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mardi, 07 août 2012

SYRIE: DEMASQUE, LE PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES S'ENFUIT

 

RIAD HIJAB - EX PREMIER MINISTRE SYRIEN.jpg

 

Se sentant démasqué, le président du Conseil des ministres syriens, Riad Hijab, a été exfiltré par l’OTAN vers le Liban, dimanche 5 août 2012.

L’agence de presse nationale syrienne (SANA) n’a pas rendu compte de l’événement, se contentant de signaler qu’il avait été « démis de ses fonctions ».

La Syrie étant un régime présidentiel (comme les États-Unis), les ministres sont nommés directement par le président de la République et cette vacance n’a pas d’incidence sur le reste du gouvernement. Le président Bachar el-Assad a demandé à l’un des quatre vice-présidents du Conseil, Omar Ghalawanji, d’exercer les fonctions de président du Conseil des ministres.

Le chef de l’Armée syrienne libre a annoncé que M. Hijab avait fait défection avec d’autres ministres. La télévision syrienne a montré des images panoramiques de la réunion du Conseil des ministres sous la présidence d’Omar Ghalawanji afin que chacun puisse constater que nul ne manque à l’appel. En outre, le ministre des Biens cultuels –dont le nom avait été cité par une agence de presse- a fait une déclaration à la télévision sur un sujet secondaire afin de mettre un terme aux rumeurs de la presse occidentale le concernant.

La trahison de Riad Hijab est la première d’importance depuis le début de la crise. Selon son porte-parole, Mohamed Otri, qui s’est exprimé depuis la Jordanie, M. Hijab travaillait secrètement au renversement de Bachar el-Assad bien avant d’accepter les fonctions de président du Conseil des ministres, il y a six semaines, le 23 juin.

Le président du Conseil des ministres coordonne la mise en œuvre de la politique intérieure, mais n’a aucun pouvoir en matière de Politique étrangère et de Défense, « domaines réservés » du président de la République.

Comme dans le système constitutionnel états-unien, les principaux pouvoirs de nomination reviennent au président de la République. Le président du Conseil des ministres n’a donc pas pu placer des hommes à lui à des postes stratégiques de l’État.

À ce stade de l’enquête, il semble que l’opération « Volcan de Damas et séisme de la Syrie », qui a échoué, devait consister en un coup d’État militaire auquel Riad Hijab aurait donné une onction civile. Washington et ses alliés pensaient qu’après la décapitation du commandement militaire (attentat du 18 juillet), des généraux et leurs régiments s’empareraient du pouvoir avec l’aide des mercenaires entrant depuis la Jordanie, puis ils l’auraient remis dans les mains de M. Hijab. Le département d’État aurait alors applaudi à la victoire de la « démocratie ».

On ignore à quel moment les services de sécurité ont commencé à douter de la loyauté du président du Conseil des ministres. Celui-ci n’avait pas été inquiété et participait encore hier à une inauguration officielle, mais il avait évité de retourner à son bureau depuis deux jours.

Bien qu’ayant exercé des fonctions au sein du Baas, Riad Hijab était un technocrate, pas un leader politique. Ancien préfet de Lattaquié, jouissant d’une excellente réputation d’administrateur, il avait été nommé ministre de l’Agriculture, puis président du Conseil des ministres parce que n’étant pas lié à un courant politique, il semblait plus apte que d’autres à œuvrer à l’unité nationale. C’est le contraire qui s’est produit. N’étant lié à aucun groupe, il a pu changer de bord sans être retenu par un engagement.

Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Information, Omrane al-Zohbi, a souligné que -à la différence de l’Arabie saoudite- la Syrie est un État, et que la disparition d’un homme ne peut affecter la marche de l’État.

 

Source: RESEAU VOLTAIRE

jeudi, 24 mai 2012

DECLARATION DU FPI A L'OCCASION DE SA RENCONTRE AVEC LA DELEGATION DU CONSEIL DE SECURITE DE L'ONU

 

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Déclaration du Front Populaire Ivoirien à l’occasion de sa rencontre avec la délégation du Conseil de Sécurité de l’ONU

(Abidjan 21 Mai 2012)

 

 

Le présent document est destiné à donner au Conseil de Sécurité de l’ONU la position du Front Populaire Ivoirien sur la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire à la date ci-dessus. Il comprend trois parties consacrées l’une au constat de la discrimination que l’ONU établit entre les nations, l’autre à la dénonciation du parti pris onusien contre Laurent Gbagbo et le Front Populaire Ivoirien, et la dernière à la dictature instaurée dans notre pays depuis le 11 avril 2011. En guise de conclusion nous présentons nos conditions de sortie de crise.

1- De la discrimination des nations par l’ONU

Née au lendemain de la seconde guerre mondiale, sur les cendres de la Société des Nations (SDN), l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans le préambule de sa charte datée du 26 juin 1945, affirme avec fermeté ce qui suit :

"Nous peuples de Nations Unies, sommes résolus, à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations grandes et petites".

La Côte d’Ivoire est une petite nation africaine, ancienne colonie française devenue indépendante en 1960, qui exprime son attachement aux valeurs démocratiques reconnues à tous peuples libres notamment : le respect et la protection des libertés fondamentales tant individuelles que collectives.

Mais pendant trois décennies (1960-1990) ces libertés ont été confisquées au nom d’un parti unique imposé au peuple ivoirien avec le soutien bienveillant de la France ex tutelle coloniale. Il en sera quasiment de même pendant une autre décennie (1990-2000) même avec l’avènement proclamé du retour au multipartisme.

Il est à noter qu’au cours de ces quatre longues décennies de privations de libertés et de violations permanentes des droits de l’homme, que le peuple ivoirien a endurées, avec des exécutions sommaires dans de faux complots (1963-1964), les arrestations et détentions massives, arbitraires, ni la France, ni l’Onu n’a émis la moindre protestation et encore produit la moindre résolution pour protéger le peuple de Côte d’Ivoire et exiger que la démocratie soit instituée dans ce pays.

La France et l’Onu ont bien au contraire adoubé le régime ultralibéral liberticide mis en place sous la férule de Félix Houphouët Boigny.

L’Onu ne traite donc pas les grandes et petites nations dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, et fonctionne donc avec un parti pris.

Pendant tout ce temps qu’il était sans soutien, et livré au règne sans partage du parti unique, le peuple ivoirien ne s’est pas résigné à son sort. Laurent Gbagbo historien, déjà dans le collimateur des dirigeants du parti unique, décide de fonder en 1982 le Front Populaire Ivoirien, un parti politique non libéral, mais socialiste et souverainiste, pour défendre les droits et libertés en vue d’une transition pacifique à la démocratie en Côte d’ivoire. Au terme de trois décennies de luttes parsemées d’embûches, arrestations, et tentatives d’assassinat des démocrates, la Côte d’Ivoire se dote d’une autre Constitution et proclame la seconde République le 1er Août 2000.

Laurent Gbagbo est élu au suffrage universel, Président de République de Côte d’Ivoire le 26 Octobre 2000.

2- Laurent Gbagbo et le Front Populaire Ivoirien indésirables au pouvoir par le système onusien

Laurent Gbagbo dès après sa prestation de serment, s’emploie à mettre en œuvre son projet de société en prenant des décisions destinées à donner le pouvoir au peuple ivoirien (la décentralisation, la réforme de la filière café-cacao) à promouvoir les libertés d’expression (la loi sur la dépénalisation de la presse) libertés d’association (loi sur le financement des partis politiques), etc.

Autant de décisions qui traduisent dans les faits, son attachement et celui du Front Populaire Ivoirien aux valeurs démocratiques reconnues à tous les peuples libres conformément au préambule de la Constitution du 1er Août 2000.

Le régime de Laurent Gbagbo ne fonctionnera véritablement que pendant seulement vingt deux mois. Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, il a été attaqué violemment à l’arme lourde par des mouvements rebelles qui visaient à renverser le régime. Bilan, trois cents gendarmes tués. Le coup d’Etat échoue et se transforme en rébellion qui s’installe dans la zone centre nord ouest du pays (CNO). Que font dès lors la France et l’ONU ?

La France qui a signé des accords militaires de défense avec la Côte d’Ivoire, refuse de les appliquer pour défendre l’intégrité territoriale du pays, sous le prétexte qu’il s’agit d’une guerre entre ivoiriens. Comment le savait-elle déjà le jour même de l’agression quand le Président de la République Laurent Gbagbo a interpellé le président de la République française Jacques Chirac sur ses engagements ?

La réponse ne se fera pas attendre. La France sous le second prétexte d’évacuer ses ressortissants à Bouaké où se sont refugiés les rebelles en déroute, fait barrage pour qu’ils ne soient pas totalement défaits. Ce après quoi, les rebelles très lourdement armés, ont massacré les forces loyalistes pour prendre possession des casernes et occuper totalement avec l’appui de la France, les zones Centre Nord et Ouest du pays consacrant ainsi la partition de la Côte d’Ivoire.

Mais la France de la droite libérale ne s’arrête pas là. Après avoir sécurisé les rebelles sur le terrain, elle active la CEDEAO pour qu’elle demande au sommet d’accra du 29 septembre 2002 de déployer une force de maintien de la paix en Côte d’Ivoire, préparant ainsi l’entrée en scène de l’ONU.

Quatrièmement, cela parce que l’ONU lui reconnait, le droit de faire des projets de résolutions sur la situation dans ses ex-colonies, pourtant indépendantes et souveraines en principe, la droite française convoque à Linas Marcoussis du 15 au 23 janvier 2003 la table ronde des forces politiques ivoiriennes.

