topblog Ivoire blogs

vendredi, 23 novembre 2012

BIENS-MEUBLES

ESCLAVAGE 2.jpg



Notre problème est organiquement un mensonge à nous mêmes. Nous nous disons Ivoiriens. J'ai cherché. Et j'ai trouvé que c'était une création territoriale récente. Une création politique sur mesure. Une création coloniale. Donc nous nous mentons à nous-mêmes quand nous nous disons Ivoiriens. Nous avons un mal de chien à nous l'avouer! Nous sommes donc incapables de nous dire que nous nous mentons. De nous dire surtout que la Côte d'Ivoire est un territoire colonial français. De nous dire que nous sommes une création de la France. De nous dire que nous existons, en tant que Ivoiriens, par la volonté de l'Etat français. Notre nationalité est une tromperie! Nous avons été trompés. Et nos devanciers ont encensé le crime de génocide. Nos langues biffées. Nos États biffés! Nos royaumes biffés. Et nos élites dirigeantes assassinées, massacrées et ou déportées. En lieu et place de notre histoire la vraie on nous sert le colonialisme génocidaire. Voyez! Nous palabrons sur des thématiques subtilement imposées à notre conscience collective, à nos individualités conscientes. Déresponsabilisés, nous sommes devenus des marionnettes!!!!

Nous sommes donc "biens-meubles" ou pour faire plus simple et plus clair, nous sommes des esclaves. C'est ça la vérité crue! Elle est même cruelle!!!! Sans la France, il n'y a pas de territoire ivoirien, il n'y a pas d'Ivoiriens. 

C'est de ce mensonge qu'il nous faut sortir. Et comme nous ne savons pas comment en sortir du fait de notre faiblesse intellectuelle, nous nous mentons. Et nos élites, toutes nos élites ou "commis coloniaux" font dans le déni d'identité. Elles n'ont pas le courage de dénoncer cette situation perturbée et perturbante. Tantôt, on est fier d'être esclave français. Tantôt, on en a une aversion morbide!!! Nos élites intellectuelles encensent toujours les négriers!!! Elles revendiquent leurs institutions politiques. Elles nient les nôtres! La modernité c'est Victor Hugo. La barbarie sauvage c'est Behanzin!!! Elles se plaignent parfois pour avoir quelques commodités matérielles. Snobisme!!!! Mais jamais, elles n'ont posé la vraie question de notre identité. Peuples libres? Peuples esclaves? 

ESCLAVAGE 3.jpg

C'est ça la racine de notre malheur actuel. Nous sommes incapables de nous interroger sur nous-mêmes, de nous donner les moyens pour nous défaire de cette "saloperie coloniale", une sangsue qui nous colle à la peau. 

Nous nions notre identité naturelle. Nous revendiquons, confusément, une identité - distordue - de "bien meuble".

C'est ça qu'il faut changer. Remettre chaque élément de notre personnalité sociale et culturelle à sa vraie place, nous réapproprier notre identité naturelle. Nous devons faire cesser le crime. Nous devons cesser d'être des biens-meubles. 

Le jour se lève toujours.


Lettê naa Lettê

lundi, 27 février 2012

«ET SI LE COLONIALISME N'ETAIT QUE L'HISTOIRE DE L'EXPLOITATION FORCEE DES RESSOURCES MATERIELLES ET HUMAINES DES COLONISES»



ESCLAVAGISME.jpg


Mardi 28 février de 18h à 22h : Conférence-débat « Et si le colonialisme n'était que l'histoire de l'exploitation forcée des ressources matérielles et humaines des colonisés » point de vue d'africains.


Animé par Lanciné Camara dans le cadre de la semaine anticoloniale:


A différentes époques correspondent des modes de colonisation ainsi que des justificatifs différents : la sécurité, apporter la civilisation, la démocratie, la vraie religion, mais on observe qu'il s'agit généralement, en réalité, d'un motif économique : besoin de main d'œuvre bon marché (dont l'esclavagisme), libre circulation des biens et des commerçants, pillage de produits miniers, agricoles, etc. Il ne s'agit pas uniquement des Etats, ex-coloniaux ou non, mais aussi de catégories socio-économiques

comme le monde de la finance, les multinationales, etc.

On peut ainsi distinguer différentes méthodes du colonialisme : par la dette, le contrôle de la monnaie et des organismes financiers, par le contrôle des élites et l'élimination des insoumis, par la maîtrise des coûts des matières premières, la spéculation, l'achat des terres ou de concession de pêche, par le soutien à des rebellions, par la diabolisation médiatique pouvant aller jusqu'à justifier une recolonisation par voie militaire, par le commerce des armes, la corruption, etc.


Il reste que, quelque soit les motifs avancés et les moyens utilisés par le colonisateur, la conséquence et donc le but est l'exploitation forcée des ressources matérielles et humaines des colonisés.


Programme

-- 18h00 : Accueil, Présentation des intervenants et introduction par Lanciné Camara, journaliste, Président de l'UIJA basée à Paris et directeur de publication du magazine Le Devoir Africain.

-- 18h40 : « Du développement injuste au développement juste de l'Occident. Défis majeurs pour l'Occident et l'Afrique» par Armand Mavinga Tsafunenga, Ecrivain poète, Ambassadeur de paix, chercheur, expert en formulation des politiques culturelles pour le développement en Afrique, Président du Mouvement pour la Paix et le Développement du Congo (MPDC) et du Centre d'études et de promotion de la culture et de la communication en Afrique (CEPROCOM).

-- 19h10 : « L'état de non droit du pillage des matières premières et des ressources naturelles ou bien humaines en Afrique » par Maître Norbert Tricaud, Avocat au Barreau de Paris et spécialiste de la RDC.

-- 19h30 : « Le franc CFA un moyen néocolonial pour la France d'aujourd'hui de contrôler l'économie des anciennes colonies africaines». Cette mise sous tutelle permet ainsi à la France à la fois de tirer profit des économies de la zone CFA mais aussi de bloquer toute possibilité d'indépendance politique et donc de développement.

Intervenant : Dr Nicolas Agbohou, Politologue, économiste monétariste, enseignant, écrivain et spécialiste de la monnaie, le franc CFA, Il a publié notamment: Les causes structurelles de la faim en Afrique, Le franc CFA et l'euro contre l'Afrique

-- 20h20 : Débat avec la salle

-- 21h20 : Conclusion par Lanciné Camara,

-- 21h40 : Séance de dédicaces (en cas de retard dans un bistro proche de la salle après 22h) - Table de presse : des conférenciers, de l'association Survie, de Grégory Protche, etc.

-- Lieu : Espace Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan, Paris 2è. 01 55 80 78 35 - M° Sentier ligne 3 ou parking au 42 rue Aboukir 01 40 13 98 20 sinon à 300m près du M° Bourse.

-- Renseignements : Maud Martin 06 63 98 64 37 ou Jean-Paul Vanhoove 06.21.05.47.38 (Plateforme Panafricaine).


Lu sur INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT


Source: CULTURES

vendredi, 27 janvier 2012

DRAMANE OU LE PERIL DE L'ETHNOCENTRISME

ALASSANE OUATTARA 30.jpg

Répondant aux griefs ethnocentriques reprochés à son régime, Dramane Ouattara a fait la déclaration suivante : « Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo les communautés du Nord, soit 40% de la population était exclue des postes de responsabilité... ». Quand le premier responsable d'un Etat ouvre ainsi clairement le débat sur les clivages ethniques, peut-on encore reprocher à sa population de s'y engouffrer?

Sans entrer dans la véracité de ses propos, on ne peut pas s'empêcher d'avoir honte d'être le sujet d'un dirigeant aux propos aussi controversants. Ce Monsieur a dit dans les mêmes circonstances que c'est parce qu'il est nordiste qu'on ne voulait pas qu'il soit candidat. Cela nous a coûté plus de 20 ans d'instabilité. Parce que les gens du nord se sont effectivement mis dans la tête qu'ils étaient exclus. Nous avions pensé à la boutade d'un homme aveuglé par une ambition démesurée. Nous étions loin de croire que cela était l'expression d'un calcul minutieux pour l'application d'une politique ethniciste qui n'aura rien à envier au nazisme.

L'idéologie nazie n'était rien d'autre que la promotion d'une race sur les autres. Ce que cette idéologie, tirée des tréfonds des théories sur la supériorité de la race aryenne, a produit en Europe est encore vivace dans la mémoire collective de notre humanité. C'est pour tourner le dos définitivement aux affres de la barbarie hitlérienne qu'il est recommandé de défendre en priorité les valeurs universelles d'humanité avant celles très basses de la race et de l'ethnie. C'est au nom de ces valeurs qui révèlent la profondeur des grands hommes qu'on a combattu le colonialisme, le nazisme, l'apartheid et toutes les formes d'impérialisme.

Et c'est pour ne plus regarder dans le rétroviseur de notre bestialité que partout dans le monde, les organes de régulations de la presse traquent tous les propos à caractère raciste et ethnique. Sans entrer dans la véracité de ce que Dramane Ouattara dit et qu'aucun responsable politique n'a jamais dit en Côte d'Ivoire, je voudrais savoir de quel droit les gens du Nord devrait être représentés à plus de 40% dans l'administration d'un Etat qui compte 60 ethnies ? Où serait aujourd'hui la Côte d'ivoire, ou bien où allons-nous si chaque leader politique devrait faire du rééquilibrage ou du rattrapage en fonction de son ethnie ?



Joseph Marat

 

Source: LE DEPECHE D'ABIDJAN

lundi, 15 mars 2010

A L'HEURE DES CINQUANTENAIRES: GHANA, LE MODELE CONTESTE DU PREMIER DE LA CLASSE

 

RAWLINGS. ARCHITECTE DU GHANA MODERNE.jpg

 

Au moment où bon nombre d'Etats africains, notamment francophones, à l'instar de la Côte d'Ivoire, s'apprêtent à célébrer le cinquantième anniversaire de leur indépendance, il m'a plu de revisiter un article publié, en Avril 2007, par le mensuel LE MONDE DIPLOMATIQUE, jetant un regard critique sur le bilan du premier de la classe proclamé de la Banque Mondiale et des Etats-Unis en terme de démocratie, de bonne gouvernance, de sécurité et de perspectives de développement. Un bilan, somme toute, peu brillant, à la lecture. Que dire alors des autres états africains, après 50 ans d'indépendance? Déprimants, tout simplement. Voire désespérants. Les célébrations de ce cinquantenaire doivent être, pour eux, l'occasion d'une auto-critique sévère et d'une remise en cause profonde pour repartir d'un bon pied et pour longtemps. En seront-ils capables? "That's the question", comme diraient les Ghanéens! Pour l'heure, relisons notre papier.

 

De l’anti-impérialisme aux accords avec la Banque mondiale

Ghana, le modèle contesté

 

Le 6 mars (2007), le Ghana a fêté le cinquantième anniversaire de son indépendance en présence de douze chefs d’Etat du continent et de personnalités comme le pasteur américain Jesse Jackson. L’ancienne Côte-de-l’Or fut la première, en Afrique noire, à se libérer de la domination coloniale, sous l’impulsion de Kwame Nkrumah, figure historique des luttes anti-impérialistes. En 2007, Accra est devenu un modèle pour la Banque mondiale et un atout dans le jeu sécuritaire des Etats-Unis.

Par Yao Graham

 

« Etre à la hauteur de l’excellence africaine ». Destiné à faire consensus, ce slogan a été choisi pour accompagner les célébrations officielles du cinquantième anniversaire de l’indépendance du Ghana, le 6 mars dernier. Il a, au contraire, provoqué une controverse : qui et quoi, dans l’histoire de l’ancienne Côte-de-l’Or, peut symboliser l’excellence africaine ? Un grand débat traverse la presse. Tout y passe, depuis l’héritage de Kwame Nkrumah, premier président de ce petit Etat d’Afrique de l’Ouest et figure du panafricanisme, jusqu’à la politique de l’actuel chef de l’Etat John Kufuor.

Cinquante ans après s’être libéré de la domination coloniale, le pays reste confronté aux mêmes problèmes qu’en 1957, ceux de toute l’Afrique postcoloniale au demeurant : comment restructurer une économie sous-développée, dépendante de quelques matières premières (minérales et agricoles) dont les prix sont instables ? Comment transformer et accroître les revenus d’une agriculture à faible productivité basée sur la petite production ? Comment industrialiser un pays avec un marché local atrophié dont les rapports aux marchés mondiaux ont été structurés par les économies occidentales ? Comment créer des ressources pour améliorer durablement la situation des populations dont les espérances ont été gonflées au moment de l’indépendance (1) ?

En économie comme en politique, le Ghana a tenté tout ce que l’Afrique a essayé depuis les années 1960. D’abord l’économie administrée, sous Nkrumah, avec investissements dans les infrastructures et le secteur social. Le gouvernement menait alors une politique d’industrialisation destinée à réduire les importations, et Nkrumah se faisait le chantre de l’anti-impérialisme, suscitant la réprobation des pays occidentaux. Après son renversement, en 1966, par un coup d’Etat qu’a soutenu la CIA, le pays est entré dans une période d’instabilité politique jusqu’en 1982. Puis il a subi les aléas des cours des matières premières. Comme le reste du continent, il fut confronté à la corruption et à la mauvaise gestion, et, sous la présidence de M. Jerry Rawlings, s’est converti à l’économie de marché avec le soutien des institutions financières internationales et des pays du nord. Modèle des expériences postcoloniales dans les années 1960, le Ghana est devenu celui des politiques néolibérales.

Stratège de génie

M. Kufuor, successeur de M. Rawlings en 2000, achèvera son mandat en 2008. Parmi les huit présidents ghanéens, seuls seront restés plus longtemps que lui au pouvoir M. Rawlings (dix-huit ans) et Nkrumah (neuf ans). Nkrumah était, selon Amilcar Cabral (2), « un stratège de génie dans la lutte contre le colonialisme classique ». M. Rawlings est l’architecte du Ghana actuel. Après avoir pris le pouvoir par un coup d’Etat en 1981, il fut réélu deux fois chef de l’Etat. Il apparaît comme le Janus de la vie politique locale, le pont entre Nkrumah et M. Kufuor. Durant les premières années de sa présidence, il a mis l’accent sur la nécessité de réformes économiques structurelles, la justice sociale et l’anti-impérialisme en politique étrangère. S’attaquant vigoureusement à la corruption, il a dirigé le pays de manière autoritaire.

Ce positionnement général a d’abord suscité la méfiance de Washington. Autocrate, démagogue, M. Rawlings a su canaliser les espoirs de la population et obtenir sa confiance en mettant en avant l’objectif de promotion sociale d’une élite. Mais, s’il rappelait Nkrumah à ses débuts, lorsqu’il quitta le pouvoir en 2000 il avait fait de son pays le modèle de libéralisme économique que nous connaissons aujourd’hui. Sa politique d’ouverture sur les marchés extérieurs était notamment basée sur la recherche des investissements étrangers. Il a relancé la croissance économique et restauré la stabilité politique, mais a abandonné l’objectif de transformer les structures de l’économie ghanéenne, historiquement dépendante de l’extérieur.

Les deux victoires électorales de M. Rawlings, en 1992 et 1996, la dernière en battant le futur président Kufuor, lui avaient laissé penser qu’il était en phase avec le pays. Cependant, des éléments du Congrès démocratique national (National Democratic Congress, NDC), le parti au pouvoir, et une partie significative de la population demeurait réticente à l’économie de marché. En outre, d’importantes fractions des élites ghanéennes refusaient de reconnaître ce qu’elles devaient à M. Rawlings, notamment des réformes économiques draconiennes et la restauration de l’autorité de l’Etat, conditions nécessaires de leur prospérité.

Ceux qui avaient financé le redressement économique adoptèrent une attitude plus pragmatique : le président américain William Clinton et la reine Elisabeth II vinrent à Accra exprimer leur gratitude à M. Rawlings pour avoir ramené le Ghana dans l’orbite occidentale. L’anti-impérialisme hérité de Nkrumah avait cédé la place à l’ambiance policée du Commonwealth. Pourtant, les grandes puissances continuaient à se méfier d’un homme au caractère imprévisible dont la base sociale semblait fragile.

Produit de plusieurs facteurs, la victoire de M. Kufuor en 2000 résolut ces contradictions. A l’époque, le NDC était en proie à des tensions internes suscitées par la succession de M. Rawlings, fragilisé par la montée de la corruption et les réflexes autoritaires qui l’éloignaient de la population. Toutefois, après la chute des prix des matières premières, c’est la crise économique de 1999 qui emporta finalement le régime. Les cours des principales ressources du pays, l’or, le cacao et le bois, chutèrent entre 1998 et 2000 (d’un tiers pour le cacao). A la même époque, le coût des importations de pétrole doubla, en raison de la hausse du baril sur les marchés mondiaux.

Intervenant après des années de frustrations sociales liées à la croissance des inégalités, cette crise révélait aussi les faiblesses structurelles de l’économie ghanéenne : la dépendance envers l’aide, et le poids de la dette, passée de 1 milliard de dollars en 1983 à 6 milliards en 2000. Deux décennies de libéralisme économique et de libre-échange avaient fragilisé les productions locales (agriculture, manufacture) et aggravé la dépendance externe du pays, problème auquel le Ghana était confronté depuis toujours et qu’il affronte aujourd’hui encore. En outre, donnant le coup de grâce au gouvernement Rawlings, un différend avec les donateurs retarda l’arrivée de l’aide à la fin des années 1990. Certains, au NDC, estiment toujours que les institutions internationales ont cherché à favoriser la victoire de M. Kufuor, personnage beaucoup plus contrôlable (lire « Un allié des Etats-Unis »).

En 2001, le nouveau président accepta l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE). Cette décision revenait à reconnaître que les réformes libérales tant vantées avaient en réalité mis le pays en faillite et l’avaient rendu plus vulnérable aux conditionnalités des institutions donatrices. Pourtant, M. Kufuor se montrait prêt à étendre et approfondir les politiques en question. En échange, les institutions financières acceptèrent de soulager le pays d’une partie de sa dette. L’aide revint, et le gouvernement put soutenir l’éducation primaire et les infrastructures. Entre 2001 et 2006, la croissance est passée de 3 % à 6 %. Cependant, l’augmentation des inégalités et les faiblesses structurelles de l’économie constituent une bombe à retardement pour un régime apparemment stable.

Les 20 % des personnes les plus pauvres représentent aujourd’hui 8,4 % du produit intérieur brut, contre 41,7 % pour les 20 % les plus riches. En 2002, une étude du Centre pour le développement démocratique – un think tank ghanéen – a révélé l’ampleur du chômage et du sous-emploi, et dénoncé le « fossé grandissant entre les riches et les pauvres (3) ». Les deux tiers des personnes interrogées qualifient alors leur situation économique de mauvaise. La plupart des participants mettent la création d’emplois, la réduction de la pauvreté et de l’exclusion parmi les priorités.

Les grèves se sont multipliées ces dernières années au sujet des salaires et des conditions de vie. Mais elles se sont terminées sans que les travailleurs obtiennent satisfaction. Les mesures ponctuelles (primes de rapatriement, campagnes de recrutement des ressortissants à l’étranger, etc.) adoptées pour lutter contre l’exode des cerveaux ont produit des incohérences et des inégalités extrêmes dans la grille des salaires du secteur public.

C’est en promettant l’« âge d’or des affaires » que le président Kufuor a été élu en 2000. Sept ans après, les entrepreneurs locaux, notamment dans la petite manufacture, se plaignent de ce que le gouvernement ne songe qu’à satisfaire le capital étranger. La priorité accordée au libre-échange porterait préjudice au développement des capacités productives du Ghana. Dans la capitale Accra, les usines abandonnées sont converties en entrepôts pour les importations ou en églises destinées au nombre grandissant des fidèles des mouvements évangéliques.

Fondée sur l’encouragement des exportations de cacao, de gaz et de pétrole, mais aussi de minerais (or, argent, manganèse), l’économie ne crée pas suffisamment d’emplois, et peu qui soient bien payés. Cela provoque des migrations internes et externes dont la plus connue est celle de professionnels du secteur médical (4). L’exode le plus important concerne des dizaines de milliers de jeunes, peu formés mais éduqués, dont les revenus permettent – lorsqu’ils réussissent à l’étranger – à de nombreuses familles de se maintenir au-dessus du seuil de pauvreté.

Instabilité foncière

Parmi les dizaines de milliers de fonctionnaires licenciés lors des réformes libérales adoptées dans les années 1980-1990, peu ont retrouvé du travail. Les rangs de ces chômeurs de longue durée sont gonflés par l’exode rural qu’a provoqué la paupérisation des campagnes. En effet, l’agriculture locale, vivrière notamment, a été ruinée par la politique d’ouverture aux marchés mondiaux, le manque de terres disponibles et de perspectives économiques. Dans ce monde rural où vit la majorité des Ghanéens, l’insécurité économique a un visage particulier, celui des sans-terre. Les gens n’y sont en général pas propriétaires et dépendent d’un tiers : salariés agricoles, métayers, jeunes, femmes perdent ainsi facilement leurs droits. Le gouvernement n’ayant pas su répondre à cette insécurité juridique, l’instabilité foncière fragilise le pays comme certaines régions d’Afrique de l’Ouest, où elle est à l’origine d’éruptions de violence (5).

En 2000, 80 % de la population active exerçait dans le secteur informel. Petits vendeurs de rue, artisans qui ouvrent des échoppes sans autorisation dans des lieux protégés, nombre grandissant des squatteurs... Dans la plupart des grandes villes, ce phénomène déroute les autorités, qui y répondent par des mesures sécuritaires. De fait, les difficultés de la vie quotidienne et la corruption grandissante ont érodé la confiance que la population avait dans le parti au pouvoir, le Nouveau parti patriotique (NPP). Pays symbole, le Ghana n’a pas réussi à tracer la voie d’un développement autonome ni à mettre en œuvre les nécessaires transformations socio-économiques.

Yao Graham

19:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Ghana | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : cinquantenaire des indépendances, colonialisme, impérialisme, afrique, ghana, afrique de l’ouest | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 19 décembre 2009

FRANçOIS SPIRLET: RACISME ET COLONIALISME

Faits vécus en Afrique Tropicale (1955 – 1966)

 

1.      Le taxi : le 2 juillet 1955, l’avion atterrissait à l’aérodrome de Léopoldville, au Congo belge, Ainsi commençait pour moi une expérience africaine de 11 années. A peine sorti de l’aérodrome, cherchant un taxi, 2 européens s’avancent vers moi, me congratulent et proposent de me conduire à l’hôtel situé à quelques kilomètres de là. Je n’ai pas eu le temps d’exprimer ma gratitude que la voiture avait démarré. J’ai eu droit pendant le parcours à des conseils sensés me prémunir contre les dangers que présentaient le contact (à éviter) avec les noirs. Ce fut un véritable endoctrinement me mettant en garde contre les congolais.

Ils étaient sales, menteurs et voleurs, c’était la raison pour laquelle ils avaient été parqués dans la cité indigène, curieusement dénommée : "Le Belge". Ils m’ont souhaité un bon séjour dans la Colonie et m’ont remis leurs adresses. Ainsi, à peine arrivé, j’étais sensé être averti des erreurs que je pouvais commettre en essayant d’être simplement humain !

 

2.      Le bureau de Poste : une de mes premières préoccupations était de rassurer ma famille

et je m’étais rendu à la poste proche de l’hôtel. A peine entré, je me trouve devant une file de congolais. Je me mets à la suite en constatant l’effroi que je provoquais. C’est alors qu’un vieil homme me demanda de me rendre au guichet avant tout le monde ! Stupéfait, je lui en demande la raison et il m’a répondu : si le policier (un congolais comme eux) qui est dehors, voit que nous ne vous avons pas laissé passer, ils nous frappera tous avec sa "chicotte" !!

Aucun écriteau, comme c’était le cas en Afrique du Sud, n’imposait une telle mesure, mais les instructions du policier étaient formelles, il appliquait les ordres reçus comme un ‘ Kapo ‘ !

Peu de temps après, j’avais décidé de franchir le fleuve et de me rendre à Brazzaville. La traversée durait à peine une ½ heure et mon premier soin fut d’envoyer une lettre.

Je me retrouve devant une file d’indigènes, je prends la queue et je vois arriver un européen

qui se rend directement au guichet déjà occupé par un client. Sans s’en préoccuper le moins du monde, il l’écarte et tend ses lettres au préposé. Le client, sans ce fâcher, lui dit dans un français impeccable : Monsieur, vous n’êtes pas à Léopoldville ici, je suis citoyen de ce pays, faites la file, je vous en prie ! Interloqué, l’intéressé est sorti penaud, sans dire un mot.

N’en déduisez surtout pas que la colonisation française fut idyllique, loin s’en faut.

Aucune colonisation ne fut bonne, certaines moins mauvaises que d’autres, mais il en fut d’exécrables, comme en Afrique du Sud et les victimes des colonisations sont incalculables.

 

3.      La Cie d’Assurances : pour régler un litige, je m’étais rendu chez mon assureur. Une salle rectangulaire, meublée d’une dizaine de tables où travaillaient des congolais devant leurs machines à écrire. A l’entrée, un comptoir isolait les clients. Au fond de la salle placé sur une estrade, trônait un bureau, pour l’heure inoccupé, Mon ami congolais souriant se dirigea vers moi. En lui tendant la main, j’avais saisi l’étonnement des autres africains, peu habitués à ce geste si simple, si évident pour moi. Ensuite il se remit au travail. Sur ces entrefaites un européen était entré : il a jeté un regard circulaire et ne voyant pas le blanc, il a dit :

Il n’y a personne ici ? Lorsqu’il fut parti, mon ami m’a confié qu’il aurait préféré recevoir des coups plutôt que d’entendre cela. Cette forme de racisme est sans doute la plus odieuse.

 

 4. Le régime de bananes : il était passé deux fois devant notre maison, en faisant attention à ne pas se faire remarquer. Peu de congolais traversaient la cité européenne. Voyant nos enfants jouer dans le jardin, il s’était décidé à entrer et a fait comprendre à mon épouse que son enfant avait la fièvre et lui avait demandé une aspirine car l’infirmier n’en avait plus. Ma femme lui en avait donné une tablette. Une semaine plus tard, il nous a apporté un grand régime de bananes, avec lequel il aurait pu nourrir sa famille toute une semaine ! C’était surtout le geste, si rare à cette époque, que cet homme avait voulu récompenser. Et pour lui, ces quelques cachets n’avaient pas de prix.

 

 5. La boite d’allumettes : un épisode des Camps me revient souvent en mémoire. C’était vers

la fin de la Guerre, Nous essayons par tous les moyens de survivre et de rester encore des

êtres humains. Nous ne possédions plus rien, le moindre objet trouvé lors des fouilles incessantes était susceptible de nous valoir une punition variable selon l’humeur des gardiens. J’avais trouvé une boîte d’allumettes vide, qui était toute ma richesse ! J’étais parvenu à la dissimuler et à la conserver jusqu’à notre libération. Un jour, à Léopoldville, en me rendant à mon travail, je n’avais pu éviter une flaque boueuse comme il s’en formait après chaque pluie. A l’époque coloniale, certains européens prenaient un malin plaisir à diriger leur véhicule dans les ornières afin d’arroser copieusement les congolais qui passaient, à pied au bord de la route ! J’avais freiné et j’étais revenu vers ce vieil homme qui me faisait pitié.

Il tremblait de peur d’être, en plus insulté par le blanc. Je lui tendis la main pour le rassurer.

Il a cru que je voulais lui prendre ce qu’il avait dans la main et l’ouvrit !

C’était une boîte d’allumettes vide ! Et tout me revint à l’esprit. Mon propre calvaire et le sien. Je parvins à le faire monter en voiture et je l’ai emmené chez moi où ma femme lui a préparé un repas convenable après lui avoir remis quelques vêtements. Chacun de nos gestes envers lui fut accompli dans le souvenir des Camps. Il n’en croyait pas ses yeux et me fit comprendre que c’était le premier blanc qui s’était montré humain envers lui. Jamais je ne l’oublierais. Que cette dernière image de l’Afrique reste gravée dans vos cœurs !

 

En guise d’esquisse de conclusion :

La solution de facilité serait de condamner le fait colonial dans son ensemble, sans en dégager les

réalisations soi-disant positives telles que les infrastructures portuaire, routière et ferroviaire, le domaine de la santé etc..

Mais le but primordial de la colonisation a toujours été l’augmentation des profits de son économie coloniale.

Le caractère disparate de la scolarité reflétait la conception de chaque Etat colonisateur.

Limité à l’enseignement primaire dans sa majorité, l’éducation ne devait être utile qu’à la formation de personnel subalterne, en aucun cas de postes à responsabilités, capables le jour venu de prendre en mains leur propre avenir.

Le refus du respect de la dignité de l’africain, du partage des responsabilités et l’évolution bien trop lente vers la modernité ne pouvaient conduire que vers l’affrontement.

La vraie question, au-delà des polémiques et qui concerne toutes les colonisations est de se demander ce qui aurait pu être fait (voir Ecole et Démocratie) et qui peut être fait aujourd’hui.

L’Afrique n’a que faire de regrets aussi tardifs (quand ils veulent bien s’exprimer !).

Elle préférerait des actes et une nouvelle approche de la coopération EURO – AFRICAINE, notamment en rendant aux villages le bonheur d’y vivre, afin de vider les bidonvilles et de les équiper tous d’un puits et de panneaux solaires destinés au Téléviseur commun.

     

Intervention de Mme SPIRLET suivi de quelques réflexions sur des faits vécus en Afrique coloniale

 

 

1.  Le verre d’eau (témoignage de Mme SPIRLET) : je venais à peine d’emménager dans la cité européenne et j’arrosais mon jardin lorsqu’un congolais effrayé par son audace me fit signe qu’il souhaitait boire un peu d’eau à l’extrémité du tuyau. Je suis allé lui chercher un verre d’eau fraîche, qu’il s’est empressé de boire en se confondant en remerciements. A peine parti, la voisine de la villa d’en face arrive furibonde, en me demandant si je n’étais pas devenue folle. On voit bien que vous venez à peine d’arriver, vous ne les connaissez pas. En lui montrant l’Eglise non loin de là, je lui ai demandé ce qu’on lui enseignait à cet endroit ?

Elle ne su que répondre. J’ai eu le temps de lui rappeler que tous les hommes étaient frères !

 

2.  La boulangerie (témoignage de Mme SPIRLET) : nous venions d’arriver à Bukavu, dans la province du Kivu où mon mari venait d’être muté. Je m’étais rendu à la boulangerie. Les blancs y entraient par la porte principale et recevaient leur pain soigneusement enveloppé. Ils n’hésitaient pas à payer avec une grosse coupure et c’est avec un large sourire qu’on leur remettait la monnaie ! En sortant, j’avise une longue file de congolais, dans une ruelle boueuse, à côté de la boulangerie. Un policier noir, armé d’une chicotte (matraque) faisait avancer les noirs, sans ménagement, devant un trou pratiqué dans le mur de la boulangerie. Chacun devait présenter la monnaie exacte et on lui lançait le pain à travers l’orifice. Si la monnaie ou le pain tombait par terre, il fallait décamper en vitesse pour éviter les coups de chicotte. Le policier noir se comportait comme les Kapos des Camps de concentration, ce qui ravivait chez mon mari la douloureuse expérience des Camps et l’horreur du nazisme.

 

 

 Quelques aphorismes à méditer concernant les soi-disant aspects positifs de la colonisation :

 

1. COLONISATION est un euphémisme, car il s’agit bien d’une occupation coloniale de l’Afrique, souvent au prix d’une campagne militaire dont les victimes africaines restent à dénombrer.

 

2. Les ASPECTS POSITIFS (sic) de la colonisation ont été rendus nécessaires pour faciliter le vie des occupants blancs en réservant les établissements secondaires, en priorité aux blancs, à ce sujet, le jour de l’indépendance 7% des algériens avaient eu accès au secondaire !

Quant aux infrastructures, routes, transports ferroviaire et fluvial, administration remarquablement organisée (notamment au Congo belge où elle fut exemplaire) sa finalité était avant, tout de faciliter l’exploitation des immenses ressources du continent africain.

 

3.  Si l’enseignement primaire fut particulièrement développé, contrairement au secondaire, la raison en est simple : il permettait aux peuples colonisés de n’occuper que les emplois subalternes qui ne nécessitaient qu’un strict minimum de connaissances.

A titre d’exemple précis, valable pour toutes les autres colonies, le jour de l’indépendance du Congo belge (30.06.1960) il n’y avait que 17 universitaires congolais ! !

 

Et pour terminer, quelques sentences à méditer :

Vous trouvez que l’Education coûte cher, essayez donc l’ignorance.  A.LINCOLN.

Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous mourrons ensemble comme des idiots. Martin LUTHER KING.

 

Enfin, une devise qui pourraient devenir celle de l’EUROPE mais aussi celle de l’AFRIQUE :

Frères, rapprochons-nous, oublions ce qui nous sépare, le seul bonheur durable est de se comprendre mutuellement pour s’aimer. INTELLIGENCE – AMOUR . H.BARBUSSE.

Et pour donner son véritable sens à ce vécu : L’essentiel n’est pas de dire des choses nouvelles, mais la vérité. GOETHE

 

 

François SPIRLET

Président de l’ A.D.M – Chevalier de l’Ordre du Mérite de la R.F.A

60 Boulevard DEGANNE

F 33120 Arcachon

FRANCE
Tél. : 05 56 54 81 67 / Courriel : fspirlet@free.fr

 

 Nous Sommes le Congo !
C
essons d'Avoir Peur !
P
our un Etat de Droit au Congo !

"Chaque génération a le choix entre trahir ou accomplir sa mission"

Celui qui lutte peut gagner ! Celui qui ne lutte pas a déjà tout perdu !


Patrick Eric Mampouya
http://mampouya.over-blog.com/

18:47 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : françois spirlet, racisme, colonialisme, colonisation, patrick éric mampouya | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 03 décembre 2009

L'OCCUPATION COLONIALE DE L'AFRIQUE ET SA DECOLONISATION BRUTALE: UN DEVOIR DE MEMOIRE EUROPEEN

Par François SPIRLET

Déporté de la Résistance, ancien fonctionnaire colonial

(1955-1960)

Conseiller et secrétaire particulier d’un Ministre africain

(1961-1962)

Expert de l’UNESCO en Afrique Tropicale et des Grands Lacs

(1963-1966)

 

Le récent débat "A vous de juger" sur le rôle positif qu’aurait pu jouer la colonisation a montré à quel point les interprétations sont tranchées et les nerfs à fleur de peau.

Bien que certains des intervenants et la majorité du public n’avaient jamais vécu en Afrique !

D’emblée, précisons par mon vécu de fonctionnaire colonial, ayant connu les dernières années d’occupation européenne de l’Afrique (colonialisme étant un euphémisme) qu’il n’y a jamais eu de "bonne’ colonisation", tout au plus de moins mauvaises, mais aussi d’exécrables, telle que celle d’Afrique du Sud, sans doute la plus connue.

Avant de comprendre l’inanité de l’article 4 de la loi du 23 février 2005, et le légitime appel des 19, il est indispensable d’en expliquer la raison primordiale.

Il s’agit de l’absence d’un devoir de Mémoire européen qui aurait été initié par tous les pays ayant participé au dépeçage de l’Afrique et à l’occupation coloniale qui s’en est suivi.

C’est l’explication primordiale du chaos africain actuel, nous y reviendrons.

Il s’agit, malheureusement de la quasi-totalité des pays fondateurs de l’Europe des 12, dont certains, tout aussi coupables, se sont permis de culpabiliser la seule France.

Ce devoir de mémoire, incontournable et accompli de façon exemplaire aurait évité bien des erreurs et permis de jeter les nouvelles bases d’une véritable coopération eurafricaine.

Lire la suite

mercredi, 20 mai 2009

SEGOLENE ROYAL A L'AFRIQUE : « PARDON, MERCI, S'IL VOUS PLAIT »

Ségolène Royal a réitéré, lundi, ses propos controversés tenus à Dakar (Sénégal) début avril, lançant « pardon, merci, s'il vous plaît » à l'Afrique qui est « notre avenir », tout en refusant la repentance. (Note personnelle: Et pourtant, il faut bien que quelqu'un se repente pour tous les crimes de la France. Quand on ne reconnait pas et n'assume pas le passé, peut-on bâtir l'avenir, un avenir constructif et satisfaisant pour tous?)

Photographe : Stéphane de Sakutin AFP :: Ségolène Royal lors d'une rencontre sur l'"avenir commun pour l'Afrique et l'Europe au XXIe siècle", le 18 mai 2009 à Paris

Ségolène Royal, lors d'une rencontre sur l'«avenir commun pour l'Afrique et l'Europe au XXIe siècle», le 18 mai 2009 à Paris.

 « Je ne m'attarderai pas longtemps sur les mots que j'ai prononcés à Dakar », a-t-elle déclaré en ouverture d'une « soirée de réflexion » sur l' « avenir commun pour l'Afrique et l'Europe au XXIe siècle ». Parlant de mots « simples », « évidents », elle a lancé : « pardon, merci, s'il vous plaît »

« Pardon pour l'esclavage et la colonisation, merci pour tout ce que l'Afrique a apporté à l'Histoire et pour sa participation à la Libération de la France et s'il vous plaît, construisons ensemble notre avenir commun », a demandé l'ex-candidate à la présidentielle.

« Dans un monde menacé par les conflits et déchiré par la crise, nous savons bien que nous aurons besoin de tous, et notamment de ce continent qui est si proche de nous : l'Afrique », a-t-elle poursuivi.

Selon Mme Royal, « il ne fut pas question de repentance dans ce discours de Dakar car la repentance se replie sur elle-même, la repentance est dépressive ». « Il ne fut question que d'une chose : nous ouvrir à nouveau à l'universel" qui "est au coeur de notre identité », a-t-elle encore dit.

« Oui, l'Afrique est notre avenir », a-t-elle lancé.

« Soit l'Europe reste ce qu'elle est, atteinte par une crise de confiance, tentée par le repli sur soi, dépassée par les nations émergentes plus dynamiques, et alors elle se met sur la voie du déclin. Soit l'Europe transforme les ébranlements, les basculements de notre époque pour construire, grâce à un désir d'avenir, une nouvelle harmonie humaine ».

Cette nouvelle harmonie, « il nous faut l'imaginer dans un monde dans lequel l'hégémonie occidentale n'est plus ». Le partenariat entre l'Europe et l'Afrique constitue un « choix stratégique majeur », pour Mme Royal.

Invité par Mme Royal, José Bové, tête de liste Europe-Ecologie dans le Sud-Ouest pour les européennes du 7 juin, a estimé que « toutes les initiatives qui ont lieu et qui permettent de remettre la relation de l'Europe à l'Afrique au centre et bien montrer qu'il faut sortir de cette ère du néocolonialisme, sont à saluer ».

Il faut « être capables d'unir tous les gens qui vont dans ce sens-là ». L'Europe doit être « capable de couper les liens avec cette logique coloniale », a lancé l'altermondialiste à des journalistes.

Mme Royal avait déclenché une vive polémique début avril lors d'un voyage à Dakar en demandant « pardon » pour un discours de Nicolas Sarkozy sur l'Afrique prononcé au même endroit en 2007 et très controversé sur le continent.

Publié   le :   19  mai  2009

Source : AFP

21:22 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ségolène royal, pardon, merci, s'il vous plaît, france, dakar, nicolas sarkozy, colonialisme | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |