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mercredi, 21 octobre 2015

VOICI LA PLEINE PAGE DU CANDIDAT MAMADOU KOULIBALY CENSUREE PAR LE CNP

 

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Voici (ci-dessus) la pleine page du candidat Mamadou Koulibaly que le Conseil national de la presse (Cnp) a refusé d’autoriser pour l’espace dévolu au candidat de LIDER à la présidentielle de 2015 dans le média d’Etat Fraternité Matin.

Conformément à la loi (article 6 du décret 2015-620 du 9 septembre 2015) tous les candidats définitivement retenus par le Conseil constitutionnel bénéficient d’un égal accès aux organes officiels de presse écrite et audiovisuelle à compter de la date d’ouverture de la campagne électorale (9 octobre 2015). C’est dans ce cadre qu’un tirage au sort avait eu lieu au Cnp, qui avait déterminé l’ordre de parution des messages des candidats dans Fraternité Matin. La parution du Pr. Koulibaly a ainsi été programmée pour ce jour, mercredi 21 octobre 2015.

Au vu de la fraude massive mise en œuvre par le régime en place dans l’organisation du scrutin et du danger que cela implique pour les populations, encore traumatisées par la meurtrière crise post électorale de 2010, ayant (officiellement) causé plus de 3.000 morts, ainsi que d’innombrables vies humaines gâchées et familles détruites, le Pr. Mamadou Koulibaly a décidé d’axer sa campagne sur la nécessité de dire non aux élections truquées.

Les conditions démocratiques, transparentes, inclusives et équitables n’étant pas réunies pour garantir l’expression du suffrage et le calcul du consentement collectif dans notre pays, il encourage les Ivoiriens à choisir l’abstention et à ne pas se rendre dans les bureaux de vote dimanche prochain. La liste électorale qui exclut 3 millions d’électeurs ; la commission électorale inféodée au candidat Ouattara et dirigée par Youssouf Bakayoko, illégalement reconduit comme président pour un second mandat ; le bulletin de vote non conforme à la loi ; les médias de service public caporalisés qui censurent les opposants et se substituent aux institutions de la République ; les violations répétées du code électoral ; le financement opaque des partis politiques et candidats et le non désarmement des milices ne sont en effet pas de nature à permettre la tenue d’un scrutin apaisé.

Le Cnp a justifié son refus en prétextant que le candidat de LIDER devait « argumenter » les points listés dans son annonce.  « Il faut expliquer pourquoi vous dites que la liste électorale n’est pas inclusive, par exemple ». Ahurissant! D’autant que certains candidats peuvent faire paraître, sans problème et sans explications supplémentaires, des promesses virtuelles de changement ou d’émergence.

En procédant de la sorte, le Cnp sort complètement de son rôle, qui consiste à garantir le traitement égal des candidats. Une pratique généralisée dans les médias publics, puisque lundi 19 octobre, le directeur général de la radiotélévision ivoirienne (Rti), Ahmadou Bakayoko, s’est substitué au Conseil constitutionnel pour décréter le retrait du Pr. Koulibaly de la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle de 2015, et pour annuler son passage prévu à l’émission en direct «Face aux électeurs».

Ceci vient étayer le constat fait par l’opinion de la panique qui a saisi le camp Ouattara face à l’ampleur du rejet des élections par les populations et qui s’est manifesté par le boycott massif du retrait des cartes d’électeurs (moins de 9% des cartes à la clôture du délai légal). Un abus de plus dans un océan de violations des lois, et des droits et libertés des citoyens et candidats. Ainsi va la Côte d’Ivoire émergente de M. Ouattara.

 

Source: LIDER-CI.ORG

samedi, 21 juillet 2012

LA GUERRE A L’HIVERNAGE

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Nous sommes actuellement dans une vaste opération consistant à tordre le coup à l’histoire. Il s’agit en effet pour les tenants du pouvoir ivoirien et leurs alliés, d’imposer une nouvelle vision du monde ; un monde qui répond bien à leurs aspirations. L’épine dorsale du monde qu’ils tentent ainsi de créer n’est rien d’autre que le mensonge, le faux. C’est donc un combat contre la vérité, une déformation sauvage des faits qui à l’évidence apparait comme une vaine guerre, une guerre à l’hivernage, une guerre perdue d’avance. Dans ce périple organisé par les hommes du pouvoir ivoirien, un autre vient de montrer son zèle : Raphaël Oré Lapké actuel président du Conseil National de la Presse (CNP).

Il est certes vrai qu’il n’a pas eu besoin de succéder à M. Eugène Kacou pour prouver son militantisme et son attachement à Alassane Dramane Ouattara, mais il a fallu qu’il soit à son nouveau poste pour nous situer sur l’idée que le ridicule décrédibilise l’homme. Sa tâche consiste exclusivement à mettre au pas la presse de l’opposition qui semble avoir un peu trop de liberté. Selon lui, Soro Guillaume n’est plus un ex chef rebelle parce qu’une loi d’amnistie lui aurait retiré ce titre. Fort de cette conviction il a intimé l’ordre aux organes de presse de la façon la plus claire : « N’écrivez plus que Guillaume Soro, actuel Président de l’Assemblée Nationale est un ex chef rebelle. C’est un outrage à l’autorité. Cela est interdit pas la loi. » En d’autres termes tous ceux qui s’hasarderont à appeler l’auteur de Pourquoi je suis devenu rebelle, ex rebelle, se verront tout simplement sanctionnés. Quel zèle ! 

Pour la bonne compréhension de tous, il aurait fallu que Raphaël Lakpé présente la loi d’amnistie qui dénie à Soro Guillaume le titre d’ex rebelle. S’il ne l’a pas fait c’est tout simplement parce qu’il sait qu’une loi d’amnistie n’efface que des faits. Et dans le cas ivoirien les faits qualifiés « d’atteinte grave aux droits de l’homme et les crimes économiques » ne sont nullement couverts par la loi d’amnistie. En tout état de cause, les faits, mêmes effacés par la loi, demeurent dans les esprits tout comme le titre de l’auteur des faits. L’amnistie n’est donc pas une amnésie. Mais le service que Raphaël Lakpé avait voulu rendre à Guillaume Soro est refusé par celui-ci. En effet, Soro Guillaume lui-même a écrit un ouvrage intitulé Pourquoi je suis devenu rebelle. Le titre de cet ouvrage nous fait comprendre, sans le lire, que Soro Guillaume ne réprouve pas son activité de déstabilisation menée contre la Cote d’Ivoire.

Comment doit-on l’appeler après avoir visité, ou seulement posé un regard sur l’ouvrage ? Comment doit-on l’appeler après avoir confié à Alain Foccard sur RFI que dans sa rébellion il n’y avait aucune autorité au dessus de lui. N’avait-il pas été nommé premier Ministre parce qu’il était le chef de la rébellion, Secrétaire Général du MPCI, mouvement rebelle? Raphaël Lapké ne nous répondra certainement pas parce que sa guerre à l’hivernage à pour finalité le musellement de la presse de l’opposition, singulièrement celle acquise à la cause du Président Laurent Gbagbo. Cela est d’autant plus vrai que les journalistes du pouvoir bénéficient d’une bénédiction extraordinaire quant il s’agit de dégouliner des monstruosités sur le Président Laurent Gbagbo. Comment cette presse du pouvoir nomme-t-elle Laurent Gbagbo? Pour le quotidien le Nouveau Réveil, Gbagbo est « le colis gênant », l’Expression parle du « Machiavel d’Abidjan », le Patriote, lui, vole d’insanités en insanités sur Gbagbo qui est tantôt le « boucher d’Abidjan », tantôt « Hitler. » Nous n’avons pas connaissance d’une loi qui ôte au Président Laurent Gbagbo, son statut d’ancien chef de l’Etat. Si donc dire de Soro qu’il est un ex chef rebelle est « un outrage à l’autorité », alors dire également de Gbagbo qu’il est « un colis gênant » ou « le Machiavel d’Abidjan » est aussi un outrage à l’autorité, puisque son statut d’ancien chef de l’Etat fait de lui une autorité, tout comme le Président Henri Konan Bédié. Et si dans son entendement, n’est autorité que celui qui est aux affaires, alors qu’il s’empresse de faire abroger la loi portant statut des anciens chefs d’Etat. 

