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vendredi, 21 juin 2013

KKB SUR RFI: «MARCOUSSIS NE FAIT PAS PARTIE DES ORGANES DU PDCI. POUR ETRE PRESIDENT DU PDCI, IL FAUT AVOIR ENTRE 40 ET 75 ANS»

 

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«KKB sur RFI: “Marcoussis ne fait pas partie des organes du Pdci. Pour être président du Pdci, il faut avoir entre 40 et 75 ans”.

Boisbouvier: “Bedié doit donc partir?”.

KKB: “C’est pas moi qui le demande. Je pense que le prochain congrès du PDCI-RDA sera le rendez-vous des jeunes. Ou bien les jeunes prennent le pouvoir, ou bien ils font un roi. La moitié des secrétaires généraux ont mon âge, il y a un besoin de rajeunissement du PDCI-RDA.»

Il se nomme Kouadio Konan Bertin, mais il préfère qu'on l'appelle par ses initiales, KKB. Est-ce parce que ces trois consonnes claquent comme un étendard au vent?

A 44 ans, le président des jeunes du Parti démocratique de Côte d'Ivoire part à l'assaut de la citadelle Henri Konan Bédié, le président du PDCI. Surtout, il réclame un candidat PDCI face au candidat Alassane Ouattara à la présidentielle de 2015.

De passage à Paris, et quatre mois avant le prochain congrès du PDCI, le député ivoirien répond sans détour aux questions de Christophe Boisbouvier. RFI.

 

Source: Autre Presse

jeudi, 26 juillet 2012

GHANA: JOHN ATTA-MILLS, UN PRESIDENT PANAFRICANISTE ET PRAGMATIQUE

 

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Décédé brutalement et mystérieusement mardi 24 juillet, le président ghanéen John Atta-Mills était arrivé au pouvoir de justesse en 2009, après un scrutin tendu et deux tentatives infructueuses. Ce portrait signé Christophe Boisbouvier et publié dans Jeune Afrique n° 2505 (du 11 au 17 Janvier 2009) retrace l'ascension d'un homme d'État réputé pour son intégrité.

Article publié le 12/01/2009 : "La revanche de John Atta-Mills".

Après avoir concédé à deux reprises la victoire à John Kufuor, l’ancien vice-président de Jerry Rawlings a cette fois fait preuve de pugnacité. Le nouveau chef de l’État doit maintenant prouver qu’il est capable de s’affranchir de son mentor.

La photo était belle. Côte à côte, le 7 janvier 2009 sur la place de l’Indépendance à Accra, le sortant John Kufuor, le nouvel élu John Atta-Mills et un Jerry Rawlings tout sourires, visiblement ravi de revenir sur le devant de la scène par procuration. Vêtu d’un kente – le tissu traditionnel ghanéen – assorti d’une chemise traditionnelle elle aussi, le nouveau maître du Ghana a prêté serment sur la Bible. Une vraie cérémonie consensuelle… Puis tout à coup, le « gentil Atta-Mills » a décoché un trait : « Lors des élections, la démocratie a été mise à l’épreuve, mais finalement la volonté du peuple a prévalu. » La petite phrase en dit long sur l’âpreté du combat.

De fait, jusqu’à la dernière minute, le Nouveau Parti patriotique (NPP) a tout fait pour garder le pouvoir. Campagne à l’américaine, pressions sur la commission électorale… Les partisans de Nana Akufo-Addo ont parié sur la répétition du scénario de 2004 : un scrutin très disputé et, au final, un Atta-Mills qui concède la défaite pour ne pas provoquer d’affrontements. Le NPP était tellement sûr de sa victoire qu’il avait déjà fait venir de France des caisses de champagne…

Jusqu’à la dernière minute, le Nouveau Parti patriotique (NPP) a tout fait pour garder le pouvoir.

Mais cette fois-ci, Atta-Mills s’est rebellé. Après le premier tour du 7 décembre, il a fait savoir à son adversaire que, si d’aventure il tentait de s’autoproclamer président, ce serait l’épreuve de force, y compris dans la rue. Au lendemain du second tour du 28 décembre, le Congrès national démocratique (NDC) d’Atta-Mills a même lâché publiquement qu’il ne serait plus en mesure de contrôler ses militants si jamais… Pour gagner, le « prof » à la voix douce a dû sortir les griffes.

Un homme de loi

John Atta-Mills, 64 ans, c’est d’abord un lawyer, comme disent les anglophones. Un homme de loi. Contrairement à la légende, il n’est pas issu d’une famille pauvre. Né à Tarkwa, dans l’ouest du pays, le jeune Atta-Mills a été poussé dans ses études par un père enseignant. Docteur en droit à Londres, il a occupé une chaire à l’université d’Accra pendant vingt-cinq ans. D’où son surnom de « prof ». « Une fois, se souvient un de ses étudiants, il m’a donné l’argent pour que je puisse aller aux obsèques de mon père. »

Au fil des ans, et surtout après son passage à la Direction des impôts, John Atta-Mills s’est forgé la réputation d’un homme d’une honnêteté scrupuleuse. C’est sans doute pour cela que le capitaine Rawlings l’a choisi comme vice-président en 1996. C’est aussi pour cette raison que ses adversaires, faute de trouver un dossier compromettant à son sujet, ont lancé des rumeurs sur son état de santé. Il y a un an, ils ont évoqué une hospitalisation pour maladie grave. Démenti formel de l’intéressé. Il a juste subi une opération de la cataracte à un œil. Cette fameuse honnêteté n’est pas une légende. Confidence de son frère, Cadman Atta-Mills : « Un jour de 1996, John a reçu à la maison la visite d’un homme d’affaires qui voulait le féliciter pour son élection à la vice-présidence. Quand il est reparti, il a laissé une enveloppe sur la table basse. Sur le coup, John n’y a pas fait attention. Puis il l’a vue. Dedans, il y avait 40 000 deutsche Mark. Tout de suite, il s’est affolé. Il a appelé son visiteur en lui disant : “Vous avez oublié votre argent.” Celui-ci lui a répondu que c’était pour payer ses dettes de campagne. Alors John lui a rétorqué : “Mais c’est de la corruption que vous êtes en train de faire !” et lui a fait remettre son enveloppe. Quand l’anecdote a été rapportée à Jerry Rawlings, celui-ci a dit bravo. » Qui sait si cette visite n’avait pas été montée par Rawlings lui-même pour tester son nouveau colistier ?

Père tranquille

Dans son action politique, Atta-Mills a trois modèles : Nelson Mandela, Julius Nyerere – parce qu’il était « intègre et nationaliste » –, et Kwame Nkrumah.

Autre facette du personnage : le père tranquille. Marié à une éducatrice, Ernestina Naadu Mills, et père d’un garçon de 19 ans, John Atta-Mills va à l’office tous les dimanches et adore le sport. Il a même été sélectionné une fois dans l’équipe nationale de hockey sur gazon. Comme tous ses compatriotes, Atta-Mills aime le foot. Un temps, il était au comité directeur des Hearts of Oak, l’un des deux grands clubs du pays. Le nouveau maître du Ghana est aussi un supporteur acharné du Manchester United. Depuis ses études à Londres, l’homme a adopté un style très british. Mais pour la table, ses goûts le portent vers la cuisine française. Pas fou, Atta-Mills.

