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mardi, 22 mars 2011

LES RACINES DE LA REVOLTE ARABE ET LES CELEBRATIONS PREMATUREES

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Un texte de James Petras, professeur (à la retraite) de sociologie à l'université de Binghamton dans SUNY Etat de New York, aux  USA, et assistant professeur à l'Université  Sainte Marie à Halifax, Nouvelle Ecosse  au Canada. Il écrit beaucoup sur les problèmes politiques de l'Amérique latine et du Moyen Orient .


Les racines de la révolte arabe et les célébrations prématurées

La plupart des informations  sur les  révoltes  arabes  d'Egypte, Tunisie, Libye, Maroc, Yémen, Jordanie, Bahreïn, Irak et d'ailleurs se sont focalisées sur les causes les plus  immédiates : dictature politique, chômage, répression, blessure  et meurtre de manifestants. La plupart  se sont consacrées à la « classe moyenne »  aux jeunes   militants éduqués,  à  leurs communications sur internet et, dans le cas d'Israël et de ses théoriciens  sionistes du complot  à la  « main cachée » des  extrémistes islamistes.

Est ici absent  tout effort visant à fournir un cadre pour la révolte, qui fournirait une explication de l'étendue de   la  structure socio-économique à moyen et long  terme ainsi que du détonateur immédiat de  l'action politique. L'étendue  et la profondeur des soulèvements populaires et la diversité des forces politiques et sociales, qui sont entrés  dans le  conflit, excluent toute explication, qui ne  voit qu'une seule dimension des  combats.

L'essence des économies arabes

À l'exception de  la Jordanie, la  plupart  des   économies arabes, où  se déroulent les révoltes,   sont  fondées    sur les  « rentes » du pétrole, du  gaz, des ressources minérales  et du  tourisme, d'où proviennent  la plupart des recettes d' exportations et des revenus  de l'Etat.

Ces branches  sont en réalité  des enclaves  exportatrices,  employant une infime partie de la population active et délimitant une  économie hautement spécialisée.  Ces branches n'ont pas aussi d'articulation  avec   une  économie productive  domestique   diversifiée : le  pétrole est exporté et tous les produits finis , ainsi que les services financiers  et les services  de  technologie de pointe, sont importés et  contrôlés  par les entreprises multinationales étrangères  et  par les  expatriés liés à  la classe dirigeante Le  tourisme renforce le « loyer » en quelque sorte de branches   qui fournit  des devises étrangères et des recettes fiscales  au  clan familial de classe  de l'État. Pour les revenus fiscaux, l'Etat compte  sur  l'investissement  des capitaux étrangers subventionnés  par l'Etat et des investisseurs locaux  politiquement connectés,  dans l'immobilier et  sur  les travailleurs de la construction importés de l'étranger. Les  revenus  basés sur les concessions  peuvent  créer  une  grande richesse d' autant que les prix de l'énergie s'envolent, mais ces fonds  vont à la classe des « rentiers », qui ne sont pas en mesure d'approfondir et d'élargir le processus de développement économique et l'innovation ou bien  n'y inclinent pas. Les  rentiers se spécialisent dans la spéculation financière, l' investissement outre mer  à travers les  sociétés détenues par des capitaux privés,   la  consommation de gaspillage et la consommation de produits de luxe et les milliards de dollars et d'euros  placés sur  les comptes privés secrets dans les banques d' outre-mer. L' économie rentière n'offre,  en matière d'activité  productive moderne,   que  peu d'emplois ;  son extrémité supérieure  est  contrôlée  et élargie par les membres des clans familiaux et par  les sociétés financières étrangères  à travers des experts   dans  émigration ; les travaux techniques et le travail  qui  comble  l'emploi  de l'extrémité inférieure  de l'axe social  imaginaire  sont  pris par la main-d'œuvre contractuelle  étrangère, avec des niveaux de  salaires  et des conditions de travail pires, que ceux que  les travailleurs qualifiés locaux  sont  prêts à accepter. L'économie rentière fermée   débouche sur une  classe dirigeante fondée  sur des clans, qui introduit la confusion   des biens publics et privés ; en fait en haut, il y a  les  monarques absolus,  leurs  familles    et leurs clients,  les chefs de  tribus, l'entourage  politique  et  les technocrates au milieu. Ce sont des classes régnantes fermées. L'entrée est limitée à certains membres du clan ou  à  des dynasties familiales  et un petit nombre d'individus-entrepreneurs, qui peuvent accumuler les   richesses en servant la classe régnante. Ce cercle étroit  vit   des   rentes  des locations, s'offre un revenu du partenariat dans la   possession des terres, où une expertise n'est pas requise, mais  seulement une autorisation officielle, de la  cession de terres, des   licences d'exportation et  de l'exonération fiscale.

En plus du pillage des caisses de l'Etat,  la classe dirigeante pratique la liberté du commerce -, c'est-à-dire. l'importation de produits finis  bon marché c'est-à-dire la destruction de toute mise en exploitation d'origine domestique dans la transformation productive, le secteur agricole et technique..Le résultat est qu'il n'existe pas de capitaliste national-entrepreneur ou  de  classe moyenne. Sont, la plupart du temps,  considérés classe  moyenne les employés du secteur public (enseignants, professions   médicales, fonctionnaires, pompiers, policiers, officiers de l'armée), qui  dépendent  de leurs salaires,  lesquels  à  leur  tour dépendent  de la subordination de ces salariés au  pouvoir absolu. Ils n'ont pas la moindre  chance d'accéder aux  couches supérieures,  ni de voir  leurs enfants instruits  s'ouvrir des perspectives  économiques.

La concentration du pouvoir économique, social et politique dans un  clan de classe  fermé, qui contrôle le système, conduit à une énorme concentration de la richesse. Résultat de  la différence sociale entre  dirigeants et dirigés cette   richesse    fruit  des prix élevés des produits de base produit une image fortement déformée de la « richesse »par habitant ;En comptant    les milliardaires et les  millionnaires au sommet dune  masse de jeunes  à faible revenu et mal employée, on  donne un revenu moyen  élevé trompeur.

Le gouvernement des rentiers: par les  armes et les aumônes

Pour contrebalancer  ces grandes inégalités dans la société et  protéger sa  position de classe dirigeante rentière parasitaire  celle-ci choisit des alliances  avec des  entreprises d'armement  à coups  de  milliards de dollars et la  protection  militaire  de la   puissance  impériale dominante (USA). Les dirigeants s'engagent à  offrir la  « néocolonisation  sur  invitation » les sites  pour les bases militaires  ainsi que  les aéroports et les  ports maritimes  pour les  opérations militaires,  des accords secrets  pour le financement  de mercenaires  contre  ceux qui s'opposent à  l'impérialisme et la  soumission à  la domination sioniste dans la région (hormis   la  petite  critique  occasionnelle vide de sens.).

Sur  le  moyen terme  le  gouvernement par la force est complété par l'allocation autoritariste paternaliste dispensée  à la pauvreté rurale et  aux  groupes tribaux ; les livraisons de vivres à la pauvreté urbaine ; la voie sans issue des travaux d'urgence pour les chômeurs instruits. L'achat d'armements couteux  et les  allocations paternalistes  autoritaires  reflètent  l'incapacité de lancer   tout investissement productif. Plutôt que de donner  les  milliards à la relance de l'économie on les donne à   la course aux armements .Des centaines de millions sont donnés aux allocations autoritaires exceptionnelles et paternalistes plutôt que  dans des investissements à long terme créateurs d'emplois productifs. La « colle » qui maintient le système ensemble, est une combinaison  de  pillage moderne  des richesses publiques et des sources d'énergie naturelles et d'utilisation de mercenaires et de  recrues néocoloniales  pour contrôler et opprimer la population. Des systèmes d'armes américains modernes sont au service de  monarchies et de  dictatures anachroniques et absolutistes, fondées sur les principes du règne dynastique du  18ème siècle L'émergence et la propagation des  systèmes de communication les plus récents et  de  centres commerciaux à l'architecture ultramoderne pour la satisfaction des consommateurs de l'élite,  et qui forment un contraste aigu vis-à- vis de l'écrasante majorité des jeunes instruits au chômage, en haut  exclus et en bas repoussés par   les travailleurs  contractuels d' outre-mer  sous- rémunérés.

La déstabilisation  néolibérale

Les clans  de classe rentiers sont poussés par  les institutions financières internationales et les banquiers locaux  à « réformer »  leurs économies: à  « l'ouverture » du marché intérieur et des entreprises publiques pour les investisseurs étrangers  à  réduire les déficits, résultant de la crise mondiale et  à mettre en œuvre  des réformes néolibérales. Le résultat des « réformes économiques »  a été  de réduire ou de cesser la fourniture d'aliments pour les pauvres et la réduction de l'emploi dans le secteur d'Etat, ce  qui a bloqué une des rares possibilités d'emploi  pour les jeunes instruits. On augmente les  impôts  pour les   consommateurs  et  les travailleurs salariés et   les titulaires de   revenus fixes  tandis que les commerçants de l'immobilier,  les spéculateurs financiers immobilier  et  les importateurs sont  exonérés d'impôts . La déréglementation a renouvelé  la  corruption massive, non seulement  au sein de  la classe rentière  dirigeante, mais aussi dans son  environnement commercial  immédiat. Le  « cordon » paternaliste autoritaire qui  liait  la   classe moyenne à la classe régnante, a été  perturbé par les réformes néo libérales  suscitées  par les   pays étrangers Des réformes  qui combinent l'exploitation étrangère moderne avec les formes traditionnelles déjà existantes de l'exploitation   privée domestique. Les régimes claniques de classe ne peuvent plus compter sur des mouvements syndicaux, estudiantins, de petits entrepreneurs et d'un secteur d'Etat sous-payé, isolés les uns des autres pour tenir   les  fidèles des  clans, des  tribus, cléricaux et clientélistes.

La rue contre le palais

Les causes immédiates de la révolte arabe sont concentrées dans les contradictions  démographiques de  classe d'une  économie rentière sous direction clanique de classe. L'oligarchie au pouvoir règne sur la masse des chômeurs et  des  jeunes travailleurs peu employés  qui constituent dans la tranche des  moins de 25 ans, 50 à 60 % de la population.  L'économie rentière  « moderne » dynamique   n'accepte pas  d'employer  des jeunes fraîchement formés. Elle les chasse vers   l'économie de la rue, du jour le  jour,   non protégée et sous payée comme marchands  ambulants,  contractuels dans  les transports et  dans les services aux  personnes.

Les  secteurs ultramodernes  tels que le pétrole, l'immobilier,  le  tourisme et les centres commerciaux dépendent de l'appui politique et militaire  des chefs traditionnels retardataires  cléricaux, des tribus et des  clans qui  sont  entretenus  mais jamais  intégrés  dans la  sphère de la production moderne. La  classe ouvrière industrielle urbaine moderne avec des  petits syndicats  indépendants  est interdite  Les  associations  citoyennes  de la classe moyenne sont soit sous le contrôle de l' État,  soit  se limitent  juste  à se plaindre  à l' État absolutiste.

Le développement insuffisant des organisations sociales  liées  aux classes sociales impliquées  dans des activités de production modernes, signifie que l'axe de l'action sociale et politique est  la  rue .Les jeunes chômeurs  e les jeunes  partiellement occupés dans le secteur du jour le jour, se rencontrent sur  les places, dans les kiosques, les cafés  dans des cercles   aux  coins des rues et sur les marchés, ils  tournent autour et à l'écart  des  centres du  pouvoir administratif absolutiste. Les  masses urbaines n'occupent pas  de positions stratégiques dans  le système économique. mais ils sont  à portée de mains pour  des mouvements de foule, capables  de paralyser les rues et les places, par lesquelles sont acheminés les biens et services  et réalisés les bénéfices. De même qu'est important le fait  que les mouvements de masses mis en action par la jeunesse au chômage  fournissent l' occasion pour les syndicalistes et pour  les travailleurs opprimés dans le secteur public, pour les petits entrepreneurs  et  les travailleurs indépendants, de participer à des actions de  protestations  sans  être  victimes de représailles dans  leur  lieu de travail- détournant ainsi le  « facteur de peur » de la perte d'emploi.

La confrontation politique et sociale  tourne  autour des pôles opposés : l'oligarchie clientéliste  et les masses  exclues  (la rue arabe). Les premiers dépendent directement de l'Etat  (l'appareil militaire et policier) et les seconds  d'organisations non structurées, locales, informelles, ouvertes, improvistes. L'exception est la minorité étudiante  universitaire, qui  agit par le biais  d'Internet. Les syndicats industriels organisés  sont entrés dans   la mêlée récemment et  mettent  surtout  l'accent sur les revendications économiques de branche, avec quelques exceptions-en particulier dans les entreprises publiques, contrôlées  par les copains- oligarques, où les travailleurs  exigent  des changements dans la direction.  La résultante  des caractéristiques sociales des États rentiers , c'est que les  soulèvements  ne prennent  pas les formes de lutte des classes entre la force de travail salariée  et les capitalistes-industriels .En  émergent comme des révoltes politiques de masse   contre l'État oligarchique .Les  mouvements  sociaux basés sur la rue  démontrent  leur capacité de déclarer l' autorité étatique illégale, de paralyser l'économie et peuvent   conduire  à l'expulsion   des gouvernants  autocrates .

Mais la spécificité  naturelle  de ces  mouvements  de masse de  rue c'est de remplir  relativement facilement les places, mais aussi de  se disperser lorsque  sont évincés  les symboles de l'oppression Les mouvements basés sur la rue  manquent d'organisation et d'un   leadership  qui  proposerait et  encore moins  instaurerait  un nouvel ordre politique ou social. Leur force réside dans leur  capacité à développer des pressions sur les élites  et les institutions existantes, pas à  remplacer l'État et l'économie. D'où,  la surprenante légèreté   avec laquelle l'armée égyptienne a pu avec l'aide des États-Unis, d Israël et de  l'Union européenne  s'emparer du pouvoir et  protéger l'ensemble de l'Etat  rentier  et la structure économique et en même temps  maintenir  les liens avec  son  conseiller impérial.

Les conditions rapprochées  et l'«effet de démonstration»

La propagation des révoltes arabes  à travers l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient et les États du Golfe est en premier lieu le   produit de conditions historiques et sociales similaires : Les Etats rentiers   dirigés  par les clans familiaux des oligarques, dépendant  des  « rentes » tirées de l'exportation forte du  pétrole  et de l'énergie, ce  qui réduit la grande majorité des jeunes aux  activités économiques courantes  basées sur la rue.« La force  de l'exemple » et «l'effet de démonstration » ne  peuvent être qu'en reconnaissant les mêmes conditions socio-économiques-politiques dans chaque pays. La force de la rue - les  mouvements urbains de  rue - supposent  la rue comme  scène économique des principaux acteurs et  prendre la place comme le lieu  de  l'exercice du pouvoir politique et  de la présentation  des  revendications s sociales.

Sans aucun doute les  succès partiels  en Egypte et en Tunisie ont conduit à l'explosion du mouvement ailleurs. Mais ils n'ont pu le faire  que dans   les pays ayant le même  héritage historique, les  mêmes  polarités sociales  entre le clan des  dirigeants-rentiers  et la force de travail marginale de la rue  et surtout, là  où  les gouvernants  ont été fortement  impliqués  et subordonnés aux groupes d'intérêts impériaux économiques et  militaires. . .


Conclusion

Les dirigeants-rentiers régentent à travers  leurs  liens avec les institutions militaires et financières des États-Unis et de l'Union européenne.Ils  modernisent leurs enclaves aisées et marginalisent   la jeunesse  qui  vient de  terminer sa formation la  confinant   dans les  emplois faiblement rémunérés, principalement dans le  secteur informel, concentrés dans les rues des grandes villes. La privatisation néolibérale, la réduction des prestations publiques (prestations de chômage, nourriture, huile comestible,  gaz,  transports,  la santé et  l' éducation), ont détruit  les liens paternalistes  grâce auxquels les gouvernants   contenaient  le mécontentement de la jeunesse et la  pauvreté ainsi que celui des élites cléricales et des chefs tribaux. L'agrégat de  classes et de  masses, modernes et traditionnelles, était un résultat direct du processus de neolibéralisation  par le haut et d'exclusion par le bas.

La promesse des «  réformateurs »  néo-libéraux  que le marché allait apporter des emplois biens payés  à la place  des subventions paternalistes, était un faux. La politique néolibérale  a  raffermi  la concentration de la richesse, mais a affaibli le contrôle de l'État sur les masses.

La crise économique capitaliste mondiale a entraîné les Etats-Unis à l'Europe à durcir  les  contrôles de l'immigration et ont éliminé l'une des soupapes de sureté des régimes-les départs massifs  de jeunes chômeurs  instruits, demandeurs d'emploi à l'étranger. L'émigration n'est plus une alternative à choisir. Le choix s'est rétréci à  lutte ou souffre. Des  études  montrent que ceux qui ont émigré,  ont tendance à être plus ambitieux,  mieux  instruits (dans le cadre  de leur  catégorie) et qui prennent le plus de risques. Maintenant,  attirés vers leur   leur mère patrie, avec   de  petites  illusions seulement  sur les possibilités outre-mer, ils sont contraints de se battre pour la mobilité individuelle chez eux par l'action collective politique et sociale.

De même qu'est important  le fait qu'au sein de la   jeunesse politique, les USA garants en quelque sorte des régimes rentiers sont vus comme une puissance impériale  déclinante  : sur le plan économique, ils  sont menacés par la Chine sur les marchés mondiaux Ils font face à  une défaite, comme  gouvernants coloniaux en Irak et en Afghanistan ; ils sont méprisés comme  le servant flagorneur et menteur d'un Israël de plus en plus discrédité Israël  malgré ses agents sionistes dans le régime d'Obama et dans  le Congrès. Tous ces éléments de déclin et de la honte de l'empire   ajoutent du courage  aux  mouvements  pour la démocratie, pour aller de l'avant contre les satellites américains et atténue sa crainte que la puissance de l'armée américaine  va  frapper et dresser  un  troisième front militaire.

Les mouvements de masse considèrent   leurs  oligarques comme des régimes de « troisième  ordre »: des Etats  rentiers  sous la domination des États-Unis, lesquels,   par contre,  sont sous le contrôle israélien-sioniste. 131 pays dans l'Assemblée générale des NATIONS Unies et l'ensemble du Conseil de sécurité, sauf les États-Unis condamnent l'expansionnisme colonial israélien ; avec le Liban, l'Egypte, Tunisie et  la montée   prochaine  de nouveaux régimes au Yémen et  à Bahreïn,  promettant   une  politique étrangère démocratique, les mouvements de masse découvrent que tous les  680 000 soldats  Israéliens avec leur  armement  moderne  ne lui  sont d'aucune utilité  en raison de son isolement diplomatique total, de la  perte de ses  clients rentiers  locaux  et  du  discrédit  total de  ses dirigeants militaristes boursouflés et de leurs agents sionistes dans le corps diplomatique des Etats-Unis.

Les structures socio-économiques et les conditions politiques elles mêmes  qui  ont  déclenché les mouvements de masse pro-démocratiques, les jeunes sans emploi et sous-employés, organisés dans la rue, représentent à présent  le plus gros problème :  Cette masse non structurée et non organisée peut elle devenir une force politique et sociale organisée qui s'empare du pouvoir d'Etat, démocratise le régime et en même temps crée une économie nouvelle, productive qui offre des emplois stables bien rémunérés  , l' économie qui manque jusqu'à présent dans l'économie rentière ? La conclusion politique actuelle n'est pas claire : les démocrates et les socialistes  rivalisent  avec  les forces néolibérales, cléricales et monarchistes   financées par les États-Unis.

Il est un peu trop tôt pour célébrer la révolution démocratique du peuple.


James Petras

James Petras est  professeur (à la retraite) de sociologie à l'université de Binghamton dans SUNY Etat de New York, aux USA, et assistant  professeur à l' Université Sainte Marie à Halifax, Nouvelle Ecosse au Canada. Il écrit beaucoup sur les problèmes politiques de l'Amérique latine et du Moyen Orient.