Réunissant ainsi autour de la même table les partis politiques y compris le FPI en même temps que les mouvements rebelles, la France les légitimaient du même coup, sans avoir jamais condamné ni cette rébellion, ni l’usage des armes pour la prise du pouvoir dans un Etat démocratique en violation de la Constitution ivoirienne.

Cet accord entériné par d’abord la conférence des chefs d’Etat sur la Côte d’Ivoire qui s’est tenue à Paris , les 25 et 26 janvier 2003, sera adopté in fine par le sommet de la CEDEAO à Dakar le 31 janvier 2003, et l’Union Africaine le 03 février 2003.

Tous ces organes aux ordres, permettront ainsi au Conseil de sécurité de l’ONU d’entrer en scène par sa première déclaration sur la crise ivoirienne, la résolution 1464 adoptée à sa 4700ème séance le 04 janvier 2003.

Une résolution prise six mois après le début du conflit et qui ne condamne en son point 7 que "les graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire intervenues en Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002" sans nommer encore moins condamner les mouvements rebelles qui sont l’auteur de ces graves violations.

Tout va se passer par la suite comme si la France et l’ONU découvraient subitement en Côte d’Ivoire les graves violations des droits de l’homme, dont elles se sont pourtant faites complices en les couvrant pendant 40 ans dans ce pays (1960-2000).

A partir de cette date l’ONU et ses forces armées agissant en Côte d’Ivoire (France et CEDEAO) s’étaient déjà disqualifiées par leur flagrante prise de position en faveur de la rébellion au détriment de Laurent Gbagbo et le Front Populaire Ivoirien indésirables au pouvoir par le système Onusien.

Nous disions système onusien, parce que l’ONU et ses démembrements sont des instruments au service du nouvel ordre mondial. Fondé sur le système libéral capitaliste et ne visant que la recherche d’énormes profits au détriment des peuples des petites nations, ce nouvel ordre mondial, qui fait fi des Etats et de leurs Constitutions, est fondamentalement anti souverainiste et anti démocratique.

Au total 43 résolutions seront prises par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour installer méthodiquement, donc avec préméditation, l’ultra libéral Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire.

De sa première résolution 1464 du 04 février 2003 prise dans sa prétendue volonté de la crise, à sa quarante et unième, la résolution 1980 du 28 avril 2011, où il se félicité de ce que le président de la Côte d’Ivoire qu’il a installé sous un déluge de bombes, le Conseil de Sécurité de l’ONU est resté dans la même posture. Ne s’inquiétant nullement de ce que pensait le peuple de Côte d’Ivoire agressé dans ses droits pour avoir élu un président indésirable par l’ONU et encore moins de ce qu’il est devenu après son éviction du pouvoir.

Et comme pour se dire, sa mission est accomplie en Côte d’Ivoire, installer un ultra libéral, en lieu et place du souverainiste Laurent Gbagbo, depuis le 28 avril 2011, seulement deux résolutions ont été produites sur la situation en Côte d’Ivoire, il s’agit de celle N° 1981 du 13 mai 2011 et la résolution 2000 du 27 juillet 2011.

Depuis ces deux dernières résolutions où il encourage le nouveau président à consolider son régime avec l’appui des forces onusiennes, de la licorne et des FRCI, l’ONU a décrété le black out sur la descente aux enfers de tous ceux qui ont œuvré pour l’avènement de la démocratie dans notre pays ; montrant ainsi par là même que la stigmatisation de Laurent Gbagbo comme dictateur, infréquentable, mauvais perdant, n’étaient que des prétextes pour l’évincer du pouvoir.

Le Front Populaire Ivoirien accuse le Conseil de Sécurité de l’ONU :

1° d’avoir pris des résolutions sur la base d’informations non fondées et donc fausses ;

2° d’avoir fait de multiples pressions pour contraindre le président Laurent Gbagbo à organiser des élections dans une Côte d’Ivoire non réunifiée avec le désarmement des rebelles non effectué par l’ONUCI qui avait cette mission en charge ;

3° d’avoir bombardé la résidence du Chef de l’Etat pour le contraindre à quitter le pouvoir, sur la base d’on ne sait quelle résolution ;

4° d’avoir créé par la suite une situation propice à l’assassinat par le nouveau régime, des démocrates ;

5° d’être à l’origine de la mise en place en Côte d’Ivoire depuis le 11 avril 2011 d’un Etat de non droit.

3- Depuis le 11 avril 2011 la dictature a été instaurée en Côte d’Ivoire

Trois volets suffiront ici à en donner la preuve. La justice des vainqueurs – l’insécurité galopante et rapprochée – le jeu démocratique dévoyé.

3-1 La justice des vainqueurs

3. 1. 1 A commencer par le président Laurent Gbagbo, de nombreux cadres et dirigeants du FPI ont été d’abord arbitrairement arrêtés et détenus, avant que la justice aux ordres d’Alassane Ouattara ne cherche les preuves, à ce jour introuvables de leurs  inculpation.

3. 1. 2 La chasse aux sorcières instantanée dans une terreur sans nom a contraint de milliers de cadres du FPI et autres citoyens à protéger leurs vies en prenant le chemin de l’exil. Et le pouvoir Ouattara continue de les poursuivre par des mandats d’arrêts internationaux.

3. 1 3 Les avoirs de nombreux citoyens et cadres du FPI gelés sans un commencement de preuves, ont conduit à la mort de nombre d’entre eux faute de moyens/ressources pour se soigner (Bohoun Bouabré, Diagou Gomont, Gnan Raymond, tous d’anciens ministres et maires, etc.)

3. 1. 4 Les Dozos qui écument les campements, villages et villes, procèdent à des expropriations de terres pour exploiter les plantations à leur profit, et sur la base de jugements expéditifs, les propriétaires sont exécutés sommairement.

3-2 L’insécurité galopante et rapprochée

3. 2. 1 Les FRCI forces armées de Ouattara, tous issues de sa région, illettrées et s’exprimant exclusivement en Malinké leur langue maternelle, procèdent au quotidien à de nombreuses rafles de citoyens, parqués dans des camps de concentrations (Yopougon, Abobo, Koumassi), où ils sont torturés, marqués au fer comme du bétail, dans le silence assourdissant des tenants du nouveau régime.

3. 2. 2 Ces mêmes FRCI occupent de nombreux sites publics, espaces et domiciles privés dont ils se sont appropriés en toute impunité. A titre d’exemple le site des manifestations du FPI à Yopougon, est occupé depuis plusieurs mois par les FRCI qui en ont fait une caserne. Dans le même temps les forces armées nationales (gendarmes, policiers, militaires) souffrent l’humiliation, et le martyr, parce qu’exerçant sans armes leur mission régalienne.

3. 2. 3 La terreur instaurée et la répression systématique dans le sang (avec de nombreux blessés et morts d’hommes) de toutes les manifestations pacifiques organisées par le FPI (Koumassi, Bonoua, Port-Bouët, Yopougon) au mépris du respect des libertés d’associations et de manifestations.

3-3 Le jeu démocratique dévoyé

Parvenu au pouvoir par les armes et donc de façon anticonstitutionnelle, illégitime et illégal le pouvoir Ouattara est confronté depuis son avènement à un grave déficit de légitimité. Ses parrains l’ONU, la France notamment ont souhaité, pour lui donner un vernis démocratique de procéder à des élections législatives ouvertes et inclusives.

Mais tournant le dos à la résolution du 27 juillet 2011, il a organisé ces élections de façon exclusive sur la base d’un découpage électoral très favorable à son parti le RDR auquel il a réservé d’avance une soixantaine de sièges.

Résultats, un parlement monocolore anti démocratique sans opposition nous ramenant au système du parti unique.

De surcroit ces élections se sont révélées, non représentatives avec une abstention de 85% de l’électorat. Un vrai désert électoral qui signifie que la Côte d’Ivoire a besoin de se doter d’un parlement représentatif de toutes ses composantes politiques et non cette assemblée de surcroit quasiment mono-ethnique avec 60% de Malinké, ethnie de Ouattara.

3-4 La reconstruction de la paix : mesures générales

Le Front Populaire Ivoirien prenant acte de la situation qui fait de M. Alassane Ouattara président de la République de Côte d’Ivoire demande :

1- Que soit prise dans l’immédiat une mesure d’amnistie générale ;

2- La prise d’une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU exigeant la libération du Président Laurent Gbagbo, acteur incontournable du processus de réconciliation en Côte d’Ivoire ;

3- La libération de tous les prisonniers, le retour des exilés et le dégel de tous les avoirs ;

4- La réinitialisation de tout le processus c’est-à-dire du jeu démocratique à commencer par les élections présidentielles puis les législatives, les régionales et communales sur la base de dispositions consensuelles ;

5- Le désarmement préalable des ex rebelles ;

6- Le départ de la Côte d’Ivoire des forces onusiennes qui se sont révélées pendant la crise et qui continuent de se comporter comme des forces belligérantes ;

7- La levée de toutes les sanctions onusiennes ;

8- Un dialogue direct avec le pouvoir ;

Dans ce cadre le FPI fait des propositions dans deux documents dont copies ci-jointes.

 

Conclusion

De toute évidence la démocratie qui a servi de prétexte au changement brutal de régime s’est muée en dictature sous le régime de Ouattara au grand dam de ses parrains qui se doivent d’en tirer courageusement les leçons.

Telles sont les conditions minimales de sortie de crise du Front Populaire adressées au Conseil de Sécurité de l’ONU, qui permettent à cette institution de contribuer à la réinstauration de la démocratie, de l’Etat de droit et de la paix en Côte d’Ivoire.

 

Délégation du FPI :

1- NGUESSAN Amani Michel, Secrétaire Général Adjoint : 01 48 88 41

2- GNAOULE Oupoh Bruno, Secrétaire National : 06 38 42 42

 

P.J :

1- Document du dialogue politique entre le pouvoir et le Front Populaire Ivoirien suite à la crise postélectorale.

2- Appel de la Convention à la communauté internationale.

mardi, 14 février 2012

SYRIE - NADIA KHOST: LE TERRORISME AU NOM DE LA «DEMOCRATIE»


ARMEE SYRIENNE LIBRE.jpg

Nous répétons le dicton : le droit ne meurt pas tant qu'on le revendique. Je crois que la démocratie se construit pierre par pierre, et ne s'importe pas.


Nadia Khost dénonce le cynisme de l'Occident


L'intellectuelle Nadia Khost, figure très respectée et estimée en Syrie, est l'auteur de ce texte dense, brillant, porté par le souffle de son indignation vis-à-vis de ceux qui s'emploient aujourd'hui à détruire son pays et son indépendance.- Silvia Cattori

Se préparant à envahir l'Irak, Bush envoyait au monde ce message menaçant : «  Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ! ». Cette même dictature brutale utilise aujourd'hui ce même langage sous prétexte de promouvoir la « démocratie ».

N'est-ce pas ce que signifie le « dégoût » exprimé par la représentante des États-Unis, au sujet des vétos russe et chinois ? Il n'est même pas permis à de grandes nations comme la Chine et la Russie d'avoir une vision différente de celle des États-Unis ! Quant au président français, Nicolas Sarkozy, il ne reconnaît que la seule décision occidentale légitimant l'ingérence en Syrie !

Conformément à cette vision de la «  démocratie », le projet occidental a déterminé les caractéristiques de l'État Syrien qu'il veut fabriquer : 1) Il n'a pas exigé des élections qui révéleraient l'État que les citoyens Syriens acceptent et celui qu'ils refusent. Cela, malgré le fait que la nouvelle loi sur les élections a garanti le droit des représentants des candidats de surveiller les urnes du début des élections, jusqu'à l'ouverture des urnes. 2) Il ne s'est pas soucié des millions de Syriens qui ont manifesté en Syrie en criant « non à l'ingérence ! ».

Ceux qui ont suivi les manifestations savent que c'est la réponse des Syriens au projet de l'Occident et du Golfe, et aux bandes armées. Ils remarqueront également que les femmes au foyer ont participé avec ardeur à ces manifestations.

Les dirigeants occidentaux ont ignoré les choix et les volontés du peuple syrien ; ils ont fermé les yeux sur les gangs armés, même après que les observateurs de la Ligue arabe aient consigné leurs crimes.

Une première manifestation de « démocratie » donnée par le Conseil de salut national d'Istanbul [1] a consisté à frapper à coups de bâtons la délégation d'artistes et d'intellectuels et la délégation des opposants syriens de l'intérieur, à l'entrée du siège de la Ligue Arabe au Caire, parce que ces deux délégations refusaient l'ingérence extérieure dans les affaires internes de la Syrie.

Et à la suite du débat sur le dossier syrien au Conseil de sécurité de l'ONU, les partisans de ce Conseil d'Istanbul ont attaqué les ambassades syriennes au Caire, au Koweït, à Athènes, à Amman, à Berlin, à Londres. Ils ont saccagé ou pillé les locaux ; ils ont frappé le personnel qui s'y trouvait.

Quelle belle expression de «  démocratie » !

D'où viennent ces « démocrates » soudainement apparus ? La rue syrienne n'a pas entendu leur voix avant mars 2011 !

Alors que nous, les Syriens de l'intérieur, nous avions critiqué la politique qui a conduit à l'économie de marché, et les responsables de cette politique. Nous avions souligné la continuité entre la politique et l'économie, et la relation entre la position politique nationale et les droits de l'Homme. Nous avions mis en garde quant aux conséquences dangereuses de la privatisation. Et nous avions affirmé que le salut de la nation passe par la garantie du secteur public.

Nous, les Syriens de l'intérieur, avions également rappelé l'œuvre de Khaled ALAZEM, l'économiste de la bourgeoisie patriotique qui, dans les années 50, avait participé à la mise en place d'un système public puissant, avec l'aide de l'Union Soviétique. Et nous avions dénoncé publiquement la tutelle exercée par certains hauts fonctionnaires, notamment les maires, et combattu l'expropriation des maisons privées.


Et à cette époque, après avoir participé à des congrès, à des réunions, ou après avoir écrit des articles, nous rentrions chez nous en toute sécurité, même après minuit. Nous allions au théâtre, à des conférences culturelles. Nous nous déplacions entre Damas, Alep et Lattakié. Nous allions chercher l'eau pure de la source Boukein, et cueillir les coings et les pommes de Zabadani. [2]

Tandis qu'aujourd'hui, grâce aux méfaits du projet de « démocratie » occidental et Qatari, le citoyen syrien ne peut plus se rendre en voiture à Alep, car les brigands armés les mitraillent et qu'ils risquent de subir le sort des ouvriers du textile dont le car a été soufflé à l'explosif à Idleb. Ou le sort de l'ambulancier tué à Rastan. Ou le sort du médecin kidnappé à Hama. N'importe quel citoyen syrien peut être tué, pendant que ses tueurs « démocrates » le filment et reçoivent, du Qatar ou de l'Arabie Saoudite, le salaire des images atroces qu'ils livrent à Aljazeera ou Al Arabiya [Leurs commentaires disant que ce sont les forces de Bachar el-Assad qui les ont tués. -NdT].

La Syrie n'a jamais connu un tel mépris de l'être humain ! Et l'Occident et ses laquais du Golfe prétendent débarrasser son peuple d'une dictature ?

Pourquoi donc ne connaissions-nous pas la peur avant mars 2011 ?

Nous nous promenions sans peur. Nous allions de Damas à Lattakié, sur la route de Bloudan [la même route qui conduit à Zabadani - Ndt] embouteillée par les sorties du week-end. Nous allions nous promener à la Ghouta [les vergers autour de Damas - Ndt] durant la floraison des pêchers et subissions parfois les embouteillages sur la route de Lattakié à Damas.

Pourquoi cette « démocratie » est-elle venue semer la peur avec ses tirs, ses explosifs, nous interdisant de voyager, de sortir en excursion en fin de semaine ? Pourquoi répand-t-elle la terreur sur la route aux environs de Talkalakh, en ces lieux où des gangs de tueurs et de trafiquants d'armes peuvent à tout moment attaquer les voyageurs ?

Pourquoi les hôtels de la côte et les routes verdoyantes sont-ils maintenant désertés ? [dans le nord de la Syrie - Ndt] Pourquoi n'avons-nous plus de soirées pour agrémenter nos nuits ? Même dans le quartier paisible de Mezzé, [banlieue résidentielle de Damas - Ntd], une voiture piégée a été déminée hier.

Qui peut oser s'opposer aux bandes armées là où elles déploient leur menaçante influence ? Combien de commerçants dans la banlieue de Damas n'ont-ils pas été tués parce qu'ils ont refusé de fermer leur commerce de manière à simuler une grève générale spontanée contre le régime ?

Nous découvrons, sur les écrans télévisés, qui sont ces opposants qui, en Syrie, mettent à exécution par les armes le projet « démocratique » programmé par les pays du Golfe et l'Occident.

Voici par exemple le cas d'un Libanais qui vivait de la contrebande de marchandises vers la Syrie et qui a perdu son « travail » suite à la crise au Liban. Un autre libanais lui a alors proposé un trafic d'armes et de drogue vers la Syrie. Trois transports lui ont rapporté la somme de 20 000 livres syriennes !

Il y a de quoi méditer sur la situation de détresse, de pauvreté et d'ignorance qui conduit un homme à accepter de devenir une machine à tuer, pleine de haine. Consacrées au financement de projets constructifs, les sommes versées à des bandes armées par les pays du Golfe auraient pu arracher à la misère cette classe sociale déchue.

Aucun doute possible : ces gangs ne sont pas une « armée libre » qui se sacrifie pour sa patrie. Ce sont des criminels ; des mercenaires. A-t-on jamais vu une «  armée libre » se réjouir en démembrant ses frères et sœurs, ou en les jetant dans le fleuve Oronte, têtes coupées sanguinolentes ?

A-t-on jamais vu dans l'Histoire humaine une « armée libre » faire exploser des trains, détruire des gazoducs, des oléoducs, des réseaux d'électricité, brûler les immeubles, les biens publics, piller des camions transportant du sucre, du riz ou du mazout, au détriment de son peuple ? A-t-on jamais vu une « armée libre » assassiner les techniciens, médecins, scientifiques, et professeurs d'Universités ; enlever leurs frères et sœurs pour ensuite demander à leurs pauvres parents une rançon en contrepartie de leur libération ?

A-t-on jamais vu dans l'Histoire humaine, des princes et des tyrans financer une « armée libre » patriotique ? Est-il pensable qu'une armée arabe patriotique puisse être équipée d'armes fabriquées par l'État d'Israël qui occupe le Golan syrien ? Est-il acceptable que des chaînes télévisées étrangères se consacrent à filmer et présenter des criminels d'une prétendue « armée libre » sous un angle élogieux !?


Radwan Zyiadé (photo) , membre du Conseil de salut national, a demandé que le dossier Syrien soit étudié sous l'article 7 [de la Charte des Nations Unies -Ndt], qui autorise une intervention militaire étrangère contre la Syrie. Y a-t-il jamais eu des mouvements de libération dans le monde qui ont vu leurs dirigeants réclamer une intervention militaire contre leur propre pays ?

Tout au contraire, les mouvements de libération ont été créés pour empêcher l'ingérence !

Donc, le différend entre la Syrie, les dirigeants occidentaux et leurs acolytes syriens, ne porte pas sur la démocratie. Ces États, qui soutiennent les régimes tyranniques du Golfe, qui ont envahi la Lybie, qui ont commis des crimes à Abou Ghraïb, qui ont tué plus d'un million d'Irakiens, et qui garantissent l'impunité des criminels de guerre israéliens, ne défendent pas la démocratie.

Le célèbre journaliste Mohamed Hasanein Haikal nous dit : «  Ce que vit le monde Arabe actuellement n'est pas un printemps, c'est un nouveau Sykes Picot pour le diviser et se partager ses richesses et ses positions stratégiques. »

Je puis en témoigner. Je fais partie des onze membres, d'horizons différents, qui ont rédigé la nouvelle loi sur les médias ; le premier résultat obtenu sur le chemin des réformes. Nous nous sommes inspirés des lois établies en Occident pour garantir le respect de la liberté de l'information qui, découvrons-nous, ne sont pas respectées par les médias occidentaux qui cachent à leurs peuples la vérité sur les événements en Syrie. Nous avons entendu des représentants des Nations Unies, et des médias égyptiens et libanais. Nos réunions étaient très animées, les différents avis s'affrontant. Nous avons su nous mettre d'accord sur la loi qui garantit le droit à l'information, l'interdiction d'emprisonnement. Et qui exige la transparence et la déclaration du financement des médias et l'interdiction d'autorisation à n'importe quel média qui serait fondé sur des bases confessionnelles ou ethniques. Et nous nous sommes mis d'accord pour que la relation avec les chaînes, les journaux et les radios ne dépende plus du Ministère de l'information, mais d'un « Conseil national de l'information à créer ».

Ce conseil a vu le jour le 20 novembre2011. Il est composé de personnalités variées ayant une expérience dans les médias, et qui partagent l'objectif de protéger la liberté d'expression sous le toit de la patrie. Ce conseil a organisé des rencontres avec diverses personnalités médiatiques, qui ont fait part de leur expérience et de leur critique pointue de la réalité médiatique et politique, et qui ont exprimé leurs points de vue et leurs propositions. Le Conseil a pris note de tout cela pour en tenir compte dans la rédaction de la politique relative aux médias.

Dans le bâtiment où nous nous rencontrions, se réunissait aussi la commission chargée de la rédaction de la nouvelle Constitution, composée de personnalités venues de la société civile, des partis politiques ainsi que de techniciens et de spécialistes. Des articles que l'ont croyait intouchables ont été complètement modifiés. Le texte de la nouvelle Constitution sera publié et soumis à référendum.

Pendant ces mois orageux, a été rendue publique la Loi sur les partis qui interdit qu'ils soient créés sur des bases religieuses, confessionnelles ou ethniques, et qui exige la transparence de leur financement. Quatre nouveaux partis ont été constitués. La loi sur les élections a déjà été publiée. Ces lois sont les bases d'une nouvelle vie politique. Pouvons-nous l'ignorer ?

Nous ne pouvons pas ignorer non plus un événement d'une grande importance : la rencontre consultative qui a réuni 200 personnalités syriennes, représentant les divers courants politiques et idéologiques, présidée par le vice-président de la République. J'y ai participé en tant qu'écrivain indépendant. Nous avons entendu des interventions que, je pense, aucune institution politique arabe dirigeante ne supporterait. Certaines ne réclamaient pas seulement la suppression de la constitution du paragraphe relatif à la gouvernance du pays par le parti Baath, mais demandaient la suppression du parti lui-même, en feignant d'ignorer ce que ce parti a apporté en matière de santé publique, d'éducation nationale et d'aide économique dont jouit le peuple syrien, sans oublier sa politique étrangère d'indépendance nationale et patriotique... en feignant aussi d'ignorer les bandes armées qui sévissent actuellement sur notre territoire!


N'importe quel politicien objectif ne peut ignorer que le parti Baath est la colonne vertébrale de la vie politique syrienne aujourd'hui, et que sa suppression ou sa dissolution entraînerait un chaos semblable à celui qu'a connu l'Union soviétique après sa chute. Ceci ne nie pas la nécessité nationale de l'épurer des opportunistes et des corrompus. Et ceci s'applique aussi aux autres partis.

Et c'est ainsi que se sont déroulées, durant les derniers mois, des réunions pour étudier les événements en Syrie, dont une réunion rassemblant environ 400 anciens diplômés de Russie et des États de l'ex-Union soviétique, dont beaucoup se sont exprimés avec extrémisme et dureté. J'ai parlé du libéralisme économique qui a créé une couche sociale pauvre que l'ingérence étrangère a instrumentalisée. J'ai critiqué les partis politiques qui se sont éloignés du peuple, le laissant aux mains des imams des mosquées. J'ai demandé la mise en jugement du ministère du tourisme, de l'ancien gouverneur de Homs, et la mise à l'écart du président de l'Union des écrivains.

Malgré tout cela, nous sommes rentrés chez nous en toute sécurité.

J'ajoute que je suis intervenue dans les congrès des écrivains, critiquant la manière de diriger le pays, les membres de cette direction, et la corruption. Nous étions de nombreux écrivains à aller dans le même sens lors du dernier Congrès des écrivains, avant les événements. Dix sept écrivains ont critiqué sans réserve les institutions politiques.

En outre, nous avons combattu l'expropriation de la rue du Roi Fayçal par la municipalité qui voulait tout démolir. Nous avons arrêté le projet. Nous avons arrêté la destruction d'un ancien quartier arabe que les Français connaissent et étudient, au cœur de la ville moderne de Damas.

Nous combattons les promoteurs, la corruption des mairies, et l'infiltration sioniste par des prix attribués à l'élite culturelle de Damas.

La lutte apparaît ainsi complexe, pas seulement reliée aux divers courants politiques, mais également aux intérêts de divers groupes, ou aux visées de certains. C'est pourquoi nous insistons sur la nécessité de faire prévaloir la compétence et la loyauté à la patrie, et non pas la loyauté au parti. Les autres partis aussi - et pas seulement le parti Baath - mettent en avant la loyauté au parti.


Nous répétons le dicton : le droit ne meurt pas tant qu'on le revendique. Je crois que la démocratie se construit pierre par pierre, et ne s'importe pas.

Qu'amène aujourd'hui le projet « démocratique » de l'Occident et des pays du Golfe ? Il ne fait que rajouter à nos soucis ses bandes armées et sa guerre médiatique ! Il n'écoute pas les millions de Syriens qui crient : « non à l'ingérence ». Sa démocratie commence là : « avec nous ou contre nous. »

Parce que nous refusons cette ingérence et que nous croyons que tous les courants doivent participer à la vie publique pour la corriger, et améliorer la vie en Syrie.

L'opposition extérieure, exactement comme les bandes armées, accuse ceux qui ne sont pas d'accord avec eux, d'être à la solde du régime. Quoi que pensent ces prétendus «  démocrates » des Syriens qui refusent l'ingérence étrangère et arabe, nous disons en toute franchise que les Conseils qui sont créés dans le giron de l'occupant occidental, avec l'argent qatari, sont coupés du peuple syrien.

Je n'arrive presque pas à croire qu'un intellectuel comme le chef du Conseil national d'Istanbul, ne sache pas que « couloir humanitaire » signifie intervention militaire ! Qu'il ne sache pas que le Conseil de Sécurité a décrété l'embargo contre l'Irak, mais n'a pas libéré le Liban, et n'a pas utilisé l'article 7 pour empêcher l'État d'Israël de massacrer le peuple palestinien ! Qu'il ne sache pas que les «  négociations » n'ont pas amené les Palestiniens à libérer un pouce de leurs terres, et n'aboutiront jamais à la libération du Golan !

Que ces prétendus «  démocrates » nous permettent de refuser un tel comportement.

Nous répétons, avec le peuple syrien : ce qui ce passe en Syrie n'est pas une révolution mais crimes, chaos, et destruction d'un pays qui connaissait la sécurité. Le changement en Syrie est refusé s'il est imposé par une ingérence extérieure, et accepté s'il est obtenu par la voix des urnes.

L'attaque contre les ambassades syriennes n'est pas une action politique ; c'est l'œuvre de voyous et de malfrats.

Je répète ce que j'ai dit dans un débat télévisé : les constitutions sont modifiées pour correspondre aux évolutions des peuples, mais doivent l'être avec respect car elles font partie de la mémoire des peuples. Le changement en Syrie ne se fondera pas sur le mépris du passé et les courbettes aux dirigeants politiques extérieurs.

En tous cas, ce n'est pas l'amour de la démocratie qui fait se précipiter les princes du pétrole et les dirigeants occidentaux de l'occupation pour organiser les bandes armées, encenser la façade syrienne émigrée, et acheter les décisions de la Ligue arabe.

Cette démocratie n'est qu'un papier d'emballage trompeur, enveloppant un projet de réorganisation de la carte de la région par la force ; et qui vise à arracher la pierre syrienne du mur de la résistance arabe. Ces propositions sanglantes cachent la stratégie occidentale sioniste et protègent les crimes des bandes armées.


La séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien nous a montré les représentants de la trahison suprême, face à la dignité syrienne en la personne de Bachar Al Jaafari (photo), de sa culture, son honnêteté et sa douleur.

La vraie discorde porte sur notre droit de souveraineté nationale, et notre refus de l'occupation israélienne. Un droit lié à nos traditions nationales et à notre Histoire syrienne ; que nous avons hérité de Choukri Al Asali, député de Damas au parlement turc en 1911, qui a démasqué l'infiltration sioniste en Palestine. Ceci fut l'une des raisons pour lesquelles il a été exécuté ainsi qu'une élite d'intellectuels et d'hommes politiques de la bourgeoisie syrienne.

La Palestine est dans le cœur des Syriens

Depuis le Congrès Syrien de 1920 qui a déclaré l'indépendance de la Syrie et le refus du pays sioniste - en passant par la révolution syrienne qui a donné à la Palestine Al Kassam, qui y a organisé la résistance, et fut tué en 1935, et l'insurrection simultanée syrienne et palestinienne contre l'occupation en 1936 - des Syriens se sont dévoués pour protéger la Palestine, dont Said El AAS, le penseur révolutionnaire, qui y est tombé en martyr.

La Palestine est dans le cœur des Syriens ; il n'y a pas de Syriens de la génération de l'Indépendance qui n'aient pas participé à la défense de la Palestine et il est difficile de compter les martyrs syriens en Palestine.

M. DEBJEN qui était à l'orphelinat islamique de Homs, que mon beau père a fondé, m'a raconté qu'avec deux de ses amis, il s'est engagé pour lutter contre l'occupant sioniste en 1948 ; ils étaient très jeunes, le troisième n'est pas revenu.

En 1949, le dictateur Hosni al Zaïm a déclaré qu'il nouerait des contacts avec l'État d'Israël ; le prince Adel Arslan, ministre des affaires étrangères, lui a aussitôt répondu : je ne reconnaîtrai pas cet Etat et je ne rencontrerai pas son ministre des affaires étrangères et je ne permettrai à aucun fonctionnaire de mon ministère de le rencontrer. Ce sont les contacts d'Hosni al Zaïm avec Israël qui ont conduit à son assassinat.

La mémoire de chaque Syrien est pleine de noms et d'images inoubliables de la lutte arabo-israélienne. En raison de ce passé sanglant, les Syriens sont convaincus qu'Israël... est une base militaire d'occupation qui protège le projet de domination occidental dans la région, comme l'ont prouvé ses attaques agressives et expansionnistes. En tant que Syriens notre résistance à l'expansionnisme est dans notre âme ; et notre vie même est tressée autour de cette lutte. C'est ainsi que notre destin personnel est lié au destin de la Syrie, qu'on veut arracher à la résistance arabe.

Dans son discours du 4 février, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, M Bachar JAAFARI, a cité deux vers du poète Nizar KABBANI rappelant des certitudes profondément ancrées dans l'âme syrienne. Car Nizar KABBANI, n'est pas seulement l'enfant adulé de la bourgeoisie damascène, connu pour ses poèmes d'amour ; il a porté comme chaque Syrien, les valeurs du panarabisme ; il a écrit : «  la poésie est lâche si elle n'est pas portée par la colère ». Sa colère s'adressait à ceux qui se sont précipités pour signer des accords avec Israël et aux hommes corrompus du pétrole. C'est pourquoi ses funérailles ont donné lieu à un grand hommage populaire. Un avion privé syrien envoyé par le président avait transporté sa dépouille de Londres à Damas. Les Syriens se sont emparés du cercueil et l'ont porté sur leurs épaules dans un cortège populaire que Damas n'avait plus vu depuis les funérailles de Fakhri Al Baroudi, l'homme de l'indépendance, le compositeur des hymnes que les peuples arabes se sont transmis.

Les gens l'ont porté jusqu'à la mosquée des Omeyyades, le plus important monument construit par les Omeyyades à Damas ; ils ont prié et l'ont porté à nouveau sur leurs épaules jusqu'au cimetière, traversant Damas du nord au sud, à pieds, car KABBANI a mêlé sa loyauté à sa ville, à la loyauté au panarabisme. Il a incarné l'âme syrienne par sa douleur pour la Palestine, par son refus du sionisme, par son mépris des dirigeants pétroliers et par sa fierté de la civilisation syrienne.

Bachar JAAFARI a exprimé cette essence profonde lorsqu'il a cité ces deux vers du poème de Nizar : «  ô Damas, trésor de mes rêves et de mes escapades, me plaindrai-je à toi de l'arabisme ou des arabes ? » Si les représentants du Qatar et de la ligue Arabe étaient cultivés, ils auraient su que la suite du poème leur rappelle qu'en trahissant la Syrie ils trahissent aussi la Palestine.

KABBANI dit dans ce poème : « Ils ont abreuvé la Palestine de rêves colorés, ils l'ont nourrie de paroles vaines et de discours, ils ont vécu en marge des événements et n'ont pas bougé pour la terre volée et l'honneur violé. Ils ont laissé Jérusalem nue à même la boue, livrant ses seins à tout venant ».


Qui sont-ils ceux là qui gaspillent l'argent et ne secourent pas la Palestine ? KABBANI les a énumérés : Ceux qui se sont baignés dans des mers de pétrole, ceux qui ont bu le sang des hommes libres ! Et leurs représentants au Conseil de sécurité siégeaient en face de JAAFARI : le Qatari et sa suite, le président de la Ligue arabe dont le fils travaille au Qatar !

Il est donc impossible d'imaginer un État syrien coupé de son Histoire et de sa mémoire ! Impossible car le peuple porte sa mémoire dans son âme ; ce ne sont pas des pages de livres d'histoire. Il y a là un fossé entre des millions de Syriens fiers de leur Histoire, et une poignée d'intellectuels inconnus avant que les médias occidentaux ne leur battent les tambours, et ne les poussent en avant comme des « représentants légaux » de la Syrie, le Qatar ayant financé leurs réunions, leurs hôtels et leurs déplacements.

L'utilisation de l'ancien drapeau dans leur réunions, imitant les Libyens à qui le Qatar a apporté des milliers de drapeaux royaux, n'est pas passé inaperçu aux yeux des Syriens.

Par contre, ceux qui l'ont brandi n'ont pas remarqué que c'est le drapeau de la résistance contre l'occupation française ; le drapeau de la souveraineté nationale ; le drapeau des Syriens qui ont combattu le sionisme et Israël ; notre drapeau que le président Chukri Al Kouatli a mis de côté en cédant son siège à NASSER, au nom de l'Unité Arabe.

La rencontre et le dialogue sont-ils possibles entre ces deux camps ? La condition du dialogue est la position envers l'Etat d'Israël et le sionisme, et vis-à-vis de l'ingérence extérieure. En Syrie, il y a des opposants honnêtes, non corrompus par l'argent du Qatar ou de l'Arabie Saoudite, n'ayant touché aucun pot de vin occidental, n'ayant pas bradé la souveraineté nationale, et ayant une position claire vis-à-vis d'Israël et du sionisme.

Ceux-là affichent leur rejet de la corruption politique et financière. Ils exigent une transparence qui, peut être, ne peut exister. Ils peuvent avoir des points de vue irréalistes, mais ils se distinguent par leur maturité politique et leur courage. Le Dr Faez FAWWAZ et Salim KHEIRBEK ont passé plus de dix ans en prison. Malgré cela, ils ne sont pas tombés dans la haine qui pousse à la vengeance, jusqu'à la destruction du pays.

De pareils opposants sont les garants de la démocratie et de la droiture ; de la souveraineté et de la protection de la société contre le fléau de la corruption. Pour ne pas répéter des erreurs comme celles qui ont conduit à ce qu'un homme corrompu, comme l'ex- gouverneur de Homs, puisse trahir son pays et fermer les yeux sur la construction d'un réseau de communication souterrain, participant ainsi à la préparation de la rébellion.

La position envers Israël, le sionisme, et l'ingérence extérieure, est pour les Syriens la condition pour le dialogue national ; c'est pourquoi le politicien Qadri JAMIL [figure de l'opposition de l'intérieur - Ndt] a annoncé : « Nous ne participerons pas à un dialogue où le Conseil d'Istanbul serait présent ». C'est ainsi que les Syriens rejettent ceux qui rencontrent la télévision israélienne, ceux qui font appel au sioniste Bernard-Henri Lévy, pour qu'il fasse en Syrie ce qu'il a commis en Lybie ; ceux qui se sentent honorés de rencontrer Clinton, Sarkozy et Juppé.

Ceci n'est pas qu'une question politique, c'est une question de conscience et de morale, et les Syriens en sont fiers.

Enfin, c'est le droit des Syriens, après avoir regardé la séance du Conseil de sécurité sur le dossier syrien, de se sentir fiers d'être plus humains, et plus cultivés, et plus démocrates que ces menteurs représentant les forces d'occupation occidentales qui ont versé le sang des Libyens, des Irakiens, des Libanais. Il est de leur droit de mépriser ces politiciens menteurs qui, hier, affirmaient que l'Irak possédait des armes de destruction massive, et qui affirment aujourd'hui que l'armée syrienne tue les civils alors que des dizaines de soldats syriens sont tués chaque jour.

Lorsque l'on compare Bachar al-ASSAD aux chefs d'États occidentaux qui, par le mensonge, dissimulent les buts de leur guerre contre les peuples, la différence est énorme. Ces derniers se moquent de la «  démocratie occidentale » : SARKOZY n'a pas supporté la révolte des jeunes des banlieues et les a pourchassé, et la « démocratie » d'OBAMA n'a pas toléré les Indignés pacifiques contre la voracité capitaliste. Ce sont ces « démocrates » qui demandent aux Syriens de supporter les crimes de bandes armées !

En suivant la séance du Conseil de Sécurité, les Syriens ont vu des hommes de grande stature face à des nains. Ils ont vu des personnalités occidentales -qui n'ont probablement pas lu le « Faust » de GOETHE cité par Bachar JAAFARI- qui mentaient, sans honte aucune, devant lui. Et les représentants russe et chinois qui eux ont appuyé la Syrie par leur veto, signifiant à l'Occident colonialiste qu'il n'avait plus les mains libres pour imposer sa démocratie sanglante.



Dr Nadia KHOST


6 février 2012.

Traduit de l'arabe par Rim (le 9 février 2012) pour le site silviacattori.net.

[1] Le Conseil de salut national a été élu par l'opposition syrienne le samedi 16 juillet 2011 à Istanbul

[2] Boukein et Zabadani sont des lieux de villégiature proches de Damas, dans les montagnes sur la route du Liban ; la vallée de Zabadani est réputée pour ses vergers.



jeudi, 09 février 2012

LES EPREUVES DE FORCE ENTRE LES ETATS-UNIS ET LA RUSSIE SERONT PLUS ACHARNEES SUR LE PROBLEME SYRIEN



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Le fait que la Russie et la Chine ont mis le 4 février leur veto à un projet de résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur la situation syrienne constitue un revers sévère pour la stratégie américaine sur le Moyen-Orient, et entrave en même temps des dispositions stratégiques américaines sur l'Iran. Sur ce projet de résolution, la Russie persiste toujours dans sa position dure, créant ainsi une situation de contrainte mutuelle au Conseil de Sécurité.

Le contenu du projet de résolution du Conseil de Sécurité a été avancé au nom des pays arabes, mais en réalité, il a été élaboré et conduit par les Etats-Unis. Donc, la lutte diplomatique acharnée apparue au sein du Conseil de Sécurité est, en effet, un duel entre les Etats-Unis et la Russie. Dans ce processus, les Etats-Unis ont attiré 13 pays membres du Conseil de Sécurité, tandis que la Russie n'a obtenu que le soutien chinois. Mais, la Russie a réussi à recourir à la force de dissuasion de son veto, de manière à occuper toujours une forte position.

Tout d'abord, la Russie a forcé, avant le vote officiel, les Etats-Unis à faire de grandes concession pour qu'ils acceptent d'annuler, dans le texte, deux contenus clés à savoir la demande du départ du président syrien Bachar el-Assad et la mise en oeuvre de l'embargo sur des armes contre la Syrie. Ensuite, à la dernière minute avant le vote, la Russie a demandé soudainement à modifier davantage le contenu du projet de résolution. Elle a demandé à effacer les mots selon lesquels les soldats de l'armée gouvernementale syrienne doivent se retirer de tous les villes et bourgs pour retourner dans leurs casernes. Surpris par cela, les Etats-Unis ne voulaient plus faire de concessions. Résultat : les Etats-Unis sont tombés dans le piège tendu par la Russie et celle-ci a profité de cette occasion pour mettre le veto.

Ce duel diplomatique au sein du Conseil de Sécurité s'est terminé par la victoire russe, mais, cette situation est temporaire. Les Etats-Unis ne s'avouent pas vaincus, il y aura encore des épreuves de force plus acharnées entre les Etats-Unis et la Russie. Elles se manifesteront principalement dans ces domaines :

Premièrement, l'opposition du veto par la Russie au projet de résolution de l'Occident signifique que la Russie a pris l'initiative de prendre la responsabilité de résoudre le problème syrien. En d'autres termes, la Russie doit assurer que le pouvoir de Bachar el-Assad ne sera pas renversé, et aider la Syrie à en finir avec la guerre civile et à rétablir la paix. Mais, les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux ne sont pas contents de la réussite facile de la Russie, et ils entreprendraient de plus grandes perturbations y compris l'armement de l'opposition syrienne et le renforcement du blocus économique et de l'isolement diplomatique contre la Syrie.

Deuxièmement, le gouvernement de Bachar el-Assad pourrait-il continuer longtemps? ça reste pour le moment une grande question. Même que si les troubles internes sont apaisés et que le régime est maintenu, les pays occidentaux n'abandonneront pas leur objectif de le pousser à quitter le pouvoir. Cela fera porter à la Russie pour longtemps le fardeau de la protection de Bachar el-Assad. Cependant, protéger ce dernier signifie évidemment que la Russie continue à s'opposer aux pays occidentaux.

Troisièmement, les élections présidentielles russes auront lieu et les pays occidentaux estiment qu'elles leur donneront prise. A part qu'ils noirciront et isoleront la Russie, les Etats-Unis inciteront et utiliseront la force de l'opposition russe pour troubler la situation politique des élections présidentielles russes en vue de plonger la Russie dans des troubles. On peut prévoir que la Rusie serait attaquée par l'Occident sur le problème syrien et sur ses propres affaires intérieures.


Source: CRI ONLINE

vendredi, 03 février 2012

L'ADMINISTRATION US MANŒUVRE A L'ONU POUR IMPOSER UN MANDAT INTERNATIONAL ILLEGITIME A LA SYRIE



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Une analyse d'Amin Hoteit, expert en stratégie militaire.

Que peut attendre l'administration US du Conseil de Sécurité alors qu'elle en connaît toutes les ficelles ?

31 janvier 2012

La question se pose parce que toutes les données disponibles indiquent sans équivoques que le Conseil de sécurité ne déléguera pas les États-Unis pour mener la guerre contre la Syrie comme il l'a fait pour l'Afghanistan et, en aucune manière, ne déléguera qui que ce soit pour y intervenir militairement, ou y imposer des zones d'exclusion aérienne à l'instar de ce qui s'est passé pour l'Irak et la Libye, ou encore y établir des zones tampons et des couloirs humanitaires...

Ceci parce que la Russie, soutenue par la Chine, a déclaré clairement que son veto sera opposé à toute résolution internationale qui rééditerait les expériences du passé ; telle celle vécue récemment par la Libye, qui a conduit ce pays à sa destruction et vers l'inconnu, après assassinat de plus de 130.000 personnes par l'OTAN, directement ou indirectement. Cela à la faveur d'une intervention censée installer une zone d'exclusion aérienne, mais qui a fini par outrepasser le mandat du Conseil de sécurité pour aboutir à une attaque aérienne écrasante suivie de l'éradication du régime en place.

L'administration US sait parfaitement que les déclarations des Russes ne sont pas de simples manœuvres et que, du point de vue de ces derniers, la question syrienne ne saurait souffrir d'aucun faux semblant, parce qu'elle est directement liée aux intérêts mêmes de la Russie et se trouve en relation organique avec sa sécurité nationale. Autrement dit, la Russie ne peut se permettre de négocier ou de se plier à des logiques d'échange et de transactions. Malgré cela, les États-Unis insistent et continuent de frapper à la porte du Conseil de sécurité en utilisant des partenaires arabes et occidentaux, avec l'espoir d'obtenir quelque chose contre la Syrie.

En sciences stratégiques, il est un principe accepté par tous : « C'est à celui qui possède le pouvoir ou l'opportunité, de ne cesser de les mettre à profit pour atteindre son objectif ». En pratique, ceux qui possèdent cet atout établissent leurs plans avec l'idée que, si jamais un plan échoue, un autre plan le remplacera, aussi longtemps qu'ils n'ont pas perdu leurs capacités.

Ce qui nous amène au comportement des États-Unis et aux résultats observés suite aux interventions occidentales en Syrie. Or celle-ci résiste depuis près d'une année et a fait capoter tous les plans successifs conçus pour la conduire à sa perte. Des plans qui sont passés des soi-disant « manifestations pacifiques », aux tentatives de «  division de l'armée », et aux manœuvres de découpage de son territoire par des zones échappant à l'autorité de l'État dans le but de propager une terreur à grande échelle, pour finalement être obligé de reconnaître l'existence d'une opposition militaire organisée, armée et financée par l'étranger !

Par sa résistance déterminée, la Syrie a déjoué ces plans, l'un après l'autre, mais les forces d'agression n'ont pas perdu toutes leurs capacités de nuisance. Elles possèdent toujours l'appui des médias, l'argent, les moyens de pression économique, la possibilité de recruter et d'armer des mercenaires et des terroristes, et elles jettent le tout dans leur bataille animée par la vengeance.

Face à tout cela la Syrie résiste, forte de l'intime conviction que son peuple, son armée et son gouvernement sont suffisamment armés et immunisés contre la défaite. Elle a décidé de rétablir la sécurité des zones déstabilisées par les terroristes et a commencé à le faire, maintenant qu'une occasion historique lui a été donnée par le rapport des observateurs arabes qui ont été témoins du terrorisme et des crimes perpétrés contre l'État et les citoyens. Des observateurs qui ont certifié que des médias ennemis, diffusant à partir de certains satellites, sont fondamentalement responsables d'attiser l'agression et la subversion en Syrie.

Aujourd'hui, l'administration US réalise qu'elle a perdu sur le terrain syrien et qu'elle n'a plus de cartes pour en modifier les réalités militaires ou politiques. En même temps, elle sait que capituler devant la défaite est impossible en cette année électorale critique pour son chef qui se prépare à la course présidentielle pour renouveler son mandat. En effet, la capitulation de l'administration US serait catastrophique pour les bénéfices acquis suite à son déploiement tant en Tunisie qu'en Egypte et en Libye ; elle aurait des conséquences stratégiques désastreuses sur la scène internationale car elle rétablirait la Russie qui, avec ses alliés, serait un adversaire puissant du système occidental sous leadership des USA.

Oui, l'administration US est aujourd'hui face à un dilemme. Elle ne peut pas s'en sortir par une victoire en Syrie et, en même temps, elle ne peut pas déclarer son échec. C'est pour toutes ces raisons qu'elle rechercherait actuellement une solution honorable qui ne compterait pas pour une défaite. Elle consisterait à reporter le dossier à un moment plus propice pour rebattre les cartes et faire pencher la balance à son avantage. D'où, apparemment, ses tentatives pour renouveler l'expérience libanaise consécutive à la résolution 1559 [1] ; résolution qui a mis le Liban sous tutelle internationale et surveillance d'un proviseur, dossier indéfiniment ouvert sur la table du Conseil de sécurité, autorisant son ingérence quotidienne sous couvert du mensonge de la légitimité internationale ...

L'administration US veut donc pour la Syrie une résolution semblable à la résolution 1559 afin de lui imposer un mandat international, confisquer son droit d'élire son président, confisquer son droit aux relations internationales, en plus de confisquer son droit de posséder une puissance défensive. Elle espère réussir dans cette entreprise qu'elle pourra promouvoir comme une opération réussie de soustraction de la Syrie à l'axe de la résistance et du refus, comme en 2005, lorsqu'elle a soustrait le Liban à son environnement et à ses relations avec la Syrie pour en faire un pays hostile.

En 2004, les USA avaient réussi à faire adopter la résolution 1559 à la majorité de 9 voix [minimum requis pour l'adoption d'une résolution au Conseil de sécurité] dans un environnement stratégique international qui leur était favorable. À l'époque les USA affichaient leur fierté pour avoir occupé l'Irak, se vantaient d'être en route pour contrôler complètement l'Afghanistan, et avaient étendu leur pouvoir sur les pays du Golfe. Aucun des États membres ne pouvait leur faire face et les contredire pour n'importe quelles considérations subjectives ou internationales. Aujourd'hui tout a changé, et le Conseil de sécurité est soumis à un nouvel équilibre qui empêche les USA de le contrôler, ce qui signifie qu'adopter une résolution à minima est désormais presque impossible.

De plus, malgré l'adoption de la résolution 1559, les USA n'ont pas pu réussir à en faire grand chose d'un point de vue effectif au Liban. Le général Émile Lahoud est resté à la présidence jusqu'à la dernière minute de son mandat. La résistance visée par la résolution 1559 est toujours armée, et continue à nourrir sa force qui a vaincu Israël en 2006 ; elle n'accorde aucune importance aux initiateurs de la résolution et se moque des comptes-rendus de son proviseur. Quant au retrait de l'armée syrienne du Liban, il n'a pas eu lieu en application du 3ème décret de la résolution ; mais a été le résultat d'une décision stratégique majeure prise par la direction syrienne elle-même, dans l'intérêt de la sécurité nationale de la Syrie, suite aux nouvelles donnes sécuritaires surgies sur la scène libanaise.

Tout ce qui précède montre que l'administration US a échoué malgré ses pratiques meurtrières et terroristes et qu'elle sera, cette fois, impuissante au Conseil de sécurité malgré son instrumentalisation creuse de la Ligue, de ceux qui se prétendent arabes et qui se sont empressés de suspendre la mission de leurs observateurs en Syrie, pour empêcher la divulgation de leurs témoignages prouvant le caractère éminemment terroriste de la soi-disant « opposition syrienne », et aussi pour faire pression sur la Russie. Les circonstances ont changé et le monde entre dans une nouvelle ère de relations internationales où les USA n'ont plus l'exclusivité du leadership et du pouvoir. Par ailleurs, la Russie sait parfaitement qu'elle est visée à travers la Syrie et qu'elle se doit de se défendre.

Ce qui signifie que la Syrie ne subira pas une nouvelle résolution 1559 et qu'elle ne sera pas acculée à la soumission comme cela a été le cas au Liban, car le nouvel équilibre des forces peut la protéger d'un tel malheur. Il n'en demeure pas moins qu'elle doit s'attaquer au fléau terroriste pour l'éradiquer, ce qu'elle semble en train de réaliser. Dès lors, l'administration US ne pourra que se plier devant l'évidence ; et ses [alliés] Arabes et leur Ligue ne pourront plus nuire, maintenant qu'ils ont utilisé leur dernière cartouche en ramenant le dossier syrien devant un Conseil de sécurité qui ne répondra pas à leurs attentes.

Amin Hoteit


thawra.alwehda.gov.sy, 30 janvier 2012

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Amin Hoteit est libanais, analyste politique, expert en stratégie militaire, et Général de brigade à la retraite.
Article proposé et traduit de l'arabe par Mouna Alno-Nakhal (Biologiste) pour silviacattori.net

Texte original en arabe :

http://thawra.alwehda.gov.sy/_View_news2.asp ?FileName=65779514320120130010248


Source: SILVIA CATTORI.NET

mercredi, 28 septembre 2011

UNE QUESTION DE LEGITIMITE MORALE

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Un sujet d'actualité a captivé l'opinion publique mondiale durant la semaine qui vient de s'écouler : celui de la démarche de la Palestine visant à demander à l'ONU de l'admettre comme Etat-membre au même titre qu'Israël, la Bosnie, le Sud-Soudan... On a eu l'occasion d'observer une fascinante chorégraphie diplomatique. Bien que conscient de ce que, de toute façon, les Etats-Unis, membre permanent du Conseil de sécurité, poseraient leur veto, le numéro un palestinien Mahmoud Abbas a tout de même «déposé son dossier». Il a ainsi montré qu'il était prêt à accroître la pression exercée sur la communauté internationale pour faire avancer une cause qui marque le pas. Surtout, sa manœuvre vise à délégitimer les Américains, considérés comme les «propriétaires» du dossier Proche-Orient. En effet, ils apparaissent désormais comme des alliés inconditionnels d'une des deux parties qu'ils sont censés réconcilier. Et du coup, ils perdent leur légitimité morale, du moins dans le rôle d'arbitre qu'ils veulent se donner. Et ce n'est pas un hasard si, à la tribune de l'ONU, Nicolas Sarkozy a insisté sur le nécessaire élargissement du cercle des négociateurs...

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Sans légitimité morale, impossible de faire accepter durablement et efficacement son autorité, en dehors de la contrainte, qui n'est qu'un des visages de la lâcheté. Nous devons tous méditer cette maxime dont la pertinence se vérifie régulièrement. Ces derniers jours, la France a continué d'être secouée par des révélations mettant à jour l'incroyable culture du gangstérisme international de ses élites politiques, qui mettent la diplomatie et l'image de leur pays au service d'intérêts personnels et inavouables. Au grand déballage sur les mallettes d'argent se promenant entre les palais africains et les palais français, et expliquant de nombreuses connivences, a succédé le feuilleton judiciaire sur les rétro-commissions récupérées à l'occasion des grands contrats d'armement, planquées dans des comptes en Suisse et progressivement ramenées en espèces en France par des intermédiaires au-dessus de tout soupçon. Les éditorialistes français ont commenté ces scandales et ces révélations sous tous les angles, sauf un, en forme de questionnement. Un pays dont les chefs ont un rapport profondément affairiste avec les grands enjeux diplomatiques, qui propose des avions de guerre et vend des technologies d'espionnage à une «dictature» à travers des hommes sulfureux un jour pour le renverser au nom de la «démocratie» le lendemain peut-il être considéré comme sérieux ? Comment les citoyens français peuvent-ils être sûrs que derrière le bruit et la fureur répandus sur Benghazi et sur Syrte, ne se cachent pas des gratifications que telle ou telle compagnie pétrolière donnera à tel chef d'Etat qui a peu de chances d'être élu, et qui n'a cessé de dire depuis longtemps qu'il sera «riche», selon ses propres termes, quand il quittera le pouvoir ? La France d'aujourd'hui, qui «importe» de l'argent sale par le biais de ses hommes politiques, a-t-elle la légitimité morale pour exporter la démocratie, les droits de l'homme et autres bons concepts qui cachent souvent de bien mesquins intérêts ? Cette question-là, il faudrait qu'on se la pose dans les médias parisiens, où l'on admet avec enthousiasme la fable selon laquelle la France défend, l'arme à la main, le beau et le bien en Libye et en Côte d'Ivoire...

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Devinette... Quelle est la personnalité ivoirienne la plus controversée de la semaine ? Bien entendu, la réponse va de soi ! Eugène Dié Kacou ! Le patron du Conseil national de la presse (CNP) s'est illustré par un zèle répressif inédit dans l'histoire des médias ivoiriens. En un seul jour, il a interdit trois publications : Notre Voie, Aujourd'hui et Prestige. Toutes les trois appartenant à des groupes de presse «bleus». Son dernier coup de théâtre est dans la droite ligne de son action depuis sa réinstallation par le régime Ouattara : déstabiliser économiquement la presse d'opposition par des interdictions qui leur font perdre, à chaque coup, beaucoup d'argent.

Eugène Dié Kacou parviendra-t-il à convaincre l'opinion ivoirienne de sa volonté d'assainir une presse «culturellement» agressive et de bannir la «haine» ? Non, très clairement. Parce qu'il n'a pas, lui non plus, la légitimité morale nécessaire pour mener à bien ce chantier. En un mot comme en cent, il n'est pas crédible. Il n'est pas crédible parce qu'hier, à ce même poste sous un autre pouvoir, il n'a pas manifesté la «rigueur» dont il se veut le chantre aujourd'hui. Il est d'autant plus illégitime que son interprétation de la «haine» à laquelle inciterait la presse est très politiquement orientée. Qui peut vraiment croire que la presse d'opposition est plus virulente, plus «haineuse», que la presse proche du pouvoir ? Le travail de monitoring de l'association Reporters sans frontières lors de la dernière présidentielle a démontré que les pratiques de la presse ivoirienne se «répondent» de manière symétrique.

Eugène Dié Kacou est d'autant plus contestable que cela fait longtemps qu'il n'est plus un authentique défenseur de la liberté de la presse, de la loi sur la presse et du Code de déontologie du journaliste ivoirien. Hier , alors que nous étions embastillés à la Police Criminelle par un procureur qui nous faisait un chantage éhonté pour que nous dévoilions nos sources, Eugène Dié Kacou, président du CNP, à rebours de toutes les organisations professionnelles qui demandaient notre libération inconditionnelle, se transformait - à notre grande surprise - en auxiliaire de justice, en nous demandant de violer le Code de déontologie et de «livrer» nos sources. Depuis deux mois, notre confrère Hermann Aboa est incarcéré pour un prétendu délit qu'il aurait commis dans le cadre de son travail de journaliste. Reporters sans frontières (RSF), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le Comité ivoirien pour la protection des journalistes (CIPJ), se sont mobilisés pour le respect de la loi ivoirienne et la libération d'Hermann. Où se trouve notre «doyen» Eugène ? Disparu. Ceux qui ont toujours dit qu'il était fort avec les faibles et faible avec les forts s'en trouvent confortés. Dans ces conditions, l'issue de l'action de celui qui, à son âge, se soucie sans doute de la trace qu'il laisse dans l'Histoire, est malheureusement connue d'avance. Il échouera, et l'on s'en souviendra comme d'un juge partisan. Comme tant d'autres...

 

Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien «Le Nouveau Courrier» du 26 septembre 2011.


Source : Le blog de Théophile Kouamouo

vendredi, 19 mars 2010

DESARMEMENT ET REUNIFICATION DU PAYS AVANT LES ELECTIONS

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Un conseil de sécurité sur la situation en Côte d’Ivoire s’est tenu ce mercredi 17 Mars 2010 au siège de l’organisation mondiale à New York de 10h à 11h. Dirigé par le diplomate Gabonais S.E.M. Emanuel NGONDET dont le pays en assure la présidence tournante ce mois de Mars, ce conseil a entendu deux exposés importants :

D’abord celui du représentant du secrétaire général en Côte D’ivoire puis celui de S.E.M Alcide DJEDJE le représentant ivoirien auprès de l’illustre institution.

Dans sa déclaration, Mr CHOI JIN que le conseil avait chargé de lui faire un point de l’évolution du processus électoral après sa dernière réunion de Janvier 2010, a exprimé devant ses paires sa déception et ses regrets quant à l’impasse politique qu’a connue le pays ces derniers jours du fait de la fraude dont s’est rendue coupable l’ex Président de la commission électorale Indépendante alors que tout semblait sur une bonne voie.

Lorsque le Représentant ivoirien lui, prend la parole, c’est pour d’abord présenter la situation qui a occasionné la double dissolution du gouvernement et de la CEI avant d’insister sur le fait que, « le temps est venu de désarmer et de réunifier la Côte d’Ivoire ». Pour ce faire, S.E.M Alcide Djédjé plaidera pour que l’ONU apporte un appui au facilitateur M. Blaise COMPAORE afin de lever ces derniers obstacles, ce qui qui contribuera fortement à la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire, une étape incontournable dans l’organisation des élections libres et transparentes.

Aussi le diplomate a-t-il rappelé à ses collègues que, « l’ONU qui consacre dans sa charte le concept de la souveraineté, ne peut pas faire la promotion d’une souveraineté morcelée au gré de tel ou tel intérêt » car, a-t-il insisté, « les Nations Unies ne peuvent pas valider un scrutin dit national sur un territoire coupé en deux avec interdiction d’accès aux partisans d’un des candidats sur une partie du même territoire et avec une télévision privée qui fait la propagande d’un des 14 candidats déclarés ».


Aussitôt cette réunion terminée que les 15 membres permanents se sont retrouvés en consultations à huit clos ; une rencontre d’où sortira un communiqué lu à la Presse et dans lequel « Les membres du Conseil ont exprimé leur profonde préoccupation devant l’absence de progrès du processus électoral depuis janvier 2010. Ils ont appelé instamment les parties prenantes ivoiriennes à relancer ce processus sans délai et à rester dans le cadre de l’accord politique de Ouagadougou et des accords de paix antérieurs que le Conseil de sécurité a approuvés. Ils ont salué et soutenu le rôle joué par le Facilitateur, le Président Blaise COMPAORE du Burkina Faso, et l’ont encouragé à poursuivre ses efforts pour soutenir le processus de paix en Côte d’Ivoire.

Les membres du Conseil ont en particulier appelé instamment les parties prenantes ivoiriennes à apporter leur plein soutien à la commission électorale indépendante afin d’aboutir à la liste électorale définitive dans les prochaines semaines. Ils ont souligné que la liste électorale provisoire de 5.3 millions d’électeurs a été approuvée par les membres du Cadre permanent de concertation, certifiée par le Représentant spécial du Secrétaire général et saluée par le Conseil de sécurité. Ils ont aussi souligné que toute tentative destinée à remettre en cause les acquis du processus électoral ou à ajouter des conditions préalables pour retarder la finalisation de la liste électorale définitive serait incompatible avec les engagements pris par les parties.

Les membres du Conseil ont appelé tous les Ivoiriens à ne pas recourir à la violence et à respecter pleinement les droits de leurs compatriotes, y compris durant le processus électoral. Les membres suivront de près la situation, y compris les conditions de sécurité sur le terrain et les progrès du processus électoral »

Mathieu BOUABRE
Service de communication
Mission CI/ONU

Source: ABIDJAN.NET

 

20:04 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : onu, conseil de sécurité, alcide djédjé, choi jin, mathieu bouabré, mission ci-onu | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 24 septembre 2009

KADHAFI: UN "WOODY" A PARLE A L'ONU

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A la faveur de la 64ème Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies, le Colonel Muhammar Kadhafi a fait une entrée on ne peut plus tonitruante. Même si je n'ai pas toujours porté cet homme dans ma plus haute estime, hier, j'ai été vraiment heureux d'écouter son laïus kilométrique (durée totale: 1h 20mn, là où il ne devait parler que 15mn). Pour une fois. Certes, il a tiré de façon un peu décousue, dans tous les sens et sur tout le monde, mais il a dit haut et succintement ce que toutes les populations des pays pauvres et du Tiers-Monde ont toujours pensé bas de l'Occident et de l'ONU, une organisation qualifiée - à juste titre! - depuis longtemps de "machin" par le Général De Gaulle.

Un "machin" qui ne sert que la cause des plus forts et qui laisse impunis les pires criminels de l'histoire des hommes. Un "machin" à réformer au plus tôt! Comme pris dans les transes d'une catharsis médiumnique, Kadhafi s'est longuement exprimé au nom de tous les peuples brimés, exploités et écrasés par les plus puissants, jetant même à la face du monde la Charte de l'ONU. Se faisant, du coup, le champion des plus faibles et rédorant d'une certaine façon, l'image de président voyou et terroriste que lui a toujours collé l'Occident, sans jamais se remettre lui-même (l'Occident) en cause.

Un homme a parlé. Avec toutes les maladresses et imperfections d'une diatribe longtemps contenue, certes. Mais un homme a quand même parlé! Au nom de l'Afrique! Au nom des pauvres! Au nom du Tiers-Monde! Salut, le "woody" (l'authentique garçon, en Bété, ethnie ivoirienne)!

Dans la même veine, le journaliste ivoirien Kévin Doumy a fait une brève analyse du speech historique, qui rencontre notre total assentiment et que je vous propose de lire, ci-dessous. Un speech épicé qui a valu à Kadhafi d'être traité de tous les noms d'oiseaux par les journalistes de tous les pays impérialistes. Le contraire m'aurait stupéfait. Que DIEU bénisse l'Afrique!

DINDE Fernand AGBO

 

Kévin Boumy: "Historique entrée de classe pour le guide libyen, après une quarantaine d'années purgées dans l'isolement. Historique dans le fond même si ce discours se heurte aux intérêts et privilèges toujours croissants des Nations dites puissantes. Sur le pupitre onusien, le "roi des rois traditionnels d"Afrique" a simplement dit ce que tous les chefs d'Etat africains pensent et penseront peut-être toujours bas. le Colonel a touché la question du dédommagement de l'Afrique; ce continent qui des siècles durant a subi et subit encore des aventurismes de toutes sortes. Il a exigé une compensation financière, n'en déplaise aux bourreaux toujours orgueilleux. Avec force, le guide a reclamé un siège pour l'Afrique au très fermé conseil de sécurité. Cette intervention historique nous invite à ne plus fourrer la langue dans le ventre, car dans ce monde qui met au centre de ses priorités la question sécuritaire, l'Afrique ne doit pas toujours se soumettre aux décisions "prêtes à porter" des grandes puissances.
Avant de prendre le temps de procéder au décrytage complet de ce discours immense, voici exposée la saveur de nos prochains retour sur le sujet".

Source: Le Blog de Kévin Boumy

17:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : kadhafi, onu, conseil de sécurité, impérialisme, 64ème assemblée générale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |