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mardi, 13 mai 2014

Dr SERAPHIN YAO PRAO: OUATTARA EST UN ECONOMISTE «CHAUVE-SOURIS»

 

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«C’est en fait la compréhension de ses propres limites qui parait être la tâche la plus difficile et la plus importante de la raison humaine». (Hayek, 1953)

 

Le Président Ouattara a vraiment eu les ivoiriens. Depuis qu’il est au pouvoir, il fait le contraire de ce qu’il a dit lors de la campagne électorale. Par exemple, il avait promis diriger le pays dans une vision libérale : libérer les énergies, approfondir l’Etat de droit, baisser les charges fiscales etc. une fois au pouvoir, le candidat devenu Président a changé de vision. En matière économique, il avait promis encourager le secteur privé afin qu’il participe activement à la création de richesses. Dans ce cadre, il promettait réduire les charges fiscales pour rendre les entreprises ivoiriennes compétitives et faciliter la création de nouvelles. En Côte d’Ivoire, aujourd’hui, les entreprises ferment et les entrepreneurs grincent les dents tant le matraquage fiscal est prégnant. Finalement, les ivoiriens constatent à leur dépens que le Président Ouattara est un économiste «chauve-souris ». Une chauve-souris est un mammifère volant doté d’ailes membraneuses et dont le corps ressemble à celui d’une souris. Une telle réflexion mérite de cerner ne serait-ce que de façon panoramique quelques éléments du libéralisme. Une fois cette étape franchie, il sera aisé pour nous de montrer en matière économique, le caractère « chauve-souris » du Président Ouattara.

1. Un bref aperçu du libéralisme

Le libéralisme est une pensée économique qui considère qu’il faut respecter l’ordre naturel de l’économie et que l’Etat ne doit pas intervenir. Selon les libéraux, les comportements individuels s’agrègent harmonieusement : chaque individu en recherchant son intérêt personnel œuvre pour l’intérêt général. Un libéral est contre l’interventionnisme et l’Etat providentiel. Hayek, pensait que l’Etat ou, plus précisément, les gouvernements ne peuvent disposer de la totalité des informations nécessaires pour gérer l’économie et atteindre de prétendus objectifs macroéconomiques : taux de croissance, taux d’inflation, niveau de chômage, niveau de revenu. Comme le marché demeure en dernier ressort le meilleur moyen pour la production et l’allocation des ressources, il convient de réduire au minimum les activités qui ont pour effet de le contrarier.

Un pouvoir libéral doit promouvoir les libertés économiques et même les libertés tout court. Une politique de liberté est une politique qui vise à réduire au minimum la coercition. Une société libre nous dit Hayek implique que l’individu dispose de quelque sphère de décision privée, de quelques éléments de son environnement sur lesquels d’autres ne sauraient jouer. Il en découle que la liberté va de pair avec la propriété privée et les droits, qui lui sont associés, d’en disposer à sa guise, par contrat, et de la transmettre par héritage.

2. Un Président qui fait le contraire de ce qu’il a promis

Dans le prince, Nicolas Machiavel nous apprenait que « celui qui trompe trouvera toujours quelqu’un qui se laissera tromper ». Le Président Ouattara a trompé tout le monde y compris ses alliés. Au lieu de réduire les charges des entreprises, le Président Ouattara les alourdit.

Dans le secteur de l’hévéa, les planteurs payaient des impôts à raison de 2,5 % prélevés sur leur revenu. Depuis l’exercice 2012, le régime Ouattara a imposé de nouvelles taxes sur la production des usiniers. 5 % sur le chiffre d’affaires du caoutchouc granulé. Cette taxe est incompréhensible vu que la loi fiscale prescrit que, lorsque 80 % de la production d’une entreprise sont exportés, alors elle est exonérée de TVA. En plus, l’Etat demande de payer la TVA avant d’être remboursé. Mais, au moment de recouvrer cette créance, l’usinier est soumis à des tracasseries qui l’amènent à tout abandonner. Ce mode de récupération de la TVA est une arnaque. Rappelons que la production est exportée à 100%. En outre, il faut souligner que les sociétés agro-industrielles payaient 25 % sur le Bénéfice industriel et comptable (BIC).

En 2013, dans le secteur de l’hévéa, le gouvernement a créé une taxe de 5% sur le chiffre d’affaires des usiniers. Cette taxe jugée d’ailleurs inacceptable par les professionnels du secteur, n’est pas de nature à aider le secteur à se développer. Elle affecte même le cours de l’hévéa au niveau des paysans. En 2013, la charge fiscale de la SAPH, sans y ajouter les autres taxes, s’établit à 67% du résultat. Du coup, la société a connu un résultat net en 2013 de 13,7 milliards de FCFA, une performance en recul de 34,9% comparé aux 21 milliards réalisés en 2012.

L’Etat a augmenté les taxes dans plusieurs domaines de l’économie. Depuis le 1er Janvier 2014, le gouvernement a augmenté le coût des prestations des services de télécommunications avec la création d’une nouvelle taxe. La loi n°2013-908 du 26 décembre 2013 portant budget de l’Etat 2014 stipule qu’une nouvelle taxe dénommée «taxe spécifique sur les communications téléphoniques et les technologies de l’information et de la communication» est instaurée. « Cette taxe, assise sur le prix hors taxes de la communication, est supportée par l’émetteur de l’appel ou le client du fournisseur d’accès Internet. La taxe est collectée par l’entreprise de téléphonie mobile ou par le fournisseur d’accès Internet». Cette nouvelle taxe a obligé les opérateurs à augmenter les tarifs. En Côte d’Ivoire, la TVA est de l’ordre de 18% là où elle est de 12% au Ghana et 5% au Nigeria. Le Président libéral ne fait rien pour rendre les produits ivoiriens compétitifs.

Un gouvernement libéral essaie de créer les conditions de la concurrence. Or l’actuel président affectionne la pratique des monopoles. Et pourtant, il sait bien que les monopoles et positions dominantes ne favorisent pas la baisse des prix. La commission de la concurrence n’existe que de nom puisqu’elle n’a pas les moyens de sa politique. Les contrats de gré à gré ont connu une hyperinflation depuis qu’il est au pouvoir. Ce qui explique en partie la cherté de la vie. Le premier ministre reconnait lui-même qu’effectivement 42% des appels d’offres en montant ont été faits de gré à gré.

Un gouvernement libéral fait la promotion de droits de propriété. Le couvert forestier ivoirien est passé de 12 millions d’hectares en 1960 à 2,802 millions d’hectares en 2007, soit une perte de plus de 75% en moins d’un demi-siècle. Et la gestion du couvert forestier restant n’est pas optimale à telle enseigne qu’on constate de façon récurrente des conflits fonciers. Le Président Ouattara avait promis la délivrance des certificats fonciers pour en finir avec les conflits fonciers dans notre pays. Depuis qu’il est au pouvoir, la terre continue de tuer nos parents sous ses yeux. Et pourtant, il sait que les conflits trouvent leur source dans le fait qu’en Côte d’Ivoire, les droits de propriété ne sont pas clairement définis. La loi n°98-750 du 23 décembre 1998 relative au domaine du foncier rural semblait vouloir apporter une solution ou du moins un début de solution au problème foncier en Côte d’Ivoire. Devenue caduque car inapplicable pendant 10 ans, elle é été encore reconduite par l’actuel président. Par exemple, en 2009, 98% des transactions foncières s’effectuaient dans le cadre de la coutume et constituaient pour beaucoup d’entre elles des ventes inachevées.

Finalement, en Côte d’Ivoire, la multitude des litiges fonciers dont regorgent les cours et tribunaux n’est pas seulement la conséquence de la rareté de terres mais elle est aussi souvent le fait du non-respect de la législation en vigueur dans le pays. Aujourd’hui dans notre pays, environ 90% de litiges dont regorgent les cours et les tribunaux sont d’origine foncière.

Un gouvernement libéral adopte un budget réaliste afin d’éviter les déficits qui conduisent à l’endettement. Or le Président Ouattara ne fait rien pour laisser aux futures générations un pays libre. Depuis l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE, le stock de la dette s’est accru de 4000 milliards de FCFA au moins. Cette façon de dépenser sans compter n’est pas responsable.

Conclusion

Le Président Ouattara gouverne parce qu’il a le pouvoir. Mais qu’il écoute les ivoiriens « car il ne faut point faire du mal aux peuples , ou bien il les faut exterminer tout à fait, vous souvenant qu’on n’ oublie jamais les mauvais traitements que l’on aura reçus, lorsqu’ils ne sont que médiocres, mais que l’on n’en pourra jamais tirer raison, s’ils sont extrêmes. Aussi, ne faut-il jamais maltraiter personne, à moins qu’on ne lui ôte entièrement le pouvoir de se venger » dixit Machiavel.

 

PRAO Yao Séraphin, Enseignant-Chercheur et analyste politique

(Economiste, Délégué national de LIDER au Système monétaire et financier, enseignant à l’université de Bouaké)

 

Source: CONNECTION IVOIRIENNE

vendredi, 13 mai 2011

COTE D'IVOIRE: DE NOUVELLES TUERIES EN PERSPECTIVE...


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Le voyage de Ouattara étonne même ses plus fervents supporters. Tandis qu'il annonce 3 jours de deuil en hommage à tous les morts de la crise post-électorale, il annonce une tournée de remerciements au Sénégal et au Burkina ! Non seulement il ne se sent nullement concerné par son deuil national, ce qui n'est guère étonnant puisqu'un assassin ne porte généralement pas le deuil de ses victimes, mais cette visite de courtoisie de Ouattara ressemble bien à une de ses fuites à l'étranger dont il est coutumier. Ainsi ConnectionIvoirienne, journal en ligne pro-Ouattara hébergé aux pays-bas, se permet-il d'écrire:

Disons le tout net, le bon sens a du mal à comprendre la simultanéité de ces deux événements. Voici un président dont le pays est « couché à plat-ventre » pour reprendre ce terme familier à notre ainé Serge-Nicolas Nzi, un pays pillé, épuisé, déstructuré, sans police, sans gendarmerie, sans armées réelles, truffé de seigneurs de guerre mais aussi de combattants étrangers Burkinabé, Maliens et Libériens entre autres. Un pays qui compte et continue de compter ses morts. Un pays dont la capitale économique est soumise au desiderata des seigneurs de guerre. Un pays qui regorge de près d'un million d'habitants déplacés ou refugiés suite à la grave crise armée née du refus de l'ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale, le 28 novembre 2010 dernier. En clair, les tâches urgentes pour un président élu dans un régime présidentiel aussi fort que celui de la 2èmeRépublique de Côte-d'Ivoire, ne manquent pas. « Ce voyage, c'est de la comédie et de la foutaise ! », nous confiait un collègue ce matin, depuis Londres. « Il n'y a aucune sincérité là-dedans frère, ce sont des larmes de crocodiles »


Dans le même temps, l'ambassade de France en Côte d'Ivoire enverrait des SMS à ses ressortissants pour leur demander d'observer un couvre-feu jusqu'au 18 Mai. Que craint donc Jean-Marc Simon ? La force Licorne se déploie au plateau, de nouveaux légionnaires français se déploieraient dans l'Ouest. Que signifient toutes ces manœuvres ?

On apprend aussi
dans la presse que Soro serait le véritable homme fort du pays, et Ouattara ne pourrait pas s'en débarrasser pour nommer un autre premier ministre choisi par Sarkozy.

Enfin,
les milices FRCI massacreraient actuellement la population à Soubré ! Après être sortis de Yopougon, les résistants ont défait les milices FRCI à Grand Lahou, avant de mener des combats victorieux à Soubré. En représailles, les milices FRCI armées et convoyées par la force française licorne, s'en prennent donc aux populations autochtones. Une chose est certaine, Ouattara a tout intérêt à bien sécuriser Yamoussoukro pour son sacre du 21 mai, plus que jamais menacé.

Il faut donc s'attendre à de grandes manœuvres militaires dans les prochains jours, ce qui explique la fuite de Ouattara, et qui pourraient se terminer par un règlement de comptes programmé dans le camp FRCI. En effet, les massacres de Grand Lahou pourraient bien être reproduits dans tout le pays, conformément à la logique génocidaire du programme Ouattara, par les milices FRCI. Pendant ce temps, l'armée française pourrait traquer et éliminer les résistants. Enfin, l'armée française aurait le beau rôle d'éliminer les FRCI accusés de génocide, jusqu'à Guillaume Soro qui subirait le même sort que son ennemi IB. Alors Ouattara pourrait rentrer de voyage pour son investiture à la tête de la République de la Communauté Internationale.


Source : CRISE IVOIRIENNE LIVE JOURNAL