topblog Ivoire blogs

mardi, 24 mars 2009

DEBAT SUR LE PRESERVATIF: L'HOMME EST-IL UN ANIMAL COMME LES AUTRES?

BENOIT XVI.jpg
Par Alix Ducret. Le 19 Mars 2009, sur Historia Nostra.

L'homme est un animal. Mais n'est-il que cela ? Et n’est-il qu'un animal sexuel ? C'est ni plus ni moins la question que pose l'Eglise catholique depuis pas moins de vingt ans, depuis l'apparition du sida et la promotion du préservatif comme seul moyen d'échapper à cette maladie. Benoît XVI ne fait que réaffirmer la position de l'Eglise, celle de Jean-Paul II avant lui. Et comme son prédécesseur, voici que les foudres médiatiques s'abattent sur lui avec toujours le même discours, la même critique. Pourtant, on peut légitimement se poser la question de savoir qui des deux est le plus criminel : celui qui prône l'assouvissement de ses instincts, quel qu'en soit le prix ; ou celui qui prêche pour une sexualité dépassionnée ? Qui est le plus criminel : celui qui vante l'amour libre, consommable, multiple ; ou celui qui se fait le chantre de la fidélité ? Car c'est bien là la vraie question, le vrai débat pour l'Eglise catholique. Un débat que les sociétés civiles se refusent à admettre parce que la consommation -quelle soit sexuelle ou autre- prime sur tout ; parce qu'il semble aberrant de penser que les passions peuvent être maîtrisées… que l'on soit Européen ou Africain, Blanc ou Noir.
Il est étonnant de constater que ce que l'Eglise affirme depuis vingt ans à travers le monde entier, choque plus particulièrement lorsque ces propos sont tenus en Afrique. Serait-ce que le pape est le seul à considérer que, comme les Européens, les Africains sont capables de parvenir à "une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire à un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle façon de se comporter l'un avec l'autre" ? Cette citation de Benoît XVI fait immédiatement suite à ses propos disant que "on ne peut pas résoudre ce problème par la distribution de préservatif" et que les médias ont abondamment relayés. De fait, il est évident que le discours axé uniquement sur le préservatif et son usage a montré ses limites. Pourquoi, dès lors, un autre discours serait-il impensable ? Pourquoi, aussi, les médias n’ont-ils donné qu'une information tronquée ? Pourquoi ont-ils volontairement -car on ne saurait les accuser de ne pas savoir faire leur métier, n'est-ce pas ?- oublié la demande papale pour la gratuité des soins concernant les malades du sida ?
Mais, contrairement au pape, les journalistes français ne semblent pas considérer que les Africains sont aptes à s'élever au-dessus de leurs instincts sexuels. L'infidélité et le multi-partenariat sont parmi les causes principales de l'extension du sida. Les médecins le savent, l'Eglise le sait et on peut supposer que les médias également. Serait-ce alors que ces mêmes médias considèrent que seul l'Européen -à qui l'Eglise tient le même discours, rappelons-le- est le seul à pouvoir atteindre à un niveau qui ne se cantonne pas à l'animalité ? Serait-ce que, contrairement au pape, qui appelait à Yaoundé les Africains à la responsabilité dans la lutte contre le sida, les médias, intellectuels et politiques français pensent que les Africains en sont incapables ? Serait-ce que, au fond d'eux, nos élites voient les Africains comme inférieurs aux Européens au point qu'ils aient besoin qu'on leur tienne des discours différents ?

Source: www.historia-nostra.com

17:24 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : benoît 16, sida, vih, afrique, cameroun, préservatif, vatican, tournée papale en afrique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 19 mars 2009

LE PAPE BENOIT XVI A-T-IL RAISON DE DECONSEILLER LE PRESERVATIF ?

BENOIT XVI AU CAMEROUN.jpg
En chemin pour une visite officielle au Cameroun s'inscrivant dans une tournée africaine, pendant un point de presse dans l’avion qui l’y conduisait, avant-hier, mardi 17 Mars 2009, le Pape Benoît XVI créé la polémique en déclarant, en substance, que l’argent seul ne pouvait pas régler le problème du sida, ni même le préservatif, qui l’aggraverait plutôt. Pour lui, il faudrait « un peu d’âme, un peu de spiritualité » pour arriver à juguler le mal. L’indignation ne se fait pas attendre, à travers le monde. C’est à un véritable tir groupé contre le Chef de l’Eglise Catholique qu’on assiste. Certains ne sont pas même loin de l’accuser de racisme contre l’Afrique. Un député français l’a même accusé de crime contre l’humanité. Au-delà de cette levée de bouclier générale qu’essaie d’amoindrir la cellule de communication du Vatican en se fendant en explications, que penser de cette déclaration ? Le Pape a-t-il raison de déconseiller le préservatif comme moyen de lutte contre le sida ?

BENOIT XVI AU CAMEROUN (2).jpg
En tant que formateur de formateurs de l’Internationale de l’Education, Section Côte d’Ivoire, en matière de sida (anciennement IST/VIH/SIDA) et ex-Président Régional du REPMASCI, j’ai toujours recommandé les trois moyens de prévention contre le sida que sont l’abstinence pour les jeunes jusqu’au mariage, la fidélité pour les mariés et les personnes qui ont ou vivent avec une ou un partenaire sexuel et le préservatif pour tous ceux qui ne peuvent s’abstenir, qui sont sexuellement actifs et qui ont des rapports occasionnels ou à risque.
Mes convictions chrétiennes me font, naturellement, pencher pour l’abstinence et la fidélité qui constituent les moyens les plus sûrs et les plus fiables pour se mettre à l’abri du sida qui (rappelons-le), en Côte d’Ivoire, se contracte à 90 voire 95% par voie sexuelle et à y mettre plus l’accent. Tel est aussi le choix des chrétiens qui sont évangéliques comme moi et de bien de religieux.

De là à désavouer le préservatif, qu’en penser ? Ma pratique du milieu et mon analyse de la question, en tant que formateur et sensibilisateur, ne me permettent pas de jeter la pierre au Pape Benoît XVI (même si je n’éprouve aucune sympathie pour cet homme ni pour le système qu’il dirige).
Je ne peux non plus le taxer de racisme, sur cette question précise (même si c’est une pratique ordinaire au Vatican, contre les Noirs) ou l’accuser de crime contre l’humanité.

En tant que formateur, je sais que 30% au moins des préservatifs ne sont pas fiables : Défauts de fabrication, mauvaises conditions de conservation par les utilisateurs. Tous les sensibilisateurs sérieux et bien formés vous le diront. Malgré la promotion tous azimuts du préservatif, le taux de séroprévalence ne faiblit pas, dans le monde. Bien au contraire ! Cet indicateur est assez troublant. La situation aurait-elle été pire sans le préservatif ? Personne ne peut le dire de façon péremptoire.

Ajouté à cela, la mauvaise utilisation faite par les utilisateurs qui n’ont pas toujours la bonne manipulation ou la bonne pratique. Cette situation est pire chez les jeunes.
Et à leur niveau, la distribution de préservatifs, pendant nos campagnes de sensibilisation, s’apparente bien souvent à une incitation, une suggestion, un encouragement à avoir des rapports sexuels, même si notre souci premier a toujours été de les exhorter à en avoir de « protégés », au cas où.
Faut-il les encourager à se protéger quand il est plutôt recommandable qu’ils n’aient pas de rapports sexuels, à leur âge ? Du moins, avant le mariage ? Cela fait appel à la morale ou à l’éducation religieuse. Or, justement, la lutte mondiale contre le VIH ne s’en embarrasse pas, même si par souci de multisectorialité de la lutte, on a de plus en plus recours aux confessions religieuses et aux leaders d’opinion dans la sensibilisation et la prise en charge des personnes vivant avec le VIH.
Mais fait curieux, c’est le réveil spirituel, en Ouganda, qui a sauvé ce pays du sida. Ce réveil a déporté des millions d’ougandais vers les valeurs bibliques et spirituelles que sont l’abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage, remettant ainsi la foi et le mariage au centre de l’échelle des valeurs de ce peuple dont on loue, aujourd’hui, unanimement, le net recul du taux de séroprévalence. Humblement, pourquoi ne pas copier ce qui a réussi, ailleurs ?

Je vous raconte juste une petite anecdote : Un jeune marié ivoirien a engrossé son épouse, à deux reprises, en utilisant avec elle le préservatif comme moyen de contraception. Leurs deux enfants sont issus de ces deux rapports « protégés ». Ils ne constituent certainement pas un cas isolé. Alors, imaginez un seul instant que ce soit dans une situation de rapports sexuels occasionnels à risque. Que serait-il advenu de nos deux tourtereaux ? La question reste posée.
Bien de préservatifs ont cédé, se sont déchirés, pendant des ébats amoureux. Mais, je tiens à préciser, ici, que ce n’est pas non plus une campagne contre le préservatif que je mène. Dire ces choses n’est pas saborder le travail de ceux qui se sont engagés dans la lutte, comme moi.

Certes, nous promouvons le préservatif comme moyen de lutte contre le sida mais nous devons aussi la vérité au monde entier, surtout quand il n’existe aucun traitement curatif contre cette redoutable pandémie. Certains y trouveront un mobile pour ne plus en porter ou certaines pour ne plus en négocier le port avec leurs partenaires sexuels. Ce ne serait pas la meilleure décision pour eux.

Il est tout de même juste de dire que même s’il existe des préservatifs défaillants, il en existe également des millions voire des milliards d’excellente qualité, qui ne comportent pas de risque pour les utilisateurs, du point de vue de leur structure moléculaire.

BENOIT XVI AU CAMEROUN (3).jpg
L’aspect sur lequel je rejoins entièrement Benoît XVI, c’est le libertinage débridé que le préservatif favorise chez les jeunes, en particulier, et chez toutes les personnes sexuellement actives, en générale. Lorsqu’un jeune (ou toute autre personne) se met en tête qu’avec le préservatif, il ne risque ni grossesse ni infection sexuellement transmissible (IST), il peut se permettre beaucoup. L’effet induit, c’est qu’on lutte contre le sida tout en démultipliant le nombre de rapports occasionnels et en rapprochant, de plus en plus, la précocité des rapports sexuels chez les jeunes. Sans le vouloir, nous faisons ainsi la promotion du sexe et du libertinage. Tout l’inverse de l’effet escompté.
Finalement, le préservatif : un mal nécessaire ? C’est, malheureusement, ce que cela me semble être. Il existe, assurément, un dilemme cornélien dans le choix à faire entre le fait de préserver les partenaires sexuels du sida par le condom et celui tout à la fois de ne pas les brader au libertinage sexuel débridé, qui n’est pas le moindre mal de notre monde.

A côté de tout ceci, il y a les profits qui se chiffrent en nombre astronomique des fabricants de condoms et des ONG Internationales qui fourmillent dans le monde, dans le domaine de la lutte et qui pourraient sentir leurs intérêts pécuniaires mis en danger par les déclarations du Pape Benoît XVI, quand il condamne l’usage du préservatif dans la lutte contre le sida et recommande le recours à la morale et à la spiritualité comme la voie la plus viable. Remettant, du coup, les ecclésiastiques et les religieux de toute obédience au devant de la lutte, par le moyen de l’éducation morale et spirituelle. J’estime que, vu sous cet angle, ce n’est pas une mauvaise chose. C’en est même une très bonne !


DINDE Fernand AGBO



12:41 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Monde | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : benoît 16, sida, vih, vatican, visite papale au cameroun | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 13 mars 2009

SERGE BILE: LE RACISME, UNE PRATIQUE ORDINAIRE AU VATICAN

Serge Bilé.jpg
À deux semaines de la visite du pape Benoît XVI en Afrique, un essai de Serge Bilé relance la polémique sur la ségrégation raciale au sein de l’Église catholique.

« J’ai fait de la réhabilitation de l’image des Noirs un combat. » Après Noirs dans les camps nazis, La Légende du sexe surdimensionné des Noirs, Quand les Noirs avaient des esclaves blancs, Serge Bilé, qui passait pourtant pour un bon catholique, a publié en janvier Et si Dieu n’aimait pas les Noirs : enquête sur le racisme aujourd’hui au Vatican (éd. Pascal Galodé). Un ouvrage que le journaliste franco-ivoirien, actuellement en poste à RFO-Martinique, a coécrit avec un confrère camerounais, Audifac Ignace. Il suscite déjà une très vive polémique. Mgr Méranville, archevêque de Martinique, a appelé ses fidèles à ne pas acheter un ouvrage « stercoraire », adjectif qualifiant les espèces animales ou végétales se nourrissant d’excréments…

Vous attendiez la première visite du pape Benoît XVI en Afrique pour sortir votre livre ?

Non. J’ai rencontré Ignace Audifac lors d’une conférence à Rome début 2005. Nous partagions la même idée : écrire sur les trois papes africains de l’Histoire, Victor Ier (189-199), Miltiades (311-314), tous deux d’origine nord-africaine, et Gélase Ier (492-496), né à Rome de parents africains, alors que l’on commençait à évoquer l’idée d’un pape noir pour succéder à Jean-Paul II. Il m’a présenté quelqu’un qui nous a remis le télégramme envoyé par l’ambassadeur de Grande-Bretagne au Saint-Siège, sir d’Arcy Osborne, au commandement des forces alliées en 1944. Ce courrier demandait, sur requête de Pie XII, qu’aucun soldat noir ne soit déployé à Rome pour la libération. Cela nous a donné envie d’enquêter sur le racisme au Vatican à travers les siècles, ainsi que sur la vie des religieux africains dans la capitale italienne.

On doit néanmoins à Pie XII la nomination du Béninois Bernardin Gantin à la tête de l’évêché de Cotonou, faisant de lui le premier Noir à diriger, à 34 ans, un diocèse dans toute l’Afrique de l’Ouest…

C’est vrai. Mais cette nomination fut une réponse à la protestation d’un groupe de séminaristes antillais et africains, faisant leurs études à Rome, qui ont publié en 1956 un livre retentissant, Les prêtres noirs s’interrogent, pour dénoncer le manque de considération du Vatican à leur égard. En fait, Pie XII a toujours eu une attitude ambiguë. Quand il était nonce apostolique en Allemagne, il s’est associé à la campagne internationale de dénigrement, orchestrée par les nazis, de soldats noirs de l’armée française accusés d’être des violeurs et de répandre la syphilis. Ce n’est pas le seul pape à avoir eu des positions critiquables. Pie XI n’a lui, rien trouvé à redire aux lois raciales adoptées par Mussolini contre les Noirs en Italie et a fait marche arrière, après avoir dénoncé les exactions de l’armée italienne en Éthiopie, de peur de s’attirer les foudres du Duce.

Vous écrivez « l’Église est humaine jusque dans la curie ». La hiérarchie serait donc elle aussi minée par le racisme ordinaire ?

Ce n’est pas moi qui le dis. C’est l’ancien secrétaire de Gantin, l’évêque béninois Paul Vieira. Voir un Noir gravir les échelons est difficilement accepté en Italie. Gantin, comme l’évêque zaïrois Emery Kabongo, secrétaire particulier de Jean-Paul II, ont subi l’hostilité de prélats et citoyens européens qui n’ont aucune considération pour les ecclésiastiques africains ou asiatiques. Certains ont reçu des insultes, des courriers xénophobes et ont même été agressés par des inconnus, comme Kabongo, dans un passé récent. Gantin avait confié que les prélats africains devaient en faire deux fois plus pour être reconnus.

Autre révélation de votre ouvrage : il y aurait une centaine de prêtres africains « clochards » à Rome…

Ces prêtres, qui viennent compléter leur formation dans la capitale romaine, sont envoyés par leurs évêques avec une bourse qui suffit à peine pour payer leur nourriture et leur loyer. Ils sont amenés à faire des petits boulots, comme célébrer des messes dans les familles au détriment de leurs cours. Si bien que certains ne parviennent pas à finir leurs études et restent sans pouvoir renouveler leur carte de séjour.

Une cinquantaine de sœurs seraient également « en délicatesse avec leur vocation »…

Le sujet est tabou. Nous avons eu un mal fou à trouver des personnes qui ont bien voulu nous parler. Mais il y a effectivement des religieuses noires qui exercent le plus vieux métier du monde pour 50 ou 100 euros auprès d’hommes d’affaires mais aussi de prêtres blancs ou noirs. Cela pose le problème de la vocation. Beaucoup de filles entrent dans les ordres en Afrique pour échapper à la misère. Arrivées en Italie, elles se retrouvent souvent sans moyens, corvéables à merci. Elles ne résistent pas toujours aux avances d’un prêtre ou d’un évêque. Le Vatican n’est bien évidemment pas complice. Mais, dans certains cas, les autorités ferment les yeux. Il y a une filière congolaise que l’on peut difficilement ne pas connaître à Rome…

Vous dénoncez encore les discriminations quotidiennes à l’égard des religieuses et des prêtres africains…

Les sœurs noires sont souvent chargées des tâches ingrates quand leurs consœurs européennes se voient confier les fonctions administratives. Les prêtres africains qui enseignent dans les collèges catholiques mettent plus de temps à être titularisés que les Européens…

Pourquoi se murent-ils dans le silence ?

La peur des sanctions, le carriérisme…

On ne parle plus trop aujourd’hui d’africanisation des pratiques, d’acculturation…

C’est totalement vrai. On fait même marche arrière. Le pape vient de réintégrer toute la communauté de la fraternité Saint-Pie X, dont certains membres sont négationnistes. Tous sont opposés à Vatican II, qui a marqué l’ouverture de l’Église, notamment en matière d’acculturation, et la fin de la malédiction de Cham, utilisée pour justifier le racisme et l’esclavage des peuples d’Afrique noire. En réintégrant 100.000 intégristes, on les conforte dans leurs positions – n’oublions pas qu’ils frayent avec l’extrême droite en France et en Belgique – passéistes et intégristes. On peut se demander si le pape ne partage pas certaines de leurs idées quand on voit qu’il a remis au goût du jour la messe en latin et la prière de conversion aux juifs.

Benoît XVI a-t-il une politique africaine ?

J’espère que son voyage africain en mars nous permettra d’en savoir plus. Beaucoup pensent qu’il se désintéresse de l’Afrique et reste très centré sur l’Europe. Jean-Paul II s’est rendu treize fois sur le continent. On a presque l’impression que Benoît XVI y va à contrecœur quatre ans après son élection. Jusqu’à présent, son message s’est limité aux incantations habituelles contre la guerre ou le sida.

L’Afrique est pourtant le continent où la dynamique d’évangélisation est la plus forte…

C’est paradoxal, mais les Africains – qui ne comptent que quinze cardinaux contre quarante italiens – sont sous-représentés au sein de l’Église.

Avec l’élection d’Obama, on se remet à parler de pape noir…

Ce serait un symbole fort. Mais certains considèrent, comme feu le théologien camerounais Jean-Marc Ela, que cela ne change pas grand-chose, car les ecclésiastiques africains, à l’exception de certains, sont devenus plus romains que les Romains. Francis Arinze est, comme Benoît XVI, opposé à l’avortement, au préservatif et à l’ordination des femmes prêtres. Gantin l’était aussi.

Par : Propos recueillis par Pascal Airault
Source : Jeune Afrique l’Intelligent

15:39 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : vatican, racisme, bénoît 16, serge bilé, serge grah, rfo-martinique, ségrégation raciale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |