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mardi, 29 octobre 2013

MAUVAISE GOUVERNANCE: OUATTARA CACHE LES CHIFFRES DE LA CORRUPTION


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Un bilan de la passation des marchés publics a été fait le vendredi 18 octobre en conseil des ministres. Prétextant d’une mission, le porte-parole du gouvernement Koné Bruno s’était alors furtivement éclipsé, laissant le soin à son adjoint d’entretenir les journalistes à l’issue du conseil des ministres. Mais curieusement, Affousiata Bamba-Lamine ne donnera aucun détail sur les marchés publics concédés en termes d’investissements, de gré à gré et d’appels d’offres. La ministre a préféré la fuite en avant plutôt que de livrer des chiffres certainement effrayants.  «J’ai un document, je l’ai sorti en souriant un peu, qui est épais, vous le voyez, qui concerne donc l’exécution de la passation des marchés publics à fin juin 2013. Ce que nous allons faire, je vous promets que toutes les parties qui concernent effectivement les taux d’exécution vous seront remis pour que vous puissiez en faire bon usage. Parce que je pense que le document est effectivement volumineux et si je devais rentrer dans le détail des choses, on ne finira pas aujourd’hui», a-t-elle botté en touche. On n’aura aucun détail sur ce document de 140 pages. Du moins, jusqu’au conseil des ministres suivant prévu le mercredi 23 octobre, avait rassuré la ministre de la Communication.

Cacophonie au gouvernement

Une semaine après, la cacophonie dans la communication gouvernementale l’emportera à nouveau. Koné Bruno ayant repris du service, il soutient n’avoir pas été saisi de cette préoccupation des journalistes. «Vous demandez les chiffres. Si je ne suis pas prévenu, malheureusement, je peux difficilement vous les donner. Je n’avais pas cette information donc je ne suis pas venu avec ce dossier. On me dit que vous pouvez vous adresser éventuellement au service communication de madame la ministre pour avoir ces chiffres là», a-t-il esquivé. Là encore, fuite en avant. Alors qu’il avait promis de nous donner ces informations depuis le 18 octobre dernier, sans jamais le faire, nous avons contacté à nouveau, hier vendredi, un conseiller technique d’Affoussiata Bamba- Lamine. Notre interlocuteur nous a ramené au discours de sa patronne. «Le détail de la situa - tion est consultable auprès du ministre auprès du premier ministre, chargé de l'Economie et des Finances», a-t-il ajouté. Une autre fuite en avant qui finit de convaincre du mystère qui entoure les chiffres de la passation des marchés publics.
 
Que cache-t-on aux Ivoiriens ?

 «Dénoncée par tous les observateurs, de la Banque mondiale à l'Union européenne, l'inflation des marchés octroyés de gré à gré est devenue phénoménale. L'an dernier, ils représentaient 40 % du montant des contrats publics et ont même atteint 60 % au premier trimestre 2013. Dans une économie saine, cela ne dépasse pas 10 % à 15 %, selon un expert du FMI», publiait le 5 août dernier le site inter - net de Jeune Afrique. Ce sont ces chiffres alarmants de l’explosion des marchés gré à gré qui traduisent la mauvaise gouvernance, la corruption, le clientélisme, le favoritisme, le népotisme, les conflits d’intérêts dans la course à l’enrichissement illicite que le régime Ouattara refuse de dévoiler au grand jour.  En tout cas, l’on a des raisons de le penser, au regard des scandales qui ont enseveli la gestion des affaires publiques sous Ouattara. En effet, la charte d’éthique que Ouattara a fait signer à ses ministres le 9 août 2011 n’aura été que de la poudre aux yeux. Alors ministre de la Salubrité urbaine, Anne Ouloto avait confié la gestion des déchets aux sociétés Saterem et Greensol. Alors que cette dernière entreprise appartenant aux «Bictogo» avait seulement été créée en novembre 2011, soit un mois après l’ouverture de l’appel d’offres. La ministre avait été déboutée par l’Autorité nationale de régulation des marchés publics en février 2012. Kandia Camara avait également attribué le marché de l’inscription en ligne des élèves à la société Celpaid, propriété du camarade de parti, le ministre de la construction Sanogo Mamadou. Et ainsi de suite… Vivement donc que ces chiffres soient publiés.


Benjamin Silué, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 913 des samedi 26 et dimanche 27 octobre 2013.

vendredi, 28 septembre 2012

COTE D'IVOIRE - DERNIER KATA DE RATTRAPAGE: DES EX-COM'ZONES NOMMES PREFETS DE REGION

 

 

TUO FOZIE ET BEN LADEN.jpg

 
Ouattara bombarde 3 ex-chefs de guerre préfets de région 

 
Une insulte à l’intelligentsia ivoirienne, la décision que vient prendre Alassane Ouattara en nommant hier mercredi 26 septembre 2012, trois ex-chefs de guerre, préfets de région. Notamment, le Cdt Ousmane Coulibaly dit Ben Laden, Tuo Fozié et Koné Messamba. Un pied-de-nez aux administrateurs sortis de l’ENA. 

Les populations des régions qui accueilleront sous peu leurs nouveaux préfets de région doivent-elles en rire ou en pleurer ? En effet, Alassane Ouattara, chef de l’Etat a nommé respectivement préfets de région à San Pedro, Bondoukou et Guiglo, les ex-chefs de guerre Ousmane Coulibaly dit Ben Laden, Tuo Fozié et Koné Messamba. Avant d’être bombardé «préfet de région» à San Pedro, le Cdt Ben Laden était le «patron» du Camp de la Bae, devenu tristement célèbre pour s’être vu transformé en un véritable camp de «concentration ». Il était par ailleurs Com’zone à Odienné dans le nord du pays, où est jusque là détenue l’ex-première Dame Simone Gbagbo. 

Quant à Tuo Fozié, l’une des premières figures de l’iceberg «rébellion du 19 septembre 2002», il était jusqu’à sa nomination chef de l’unité des FRCI chargée de lutter contre le racket. Pour sa part, l’ex-chef de guerre Koné Messamba, était l’ex-directeur des forces paramilitaires des Forces nouvelles. Tous ces trois nouveaux «préfets de région» ont plusieurs points en commun. Ils sont originaires du nord du pays et ex-chef de guerre ; ils ont des problèmes à s’accommoder avec la langue de Molière. C’est donc à ces trois personnes qui ont objectivement comme background environ dix ans de rébellion qu’il échoit des postes très administratifs. 

Un pays sous contrôle des ex-chefs de guerre 

Comment comprendre la démarche d’Alassane Ouattara qui s’obstine à ridiculiser l’Etat de Côte d’Ivoire avec de telles mesures ? Alors que les administrateurs civils de qualité et de compétence il y en a à profusion dans le pays. A moins que le chef de l’Etat ne veuille étiqueter ces trois régions comme des «zones de guerre», où il faut des préfets «militaires». Mais là encore, il est passé à côté de la plaque, puisque la guerre est belle et bien terminée, selon son propre propos, depuis presque deux ans. Même là encore ces trois ex-chefs de guerre n’ont ni le bagage intellectuel requis ni les grades appropriés pour de telles fonctions. 

Alors qu’on avait pensé à la réunification véritable du pays et à un retour à la normalité, Ouattara replonge le pays dans un mode de gestion typique à l’ex-rébellion, avec des Com’zones. Et c’est bien le cas de le dire. On comprend aisément pourquoi le concours d’entrée à l’Ecole nationale d’administration (ENA) a été purement et simplement suspendu depuis deux ans. On ne sera pas étonné si dans quelques semaines Alassane Ouattara nomme des ex-chefs de guerre comme Gouverneurs des 12 nouveaux districts créés. 



Frank Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"






Ouattara nargue la CPI



Selon certaines indiscrétions dans le milieu diplomatique étranger en Côte d’Ivoire, la Secrétaire d’Etat américain, Hillary Clinton, lors de son passage, a demandé au numéro un ivoirien de lâché certains chefs de guerre impliqués dans les massacres de Duékoué et de Yopougon durant la crise postélectorale pour qu’ils répondent de leurs actes devant la Cour pénale internationale (CPI). 

Depuis hier, la position d’Alassane Ouattara est connue sur le sujet. Il a en effet nommé, depuis hier en conseil des ministres, trois anciens chefs de guerre de l’ex-rébellion ivoirienne à la tête de trois régions du pays. Il s'agit d'Ousmane Coulibaly (dit Ben Laden) à San Pedro, Tuo Fozié à Bondoukou et de Koné Messamba à Guiglo. Parmi ces trois figures de proue de l’ex-rébellion, un ex-chef de guerre, Ousmane Coulibaly, commandant de la sécurité de la commune de Yopougon jusqu’à sa nomination, est accusé par les organisations des droits de l’homme d’être impliqué dans les massacres de Yopougon. 

Et on se rappelle que, selon des sources proches du pouvoir, l’ex-adjointe de Luis-Moreno Ocampo, lors de son dernier passage à Abidjan, avait évoqué la possibilité de mettre très rapidement le grappin sur les auteurs des massacres des civils à Duékoué, à Yopougon et leurs «donneurs d’ordre». Ce qui, selon elle, pourrait redorer le blason de son institution dont l’image est fortement terni par des accusations de partialité. Eu égard à ce que, depuis l’arrestation et la déportation du président Laurent Gbagbo à La Haye, aucun auteur de crimes avérés du camp Ouattara n’a encore été mis sous contrôle judiciaire. 

Pourtant, Amnesty international et d’autres organismes sur qui ne sauraient planer des soupçons de collusion avec le camp Gbagbo, après investigations, avaient révélé la responsabilité directe de certains chefs de l’ex-rébellion, notamment Chérif Ousmane, Ben Laden, Losseni dit Loss et bien d’autres dans les massacres de Duékoué et Yopougon. Face à Fatou Bensouda, Alassane Ouattara, selon des indiscrétions, n’avait pas exprimé sa gêne, d’autant plus que la grogne que pourrait provoquer l’inculpation des exchefs de guerre suscités pourrait fragiliser son pouvoir. 

Le numéro un ivoirien aurait tout simplement demandé (comme à l’accoutumée lorsqu’il s’agit d’inculper des personnalités de son camp) de laisser une chance aux enquêtes qui sont menées sur ce sujet d’aboutir. Et garanti de mettre les coupables à la disposition de la justice. Mais ces mesures prises hier en nommant Ousmane Coulibaly (dit Ben Laden) aux plus hautes fonctions de l’administration au moment où l’opinion s’y attendait le moins démontre clairement qu’Alassane Ouattara n’est pas disposer à coopérer avec la justice internationale dans le lâchage de ses partisans pour que ceux-ci répondent de leurs nombreux crimes. Et la volonté de la Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, selon le confrère de J.A dans son édition en ligne du mardi 17 janvier, de voir Soro (même à titre de témoins) et certains ex-chefs de guerre devant la CPI, tombe ainsi dans oreilles de sourd. 

 
 
Benjamin Silué, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"

 
 
Source: AFRIK53.COM

vendredi, 31 août 2012

RIPOSTE - LES OBSERVATEURS DE FRANCE 24 ET LEURS CHOIX PARTICULIERS

 

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C’est l’histoire d’une série de vidéos en ligne qui ont fait le buzz avant de susciter la polémique. Au commencement, il y a un mystérieux compte Youtube d’où ont été postées, il y a «un mois», des images révoltantes de soldats FRCI soumettant quasiment tout un village à des traitements inhumains et dégradants à «Alépé», nous signale le «posteur». Ces images ont mis quelques semaines à être récupérées par les «facebookers» et certains blogueurs de ce qu’on pourrait appeler la «gbagbosphère». En l’absence d’explications claires de la personne – «Richard Geremy», certainement un pseudonyme – qui les a publiées, les supputations sont allées bon train. Certains internautes ont daté ces images de juin 2012.

C’est alors que France 24, à travers son émission «Les Observateurs», entre en scène et enquête. Ses conclusions ? Les images datent de mai 2011 et non de juin 2012 et décrivent néanmoins des sévices réels. Comme l’explique l’équipe des Observateurs, aidée par la journaliste Péguy Bruguière. «France 24 a pu contacter un témoin oculaire de la scène, qui a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat. Il nous affirme que les faits se sont déroulés à Domolon, un petit village de la région d’Alépé, en mai 2011, soit quelques semaines après la chute de Laurent Gbagbo, l’ancien président. Il explique que, ce jour-là, les FRCI étaient venues venger d’autres soldats qui s’étaient fait "lapider" par un groupe de jeunes de la ville une semaine auparavant (sur la 3e vidéo, on entend à plusieurs reprises les soldats parler de "lapidation de FRCI"). Après avoir pillé plusieurs maisons du village, les FRCI ont alors regroupé les jeunes sur la place et les ont soumis à des actes humiliants. En entendant les tirs, le curé d’Alépé, qui se trouvait à Dabré, un village mitoyen, a accouru en soutane pour tenter de ramener le calme (à plusieurs reprises, on voit un homme en soutane blanche sur les images). Il est parvenu à convaincre le commandant "barbu" visible sur la 3e vidéo de libérer les jeunes, expliquant que ceux qui avaient agressé les FRCI la semaine précédente ont fui le village. Après plusieurs heures, les soldats ont fini par partir, laissant la population "traumatisée", selon notre témoin.»

Il y a tout de même un hic. L’angle fort que France 24 choisit de mettre en valeur, c’est le «retour de la cyber-manipulation», qui serait bien entendu le fait des vilains pro-Gbagbo. C’est un angle discutable et dangereux. 

Discutable parce que rien ne prouve que le fait que les images aient été datées de juin 2012 par certains internautes n’est pas tout simplement lié à une erreur de bonne foi qui s’est diffusée en ligne. Rien ne prouve même que celui qui a mis les vidéos en ligne est celui qui les a filmées. On a souvent l’impression qu’elles ont été prises par un FRCI, puis volées d’une manière ou d’une autre par celui qui les a anonymement dévoilées à la face du monde. 

L’angle de France 24 est dangereux parce qu’en insistant lourdement sur le fait que ces exactions se sont produites il y a plus d’un an, on sous-entend subtilement que les choses se sont arrangées depuis, ce qui n’est absolument pas vrai, comme l’indiquent de nombreux témoignages sur la pratique de la torture qui persiste, et que dénonce même la très officielle Commission nationale des droits de l’homme de Côte d’Ivoire.

Au final, l’angle de France 24 trahit la gêne de la «grande presse» française. Elle a soutenu à fond Alassane Ouattara qui se révèle à la pratique un chef autoritaire dont la troupe criminalisée viole au quotidien les droits de l’homme. Il faut donc pinailler, créer le flou, parler d’autre chose… continuer à bas bruit la diabolisation de l’adversaire commun. Le grand méchant Gbagbo et ses satanés patriotes des rues et des réseaux sociaux.

 

Benjamin Silué


Source: LE NOUVEAU COURRIER

vendredi, 28 octobre 2011

PREMIER HADJ SOUS OUATTARA: LA GRANDE DESILLUSION DES MUSULMANS


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Un seul mot pour qualifier le ressentiment des fidèles musulmans, candidats au Hadj 2011 : la désillusion. Eux qui avaient cru, de bonne foi peut-être, qu'avec l'avènement d'Alassane Ouattara au pouvoir, tout roulerait comme sur des patins à roulettes. Que nenni!


Hier, lorsque nous arrivions dans les locaux abritant le Haut commissariat du Hadj à Cocody, dans les environs du Lycée Technique, la bousculade était indescriptible. Elle atteint son paroxysme avec la fracture de la porte de la salle de conférence, où les kits de voyage sont distribués aux candidats à la Mecque. Il aura fallu toute la détermination des policiers sur les lieux pour contenir la foule de pèlerins déchainés qui réclamaient chacun, à juste titre d'ailleurs, son kit de voyage. Face à tous ces désagréments, les pèlerins ont voulu crier leur ras-le-bol en paralysant pendant près de deux heures, le boulevard Mitterrand, à quelques encablures de l'échangeur du Lycée Technique. «Nous sommes fatigués, on veut des vols pour partir faire notre pèlerinage », criaient en chœur les pèlerins, vieillards, adultes et jeunes venus accompagnés leurs parents.

On regrette déjà le Hadj version Gbagbo

Un fidèle musulman, le regard perdu dans la foule, revient brutalement sur terre lorsque nous l'accostons : «C'est la première fois de ma vie que je vois ça. Quand les autres (Gbagbo et son régime, ndlr) étaient encore là, c'était mille fois mieux. Avec les autres qui n'étaient pas musulmans, c'était très bien organisé, mais ce sont nos propres frères qui sont aujourd'hui là et c'est n'importe quoi», lâche-t-il amèrement.

Mme Coulibaly Mandjara épouse Kouyaté ne dit pas autre chose. «Nous avons été programmé, mais il n'y a pas de vol. On nous fait espérer, pourtant il n'y a rien. Avec Gbagbo, tout était bien. Mais Ouattara est arrivé, tout est mélangé. Pourquoi ?», se lamente-telle. Plusieurs fidèles interrogés sont unanimes : la désorganisation et la pagaille organisées sont les maitre-mots des préparatifs du Hadj version Ouattara. Longtemps invités à s'acquitter des frais de transports ainsi que de toutes les formalités administratives pour obtenir le visa pour l'Arabie Saoudite, les fidèles musulmans, comme à l'accoutumée, accomplissent leur part. Ainsi, 1,5 millions de FCFA sont directement payés au Trésor public par chaque candidat au Hadj. Les formalités sont dûment remplies et ces derniers obtiennent leurs visas. Seulement, quand arrive le moment de distribuer les kits de voyage composés essentiellement d'une valise à l'intérieur duquel se trouvent plusieurs objets dont un Iram (foulard avec lequel le musulman attache la tête et prie), c'est le cafouillage.

Quand le business pointe son nez

«On ne sait pas qui fait quoi, qui donne quoi», explique un vieil homme complètement groggy par dix longs jours d'attente, sans suite. Ce désordre, plusieurs fidèles le croient organisé expressément pour leur soutirer de l'argent, comme en témoigne d'ailleurs I. Diaby : «Pour obtenir mon kit, j'ai dû décharger le camion qui les a convoyés. En plus, j'ai payé 1000 FCFA», s'indigne-t-il. Bakayoko Cheick Ibrahim révèle qu'avant-hier seulement, 10 kits ont été officiellement distribués sur les 120 prévus pour ce jour. «Les 110 autres kits ont été distribués en deal. Pour avoir ça, on devrait donner entre 1000 FCFA et 3000 FCFA voire plus», confesse-t-il. Tous ont du mal à comprendre que le Hadj subventionné à hauteur de 2 milliards de FCFA, selon le gouvernement, soit l'occasion pour certains de s'enrichir sur le dos des pèlerins.

D'ailleurs, selon un autre fidèle, les Irams sont vendus au Golf, à Adjamé et même au ministère de l'Intérieur à hauteur de 15 000 FCFA voire 16 000 FCFA. L'affichage des listes n'échappe pas également à l'organisation «wouya wouya» mise en place. «Nous avons payé ce qu'il y a à payer, ils ont toutes nos listes. Pourquoi ne pas programmer les vols sur la base des listes de paiement au lieu d'afficher une liste par jour ?», s'interroge un autre, rouge de colère. Ce dernier effectue depuis plus d'une semaine la distance Anyama - Direction des Cultes sans succès. La situation est d'autant plus préoccupante que le 30 octobre, c'est-à-dire dans trois jours, plus aucun vol ne sera admis sur le sol saoudien. Or sur les neuf vols prévus par le ministère pour évacuer les 5553 candidats ivoiriens au Hadj, seulement trois vols ont pu être effectués jusqu'à ce jour. Ils dénoncent aussi les changements souterrains de noms sur les listings. En effet, selon les manifestants, les premiers inscrits sur les listes censés être sur les premiers vols se retrouvent paradoxalement sur les 5ème, 6ème voire 7ème vol. Et pire, des pèlerins ont reçu leurs kits et billets d'avion hier à 14h 30 pour un vol qu'ils devraient prendre à 14 heures. Ils n'ont donc pu effectuer le vol et font le pied de grue à la Direction des cultes pour espérer être à nouveau programmés dans un autre vol. Toutes ces anomalies, les pèlerins ont du mal à se les expliquer. Au ministère où ils attendent des explications, aucune oreille attentive.


Benjamin Silué, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 353 du jeudi 27 octobre 2011.


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO