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lundi, 11 novembre 2013

WATTAO, UNE INSULTE A L’INTELLIGENCE

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Le 6 novembre dernier, sur France Culture, le journaliste Emmanuel Leclère a dressé un portrait surréaliste d’Issiaka Ouattara, dit « Wattao », l’un des personnages centraux de la crise ivoirienne depuis la rébellion issue du Coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire.

Quand j’ai écouté la première fois ce billet « culturel » ( ?!), j’ai d’abord fait le rapprochement avec le récent reportage de Christophe Hondelatte où ce même Wattao joue la « vedette américaine » en exposant sans vergogne sa « belle gueule » et son « bling-bling » comme le répète Emmanuel Leclère.

Puis je me suis posé la question : pourquoi une telle médiatisation d’un personnage falot qui ne doit sa « réussite » qu’à ses rapines de soudard éclaboussé du sang de ses compatriotes ?

En effet Wattao n’est ni un « ancien chef de guerre », ni un « ex-chef rebelle efficace », ni un « bon commerçant dioula » (pour les connaisseurs, c’est un pléonasme)….Non Wattao est un prédateur nourri de mutineries, de désertions et de rébellions, bras armé des vrais profiteurs de la longue agonie de la démocratie en Côte d’Ivoire, qui n’aurait jamais atteint le sommet du Pouvoir sans l’intervention militaire française en 2011, comme le reconnaît benoîtement Monsieur Leclère.

Wattao est au niveau des autres chiens de guerre qui ont sévit et continuent de sévir un peu partout en Afrique, le plus souvent « commandités » par des mains « obscures » mais expertes à manipuler des pauvres bougres vite enivrés par un pouvoir « inespéré » et qui finit, toujours, par les dévorer.

J’ai connu Wattao petit kakaba du Coup d’Etat contre Bédié en 1999. Il errait dans les couloirs de la Primature (où le Général Guei avait pris ses quartiers au début de la Transition). Il réapparait au cours du Coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002, après avoir fui au Burkina à la suite de l’échec d’une mutinerie anti-Guei en 2000. Il fait rapidement partie des Commandants de Zones (les « Com’Zones ») mis en place par la rébellion qui s’installe dans le Nord du pays après l’échec du Coup lui-même. Il dirige la « compagnie »Anaconda (sans doute dénommée ainsi d’après son surnom personnel : Saha Bélé Bélé-le gros serpent en dioula).Maître de la zone de Seguela, il organise tous les trafics possibles (or, diamant, braquages des agences de la BCEAO…) et n’hésite pas à étendre son territoire en « annexant »  la zone de son complice et néanmoins adversaire « en affaires », Koné Zacharia, lors de la disgrâce de celui-ci prononcée par Guillaume Soro, après une énième exaction mal venue dans le contexte du rapprochement « tactique » entamée par le leader des rebelles qui, on le sait aujourd’hui, n’était que le début de la machination qui devait conduire au renversement du président Gbagbo par tous les moyens.

Ainsi, lors de la cérémonie pour la Fête Nationale le 7 aout 2007, le « Commandant » Wattao exhibe son bel uniforme d’officier et s’affiche, dans le sillage du président Gbagbo, entre le Général Mangou, Chef d’Etat Major des Armées et le Général Clément-Bollée, patron de la Force Licorne (celui-là même que Ouattara vient d’appeler pour « tenter » de recréer une armée nationale digne de ce nom…).

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Wattao et ses coreligionnaires sont de retour dans la République. Mais, dès le début de la crise postélectorale, lui et les autres retournent à leur destin : mercenaires sans foi ni loi, à la tête d’une horde hétéroclite chargée de prendre Abidjan après avoir semé terreur et désolation dans tout le pays. Malgré l’apport logistique et l’ordonnancement tactique mis au point par les « donneurs d’ordre » occidentaux, ils seront mis en déroute les 31 mars et 1er avril 2011, contraints de se retirer de la majeure partie de la ville. Et si la Force Licorne n’avait pas, comme le dit Emmanuel Leclère, « fait le ménage », Wattao ne serait jamais arrivé à la Résidence le 11 avril (où, d’ailleurs, ni lui, ni personne, n’a « passé » les menottes au président Gbagbo).

Il fallait rappeler tout cela pour faire comprendre la réalité de la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui. Plus de 30 mois se sont écoulés depuis que François Fillon, Premier Ministre à l’époque, a déclaré devant l’Assemblée Nationale française qu’il « était fier que l’armée française ait participé au rétablissement de la démocratie en Côte d’Ivoire ». Quelle démocratie ? Celle qui érige en maitres du jeu des chefs de bandes qui n’obéissent qu’à leurs propres lois, celle qui piétine les libertés fondamentales au gré de ses humeurs, celle qui laisse mourir en prison les uns et contraint à l’exil les autres, celle qui pille l’économie nationale et étale insolemment le fruit de ses méfaits face à une population exsangue et meurtrie ?

Pour quelques observateurs des médias internationaux, des « sujets » comme Wattao sont, peut-être, une « source d’inspiration » pour des reportages « chocs », mais pour l’immense majorité des ivoiriennes et des ivoiriens, ainsi que pour tous ceux qui sont attachés au respect du Droit et des Libertés, où qu’ils soient, c’est une forme d’ « insulte à l’intelligence ».

En effet, alors que le Procureur à la Cour Pénale Internationale (CPI) n’en finit plus d’essayer de se justifier dans sa tentative désespérée de trouver des charges contre le président Gbagbo, la Côte d’Ivoire s’enfonce, jour après jour, dans une spirale infernale. Aujourd’hui le pays du président Houphouët, père du « miracle ivoirien », le pays du président Gbagbo, qui avait réussi à atteindre, dans un climat de guerre larvée et de partition du pays, le Point de Décision de l’initiative PPTE (que Ouattara s’est « adjugé », comme beaucoup d’autres réalisations entamées sous le président Gbagbo), ce pays-phare de l’Afrique, vient tendre piteusement la main, ici et là, pour faire « ses fins de mois »…. !

Il est temps que la « communauté internationale », ou du moins ceux qui s’en prévalent, comprennent enfin qu’une Nation ne peut pas être l’otage de « héros » de mauvais films confortés par la lâcheté d’une petite partie de la classe politique prête à toutes les compromissions pour assouvir une soif effrénée d’argent et de pouvoir. La Côte d’Ivoire est une grande nation qui ne se reconnaît pas dans des quelconques Wattao et qui aspire à se développer dans l’harmonie et la concorde, dans le respect des convictions des uns et des autres, dans le cadre d’un débat démocratique libre et pacifique. L’immense espoir qui commence à naître, dans le sillage des actions menées à travers le pays par les dirigeants du FPI, dans l’attente de l’élargissement, indispensable désormais du président Gbagbo, préfigure cette Côte d’Ivoire de demain où personne, quelques que soient ses choix politiques ou religieux, ne sera exclu de la communauté nationale.

Non Wattao n’est pas le « Sheriff » d’Abidjan mais, plutôt, son Dalton.


Le 11 novembre 2013,

Bernard Houdin

Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo

dimanche, 14 juillet 2013

AFFAIRE CPI-LAURENT GBAGBO - BERNARD HOUDIN: DU RESPECT DU DROIT

 

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« Le Conseil Constitutionnel doit être respecté, pleinement respecté, entièrement respecté et personne ne peut suspecter, mettre en cause cette institution sans remettre en cause l’ensemble des institutions (…) le Conseil Constitutionnel est une institution de la République qui, par son indépendance, règle des questions qui sont de sa seule autorité « 

François Hollande, le 5 juillet 2013 

« La démocratie c’est aussi (…) le respect des textes et, d’abord, de la plus grande des normes en droit,  la Constitution. Qui ne respecte pas la Constitution n’est pas démocrate (…) le salut, pour les Etats africains, c’est le respect des Constitutions que nous nous donnons et des lois qui en découlent »

Laurent Gbagbo, le 28 février 2013 devant la CPI

En quelques phrases les présidents François Hollande et Laurent Gbagbo ont exprimé une position de respect du Droit tel que fixé par les textes que les démocraties se donnent librement. Quand le Conseil Constitutionnel, dans un Etat démocratique, a pris une décision, elle est sans appel et, comme l’a dit le président Gbagbo à La Haye le 28 février dernier, elle fait tabula rasa de toute décision d’une juridiction inférieure.

Ironie de l’Histoire (ou clin d’œil ?), ces deux déclarations sont liées à des situations, certes très différentes l’une de l’autre, qui ont en commun d’avoir été « provoquées » par l’action d’un seul et même homme, Nicolas Sarkozy !

En effet le président français réagissait à la critique, par l’ancien président, d’une décision du Conseil Constitutionnel français à l’encontre de ses comptes de campagne, critique exacerbée par son retrait théâtral, en tant que membre de droit, du même Conseil.

Dans le cas ivoirien, c’est le refus du président Sarkozy, à l’époque, de reconnaitre la primauté du droit dans un pays étranger, donc souverain, qui a conduit la Côte d’ivoire à la situation actuelle et le président Gbagbo à La Haye.

Dans le respect du droit nous ne commenterons pas la décision française mais nous tenons, hic et nunc, à remercier le président Sarkozy pour sa « constance » à fouler au pied tout ce qui ne va pas dans « son sens de l’Histoire » !

Oui l’Histoire a « un sens », mais pas celui que Nicolas Sarkozy a voulu lui imposer, dans le mensonge, la falsification et la violence d’Etat. Son attaque en règle de l’institution suprême de son pays, aggravée par son statut d’ancien président, est une aubaine pour tous les défenseurs du droit, où qu’ils soient, et, en particulier, pour tous ceux qui, en Côte d’Ivoire et dans le monde entier, se battent depuis le 11 avril 2011 pour faire triompher la Vérité : Laurent Gbagbo avait gagné l’élection présidentielle du 28 novembre 2010.

Le président Hollande ne peut pas s’exprimer ainsi, dans son pays, sans reconnaitre cette même primauté dans un pays indépendant et doté d’institutions démocratiques comme la Côte d’ivoire à l’époque du mandat de Laurent Gbagbo. Rappelons ici les « avancées » démocratiques dues au président Gbagbo :

-imposition du multipartisme, après des années de lutte pacifique ponctuées de période de prison et d’exil,

-loi sur le financement public des partis politiques,

-loi sur le financement et la protection de la liberté de la presse,

-création d’une Commission Electorale Indépendante (qui sera « instrumentalisée » en 2010 sous l’impulsion, en autres, de Nicolas Sarkozy)

- introduction du bulletin unique et des urnes transparentes dans le processus de vote.

De plus, dans toute la période pré et postélectorale, le président Gbagbo s’est strictement soumis aux procédures légales (ayant personnellement vécu cette période auprès de lui je peux en témoigner formellement). Et c’est ainsi que le président Gbagbo a pu dire également le 28 février dernier, à propos des élections que « c’est celui qui ne les a pas gagnées qui a semé les troubles » c'est-à-dire son adversaire, supporté par Nicolas Sarkozy, drapé dans les plis de la « communauté internationale »,  avatar épisodique des dirigeants dits des « grands pays » quand ils veulent mutualiser leurs forfaits.

De plus elle nous offre l’occasion d’en finir, une fois pour toutes, avec le fallacieux prétexte d’un Conseil Constitutionnel « aux ordres » de Gbagbo en 2010. En Côte d’Ivoire, comme en France, le Conseil Constitutionnel est formé de membres (neuf en l’occurrence dans les deux cas) désignés par différentes autorités (président de la république, présidents du parlement).En Côte d’Ivoire le président Gbagbo, qui n’ a jamais gouverné selon des critères familiaux, ethniques ou religieux, a, là comme pour d’autres nominations, fait appel à la compétence, en dehors de tout autre considération. Ainsi le vice-président du Conseil Constitutionnel était l’ancien principal Conseiller d’Henri Konan Bédié pendant son passage à la tête de l’Etat. Enfin le principe «  d’inamovibilité » des juges est un gage, en démocratie, d’indépendance.

A cet égard il faut rappeler que Monsieur Ouattara, dès son « installation », a foulé, comme dans bien d’autres domaines, les règles élémentaires du Conseil Constitutionnel,  en modifiant illégalement sa composition et en désignant un nouveau président, professeur de …Droit Constitutionnel, qui n’a rien trouvé à y redire !

Le 3 juin dernier la Cour Pénale Internationale n’a pas su (ou pu) aller au bout de la logique en libérant le président Gbagbo après avoir constaté la vacuité du dossier de l’accusation.

Aujourd’hui l’actualité nous rappelle, opportunément, que seul le respect des règles librement fixées fonde notre vie politique, économique et sociale, sauf à sombrer dans la dictature. Le ministre ivoirien de l’Intérieur, dont toute l’histoire personnelle est un défi aux règles les plus élémentaires, s’est vanté de préférer « la justice des vainqueurs au cimetière des vaincus ». A lui, et à tous ceux où qu’ils soient, qui se reconnaissent dans cette logorrhée, nous préférons  l’axiome « Dura Lex, sed Lex ».

On ne bafoue pas indéfiniment L’Histoire.

 

Paris le 8 juillet 2013

 

Bernard Houdin

Conseiller Spécial du président Gbagbo

Représentant du Porte-parole pour l’Europe et l’Amérique

mardi, 04 juin 2013

CPI - BERNARD HOUDIN: «TROP, C'EST TROP!»

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Ce lundi 3 juin 2013 la Chambre Préliminaire I de la Cour pénale Internationale (CPI) devait rendre sa décision de confirmation ou d’infirmation des charges que le procureur de la CPI voulait faire peser sur le président Laurent Gbagbo. Cette décision devait clôturer un premier cycle judiciaire qui avait débuté le 3 octobre 2011 avec le lancement d’une procédure contre le président Gbagbo pour, en particulier, «crimes contre l’humanité» et «violences sexuelles», ce qui avait conduit, dès le 29 novembre 2011, à son transfèrement de Korhogo à La Haye.

Depuis cette date la procédure de la CPI s’est déroulée rigoureusement:

-5 décembre 2011: Audience d’identification (au cours de laquelle, d’ailleurs, le président à pris date devant les uns et les autres: «nous irons jusqu’au bout»!),

-18 juin 2012: premier report de l’Audience de confirmation des charges,

-13 août 2012: deuxième report de l’Audience de confirmation des charges,

-19 au 28 février 2013: Audience de confirmation qui s’est déroulée sur huit séances,

-31 mars 2013: date limite de dépôt des dernières observations écrites.

La décision des juges de la Chambre Préliminaire I devant être rendue dans les soixante jours, la date du 3 juin 2013 était donc une date butoir attendue par tous dans la crainte ou l’espérance. Pour notre part, spectateur attentif des audiences de février, il était clair que le dossier juridique étant vide, comme l’avait magistralement démontré la défense du président, toute décision de confirmation des charges ne pourrait qu’être le signe d’une position politique qui serait intenable à terme au regard de la situation que cela créerait dans un avenir proche en Côte d’Ivoire.

En effet, tout au long des débats de février l’accusation qui avait, dès l’ouverture de la première séance, déclaré haut et fort détenir tous les éléments permettant la confirmation des charges pesant sur le président Gbagbo, avait décrit minutieusement sa théorie du «Plan Commun» qui faisait du président «un coupable évident». Cette «démonstration» ayant été systématiquement mise en pièce par la défense, il restait aux juges à dire le Droit ou a se révéler comme les supplétifs d’un Ordre politique obscur. Dans l’un ou l’autre cas la décision des juges aurait permis de clarifier les choses: la CPI était, soit une Cour «indépendante», soit «une Chambre d’enregistrement» de certains pouvoirs à la volonté hégémonique.

La décision est tombée en cette fin de journée du 3 juin 2013, à la limite extrême du délai imparti, comme pour montrer à l’évidence l’irrésolution du tribunal. Après tout ce long processus, des mois d’enquêtes, des dizaines d’heures d’audience et plus de soixante jours de réflexion, la Cour, désunie par la position «dissidente» de sa présidente, au lieu de recaler le dossier vide du Procureur, lui offre une session de rattrapage (décidément, avec le «rattrapage ethnique» d’ADO, cela commence à faire beaucoup!).

J’ai lu attentivement les dizaines de pages de la Décision et de l’Annexe présentant la position dissidente de Madame de Gurmendi. Je laisse le soin à notre défense d’analyser et de tirer toutes les conséquences qui s’imposent sur le plan juridique mais je pense, et cela sera sans doute le cas de millions de personnes, sur le continent africain d’abord, mais dans le reste du monde aussi, que trop, c’est trop!

Le président Gbagbo s’est battu toute sa vie pour défendre la démocratie. Il a été élu en 2000, après une période de transition militaire de sinistre mémoire pour les ivoiriens, il a dès son élection recherché le consensus national, il a été attaqué, en septembre 2002 par ceux-là même qui ont été imposés à la Côte d’Ivoire en avril 2011, il a subi toutes les épreuves physiques et morales de Korhogo à La Haye, il a montré au monde entier sa force de conviction et son sens du devoir, et voilà qu’au terme (!?) d’un douloureux processus où, malgré un acharnement du Procureur à la limite de la forfaiture (les vidéos kenyanes par exemple), une Cour de Justice est incapable de prendre une décision «juste» et perd son âme dans une démarche de fuite en avant, qui va s’avérer être une mortelle randonnée.

Après le camouflet du cas kenyan, avec l’élection d’Uhuru Kenyatta à la tête de son pays, après la position exprimée par les Chefs d’Etats africains au Cinquantenaire de l’Union Africaine, cette manœuvre dilatoire  va, sans doute, achever de discréditer la CPI (même si, formellement, le Statut de Rome prévoit l’éventualité d’une telle décision, son application dans le cas présent est singulièrement équivoque).

Ce 3 juin marque, pour tous les ivoiriens et ivoiriennes attachés à l’Etat de Droit et qui se battent, chacun avec ses moyens, pour un retour à la justice, à la paix sociale et au développement en Côte d’Ivoire, un tournant décisif dans cette lutte qui a pu paraitre souvent inégale et parfois déprimante. La victoire est au bout du chemin, elle est désormais possible. Pour cela il faut redoubler d’effort et de vigilance.

En effet comment, en quelques mois, l’accusation, qui se prévalait pendant l’Audience de février, d’un dossier «accablant», va-t-elle bien fournir les preuves qu’elle n’a pas su apporter en près de deux ans d’enquêtes? Par quel «miracle» le dossier du Procureur, qui s’est avéré être ce que nous dénoncions tous les jours, un copier-coller de rapports d’ONG et de coupures de presse sans valeur juridique, pourrait-il se muer en un document irréfutable?

Je peux en témoigner ici: le président Gbagbo n’a jamais douté car il mène un combat juste. Il m’a seulement souvent répété qu’il fallait être patient, lui qui, enfermé, devrait être le premier «impatient». Je mesure aujourd’hui, une fois encore, la justesse de son jugement et la rigueur de son engagement, qui est de ne jamais dévier de l’objectif dès lors qu’il a été identifié.

Il nous reste, à chacun d’entre nous, qui n’avons pas cessé de croire en l’avenir, à exiger la libération du président Gbagbo pour qu’il participe activement à la Réconciliation nationale et au Renouveau du pays. Il faut rendre le président Gbagbo à la Côte d’Ivoire et rendre aux ivoiriens et ivoiriennes le choix de leur destin dans un véritable processus démocratique.

Trop, c’est trop !

 

Bernard Houdin

Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo

Représentant du Porte-parole pour l’Europe et l’Amérique

samedi, 09 mars 2013

BERNARD HOUDIN - GBAGBO: CRIMINEL OU DEMOCRATE?

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1er mars 2013. Bernard Houdin, conseiller spécial et représentant du porte-parole de Gbagbo pour l’Europe et l’Amérique, revient pour Marianne, sur les contre-arguments des avocats de l’ancien président.


Après avoir comparu pendant dix jours devant la Cour pénale internationale de La Haye (CPI), l’ancien président de Côte d'Ivoire devra attendre encore plusieurs semaines pour connaître son sort : la liberté ou un procès. Procès à haut risque, selon son conseiller spécial Bernard Houdin qui conteste ici point par point les charges de crimes contre l’humanité présentées par l’accusation.

 

C’est au plus tard le 28 mai prochain que la Cour pénale internationale (CPI) dira si oui ou non Laurent Gbagbo, 67 ans, président déchu de la Côte d’Ivoire, devra être jugé pour «crimes contre l’humanité».

Pendant dix jours, les magistrats ont tenté de déterminer si les éléments de preuve rassemblés par l’accusation justifiaient la tenue d’un éventuel futur procès. D’après la Gambienne Fatou Bensouda, la procureure de la CPI interrogée par l’hebdomadaire Jeune Afrique, «sans l’implication de Laurent Gbagbo, tous les crimes commis durant la crise post électorale ne l’auraient jamais été.»  Il serait le «coauteur indirect» d’un plan visant à conserver le pouvoir, malgré l’élection (controversée) d’Alassane Ouattara, y compris en recourant aux meurtres et à la violence, laquelle fit près de 3 000 victimes dans les deux camps. «Il élaborait sa stratégie avec un groupe de proches mais il était le principal coordonateur des exactions» estime Fatou Bensouda. Pour Eric McDonald, un de ses magistrats, «les attaques des forces pro-Gbagbo entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011 revêtaient un caractère généralisé et systématique (…) contre des communautés ethniques ou religieuses spécifiques.»  

Au dernier jour de l’audience de confirmation des charges, le 28 février, pour la première fois depuis sa comparution devant la CPI en décembre 2011, Laurent Gbagbo a pris la parole. «Toute ma vie, j’ai lutté pour la démocratie », a expliqué celui qui connut à plusieurs reprises les geôles d’Houphouët-Boigny. « Je n’ai jamais cru que la Côte d’Ivoire allait s’en sortir par la guerre, je n’ai jamais cru çà, j’ai toujours cru qu’on s’en sortirait par la discussion.»

Pourquoi, selon vous, la CPI ne peut renvoyer Laurent Gbagbo en procès? 

Bernard Houdin: D’abord pour des raisons strictement juridiques d’irrecevabilité, comme l’a magistralement démontré à l’ouverture de l’audience, le 19 février, un des avocats du président, le Pr Jacobs, de l’université de Leiden, lequel a d’ailleurs formé plusieurs des juges de la CPI. 

Dans ses nombreux arguments, j’en retiens un. Depuis la prise de pouvoir d’Alassane Ouattara, à plusieurs reprises l’état ivoirien s’est dit parfaitement en mesure d’instruire et juger, avec son propre système. La Côte d’ Ivoire n’est ni la Somalie, ni le Sierra Leone. Pour que la CPI se saisisse, il aurait donc d’abord fallu que Laurent Gbagbo soit jugé dans son propre pays.

Par ailleurs, la notion de coauteur indirect entretient une totale confusion sur les responsabilités supposées du président dans les violences qu’on lui reproche. Et où sont les autres auteurs? 

Sur le fond, la comparution de Laurent Gbagbo devant la CPI est une entreprise politique, en contradiction flagrante avec la déclaration d’indépendance autoproclamée de cette juridiction.  Il ne faut pas oublier que son transfert à La Haye y a été précédé par le déplacement du procureur de la République du nouveau régime (celui d’Alassane Ouattara, ndlr) accompagné… du ministre français de la Justice de l’époque. Cela pose un problème, non?

Entre autres, l’accusation a retenu quatre gros dossiers à charge. Vous les contestez? 

Prenons les un par un. Il y a d’abord la répression, soi disant aveugle, d’une marche, soi disant pacifique, des pro Ouattara sur la RTI, la télévision nationale ivoirienne. Des images des télévisions françaises ont confirmé ce que nous affirmons depuis longtemps : loin d’être pacifique cette marche était infiltrée par des éléments rebelles armés, venus d’Abobo (immense quartier d’Abidjan, réputé favorable à Alassane Ouattara et qui abritait plusieurs groupes rebelles pendant la crise, ndlr) ou de l’hôtel du Golf (le QG  de Ouattara jusqu’à la chute de Gbagbo, ndlr).  Face à la menace, les forces de sécurité ont fait leur travail.

Et la marche des femmes d’Abobo, réprimée dans le sang (sept tuées par balle, ndlr)... Elles aussi étaient infiltrées? 

Parlons-en! On attribue aux forces loyalistes (FDS) la responsabilité de ce drame. Mais un livre («Abobo la guerre » de Leslie Varenne, éditions Mille et Une Nuits),  a démontré, sans qu’il fût  à ce jour jamais contesté ni attaqué, que cette marche a été instrumentalisée par Guillaume Soro (l’actuel Premier ministre d’Alassane Ouattara, ancien chef des rebelles lors du coup d’état de 2002, ndlr) afin de créer des incidents graves et d’en faire porter la responsabilité à Laurent Gbagbo.

Vous savez que la journaliste en question, correspondante de la Tribune de Genève, n’était pas particulièrement pro-Gbagbo et considérait d’ailleurs qu’Alassane Ouattara avait été normalement élu. On ne peut donc lui reprocher un point de vue partisan. A Abobo, elle a travaillé pendant plusieurs mois au contact du fameux Commando Invisible (une des factions rebelles contre laquelle Soro et Ouattara se sont ensuite retournés, tuant son chef Ibrahim Coulibaly dit IB, ndlr), au plus près donc de ce qui se passait réellement.

