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dimanche, 09 juin 2013

CPI - LA FABRICATION DES PREUVES CONTRE GBAGBO A COMMENCE

 

OUATTARA ET BENSOUDA.jpg

Pour sauver le soldat "Bensouda-Ouattara", la fabrication des preuves contre Gbagbo a commencé.


La décision des juges de la Chambre préliminaire I de la CPI du lundi 3 juin 2013, de renvoyer la procureure à sa copie – illisible – a plus que sonné le régime Ouattara, qui tente le tout pour le tout pour sauver la face. Les officines sont à pied d’oeuvre pour la fabrication de «preuves supplémentaires » qui selon le régime devraient «couler définitivement » Gbagbo.

C’est la peur-panique dans le camp Ouattara. C’est peu de le dire. Ses partisans s’attendaient à tout sauf à un tel scénario dans lequel, les preuves minutieusement emmagasinées par le régime pour le Bureau du procureur, se sont avérées insuffisantes, plutôt insignifiantes au regard des chefs d’accusation. Et depuis, c’est la course à la fabrication de nouvelles preuves. Mais là où deux ans ont produit des «preuves insuffisantes», quelques 2 à 3 mois peuvent-ils «enfanter» des preuves suffisantes ?

Là est la grande interrogation à laquelle tente de répondre le régime Ouattara. L’instrumentalisation des victimes (?) de la crise post-électorale bat son plein. Des victimes qui se sont dit indignées et choquées par la décision de la Cpi. Comme si les victimes étaient une section du RDR, le parti de Ouattara. Le régime a-t-il fait le décompte de victimes pour identifier les siens ? Des victimes, parlons-en ! Il y en a eu depuis septembre 2002, où la rébellion de Guillaume Soro a défiguré la Côte d’Ivoire. Mais, encore les victimes de la récente crise post-électorale. Qui mieux que les victimes du massacre des Wê par les Frci en mars 2011, peuvent se sentir oubliés de la Cpi?

Depuis quelques jours, toutes sortes d’associations de victimes donnent de la voix, pour servir de «preuves vivantes », selon leurs propres termes. Et comme si cela ne suffisait pas, le régime tente – malhonnêtement – de faire croire, par la presse qui lui est proche, qu’il s’agit exclusivement de militants du Rdr tués, à travers l’opération d’exhumation des corps entamée à Yopougon. Par quelle magie les officines du régime Ouattara ont pu deviner que des restes humains exhumés à Yopougon sont des victimes de Gbagbo ? Il faut bien être sorcier pour le savoir n’est-ce pas ? Si la honte pouvait tuer, le Rdr serait bien mort depuis belle lurette.

Au lendemain de la décision de la Cpi, le porte-parole du Rdr, Joël N’guessan, commentant l’actualité a révélé que trouver des preuves supplémentaires étaient chose facile. Faisant allusion à la hiérarchie des ex-Fds à l’époque. On devine aisément que les généraux Philippe Mangou, Edouard Kassaraté, Detho Léto et bien d’autres pourraient bien être mis à rudes épreuves, pour «acculer » Laurent Gbagbo. N’était-ce pas là aussi, les clauses d’un deal secret entre eux et Alassane Ouattara ? En tout cas, la machine à fabriquer les preuves du régime est bien en branle. Comme s’il s’agissait de faire un décompte macabre.


Gérard Koné


Source: CAMEROON VOICE

dimanche, 05 août 2012

UN MEMBRE DU STAFF JURIDIQUE DE GBAGBO EXPLIQUE: «CPI, POURQUOI LE NOUVEAU REPORT DE L'AUDIENCE EST UNE VICTOIRE»

 

LAURENT GBAGBO EN FAMILLE.jpg

 

La nouvelle est tombée hier matin comme un couperet, sous la forme d’un communiqué publié sur le site Internet de la Cour pénale internationale (CPI). «Le 2 août 2012, la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé de reporter l’audience de confirmation des charges dans l’affaire à l’encontre de Laurent Gbagbo jusqu’à ce que l’évaluation médicale de son aptitude à y participer soit faite. L’ouverture de l’audience était initialement programmée le 13 août 2012.A la demande de la Défense, la Chambre avait, le 26 juin 2012, désigné trois experts médicaux pour procéder à un examen médical de M. Gbagbo dans le but d’évaluer son aptitude à participer à la procédure portée contre lui. Les rapports médicaux confidentiels ont été communiqués le 19 juillet.

Dans sa décision du 2 août, la Chambre a ordonné au Procureur et à la Défense de soumettre leurs observations sur les rapports médicaux, respectivement, les 13 et 21 août. Au vu de l’importance de cette question, la Chambre a reporté l’audience de confirmation des charges jusqu’à ce que cette question soit tranchée», a-t-on pu lire.

Les patriotes ivoiriens et africains qui avaient prévu de se rendre en masse à La Haye le 13 août sont quelque peu contrariés, même si nombre d’entre eux veulent rééditer «l’exploit» du 18 juin, date du premier report de l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges. Ils s’étaient tout de même réunis à La Haye pour une manifestation de soutien au président Laurent Gbagbo. Et ils pourraient bien le faire une fois de plus. Mais au-delà de ces questions d’ordre pratique, une sorte d’angoisse a parcouru une partie de l’opinion publique. A quoi riment ces reports répétés ? Pendant ce temps, Gbagbo est toujours en prison ! La stratégie de la Défense ne vient-elle pas à la rescousse de ses adversaires en ralentissant la procédure et en retardant la fin du calvaire qui pourrait passer par une infirmation des charges à la suite d’une confrontation âprement menée ? Quitte à être jugé par une juridiction éminemment politique, ne vaut-il pas mieux donner à Gbagbo la tribune nécessaire à la manifestation de la vérité sur la crise ivoirienne ?

"Il faut regarder cette procédure avec du recul"

Le Nouveau Courrier a pu entrer en contact avec un membre du premier cercle du think-tank juridique du président Laurent Gbagbo. Qui accueille la nouvelle du report avec satisfaction. «C’est plus qu’une bonne nouvelle, c’est une excellente nouvelle, c’est une grande nouvelle», jubile-t-il. «Il faut regarder toute cette procédure avec du recul. Il faut se souvenir que la Défense a fait, dans un premier temps, une demande de report fondée sur la fatigue du président, consécutive aux traitements inhumains et dégradants qu’il a subis à Korhogo et sur l’inégalité de moyens entre l’Accusation et nous. La Défense a dit que pour ces raisons, le procès ne serait pas équitable. La Juge a admis l’argument de l’inégalité des moyens en nous attribuant des moyens supplémentaires, et s’est gardée de se prononcer sur l’état de santé du président. Par la suite, la Défense a basé sa demande de liberté provisoire sur trois piliers.

Une argumentation juridique, d’abord : les éléments qui justifient le maintien en détention ne sont pas réunis au regard du statut de Rome. Les garanties de représentation ensuite : la Défense a énuméré toutes les raisons qui justifiaient le fait qu’on puisse être sûr que le président ne se déroberait pas, ne fuirait pas. Troisièmement, la question de l’état de santé du président, c’est-à-dire des séquelles de son incarcération inhumaine à Korhogo, a été mise sur le tapis. Le procureur n’a pas vraiment répondu aux arguments de la Défense, mais a utilisé une stratégie de la «terreur». En gros, il a tenté de démontrer que, même si les éléments de maintien en détention ne sont pas réunis, Gbagbo va mettre la Côte d’Ivoire à feu et à sang s’il obtient la liberté provisoire. Il a un réseau, des gens qui le soutiennent, il y a eu 140 000 appels à la CPI. Bref, il terrorisait la juge, pour ne pas répondre juridiquement à l’argumentaire adverse. La juge l’a suivi, et n’est pas entrée dans le fond du dossier dans sa décision de refus à la demande de mise en liberté provisoire», explique-t-il.

Trois nouvelles expertises médicales confirment que Gbagbo a été torturé

C’est au regard de ce contexte que la dernière décision de la Chambre préliminaire I doit donc être analysée. «Que dit la juge ? En gros, que les nouveaux éléments présentés par la défense sont préoccupants, qu’ils sont pertinents. Il faut donc qu’on pose ouvertement la question de l’état de santé du président. La Cour ne peut plus échapper à ce débat. La juge doit prendre ses responsabilités, se déterminer par rapport à cette question brûlante», explique notre interlocuteur. Qui fait une révélation.

«Après la première expertise d’un expert assermenté sollicitée par la Défense, et qui attestait que l’état de santé de Gbagbo témoignait de traitements assimilables à de la torture, trois autres médecins ont été sollicités pour des contre-expertises. La Défense en a désigné deux et l’Accusation un. Au final, toutes les quatre expertises indiquent qu’il a été maltraité. On a désormais une preuve, et non des allégations. On a la preuve des mauvais traitements subis par Gbagbo».

Et le fait que ces mauvais traitements soient désormais au centre des observations que la Défense et l’Accusation sont appelées à transmettre à la juge, et au centre de la décision qu’elle rendra, n’est pas sans conséquence. «Il est désormais prouvé que ceux qui ont dit et écrit que le président Gbagbo a été bien traité, ont trompé la Cour et le monde entier. De qui s’agit-il ? Du procureur Louis Moreno-Ocampo ainsi que des avocats de Ouattara, Jean-Pierre Mignard et Jean-Paul Benoît. Ils sont placés face à leurs omissions et à leurs mensonges. Quant à la juge, elle est très clairement devant ses responsabilités», tranche notre interlocuteur. Interrogé par Le Nouveau Courrier, Emmanuel Altit, avocat principal du président Gbagbo, va dans le même sens. «Gbagbo devait arriver au procès chargé de tous les péchés du monde. Ils ne pourront plus occulter le fait qu’il est un homme qui a souffert, et qu’ils sont, eux, ceux qui ont couvert ces souffrances d’une chape de plomb», nous a-t-il indiqué. «Cette décision matérialise le changement du rapport de force. La Défense est désormais maîtresse du calendrier. Et elle a l’avantage psychologique», souligne un observateur.

Une chose est sûre : la situation ressemble à s’y méprendre à une situation de blocage et de double neutralisation – Gbagbo est toujours incarcéré, et l’Accusation se retrouve en situation d’accusée. Mais comment en sortir ? «Des ouvertures existent. Je ne peux pas en dire plus», conclut mystérieusement notre interlocuteur.


Frank Toti et Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER