» que personne ne voit sur le terrain et à la fabriquer, coûte que coûte, en crédibilité, à une presse mondialisée et fédérée dans l'ignominie du mensonge.

Mais, inévitablement, le système médiatique commence à s'épuiser devant les faits. Il ne peut plus continuer indéfiniment à annoncer presque quotidiennement la prise de Béni Walid et, depuis quelques jours, il ne peut plus cacher pourquoi l'OTAN continue de bombarder et pourquoi le «nouveau pouvoir» ne trouve à s'installer nulle part. Les canaux alternatifs ont fini par gagner en audience et à attirer ceux, en masse, qui ont fini par être écœurés par les ridicules contorsions d'une presse qui n'arrive même plus à trouver les ressorts qu'il lui faut pour se renouveler. La faute est parfois imputée à l'inconséquence de l'OTAN/CNT, pour se dédouaner, ce qui arrive assez tard pour faire oublier des mois de mépris de téléspectateurs, d'auditeurs ou de lecteurs trompés. Sur des sites sourcilleux vis-à-vis de l'authenticité des informations postées, une leçon aux monopolisateurs de la démocratie, on peut accéder à une actualité qui ne met pas en scène les seuls «révolutionnaires» et qui n'est pas fabriquée par les centres de propagande.

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On peut apprendre qu'il n'y a pas de «victoire» mais un massacre continu que la «communauté internationale» ignore. On peut apprendre que les ONG humanitaires refusent ou sont interdites de porter secours aux habitants de Syrte qui paient le prix de défendre leur dignité et qui manquent cruellement de médicaments. On peut apprendre que le «nouveau pouvoir» ne contrôle pas grand-chose dans le pays et qu'à l'inverse, sans les bombes des avions occidentaux, il ne tiendrait pas une journée. On peut apprendre que des quartiers de Benghazi et de Tobrouk sont insurgés et que Tripoli vit un face à face où ce sont les résistants qui ont l'initiative avec le soutien de la population, dont les manifestations anti-OTAN sont sauvagement réprimées. On peut apprendre, surtout, malgré les prévisions de l'OPEP et de la presse spécialisée que la production de pétrole est loin de faire l'objet de la moindre prévision, puisque tout bonnement Brega et Ras Lanouf sont sous contrôle de la résistance libyenne et que Zaouiah connaît des assauts incessants.

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Ceci n'est qu'une partie de la liste des vérités qui ont fini par gagner une opinion qui grossit à vue d'œil. A leur lumière on pourra comprendre pourquoi le «nouveau pouvoir» reproche à l'OTAN de «ne pas faire assez» et pourquoi le colonel Roland Lavoie, porte-parole de l'opération «protecteur unifié» lui répond que «l'Otan n'a pas pour objectif d'apporter un soutien aux forces du CNT au sol». Dans la foulée, bientôt, il faudra bien que soit mise sur la table cette escroquerie criminelle de «protection des civils».


Par Ahmed Halfaoui


Source : LES DEBATS.COM

mardi, 20 septembre 2011

QUI PROTEGE-T-ON A SYRTE, BANI WALID...?

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Maintenant qu'il n'est plus question de «protéger» Benghazi ou plus largement les «civils», maintenant que Nicolas Sarkozy et James Cameron sont allés goûter leur moment de triomphe à Tripoli et à Benghazi, à quoi servent les bombardements contre Bani Walid, Syrte et d'autres localités, dont les habitants appellent la société mondiale à leur secours.

Pour ceux qui savent que depuis le début il n'y avait ni civils à protéger ni révolution à prémunir d'une aviation, invisible du reste, ces bombardements sont justifiés par le refus des Syrtiens et des Bani Walid de se soumettre à l'OTAN. On parle de milliers de morts, qui viennent s'ajouter aux dizaines de milliers des frappes précédentes. Dans les médias, aucune image, aucun témoignage, de ces «pro- Kadhafi», sortis du champ et déshumanisés. Qui sont-ils, pourquoi résistent-ils ? On le saura bien un jour, quand il ne sera plus question que de faire le bilan des victimes.

Des «pro- Kadhafi», cela devrait avoir une consistance. Mais on ne nous la donne pas. Ce qui importe est de les associer à celui qui est censé représenter l'ultime menace. Certains médias font mieux, pour eux l'OTAN «bombarde Kadhafi», les enfants, les femmes, les hommes, qui reçoivent le feu et l'acier du ciel n'existent pas. Dans leurs pays le moindre bobo ameute des régiments de psychologues au chevet des victimes, des cellules d'écoute se mobilisent, les témoignages de sympathie pleuvent. Les Libyens ne font pas partie de la même Humanité. Ils sont un obstacle à l'équipée prédatrice. Dans les deux villes martyres, ils ont leur dignité comme baume qui les protège de l'effondrement. Et tout démontre qu'ils ne se laisseront pas faire, jusqu'au bout des forces qui leur restent. Ce faisant, ils démasquent, chaque heure qui passe, l'horrible imposture.

Ce faisant, ils démontrent que l'OTAN, si elle impose ses supplétifs, aura bien du mal à régner pacifiquement sur un pays où gronderont des torrents de haine. Elle doit le savoir, puisqu'elle y va de toute sa hargne chargée de mépris et de racisme contre ces irréductibles qui ne font, pourtant, que défendre leur pays contre une agression barbare. Ils sont au moins 500 000 à être encerclés, privés d'eau, de médicaments et d'électricité et soumis aux bombes des avions qui ouvrent la voie à des «révolutionnaires» alibis.

Avec la complicité scandaleuse de tous ceux qui se sont emparés du monopole des droits de l'homme. Le crime est transformé en mission libératrice de gens qui ne veulent pas être libérés. Tant qu'à faire, ils sont ignorés. Il n'y aurait que leurs oppresseurs qui résistent. Là on ne nous explique pas comment ces derniers tiennent depuis des mois et pourquoi on ne trouve pas grand monde pour applaudir le «nouveau pouvoir» en dehors des plans serrés des caméras. La vérité est que le monde est entré dans une nouvelle ère où il devra affronter ses pires démons. Point de place pour le faible, point de place pour les justes, seuls les rapaces s'invitent au banquet où ils veulent mettre eux-mêmes la table. Vivront des miettes qui tombent ceux qui feront preuve de servilité. Ce que les Libyens ont compris en poussant à la folie sanguinaire l'Alliance atlantique.

 

Par Ahmed Halfaoui

 

Source: LES DEBATS.COM

samedi, 09 juillet 2011

LA FRANCE S'ISOLE EN LIBYE

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Par Armin Arefi

Après la Russie et le Royaume-Uni, c'est au tour du Congrès américain de prendre ses distances avec l'initiative française d'armer les rebelles.


Après avoir fustigé l'intervention américaine en Irak, la France jouerait-elle désormais le mauvais rôle en Libye ? Paris se trouve en tout cas chaque jour davantage isolé auprès de ses alliés, en dépit de l'annonce mardi de l'abandon du parachutage français d'armes aux rebelles libyens. Après la Russie et le Royaume-Uni, c'est maintenant au tour des États-Unis de prendre leurs distances avec l'initiative française. En effet, la Chambre américaine des représentants a voté jeudi un amendement interdisant au Pentagone de fournir tout équipement, entraînement ou soutien militaire aux opposants de Muammar Kadhafi, sans pour autant couper les fonds nécessaires à la poursuite de la guerre en Libye. À l'origine du vote, le représentant républicain Tom Cole, qui a insisté sur la "responsabilité du Congrès (...) à mettre fin à cette aventure irréfléchie en Libye".

Pour Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) et ancien militaire de haut rang dans l'armée de l'air, ce vote possède à la fois des portées intérieures et internationales. "Il s'agit d'une réaction logique du Congrès américain qui n'a pas été consulté au moment de l'engagement américain en Libye", explique le chercheur. "Mais c'est aussi un sérieux rappel à l'ordre vis-à-vis de la France et de son interprétation extrêmement limite de la résolution 1973 de l'ONU."

Des missiles en guise d'aide

Les résolutions 1970 et 1973, qui ont ouvert la voie à une intervention occidentale en Libye, sont notamment censées, d'une part, prévoir une zone d'exclusion aérienne visant les forces du colonel Kadhafi et, de l'autre, mettre en oeuvre "tous les moyens nécessaires" pour éviter des exactions contre les populations civiles. Des "moyens" qui ont donc pris la forme de lance-roquettes, de fusils d'assaut, de mitrailleuses et de missiles antichars parachutés par avion dans la région montagneuse du djebel Nefoussa, au sud de Tripoli, a-t-on appris le 28 juin dernier dans les colonnes du Figaro.

Or, c'est avec des mots très durs que Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a condamné publiquement le 1er juillet l'initiative française, devant un Alain Juppé médusé. Pour le chef de la diplomatie du Kremlin, qui a dénoncé une "violation grave de la résolution 1970", cette résolution permettrait en réalité "à n'importe qui de faire n'importe quoi, n'importe quand". Faux, répond le ministre français des Affaires étrangères, qui met en avant la situation "extrêmement précaire" des populations attaquées par Kadhafi pour expliquer le geste français, qui, selon lui, rentre donc "exactement dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU". Mais Paris était loin de se douter que la gronde irait jusqu'à gagner son principal partenaire en Libye, c'est-à-dire le Royaume-Uni.

"Une guerre civile"

"Cette résolution ne prévoyait pas d'armer un camp contre un autre dans une guerre civile, à l'intérieur d'un pays dont on avait oublié qu'il n'avait pas vocation à rester uni", estime Jean-Vincent Brisset, qui pense que l'on sous-estime les soutiens dont dispose encore Muammar Kadhafi dans le pays. Tandis que le conflit va bientôt entrer dans son quatrième mois et que Tripoli est toujours aux mains du colonel Kadhafi, cette dernière polémique ne symbolise-t-elle pas l'enlisement d'une coalition dont l'intervention ne devait pourtant pas dépasser la quinzaine de jours, dixit les membres du Conseil national de transition libyen, réunis en mars à Paris ? Et l'ancien pilote de chasse de mettre en cause certaines décisions politiques : "Peut-être les gouvernements engagés auraient-ils dû se concerter avec de véritables connaisseurs de la Libye avant de s'engager."


Source : LE POINT.FR