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jeudi, 10 avril 2014

POURQUOI MICHEL DJOTODIA NE SERA PAS INQUIETE PAR LA JUSTICE INTERNATIONALE

 

MICHEL DJOTODIA.jpg

 

Créée par le Conseil de sécurité de l’ONU le 5 décembre 2013, suivant la Résolution 2127, la Commission internationale chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’homme en République centrafricaine, présidée par le camerounais Bernard Acho Muna, a démarré ses enquêtes pour une durée de 2 semaines.

 

Avec un mandat pour enquêter sur toutes les violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, et d’atteintes aux droits de l’homme qui auraient été perpétrées en RCA depuis le 1er janvier 2013, elle a une tâche impossible pour réussir en un si court délai. 

Par ailleurs, juridiquement parlant, elle sera bloquée contrairement aux attentes des populations, pour pouvoir recueillir des éléments à charge contre l’ancien président de la transition déchu Michel Djotodia.

L’INCOMPETENCE POLITIQUE N’EST PAS UN DELIT 

Le fait que Michel Djotodia soit responsable en premier de la grave crise sanglante dont ses Séléka ont plongé la RCA une année durant, n’en fait pas, au niveau du Droit pénal international un possible inculpé pour la Cour pénale Internationale (CPI), pour autant que l’on ait pu démontrer qu’il fut un donneur d’ordres pour des massacres de civils.

Le procès Bemba qui s’enlise depuis 5 ans à La Haye fait cas d’école, tout comme celui de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.

La procureure gambienne du CPI, Fatou Bensouda, peine toujours à étayer ses accusations.
Entre témoignages incertains confinant souvent à des délations gratuites, et des témoins sous menace, le procès fait du sur place dans une impasse.

Dans le cas de Djotodia, tout ce qui peut lui être imputé est une incompétence notoire à tenir ses hommes et à les réguler. Etant entendu qu’il est avéré que la nébuleuse Séléka faite de factions hétéroclites, n’obéissait qu’à leurs propres chefs de guerre, et non directement au chef politique suprême.

Conséquence, à contrario, tous les chefs de guerre de la Séléka peuvent être poursuivis pour crimes de guerre, et non, paradoxe, le grand chef.

Cet état de fait, Michel Djotodia le savait, très bien conseillé qu”il fut par ses conseillers français qui surent le préserver d’une implication directe dans le moindre crime des Séléka.

D’ou son discours maintes fois répétés : “Des allégations disent que je ne contrôle pas mes hommes…Mais je ne connais que ceux qui sont avec moi.”

Ainsi s’absolvait-il de toute implication.

LE LEVIATHAN 

Inculper en outre Djotodia, le monstre du chaos primitif, obligeRait à ouvrir des dossiers politiques puant que personne dans la sous-région n’a envie de voir dévoilés en public, de la France au Gabon en passant le Tchad et le Congo-Brazza, surtout au Tchad.

Car des sommes de complots et de manipulations, si mis à jour, mettraient en difficulté politique tous les acteurs agissant dans la crise centrafricaine.

Idriss Deby serait contraint de s’expliquer sur le financement des Séléka (secret de polichinelle), sur l’implication de ses soldats à Bangui, qui bien que faisant partie des forces africaines de paix, la FOMAC de l’époque, ouvraient pourtant la route de Bangui aux envahisseurs Séléka, à la désormais célèbre “ligne rouge de Damara”.

Paris serait également mis sur la sellette afin de s’expliquer sur ce qui fut son intrusion dans la gestion d’un pays libre et auto déterminé. Car c’est la France qui a ‘démissionné’ Michel Djotodia sous l’habillage CEEAC à N’Djamena.

Quant au Congo-Brazza, il serait contraint de s’expliquer sur l’instrumentalisation du CNT (le Conseil National de Transition) à Bangui, lors du vote truqué de l’élection de Catherine Samba-Panza.

Pour un conseiller à Bangui : ‘Inculper Djotodia, ça foutrait le bordel, car il y’aurait un gros déballage de linge sale. Ce serait un véritable “DJOTODIAGATE”.”

Ainsi, pour solde de tous comptes, et surtout pour se taire et se faire oublier, Michel Djotodia en quittant N’Djamena le jour de son éviction ne partit pas au Bénin les mains vides.

En conclusion, seuls des lampistes de la Séléka seront poursuivis sans risque, et non les vrais meneurs des massacres.

 

SANDRA MARTIN-WHITE. LNC.jpg

Par Sandra Martin-White 
Analyste politique et juridique, LNC.

 

Source: LA NOUVELLE CENTRAFRIQUE

lundi, 30 décembre 2013

L'AFRIQUE PERD MANDELA MAIS GARDE DEBY, BIYA, SASSOU ET L'ARMEE FRANÇAISE


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Dossier Centrafrique et France à fric

MICHEL COLLON: «Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7%», affirme le rapport Védrine. Voilà la clé! Tout le reste est propagande pour justifier l'ingérence, comme le prouve notre dossier...

République Centrafricaine: La France en quête d'influence - Tony Busselen

«Augmenter notre présence en Afrique»: la loi de programmation militaire française - Raphaël Granvaud

Paix et sécurité en Afrique: la France fait partie du problème, pas de la solution - Survie

L'Afrique perd Mandela, mais garde Déby, Biya, Sassou et l'armée française - Survie

L’association Survie a déjà largement dénoncé la tenue à l’Élysée d’un Sommet pour la paix et la sécurité en Afrique organisé par une ex-puissance coloniale qui n’a jamais cessé son ingérence sur le continent, et en présence de dictateurs qui y ruinent tout espoir de paix.

 
Rien ne pouvait cependant laisser présager la tonalité de la cérémonie d’ouverture, marquée par l’annonce du décès de Nelson Mandela. L’hommage rendu à cette icône des résistances africaines par le Président français et des chefs d’Etat qui méprisent leur peuple laisse un goût particulièrement amer lorsque l’on s’intéresse aux autres symboles véhiculés par ce Sommet.

Alors que les émissions de télévision repassent en boucle des images de la libération du héros de la résistance contre l’apartheid, en 1990, il est intéressant de faire le compte du nombre de chefs d’États invités à l’Élysée par François Hollande qui étaient déjà au pouvoir à cette époque. C’est le cas de Paul Biya (Cameroun, depuis 1982), Denis Sassou Nguesso (Congo-B, depuis 1979), Blaise Compaoré (Burkina Faso, depuis 1987), sans oublier les héritiers des régimes Bongo et Eyadéma au Gabon et au Togo. C’est en cette même année 1990 que le président tchadien a accédé au pouvoir par un coup d’État soutenu par la France. La comparaison entre ce qu’est devenue l’Afrique du Sud et la situation économique et humanitaire de ces pays du « pré-carré », malgré le « soutien  » supposé apporté par la France, paraît bien cruelle. Et sur le plan politique, combien de militants inspirés par le combat de Nelson Mandela sont passés eux-aussi par les prisons de ces dictatures ?

C’est pourtant avec le régime tchadien, notoirement violent et corrompu, mais aussi avec les régimes camerounais, gabonais et congolais que la France intervient aujourd’hui en Centrafrique pour contribuer à éteindre un feu qu’elle a largement contribué à alimenter.

Il est ainsi paradoxal de constater l’absence à ce sommet de Jacob Zuma, Président sud-africain, alors que l’événement a justement pour objet de plaider pour la constitution d’une force inter-africaine, qu’à ce jour seuls les sud-africains seraient susceptibles de conduire.

Jacob Zuma aurait décidé de ne pas se rendre à Paris pour dénoncer le rôle de gendarme de l’Afrique que s’est octroyé la France dans des conflits récents (Côte d’Ivoire, Libye, Mali, Centrafrique). Nelson Mandela n’avait pas participé non plus au Sommet France-Afrique du Louvre, en 1998, organisé sur le même thème de « la paix et de la sécurité », avec les résultats (ou plutôt l’absence de résultats) que l’on connaît.

Outre les 50 années d’ingérence militaire et de soutien à des dictatures, peut être que ces deux présidents ont gardé en mémoire les longues années de coopération économique et militaire de la France avec le régime de l’apartheid, quand malgré les sanctions internationales, les gouvernements français successifs, y compris sous la présidence socialiste de François Mitterrand, fournissaient en armes l’État qui maintenait Nelson Mandela dans ses geôles, en utilisant les ports gabonais ou comoriens. Le 29 mars 1988, c’est même avec la complicité supposée des services secrets français que la représentante de l’ANC Dulcie September était assassinée à Paris alors qu’elle enquêtait sur les ventes d’armes entre la France et l’Afrique du Sud.

Les Français et les Africains qui défendent la justice et la fraternité entre les peuples garderont longtemps en eux le souvenir de Nelson Mandela et de nombreux héros sacrifiés, souvent remplacés par des tyrans, en espérant pouvoir tourner rapidement la page sombre de la Françafrique et du néocolonialisme.


 

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE: LA FRANCE EN QUETE D'INFLUENCE


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Dossier Centrafrique et France à fric

MICHEL COLLON: «Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7%», affirme le rapport Védrine. Voilà la clé! Tout le reste est propagande pour justifier l'ingérence, comme le prouve notre dossier...

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Paix et sécurité en Afrique: la France fait partie du problème, pas de la solution - Survie

L'Afrique perd Mandela, mais garde Déby, Biya, Sassou et l'armée française - Survie

La première semaine de décembre, le gouvernement français a lancé l’opération Sangaris, un renforcement de sa présence militaire en République centrafricaine. Officiellement, il est question de sauver la population menacée par un conflit interne. Divers événements qui ont eu lieu cette même semaine semblent cependant indiquer que les motivations de la France sont plus intéressées.

 
Après la Côte d’Ivoire en 2010, la Libye en 2011 et le Mali en 2012, c’est donc au tour de la Centrafrique d’être le théâtre d’une intervention militaire française sur le continent africain. Le président François Hollande a qualifié l’opération d’ « humanitaire », et a ajouté que « les Français doivent être fiers d’intervenir quelque part sans intérêts ». Quoique…
  
Le mercredi 4 décembre, Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères et collaborateur proche de Mitterrand entre 1981 et 1995, rend public un rapport commandé par le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, ayant comme titre Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France. Védrine note : « Entre 2000 et 2011, la part de marché de la France au Sud du Sahara a décliné de 10,1% à 4,7%. » 
  
Jeudi 5 décembre, la France obtient un consensus au Conseil de Sécurité de l’ONU autour de la résolution 2172 pour une nouvelle intervention dans la République centrafricaine (RCA). Cette résolution est un compromis assez compliqué. La France aurait voulu, comme au Mali, une mission de l’ONU qu’elle viendrait appuyer. Mais, vu la résistance de l’Union africaine, cette option d’envoi d’une mission des Nations unies sera rediscutée dans trois mois. Entretemps, l’Union africaine déploiera une mission de 6000 hommes (Misca) qui remplacera les Forces africaines de la Communauté d’Afrique centrale (Fomac), actuellement présentes avec 1400 soldats. La France, de son côté, a reçu l’aval du Conseil de sécurité pour lancer une opération parallèle au Misca. À cette fin, elle ajoutera 800 troupes aux 400 soldats français déjà présents actuellement dans le pays.
 
Courtiser les dirigeants

Vendredi 6 décembre, le Président Hollande annonce le début de l’opération Sangaris, et des renforts de l’armée française entrent en RCA. Cette décision du gouvernement socialiste reçoit l’appui de toute l’opposition de droite, Front National national. Le Parti de Gauche de Mélenchon appuie l’intervention, et le Parti communiste français est le seul à s’y opposer. Son député André Chassaigne déclarera à l’Assemblée nationale que « les interventions militaires françaises vont à contre-courant de l’histoire ». 
  
Le même vendredi 6 décembre, Hollande préside un sommet à l’Elysée où sont invités 53 gouvernements africains. 40 chefs d’États africains sont présents, et de nombreux autres pays envoient des représentants. Sont aussi présents Ban-Ki Moon, secrétaire général des Nations unies, José Manuel Barroso, président de la Commission européenne et Herman Van Rompuy, président du Conseil européen. Lors de ce sommet, Hollande lance la proposition d’entraîner 20 000 soldats par an pour une force de l’Union africaine. Il expliquera plus tard dans une interview à RFI que, puisque « l’Union africaine est trop divisée », il faudrait entraîner ces troupes pour des forces d’interventions régionales. Il mentionne l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. 
  
La France veut ainsi affaiblir l’Union africaine et renforcer des structures régionales plus contrôlables. Ces événements cadrent donc bien avec une stratégie visant à retrouver une hégémonie économique dans la région, aujourd’hui menacée par la montée de l’influence de pays émergents comme la Chine et l’Inde . Pas exactement une « intervention sans intérêts », donc…

L’armée belge aide l’intervention militaire française en Afrique

Le gouvernement belge assiste la France dans son intervention militaire en République centrafricaine. Pourtant, cette intervention s’inscrit dans une longue histoire d’ingérence.Deux avions de transport vont aider les troupes françaises dans l’opération Sangaris.

Personne ne niera que nous devons tout faire pour sauver des vies et faire cesser l’anarchie et la violence en République centrafricaine. Mais pourquoi la France particulièrement doit-elle mener une deuxième opération militaire à côté de celle de l’Union africaine ? Et pourquoi la Belgique doit-elle y appuyer la France ?
 
La France est l’ancienne puissance coloniale qui, depuis l’indépendance, en 1959, contrôle la situation politique et militaire en République centrafricaine, et il y a des troupes stationnées en permanence. Si, aujourd’hui, la République centrafricaine est complètement K.O. et que l’anarchie y règne, c’est en grande partie la France qui en est responsable.
 
Le premier président nationaliste de la République centrafricaine, Barthélemy Boganda, est décédé dans des circonstances suspectes lors d’un accident d’avion, au début 1959, trois mois après son investiture. Depuis, la plupartdes présidents centrafricains sont venus au pouvoir grâce à des coups d’État. Tous s’appuyaient étroitement sur la France : David Dacko (1959-1965), Bokassa (1965-1979), David Dacko bis (1979-1981), Kolingba (1981-1993),Patassé (1993-2003) et Bozizé (2003-2013). Seul Patassé a été élu en 1993 mais, durant sa présidence, la France a lancé pas moins de quatre opérations militaires.
 
Sur le plan économique aussi, le pays n’a jamais cessé de dépendre de la France. Ainsi, la société d’énergie française Areva décidait en 2010 de reporter l’exploitation de la mine d’uranium de Bakouma jusqu’au moment où le prix de l’uranium allait augmenter. De même, la politique monétaire du pays est définie à Paris par la Banque de France, la banque nationale française, par le système du franc CFA, l’unité monétaire commune des pays de l’Afrique occidentale francophone.


Tony Busselen

 

01:35 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Centrafrique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : afrique, france, centrafrique, république centrafricaine, la france en quête d’influence | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 20 décembre 2013

SOMMET DE BRUXELLES - MERKEL BLOQUE LES FONDS DE L'UNION EUROPEENNE POUR LES MISSIONS AFRICAINES DE LA FRANCE

 

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Et vlan ! ! ! Voici ce qui arrive quand on veut faire financer ses errements et ses turpitudes par les autres et en tirer seul les dividendes. Vous avez liquéfié la Centrafrique en lui imposant un chef rebelle, assumez aujourd'hui les dérives qui s'y déroulent. Bien fait pour vous! Chaque mort en Centrafrique est de la responsabilité directe de la France. Qu'elle assume! Et seule. Bonne lecture. Fernand Dindé.



L'UE ne mettra pas de fonds à disposition pour soutenir les opérations de l'armée française en Afrique. Selon la chancelière Angela Merkel, un financement n'est possible que lorsque les partenaires européens sont également impliqués dans la prise de décision de la mission.

La France ne recevra aucune aide financière des autres pays de l'UE pour ses opérations militaires en Afrique. Le plan du président français François Hollande a échoué principalement à cause de la résistance de la chancelière allemande Angela Merkel.

«Nous ne pouvons pas financer de mission militaire dans laquelle nous ne sommes pas impliqués dans le processus de décision», a déclaré Mme Merkel dans la nuit de vendredi pendant le sommet de l'UE à Bruxelles. Cependant, elle a expliqué qu’il y a «des raisons de croire qu'une intervention en Centrafrique était nécessaire.»

La chancelière a indiqué clairement qu'elle et les autres pays de l'UE attendaient à l’avenir un comportement différent de la France. Il ne suffit pas d'obtenir une décision du Conseil de sécurité de l'ONU pour une mission militaire. Celui qui aspire à une coresponsabilité européenne doit, dans le même temps, s’accorder avec ses partenaires européens et s'efforcer d’obtenir une décision de l’Union européenne.

(Source: Spiegel/AFP)


Traduction: Nathalie Yamb

 

Source: SPIEGEL.DE

lundi, 16 décembre 2013

CENTRAFRIQUE: LES RAISONS CACHEES DE L'INTERVENTION FRANÇAISE

 

CENTRAFRIQUE. SOLDAT FRANÇAIS.jpg

 

François Hollande à Bangui: «La France vient défendre la dignité humaine»


MICHEL COLLON : La France enfin en guerre "humanitaire" ? Ce n'est pas encore pour cette fois ! Mais la propagande tourne à plein régime. Décryptage par un nouveau jeune journaliste d'Investig'Action, que je suis fier de vous présenter : Olivier Ndenkop, basé au Cameroun.

Contrairement à l’«impératif humanitaire» agité par le président François Hollande, l’«Opération Sanguiris» menée par 1.200 soldats français vise à contrer l’arrivée des Chinois et surtout à contrôler les réserves d’or, de diamant et d’uranium présentes dans le sous sol de la Centrafrique. Un pays plus grand que la France et la Belgique réunies et où Areva, Total, Bolloré, France Télécom… dictent déjà la loi, malgré les atrocités.


Après la Côte-d’Ivoire de Laurent Gbagbo, la Libye de Kadhafi et le Mali en Afrique de l’Ouest (Opération Serval), la France a décidé le 3 décembre dernier d’intervenir militairement en République centrafricaine (RCA), un pays situé justement au centre de l’Afrique. François Hollande et ses officiers ont attribué le nom d’un papillon aux ailes rouge sang à cette opération militaire : le « Sanguiris ». Cette « Opération Sanguiris » est entrée dans sa phase opérationnelle le 8 décembre, date à laquelle 800 soldats sortis des casernes hexagonales 72 heures avant, ont rejoint leurs collègues à Bangui, capitale de la RCA. Ce ralliement porte à 1 600 le nombre de militaires français dans ce pays étendu sur 622 980 km2 et peuplé de cinq millions d’âmes damnées par un demi-siècle de guerre et de misère tous azimuts. Avant l’ « Opération Sanguiris », l’armée française disposait déjà des troupes suréquipées en Centrafrique. Elles sont stationnées à l’aéroport de Bangui-Mpoko

Officiellement, l’ « Opération Sanguiris » est la réponse à une « situation catastrophique ». Une réaction « humanitaire », pour sauver « un peuple qui souffre et nous appelle », a déclaré François Hollande le 6 décembre lors du Sommet Afrique-France qui se tenait à l’Elysée. « Les Français doivent être fiers d’intervenir quelque part sans intérêts », a ajouté le « socialiste  » Hollande. Le même jour et au même endroit, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), s’était joint au président français au grand cœur pour saluer la décision ainsi prise par le successeur de Nicolas Sarkozy. Ban Ki Moon avait personnellement fait le déplacement de Paris pour participer à la grand’messe françafricaine organisée et présidée par M. Hollande avec pour thème officiel : « Paix et sécurité en Afrique ». Avant Ban Ki Moon, d’autres fonctionnaires de l’ONU comme Navi Pillay et Jan Eliasson avaient, à tour de rôle, agité le spectre d’un « conflit ethnique et religieux » qui « paralyse la Centrafrique  ». Finalement, l’ONU a voté la résolution 2127 qui autorise une intervention militaire africaine avec l’appui des forces françaises. Quelle suite logique !
 
 La France n’a pas d’intérêts en République centrafricaine : Vrai ou faux ?
 
Ce serait un non sens que la France qui n’a pas une longue tradition de philanthropie intervienne en Centrafrique tout simplement pour « sauver un peuple qui souffre et nous appelle  ». D’autant plus que les souffrances des Centrafricains ne datent pas de 2013 ! Ce peuple souffre depuis 1960 des turpitudes de ses six présidents successifs : David Dacko, Bokassa Ier, André Kolingba, Ange F. Patassé, François Bozizé, Michel Djotodia. Tous sont arrivés au pouvoir après un coup d’Etat. Et la main de la France, puissance colonisatrice a toujours été perçue ou annoncée derrière ces différents putschs.

La France a des intérêts en Centrafrique. Aujourd’hui, elle contrôle l’économie centrafricaine ou ce qui en tient lieu. Bolloré y a la main mise sur la logistique et le transport fluvial. Castel règne en maître dans le marché de la boisson et du sucre. CFAO y contrôle le commerce des voitures. Depuis 2007, France Telecom est entrée dans la danse. AREVA est présente en RCA même si, officiellement, le géant du nucléaire n’est encore qu’à la phase de l’exploration. Total y renforce son hégémonie dans le stockage et la commercialisation du pétrole, mais doit composer avec Tradex, une société camerounaise spécialisée dans le trading des produits pétroliers. Depuis l’arrivée de Michel Djotodia au pouvoir en mars 2013, un ballet d’hommes d’affaires et de lobbyistes français s’observe à Bangui. Jean-Christophe Mitterrand, Richard Attias, Claude Guéant, Laurent Foucher… s’illustrent par un activisme affairiste en Centrafrique, révèle régulièrement la presse. Et ce n’est pas nouveau.

Lorsque la France installe un nouveau chef à la tête de la Centrafrique, de nouveaux liens d’affaires naissent et se consolident en violation des lois et parfois de l’éthique. Au tournant de la décennie 70 par exemple, une scabreuse affaire, révélée par un journal français, Le Canard enchaîné a présenté aux yeux du monde le type de relations qui existe entre certains présidents français et ces nouveaux dictateurs qu’ils placent à la tête des néo-colonies.

En effet, lâché par la France à qui il avait abandonné l’exploitation de son pays sans se soucier des intérêts de la population, Bokassa Ier (il s’est fait introniser comme empereur pendant son mandat) avait révélé les plaquettes de diamant qu’il offrait en cadeau à son homologue français. Le 10 octobre 1979, l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné porta cette « Affaire » sur la place publique. La classe politique s’en était saisie. L’affaire porta un sérieux coup à la carrière politique du président. Eclaboussé, Giscard d'Estaing fut battu aux élections de 1981 par le « socialiste » François Mitterrand…Autant dire que ce n’est pas en Centrafrique que la France ira faire des leçons de morale !
 
A la recherche du paradis perdu
 
Derrière ses multiples « Opérations » guerrières, la France tente bon an mal an de reprendre ses positions économiques en Afrique. Le 4 décembre, alors que les troupes françaises prenaient la direction de Bangui, Pierre Moscovici présidait un forum économique franco-africain à Bercy. Le ministère français de l’Economie avait réuni 560 entrepreneurs français et africains, des ministres et des chefs d’Etat pour tenter de sauver la place de la France en Afrique. Séance tenante, Hubert Védrine, ancien ministre français des relations extérieures, a donné une sorte de bouée de sauvetage au ministre Moscovici à la recherche des quatre points cardinaux ! Il s’agit d’un rapport intitulé : Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France. Dès le premier point, le Rapport Védrine propose de réviser « la politique française de visas économiques afin de faciliter la circulation des acteurs économiques entre la France et l’Afrique ». Ce qui est déjà une véritable révolution. Jusqu’ici, les entrepreneurs africains qui sollicitaient un visa pour la France étaient soumis aux mêmes conditions draconiennes qu’un adolescent désireux d’aller poursuivre ses études en Hexagone. Comme si un Africain capitaine d’industries prospères dans son pays représentait un risque migratoire pour l’Europe ! Les temps ont changé. Et pour « renforcer l’influence de la France en Afrique » (15ème proposition du Rapport Védrine), les autorités françaises font donc des concessions. Comment pouvait-il en être autrement ? « En dix ans, la France a perdu la moitié de ses parts de marché en Afrique subsaharienne », a reconnu Pierre Moscovici.
 
Face aux 26 chefs d’Etat qui ont pris part au Sommet de l’Elysée, le président français a multiplié les opérations de charme. Il a annoncé la mise en place d’un fonds d’investissement de 20 milliards. L’hôte des présidents africains a aussi pris l’engagement d’affecter un milliard d’euros à l’Agence française de développement (AFD) pour le soutien du Green business, de l’innovation et des nouvelles technologies en faveur de l’Afrique. En s’inscrivant dans la logique de son ministre des Finances qui a enfin avoué que « l’Afrique est une chance pour la France », M. Hollande veut ainsi reconquérir le cœur des Africains aujourd’hui plus attentifs vis-à-vis de Pékin et de New Delhi. Last but not least, le président français a annoncé la création d’une fondation franco-africaine au sein de laquelle les investisseurs privés français et africains joindront leurs ressources pour plus de valeur ajoutée. Il a fallu trois siècles pour que la France y songe !
 
La Chine, vraie menace pour l’Elysée
 
L’Empire du Milieu est inévitablement cité dans le Rapport Védrine comme le principal responsable du recul de la France dans les échanges avec l’Afrique. Ce qui est vrai. En République centrafricaine, la Chine a fait une entrée fracassante dans le secteur du pétrole. Au grand dam de Paris et de son relais néocolonialiste dans la sous région : Idriss Deby.

En effet, arrivé au pouvoir par coup d’Etat en 2003 avec l’aide manifeste de Paris et de N’Djamena, François Bozizé qui a eu le temps de se faire élire en 2005 n’a pas résisté aux propositions de la Chine qui multiplie les aides, accroît ses investissements sur le continent avec moins de conditionnalités. Ce qui tranche avec l’arrogance et le paternalisme des « partenaires traditionnels » de l’Afrique.
 
« J’ai été renversé à cause du pétrole »

Les résultats de ce rapprochement avec l’Empire du Milieu ne se sont pas fait attendre. En 2008, la Chine a accordé à la RCA des aides et un prêt pour un montant global de 3,25 milliards de francs CFA soit 4,4 millions d’euros. L’enveloppe a permis de construire des écoles et hôpitaux dans cet océan de précarité qu’est la Centrafrique. Quelques mois après, le président Bozizé s’est rendu en Asie où il a été reçu le 10 septembre 2009 au Palais du peuple par Hu Jintao, alors président de la République populaire de Chine. Ce qui ne saurait rassurer ni Paris, ni N’Djamena. D’autant plus que tout ne s’est pas limité à la poignée de main entre le président centrafricain et son homologue chinois.

Dans les faits, le rapprochement entre Bozizé et Hu Jintao a permis à la Compagnie chinoise CNPC de reprendre le permis de recherche, développement et exploitation du pétrole de Boromata, dans le Nord-est de la Centrafrique. Il n’est pas inutile de rappeler que pour ce gisement, Ange Félix Patassé, le prédécesseur de Bozizé, avait accordé un permis similaire au pétrolier étasunien Grynberg RSM. L’industriel de Denver, invoquant l’insécurité, n’a pas pu conduire les recherches et le permis a expiré en 2004. La cession du sésame aux Chinois pouvait-elle plaire à ceux qui ont permis à François Bozizé d’accéder au pouvoir ? Fraichement déchu de ses fonctions en mars 2013, le désormais ex-président Bozizé a affirmé sur les ondes de Radio France International (RFI) que « j’ai été renversé à cause du pétrole ». Sans plus de détails. Trois (27 décembre 2012) mois avant, le président François Bozizé avait prononcé un discours dans lequel il affirmait clairement que ce qui se cachait derrière la crise qui secouait alors son pays n’était rien d’autre que l’opposition française émise plus tôt contre l’octroi des contrats d’exploration de pétrole aux Chinois. « J’ai donné le pétrole aux Chinois et c’est devenu un problème », martelait Bozizé, acculé par les rebelles.

Les manœuvres de Washington

Le fait que le président Bozizé ait pris l’habitude de s’afficher avec les dirigeants chinois a aussi provoqué la colère de Washington. Et les câbles diplomatiques à ce sujet le démontrent à suffisance.

Le 17 juin 2009, l’ambassadeur étasunien Frederick Cook en RCA avait envoyé un câble à Washington dans lequel il affirmait que les «  relations France-RCA sérieusement sous tension. […] Bozizé semble croire avoir réussi à être le moindre mal dans le paysage politique de la RCA. Il s’imagine donc être indispensable pour ses voisins et les Français, une supposition que l’ambassade américaine (« AmEmbassy ») à Bangui croit être une erreur grossière », écrivait alors le diplomate étasunien.

Une autre dépêche envoyée cinq mois plus tard avait valeur d’alerte : «  L’influence chinoise grandissante en RCA est évidente ». Le câble précisait dans quelle mesure tant les intérêts américains que français étaient en train de céder du terrain à Beijing qui ne cessait d’« accroître sa coopération militaire, sa diplomatie publique et ses efforts de développement ». L’ambassadeur soulignait pour s’en inquiéter que contrairement au quatre agents diplomatiques résidant à l’ambassade américaine de Bangui, l’ambassade chinoise comptait une quarantaine d’employés. Frederick Cook ajoutait qu’environ 40 officiers de l’armée de la RCA étaient formés tous les ans en Chine, contre les deux ou trois officiers qui allaient aux Etats-Unis et les 10 à 15 en France. Et pour ne pas arranger les choses, Bozizé a confié la réserve pétrolière de Boromata aux Chinois, au détriment de la France et de son allié, les USA. Etant donné que ces deux puissances ont érigé le pétrole au rang des divinités, Bozizé se savait désormais sur un fauteuil éjectable. On l’a effectivement éjecté le 24 mars 2013.

La France fait semblant de combattre pour renforcer son influence en RCA

Rappelez-vous. Le jeudi 21 novembre 2013 lors de la remise du prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits au docteur congolais Denis Mukwege et à Femmes Africa Solidarité François Hollande avait indiqué qu’ « Il se produit en Centrafrique des actes abominables. Un chaos, des exactions extraordinairement graves ». Face à l’urgence et aux 400 000 personnes déplacées en Centrafrique, « nous devons agir », a ajouté le président français. Le même jour, cette fois là sur France 2, son ministre des Affaires étrangères a ajouté : « Le pays est au bord du génocide ». 48 heures avant, devant une commission du Congrès, le directeur du bureau Afrique du département d’État, Robert Jackson, avait évoqué « une situation pré-génocidaire  » en Centrafrique. On le voit, le scénario est le même. Le président Français annonce la crise. Un membre de son gouvernement saute aux antennes pour décrire la catastrophe à venir. Une voix « extérieure », de préférence étasunienne ou onusienne vient accréditer la thèse alarmiste en insistant sur la violation des droits de l’homme. L’opinion internationale soumise à un matraquage médiatique et donc psychologique intense salue l’envoi des troupes sur le terrain. Car, une résolution a bel et bien été prise par le Conseil de sécurité de l’ONU le 5 décembre 2013 pour autoriser les troupes françaises à agir en appui aux forces africaines de la Misca.
 
Ce dont la Séléka est le nom
 
En Centrafrique, les populations sont victimes, en partie des exactions des éléments de la Séléka (coalition en sango, langue nationale). Mais qui compose cette fameuse Séléka ? La Séléka est une coalition de factions rebelles dissidentes issues de plusieurs mouvements politico-militaires. On y retrouve la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC). Au plus fort de la contestation du pouvoir de M. Bozizé, deux autres groupes armés ont vu le jour ou ont dévoilé leur visage au grand jour et ont rejoint la Séléka. Il s’agit de la Convention patriotique du salut du kodro (kodro signifie pays, en sango), et de l’Alliance pour la renaissance et la refondation (A2R). Sans oubliés les hordes venues du Tchad et du Soudan.

Tous ces groupes composites ont donc fait une « alliance » de circonstance pour atteindre un objectif précis : renverser le président Bozizé. Mission accomplie en mars 2013. Or, il n’y avait qu’un seul fauteuil présidentiel à prendre et à pourvoir. Il a finalement été occupé par Michel Djotodia. L’ancien fonctionnaire du ministère du Plan qui a goûté à la prison sous Bozizé détenait le gros des troupes. Les hordes tchado-soudanaises obéissaient à son commandement. N’a-t-il pas été présenté par la presse sans démenti comme le meilleur interlocuteur de la France et du Tchad qui voulaient en découdre avec Bozizé l’ « insoumis » ? Aussitôt installé au Palais de Bangui, Michel Djotodia a pris un décret pour dissoudre la Séléka et annoncer le « recasement et le cantonnement ».

Ne se reconnaissant pas tous en lui, plusieurs éléments issus des autres groupes armés n’ont pas respecté les ordres d’un chef qui, dans tous les cas n’est pas le leur. Dans la Seléka, le « contingent » de loubards tchadiens et soudanais s’est lui aussi trouvé face à un dilemme. Ils ont été utilisés pour installer Djotodia au pouvoir. Celui-ci annonce le « recasement et cantonnement » et l’intégration dans les Forces armées centrafricaines (FACA). Or, n’étant pas Centrafricains, que vont-ils devenir ? Le nouveau président ne semble pas avoir pleinement satisfait ses alliés d’hier sur cette question. 

Les incompréhensions entre les différents groupes rebelles d’une part, et entre certains chefs et leurs éléments d’autre part, débouchent sur des atrocités généralisées dans le pays. Pillage, viol et assassinats en série deviennent l’activité quotidienne de ces hommes à qui on a enseigné la brutalité et la tuerie ! La chaîne de commandement étant brisée et plusieurs promesses mirobolantes n’ayant pas été tenues, personne ne contrôle plus rien. Le pays se retrouve dans la même situation d’ « ingouvernabilité » que la Libye envahie par les djihadistes, après l’assassinat du Guide Mouammar Kadhafi par les troupes de l’OTAN avec la France de Sarkozy et de Bernard Henri Levy en tête. La situation centrafricaine rappelle étrangement celle qui a prévalu à Abidjan après le renversement de Laurent Gbagbo par les rebelles pro-Ouattara soutenus par la France. En effet, après la chute de l’ancien chef d’Etat de Côte-d’Ivoire, les éléments des « Forces nouvelles » (rébellion dirigée alors par Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblé nationale) ont été floués. L’argent et les autres avantages qui leur avaient été promis pendant le combat contre le régime de Gbagbo n’ont pas été livrés. Ouattara est devenu président de la République. En représailles, ces « Forces nouvelles » ont pillé la capitale ivoirienne. Non sans tuer et torturer certains commerçants innocents.

En Centrafrique, à la violence des éléments de la Séléka (essentiellement musulmans), les « Anti balaka » répondent aussi par la violence. Le deuxième groupe est constitué d’éléments essentiellement chrétiens et sont présentés comme les pro-Bozizé. Ce dernier était leader d’une église chrétienne. La presse occidentale s’appuie sur ce fait qui pour agiter mensongèrement le spectre d’un « conflit interreligieux » voire d’un « génocide » en Centrafrique.

Face à cette situation chaotique, l’agitation n’est-elle pas toujours fonction des intérêts à protéger ou à conquérir ? Toujours est-il qu’en Centrafrique, la France a très vite pris les devants dès que la situation sur le terrain est devenue incontrôlable. Alors que la Mission militaire africaine Misca, commandée par le général camerounais Tumenta avait déjà déployé 2500 soldats, la France a jugé nécessaire de convaincre le Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter une résolution qui lui permet d’y envoyer ses troupes tricolores. En vérité, les troupes françaises ont précédé la Résolution 2127. Celle-ci a été adoptée le 5 décembre. Pourtant, les troupes avaient déjà quitté la France et étaient stationnées à Douala au Cameroun, voisin de la RCA.

Mais avait-on besoin de tant de militaires hyper équipés pour vaincre quelques loubards armés de machettes et d’armes résiduelles ? Les Forces armées centrafricaines ou ce qui en reste et la Misca sont-elles incapables de vaincre ces affamés ? Bien plus, nous sommes là dans une guerre asymétrique, avec un ennemi qui n’a pas d’uniforme identifiable à priori. Ne connaissant pas le terrain, ni la composition sociologique du pays (certains arrivent en Afrique pour la première fois d’après leurs déclarations à RFI), contre qui vont se battre les soldats tricolores ? La quinzième proposition du Rapport Védrine évoqué plus haut peut permettre de répondre à ces interrogations. Il est question de « Renforcer l’influence de la France en Afrique », y a conseillé l’ancien ministre des relations extérieures de François Mitterrand.
 
« L’Afrique est une chance pour la France », reconnaît le ministre des Finances français
 
Comme la plupart des pays occidentaux, la France est encore ravagée par les contrecoups de la crise qui a secoué l’économie mondiale à partir de 2007. Arrivée au pouvoir à cette période agitée, surpris par la percée des nouveaux acteurs comme la Chine, l’Inde, et le Brésil, Nicolas Sarkozy a renfilé le manteau colonial. Et au lieu de la « Rupture » annoncée par le candidat Nicolas, l’Afrique a eu droit à une « Continuité » accélérée par le président Sarkozy, ami zélé des hommes d’affaires de la trempe de Charles Pasqua, Vincent Bolloré... Le libéral Sarkozy a bombardé la Côte-d’Ivoire et la Libye. Mais rien n’y a fait. La France, au bout de ses cinq ans de mandat, n’a pas pu reprendre sa place de premier partenaire économique en Afrique francophone, malgré le sang versé !

Le « socialiste » François Hollande qui n’avait pas fait de l’Afrique une priorité pour son mandat semble avoir oublié toutes les autres parties du monde - la France comprise - pour se tourner vers l’Afrique. Comme le commandant d’un bateau atteint par les eaux, il multiplie ses visites en Afrique. Après les obsèques de Nelson Mandela auxquelles il prenait part le mardi 10 décembre, François Hollande s’est rendu sur le théâtre de guerre en Centrafrique pour galvaniser « ses » soldats qui ont déjà perdu deux frères d’arme après seulement une semaine d’action !


Olivier NDENKOP


Source: INVESTIG'ACTION

UNE TELEVISION RUSSE DEMONTE L'OPERATION FRANÇAISE EN CENTRAFRIQUE

 

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Vidéo exclusive. Une télévision russe démonte l'opération française en Centrafrique. La chaîne de télévision Russe, proRussia TV nous apporte un éclairage alternatif sur l'intervention française en Centrafrique. L'intégralité de leur analyse:
 
 
Le trouble jeu de la France en Centre-Afrique: n'est-elle plus qu'une simple compagnie de CRS de l'Oncle Sam?
 
Comme nous le craignions dans nos précédentes éditions, le scénario à l’ivoirienne semble dramatiquement se répéter en République Centrafricaine. Une fois de plus la France intervient militairement avec le blanc-seing de l’ONU, pour officiellement mettre fin à des massacres de civils et « sauver des vies humaines », selon son super-président François Hollande et le Ministre des Affaires Étrangères, le philanthrope Laurent Fabius.
 
Charitables déclarations et louables intentions  qui masquent difficilement la responsabilité et surtout l’implication de Paris, dans la déstabilisation de ce pays, majoritairement chrétien, livré à une rébellion musulmane venue du Nord. Pourquoi en effet avoir tant tardé pour intervenir, alors que la France maintient sur place une force militaire et ne peut ignorer les affrontements meurtriers opposant depuis de nombreux mois des groupes d’autodéfense de villageois, surnommés « anti-balaka » (ou anti-machettes) à l’ex-rébellion Séléka. Une alliance de groupes hétéroclites arrivée justement au pouvoir en chassant l’ancien président Bozizé en mars 2012… avec la bénédiction tacite de Paris ! Alors volonté politique ou impuissance diplomatique ?
 
Les enjeux de cette nouvelle opération militaire française, baptisée Sangaris, semblent multiples. Bien que classé parmi les pays les plus pauvres de la planète, en raison de son instabilité, la Centre-Afrique dispose de riches ressources en bois, or, diamants et uranium. Les nouvelles forces armées centrafricaines qui ne sont en réalité qu’un ramassis de milices incontrôlées n’obéissant qu’à des seigneurs de la guerre locaux, mettent le pays sous leur coupe réglée. Sous couvert d’intervention humanitaire et de sécurisation d‘une région, que la France a pourtant sacrément contribué à perturber depuis 2011, notamment en Libye et en Côte-d’Ivoire, Paris cherche surtout à s’assurer du contrôle des ressources. Quitte pour cela à conforter un pouvoir minoritaire et illégitime, en désarmant des milices chrétiennes qui chercheraient à se venger sur des populations musulmanes, notamment d’origine Peules, des multiples exactions, violences et pillages à répétition dont elles sont victimes. Rien de mieux en tout cas pour attiser un conflit ethnico-confessionnel que de croire qu’un gouvernement d’obédience musulmane puisse diriger un pays comportant 80 % de chrétiens. À ce stade, ce n’est plus de l’incompétence mais une réelle politique de tension permanente et les masques tombent enfin, malgré les grandes déclarations de principe prononcées lors du sommet sur la sécurité et la coopération qui se tient actuellement.
 
Paris semble avoir lâché l’Afrique. Ou en tout cas s’être mis en retrait au profit du bloc atlantiste, États-Unis en tête, qui entendent diriger les opérations et superviser progressivement l’ancien pré-carré français. La Françafrique semble avoir cédé le pas à l’Américafrique comme le déclare Patrick Mbemko, auteur de plusieurs ouvrages de géopolitique.
 
Le projet est dorénavant connu : remodeler le monde en fonction de la nouvelle guerre économique mondiale qui a débuté, et dont l’Afrique sera l’un des champs de bataille, au propre comme au figuré. Aucun pays ne pourra rester neutre et les chefs d’état africains n’ont guère le choix. Soit ils alignent leurs pays sur les visées atlantistes et ils se maintiennent au pouvoir. Soit ils passent outre et ils se retrouvent dans le camp des parias, mis à l’index des nations « éclairées » et s’exposant à des rébellions qui trouveront toujours, miraculeusement, les fonds nécessaires pour armer et entretenir une troupe de plusieurs milliers d’hommes, capables de mettre en échec les armées nationales.
 
Le but est clair : verrouiller au plus vite le continent africain face à l’avancée commerciale des pays émergents comme la Chine, la Russie ou le Brésil. Pour cela il faut s’approprier rapidement les terres agricoles, les ressources énergétiques ou l’exploitation des richesses minérales. Mais il faut aussi contrôler les corridors d’évacuation comme la « route transversale » qui traverse l’Afrique D’est en Ouest, de l’Océan indien au Pacifique et passe… par la république centrafricaine. Étrangement aucun expert médiatique français n’aborde ces questions. On se contente seulement d’appuyer la version officielle d’une urgence humanitaire. Certains allant même jusqu’à dénier toute légitimité à la moindre réserve ou critique prononcée. Le syndrome rwandais oblige, la culpabilisation artificielle de la France joue parfaitement son rôle de censure psychologique et politique.
 
Toutes ces guerres humanitaires dissimulent en réalité des opérations néocoloniales qui n’en portent pas le nom. « L’intervention française sera rapide, elle n’a pas vocation à durer et je suis sûr de son succès », c’est la dernière déclaration d’Hollande-le-va-t-en guerre. Souhaitons-le en tout cas. Car comme personne ne semble se bousculer pour financer cette opération, ni l’ONU, ni l’Union Européenne, ni les sociétés privées qui pourtant tirent d’énormes bénéfices de leur situation sur place, il faut souhaiter effectivement que cette probable victoire tactique, ne se transforme en une défaite stratégique, faute de financements. À moins que comme, certains le supputent, Paris ne consente à supporter toute la charge financière.
 
La Hollandie en est réduite à rendre de martiaux services en échange d’une partie de sa dette, de son déficit ou de délais supplémentaires à titre de remerciements dans le cadre des relations économiques et politiques avec l'Afrique, espérant ainsi redorer l’image ternie de M. Bricolage.Les militaires français coûtent moins cher que les intérêts de la dette. On comprendrait dès lors plus aisément le retournement stratégique français général et son alignement sur des intérêts contraires aux siens. Comme l’écrivait François de La Rochefoucauld : « Quand on croit servir les autres, on ne fait que se servir à travers eux ». fin de citation. Tout homme a son prix et il est indéniable en tout cas, que même en temps de crise financière, l’argent demeurera toujours le nerf de la guerre.
 
 
Lundi 9 décembre 2013

INTERVENTIONS FRANÇAISES EN AFRIQUE: DES QUESTIONS A FRANÇOIS HOLLANDE

 

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Merci pour votre intervention en Centrafrique pour désarmer des individus armés qui massacrent des civils. En moins d’une semaine 400 civils ont été tués par des groupes armés de l’ex rébellion dans une guerre que vous avez qualifié de religieuse. L’envoyé de « Dieu » que vous allez installer au pouvoir à l’issue des « élections » vous le rendra au centuple.


QUESTION N°1

Des groupes armés que votre prédécesseur Sarkozy a armés en Libye, massacrent des civils depuis 2 (deux) ans. L’on dénombre aujourd’hui des milliers de morts.

Pourquoi vous n’aviez pas commencé par la Libye ? Les Libyens morts sont-ils des hommes de seconde zone?

QUESTION N°2

Des groupes armés que vos prédécesseurs (CHIRAC, SARKOZY) ont armé en Côte d’Ivoire, massacrent des civils depuis 10 (dix ans), des milliers et des milliers de civils ont perdu la vie et continuent de perdre la vie, le dernier rapport de l’ONU fait état de 223 morts récemment sans oublier les 800 morts à Duékoué à l’ouest de la Côte d’Ivoire en une seule journée en 2011 et les massacres dans le camp des réfugiés de Nahibly encore dans l'ouest de la Côte d'Ivoire.

Pour votre gouverne, le coup d’Etat manqué de 2002, soit deux ans après l’élection démocratique de Laurent GBAGBO, a été l’œuvre d’une bande armée par vos prédécesseurs. Après l’échec du coup d’Etat, vos prédécesseurs les ont aidé à occuper la moitié nord du pays et ont organisé une rencontre en France qui a abouti aux accords de Linas-Marcoussis. Dans cet accord qui a fait l’objet d’une résolution de l’ONU et l’envoi des forces françaises licorne en Côte d’Ivoire pour sa mise en œuvre, une seule chose était exigée aux rebelles contre une vingtaine à Laurent GBAGBO : le désarmement. Pendant 8 ans l’armée française n’a procédé à aucun désarmement. Au contraire elle a surarmée la rébellion et pris les commandes d’un second coup d’Etat réussi le 11 Avril 2011 et cette bande armée composée de chasseurs traditionnels  appelés DOZOS et autres mercenaires ont envahi la Cote d’Ivoire semant terreur, massacres et exil.

Pourquoi vous n’aviez pas commencé le désarmement par la Côte d’Ivoire? Oui  ces rebelles rebaptisés FRCI sont toujours armés et ce sont les forces régulières de défense et de sécurité police et gendarmerie, marins qui sont aujourd’hui dépossédés de leurs armes . Les ivoiriens massacrés sont-ils des hommes de seconde zone?

QUESTION N°3

Dites-nous la vérité pourquoi, les civils qui sont morts et qui continuent de mourir en Libye et en Côte d’Ivoire ne suscitent en vous aucune émotion et ceux de Centrafrique suscitent en vous une si forte émotion ?

REPONSE

Monsieur HOLLANDE permettez-moi de vous aider dans votre réponse pour vous éviter de vous perdre dans la rhétorique des droits de l’homme et autres engagements humanitaires qui ne pourront convaincre que vous-même.

En Libye comme en Côte d’Ivoire, les intérêts des prédateurs de pétrole, de cacao, de marchés publics de travaux, sont assurés par les groupes armés qui massacrent les civils et les présidents installés gèrent le pays pour le compte de ces prédateurs. La loi de l’omerta entre prédateurs et leurs États vous obligent à fermer les yeux sur le drame des Libyens et des Ivoiriens qui meurent chaque jour. Leurs cris vous dérangent, leurs cadavres rependent des odeurs insupportables, leur souffrance dans des camps de réfugiés inondés de serpents vous importent peu, leur condition dans  les prisons insalubres et les camps de torture abominables vous préoccupent moins. Par conséquent, vous préférez ne pas entendre cela sur France 24, TV5, ou RFI, loi de l’omerta oblige.

Un conseil : au lieu d’envoyer des Français à la recherche d’emploi se faire tuer pour des prédateurs qui ont leur coffre-fort non en France mais dans les paradis fiscaux, en espérant réduire le chômage par l’élimination des chômeurs, je vous suggère de rétrocéder les bases militaires françaises en Afrique, les moyens matériels et financiers aux forces africaines d'intervention rapide, elles feront le travail. Elles l’ont déjà fait pour la France pendant la première et la deuxième guerre mondiale, elles seront capables de le faire pour leur propre continent. Il suffit simplement que vous leur remettiez les moyens que les prédateurs de vos pays ont pillés. Oui, stoppez s'il vous plaît les prédateurs et rétrocédez la richesse pillée à son vrai propriétaire : l’Afrique à travers son organisation communautaire l’Union Africaine.

Gageons que votre intervention humanitaire en Centrafrique ne se transforme en permis de d'exploitation d'uranium et de diamant.

 

Dr Cheick DIABATE

Enseignant Chercheur, Université du Collorado

(USA)

jeudi, 17 octobre 2013

FACE AUX CRITIQUES PERSISTANTES, LE PATRON DE LA CPI ROMPT LE SILENCE

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CPI: la Cour n'a «jamais pourchassé aucun pays africain», estime son président


La Cour pénale internationale (CPI) n’a « jamais pourchassé aucun pays africain », a déclaré jeudi à l’AFP à Bucarest son président, le juge coréen Sang-Hyun Song, qualifiant de « regrettables » les virulentes critiques de certains leaders africains.

Il s’agit de la réaction la plus marquée de la Cour après que le président kényan Uhuru Kenyatta et le Premier ministre éthiopien et président en exercice de l’Union africaine Hailemariam Desalegn ont accusé la Cour la semaine dernière de pratiquer « une chasse raciale ».

L’UA a demandé l’ajournement des procédures de la CPI pour crimes contre l’humanité contre les deux têtes de l’exécutif kényan, M. Kenyatta et le vice-président William Ruto.

« La CPI ne doit pas être blâmée pour quelque chose qu’elle n’a pas fait. Nous n’avons jamais pourchassé aucun pays africain », a déclaré M. Song interrogé par l’AFP lors d’une conférence sur la CPI organisée par le ministère des Affaires étrangères roumain.

Les pays d’Afrique qui font l’objet d’enquêtes de la CPI « nous ont déféré les situations » qui ont conduit à l’ouverture d’enquêtes, a souligné M. Song.

« La CPI enquête dans huit pays (Kenya, Côte d’Ivoire, Libye, Soudan, République démocratique du Congo, Centrafrique, Ouganda, Mali, ndlr) tous africains c’est vrai, mais dans cinq cas ce sont les gouvernements eux-mêmes qui nous ont déféré ces situations et dans deux cas, le Soudan et la Libye, c’est le Conseil de sécurité qui nous a sollicités », a-t-il ajouté.

« Il n’y a que dans le cas du Kenya que le procureur a lancé sa propre enquête », a expliqué le président de la Cour.

« Il n’y avait pas d’autres options » alors que le Parlement kényan avait rejeté par deux fois l’idée de créer un tribunal local chargé de rendre justice pour les violences post-électorales qui firent au moins 1.100 morts en 2007-2008, selon M. Song.

« Ces enquêtes ont été lancées avec la bénédiction du gouvernement, de la population et de la communauté internationale », a-t-il insisté.

M. Song a aussi évoqué des critiques contre la décision récente de la Cour de laisser la Libye juger l’ancien espion en chef de Mouammar Kadhafi, Abdallah al-Senoussi, une première historique.

« Il est inévitable que l’action de la CPI suscite des réactions fortes, des louanges mais aussi des critiques. Les juges ne prendront pas en compte les facteurs politiques », s’en tenant au droit, a-t-il dit.

Egalement invitée lors de la conférence de Bucarest, la présidente de l’Assemblée des Etats parties au statut de Rome ayant créé la CPI, Tiina Intelmann, a reconnu que la situation avec l’Afrique « nous préoccupe tous ».

 

Source: CAMEROON VOICE

lundi, 25 mars 2013

CENTRAFRIQUE - COUP D'ETAT: ENCORE LA FRANCE, CET ETAT GUERRIER!

 

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Centrafrique : le récit d’un ami qui me parle de son pays

 

« Salut Steve ! Tu sais que je suis un officiel centrafricain mais je préfère garder l’anonymat. Je sais que vous vous dites que Bozizé mérite certainement ce qui lui arrive et cela est vrai. Mais, ce ne sont pas les rebelles de la Seleka qui ont renversé le pouvoir. Ce sont plutôt les combattants tchadiens venus dans le cadre des accords signés à Libreville. Ils sont rentrés dans la capitale à 8h et Bozizé aurait été atteint lors des combats. L’ambassadeur de France a été le premier à arriver à l’hôtel Idjer Bangui (Hotel Ledjer Plaza Bangui, Ndlr) qui est la base du nouveau pouvoir. La France a offert notre pays à Idriss Deby (le président Tchadien) en contrepartie de son engagement au Mali. Celui qui doit prendre le pouvoir s’appelle Djotidja (Michel Djotodia, Ndlr) et était vice premier ministre chargé de la défense dans le gouvernement d’union suite aux accords de Libreville en janvier. Toutes les maisons et sociétés ont été pillées sauf celles des français. La déclaration de prise de pouvoir sera faite à 20h (j’ai reçu le sms hier à 17h Utc).

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Le premier ministre sortant devrait être reconduit. L’enjeu, c’est le partage du pétrole du bloc A découvert à la frontière avec le Tchad, convoité par les français et les tchadiens mais promis aux chinois par Bozizé. Les rebelles sont venus par la même route du nord que Bozizé il y a 10 ans aidé par la France et le Tchad. Les populations sont désabusées en regardant ces gens jouer avec leur avenir. La connexion internet est mauvaise mais je t’envoie 10 photos exclusives par mail (malheureusement, je n’en recevrai que 4 en définitive) ».

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Soldats français, en intelligence avec les putschistes

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Les rebelles au siège du nouveau pouvoir, à l'hotel Ledger Plaza Bangui

 

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Source: La page Facebook de Steve Beko

vendredi, 11 janvier 2013

LES PROPOS DE HOLLANDE SUR LA RCA LEGITIMENT LE COMBAT DE LAURENT GBAGBO

 

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C’est sans gêne et de façon péremptoire que le Président français, Hollande, à l’occasion de sa déclaration sur la position de la France face à l’avancée des rebelles centrafricains, a affirmé que «la France n’est pas là pour protéger un régime mais ses ressortissants et ses intérêts».Cette déclaration ne peut laisser indifférents les patriotes africains et surtout ivoiriens. Elle commande quelques analyses.

Hollande déclare que son devoir est de protéger les citoyens français partout dans le Monde. La question est de savoir comment il y parvient surtout dans les pays sous développés. Cet alibi, pour protéger des citoyens français, a été toujours utilisé par la France, pour déstabiliser les régimes aux velléités autonomistes. Ce fut le cas, en Côte d’Ivoire, en Libye et dans beaucoup d’autres pays du Tiers-Monde où la France, forte de sa puissance militaire, a tué des milliers de citoyens avant de réussir à renverser les gouvernants en place, et cela avec l’aide des autres impérialistes occidentaux.

En Côte d’ivoire, précisément en 2002, la France de Chirac a prétexté la protection des ressortissants français de la ville de Bouaké pour armer et enraciner sa rébellion contre le régime de Gbagbo. Pour y parvenir, elle a tué et fait tuer froidement des milliers d’ivoiriens sans que cela n’émeuve les ONG de défense des droits humains, les nombreux journalistes témoins de cette barbarie et la soi-disant Communauté Internationale. C’est pourquoi, les gouvernants français n’ont pas autorisé les députés à enquêter sur le rôle de leur armée en CI.

Est-ce pour protéger leurs ressortissants que des hélicoptères de combat français ont pilonné des civils aux mains nues sur les ponts Houphouët et De Gaulle? Est-ce pour cette même raison, que des chars de guerre et des snipers français ont assassiné de simples citoyens ivoiriens? La vie donc de ces ivoiriens est-elle donc loin de valoir celle des français résidents en CI?

De plus, on est en droit de se demander pourquoi dans les mêmes conditions en Europe et aux USA, la France n’agit-elle pas de la même façon? Pour elle, les africains et les pays sous développés sont incapables de protéger leurs ressortissants. Et pourtant, ces français ont toujours vécu paisiblement dans ces pays où leurs affaires fructifient sans cesse et où ils trouvent de meilleures conditions de vie que dans leur pays d’origine. A la vérité, c’est la France qui est la source des maux de ses concitoyens à l’étranger et encore pire, la source des malheurs des africains qui ne demandent qu’à vivre paisiblement dans le pays que Dieu leur a donné en héritage.

Si Hollande juge indispensable la protection de ses concitoyens qu’aurait-il fait à la place de Gbagbo, face à cette rébellion sanguinaire montée de toutes pièces par la France contre le régime ivoirien? Il est bon de rappeler succinctement que soutenus par Chirac et Sarkozy, Ouattara et Compaoré, aidés de leurs criminels chefs rebelles, de nombreux mercenaires de la sous-région et des fétichistes dozo de la zone septentrionale de la CI, ont massacré une centaine de gendarmes désarmés, et exécuté froidement des danseuses traditionnelles d’Adjanou , sans compter les milliers de personnes sauvagement assassinées au Nord, au Centre et surtout à l’Ouest; en témoignent les nombreux charniers et fosses communes découverts dans ces zones.

Gbagbo, tout comme Hollande, a bien compris le rôle de Président de la République qui était le sien: celui de protéger ses concitoyens. Devait-il laisser cette horde de criminels continuer ces actes macabres? Assurément non. Rien donc ne justifie cette guerre faite à Gbagbo pour le déporter manu militari à la CPI.

De plus, au regard de la situation sécuritaire actuelle de la CI caractérisée quotidiennement par les exactions, enlèvements, emprisonnements arbitraires, expropriations de terres, de terrains, de plantations, des tortures et assassinats, on peut affirmer sans risque de se tromper que le filleul de Sarkozy contrairement à Gbagbo et Hollande, est incapable ou refuse d’assurer la sécurité de ceux qu’il dit être ses compatriotes.

Dans cette crise de la Centrafrique, l’appel au secours de Bangui s’est heurté au refus de Hollande, qui déclarait que la France ne peut intervenir que pour protéger donc ses concitoyens et défendre ses intérêts.

Merci donc à ce Président français qui, pour la première fois dans l’histoire des relations internationales, a clamé tout haut ce que ses prédécesseurs marmonnaient tout bas ; c’est à dire préserver seulement et à tous prix les intérêts français. Qu’importe s’il faut sacrifier à cet effet de nombreux innocents africains.

Pourtant, Gbagbo n’a pas ôté à la France ses acquis en CI. Bouygues et Bolloré, par exemple, ont vu leurs contrats prorogés avec la SODECI, la CIE, le Port d’Abidjan, etc . Beaucoup d’autres entreprises françaises ont vu leurs avantages préservés.

De plus, voilà un homme politique très au fait des actions néfastes de la France en Côte d’Ivoire, qui, durant ses dix années de pouvoir perturbé par plus neuf ans de rébellion criminelle, n’a pas daigné porter une accusation ouverte et publique contre les dirigeants français.

Quels sont donc les intérêts que la France veut préserver, par une rébellion, par des casses des agences de la BCEAO et en tuant des milliers d’africains?

A la vérité, ces agissements barbares accéléreront plus rapidement la perte de l’emprise de la France sur ses ex-colonies ; le niveau d’instruction de la jeunesse africaine et son désir ardent de sortir du carcan français auront sûrement et très bientôt raison de cette politique française fondée sur le mensonge et la violence. Gbagbo a su inculquer à la jeunesse ivoirienne les motivations de son combat. Et imparablement le relais est déjà assuré.

Cette haine de la France contre Gbagbo le nationaliste, l’autonomiste, ne se justifie que par le refus de ce dernier de se laisser corrompre par les hommes politiques et les multinationales de France. Car la capacité qu’a la France d’imposer ses larbins dans ses ex-colonies s’explique, en partie, par la corruption de ces derniers. Il s’agit donc pour ce pays, d’éviter que la vision de Gbagbo ne fasse tâche d’huile dans beaucoup d’autres pays, et de retarder le plus longtemps possible l’accession de ses ex-colonies à une véritable indépendance économique.

Le combat de Gbagbo est aussi celui de la conquête et de la préservation des intérêts des ivoiriens car si Hollande travaille à la préservation des intérêts de la France en Afrique, Gbagbo a donc le devoir de travailler pour rendre la Côte d’Ivoire et les ivoiriens beaucoup plus riches. Est-ce pour cela qu’il faille le vilipender en le déportant à la Haye?

Il est donc urgent que les dirigeants patriotes africains prennent conscience de la nécessité pour les organisations sous régionales africaines de se défaire de la tutelle des impérialistes occidentaux pour jouer pleinement leur rôle de défense et de protection des intérêts de l’Afrique.

Car, à la vérité, Gbagbo n’a fait que défendre les ivoiriens et leurs intérêts face aux impérialistes occidentaux.

Merci donc à Hollande de légitimer le combat de Gbagbo.



NANWOULET G. Simone

jeudi, 03 janvier 2013

GENERAL FRANÇOIS BOZIZE: «QUI SEME LE VENT RECOLTE LA TEMPETE»

 

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Depuis une décennie, à l’occasion du coup d’État qu’il a fomenté le 15 mars 2003 contre le président défunt Ange-Félix Patassé, le général François Bozizé a depuis lors pris les Centrafricains pour des béni-oui-oui. Rappelons les faits:

Lorsque le général rebelle est entré à Bangui, il a promis au peuple centrafricain qu’il est venu «mettre de l’ordre dans la maison» et que, dès que son travail sera fini, il s’en ira. Résultat : contre vents et marées, non seulement il n’a pas respecté sa parole d’officier en se retirant après la période de transition, mais il tente aujourd’hui de s’éterniser au pouvoir en voulant tripatouiller la Constitution;

Lorsque son fauteuil a été menacé par les rebelles en 2006 et 2010, il s’est rendu successivement à Libreville et y a signé des accords dits de Libreville avec les rebelles et autres oppositions centrafricaines. Résultat: aucune application des accords sur le terrain. Au contraire, il a profité de ce moment d’accalmie pour affaiblir les Forces Armées Centrafricaines (FACA) et armer sa garde présidentielle;

Lorsqu’il a accepté de négocier avec l’opposition démocratique et de mettre en place le Code électoral et la Commission Electorale Mixte et Indépendante (CEMI), à deux reprises en 2005 et en 2011, il a vidé ces organes de leurs contenus en les truffant de ses parents et affidés. Résultat: Bozizé lui-même, son épouse, sa copine, ses enfants ont pris d’assaut l’Assemblée Nationale. À elle seule, la famille Bozizé constitue un groupe parlementaire!

Enfin, l’objectif de toutes ces manœuvres c’était la modification de la Constitution alors que l’article 108 de celle-ci est explicite et catégorique là-dessus : « Sont expressément exclus de la révision:

-la forme républicaine et laïque de l’État;

-le nombre et la durée des mandats présidentiels;

-les conditions d’éligibilité; 

-les incompatibilités aux fonctions de Chef de l’État;

-les droits fondamentaux des citoyens».  

CONCLUSION      

À force de semer des vents sans véritables conséquences, le général Bozizé croyait que l’histoire oubliait ses détracteurs. Aujourd’hui ce sont les vents semés à longueur d’une décennie de tyrannie et de mensonges qui se sont enflés et ont décidé de se retourner contre lui pour qu’il les récolte. Même le dialogue qu’il propose aujourd’hui est un leurre. Tout Centrafricain qui a de la mémoire sait que le général Bozizé n’appliquera jamais ses résultats. Il n’a jamais respecté sa parole et ne la respectera jamais. Les généraux Amadou Toumani Touré et Pierre Buyoya, qui ont servi par le passé de médiateurs dans les conflits centrafricains, et même le célèbre musicien ivoirien Tiken Jah Fakoly sont bien placés pour témoigner de ce que nous affirmons.     

Aujourd’hui, l’urgence est de chercher une voie de sortie honorable à notre général. Il n’a pas à dire qu’il ne se présenterait pas aux élections de 2016 et considérer cela comme une concession: NON! Ce n’est pas une concession de sa part car la Constitution ne l’y autorise pas. Il n’a pas à constituer un gouvernement d’union nationale: NON PLUS! Il veut gagner du temps, armer ses sbires, et rouler une fois de plus le peuple centrafricain dans la boue. Le peuple est meurtri; il a trop souffert. Permettre à Bozizé de terminer un pseudo-mandat, pour une élection qu’il a truquée, serait provoquer une inaction à la tête de l’État et empirer la souffrance du peuple. Car, en réalité, le général Bozizé n’a jamais gagné aucune élection en Centrafrique. C’est ça la vérité! 

L’unique option, si l’on veut que la RCA renoue avec la démocratie qu’il a interrompue en 2003, est que Bozizé emprunte une voie de sortie honorable. Que l’on mette en place un Haut Conseil de la République à la tête duquel on désignera un président; que l’on nomme un premier ministre qui aura effectivement les prérogatives de chef de Gouvernement; et, enfin, que l’on compose un gouvernement qui sera l’émanation de toutes les sensibilités, y compris les partisans du général Bozizé. Toute autre solution incluant le général Bozizé en personne sera vouée à l’échec et entraînera ipso-facto un piétinement au niveau de l’Exécutif et, partant, une aggravation des souffrances du peuple.   

En effet, le général Bozizé est un récidiviste. C’est un homme qui a prouvé aux yeux des Centrafricains, de l’Afrique et du monde entier, que non seulement il n’a pas de parole d’honneur, mais, en plus, ne croit en rien: sa seule religion est le POUVOIR.

«Qui sème le vent récolte la tempête».


Saint-Louis, le 31 décembre 2012


Pr. Bégong-Bodoli BETINA

Maître de Conférences

Université Gaston Berger

Saint-Louis, Sénégal


PS: DERNIERE MINUTE:

Voici le message que nous venons de recevoir d’un Centrafricain résidant à Bangui qui vient de nous contacter, sous couvert de l’anonymat:  

«Bonjour,

Nous sommes en train de vivre un génocide pire que ce que nous entendons. À vous de faire vraiment une déclaration relative à cette situation. Sinon ça sera trop tard et essayez de prendre contact avec les leaders politiques. Il y a déjà des négociations et des formules pour une transition. Merci».