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lundi, 20 février 2012

DECLARATION DE L'AIRD RELATIVE A LA SITUATION SOCIOPOLITIQUE

 

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Alors que la CAN (2012, au Gabon et en Guinée Equatoriale, Ndlr) était présentée comme une occasion de réconciliation entre les Ivoiriens, c'est au lendemain de la brillante participation des "Eléphants" que la Côte d'Ivoire est traversée par un vent de violences contre les populations, d'est en ouest, notamment à Arrah impliquant des éléments des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) et à Kouibly avec l'attaque d'un village ivoirien par des ressortissants Burkinabé en représailles, croit-on, à une action de coupeurs de route. Ces violences ont, comme à l'accoutumée macabre, fait de nombreuses et innocentes victimes.

L'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) s'incline avec respect devant la mémoire des victimes de tous bords et présente ses condoléances aux familles à nouveau éplorées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. L'AIRD note, qu'à l'exception de Vavoua où des violences, ayant opposé des FRCI à des populations nordistes ont fait l'objet de condamnation ferme de la part du régime avec annonce de mesures, les autres violences et exactions qui interviennent si régulièrement entre les FRCI et les populations non nordistes semblent faire l'objet d'une autre gestion.


Le silence du pouvoir ou les justifications tantôt partisanes, tantôt complaisantes de certains membres du gouvernement sont malheureusement interprétés par les auteurs de ces violences et exactions comme une caution. Or, ces violences prétendument présentées comme des actions de représailles, ou de vengeance par rapport à un passé plus ou moins lointain, ou même de soutien ethnique au régime ne sont que des prétextes aux pillages et aux vols, portant ainsi un coup à l'économie nationale, à la réconciliation nationale et à la paix. Notre pays rentre sournoisement dans un système de braquages à ciel ouvert: braquages politiques, braquages économiques, braquages culturels et intellectuels, etc.


Certes le contexte est particulier et inédit, mais dans un climat politique à plusieurs centres de décisions, où le chantage le dispute à la peur, seuls le courage et le sens des responsabilités nationales et collectives conduisent au succès. Le pouvoir ivoirien ne peut en faire l'économie, au risque de s'auto désintégrer. Ce n'est ni par l'émission de mandats d'arrêt internationaux contre ceux qui osent s'exprimer sur la grave situation du pays, ni par le soutien des puissances étrangères, ni par le canal des organisations sous-régionales dont la direction n'a jamais été convoitée par le président Félix Houphouët-Boigny (FHB) que la réconciliation interviendra en Côte d'Ivoire, même si l'AIRD félicite le Chef de l'Etat pour ses nouvelles responsabilités au sein de la CEDEAO.


L'AIRD, dont de nombreux militants sont originaires du Nord, s'inquiète de la dangereuse dérive ethnique qui ne profite qu'à une minorité mais dont l'écrasante majorité des Nordistes qui la désapprouve en silence pourrait faire les frais. En effet, il est dangereux de constater que la politique politicienne semble de plus en plus faire percevoir une région et une religion comme les ennemis de toutes les autres régions et religions du pays, alors que le régime était attendu sur la mise en œuvre du "vivre ensemble".


D'ores et déjà, l'AIRD, membre fondateur du CNRD, invite les Ivoiriens au discernement, au dépassement, à la tolérance, au pardon, à l'amour vigilant et à l'unité nationale devant l'accumulation grandissante des ingrédients d'une guerre civile.

L'AIRD remercie et félicite tous les responsables politiques qui, y compris au sein du RHDP, élèvent avec courage et sincérité la voix pour désamorcer l'orage qui se profile à l'horizon.

Enfin, l'AIRD réitère son invitation au chef de l'état et au gouvernement à la prise des mesures urgentes et idoines en vue de l'apaisement, à commencer par la condamnation sans équivoque de la violence de leurs partisans et par un dialogue républicain inclusif auquel n'ont de cesse de les inviter la communauté nationale et internationale, entendu qu'un choix politique ou un vote en faveur du président Laurent Gbagbo ne sauraient être des fautes à expier toute la vie.


Fait à Abidjan, le 18 Février 2012 - La Direction de l'AIRD.

mercredi, 15 février 2012

POURQUOI LA CAN NE POUVAIT PAS RECONCILIER DES IVOIRIENS PLUS DIVISES QUE JAMAIS

 

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L'opération de communication massive orchestrée depuis le Palais du Plateau a fait «pschitt». Il faut se rendre à l'évidence. La victoire des Eléphants à l'occasion de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations, espérée par tous les Ivoiriens, n'a pas été au rendez-vous. Elle ne sera donc pas instrumentalisée par les prestidigitateurs qui nous dirigent. Et dont la petite musique était déjà parvenue à nos oreilles. Le trophée était annoncé, par ceux qui veulent réconcilier sans panser, sans écouter et sans réparer, comme le signe absolu de la fin de toute discorde au sein d'une Nation à qui tout réussit sous l'égide son chef bien aimé. Pour cette raison, un nombre incroyable d'officiels ont - une fois de plus - gaspillé l'argent public pour faire le voyage de Libreville, dans l'espoir de profiter de l'entrée triomphale des Eléphants dans une ville d'Abidjan en liesse pour se griser d'une popularité usurpée.

C'est bien là le signe du double langage du régime ivoirien, mielleux à destination de l'étranger comme il est brutal - psychologiquement aussi - à l'intérieur. Cette victoire des Eléphants devait être présentée comme le signe de la «baraka» de Ouattara, et de la confirmation de ce qui est «l'ordre juste» en Côte d'Ivoire. Les thuriféraires du régime le disaient : comme en 1992, les Eléphants ramèneraient la Coupe à Abidjan parce que, comme en 1992, Ouattara est aux affaires et Gbagbo est en prison - à sa place naturelle, entendaient-ils affirmer, faisant ainsi la démonstration de leur hostilité historique au mouvement de démocratisation et à «l'indocilité» ivoirienne. Hier comme aujourd'hui. La victoire des Eléphants n'était pas, pour eux, la  promesse d'une réconciliation authentique, mais la poursuite d'un écrasement, d'une humiliation censée frapper les esprits au sein du petit peuple auquel il aurait été seriné que «Dieu aime Ouattara».

Les Ivoiriens hostiles au régime actuel savaient bien quelle instrumentalisation indécente aurait été faite, ce qui ne les a pas empêchés de soutenir leur équipe et de se préparer à porter une victoire paradoxale, faites de joie intérieure et de sarcasmes extérieurs. Les Eléphants n'ont pas gagné. Mais la manœuvre du régime Ouattara, appuyée par une Organisation des Nations Unies qui a oublié son devoir d'impartialité vis-à-vis de ses pays membres, est révélatrice d'un état d'esprit détestable et dangereux. Cet état d'esprit est contenu dans la phrase de Charles Konan Banny, amorphe patron de la Commission dialogue vérité et réconciliation, qui disait en substance que les Ivoiriens se réconciliaient sans s'en rendre compte. De combien de tonnes de lâcheté cette élite-là, et les diverses coteries internationales qui accompagnent le régime Ouattara, se sont lestées pour ne pas oser voir ce que le commun des mortels voit ? En tout cas, on se situe plus que jamais au degré zéro du politique ! Quand des chanteurs ou des footballeurs sont appelés à la rescousse pour régler des problèmes qui ne les concernent pas, c'est qu'il y a une démission des dirigeants et une incompétence manifeste. Dans le cas d'espèce, le problème est simple. Personne, dans le clergé, dans le gouvernement, au sein des syndicats, de la société civile et du corps diplomatique, parmi les guides religieux, n'ose se lever pour dire à Alassane Dramane Ouattara que sa manière de gouverner dans le sadisme, la brutalité et le «rattrapage ethnique» est porteuse des plus grands périls.

Comment réconcilier la Côte d'Ivoire alors que les Dozos et FRCI canal Forces nouvelles continuent de traumatiser et de tuer, comme nous le montre l'actualité récente à Arrah, notamment développée dans cette édition du Nouveau Courrier ? Comment apaiser alors que l'absurdité judiciaire triomphe dans le traitement des prisonniers politiques, dont le cas Michel Gbagbo est emblématique de la cruauté d'Etat en Côte d'Ivoire ? Comment rassembler quand tout semble être mis en œuvre de manière rationnelle pour vider les villages Wê du peu de population qui reste, et quand aucun programme sérieux ne vise à rassurer les centaines de milliers de déplacés internes et de réfugiés ivoiriens ? La joie de la CAN n'aurait-elle pas été forcément de courte durée face aux destructions d'emplois qui battent leur plein et à la vie chère qui oppresse tout un peuple ?

Il s'agit de revenir aux fondamentaux au lieu de persévérer dans la politique de l'autruche. La France «black-blanc-beur» célébrée après la victoire à la Coupe du monde de 1998 a-t-elle empêché Jean-Marie Le Pen d'être au second tour de la présidentielle dans l'Hexagone quatre ans plus tard ? La supplique de Didier Drogba demandant hier, après l'historique qualification à la Coupe du monde de 2006, de «déposer les armes» et «d'aller aux élections» a-t-elle eu la moindre conséquence sur la tragédie ivoirienne et l'inflexibilité des rebelles d'alors ? La victoire des Pharaons d'Egypte a-t-elle empêché la lame de fond révolutionnaire de déferler sur le pays et d'occasionner, en 2011, la chute du régime d'Hosni Moubarak ? La crise ivoirienne est politique. C'est par la politique qu'il faut la régler, avec franchise et courage. Et non par le bling bling et la com' à outrance.

 

La Rédaction


Source: LE NOUVEAU COURRIER

FINALE DE LA CAN - LE PUBLIC GABONAIS CRIE: «LIBEREZ GBAGBO, LIBEREZ GBAGBO!»


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Après l'Afrique du Sud, Alassane Ouattara semble décidément par avoir la côte en Afrique centrale.

Partis en grand nombre à Libreville au Gabon pour pousser les Eléphants à la victoire face aux ''Chipolopolo'' de la Zambie en finale de la Coupe d'Afrique des nations Orange 2012, les supporters ivoiriens ont été doublement désillusionnés au Stade Sino-Gabonais de l'Amitié. En face, ils n'avaient pas seulement pour adversaire la poignée de supporters zambiens présente dans le stade. Les supporters convoyés par le Comité national de soutien aux Eléphants (CNSE) et tous les Ivoiriens présents à Libreville, n'avaient pas compté avec l'hostilité des Gabonais qui se sont constitués en douzième homme des ''Chipolopolo''. Pourtant, lorsque l'avion affrété par le ministère des Sports et Loisirs s'est posé sur le tarmac de l'aéroport Léon Mba de Libreville sous le coup de 1h GMT, rien ne présageait une telle situation.

Dans la salle des formalités de police, l'ambiance était bon enfant entre Ivoiriens et Zambiens arrivés presqu'au même moment. Le ministre des Sports, Philippe Légré venu en personne accueillir ses ''troupes'', était heureux de savoir que les Eléphants ne manqueraient pas de soutien. Parce qu'en plus des supporters du CNSE, d'autres entreprises de la place et la Fédération ivoirienne de football avaient également transporté des supporters à Libreville. Il y avait du beau monde. De quoi galvaniser Didier Drogba et ses camarades pour la victoire tant attendue.

Mais très vite, l'optimisme va faire place à l'incertitude, ensuite à la désillusion, puis au cauchemar. En effet, dès la fin du compte à rebours, pendant la présentation des hymnes nationaux, les supporters ivoiriens sont surpris par un fait insolite après ''l'Abidjanaise''. Autour d'eux, certains Gabonais, chantent en choeur l'hymne national de la Zambie. On a l'impression qu'ils s'y étaient préparés en apprenant les paroles de cet hymne zambien. Et que quelque chose d'anormal allait se passer. Dans la foulée, tout le stade enchaîne aussitôt avec l'hymne national du Gabon. Ce qui n'est pas prévu. Nationalisme oblige, pourrait-on dire. Parce qu'au pays d'Ali Bongo Ondimba, c'est ''le Gabon d'abord''. Qu'à cela ne tienne. Mais le masque ne tarde pas à tomber. Des Gabonais assis parmi des supporters ivoiriens dans la zone où nous sommes, décident alors de faire des commentaires désobligeants sur la crise post-électorale en Côte d'Ivoire et le Transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI.

Excédé, un supporter ivoirien oppose à l'un d'eux une réaction musclée et lui rappelle, qu'eux aussi avaient contesté la nationalité de leur président lorsqu'il a exprimé l'intention de briguer la magistrature suprême du Gabon. Mais pourquoi l'acclament-ils dans ce stade? Mieux, il lui demande en quoi il est concerné par les affaires ivoiro-ivoiriennes, et quels liens elles ont avec l'affiche de la finale à laquelle ne participe pas le Gabon. Cette mise au point faite, plus tard, le fauteur de trouble présente ses excuses mais c'était sans compter avec ses autres compatriotes dans le stade. Surtout lorsque Drogba a raté le penalty. «Vous les Ivoiriens, vous n'allez pas partir avec ce trophée. C'est Gbagbo qui a gagné les élections. vous oubliez que nous sommes entre nous Africains, on va soutenir la Zambie jusqu'au bout», ont lancé certains.

Hostilité

Toutes les actions d'éclat des Eléphants étaient huées. Mais quand il s'agissait des Zambiens, ils étaient acclamés à tout rompre. D'autres n'hésitaient pas à venir narguer les supporters ivoiriens. Durant toute la partie, les Eléphants ont été brisés dans leur élan par une horde de Gabonais hostiles, braqués contre eux. Le public gabonais a réservé le comble pour la séance des tirs au but. Chaque fois que c'était le tour d'un joueur ivoirien de shooter, on entendait: ''Chipolopolo, Chipolopolo... Libérez Gbagbo, libérez Gbagbo...''. Dans les travées, cela donnait lieu à des menaces xénophobes insensées. Malgré l'hostilité ambiante, les supporters ivoiriens ont gardé leur calme jusqu'à la fin. Dignes dans la défaite et dans la douleur, ils n'ont pas répondu aux provocations des ressortissants du pays co-organisateur de la CAN Orange 2012.

Sur chemin du retour vers l'aéroport, le bus hué, recevait parfois des coups au passage. Dans la salle d'embarquement où les ont rejoints plus tard les Zambiens en partant pour Lusaka, la délégation ivoirienne a applaudi les vainqueurs. Les uns et les autres se sont congratulés et ont sympathisé. Dans un esprit de fair-play. Contrairement aux co-organisateurs.

Alphonse

 

Source: KOACI.COM

lundi, 13 février 2012

CAN 2012 - LA ZAMBIE REINE D'AFRIQUE

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Mweene et la Zambie ont détruit le rêve de Drogba et de la Côte d'Ivoire. (Reuters)

 

Nous l'avions espérée et attendue, cette victoire des Eléphants, ainsi que le couronnement de la carrière de la Génération Drogba. Elle ne viendra pas. Abidjan plonge dans le désarroi et s'endort, la mort dans l'âme. La réconciliation par le football n'a pas eu lieu. Ouattara doit voir ailleurs et faire face à ses vraies responsabilités.

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

 

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Pour la première fois de son histoire, la Zambie a remporté la Coupe d'Afrique des Nations aux dépens de la Côte d'Ivoire (0-0, tab: 8-7), dimanche, à Libreville. Stoppila Sunzu est devenu le héros des Chipolopolos, qui ont tenu bon malgré un penalty sifflé contre eux en seconde période. Les Éléphants échouent une nouvelle fois en finale, comme en 2006, après des ratés de Kolo Touré et Gervinho. Le film du match.

Il y a 20 ans, la Côte d'Ivoire triomphait sur le sol sénégalais, célébrant alors aux dépens du Ghana sa toute première - et unique à ce jour - Coupe d'Afrique des Nations. Il y a 19 ans, la Zambie vivait un véritable drame national, perdant dans un crash aérien toute une sélection - exception faite de son joueur vedette, Kalusha, le seul alors à ne pas évoluer au pays. Ce jour tragique d'avril 1993, les Chipolopolos se rendaient à Dakar, fauchés dans leur envol au large de Libreville, capitale gabonaise où les Zambiens jouaient ce dimanche soir la troisième finale de CAN de leur histoire, après deux échecs essuyés en 1974 et 1994. Sous le regard bienveillant mais humide de Kalusha...


Cette finale, les uns la jouaient pour leurs aînés disparus, les autres pour un pays déchiré par un conflit civil qui, l'an dernier encore, faisait des centaines de victimes. Les premiers, inattendus à ce stade ultime, n'avaient en théorie rien à perdre, si ce n'est dans le discours de leur sélectionneur, le Savoyard Hervé Renard, qui lui n'envisageait que la gagne après les victoires au culot de ses hommes sur le Sénégal (2-1 au premier tour) ou encore le Ghana (1-0 en demie), deux grands favoris de la compétition. Les seconds, eux, avaient de fait toute la pression sur leurs larges épaules d'Eléphants. Un lest fatalement pesant sur le terrain...


Vifs et alertes comme à leur habitude depuis le coup d'envoi de cette CAN, les Zambiens n'ont ainsi guère souffert de la comparaison. Au contraire. Si ce n'est cette frappe de Yaya Touré consécutive à une belle talonnade de Drogba dans la surface (30e), rares ont été les opportunités franches pour les Ivoiriens en première période. A peine plus nombreuses dans le deuxième acte. Outre ce tir un brin trop croisé de Gradel dans les derniers instants de la partie (88e), c'est bien ce penalty sifflé pour une faute commune de Chansa et Nyambe sur
Gervinho qui aurait pu (dû ?) faire pencher la balance dans le temps réglementaire. Seulement capitaine Drogba a alors manqué le coche, expédiant sa lourde frappe au-dessus du montant supérieur de Mweene (69e).

La prolongation devenue inévitable, les Chipolopolos auront à leur tour laissé passer leur chance, se heurtant au soulier de Barry et à son poteau gauche au terme d'une action rondement menée par les frères Katongo (95e). Entre le favori et son valeureux challenger, il était manifestement écrit que le sort ne choisirait son camp qu'en tout dernier recours, via la si cruelle séance des tirs au but. Drogba, cette fois, n'a pas tremblé, mais Gervinho, comme Kolo Touré juste avant, a failli, permettant à Sunzu d'entrer dans l'histoire de la CAN et de son pays (8-7 au final). Pour la deuxième fois de sa carrière, Didier Drogba, symbole d'une génération ivoirienne dorée, se contente de l'amertume de l'argent, six ans après la désillusion du Caire, face aux Pharaons d'Egypte (déjà aux tirs au but après une finale conclue sur un score nul et vierge). Les Zambiens d'Hervé Renard, eux, ont rendu le plus beaux des hommages à Kalusha et ses anciens partenaires...


Yannick SAGORIN

 

Source: COUPE D'AFRIQUE.COM

dimanche, 12 février 2012

ELEPHANTS, DONNEZ UN PEU DE JOIE A CE PAYS TRISTE DEPUIS LE 11 AVRIL!


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Devant le petit magasin qu'il tient au «black market» d'Adjamé, Moktar n'a pas eu hier, un bout de temps pour lui-même. Toute la journée, il a été assailli par les clients venus se procurer qui, des gadgets aux couleurs nationales qui, la dernière réplique du maillot officiel des Eléphants. En prévision de la demande, le jeune commerçant avait pris soin la veille, de renforcer considérablement son stock. Mais cela n'a pas suffi à satisfaire la clientèle qui en redemandait. A en croire le jeune homme et ses voisins commerçants du coin, la réalisation de ces bonnes affaires dure depuis trois jours aujourd'hui, soit depuis la victoire sur le Mali, le pays d'origine de Moktar. Une bonne conjoncture qui non seulement est venue soigner le moral du commerçant, brisé par le raid de Gervinho, mais qui lui a permis d'équilibrer ses comptes, déficitaires jusque-là, du fait de la morosité économique ambiante. C'est donc tout heureux que depuis jeudi, Moktar a troqué son maillot des Aigles contre la tunique orange des Eléphants dont il se dit désormais le premier supporter.

Et hier, à la mosquée, lors de la grande prière de 13 heures, il a ardemment invoqué Allah le Miséricordieux afin qu'il permette à  Drogba de brandir le trophée au terme des 90 mn car il sait que pareil dénouement lui donnera encore quelques jours de prospérité. Comme Moktar, Yves Messou, assis au comptoir de son maquis, qui passe pour le meilleur espace de la cité verte, à Yopougon, peut se frotter les mains. En cette période de CAN, les recettes sont bonnes avec des pics inespérés à chaque victoire de Copa Barry et les siens. C'est pourquoi, comme le Onze national, lui aussi prépare le grand soir.  Stock de boissons  triplé, nouvelles serveuses aguichantes, capacité d'accueil agrandie, drapeaux tricolores flottants, rien n'a été négligé par le maître des lieux pour demeurer la meilleure offre du quartier.  La plupart des ménages abidjanais sont également dans l'air du temps avec les couleurs orange-blanc-vert accrochés aux fenêtres des maisons comme à la belle époque de la célébration des fêtes nationales de l'indépendance.

Dans les bureaux, presque toutes les conversations tournaient hier autour du match de demain. Les dossiers ? « Ca peut attendre après la finale », a lancé tout sourire, Cédric, cadre des impôts, refermant son bureau  dès 13h et pressé d'aller rejoindre la joyeuse bande de copains qui, dira-t-il, a déjà commencé la mise au vert  autour de ses bouteilles préférées. Partout, dans l'esprit des uns et des autres, c'est la fête avant le show final même si l'on redoute quelque peu, le syndrome ''Orlando pirates'' du nom du cataclysme intervenu le 15 décembre 1995, où le club Sud-Africain, en match retour, est venu battre l'Asec  au stade Félix Houphouët-Boigny (1-0) alors que les Ivoiriens avaient fait le plus dur à Pretoria (2-2). Le revers des champions ivoiriens si prêt du but, avait eu l'effet d'un séisme dans tout le pays.

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D'où la méfiance et la concentration maximale conseillée par le coach François Zahoui à ses garçons qui ne devront jamais penser que c'est déjà dans la poche et que le rendez-vous du dimanche soir n'est que simple formalité. Ce serait une grossière appréciation vu qu'en face, les garçons de Hervé Renard caressent le rêve secret de tomber le grand favori de la compétition, trois jours après s'être offert le Ghana, un autre groupe bien côté à la bourse des valeurs africaines. De sources proches du staff des Eléphants, on indique que les joueurs sont conscients de leur mission et savent que les Ivoiriens attendent avec impatience ce second sacre. Pas seulement pour voir enfin la génération dorée ivoirienne, inscrire en lettres d'or, son nom sur le précieux trophée continental, mais pour s'offrir eux-mêmes quelques jours de bonheur dans ce pays toujours aussi triste qu'au lendemain du 11 avril 2011, le jour où tout a basculé en Côte d'Ivoire.

Oui, quelques jours de félicité pour chasser le spleen d'un peuple pris à la gorge par la cherté de la vie, angoissé par la vague de licenciements qui balaie tous les services, terrorisé par les FRCI et qui attend toujours sans vraiment y croire maintenant, les pluies de milliards annoncés à grand renfort de publicité par les gouvernants actuels. Dix mois que l'attente dure et rien n'indique pour l'heure, que nous sommes au bout du tunnel.

Avec notamment toutes ces nouvelles pas trop rassurantes en provenance du FMI et de la Banque Mondiale. Bien instruit de l'enjeu de cette finale, les principales compagnies de téléphonie mobile qui officient à Abidjan ont décidé d'accompagner les Ivoiriens sur la route du bonheur. Pour cela, elles rivalisent depuis quelques jours d'ardeur pour attirer le maximum de personnes sur les sites spécialement conçus et savamment disséminés aux quatre coins du District d'Abidjan. La place Ficgayo, le complexe Jesse Jackson de Yopougon   et la place Inch Allah de Koumassi  sont pour l'heure, les meilleures adresses en la matière. Du côté du leader du secteur, on annonce pour cette nuit, une veillée d'animation sportive qui va se poursuivre jusqu'à l'heure du match. Du délire en perspective. Eléphants, à vous de jouer !

Barrissez donc !

Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 143 des samedi 11 et dimanche 12 février 2012.


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CE NE SERA PAS LA FIN DE LA CRISE

Il faudra être clair et ne pas s'y tromper, les Eléphants prendront cette coupe et nous leur ferons la fête comme il est recommandé de le faire à tous les vrais héros nationaux. La fête sera  grande parce que depuis 20 ans, nous en bavons et nous ne bouderons pas notre joie parce que nous avons trop souffert de la méchanceté de l'impérialisme qui a fait une OPA sur notre pays. Nous savourerons chaque instant de la victoire des Eléphants comme si nous prenions une revanche sur le sort des opprimés que les mentalités esclavagistes veulent nous imposer.

Comme un seul homme, n'en déplaise aux esprits chagrins, nous nous lèverons pour soutenir les Eléphants et les pousser à la victoire. Mais, à l'adresse de nos dirigeants et de la commission vérité dialogue et réconciliation, il faut clarifier que ce ne sera pas le moment de faire une lecture erronée sur l'état de la société ivoirienne. Il n'est pas interdit à un malade même dans son état de grabataire de savourer quelques instants de bonheur quand ceux-ci se présentent. Un médecin sérieux et compétent ne prendrait pas le sourire de son malade pour la fin du mal. Aussi voudrions-nous prévenir Dramane Ouattara que ce n'est pas pour lui et sa politique de rattrapage, de licenciement, de justice des vainqueurs, de chartes de détournement, de démolisseur,  que les Ivoiriens occuperont les rues le soir du dimanche 12 février. Nous savons qu'il n'a jamais eu droit à une véritable liesse populaire dans ce pays, mais il se trompera lourdement de voir dans la joie des Ivoiriens son retour en grâce dans leurs cœurs.

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Quant à Charles Konan Banny, il sait lui-même qu'à part tourner le couteau dans la plaie par la ténacité de sa rancœur contre Gbagbo, il n'a encore rien fait pour que les Ivoiriens se réconcilient. Nous nous jetterons dans les bras des uns et des autres pour montrer notre disposition à nous retrouver, mais nous ne laisserons aucun politique  tirer à lui la couverture d'un succès dont il n'a aucun mérite.

Joseph Marat, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 143 des samedi 11 et dimanche 12 février 2012.



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DIDIER DROGBA, DANS LA LIGNEE DES POKOU, MILLA, BELLOUMI...

Dimanche, 12 février 2012, la Côte d'Ivoire joue pour la troisième fois de son histoire, la finale de la Coupe d'Afrique des nations. La deuxième finale de la génération Didier Drogba. Dans cette génération, où les talents se valent, les regards sont tournés vers l'emblématique buteur de l'équipe nationale qui a besoin de rentrer dans l'histoire. En tant que leader de l'actuelle génération, Didier Drogba doit inscrire son nom dans les annales du football africain à l'instar d'un Laurent Pokou qui, en seulement deux compétitions, est devenu une légende  continentale.

Pendant plus de 38 ans, il a détenu le record de meilleur buteur avec 14 buts à son actif. Marquant ainsi la Can de son empreinte. Le nom d'Asmara qu'il porte n'est pas un pseudonyme de luxe. Ce nom qui était celui de la deuxième ville d'Ethiopie, aujourd'hui capitale de l'Erythrée,  a été donné à Laurent Pokou en 1970 par le Président Hailé Sélassié pour saluer ses prouesses face à l'équipe nationale de l'Ethiopie dont « l'Empereur Baoulé », un autre surnom de Laurent Pokou, avait violé la cage plus de 5 fois, arrachant du coup la vedette à l'Egyptien Mohamed  Al-Diba qui totalisait déjà 4 buts en une seule rencontre.

Avec ce  talent  de grand buteur, sa rage de vaincre, Didier Drogba a tous les moyens pour  se hisser au diapason des Pierre Kalala Mukendi, N'dayé Mulamba, Ossei Koffi, Ali Fergani, Moustafa Dalheb, Roger Mila, Djonkep Bonaventure, Ibrahim Youssef et autres Abega Théophile, ces grandes figures dont les noms occupent les premières lignes dans les livres du Football africain. Le buteur de Chelsea a certes  glané des lauriers çà et là en Europe,  avec le titre de Champion d'Angleterre, un trophée de la Coupe d'Angleterre, deux ballons d'Or en Afrique et deux participations à la phase finale de la Coupe du monde où il totalise deux buts.

Un but contre l'Argentine en 2006 et un autre contre le Brésil en 2010.  Le seul africain à avoir violé la cage des Auriverde. Mais cela ne suffit pas pour  ce brillant  palmarès auquel manque la Coupe d'Afrique des Nations. L'Année  2012 est donc celle de l'espoir pour le natif de Niaprahio de brandir ce prestigieux trophée continental.  Cela, en vue de confirmer son  statut de leader  qui lui colle à la peau depuis 2006, date de la première participation de cette génération à un rendez-vous aussi important qui réunit tous les grands noms du football africain.

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Avec ses dix buts en quelques années de présence à la Coupe d'Afrique des nations, Drogba a là une belle occasion d'accroître son capital buts et rabattre définitivement le caquet à tous ses détracteurs en ramenant le trophée sur les bords de la lagune Ebrié. Les sportifs ivoiriens et de toute l'Afrique l'attendent. Si la rencontre Côte d'Ivoire -Zambie polarise tant  l'attention, c'est en partie à cause d'un Didier Drogba qui a su porter l'équipe à bout de bras jusqu'à la finale. L'heure de la vérité n'est plus loin. ''Dahi Zoko'', le guerrier de Niaprahio ne le sait que trop.


Que le spectacle commence !

Nicole Bantchi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 143 des samedi 11 et dimanche 12 février 2012.

jeudi, 09 février 2012

1000 MILLIARDS DE FRANCS CFA POUR «ORGANISER» UNE DEMIE CAN ET SERVIR DE COUPES-COUPES AUX MALIENS EN 1/4 DE FINALE!

 


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Un des stades de la demie CAN gabonaise

 

CAN 2012 : LA MALEDICTION DU «GAGUISME»!


Près de 1000 milliards de francs CFA pour organiser (de manière chaotique) une moitié de CAN et, surtout, pour servir de coupés-coupés aux Maliens en 1/4 de finale ! Est-ce bien raisonnable ?


S'il n'y a rien à dire sur la prestation des footballeurs (encore que !), tout le reste, en revanche, est d'une nullité insondable. Rien qu'à lire le communiqué pondu par Gaguie-le-Battu, au lendemain de sa défaite, on mesure l'ampleur des dégâts et l'on comprend aussitôt que le président du PDG et sa bande étaient complètement à côté de leurs pompes : le texte est d'une vacuité et d'une légèreté affligeantes. La syntaxe, quant à elle, était tellement boiteuse (comme qui ?) que L'union a pris la liberté de la redresser avant publication.

Pendant un peu plus de deux ans, toutes les ressources (financières, matérielles, humaines, spirituelles...) du pays ont été mobilisées pour faire de la ½ CAN gabonaise, un succès. Sans être dupes, les Gabonais ont laissé faire. L'arrière-pensée politicienne qui guidait Ali dans cette entreprise était flagrante. L'inclination des dictateurs à vouloir se servir du sport comme vitrine est une vieille ficelle. Jean-Marc Diakité du quotidien sénégalais Le Soleil le rappelle en quelques phrases : « C'est  connu que les dictatures et le sport font souvent bon ménage. Quand la situation intérieure d'un pays est mauvaise, les présidents-dictateurs sortent de leur manche une performance sportive pour flatter l'ego du peuple et le remobiliser derrière eux. Selon la bonne vieille méthode du pain et des jeux à jeter en pâture au bon peuple pour qu'il oublie sa misère et la mal-gouvernance, les meurtres et le pillage des élites qui mettent le pays en coupe réglée. C'est pourquoi les dictateurs jettent souvent leur dévolu sur les grandes manifestations sportives dans lesquelles ils vont investir des milliards de francs pour relever victorieusement le défi de la participation ou au moins celui de l'organisation. Ce sont des moments particuliers durant lesquels on parle d'unité nationale, de solidarité et de patriotisme... »

Pour Ali, cela aurait pu fonctionner si les « Panthères » avaient remporté le trophée. L'euphorie de la victoire aurait masqué les énormes carences que l'on peut encore observer et déplorer aujourd'hui à Libreville. De tous les chantiers annoncés et vantés par les griots du pouvoir, aucun n'a été livré. Les plus emblématiques d'entre eux, les fameuses passerelles de la Voie express, sont une honte nationale. On risque sa vie chaque fois qu'on les emprunte : d'énormes blocs de béton font office de glissières de sécurité,  absence d'éclairage et de signalisation, pas de passages piétons. Quant à la bande de roulage, ce n'est même pas digne d'un bitume d'occasion. Les gravats laissés sur place après les démolitions de la fin de l'année dernière et les poubelles à ciel ouvert donnent de notre capitale une image tellement surréaliste que nombre de journalistes étrangers, présents dans notre pays, ne manqueront pas d'en parler.

A Libreville, toujours, le réseau routier urbain et les outils de communication que sont le téléphone et Internet font pitié. Toujours dispo quand il s'agit de donner un coup de pouce à son « fils », Marie-Joséphine Kaama, alias Patience Dabany, a transformé son domicile de Likouala en annexe du COCAN : avant chaque match, des dizaines de badauds et d'affamés s'y pressaient pour obtenir un billet d'entrée au stade, ou tout simplement un sandwich. Les intéressés devaient, au préalable, agiter des banderoles à la gloire de « Ya Ali ». Mais tout cela n'a servi à rien, un penalty raté d'Aubameyang a tout « footu » en l'air. Maintenant, il va falloir expliquer au bon peuple pourquoi on a brûlé près de 1000 milliards de francs, qui représentent, quand-même, l'équivalent de plus 1000 kilomètres de routes goudronnées. Mais il n'y a pas d'illusion à se faire, aucun bilan financier ne sera rendu public, car, comme d'habitude, l'argent sorti des caisses de l'Etat ne sera pas perdu pour tout le monde : les probabilités qu'une bonne partie de ce magot ait déjà pris la direction de quelques paradis fiscaux accueillants sont très grandes.

C'est ce qui pourrait, en partie, expliquer la tenue précipitée d'une réunion du conseil d'administration de l'Agence nationale des grands travaux (ANGT), cette énorme pompe à fric qui a servi à régler les vraies et les fausses factures du COCAN. Dimanche soir, le match à peine terminé, les deux âmes damnées de Gagui, Liban Soleman et Maixent Accrombessi, se sont rendues directement au siège de l'ANGT, situé à côté de l'ancien gouvernorat. Il fallait finaliser la préparation des dossiers que le conseil d'orientation, prévu pour le lendemain et coprésidé par Ali Bongo et Maixent Accrombessi, allait examiner. Comme d'habitude, cette énième farce émergente a accouché d'un énorme mensonge : « Le Gabon va investir 12 mille milliards de Francs CFA (18 milliards d'euros) dans des projets d'infrastructures d'ici 5 ans... » Alors que nombre de chantiers sont arrêtés (la route du PK9 à Libreville, le tronçon Ndjolé/Medoumane, etc.), où Gagui-la machine à promesses pense-t-il trouver tout cet argent ? Avec la triste réputation que le régime Bongo/PDG s'est taillée auprès des bailleurs de fonds, on lui souhaite bien du plaisir.

En attendant, pour les Gabonais, la CAN est terminée. Ils vont devoir reprendre leur (sur)vie habituelle. Dans l'amertume et la résignation. Ce qui n'est pas le cas de Habib Sylla « Ngoye » et de son poulain Seydou Kane, les amis maliens d'Ali. Ils ont fêté la victoire des « Aigles » jusqu'au petit matin. Comme on dit, tout Malien est un malin et demi. Fin du match!


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL