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mercredi, 31 juillet 2013

GUILLAUME SORO, MEDIATEUR DE L’OIF EN EGYPTE: UNE INSULTE A LA CONSCIENCE HUMAINE

 

côte d'ivoire,Guillaume Soro, médiateur de l’OIF en Egypte,Une insulte à la conscience humaine,Benjamin Koré,le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 17 juillet 2013

 

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a décidé d’envoyer une mission d’information et de contact en Egypte afin d’aider au règlement du conflit politique qui secoue ce pays. Selon le communiqué produit à cet effet, le secrétaire général de l’OIF, le controversé Abdou Diouf, a porté son choix sur Guillaume Soro Kigbafori, ex-chef de la rébellion armée ivoirienne et président du Parlement sous le régime Ouattara, pour conduire cette mission au Caire du 16 au 20 juillet 2013.


Toute initiative visant à éteindre le foyer de tension en Egypte est salutaire. Mais le choix porté sur Soro au nom de l’OIF, l’organisation francophone commune, constitue un véritable scandale. D’autant que Soro a dirigé une rébellion qui a commis de pires atrocités et des membres de cette rébellion continuent de sévir en toute impunité. Par ailleurs, M. Diouf dépêche M. Soro en Egypte alors que la Côte d’Ivoire que ce dernier et ses amis rebelles ont martyrisé depuis septembre 2002 est toujours en lambeaux. Parce que la crise sociopolitique ivoirienne demeure. Elle s’est même accrue depuis la guerre postélectorale. Certes les armes se sont tues, mais la fracture sociale est abyssale et les lendemains sont de plus en plus incertains. Les communautés qui peuplent la Côte d’Ivoire continuent de s’affronter à mort

du fait des animosités entre elles. Récemment dans la région de Bouaflé, Baoulé et Burkinabé se sont affrontés faisant plusieurs morts. Le pays est devenu une bombe à retardement qui peut exploser à tout moment. Insécurité galopante, violations des droits humains, Justice des vainqueurs, réconciliation compromise etc., tout est là pour une déflagration. Il est donc incompréhensible qu’Abdou Diouf dépêche Guillaume Soro Kigbafori

sous d’autres cieux alors que la Côte d’Ivoire, le pays dont Soro est censé être le N°2 du régime en place, est dans la tourmente.  La preuve, le dialogue entre le pouvoir et l’op - position significative est bloqué. Le Fpi, principal parti d’opposition, demande au régime Ouattara la désignation d’un médiateur pour faciliter le dialogue politique. Si Abdou Diouf estime que Guillaume Soro a une âme de médiateur, pourquoi ne lui demande-t-il pas de faciliter le dialogue politique en Côte d’Ivoire ?

Vers la Cpi…

Si Soro est porté au premier plan de la scène politique ivoirienne, c’est parce qu’il a choisi la voie des armes. Il demeure le responsable de l’aile civile de la rébellion armée. En choisissant Soro, Abdou Diouf continue de se révéler comme un soutien de l’ex- rébellion armée en Côte d’Ivoire. On se souvient qu’il était très en verve durant la crise postélectorale ivoirienne en appelant de tous ses vœux d’utiliser la force pour renverser Laurent Gbagbo du pouvoir. On se souvient qu’il avait encouragé Gbagbo à permettre la candidature d’Alassane Ouattara en promettant le désarmement des rebelles. Gbagbo, de bonne foi, l’a fait. En retour, Abdou

Diouf n’a pas exigé des rebelles qu’ils désarment. S’il choisit aujourd’hui Soro pour la mission de l’OIF en Egypte, cela signifie qu’il est dans sa logique de faire chemin avec la rébellion armée qui a déstabilisé la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui que la rébellion est au pouvoir en Côte d’Ivoire, Abdou Diouf tente de donner une carrure internationale à Soro. D’où cette mission égyptienne. Où étaient Abdou Diouf et l’OIF quand un coup d’Etat a emporté Amadou Toumani Touré (ATT) au Mali ? Diouf était à la tête de l’OIF. Alassane Dramane Ouattara à la tête de la Cedeao et Soro était toujours un des dirigeants de la Côte d’Ivoire. Ils étaient tous là, mais ils n’ont pas levé le petit doigt en faveur d’ATT alors que ce dernier a été démocratiquement élu comme Mohamed Morsi en Egypte. Diouf, Ouattara et Soro ont plutôt œuvré à parachever le coup d’Etat en laissant ATT prendre le chemin de l’exil sénégalais parce que c’était la volonté de la France sous Nicolas Sarkozy. La Côte d’Ivoire, le Togo, la Guinée-Conakry et bien d’autres pays francophones sont en crise. Mais l’OIF reste amorphe et aphone. On a tout compris.


Benjamin Koré, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 17 juillet 2013.

samedi, 15 juin 2013

LES CONTRE-VERITES DE BEDIE: MARCOUSSIS N'A PAS ABROGE LA CONSTITUTION

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«Il s’agit des dispositions qui ont été prises à l’époque. Mais l’âge de 75 ans a été aboli, au niveau de l’Etat, de l’élection présidentielle à Marcoussis. Pour le prochain congrès, il s’agit de faire comme au niveau de l’élection présidentielle. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de limite d’âge pour la vie politique», répond Aimé Henri Konan Bédié à la question posé par le journaliste de Rfi relativement à la limite d’âge inscrite dans les textes de son parti concernant la présidence du Pdci.

Ainsi, pour Bédié, Marcoussis lève le verrou pour qu’il n’y ait plus de limite d’âge en politique. C’est bien une façon de dire tant qu’il est en vie, il pourra toujours demeurer à la tête de son parti, peu importe la force physique. Le président du Pdci évacue donc tout le doute sur son désir de se porter encore candidat au prochain congrès de son parti.

Bédié a raison, car un parti politique est une association privée. C’est une cuisine interne qui ne concerne que les militants de son parti. Si ceux-ci veulent d’un président à vie, ils s’inscriront dans cette dynamique à leur congrès. Mais il n’est pas normal que Bédié établisse un lien avec l’élection présidentielle. Car Marcoussis avait fait des faveurs momentanées et de façon exceptionnelles en raison de la crise.

Quand le président du Pdci se réfère à Marcoussis, cela voudrait dire que Marcoussis se substitue désormais à la loi fondamentale, la Constitution ivoirienne. Marcoussis ne régit pas le fonctionnement de la Côte d’Ivoire. La preuve, après Marcoussis, Laurent Gbagbo a fait usage de l’article 48 de la Constitution pour permettre à Ouattara d’être candidat de façon exceptionnelle.

Pour dire que Marcoussis ne doit pas servir d’éternelle boussole au fonctionnement de la Côte d’Ivoire. Qu’un ancien président de la République raisonne de la sorte, c’est faire preuve de méconnaissance de son pays et des lois qui le régissent. En tout état de cause, Marcoussis peut abolir la limite d’âge, mais l’être humain peut trouver que ses forces le lâchent et renoncer à un poste.

On l’a vu au Cameroun avec Amadou Ahidjo qui a quitté le pouvoir. En Afrique du Sud, Nelson Mandela s’est contenté d’un seul mandat, avant de renoncer au pouvoir. Tout près de nous, au Ghana, Jerry Rawlings a laissé le pouvoir. Au Sénégal, Léopold S. Senghor a su partir de la présidence de la République. Pourtant, ces personnes avaient la possibilité de mourir au pouvoir, mais elles ont trouvé qu’elles n’avaient plus l’énergie nécessaire pour rester à la tête de l’Etat.

C’est sur la présidentielle de 2015 qu’on attendait une clarification du Pdci. Est-ce que le Pdci, le plus vieux parti, aura un candidat ? «La politique, c’est l’art de l’impossible. Ce qu’on ne peut pas imaginer peut être la réalité». Telle est la réponse du président Bédié. Ce qui voudrait dire que, pour lui, il est fort possible que le Pdci ne présente de candidat pour la présidentielle 2015. C’est là une autre façon de dire que le Pdci peut s’abstenir de présenter un candidat en 2015.

Le raisonnement de Bédié donne raison à ceux qui le soupçonnent de vouloir liquider le Pdci au profit de la candidature d’Alassane Ouattara. Il veut préparer le terrain pour permettre à Ouattara de s’adosser au Pdci afin de se maintenir au pouvoir.

 

Benjamin Koré, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 14 Juin 2013.


Source: LA DEPECHE D'ABIDJAN