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samedi, 03 décembre 2011

3 JOURS APRES, LE CARREFOUR DE LA RIVIERA 2 REVIENT A LA VIE


CARREFOUR RIVIERA 2.JPG

Pour pointer à son service à 7h30 mn, comme l'exige dorénavant la direction de son service, Ruth-Francheska s'est levée de bonne heure et même un peu plus tôt que d'habitude car il lui fallait désormais prendre en compte les multiples déviations qu'imposait depuis vendredi dernier, aux automobilistes, la fermeture du grand carrefour de la Riviéra 2. Habitant le quartier de Yopougon, et étant en service à Bingerville, Ruth n'avait nullement envie de se faire remonter les bretelles par le nouveau patron qui lui, était très pointilleux sur les horaires de travail. C'est pourquoi, dans le mini-car où elle avait pris place, la jeune dame n'arrêtait pas de pester contre l'apprenti-chauffeur à chaque fois que celui-ci signalait un arrêt au conducteur. Déjà tendue, elle le fut davantage  lorsqu'après avoir dépassé l'école de police, le véhicule, au lieu de bifurquer sur la bretelle donnant sur les jardins de la Riviéra, s'engagea tout droit dans le sens du grand carrefour de la Riviéra 2. Prise de rage, le souffle faillit lui manquer lorsqu'elle lança à l'endroit du conducteur : « Tu ne sais pas que c'est fermé par là-bàs ? Tu vas nous perdre le temps pour rien ! » La plupart des passagers autour de Francheska abondèrent dans le même sens qu'elle.

Mais très vite la tension retomba lorsque tous s'entendirent dire par l'apprenti que la voie était à nouveau ouverte à la circulation depuis seulement la veille. Subitement, le visage de Ruth s'éclaira pour laisser apparaître son beau sourire et une dentition argentée. Soulagée à l'idée de pointer dans le temps à son boulot, elle eut néanmoins  honte d'elle-même pour s'être emporté tout à l'heure dans le « gbaka ». Elle s'en excusa auprès du conducteur qui en fit de même pour les multiples arrêts observés tout au long du trajet, le tout, dans une ambiance de paix des braves. Se tenant à carreau vis-à-vis de la politique, elle se garda de faire le moindre commentaire sur la réouverture du grand carrefour de la Riviéra 2.

Comme cette jeune dame, ils sont nombreux les abidjanais qui ont eut droit hier matin, à la surprise du chef. Qui aurait pu imaginer qu'après la cérémonie de lancement des travaux de l'échangeur de ce quartier, tenue vendredi dernier en grandes pompes, en présence du premier ministre, l'on assisterait trois jours après à une reculade du gouvernement vu que la mesure de fermeture de cette voie était prévue pour durer une année? En 72 heures, qu'est-ce qui a bien pu infléchir la position gouvernementale ? Bien malin qui pourrait le savoir, surtout  en l'absence de toute déclaration officielle des autorités compétentes sur le sujet. Un vide que la rumeur abidjanaise a vite fait de combler en expliquant la mesure de réouverture par une volonté du gouvernement d'éviter de créer des désagréments aux populations en cette veille de fêtes de fin d'année. Une thèse vite contrariée par d'autres sources qui mettent plutôt en avant le manque de ressources financières pour le démarrage effectif des travaux. Généreuses dans la diffusion de l'information, celles-ci indiquent que la cérémonie de lancement des travaux de l'échangeur de la Riviéra 2 a été faite en prévision de la récente tournée du chef de l'Etat en Belgique et des fonds qu'il ramènerait de son séjour bruxellois. La récolte n'ayant pas été à la hauteur des espérances, le démarrage des travaux a été ainsi reportée à plus tard.

Aussi pour railler le régime sur cet autre mauvais coup, certains sont-ils allés puiser dans le christianisme pour comparer le retour à la vie du carrefour de la 2, trois jours après, à celui de la résurrection du Christ. Une coïncidence renforcée par le fait que la voie en question a été  fermée un vendredi pour être rouverte le dimanche suivant. Et pour mieux marquer le coup, ces petits malins proposent même que l'on désigne désormais  cette place sous l'appellation  du « carrefour de la résurrection ». Assurément, c'est un autre mauvais coup qui vient rallonger la liste déjà bien garnie des promesses gouvernementales sans lendemain. Comme par exemples, les chantiers de la construction du 3ème pont et celui de la rénovation des campus universitaires d'Abidjan qui sont aujourd'hui pratiquement au point mort après un démarrage en fanfare.


Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien N° 107 du mardi 29 novembre 2011.

 

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GOUVERNANCE A VUE


Voulez-vous avoir une idée de la pagaille qui règne dans la conduite de l'Etat de Côte d'Ivoire ? Il aurait fallu fréquenter cette semaine le grand carrefour de la Riviera II à Cocody. Le jeudi  24 novembre dernier à minuit, Le gouvernement de Ouattara a fermé cette  grande voie qui relie  Adjamé, Cocody et Bingerville au niveau du grand carrefour de la Riviera II. Imaginez la galère des automobilistes et des usagers qui, le lendemain, étaient obligés de se chercher des passages sur les voies cahoteuses d'Attoban  et de la Riviera Palmeraie pour rallier soit leur lieu de travail, soit leur domicile. Quand on sait la densité de la circulation à cet endroit aux heures de pointe, le désarroi dans les embouteillages monstres est inimaginable. Le gouvernement Ouattara a justifié cela par le fait que les travaux du troisième pont devraient incessamment débuter. « On va faire comment, on n'a pas dit qu'on veut pont ! De toute façon un an de maquis pour s'offrir un pont ce n'est pas cher payé. C'est encore mieux que le bombardement de nos palais !  ».

Grande fut ma surprise, moi qui avais déjà commencé le compte à rebours, de constater à mon réveil ce lundi 28 novembre que le rond-point de la Riviera II était de nouveau ouvert à la circulation. Quelqu'un me dit à côté que c'est la résurrection du carrefour de la II. Oui, parce que bizarrement ce doux calvaire qui berçait nos rêves  de riche de pont a duré 3 jours comme le Christ dans son tombeau. Mais alors que devient le début des travaux du pont ? J'apprends qu'après les fêtes de fin d'année nous allons encore réapprendre à nous passer de ce grand carrefour de la voie Mitterrand. On s'est regardé et quelqu'un s'est interrogé: « Mais Dramane ne savait-il pas que les fêtes arrivaient? ». Un autre a répondu: gouvernance à vue!


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien N° 107 du mardi 29 novembre 2011.

 

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SILENCE, LE GOUVERNEMENT BRICOLE!


Hier matin, en route pour la rédaction, quelle ne fut ma surprise de voir le conducteur du taxi s'engager sur la voie qui mène au grand carrefour de la Riviéra 2. Je demandai donc à ce dernier s'il n'était pas informé que cette voie était fermée à la circulation depuis le week-end dernier et cela pour une durée d'un an. Il répond que la bretelle en question a été rouverte aux automobilistes depuis la nuit dernière. Volubile, le jeune homme va même plus loin en soutenant que c'est à partir du mois de janvier prochain que la mesure de fermeture sera de rigueur, avec le démarrage effectif des travaux de l'échangeur du 3ème pont.

Et le taximan de conclure en ces termes teintés d'une grande déception : « Ces gens sont des menteurs, de faux types, des incapables. C'est nous qui les avons mis là et nous allons finir par les chasser. » Je n'eus pas le temps de poursuivre la conversation parce qu'arrivé à destination. Mais dans mon for intérieur, je me convainquis davantage que les Ivoiriens ne pouvaient pas attendre grand-chose de nos gouvernants actuels. Ils viennent de nous en donner une fois encore la preuve avec cette fermeture suivie de la réouverture du grand carrefour de la Riviéra 2. Deux décisions majeures prises en l'espace de trois jours et qui dénotent de la précipitation, de la navigation à vue et du manque de vision qui caractérisent très souvent l'action gouvernementale.

En décidant de fermer la voie, le gouvernement n'avait-il pas analysé au préalable, tous les contours de la question ? Ou bien c'est seulement après coup qu'il a réalisé avoir été mal inspiré ? Ça sent le bricolage tout ça. Car gouverner, c'est prévoir.


In le quotidien ivoirien N° 107 du mardi 29 novembre 2011.