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samedi, 05 novembre 2011

BERNARD HOUDIN - LE PRESIDENT GBAGBO A DIT: «JE NE FUIRAI PAS. ET C'EST COMME ÇA QUE NOUS ALLONS GAGNER»



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Lors d'une conférence prononcée au Danemark, Bernard Houdin, Conseiller du président Gbagbo a évoqué les raisons pour lesquelles le président Gbagbo a tenu à ne pas fuir sa résidence présidentielle malgré les bombardements meurtriers de l'armée française; malgré aussi la traîtrise des généraux. Il parle aussi de Bédié et de ses puériles accusations.

Pourquoi Gbagbo n'a pas fui avant le 11 Avril

Je vous parlais de la légitimité politique et juridique du Président Gbagbo. Quand nous voyons tous le Président Gbagbo á Korhogo, c'est vrai qu'on a tous un petit pincement au cœur. Le président a toujours dit qu'il n'était pas un kamikaze et qu'il ne voulait pas se suicider. C'était d'ailleurs, lors d'une interview à LCI, dans les derniers jours. Mais il a aussi dit une chose à ses conseillers qui étaient avec lui, moi je n'étais pas là pendant la dernière semaine, mais je connais des gens qui étaient dans la pièce jusqu'au 11 avril. Particulièrement, ceux qui sont sortis avec lui le 11 Avril et qui ont réussi à être libérés et avec qui j'ai pu parler. Ceux-là m'ont raconté les 72 dernières heures dans la résidence. Le président leur a dit, parce que les gens commençaient à demander au président de partir, de fuir : ''Non je ne pars pas. Ce qui doit arriver est déjà écrit. Nous avons du travail à faire. Notre combat, c'est celui de la vérité et cette vérité gagnera un jour. Et c'est en faisant comme ça qu'on va gagner. Pour le reste, ne vous inquiétez pas, ce qui est écrit devra arriver, ce n'est pas ça le problème. Telles sont les phrases du président 72 ou 48 heures avant le 11 Avril.

Les généraux qui ont été achetés

La plupart des généraux ont été achetés. Je le dis d'autant plus tranquillement que je l'ai dit moi-même au président, mi-février. J'avais des ''antennes'' et j'ai dit, un soir, au président que l'Ambassadeur de France se vantait que les généraux allaient le trahir. Et je me souviens très bien qu'il il m'a dit: « Mais Bernard quels généraux et où ? ». Il était devant son canapé et j'ai fait: "Ici". Et le général qui était derrière a fait 1 mètre en marche-arrière. C'était le commandant militaire du palais : le général Touvoly. Et j'ai d'autres noms. Ils ont tous trahi, les uns après les autres. Ceux qui sont restés fidèles, ce sont les officiers Boniface Konan, Abéhi etc. Mais les autres ''prroouh''. Y'en a pas un.

Ce qui va aider les Ivoiriens

Vous savez, j'ai dit un jour lors du colloque du cinquantenaire que j'ai présidé à Gagnoa. Et à la fin de la séance plénière, j'ai dit au président en tête-en-tête: "Monsieur le président, quand on aura fini avec cette crise, on pourra dire qui est qui, qui a fait quoi ?"

Sarkozy ou François Hollande. Pourquoi Hollande par rapport à Sarkozy?

D'abord, il faut que Sarkozy parte. Et là, c'est le côté français qui réapparait. Au delà du problème ivoirien, même si la Côte d'Ivoire n'existait pas, pour les français, il faut que Sarkozy s'en aille. Comme la nature a horreur du vide, il y aura un président de la république en France. Ce sera plus certainement François Hollande. Maintenant de là à dire que Hollande va arranger la Côte d'Ivoire, c'est un autre problème. François Hollande sera le président de la France. Et quand vous êtes dans l'opposition, vous avez un discours et quand vous vous asseyez dans le fauteuil du chef  de l'Etat, vous avez un discours qui vous est imposé déjà par les réalités du pays que vous êtes appelé à diriger, par les forces économiques et politiques qui font que vous n'avez plus votre liberté de choix.  Monsieur Hollande n'a jamais été ministre. Il a été élu dans une zone difficile puisque c'est la région d'origine de Chirac, il a battu les chiraquiens sur leur terre et il n'a jamais perdu une élection.

Des élections avec Gbagbo en prison ?

Le problème avec ces élections, c'est qu'on est dans un cas de figure très particulier. On nous a dit que l'élection présidentielle de 2010 se ferait dans la transparence, la justice et l'égalité. L'ONUCI était là pour préserver   tout le monde. On connait les résultats aujourd'hui.
Même si le président est enfermé á Korhogo, si on a des élections justes, libres et transparentes, si on a la garantie que les élections vont être claires, les gens peuvent voter ceux qu'ils veulent voter, les candidats peuvent faire campagne où ils veulent, d'Odienné á Adiaké, de Bouna à Touba, à Tabou. Parce qu'en ce moment-là, çà va être un ras-de marée pour Gbagbo. Mais ça n'arrivera pas parce qu'ils veulent se servir du FPI comme faire-valoir, lui donner 3 ou 4 députés sur les 250 pour que les médias internationaux disent : "Voilà, Ouattara a pacifié la Côte d'Ivoire, tout le peuple est derrière lui, il a 250 députés''. Voilà les résultats qu'on aura. Les gens nous reprochaient de na pas vouloir aller aux élections avec des gens qui n'étaient pas désarmés au nord, et maintenant on nous dit d'aller aux élections avec le président en prison, et ils veulent qu'on refasse ça, je dis jamais !
La pire des choses, à priori, c'est la chaise vide. Mais quand on vous fait monter sur la chaise pour vous pendre, on vous l'enlève après. Je ne veux pas de cette chaise-là.

Je resterai fidèle au président Gbagbo parce que c'est un homme qui peut sauver l'Afrique

Concernant le problème vis-à-vis de la France, moi je n'ai aucun problème avec, strictement aucun problème. Depuis le 28 Novembre, je me suis mis d'un côté et quelles que soient les circonstances, je n'ai pas bougé. Je le dois au président Gbagbo, de lui être fidèle, c'est un homme qui peut sauver l'Afrique. Il veut que les Africains se mettent ensemble. Gbagbo voulait créer un fonds de solidarité africain pour que chaque État africain producteur de matières premières puissent y verser une certaine réserve, un peu comme vos voisins norvégiens avec leur pétrole afin que les africains aient un fond de garantie qui leur permette d'avoir de l'argent pour le futur, sans avoir á crier tous les matins, pardon au FMI pour gagner un peu d'argent.

Gbagbo-Ouattara et les salaires des fonctionnaires

Gbagbo est à Korhogo. Le gars qui est au Palais qu'est ce qu'il fait ? Gbagbo n'a jamais demandé 5 francs pour payer les salariés. Et moi j'étais fonctionnaire. Je recevais mon salaire tous les mois. Gbagbo n'a jamais pris de l'argent de l'extérieur de 2000 à 2010. Le budget est passé de 1400 milliards á 2800 milliards. Ouattara est là depuis 6 mois et il court ici Paris pour se vanter devant les caméras de la télévision française : ''Merci à la France de m'avoir donné 400 millions, merci à la France de m'avoir donné ceci et cela''. Mais la Côte d'Ivoire a les capacités si elle est bien gérée.

Ouattara et les surfacturations-mallettes

Aujourd'hui on a retrouvé des gens qui ont repris leur système ancien. Je vais vous donner un exemple : Le 3ème pont d'Abidjan. L'histoire du 3éme pont  me tient à cœur parce que mon père a construit les deux premiers. Et le 3ème, je le connais par cœur, de 99 à 2010, toutes les vicissitudes pour le construire, avec qui et comment. Le prix n'a jamais varié d'une fourchette 75-85 milliards, en fonction du type de matériel. Le président Gbagbo a signé en Octobre 2009 en conseil des ministres le renouvellement de la concession de Bouygues pour reconstruire le pont. C'est pas Ouattara qui lui a donné. C'est Gbagbo qui a signé dans le sens où il parlait de la continuité de l'État. Parce qu'il dit : « Quand vous êtes président d'un pays, on ne change pas tout du matin au soir ». Il a trouvé le dossier dans les mains de Bouygues, Gbagbo lui a demandé s'il pouvait construire le 3è pont au même coût  que lors de sa concession du temps de Bédié. Bouygues a dit oui. Gbagbo a dit je signe parce que je respecte la signature de l'État de Côte d'Ivoire.

Aujourd'hui le pont va se construire, il y a eu de grands bruits de lancement. Le prix du pont est á 140 milliards. Ouattara a signé un nouveau contrat avec un nouveau prix. Á l'époque ou monsieur Bourgi parle de mallettes etc, moi je suis allé à la télévision françaiseet je leur ai dit que l'argent qui est dans les mallettes, peut venir des pays africains, mais peut aussi des pays occidentaux qui envoient des trucs sous la forme de grands travaux avec des surfacturations, tout le monde se sert au passage et on envoie une partie en Europe, c'est tout. Ce n'est pas plus difficile que ça.

Quand Bédié accuse Gbagbo de crimes économiques.

Moi j'étais à la Caisse Autonome d'Amortissement en 1975 lorsque Bédié était ministre des finances. C'est l'année où il y a eu les fameuses usines de Borotou. Il n'y a jamais eu un carreau de sucre sorti de l'usine. Bédié a fêté son 15ème milliard de fcfa et monsieur Bédié dit maintenant que'' les crimes économiques c'est Gbagbo''.

 

Retranscription par Max Anoman. Ivorian.Net

 

In le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 91 du samedi 5 au lundi 7 octobre 2011.

vendredi, 06 mai 2011

ALAIN TOUSSAINT, CONSEILLER DU PRESIDENT GBAGBO: «LA DECISION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL N'A AUCUNE BASE LEGALE»



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Il n'existe aucune base légale sérieuse à la décision du Conseil constitutionnel qui vient de proclamer Monsieur Alassane Ouattara "président de la République de Côte d'Ivoire" en faisant siennes les décisions contraignantes prises par l'Union africaine (UA). Cette proclamation est une vraie aberration juridique, politique et historique.

Certes, les décisions du panel étaient contraignantes pour les parties, en particulier La Majorité Présidentielle (LMP) et le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), mais certainement pas pour l'Etat ivoirien et/ou ses institutions.

Chacun sait qu'il y a une hiérarchie des normes au sein de l'UA comme dans toutes les organisations communautaires. Pour que la décision de l'UA puisse s'imposer dans l'ordre interne ivoirien, il aurait fallu que ce soit un règlement. Or, en l'occurrence, la décision de l'UA n'est ni un règlement ni une directive.

Selon l'article 98 de la Constitution ivoirienne, les décisions du Conseil constitutionnel sont insusceptibles de recours. Pis, le Conseil constitutionnel ne peut pas s'auto-saisir en annulant la décision prise en décembre 2011.

La Côte d'Ivoire se retrouve désormais avec deux "présidents de la République" proclamés par la juridiction supreme en l'espace de cinq mois. L'un, Monsieur Laurent Gbagbo, vainqueur de l'élection présidentielle de novembre 2010. L'autre, Monsieur Alassane Ouattara, vainqueur de la campagne militaire post-électorale, porté au pouvoir par la force des armes.

Monsieur Laurent Gbagbo demeure le président légitime et légal de notre pays.

Cette situation est un précédent fâcheux. Elle crée de facto une jurisprudence Ouattara, lourde de consequences pour l'avenir de la démocratie et des processus électoraux en Côte d'Ivoire et en Afrique.


Fait à Paris, le 06 mai 2011


Toussaint ALAIN

Conseiller du Président Laurent GBAGBO

 

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IVOIREGAZETTE.COM - Alain Toussaint, le Conseiller du président Laurent Gbagbo, a émis un communiqué de presse ce samedi (30 avril 2011), dans lequel il dénonce la détention « arbitraire » du président déchu et des ses collaborateurs et les diverses violations des droits de l'homme perpétrées par les soldats des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (Frci), fidèles à Alassane Ouattara.


Le Communiqué

M. Alassane Ouattara a annoncé l'arrivée à Abidjan, les 1er et 2 mai 2011, d'une délégation composée de l'ancien Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan, l'Archevêque sud-africain Desmond Tutu et de l'ex-Présidente d'Irlande Mary Robinson.

Cette mission n'est ni plus ni moins qu'une opération de communication politique et d'image orchestrée par M. Ouattara. L'on ne peut raisonnablement envisager un processus de réconciliation sérieux, crédible et sincère tant que le Président Laurent Gbagbo restera arbitrairement détenu.

En outre, la Première Dame Simone Gbagbo, député à l'Assemblée Nationale, l'ancien Premier ministre Pascal Affi N'guessan, Président du Front Populaire Ivoirien (FPI), ainsi que plusieurs dirigeants de La Majorité Présidentielle (LMP) sont assignés à résidence voire contraints à la clandestinité ou l'exil.

Depuis le lundi 11 avril 2011, date du renversement du Président Gbagbo par l'armée française, les forces de M. Ouattara font régner la terreur partout dans le pays : épuration ethnique, exécutions extrajudiciaires, villages incendiés et leurs populations réfugiées en brousse, enlèvements, viols, pillages, vols, etc. Ces crimes barbares sont commis malgré la présence des soldats de l'Onuci et Licorne, censés assurer la sécurité des populations civiles.

MM. Annan, Tutu et Mme Robinson pourraient contribuer à jeter les premiers jalons du dialogue politique et de la cohésion nationale en Côte d'Ivoire en facilitant la libération immédiate du Président Laurent Gbagbo et de toutes les personnalités - politiques, militaires ou civiles - illégalement emprisonnées par M. Ouattara, qui doit décréter l'arrêt des exactions et tueries perpétrées contre les partisans de LMP.

 

Fait à Paris, le 30 avril 2011


M. Toussaint ALAIN

Conseiller du Président GBAGBO