Il est un autre aspect du personnage qui est moins connu. C’est son idéalisme. Dans son action politique, Atta-Mills a trois modèles : Nelson Mandela, Julius Nyerere – parce qu’il était « intègre et nationaliste » –, et Kwame Nkrumah. Évidemment, à Accra, il est de bon ton de se réclamer du père de la nation, mais Atta-Mills a fait un peu plus. Dans sa jeunesse, il a étudié au fameux Institut idéologique de Winneba, fondé par Nkrumah à l’époque du socialisme scientifique. En bon disciple, il croit au panafricanisme… et aux États-Unis d’Afrique. « Mais attention, précise l’un de ses conseillers, il veut y aller doucement. »

John Atta-Mills n’a pas le charisme d’un Nkrumah ou d’un Rawlings. De son propre aveu, il est incapable d’électriser une foule. Du coup, ses adversaires disent qu’il est trop « tendre » pour la fonction. « En Afrique, il faut être costaud pour gouverner. » Réalité ou apparence ? Quand les gisements pétroliers récemment découverts entreront en exploitation, en 2010, on verra si l’homme qui a fait campagne contre la corruption sera capable de tenir à distance les prédateurs. « Vous savez, il n’a pas l’air comme ça, dit son frère Cadman, mais il a un sacré caractère. Et quand il a décidé quelque chose, il ne bouge plus. » Atta-Mills dur comme du bois ? En français, Hearts of Oak signifie « Cœurs de chêne ».


Source: JEUNE AFRIQUE

vendredi, 21 janvier 2011

50ÈME ANNIVERSAIRE DE LA DISPARITION DE PATRICE LUMUMBA

PATRICE LUMUMBA EN 1961.gif

Patrice Eméry Lumumba


On commémore aujourd'hui le cinquantième anniversaire de la disparition d'un grand héros panafricain. Patrice Lumumba, le premier chef de gouvernement congolais mort le 17 janvier 1961, a été assassiné dans le Katanga après avoir été renversé avec la complicité des services américains et belges. Ses discours enflammés contre l'«impérialisme» et pour l'«unité africaine» avaient enthousiasmé le continent. A tel point que son tombeur, le maréchal Mobutu, avait dû le réhabiliter quelques années plus tard. Le souvenir de Lumumba reste cher aux yeux de nombreux congolais, même ceux qui ne l'ont pas connu de son vivant. Par Christophe Boisbouvier.


RFI : Qui est Lumumba pour vous ? Un surdoué de la politique, un idéaliste, un naïf ?

Isidore Ndaywel : Lumumba est d'abord pour moi le père de l'Indépendance. C'est l'homme qui a le plus donné de lui-même, pour que le Congo devienne indépendant. Et ensuite c'est quelqu'un qui a payé de sa vie. Il incarne le nationalisme congolais.


RFI :
Donc pour vous c'est un martyr de l'Indépendance ?

Isidore Ndaywel : C'est un martyr de l'Indépendance. Tout à fait.


RFI :
Alors qui a tué Lumumba ? Mobutu ? Tshombé ? Les Occidentaux ?

Isidore Ndaywel : Je pense qu'on ne va pas prendre des raccourcis. On sait qu'il y a toute une coalition, essentiellement occidentale, avec des intermédiaires, évidemment, qui sont des Congolais.


RFI :
Donc pour vous les vrais décideurs de son assassinat sont à Washington ? A Bruxelles ? C'est ça ?

Isidore Ndaywel : Absolument. Les choses sont de plus en plus claires. C'est fondé sur des informations fiables. Il y a des publications intéressantes, notamment cet ouvrage du Belge Ludo de Witte « L'assassinat de Lumumba, Khartala, 1999 »... On a donc confirmation, et on voit même un peu plus clair dans tout ce qui a pu se passer.


RFI :
Est-ce que les Français ont joué un rôle ?

Isidore Ndaywel : Peut-être pas directement, mais de toute façon, dès que la sécession Katangaise est déclarée, il va y avoir des mercenaires français.


RFI :
A l'époque c'était la guerre froide. Est-ce qu'en se rapprochant de Moscou, Lumumba n'a pas commis quelques imprudences ?

Isidore Ndaywel : Ce n'est pas attesté qu'il se soit vraiment rapproché de Moscou. Mais il avait un franc-parler pour dire : « Si nous n'avons pas le soutien voulu, alors nous allons nous tourner vers l'Union soviétique ».

Nous savons très bien que lorsqu'il a eu des problèmes lors de la mutinerie de la force publique, sa première démarche a été de se tourner vers les Etats-Unis ! Mais nous savons que le président Eisenhower n'a pas voulu le recevoir. Il a même fait le voyage jusqu'aux Etats-Unis.

Nous savons également que toutes les promesses qui avaient été faites du côté soviétique, l'envoi des avions Iliouchine, etc, il n'y a rien eu. Et Lumumba s'est retrouvé seul. Mais il y a eu cet effort suicidaire, de tout de même essayer de réduire la sécession katangaise.

Et je pense que c'est dans cette démarche, dans cet effort, que non seulement il a trouvé la mort, mais c'est grâce à son sacrifice également que la sécession katangaise, finalement, sera résolue, puisque la sécession n'aura plus son bouc-émissaire. Et l'« ONU » et la Communauté internationale, devra bien reconnaître que puisque le « communiste » n'est plus en vie, il n'y a plus de raison pour justifier la sécession du Katanga.


RFI :
Est-ce que le drame de Lumumba, justement, ce n'est pas d'avoir été le héros de l'Indépendance d'un pays très grand et très riche ?

Isidore Ndaywel : Je pense qu'il en était conscient. Il a été broyé par la guerre froide. Tout ça c'était nouveau, et la guerre froide, et le fait que le Congo devienne le terrain favori de la guerre froide, et finalement cette expérimentation de la présence des Casques bleus quelque part dans le monde.


RFI :
De tous les chefs d'Etat qui se sont succédés depuis 1960, quel est celui qui suivi ses traces ?

Isidore Ndaywel : Bien entendu, c'est Laurent-Désiré Kabila, puisque c'est un projet de jeunesse. C'est quelqu'un qui a été fortement révolté par ce qui s'est passé. Et finalement il s'est décidé à poursuivre ce combat, poursuivre cela à sa manière. Et voilà que, quarante ans après, il disparaît dans les mêmes conditions.


RFI :
Est-ce que les différents chefs d'Etat qui se sont succédé n'ont pas essayé de récupérer le mythe Lumumba, justement ?

Isidore Ndaywel : Oui, mais cela me paraît assez normal, parce que les hommes politiques cherchent à avoir un point d'ancrage par rapport à l'icône. Je dois dire également, le parti politique, comme l'« UDPS », le parti d'Etienne Tshisekedi.

RFI : Mais justement, à force d'être récupéré par tant de partis, par tant d'hommes politiques, est-ce que le mythe Lumumba n'est pas en train d'être dénaturé ?

Isidore Ndaywel : Je ne pense pas. Il y a la pensée politique de Lumumba. Il y a des éléments clés de cette pensée, qui restent des éléments de base, notamment le primat de l'unité nationale sur tout autre élément. Et ça n'a pas été étonnant d'ailleurs, que nous ayons retrouvé ailleurs, comme notamment chez Thomas Sankara, l'insistance à des slogans comme « La patrie ou la mort. Nous vaincrons », qui étaient des slogans de Lumumba. Ce qui démontre que d'ailleurs son « nationalisme » était à la fois congolais et africain, africain-congolais, tout cela allait ensemble.


NOTE :

Interview d'Isidore NDAYWEL réalisé par Christophe BOISBOUVIER.
Isidore NDAYWEL est auteur d'« Histoire générale du Congo »,
ouvrage publié chez « Afrique Editions ».



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Emission La marche du monde du 16/06/2006 - Patrice Emery Lumumba (durée : 19:29)

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Emission Mémoire d'un continent du 16/08/2010 - Patrice Emery Lumumba (durée : 19:30)

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Spéciale Archives d'Afrique - Patrice Emery Lumumba (1/2) (durée : 2631)

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Spéciale Archives d'Afrique - Patrice Emery Lumumba (2/2) (durée : 19:31)



Source: NERRATI.NET