Il y a donc lieu, pour le militant du RDR, Président du CNP, de savoir que la presse ne rend qu’honneur à Soro Guillaume qui lui-même vante ses mérites de chef rebelle dans son ouvrage. On ne peut être plus royaliste que le roi. Si par extraordinaire, cette presse s’alignait sur les positions intéressées du Président du CNP (juste pour éviter les sanctions), les consciences garderont éternellement que Guillaume Soro est un ex chef rebelle. C’est en cela que l’acte de Lakpé est une guerre à l’hivernage.

Quoi qu’il fasse, ce titre de Soro Guillaume est déjà scellé dans l’histoire de notre pays. C’est donc une guerre perdue d’avance.

Cette guerre à l’hivernage épouse également la campagne de communication menée par le RDR ces derniers temps et dont l’objectif est de « désintoxiquer » ceux que les pro-Gbagbo ont, selon eux, « intoxiqué ». Le porte parole principal du RDR, le nommé Joël N’Guessan s’offre des plateaux pour en définitive retourner sans avoir « désintoxiqué ». Cela se comprend certainement parce qu’il n’est tombé amoureux du RDR que le 11 Avril 2011, jour de sa prise controversée du pouvoir. Pour lui, il n’y a pas de rattrapage ethnique en Côte d’Ivoire, le pouvoir n’est pas tribal. Pour se ridiculiser sur Vox Africa, il fait croire que si le rattrapage ethnique existait, lui baoulé, ne serait jamais responsable du Rdr. Avait-il besoin de préciser que le RDR est un parti essentiellement composé de nordistes et qu’il est juste là pour faire « joli » ? Avait-il besoin d’indiquer qu’il existe en Côte d’Ivoire une armée tribale dirigée par des nordistes avec des chasseurs traditionnels tous nordistes ? Etait-il nécessaire de souligner que l’administration est en mode « RDR », donc nordiste ? La liste étant peut être trop longue il a dû prendre un raccourci en se limitant a son ethnie baoulé. A-t-il pour autant convaincu le monde ? Non.

A-t-il convaincu le monde lorsqu’il a lâché qu’il était au gouvernement pour la forme ? Non. Que fait-on lorsqu’au gouvernement, le chef de l’exécutif vous arrache vos prérogatives, vous retire votre budget vous lie les bras ? On démissionne si on a un brin de dignité, à moins qu’on nous dise qu’on est dans l’équipe pour une autre mission, donc un agenda privé. Cette campagne de communication est donc une campagne perdue d’avance et le Professeur Harris Memel Fôté n’a pas eu tord de parler de guerre à l’hivernage. Car, les consciences sont déjà domestiquées par les prouesses du RDR : tribalisme, violence, mauvaise foi, vengeance.

Dans la même veine, le juge unique de la CPI Silvia Fernandez Gurmendi vient de rejeter la requête de mise en liberté provisoire du Président Gbagbo formulée par la défense. Ce qu’il y a lieu de retenir en gros est que Laurent Gbagbo demeure un homme politique bien ancré dans les cœurs des africains. Il est selon le juge un « politicien professionnel » qui a des « contacts internationaux » et des « liens » qui peuvent l’aider à « prendre la fuite ». Le juge établit ainsi la popularité de Gbagbo. Il a donc commis un « délit de popularité » c’est pourquoi sa demande de mise en liberté provisoire lui est refusée. La gravité des chefs d’accusation et la saugrenue idée d’une installation par la force de Gbagbo au pouvoir ne peuvent en aucun cas dissoudre l’idée de fond et la nature du procès. L’idée de fond est que Laurent Gbagbo est un homme politique qui gêne, les forces rétrogrades. Le procès lui, est politique. 

Le juge veut mener un faux combat qui d’ailleurs n’a aucune chance d’aboutir. Il s’agit pour elle de réprimer la popularité de Gbagbo. Comment peut-on légitimement rejeter une requête de mise en liberté provisoire au motif que l’intéressé est populaire ? Est-ce la faute à Gbagbo s’il est adulé par son peuple ? Est-ce la faute à Gbagbo si autour de lui se crée un bouillonnement intellectuel qui nous rappelle bien Nelson Mandela ? Est-ce la faute à Gbagbo si ses adversaires sont incapables d’éveiller les plumes d’intellectuels qui constituent des références au monde? Si son aura dérange la CPI c’est qu’il y a matière à réflexion. La CPI devrait bien s’interroger sur la véracité des faits dont le procureur et sa suite accusent Gbagbo. C’est donc en vain que Silvia Fernandez tente de condamner la popularité de Laurent Gbagbo. Plus les décisions de la CPI sont floues et imprécises, plus la sympathie pour Gbagbo prend l’ascenseur. La CPI pense-t-elle qu’elle parviendra à faire faiblir l’amour que « monsieur tout le monde » porte à Gbagbo ? Non. Tenter de le faire, c’est faire une guerre à l’hivernage et cette guerre est perdue d’avance.

Au-delà de cet aspect, notons que la CPI n’a cessé d’être taxée d’être une justice politique avec une fourrure juridique. Certains croient, sans doute naïvement, que la CPI est indépendante de l’occident, des grandes puissances ou des puissances d’argent. Jusque là, elle peine à le prouver. Malgré toutes ses bonnes déclarations, certaines faites la main sur le cœur, d’autres faites avec entre les mains, un courrier de félicitations destiné à Guillaume Soro, aucun début de signe ne nous permet de croire que l’institution est impartiale. 

Dans l’affaire opposant le procureur de la CPI au Président Laurent Gbagbo, celui-ci est accusé d’avoir à lui seul tué 3000 personnes dans une guerre l’opposant à une autre force militaire soutenue entièrement par l’Onu et ses agents commerciaux. Cette force fidèle à Alassane Dramane Ouattara n’a visiblement tué personne bien qu’elle ait mené une rébellion armée de Septembre 2002 au 11 Avril 2011 ! Fermer hermétiquement les yeux sur les tueries, vols, viols et autres pillages orchestrés par les forces pro-Ouattara pour ne juger que le seul Gbagbo, c’est convaincre le monde qu’il s’agit d’une justice politique donc partiale. Toutes les déclarations et autres incantations déversées ça et là par cette CPI n’est que de la poudre aux yeux. Elle ne fait que faire une guerre à l’hivernage car il est établit que la CPI est « le tribunal » des grandes puissances juste là pour servir leurs intérêts.

 

Alain Bouikalo, Juriste-consultant


bouikhalaud10@gmail.com

mardi, 22 mai 2012

MESSIEURS LES CENSEURS, VOUS PERDEZ VOTRE TEMPS!

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Eugène Dié Kacou, Président du Conseil national de la presse (CNP)


Et si, en Côte d’Ivoire, l’absurdité avait posé ses valises à Cocody Deux-Plateaux 1ère tranche, plus précisément au siège du Conseil national de la presse (CNP) ? Les patrons de cette institution, qui sert objectivement de police de la pensée au régime Ouattara, ont encore frappé. Ils ont suspendu le quotidien Notre Voie pour quatre parutions. Pour avoir publié une photo de Laurent Gbagbo légendée ainsi : «Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d’Ivoire renversé par la coalition Onu-France.» Le crime de Notre Voie ? Avoir contrevenu à l’histoire officielle que tente d’imposer le régime Ouattara. Une histoire officielle pourtant contredite y compris par les médias hexagonaux qui ont, plus d’une décennie durant, sculpté la légende de l’actuel maître d’Abidjan. «La France sort Gbagbo», écrivait ainsi Libération le 12 avril 2011. «La France frappe au cœur du dispositif Gbagbo», titrait pour sa part Le Monde quelques heures avant le dénouement. En Côte d’Ivoire, il est facile de savoir quel camp pratique le révisionnisme le plus insensé.

Bien entendu, il ne faut pas être naïf. L’enjeu des pratiques répressives du CNP est la querelle de légitimité électorale qui déchire la société ivoirienne depuis l’après-28 novembre 2010. Il est question d’obliger, de manière fondamentalement brutale, tout le corps social à affirmer qu’Alassane Ouattara est parvenu au pouvoir au terme d’un scrutin «libre, ouvert et transparent», et rien d’autre. Mais cette méthode est-elle efficace ? S’il est vrai qu’on peut faire taire les dissidents, peut-on les empêcher de penser ? Ne serait-il pas plus conforme à l’exigence de réconciliation de rechercher, sur la base des documents qui existent encore, une vérité historique nationale indépendante des intérêts politiques immédiats des uns et des autres ? 
 
Et si nous imitions les Américains ?

Un aîné dans le métier et dans la vie, pour qui j’ai énormément de respect même si nous sommes en désaccord sur la querelle électorale ivoirienne, m’écrivait récemment : «Dimanche soir, j'ai passé deux heures au téléphone, avec une amie nigérienne qui essayait de me convaincre, pour la millième fois, que c'est Laurent Gbagbo qui a remporté la présidentielle. Je suis convaincu du contraire. (…) Ne parvenant pas à tomber d'accord (avec mon amie) sur qui a réellement remporté cette présidentielle ivoirienne, j'ai, une fois encore, émis le vœu de voir un jour une presse indépendante et les organisations de la société civile demander, comme elles en ont le droit, à recompter, sous contrôle d'huissiers, et d'observateurs neutres, pourquoi pas, la compilation des procès-verbaux, à partir de deux sources différentes,  au moins. Cela s'est fait en Floride, en l'an 2000, bien après l'investiture de G.W. Bush. Et tant que cela ne se fera pas en Côte d'Ivoire, les deux parties continueront à revendiquer la victoire. Et l’une d’entre elles continuera à s'estimer lésée. Et il n'y aura pas de réconciliation, si la vérité électorale n'est pas, un jour, définitivement établie. Bref, cette histoire n'est pas finie». Ces propos ne sont-ils pas frappés au coin du bon sens ? Pour l’instant, un des deux camps continue à demander, comme il l’a toujours fait, le recomptage des voix : c’est celui de Laurent Gbagbo. A priori, pourtant, une telle opération, si elle démontrait que Ouattara avait gagné sans frauder à la dernière présidentielle, serait un formidable coup politique et de com’ au profit de son pouvoir. Pourquoi se montre-t-il réticent ? En Côte d’Ivoire, il y a des indices qui montrent quel camp a peur de la vérité. 
 
La révolution numérique rend impossible le contrôle de la circulation des idées

Non seulement les «verrouilleurs idéologiques» du clan au pouvoir ne peuvent pas empêcher la moitié des Ivoiriens de penser comme elle pense, mais ils peuvent difficilement empêcher la diffusion des idées et des propos qui leur déplaisent. Ils se trompent de siècle ! En interdisant la diffusion papier de «Notre Voie», ils enlèvent objectivement le pain de la bouche de ses promoteurs. Mais ils savent très bien que la révolution numérique condamne leur entreprise de censure à la vanité. En 2010, 2,6% de la population ivoirienne avait accès à Internet, c’est-à-dire 400 000 personnes. C’est encore peu, mais c’est bien plus que le nombre de personnes qui achètent un quotidien (100 000 exemplaires écoulés chaque jour). Et les progrès de la connectivité par le téléphone mobile, notamment à travers la 3 G, vont multiplier le nombre des «connectés» par cinq au moins en moins de deux ans. A moins de vouloir arriver aux extrémités symbolisées par les pratiques de pays comme la Birmanie et la Corée du Nord – en ont-ils seulement les moyens techniques ? –, les hommes qui nous dirigent doivent bien se rendre compte qu’ils ont, déjà, perdu la bataille du contrôle de la circulation des idées. Ils devraient donc se concentrer sur la bataille du sens. Mais à voir leur nervosité face à l’existence de voix discordantes, il semble évident qu’ils ne se font pas d’illusions sur leur capacité à convaincre le plus grand nombre en dehors de toute contrainte.
 
 
 
Théophile Kouamouo


jeudi, 15 mars 2012

GBAGBO, L’EXTRATERRESTRE

LAURENT GBAGBO EN CAMPAGNE.jpg


Curieux non comme titre d’article, vous ne pensez pas ? Eh bien, nous n’avons pas trouvé mieux pour espérer qualifier, de la façon la plus exacte et qui la campe le mieux, cette situation rocambolesque que vit, en ce moment, la Côte d’Ivoire.

Nous avons tous entendu l’incroyable communiqué du gouvernement ivoirien du mercredi 7 mars 2012 annonçant la suppression de 1.126 communes créées par le président Laurent Gbagbo, de 2001 à 2010. En clair, toutes les communes nées sous la gouvernance de Gbagbo, pendant ses 10 années de pouvoir. Argument avancé pour prendre une décision aussi impensable : « Ces communes ont été créées sur des bases politiques ». Ah bon ? Et le gouvernement actuel, sous quels auspices prend-il ses décisions, depuis son avènement violent au pouvoir, le 11 avril 2011 ? : le nouveau découpage administratif de la Côte d’Ivoire, tout comme le nouveau découpage électoral qui fait la part belle aux départements du Nord, la composition même de la Commission électorale indépendante (CEI) acquise à 100% au RHDP, la justice des vainqueurs en vigueur en Côte d’ivoire qui pourchasse un seul camp, l’emprisonnement des journalistes, le musellement de la presse pro-Gbagbo par le Conseil national de la presse (CNP) à travers des sanctions intempestives et ciblées, le gel des avoirs des opposants, les arrestations arbitraires, les mandats d’arrêts internationaux contre les cadres LMP, le maintien en exil des autorités ivoiriennes de l’ancien régime, les tentatives de mise à mort du FPI et de La Majorité Présidentielle, le maintien des supplétifs de la guerre d’avril dans les rangs des FRCI, la tolérance coupable des milices « Dozos » par la République bien que reconnues pour leurs nombreux crimes et exactions contre les populations ivoiriennes, la liquidation des banques nationales, le rattrapage ethnique cher à Ouattara qui promeut les ressortissants du Nord au détriment de tous les autres ivoiriens, etc.


Si on devait reprocher à un camp de la crise ivoirienne de prendre des décisions qui ne se justifient pas, sur la seule base politicienne, il y a fort à parier que le régime Ouattara soit inscrit sur le pire des tableaux. Il est donc très mal inspiré pour clouer quiconque au pilori. Après la dissolution en cours des Conseils généraux (décision complètement inopportune), le coup d’arrêt brutal porté à la communalisation générale de la Côte d’Ivoire consacre définitivement la volonté du régime RHDP de tirer notre pays vers le bas, au nom d’une incroyable propension vengeresse et négationniste visant à effacer toute trace du président Laurent Gbagbo. S’il le pouvait, Ouattara effacerait même les augmentations substantielles opérées par le réprouvé de Scheveningen sur les salaires des fonctionnaires. Mais mal lui en prendrait ! Il peut toujours essayer.


A notre sens, l’argument politique avancé par le gouvernement est totalement léger et, à la limite, fallacieux. Le souci premier dans la communalisation, c’est de rapprocher le centre de décision des populations et de favoriser leur participation à un développement local plus rapproché. Etant entendu qu’elles y contribuent à travers des instruments remarquables comme les FRAR/FIAU (Fonds d’Investissement et d’Aménagement Urbain) qui ne demandent qu’à être redynamisés et boostés. Une commune née créé sa propre dynamique de développement à travers ses populations et ses cadres. Cela est déjà une chose hautement appréciable pour la vie rurale. Il ne reste plus qu’à l’Etat de venir en appui de ce regain d’activité local par une subvention qui ne devrait logiquement plus faire défaut, compte tenu du retour présumée à la paix, en Côte d’Ivoire. C’est de là que part la viabilité d’une commune ; elle ne tombe pas du ciel comme le laisse supposer les propos du gouvernement Ouattara. En clair, la viabilité, il faut la créer et non l’attendre pieusement.


La vérité de cette affaire, c’est que Ouattara n’a pas de solutions pour nos populations rurales, pas plus qu’il n’a les moyens de les subventionner. La principale raison de ces suppressions et dissolutions est financière. Elles sont liées à la sécheresse désespérée des caisses de l’Etat, curieusement, depuis que Ouattara est arrivé au pouvoir.

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De ce point de vue, Gbagbo apparaît comme un extraterrestre ! Comment s’est-il pris pour financer la sortie de crise et les élections les plus chères du monde, augmenter les salaires des fonctionnaires, des corps militaires et paramilitaires, du corps préfectoral, du corps médical, des députés, des juges, et tout à la fois financer les Conseils généraux et subventionner les Communes ? Il ne se passe pas d’émission télé sur la Fonction Publique sans entendre le ministre Gnamien Konan geindre piteusement sur la masse salariale. Comment Gbagbo faisait-il pour payer ces salaires et même prévoir une augmentation de quasi 50% qui devait être effective en Juillet 2011 et dont les fonctionnaires bénéficient déjà de la première tranche, depuis le deuxième semestre 2010 ?

Etait-il un magicien, un surhomme, un prestidigitateur, un alien ? Pourquoi ceux qui nous ont annoncé des pluies de milliards se retrouvent-ils ainsi à grommeler sur les salaires des agents de l’Etat et à réendetter gravement notre pays, eux les « éminents économistes » reconnus par la Communauté internationale ? Comment, avec un pays coupé en deux et en guerre, sous divers embargos et le boycott de bien de bailleurs de fonds, Gbagbo a-t-il réussi, en pleine crise, là où ADO « La Solution » annoncée, en temps de paix, perd pied et peine à nous convaincre, passant le plus clair de son temps à gémir avec ses ministres de la sécheresse des caisses ? Comment se fait-il qu’il n’y ait subitement plus d’argent en Côte d’Ivoire ? Que fait Ouattara de notre argent ? Ne le mettrait-il pas, par hasard, en « mode béquille » pour secourir une France sarkozienne en faillite ? La question mérite d’être posée, tant la situation semble suspecte. Finalement, avec le recul, qui est la véritable « Solution », dans notre pays ? Les Ivoiriens devraient répondre à cette question et en tirer toutes les conséquences politiques.


Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 465 du mardi 13 mars 2012.

mercredi, 28 septembre 2011

UNE QUESTION DE LEGITIMITE MORALE

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Un sujet d'actualité a captivé l'opinion publique mondiale durant la semaine qui vient de s'écouler : celui de la démarche de la Palestine visant à demander à l'ONU de l'admettre comme Etat-membre au même titre qu'Israël, la Bosnie, le Sud-Soudan... On a eu l'occasion d'observer une fascinante chorégraphie diplomatique. Bien que conscient de ce que, de toute façon, les Etats-Unis, membre permanent du Conseil de sécurité, poseraient leur veto, le numéro un palestinien Mahmoud Abbas a tout de même «déposé son dossier». Il a ainsi montré qu'il était prêt à accroître la pression exercée sur la communauté internationale pour faire avancer une cause qui marque le pas. Surtout, sa manœuvre vise à délégitimer les Américains, considérés comme les «propriétaires» du dossier Proche-Orient. En effet, ils apparaissent désormais comme des alliés inconditionnels d'une des deux parties qu'ils sont censés réconcilier. Et du coup, ils perdent leur légitimité morale, du moins dans le rôle d'arbitre qu'ils veulent se donner. Et ce n'est pas un hasard si, à la tribune de l'ONU, Nicolas Sarkozy a insisté sur le nécessaire élargissement du cercle des négociateurs...

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Sans légitimité morale, impossible de faire accepter durablement et efficacement son autorité, en dehors de la contrainte, qui n'est qu'un des visages de la lâcheté. Nous devons tous méditer cette maxime dont la pertinence se vérifie régulièrement. Ces derniers jours, la France a continué d'être secouée par des révélations mettant à jour l'incroyable culture du gangstérisme international de ses élites politiques, qui mettent la diplomatie et l'image de leur pays au service d'intérêts personnels et inavouables. Au grand déballage sur les mallettes d'argent se promenant entre les palais africains et les palais français, et expliquant de nombreuses connivences, a succédé le feuilleton judiciaire sur les rétro-commissions récupérées à l'occasion des grands contrats d'armement, planquées dans des comptes en Suisse et progressivement ramenées en espèces en France par des intermédiaires au-dessus de tout soupçon. Les éditorialistes français ont commenté ces scandales et ces révélations sous tous les angles, sauf un, en forme de questionnement. Un pays dont les chefs ont un rapport profondément affairiste avec les grands enjeux diplomatiques, qui propose des avions de guerre et vend des technologies d'espionnage à une «dictature» à travers des hommes sulfureux un jour pour le renverser au nom de la «démocratie» le lendemain peut-il être considéré comme sérieux ? Comment les citoyens français peuvent-ils être sûrs que derrière le bruit et la fureur répandus sur Benghazi et sur Syrte, ne se cachent pas des gratifications que telle ou telle compagnie pétrolière donnera à tel chef d'Etat qui a peu de chances d'être élu, et qui n'a cessé de dire depuis longtemps qu'il sera «riche», selon ses propres termes, quand il quittera le pouvoir ? La France d'aujourd'hui, qui «importe» de l'argent sale par le biais de ses hommes politiques, a-t-elle la légitimité morale pour exporter la démocratie, les droits de l'homme et autres bons concepts qui cachent souvent de bien mesquins intérêts ? Cette question-là, il faudrait qu'on se la pose dans les médias parisiens, où l'on admet avec enthousiasme la fable selon laquelle la France défend, l'arme à la main, le beau et le bien en Libye et en Côte d'Ivoire...

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Devinette... Quelle est la personnalité ivoirienne la plus controversée de la semaine ? Bien entendu, la réponse va de soi ! Eugène Dié Kacou ! Le patron du Conseil national de la presse (CNP) s'est illustré par un zèle répressif inédit dans l'histoire des médias ivoiriens. En un seul jour, il a interdit trois publications : Notre Voie, Aujourd'hui et Prestige. Toutes les trois appartenant à des groupes de presse «bleus». Son dernier coup de théâtre est dans la droite ligne de son action depuis sa réinstallation par le régime Ouattara : déstabiliser économiquement la presse d'opposition par des interdictions qui leur font perdre, à chaque coup, beaucoup d'argent.

Eugène Dié Kacou parviendra-t-il à convaincre l'opinion ivoirienne de sa volonté d'assainir une presse «culturellement» agressive et de bannir la «haine» ? Non, très clairement. Parce qu'il n'a pas, lui non plus, la légitimité morale nécessaire pour mener à bien ce chantier. En un mot comme en cent, il n'est pas crédible. Il n'est pas crédible parce qu'hier, à ce même poste sous un autre pouvoir, il n'a pas manifesté la «rigueur» dont il se veut le chantre aujourd'hui. Il est d'autant plus illégitime que son interprétation de la «haine» à laquelle inciterait la presse est très politiquement orientée. Qui peut vraiment croire que la presse d'opposition est plus virulente, plus «haineuse», que la presse proche du pouvoir ? Le travail de monitoring de l'association Reporters sans frontières lors de la dernière présidentielle a démontré que les pratiques de la presse ivoirienne se «répondent» de manière symétrique.

Eugène Dié Kacou est d'autant plus contestable que cela fait longtemps qu'il n'est plus un authentique défenseur de la liberté de la presse, de la loi sur la presse et du Code de déontologie du journaliste ivoirien. Hier , alors que nous étions embastillés à la Police Criminelle par un procureur qui nous faisait un chantage éhonté pour que nous dévoilions nos sources, Eugène Dié Kacou, président du CNP, à rebours de toutes les organisations professionnelles qui demandaient notre libération inconditionnelle, se transformait - à notre grande surprise - en auxiliaire de justice, en nous demandant de violer le Code de déontologie et de «livrer» nos sources. Depuis deux mois, notre confrère Hermann Aboa est incarcéré pour un prétendu délit qu'il aurait commis dans le cadre de son travail de journaliste. Reporters sans frontières (RSF), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le Comité ivoirien pour la protection des journalistes (CIPJ), se sont mobilisés pour le respect de la loi ivoirienne et la libération d'Hermann. Où se trouve notre «doyen» Eugène ? Disparu. Ceux qui ont toujours dit qu'il était fort avec les faibles et faible avec les forts s'en trouvent confortés. Dans ces conditions, l'issue de l'action de celui qui, à son âge, se soucie sans doute de la trace qu'il laisse dans l'Histoire, est malheureusement connue d'avance. Il échouera, et l'on s'en souviendra comme d'un juge partisan. Comme tant d'autres...

 

Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien «Le Nouveau Courrier» du 26 septembre 2011.


Source : Le blog de Théophile Kouamouo