Son enquête sur cette tuerie est édifiante. Sur la foi des informations venues de l’hôtel du Golf (QG de Ouattara, ndlr) les femmes en question pensaient manifester en toute tranquillité, protégées par le Commando Invisible. Or les hommes d’IB n’étaient au courant de rien et le parcours choisi par le RDR (la formation de Ouattara, ndlr) était loin d’être sans risque. La preuve, puisqu’elles ont croisé des chars des FDS. L’accusation prétend que ce sont eux qui ont tiré sur les femmes mais pourquoi alors ont-elles été touchées dans le dos?

Manip aussi le bombardement du marché de Siaka Koné, toujours à Abobo? 

Ces supposés bombardements ne sont étayés que par des témoignages au demeurant fort contradictoires. Sur place en tout cas on n’a relevé aucun impact, aucun cratère susceptible d’avoir été causé par une bombe!

Le dernier point concerne les violences et exactions perpétrées contre des populations dioulas le 12 avril à Yopougon, fief des partisans de Laurent Gbagbo? 

Une précision d’abord: cette idée que les quartiers à Abidjan seraient racialement et politiquement totalement homogènes ne correspond pas à la réalité. Mais passons. Le 12 avril Laurent Gbagbo est dans l’hélicoptère qui le conduit vers son lieu de détention forcée de Korhogo. Dès sa chute, acquise uniquement grâce à l’intervention de militaires français, les bandes rebelles se sont répandues dans de nombreux quartier d’Abidjan et notamment à Yopougon où elles ont commencé à piller et tuer. Que des individus ou des groupes d’individus se soient constitués en groupe d’auto défense ne fait guère de doute mais rien, absolument rien ne démontre un plan machiavélique de nettoyage ethnique ordonné préalablement à son arrestation par Laurent Gbagbo.

Pour sa première prise de parole depuis sa comparution, Laurent Gbagbo a peu parlé hier (28 février). Il n’avait rien à dire aux juges? 

Le président n’allait pas refaire l’audience et reprendre les arguments de ses avocats… Il a en tout cas témoigné son respect à la Cour en étant constamment présent, à l’inverse de la procureure qui est partie dès le troisième jour. C’est un peu cavalier comme comportement alors que c’est la première fois que la CPI, en tant que tel,  doit se prononcer sur le sort d’un chef d’état africain. Gbagbo a dit ce qu’il avait à dire: de 2002 à 2011 il a toujours fondé son action sur le respect du droit et de la Constitution.

L’accuser d’un plan machiavélique pour rester au pouvoir est absurde! C’est lui qui a crée la commission électorale indépendante, composée essentiellement d’opposants, lui qui a autorisé Ouattara  à se présenter (en dépit de la controverse ancienne sur sa nationalité, ndlr) lui encore qui a imposé le bulletin de vote unique et un équilibre des temps de parole pendant la campagne électorale! Cela en fait un dictateur bien singulier…

Comment voyez-vous la suite… 

La CPI se veut indépendante. Dans ce cas, elle doit dire le droit et rien que le droit et rejeter le storytelling matraqué ad nauseam depuis des mois par certains milieux politiques et relayés par la majorité des médias français. Elle doit libérer Laurent Gbagbo et ouvrir ainsi la voie à la réconciliation nationale dont la Côte d’Ivoire a tant besoin pour préparer son avenir et son développement. Et ce, quelle que soit la position future de Gbagbo dans le pays.

Dans le cas contraire? 

Outre que la Cour foulera aux pieds le droit, on peut craindre des dégâts politiques et humains dont elle sera redevable.

 

Source: MARIANNE.NET

dimanche, 07 octobre 2012

BERNARD HOUDIN: «RFI, UN INSTRUMENT DE LA MANIPULATION ANTI-GBAGBO»

 

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Ce samedi 6 octobre 2012, à l’antenne, le journaliste Cyril Bensimon évoque un rapport d’un «groupe d’experts» de l’ONU que RFI se serait « procuré » et qui dénonce les agissements des «pro-Gbagbo» dans la résurgence des violences en Côte d’Ivoire.

L’ensemble des faits décrits dans ce rapport pourraient prêter à sourire si, derrière ces «révélations» ne se profilait pas une manipulation grossière qui ne résiste pas à la plus simple analyse. Et, à ce niveau, de deux choses l’une : ou bien ce « rapport » est effectivement issu d’une enquête de l’ONU et cette organisation se rend coupable d’une action unilatérale de désinformation, ou bien il est le fruit d’un travail « parallèle » et il faut, dès lors, chercher à qui «profite le crime».

1) Le «tempo» du rapport

Le «rapport» fait état de réunions en juin et juillet ce qui «date» une origine déjà ancienne et permet de supposer, comme c’est quasiment toujours le cas dans une organisation aussi lourde que l’ONU, que des responsables de haut niveau, concernés au premier chef par la situation de la Côte d’Ivoire, aient eu à en connaitre à un moment où à un autre. Bizarrement la direction l’ONUCI à Abidjan n’avait «jamais entendu parler» d’un tel «rapport»!

Or il fait référence, entre autres, à l’attaque du camp d’Akouédo sur laquelle, justement, l’ONUCI, dans sa propre enquête interne, tourne ses regards vers des factions «divergentes» du pouvoir en place à Abidjan.

RFI s’est «procuré» (sic) le «rapport» à quelques jours de la réunion du Conseil de Sécurité! Cela fait dix ans maintenant que la Côte d’Ivoire, et ses habitants, sont les victimes de manipulations et de forfaitures trop souvent avalisées par «la communauté internationale», à travers ses représentations. Ce «rapport» semble en être le dernier avatar.

2) Les «révélations» du rapport

Les «pro-Gbagbo» ont rencontré, à Bamako, les dirigeants de la junte, dont le capitaine Sanogo d’une part, et des responsables d’Ansar Dine d’autre part. Qui sont ces «pro-Gbagbo» qui agiraient sous le contrôle de Damana Pickass?

Le «rapport» cite, pêle-mêle, une liste de noms de «pro-Gbagbo» qui seraient à la manœuvre pour déstabiliser le pouvoir de Ouattara.

3) L’épreuve des faits

A la fois le tempo et les révélations du «rapport» font apparaitre, en filigrane, la tentative, grossière, de manipulation.

Les révélations d’abord: quiconque qui s’intéresse à la situation malienne sait que le capitaine Sanogo a été instrumentalisé, dès l’origine du Coup d’Etat à Bamako, par le président du Burkina-Faso qui entretient, dans le même temps, des rapports «inavouables» avec la mouvance islamique du Nord-Mali et, principalement, avec Ansar Dine. Donc, si l’on arrive, difficilement, à suivre le «rapport», les «pro-Gbagbo» viendraient au Mali rechercher l’appui des obligés de celui qui a «facilité» la déstabilisation de la Côte d’Ivoire depuis dix ans (au moins)!

Quiconque qui s’intéresse à la situation des exilés «pro-Gbagbo» ne peut que sourire à la lecture de la liste évoquée dans le «rapport» car elle additionne, sans autre forme de procès, des personnalités qui, dans le contexte actuel, n’ont que peu, ou pas, de relations entre elles!

Le tempo ensuite: comment ne pas s’interroger, nous l’avons évoqué plus haut, sur la concordance des dates entre le «scoop» de RFI, canal «historique» de la désinformation en Côte d’Ivoire et la réunion à venir du Conseil de Sécurité?

4) A qui «profite le crime»?

Quid des acteurs principaux, éventuellement concernés?

- Alassane Ouattara s’enferme, chaque jour un peu plus, dans une «bunkérisation des esprits», en espérant «survivre» par une politique «tout-sécuritaire»: chasse aux opposants, atteintes quotidiennes aux libertés fondamentales, procès «politiques» au relent de déjà-vu dans l’Histoire des dictatures, etc…

- Guillaume Soro, «exilé» à l’Assemblée Nationale, rongé par la perspective d’être envoyé à la CPI pour y être le «pendant» du président Gbagbo dans l’esprit de certains milieux occidentaux, est «condamné» à justifier sa position dans l’échiquier ivoirien en faisant comprendre qu’il est «incontournable» dans le contexte actuel.

- Laurent Gbagbo, enfermé depuis le 11 avril 2011 et extradé à La Haye depuis 10 mois, et qui continue, à travers ses canaux officiels à prôner une solution politique en Côte d’Ivoire, dans l’intérêt de toutes les ivoiriennes et de tous les ivoiriens, apparait chaque jour un peu plus, comme un acteur majeur, indispensable à la réussite d’une réconciliation nécessaire de tous les ivoiriens en s’inspirant de son mot d’ordre historique: «asseyons-nous et discutons»!

Dans ces conditions seuls Ouattara et/ou Soro ont un intérêt à ce genre de «révélations» et, compte tenu de la nature de celles-ci, en particulier sur «l’attaque» d’Akouédo, il semblerait que l’actuel titulaire du Perchoir à l’Assemblée Nationale soit le «bénéficiaire» principal d’une telle manœuvre.

Cette nouvelle affaire démontre que la Côte d’Ivoire est toujours prisonnière de clans prêts à toutes les compromissions pour se maintenir au pouvoir. Dans le même temps, le président Gbagbo, et tous ceux qui sont réellement soucieux de suivre sa ligne politique, sont fermement engagés dans la recherche d’une solution politique pérenne ce qui sous entend le rejet systématique et permanent d’une quelconque aventure subversive qui serait sans avenir pour le futur du pays.

 

Le 6 octobre 2012

 

Bernard Houdin


Conseiller Spécial du président Laurent Gbagbo

Représentant du Porte-parole Europe/Amérique

dimanche, 15 avril 2012

CAMP OUATTARA: DUR, DUR, LE METIER DE MENTEUR!

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"Le Débat" de France 24 sur le 11 Avril 2011: Adama Diomandé et le difficile métier de "menteur".

"Côte d'Ivoire, 1 an après: Réconciliation, quelle réconciliation?"

Bernard Houdin, Leslie Varenne, Antoine Glaser et encore Adama Diomandé (Le Représentant du RDR et des rebelles FRCI) sur France 24, pour l'anniversaire du tristement célèbre 11 Avril 2011.


Le représentant de Ouattara prend l'eau de toutes parts, balbutie et cafouille face à la vérité des faits. Dur, dur, le métier de menteur! Lentement mais très sûrement, la vérité est en train de se mettre en place et de confiner le mensonge dans ses derniers retranchements. C'est en cela que nous attendons avec impatience l'audience de confirmation des charges du 18 Juin 2012, à La Haye. Qui vivra verra!

 


11/04/2012 "LE DEBAT" PARTIE 1 par France 24


Dimanche 15 avril 2012: Les services de veille français à la solde d'Alassane Ouattara viennent de faire retirer les vidéos de cette émission de DAILYMOTION. Preuve que nous venons de marquer un excellent point. Le combat est multiforme! On ira jusqu'au bout!


Lundi 16 avril 2012: Après avoir été vertement chargés et incriminés sur la toile, ils viennent à nouveau de rétablir les vidéos.
Soit dit en passant, ces vidéos ne sont même pas encore disponibles sur le site internet de FRANCE 24.
C'est tout dire!!!



11/04/2012 "LE DEBAT" PARTIE 2 par France 24


Source: Le blog de Claudus

mercredi, 21 décembre 2011

COFINANCEMENT DE LA DEFENSE DE GBAGBO: LA LEVEE DE FONDS OFFICIELLEMENT LANCEE

 

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Après la première comparution du président Gbagbo à la Haye, devant les juges de la CPI, les Ivoiriens, les patriotes et les démocrates du monde entier ont émis le voeu de contribuer au financement de sa défense, qui nécessite de gros moyens financiers. Le porte-parole du président Gbagbo, le ministre Koné Katinan, était même monté au créneau pour faire des précisions et désigner Bernard Houdin comme personne ressources devant conduire l'opération.

Aujourd'hui tout est fin prêt. La levée de fonds est officiellement lancée. "Depuis le 29 novembre dernier, la juste lutte du Président Laurent Gbagbo pour la souveraineté et la dignité de la Côte d'Ivoire est entrée dans une nouvelle, et décisive, phase avec son transfèrement inique et illégal à la CPI. Compte tenu du fait qu'aucune procédure légale n'a été respectée dans le processus de transfert, il est vain de polémiquer sur la capacité de la Défense du Président à empêcher qu'un tel acte soit commis par les autorités installées depuis le 11 avril 2011. Puisque celles-ci nous imposent de nous battre dans le cadre de la CPI, cela va être l'occasion unique de démontrer au monde entier la justesse de la lutte du Président et, à lui-même, de faire découvrir, ou redécouvrir, qui est vraiment Laurent Gbagbo.

A cet égard, sa première apparition devant la Cour, le 5 décembre 2011, a permis de comprendre, en un instant, que le Président est debout, sûr de son Bon Droit et fermement décidé à « aller jusqu'au bout » pour faire triompher la Vérité. Dans ce combat qui peut paraitre disproportionné contre des grandes puissances financières et économiques qui, on l'a expérimenté, n'hésitent et n'hésiteront pas à utiliser tous les moyens pour nous barrer la route, nous devons nous mobiliser avec conviction et chasser toute forme de doute qui pourrait nous envahir.

Ce combat, au-delà de l'engagement personnel des uns et des autres, va nécessiter de recueillir des fonds importants pour assurer le financement de tous les besoins qu'il va faire naitre. Les conditions de collecte de ces fonds doivent être totalement claires et vérifiables. On comprend mieux aujourd'hui le choix du Président Laurent Gbagbo dans la personne du Ministre Justin Koné Katinan pour exercer le rôle de son Porte-parole, choix qui souligne une nouvelle fois le sens de l'anticipation du Président.

En effet, le Président savait que le volet financier de la lutte serait un paramètre primordial du succès et il a ainsi confié au ministre du Budget de son dernier gouvernement, qui avait brillamment répondu au défi de la fermeture des banques françaises en Côte d'Ivoire pendant la crise postélectorale, le soin de maitriser toutes les levées de fonds qui s'avéreraient nécessaires. Face à la « prolifération » des « initiatives » dans ce domaine, qui vont en s'accélérant depuis le 29 novembre dernier, le Porte-parole a rappelé, dans un communiqué officiel, les conditions dans lesquelles ces appels de fonds devaient se faire et, en particulier, dans la zone où il m'a donné la lourde tache de le représenter.

Un compte bancaire a été ouvert, sous ma responsabilité, pour répondre aux innombrables demandes venant de toute la Diaspora pour savoir comment aider au financement de notre combat commun. Il va être largement diffusé à travers tous les types de médias pour faciliter les conditions de la collecte. Les fonds recueillis seront utilisés, en tant que de besoin, sous l'autorité du Porte-parole, pour le combat du Président.

Il est clair, cependant, que chaque association ou organisation locale ou régionale, devra, dans le même temps, subvenir à ses propres besoins de fonctionnement. Il revient, dans ce cas, à chaque association ou organisation, de trouver en son sein les moyens de se financer, en toute responsabilité et sous le contrôle vigilant de ses adhérents. Le Porte-parole et moi-même, collaborateurs de longue date du président Laurent Gbagbo, savons sa philosophie par rapport à l'argent et c'est dans le respect de sa position que, les uns et les autres, nous devons nous situer en affichant un comportement exemplaire et ne pas nous laisser «distraire» par des opérations douteuses au relent affairiste.

Au nom du Président Laurent Gbagbo, le Porte-parole et moi-même vous remercions pour votre engagement dans le combat pour la vraie Côte d'Ivoire et nous saluons aussi tous les amis de cette vraie Côte d'Ivoire qui voudront bien apporter leur part, aussi modeste soit-elle".

 

Vive la Côte d'Ivoire!


Fait à Paris, le 17 décembre 2011

 

Bernard Houdin, Conseiller spécial du Président

Représentant du porte-parole Europe et Amériques

 

COMPTE BANCAIRE : Banque CIC Paris La Villette 9 Avenue de Corentin Cariou 75019 PARIS

ORDRE : ONG Effort Humanitaire

Compte n°: 3006/10751/00020110401/95

IBANK : FR 7630066/10751/00020110401/95 (pour virement depuis l'étranger)

samedi, 05 novembre 2011

BERNARD HOUDIN - LE PRESIDENT GBAGBO A DIT: «JE NE FUIRAI PAS. ET C'EST COMME ÇA QUE NOUS ALLONS GAGNER»



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Lors d'une conférence prononcée au Danemark, Bernard Houdin, Conseiller du président Gbagbo a évoqué les raisons pour lesquelles le président Gbagbo a tenu à ne pas fuir sa résidence présidentielle malgré les bombardements meurtriers de l'armée française; malgré aussi la traîtrise des généraux. Il parle aussi de Bédié et de ses puériles accusations.

Pourquoi Gbagbo n'a pas fui avant le 11 Avril

Je vous parlais de la légitimité politique et juridique du Président Gbagbo. Quand nous voyons tous le Président Gbagbo á Korhogo, c'est vrai qu'on a tous un petit pincement au cœur. Le président a toujours dit qu'il n'était pas un kamikaze et qu'il ne voulait pas se suicider. C'était d'ailleurs, lors d'une interview à LCI, dans les derniers jours. Mais il a aussi dit une chose à ses conseillers qui étaient avec lui, moi je n'étais pas là pendant la dernière semaine, mais je connais des gens qui étaient dans la pièce jusqu'au 11 avril. Particulièrement, ceux qui sont sortis avec lui le 11 Avril et qui ont réussi à être libérés et avec qui j'ai pu parler. Ceux-là m'ont raconté les 72 dernières heures dans la résidence. Le président leur a dit, parce que les gens commençaient à demander au président de partir, de fuir : ''Non je ne pars pas. Ce qui doit arriver est déjà écrit. Nous avons du travail à faire. Notre combat, c'est celui de la vérité et cette vérité gagnera un jour. Et c'est en faisant comme ça qu'on va gagner. Pour le reste, ne vous inquiétez pas, ce qui est écrit devra arriver, ce n'est pas ça le problème. Telles sont les phrases du président 72 ou 48 heures avant le 11 Avril.

Les généraux qui ont été achetés

La plupart des généraux ont été achetés. Je le dis d'autant plus tranquillement que je l'ai dit moi-même au président, mi-février. J'avais des ''antennes'' et j'ai dit, un soir, au président que l'Ambassadeur de France se vantait que les généraux allaient le trahir. Et je me souviens très bien qu'il il m'a dit: « Mais Bernard quels généraux et où ? ». Il était devant son canapé et j'ai fait: "Ici". Et le général qui était derrière a fait 1 mètre en marche-arrière. C'était le commandant militaire du palais : le général Touvoly. Et j'ai d'autres noms. Ils ont tous trahi, les uns après les autres. Ceux qui sont restés fidèles, ce sont les officiers Boniface Konan, Abéhi etc. Mais les autres ''prroouh''. Y'en a pas un.

Ce qui va aider les Ivoiriens

Vous savez, j'ai dit un jour lors du colloque du cinquantenaire que j'ai présidé à Gagnoa. Et à la fin de la séance plénière, j'ai dit au président en tête-en-tête: "Monsieur le président, quand on aura fini avec cette crise, on pourra dire qui est qui, qui a fait quoi ?"

Sarkozy ou François Hollande. Pourquoi Hollande par rapport à Sarkozy?

D'abord, il faut que Sarkozy parte. Et là, c'est le côté français qui réapparait. Au delà du problème ivoirien, même si la Côte d'Ivoire n'existait pas, pour les français, il faut que Sarkozy s'en aille. Comme la nature a horreur du vide, il y aura un président de la république en France. Ce sera plus certainement François Hollande. Maintenant de là à dire que Hollande va arranger la Côte d'Ivoire, c'est un autre problème. François Hollande sera le président de la France. Et quand vous êtes dans l'opposition, vous avez un discours et quand vous vous asseyez dans le fauteuil du chef  de l'Etat, vous avez un discours qui vous est imposé déjà par les réalités du pays que vous êtes appelé à diriger, par les forces économiques et politiques qui font que vous n'avez plus votre liberté de choix.  Monsieur Hollande n'a jamais été ministre. Il a été élu dans une zone difficile puisque c'est la région d'origine de Chirac, il a battu les chiraquiens sur leur terre et il n'a jamais perdu une élection.

Des élections avec Gbagbo en prison ?

Le problème avec ces élections, c'est qu'on est dans un cas de figure très particulier. On nous a dit que l'élection présidentielle de 2010 se ferait dans la transparence, la justice et l'égalité. L'ONUCI était là pour préserver   tout le monde. On connait les résultats aujourd'hui.
Même si le président est enfermé á Korhogo, si on a des élections justes, libres et transparentes, si on a la garantie que les élections vont être claires, les gens peuvent voter ceux qu'ils veulent voter, les candidats peuvent faire campagne où ils veulent, d'Odienné á Adiaké, de Bouna à Touba, à Tabou. Parce qu'en ce moment-là, çà va être un ras-de marée pour Gbagbo. Mais ça n'arrivera pas parce qu'ils veulent se servir du FPI comme faire-valoir, lui donner 3 ou 4 députés sur les 250 pour que les médias internationaux disent : "Voilà, Ouattara a pacifié la Côte d'Ivoire, tout le peuple est derrière lui, il a 250 députés''. Voilà les résultats qu'on aura. Les gens nous reprochaient de na pas vouloir aller aux élections avec des gens qui n'étaient pas désarmés au nord, et maintenant on nous dit d'aller aux élections avec le président en prison, et ils veulent qu'on refasse ça, je dis jamais !
La pire des choses, à priori, c'est la chaise vide. Mais quand on vous fait monter sur la chaise pour vous pendre, on vous l'enlève après. Je ne veux pas de cette chaise-là.

Je resterai fidèle au président Gbagbo parce que c'est un homme qui peut sauver l'Afrique

Concernant le problème vis-à-vis de la France, moi je n'ai aucun problème avec, strictement aucun problème. Depuis le 28 Novembre, je me suis mis d'un côté et quelles que soient les circonstances, je n'ai pas bougé. Je le dois au président Gbagbo, de lui être fidèle, c'est un homme qui peut sauver l'Afrique. Il veut que les Africains se mettent ensemble. Gbagbo voulait créer un fonds de solidarité africain pour que chaque État africain producteur de matières premières puissent y verser une certaine réserve, un peu comme vos voisins norvégiens avec leur pétrole afin que les africains aient un fond de garantie qui leur permette d'avoir de l'argent pour le futur, sans avoir á crier tous les matins, pardon au FMI pour gagner un peu d'argent.

Gbagbo-Ouattara et les salaires des fonctionnaires

Gbagbo est à Korhogo. Le gars qui est au Palais qu'est ce qu'il fait ? Gbagbo n'a jamais demandé 5 francs pour payer les salariés. Et moi j'étais fonctionnaire. Je recevais mon salaire tous les mois. Gbagbo n'a jamais pris de l'argent de l'extérieur de 2000 à 2010. Le budget est passé de 1400 milliards á 2800 milliards. Ouattara est là depuis 6 mois et il court ici Paris pour se vanter devant les caméras de la télévision française : ''Merci à la France de m'avoir donné 400 millions, merci à la France de m'avoir donné ceci et cela''. Mais la Côte d'Ivoire a les capacités si elle est bien gérée.

Ouattara et les surfacturations-mallettes

Aujourd'hui on a retrouvé des gens qui ont repris leur système ancien. Je vais vous donner un exemple : Le 3ème pont d'Abidjan. L'histoire du 3éme pont  me tient à cœur parce que mon père a construit les deux premiers. Et le 3ème, je le connais par cœur, de 99 à 2010, toutes les vicissitudes pour le construire, avec qui et comment. Le prix n'a jamais varié d'une fourchette 75-85 milliards, en fonction du type de matériel. Le président Gbagbo a signé en Octobre 2009 en conseil des ministres le renouvellement de la concession de Bouygues pour reconstruire le pont. C'est pas Ouattara qui lui a donné. C'est Gbagbo qui a signé dans le sens où il parlait de la continuité de l'État. Parce qu'il dit : « Quand vous êtes président d'un pays, on ne change pas tout du matin au soir ». Il a trouvé le dossier dans les mains de Bouygues, Gbagbo lui a demandé s'il pouvait construire le 3è pont au même coût  que lors de sa concession du temps de Bédié. Bouygues a dit oui. Gbagbo a dit je signe parce que je respecte la signature de l'État de Côte d'Ivoire.

Aujourd'hui le pont va se construire, il y a eu de grands bruits de lancement. Le prix du pont est á 140 milliards. Ouattara a signé un nouveau contrat avec un nouveau prix. Á l'époque ou monsieur Bourgi parle de mallettes etc, moi je suis allé à la télévision françaiseet je leur ai dit que l'argent qui est dans les mallettes, peut venir des pays africains, mais peut aussi des pays occidentaux qui envoient des trucs sous la forme de grands travaux avec des surfacturations, tout le monde se sert au passage et on envoie une partie en Europe, c'est tout. Ce n'est pas plus difficile que ça.

Quand Bédié accuse Gbagbo de crimes économiques.

Moi j'étais à la Caisse Autonome d'Amortissement en 1975 lorsque Bédié était ministre des finances. C'est l'année où il y a eu les fameuses usines de Borotou. Il n'y a jamais eu un carreau de sucre sorti de l'usine. Bédié a fêté son 15ème milliard de fcfa et monsieur Bédié dit maintenant que'' les crimes économiques c'est Gbagbo''.

 

Retranscription par Max Anoman. Ivorian.Net

 

In le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 91 du samedi 5 au lundi 7 octobre 2011.