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jeudi, 07 mai 2009

UN JUGE FRANÇAIS OUVRE UNE ENQUÊTE SUR 3 CHEFS D'ETAT AFRICAINS

Un juge d'instruction de Paris a décidé d'ouvrir une information judiciaire pour « recel de détournement de fonds publics » concernant le patrimoine détenu en France par trois présidents africains en exercice (Gabon, Congo-Brazzaville et Guinée équatoriale), a-t-on appris mardi auprès du bureau du procureur.

La doyenne des juges du pôle financier de Paris, Françoise Desset, a rendu cette décision contre l'avis du parquet, qui estimait irrecevables les plaintes déposées.

La juge a accepté la plainte déposée par l'association Transparency International France, mais non celle d'un Gabonais, Grégory Gbwa Mintsa. 

Le procureur de Paris peut faire appel et une décision sera prise dans les cinq jours à venir, a-t-on souligné.

Une bataille judiciaire est engagée en France sur les logements fastueux, les voitures de luxe et les centaines de comptes bancaires de trois présidents africains. 

Ce trésor français, minutieusement inventorié par la police financière parisienne en 2007 dans une enquête sans précédent, est aux mains des chefs de trois Etats producteurs de pétrole - Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou-Nguesso (Congo-Brazzaville) et Teodoro Obiang (Guinée équatoriale) - et de leurs parents proches.

L'organisation anticorruption Transparency international demande des poursuites pour « recel de détournement de fonds publics ». Le procureur, qui a déjà classé sans suite deux plaintes depuis 2007, s'est opposé à une information judiciaire le 18 avril 2009. 

Deux Congolais qui voulaient porter plainte ont renoncé en expliquant avoir reçu des menaces. En janvier, Grégory Gbwa Mintsa a été emprisonné durant douze jours dans son pays. 

Me William Bourdon, avocat des plaignants, assure qu'un avocat de Paris se disant mandaté par le Gabon est venu lui proposer d'ouvrir un compte bancaire en Suisse bien garni pour son association, Sherpa, associée à la procédure. 

Les immeubles cossus du trésor africain sont devenus encombrants. Un hôtel particulier acheté près des Champs-Elysées pour 18,8 millions d'euros par l'épouse d'Omar Bongo, fille de Denis Sassou-Nguesso, a fait l'objet en 2007 d'un simulacre de « saisie » publique par des militants anticorruption. 

Les fonds ne peuvent venir, pour les plaignants, des salaires des présidents. Ils soulignent que le procès Elf à Paris en 2003 a démontré que les revenus du pétrole profitaient personnellement aux chefs d'Etats en question. 

Ces derniers nient toute malversation. Mais Omar Bongo n'a pas engagé à ce jour les poursuites en diffamation qu'annonçait son avocat, Me Patrick Maisonneuve. 

Source : REUTERS

15:20 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gabon, congo-brazaville, guinée équatoriale, omar bongo, sassou-nguesso, teodoro obiang, françoise desset | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |